AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S’enregistrerS’enregistrer  ConnexionConnexion  
 

La Chambre de Bianca

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédente  1, 2, 3, 4, 5  Suivante
AuteurMessage
Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti



Inscrit le : 30 Avr 2005
Messages : 310
Statut : Modo

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Ven 2 Sep - 17:00

« Son père ? …. »

La jeune princesse posa une main sur ses lèvres afin d’étouffer un cri de surprise, effarée par ce que l’aristocrate lui confiait.
Elle imaginait sans peine le jeune Prince, enfant diabolique, à la personnalité dure et peu aimante, échappant au contrôle de son père et détruisant petit à petit les espoirs que le vieil homme avait su placer en lui. Serait-ce la raison pour laquelle le Prince avait choisi de s’éloigner de celui qui l’avait engendré?

Elle fut touchée par la sincérité que donnait Luciano à ces propos tout en parlant du père Adorasti et de le savoir si attristé par son malheur lui faisait monter les larmes aux yeux, sachant pertinemment que son propre père n’en ressentait pas tant.
Oui, elle aussi aurait aimé avoir des enfants, les bercer, les embrasser, leur raconter des histoires. Mais le destin, comme chacun sait, est bien cruel, et le temps emporte loin des cœurs tous les songes. Elle en était l’un des exemples les plus fidèles.

Elle écouta attentivement l’aristocrate donner son avis à propos du caractère de son époux, et il semblait ne pas pardonner à son époux, la grande peine qu’il avait causé à son père, et lorsqu’il posa la question sur sa séquestration, la jeune femme hésita quelques instants, puis se lança. Après tout, que risquait-elle. Luciano ne semblait-il pas se rallier à son camp ?


« Je suis aller voir mon frère et j’ai osé l’inviter à la réception que donne ce soir, le Prince Elio »

Lui avoua-t-elle avant de soupirer.
_________________
Le mariage est comme le tiret en imprimerie : il sépare et relie.
Revenir en haut Aller en bas
Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti



Inscrit le : 04 Juil 2005
Messages : 159

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Mar 6 Sep - 4:15

Luciano dut faire preuve de beaucoup de sang-froid pour ne pas éclater de rire en entendant les dires de la Princesse. Ainsi, elle avait invité Ugo di’Grazziano à la réception d’Elio Lacryma Adorasti. Ces deux noms mentionnés dans la même phrase ne concordaient nullement. L’idée même des Princes des deux familles rivales réunis dans la même pièce était encore plus inconcevable. Pas étonnant que Bianca se retrouve enfermée. Une telle bourde était impensable et pourtant, la jeune femme l’avait commise en toute innocence de cause.

Maintenant qu’il avait réussi à tirer les vers du nez de la Princesse, son travail était fait. Il devait informer Andrea de cette nouvelle à l’instant puis, réfléchir à l’attitude à adopter pour la soirée. Valait-il mieux rester dans l’ombre et observer le Prince Grazziano, afin de constater s’il s’y connaissait autant que sa sœur en matière de politique et de stratégie? Mais aller droit à lui et engager la conversation serait-il plus judicieux et surtout, agréable? On lui avait dit que le jeune homme était loin d’être désagréable au regard. Cela n’enlèverait rien au plaisir de s’entretenir avec lui, ennemi juré de la famille d’Andrea.

Avant toute chose, il devait quitter la jeune femme sur une impression de bienveillance et semer l’espoir en elle afin que, plus tard, elle n’hésite pas à venir pleurer sur son épaule si le besoin s’en faisait sentir.


« Princesse. Je crois avoir entendu des pas, chuchota-t-il, d’un ton pressé. Pour votre sécurité comme la mienne, je prends mon congé de vous, mais je vous assure que je ferai tout en mon pouvoir pour prévenir votre frère de votre présente situation. Il saura sans doute mieux quoi faire que moi, profane à ces querelles familiales… Ne désespérez pas, Princesse. Vous trouverez toujours un ami et un protecteur en ma personne. »

Sur ces derniers mots, il s’éloigna rapidement de la porte. Il devait se rendre au Palais di’Grazziano au plus vite pour mettre son plan à exécution. Elio s’en mordrait les doigts.

[La Salle de Bal - Le Couloir Menant à la Salle de Bal]
Revenir en haut Aller en bas
Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti



Inscrit le : 30 Avr 2005
Messages : 310
Statut : Modo

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Dim 18 Sep - 13:54

Assise derrière sa porte, la jeune femme soupira, les mots de Luciano lui redonnèrent du courage. S’il restait fidèle à sa parole, alors peut-être qu’elle trouverait un moyen pour fuir, ne serait ce qu’un moment de cet horrible mariage qui prenait la forme de lourdes chaînes qui l’entravaient de toutes parts.

