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Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Lun 16 Oct - 18:56 | |
| Bianca détacha à regret son regard de la porte menant vers son petit salon quand son époux s'adressa à elle pour lui souhaiter une bonne nuit et lui ajouter qu'il ferait venir une petite bonne à dormir dans son boudoir."Merci, Elio." dit-elle doucement en hochant la tête.
Le prince Adorasti était certes quelqu'un de froid, indifférent et guère démonstratif en affection et tendresse, mais il fallait bien avouer qu'il s'occupait d'elle autant que son sens du devoir le lui dictait.
Gabriella de tarda pas à la rejoindre pour l'aider à la préparer pour la nuit. Elle aussi semblait fatiguée, mais c'était compréhensible. Les domestiques avaient dû avoir beaucoup de travail avec cette soirée. Et puis avec son malaise, elle imaginait bien le vent de panique qu'elle avait dû susciter parmi le personnel.
Bianca accueillit la servante avec un sourire qu'elle voulut rassurant. Effectivement, la jeune servante l'observait comme pour s'assurer qu'elle allait mieux. Celle-ci ne tarda d'ailleurs pas à répondre que son rétablissement la réjouissait. La princesse prit appui sur ses bras pour s'asseoir au bord de son lit. Constatant avec soulagement qu'elle n'avait aucun vertige, elle se leva et attendit que la jeune fille vienne l'aider à délacer ses sous-vêtements."Je te remercie Gabriella. La soirée s'est terminée un peu brutalement... je ne doute pas que les valets et servantes ont dû avoir fort à faire pour s'occuper des invités." dit-elle d'une voix douce.
Bianca était certes toujours avenante avec le personnel, mais à ce moment là précis elle avait besoin d'exprimer sa gratitude à quelqu'un, n'ayant pas réussi à l'exprimer envers son mari. Une fois qu'elle fut libérée de son corset et de ses paniers, la princesse prit entre ses mains sa tenue de nuit et se dirigea vers la pièce adjacente.[Cabinet de Toilette] |
|  | | Gabriella Delmonti Servante - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 524 Statut: Modo Date d'inscription: 22/04/2005
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Mar 17 Oct - 23:15 | |
| La princesse l'avait accueillie avec le sourire. La princesse était aimable avec le personnel. Elle avait toujours été aimable avec elle. Et elle ne savait certainement pas que la servante à qui elle venait d'exprimer sa reconnaissance la traitait de dinde dans son dos. Pourquoi la traitait-elle de dinde ? Elle n'avait jamais rien fait de mal. La seule chose que Gabriella lui reprochait était d'être trop proche du prince Elio. Mais cela, elle n'en était en rien responsable. Pourquoi lui en vouloir alors ? Gabriella le savait au fond d'elle. La jalousie rendait aveugle mais c'était si simple de l'utiliser."Oui votre Grâce, c'était le cas, effectivement. Mais c'est un honneur de travailler auprès du Prince Elio et je n'y laisserais ma place pour rien au monde." dit-elle d'un ton sûr en inclinant la tête.
Alors que la princesse passait dans la pièce adjacente, Gabriella retourna auprès de la cheminée pour prendre en mains la bassinoire. D'un geste habitué, elle glissa l'ustensile entre les draps du lit pour les chauffer. Une fois cela fait, elle replia les couvertures et arrangea les coussins pour que lit soit accueillant.
Elle attendit que la princesse revienne afin de savoir si elle désirait autre chose avant de dormir. Elle irait ensuite voir à la salle de bal si tous les invités étaient partis puis irait s'assurer que le prince n'avaient pas besoin d'aide lui aussi. Gabriella soupira, un petit sourire rêveur sur les lèvres. Elle aimerait tant l'aider à prendre son bain, lui frotter les épaules avec une éponge douce. Depuis qu'elle était employée au palais, elle n'avait jamais réussi à obtenir cette tâche et toujours une autre servante avait eu ce privilège. |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Jeu 19 Oct - 15:58 | |
| [Cabinet de Toilette] Quand Bianca entra de nouveau dans sa chambre, Gabriella l'attendait près de son lit qu'elle avait arrangé et certainement chauffé comme tous les soirs vu la bassinoire près de la cheminée.
La princesse se glissa dans son lit avec volupté. Les draps étaient tièdes et doux, un vrai régal après cette éprouvante soirée. Elle tira quand même immédiatement une couverture contre elle comme si elle avait encore froid.
La jeune servante semblait dormir debout ou rêver éveillée. Bianca en profita pour répondre à ses paroles de tout à l'heure."Vous semblez vraiment apprécier le Prince..." dit-elle en souriant.
Même si elle ignorait à quel point exactement Gabriella appréciait le prince, elle savait que c'était toujours mieux ainsi et qu'un travail était toujours mieux fait quand on servait une personne qu'on estimait."Pourrez-vous m'apporter une infusion pour dormir je vous prie ?" ajouta-t-elle en caressant du bout du doigt un coussin brodé. |
|  | | Gabriella Delmonti Servante - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 524 Statut: Modo Date d'inscription: 22/04/2005
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Jeu 19 Oct - 