« Soyez assuré, Monsieur, de ma plus profonde gratitude »

La jeune femme attendit que le gentilhomme parte, et ne se décida à se lever que lorsque que son pas ne fut plus q’un murmure dans le couloir. Ses pensées se chamboulaient et elle essayait de trouver un moyen pour sortir de cette cage où sa pauvre naïveté l’avait enfermée. Elle marchait de long en large, le pas de ses pieds blancs et nus sur le parquet froid de la chambre et le frottement de sa tunique sur celui-ci étaient les seuls bruits qui venaient troubler le calme de la pièce.

Sa main à la portée du visage, ses doigts tapotaient ses lèvres, la Princesse réfléchissait à toute vitesse, tournant et retournant les hypothèses dans tous les sens, des plus absurdes au plus dangereuses, passant par les plus osées. Mais le plus souvent elle en revenait au même point. Si le Prince lui permettait d’assister à la réception, (et il n’y avait rien de moins sûr) alors elle aurait une chance de demander l’appui de son frère. Mais son époux épierait certainement chacun de ses gestes. L’entreprise était donc sans nul doute risquée mais elle valait la peine d’être tenté. La jeune femme frissonna tout de même à l’idée de se faire prendre par le Prince.

Plongée dans cette intense réflexion, Elle ne vit pas que le jour avait commencé à décliner et que l'heure de la réception approchait à grand pas. Elle s’arrêta et leva son visage vers la fenêtre, elle soupira à nouveau. Les poings serrés sur son cœur ; elle avait pris sa décision.

Elle se posa devant sa coiffeuse, le reflet que lui envoya son miroir lui fit presque peur. Des yeux livides et tristes, la peau et les lèvres d’une pâleur maladive, et les cheveux en désordre, leur couleur ternie. Bianca se décida à se reprendre en main. Elle commença par passer un linge trempé dans de l’eau fraîche sur ses yeux et ses joues, effaçant ainsi les sillons que ses larmes avaient tracés. Bien, elle avait d’ors et déjà meilleure mine. Elle repassa un peu de poudre sur son visage afin de cacher les cernes et les quelques traces récentes de sa mélancolie, une touche de noir sur ses yeux, un peu d’huile sur ses lèvres. Puis elle entreprit de démêler sa longue chevelure blonde. Une fois sa coiffure à nouveau digne d'une personne de son rang, la Princesse remit ses vêtements et les ajusta comme elle avait coutume de le faire chaque matin. Un dernier coup d'oeil au miroir lui renvoya une image décente qui ne laissait aucune trace de ses humeurs.

Remettant ses chaussures, elle entreprit de faire les cent pas sur le parquet, la nervosité reprenant le dessus. Il fallait absolument qu'elle assiste à la soirée. Elle voulait voir son frère et lui expliquer la situation. C'était impensable qu'elle continue à être traitée de cette manière. Son regard se porta vers la porte-fenêtre et elle s'y approcha pensant que prendre un peu l'air lui ferait du bien.


[Balcon donnant sur le canal]
_________________
Le mariage est comme le tiret en imprimerie : il sépare et relie.
Revenir en haut Aller en bas
Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti



Inscrit le : 30 Avr 2005
Messages : 310
Statut : Modo

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Mar 18 Oct - 10:35

[Balcon donnant sur le Canal]

Bianca referma soigneusement la porte fenêtre. Un air froid s'était engoufré dans sa chambre et elle dut souffler sur ses mains pour les réchauffer.

S'asseyant au bord de son lit, elle se mit de nouveau à réfléchir. Cette périlleuse tentative avait-elle vraiment d'utilité ? Elle avait agi sur le coup de l'opportunité, de façon impulsive sans avoir pris le temps d'évaluer si tout cela en valait vraiment la peine. En lisant son message, son frère ne pourrait pas faire grand chose. Mais au fond d'elle, elle savait qu'elle se sentirait rassurée qu'il soit au courant de ce qu'elle vivait ici. Elle lui avait bien précisé de ne pas commettre d'imprudence. Elle voulait juste qu'il sache qu'elle allait bien s'il ne la voyait pas à la soirée. Il se serait inquiété, elle en était sûre et les esprits auraient pu s'échauffer, ce qu'elle voulait éviter.

Non, ainsi, il serait au courant, c'était une bonne chose... Des coups frappés à la porte attirèrent son attention. Elle se leva et se dirigea vers la pièce adjacente.


[Le Petit Salon Privé]
_________________
Le mariage est comme le tiret en imprimerie : il sépare et relie.
Revenir en haut Aller en bas
Orfeo Ciriaco
Saltimbanque



Inscrit le : 02 Sep 2005
Messages : 81

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Mer 8 Fév - 23:08

[Ca'Grazziano - Embarcadère]

Orfeo avait couru, léger comme le vent le long des ruelles sombres. Son pas avait effleuré les pavés, soulevant à peine un souffle de neige quand son ample vêtement frôlait les façades des maisons.
Il était encore tôt dans la soirée et malgré cela, dejà des ombres furtives vite dissimulées se glissaient à l'abri des porches, disparaissant aux regards derrière des portes aussitôt refermées.
Le saltimbanque connaissait les dangers de cette heure batarde où sous le couvert d'une nappe de brume venue des canaux, le baiser mortel d'une lame était facilement donné.

Arrivé devant la Ca'Adorasti, il n'avait pas perdu de temps et après s'être assuré que personne ne trainait alentours qui pourrait le surprendre, avait une nouvelle fois escaladé la façade.
Une fois sur le balcon, il avait constaté avec déplaisir que la fenêtre était fermée. Il avait tapoté du bout des doigts sur la vitre pour que la Dame lui ouvre, mais personne n'était venu.
Après une minute d'hésitation, il avait décidé de forcer la fenêtre.
Conjuguant force et douceur, dexterité et discrétion il avait soulevé lentement le chassis de bois pour dégager la barre de la crémone.
Il avait agi ainsi de nombreuses fois pour s'introduire dans les maisons qu'il savait intéressantes à visiter et ses gestes sûrs ne lui prirent que quelques minutes.
La haute fenêtre enfin ouverte, il se glissa à l'intérieur de la chambre.
Un coup d'oeil lui assura qu'elle était vide et il soupira.

Devait-il partir à la recherche de la Dame à travers les couloirs d'un palais où il se savait indésirable ?
Les risques de se faire prendre, errant de pièces en pièces, étaient monstrueux et il doutait de pouvoir trouver une raison crédible à sa présence.

Il tourna sur lui même détaillant l'ameublement de la chambre, les dentelles et les boiseries, les tableaux finement exécutés et les soiries des tentures.
Ses doigts glissèrent sur une brosse à cheveux en argent et son peigne assorti. Une seule de ces merveilles lui assurerait le gîte et le couvert pendant tout l'hiver.
Puis lui revinrent le regard doux et triste de la Dame blonde, ses paroles au bord des larmes et l'espoir avec lequel elle lui avait glissé son médaillon dans la main.

Il eut une petite grimace et haussa les épaules.
A Dieu va !

De son pas silencieux, il traversa la chambre puis le salon communiquant et ouvrit doucement la porte qui donnait sur le couloir. Il resta un moment immobile, à l'aguet.
Aucun bruit ne lui parvint.
Il s'engagea sur le long tapis d'orient qui menait vraisemblablement à un escalier là bas tout au bout de ce couloir interminable, prêt à se jeter dans quelque recoin au moindre son
.

[Couloir]
_________________
"J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse." A.R.
Revenir en haut Aller en bas
Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti



Inscrit le : 30 Avr 2005
Messages : 310
Statut : Modo

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Jeu 16 Mar - 21:58

[Couloir desservant les appartements privés]

"Me confectionner une nouvelle robe.. mais c'est que c'est une bonne idée ça..." fut la réflexion de Bianca alors qu'elle entrait dans sa chambre.

Elle exécuta deux petits pas de danse, se rappelant les notes de musique qu'elle avait entendues quelques instants plus tôt dans la salle de bal. S'arrêtant devant sa psyché, elle arrangea sa coiffure et quelques dentelles de sa robe puis se dirigea vers son meuble à secrets dont elle ouvrit un des tiroirs. Cachée sous une pile de lettre se trouvait une belle petite clef ouvragée. Elle s'en saisit et ouvrit un autre tiroir ou se trouvait une petite cassette de bois scultée.

Elle introduisit la clef dans la petite serrure et la tourna jusqu'à entendre le cliquetis caractéristique de l'ouverture. Doucement elle souleva le couvercle de bois et regarda son contenu : diverses lettres qu'elle avait gardées, des bijoux et quelques pièces d'or. Elle en saisit quelques une dans sa main et les glissa dans un pli de sa robe avant de mettre son médaillon dans la cassette qu'elle referma à clef.


*Plus qu'à aller retrouver le saltimbanque...*

Elle referma le tiroir et replaça la clef à sa place avant de sortir de sa chambre.

[Petit Salon Privé]
_________________
Le mariage est comme le tiret en imprimerie : il sépare et relie.
Revenir en haut Aller en bas
Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti



Inscrit le : 14 Avr 2005
Messages : 745
Statut : Admin

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Dim 6 Aoû - 23:38

[Salle de Bal - Divertissement Musical]

Elio avait quitté la salle de bal sous les regards curieux de ses hôtes. A peine avait-il franchi le seuil que les murmures s'étaient amplifiés, qui plaignant l'épouse, qui plaignant l'époux, qui inventant mille raisons au malaise de la jeune femme.

Le prince avait traversé le hall d'un seul mouvement, ignorant l'agitation, le regard froid et fixé sur le grand escalier qu'il avait gravi d'un trait, ses longues jambes semblant avaler les marches sans effort malgré le poids et l'encombrement des robes de Bianca.

Laquelle Bianca, reposait contre sa poitrine, le visage pâle et la lèvre agitée de tremblements, ce qui ne laissait rien présager de bon.
Le prince n'avait pas eu un regard vers Ugo qui le talonnait. Peu lui importait la présence de son beau-frère à présent, le moment venu, il l'écarterait d'un mot, sans se donner la peine d'un geste. Les Grazziano ne lui causaient que tracas tous autant qu'ils étaient. Quel gouffre de bêtise avait donc englouti Andrea pour qu'il se laisse ainsi manipuler et convienne de ce mariage ? Les Adorasti ne trouveraient aucun avantage jamais à s'être compromis avec ce sang pâle et faible qui semblait irriguer avec peine la chair fragile des Grazziano.

Arrivé dans les appartements de Bianca, Elio gagna la chambre tendue de soie fleurie.
Une servante se précipita pour placer les multiples coussins de façon que la princesse soit installée confortablement.
L'ayant déposée sur la courtepointe brodée, le prince entreprit de délacer la robe, exposant le corset.
D'un geste de la main, sans un regard en arrière, concentré sur son ouvrage il congédia les serviteurs d'un ton glacial où perçait l'agacement et ignorant superbement Ugo
.

"Allez presser Maître Barrozi ! Qu'a-t-il donc de plus urgent à faire que de venir au chevet de mon épouse ! Et ouvrez cette fenêtre, on étouffe ici ! Par Dieu ! Voici bien les femmes de se serrer à ce point pour quelque question d'élégance, jusqu'à en tomber presque mortes ! Croient-elles.."

Avec un soupir, il réussit à délivrer Bianca de son corset, faisant apparaître sa chemise.

"Croient-elles nous plaire mieux en exhibant les marques rouges et boursoufflées que laissent sur leur peau ces objets de torture !"

D'un geste qu'il se surprit à ne pas retenir, il lissa une boucle des cheveux blonds de sa femme.
_________________
"La haine est toujours plus clairvoyante et plus ingénieuse que l'amitié." C.de L.
Revenir en haut Aller en bas
Coriolan
Invité




MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Lun 7 Aoû - 20:27

[Salle de Bal - Divertissement musical]

*Vous n'aviez pas l'air de penser la même chose de ce que le corset de la Dame Graziella faisait subir à sa gorge généreuse...*

Coriolano restait silencieux dans la pièce, gardant ses pensées pour lui-même. Il avait suivit sans un mot Elio, se contentant de regarder avec soin autour de lui. Le chemin, pour aller de l'entrée aux appartements de Bianca, cela pouvait être utile. Mais aussi la richesse de la décoration, l'élégance de la maison, les serviteurs empressés mais un peu craintifs peut-être...

La chambre de Bianca lui laissait une impression curieuse. L'image d'une fleur tentant de s'épanouir sous la neige s'imposa à son esprit. C'était cela. Sous la froideur rigide et vieille de la première décoration, il sentait l'esprit et le goût de Bianca s'efforcer de poindre et d'éclore dans des touches de couleur et de chaleur.

Pendant que les serviteurs s'affairaient en tout sens, Coriolano restait immobile au milieu de la pièce, souriant discrètement. Il reconnaissait bien là le courage de sa sœur. Il lui faisait confiance, elle saurait peu à peu imposer sa pureté et sa candeur dans cette maison. Elle était forte.
Tout ira bien pour elle, même si pour l'instant elle reposait telle la Belle au bois, pâle, sur son lit.

Coriolano cessa de sourire et fronça légèrement les sourcils. Le seul ennui était que son prince charmant ressemblait plutôt à la méchante sorcière...

Les serviteurs ayant détalés devant le ton agacé de leur maître, Coriolano observa sans s'en cacher Elio qui finissait de se battre contre le corset de Bianca.
Il était beau et princier. Il n'y avait pas d'inquiétude à avoir de ce côté là. Mais il lui manquait l'amour absolu et le dévouement envers sa princesse. Il ne semblait animé que par l'agacement et le dégoût. Ce n'était pas avec des sentiments pareils que l'on réveille la princesse. En fait, on n'arrive même pas à franchir la muraille d'épine ainsi…

Coriolano songea un instant aller aider sa sœur, mais Elio avait fait le plus évident, et s'il savait ce qu'il fallait faire devant une blessure à vif, il ne connaissait pas les traitements d'un évanouissement.
Il finit par s'adosser contre un mur, caressant d'une main les tentures de soie fleuries. Elles étaient humides, comme tout à Venise. Humides et froides.

Et soudain, il le vit. Le geste étrange, inattendu. Le prince Elio qui caressait une boucle des cheveux de Bianca. Un geste de tendresse, de compassion peut-être pour celle qui est contrainte de porter un "objet de torture" ?
Coriolano laissa sa tête reposer contre le mur avec un soupir silencieux. Evidemment, c'eût été trop facile si le Prince Adorasti avait été un monstre... Il resta un instant silencieux à contempler le lustre.


"Pourquoi avez vous accepté d'épouser ma sœur ?"

La question était calme dans le silence de la pièce. Coriolano regardait Elio avait une curiosité presque amicale dans les yeux.

"Vous teniez tant que cela à obéir à votre père ?"


Dernière édition par le Lun 20 Aoû - 0:51, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti



Inscrit le : 14 Avr 2005
Messages : 745
Statut : Admin

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Lun 7 Aoû - 21:48

Elio ne répondit pas immédiatement à la question que lui posait son beau-frère.
Au lieu de cela, il se leva et se dirigea vers la fenêtre.
La nuit avançant, les lumières sur le canal se faisaient plus rares et l'humidité pénétrante gagnait à présent les étages des maisons.
Craignant que Bianca ne se refroidisse trop, il ferma la croisée et fit glisser devant le vitrage un lourd paravent qui éviterait à la fraicheur d'impregner toute chose.

Le feu dans l'âtre réchauffait la pièce sans exces, il ne restait plus qu'à patienter jusqu'à l'arrivée du médecin.
Il croisa les bras et se tourna vers Ugo
.

"Il est quelques fois plus avisé d'obéir. Un mariage par procuration eut été un affront que je ne souhaitais pas. Et quoi que vous en pensiez, c'eut été humiliant pour votre soeur tout autant que pour moi.."

Sa voix se fit plus basse, désabusée.

"Votre absence a d'ailleurs été fort remarquée le jour de nos noces.. Et celle que vous semblez à présent tenir pour tellement chère, avait l'air bien amère de ne point vous voir à son côté."

Tout en parlant, il s'était approché de la table de toilette.
Distraitement, il effleura du bout des doigts un rien de poudre renversé sur le marbre clair.
Il croisa son propre regard dans le miroir et se détourna pour faire à nouveau face à Ugo
.

"Mais qu'importent à présent les raisons de ce mariage. Vous comme moi savez bien que les manigances de nos pères sont vaines. Une bénédiction ne résoud rien.. Mais je ne vous demanderai pas, moi qu'elles ont été les motivations de votre lâcheté à accepter que l'on donne votre tendre et innocente Bianca en pature au glacial et cruel héritier Adorasti.."

Un sourire, éclat rapide de nacre, regard lentement étiré et voix plus douce que le velours.

"A moins que tout cet amour dont vous vous prévalez ne soit que façade et que vous voyiez plus grand, que votre ambition voit au delà du bien-être de votre fragile cadette ?"
_________________
"La haine est toujours plus clairvoyante et plus ingénieuse que l'amitié." C.de L.
Revenir en haut Aller en bas
Coriolan
Invité




MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Lun 7 Aoû - 23:31

Oui, tout était là. "A moins que"... Etait-ce l'un ou l'autre ? Peut-être... Peut-être pas... Il est difficile de dire ce qu'il y a dans le coeur d'un homme, n'est-ce pas ?

Il est si facile de parler pourtant. De dire, que l'on doit obéir, alors qu'aucune Eglise ne reconnaît un mariage par procuration. Il faut toujours un engagement libre et public des époux et une signature de registre. Il n'y a pas de mariage si un des époux n'est pas là. "A moins que" les parents ne soient très... acharnés.

Si facile de dire que l'on ne pose pas une question alors qu'on la pose.
Si facile d'être beau et d'avoir une voix douce.

Mais dire ce qu'il y a dans le coeur d'un homme ?
Aimait-il sa sœur, ou était-elle un pion, un autre, encore sur le grand jeu d'échec qui était son monde ? Qui était "il" ? Lui, Elio, lui Coriolano ?
Qui sait ?

Comme fasciné, il avait suivit du regard chacun des mouvements élégants de celui qui était son miroir opposé. Ses yeux ne se détachèrent de la figure pâle qu'au moment où elle évoqua ses motivations envers sa soeur.
Coriolano porta lentement son regard sur la silhouette allongée. Il ne resta à son oreille que la musique de cette voix charmeuse et envoûtante.
Suivant les mouvements de la phrase d'Elio, il s'était approché de sa soeur, pas à pas.
Il avait même sourit lui aussi à l'évocation du portrait du couple, si proche de ce qu'il pensait lui-même quelques instants auparavant.

Il s'assit sur le lit et écouta cette voix, toujours plus douce. Velours de timbre, poignard de mots.
Poignard.
Bianca, allongée, poignardée, le sang s'écoulant hors d'elle, lentement, drainant la vie hors de son corps, poignardée ?
Bianca, allongée, poignardée par son incapacité à la protéger ?
Poignard de velours qui tue sans sang.
Il sortit un mouchoir brodé de son pourpoint et essuya délicatement la sueur qui perlait sur le front de Bianca.

Et puis il parla, comme on se parle à soi-même, répondant à la question qui ne lui était pas posée.


"Je n'ai pas eu voix au chapitre pour cette affaire là. J'étais... ailleurs."

Il avait pris la main de Bianca et la baisa doucement. Elle respirait tranquillement maintenant, sa peau était chaude. Il n'y avait que sa pâleur d'inquiétante. Il reposa délicatement la main de sa soeur et se releva, se tournant vers Elio avec un sourire sans joie.

"Je n'ai appris ce... marché qu'une fois la "transaction" faite."

Coriolano s'adossa au pied du baldaquin et regarda Elio de son regard transparent, un regard à la fois inquisiteur et rêveur.

"Qui sait ce que j'aurais fait si j'avais été là ? N'est-ce pas, qui sait..."

Coriolano se mit à rire doucement, silencieusement. Oui, qui sait ce que l'Adorasti en face de lui était réellement, qui sait ce qu'il pensait de sa soeur, qui sait ce qu'il aurait fait à sa place.
Qui sait ce qu'il y a dans le cœur d'un homme...

Pas moyen de savoir à moins de demander. Coriolano redressa la tête et regarda Elio, les yeux étrangement brillants, et lança d'un trait, avec la brutalité douce de la candeur :


"Vous aimez quelqu'un, vous ?"


Dernière édition par le Lun 20 Aoû - 0:52, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti



Inscrit le : 14 Avr 2005
Messages : 745
Statut : Admin

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Mar 8 Aoû - 0:42

Elio avait suivi du regard les déplacements du prince Grazziano à travers la pièce.
Quand il évoqua un marché, il haussa un sourcil et son timbre se fit ironique
.

"Transaction.. que voici une délicate façon de parler de votre soeur.. vous la considérez donc comme une marchandise, ou au mieux une monnaie d'échange.. tout à fait charmant.."

Puis les yeux étrangement brillants d'Ugo levés vers lui, troublante ressemblance entre la soeur allongée et le frère appuyé au montant du lit, tous les deux semblablement pâles et délicats.
Mais le prince avait à cet instant quelque chose d'exhalté dans le regard qu'Elio n'avait jamais vu dans les yeux bleu-vert de Bianca.


Et la question qu'il posa.
Avec un naturel désarmant.
Avec une ingénuité tout à fait incongrue.
Avec un tel manque de retenue qu'Elio en resta coît sur l'instant.

Les yeux d'or eurent un éclat brûlant avant de se détourner
.

"Il me semble, Monsieur qu'une telle familiarité.."

Pour la première fois depuis longtemps sa voix eut une hésitation.

"..n'est pas de mise."

Inconsciemment, sa main s'était crispée sur le dossier du petit fauteuil contre lequel il se tenait.
Les Grazziano lui étaient néfastes.
Quoi qu'ils fassent, ils ne lui apportaient que contrarieté et voici maintenant que leur héritier se mélait de lui parler de choses privées.
Un sourire forcé étira les lèvres pâles du Prince Adorasti
.

"Il ne me plait guère d'aborder avec vous de tels sujets. Si je vous avais choisi comme confident, vous en auriez été averti. Or, il n'en est rien et j'ai passé l'âge de ces conversations où adolescent j'épanchais mon coeur sur l'épaule d'un quelconque ami."

Sa voix calme s'était altérée sur les derniers mots et son regard de feu se planta dans l'eau vive des yeux d'Ugo.

"Peut-être esperiez vous une réponse enflammée par laquelle je vous aurais fait part de mon amour passionné pour votre soeur.. Mais voyez-vous, Monsieur, quoi que m'inspire mon épouse, cela reste entre elle et moi."
_________________
"La haine est toujours plus clairvoyante et plus ingénieuse que l'amitié." C.de L.
Revenir en haut Aller en bas
Coriolan
Invité




MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Mar 8 Aoû - 12:04

Coriolano restait immobile, écoutant, comme fasciné, absorbé par les paroles d'Elio, ne relevant pas les commentaires piquants qui lui étaient adressés.
Les lèvres légèrement ouvertes, il semblait boire avec avidité chacun des sons de velours de cette voix veloutée. Elle était un peu troublée maintenant et se chargeait, comme une moire, de nouveaux reflets chatoyants.

Il vit le prince se forcer à sourire et retrouva son rire silencieux.


"Oui, 'entre elle et moi'... Et elle, entre vous et moi."

Coriolano réalisa que depuis qu'il était dans cette pièce il avait complètement étouffé le timbre de sa voix, ne laissant qu'un murmure à peine sonore, comme s'il ne devait plus y avoir de son que la voix d'Elio. Cela lui convenait, et il continua sur ce même murmure, sans timbre et pourtant parfaitement audible.

"Je n'espérais pas grand chose, vous savez. Je n'attendais pas de nom, par exemple. Je ne vous avais pas demandé qui vous aimiez, mais si vous aimiez.
Peu importe l'objet s'il y a le sentiment. Mais... peu importe. Je comprends que vous ne vouliez pas me parler.
Cela reste entre vous et vous."

Il eut un petit sourire et quitta d'un geste léger son appui pour se mettre à marcher vers Elio. Il marchait presque avec immobilité, il se rapprochait, mais c'était à peine si l'on remarquait les mouvements de son corps. Il avançait, droit vers Elio, tout en parlant d'une voix douce.

"Pas entre vous et elle. Car je n'attendais pas de déclaration enflammée pour ma sœur. Vous êtes mariés, donc vous ne vous aimez pas, c'est logique. C'est ce que dirait notre ami Iago..."

Au moment où il arrivait tranquillement juste devant le Prince Adorasti, il se décala légèrement, pour se tenir face à la table de toilette, à côté d'Elio, et pencha la tête sur le côté, regardant le jeune homme de biais, pour conclure.

"...n'est-ce pas ?"

Il eut un petit rire et laissa ses doigts glisser sur les flacons de parfum. Il cherchait quelque chose visiblement, car il eut un court "ah" de satisfaction lorsqu'il vit un petit flacon d'un rose nacré.
Il le souleva délicatement et porta le bouchon à ses narines avant de fermer les yeux et d'inspirer doucement.

Un sourire heureux se peignit sur ses lèvres. C'était le parfum de Bianca. Celui qu'elle portait déjà avant son départ. Fabriqué par un spécialiste de Naples. Celui que leur mère continuait à lui envoyer régulièrement. Une odeur fraîche et sucrée, de fleur, de miel et de soleil.
C'était le parfum de Bianca, c'était même Bianca elle-même. Bianca et son sourire, Bianca après une course dans le jardin, Bianca pleurant et montrant son doigt parce qu'elle s'était piquée en brodant. Bianca dans toutes les petites choses qui faisaient Bianca.

Coriolano en mit deux gouttes sur son poignet, inspira de nouveau, puis tendit son bras de manière à ce que son poignet reste en suspension, offert, devant le visage d'Elio.


"Est-ce que vous aimez cette odeur ?"


Dernière édition par le Lun 20 Aoû - 0:52, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti



Inscrit le : 14 Avr 2005
Messages : 745
Statut : Admin

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Mer 9 Aoû - 23:13

Elio observa le prince Grazziano tandis qu'il se déplaçait lentement dans sa direction. Plus image mouvante qu'animal, on l'imaginait avec peine prendre part à un duel ou faire preuve de souplesse. Quelque chose de statuaire dans l'allure, le visage lui même avait cette douceur du marbre poli dont aucun frémissement de muscles ne venait troubler la surface.
La voix elle-même semblait dénuée d'émotion, aussi pâle que son propriétaire.

".. notre ami Iago"

Ces mots prononcés d'un ton neutre, eurent un goût de fiel pour le prince Adorasti. Comment accepterait-il jamais cette amitié partagée.
Son visage se durçit imperceptiblement alors que Ugo choisissait parmi les flacons celui qui lui arracha une exclamation. Le visage de l'homme blond s'éclaira tandis qu'il respirait la fragrance avec un plaisir non dissimulé
.

L'avant-bras soudain brandi devant son visage lui fit détourner la tête.

"Un parfum en soi n'est rien s'il n'est pas associé à un souvenir. Et celui-ci est.. "

Trois coups légers frappés à la porte l'interrompirent.

"Ah. Maître Barrozi enfin !"

De son pas long, il traversa la pièce et alla ouvrir la porte.
Son regard s'éclaira en voyant la jeune femme
.

"Romana. Entrez je vous prie, je ne doutais pas que vous viendriez rapidement aupres de mon épouse."

S'écartant de la porte, il lui laissa le passage et se tourna vers Ugo.

"Monsieur mon beau-frère, laissez moi vous présenter Madame Romana Lacryma Baldini qui se trouve être la Dame d'Honneur de votre soeur et ma proche cousine. Mais peut-être vous êtes-vous déjà rencontrés.."
_________________
"La haine est toujours plus clairvoyante et plus ingénieuse que l'amitié." C.de L.
Revenir en haut Aller en bas
Coriolan
Invité




MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Jeu 10 Aoû - 14:23

Une petite moue de déception avait joué un instant sur le visage de Coriolano alors qu'Elio se dirigeait vers la porte.
Juste au moment où cela devenait intéressant, il fallait que quelqu'un interrompe la conversation... Trois petits coups sur une porte et l'atmosphère si particulière de la chambre de Bianca disparaissait, comme une aiguille qui fait disparaître une bulle de savon.
Tout redevenait normal.

Coriolano avait reposé le flacon de parfum à sa place, et pendant que le Prince Adorasti accueillait celle qui n'était pas le Docteur Barrozi, il passa un doigt entre son cou et son col, comme pour vérifier qu'il ne s'était pas défait pendant ce court tête-à-tête. C'était sa façon à lui de reprendre son habit de prince.

Son visage retrouva un sourire aimable et c'est avec fluidité qu'il se retourna et avança vers Romana.


"Je n'ai pas eu ce plaisir je crois. Madame..."

Sa voix avait retrouvé son timbre normal, calme et profond. Il s'inclina dans une révérence pleine de sobriété qui trahissait à la fois la bonne éducation reçue et la simplicité du caractère. Lorsqu'il se releva, son regard transparent brillait d'un brin de malice amusée.

"Mais j'ai presque l'impression de vous connaître. Ma sœur m'a longuement écrit à votre sujet pour me dire à quel point elle trouvait en vous, plus qu'une suivante, une véritable amie. Vous apparaissez dans ses lettres comme une source de réconfort et de joie.
De cela, je vous suis humblement reconnaissant."

Toujours souriant, il se rappelait le mouvement d'humeur qu'il avait eu quand Bianca lui avait appris que c'était une cousine du Prince, "une cousine proche", qui était sa dame de compagnie. C'était aussi clair que si Elio avait dit de sa si mélodieuse voix "Je vous surveille".
Mais cela avait passé. Il faisait confiance dans le jugement de sa sœur et si Bianca disait que Romana avait de l'amitié pour elle, alors Coriolano était prêt à avoir de la sympathie pour la jeune femme qui sans doute devait se retrouver parfois prise entre son cousin et sa maîtresse...

Penser à sa sœur le ramena à la situation présente et montrant d'un geste hésitant le lit, il poursuivit.


"Maître Barrozi n'est toujours pas là. Il doit être difficile à trouver..." ou les serviteurs de cette demeure sont des incapables... "Mais peut-être n'est-ce pas la première fois, peut-être avez-vous l'habitude... ? Peut-être savez-vous ce qu'il convient de faire ?"

Il y avait en fait, selon Coriolano, peu de chance pour que Bianca soit coutumière de ce genre de pâmoisons. Contrairement à ce qu'il avait dit dans la salle de bal, elle ne l'avait jamais été. Seul un profond bouleversement de ses humeurs aurait pu la faire changer à ce point. Et si cela était, cela ne serait pas un bon signe quant au traitement reçu par sa soeur chez les Adorasti...


Dernière édition par le Lun 20 Aoû - 0:53, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Romana L
Invité




MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Lun 14 Aoû - 19:26

Romana pénétra dans la chambre sur l'invitation de son cousin. Une pénétrante odeur de parfum flottait dans la pièce, que Romana n'identifia pas immédiatement. Bianca le lui avait fait sentir, quelques temps plus tôt. C'était étrange, il ne provenait pas de la jeune princesse, étendue sur le lit, mais de l'homme qui se tenait à ses côtés et dont les traits rappelaient trop son lien de parenté avec Bianca pour qu'on ne puisse le reconnaître. La dame d'Honneur était bel et bien en présence du chef de la maison ennemie : Ugo di Grazianno.

La jeune femme répondit au salut du prince, qui lui faisait malgré elle bonne impression. Pourquoi tout était-il si compliqué ? Pourquoi Bianca et son frère ne pouvaient-ils être arrogants, désagréables voire franchement insupportables ?!

Les compliments d'Ugo gênaient le jeune femme qui oscillaient entre deux états d'esprit : fière que Bianca ait parlé d'elle à son frère en termes si élogieux et méfiante comme si le prince cherchait à acheter son appui.


"Vous me flattez, monsieur. J'espère ne jamais décevoir l'amitié que votre soeur m'accorde."

Romana était véritablement sincère. Elle craignait pourtant pour cette amitié que bien des choses menaçaient.

La jeune femme s'approcha de Bianca et s'agenouilla près d'elle. Elle sortit de sa robe un petit flacon de sels qu'elle approcha du pâle visage de Bianca, espérant que les effluves qui s'en échappaient lui feraient reprendre conscience.
Revenir en haut Aller en bas

La Chambre de Bianca

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 5Aller à la page : Précédente  1, 2, 3, 4, 5  Suivante

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
VENISE :: CA' ADORASTI :: L'Etage Privé :: Appartements de la Princesse-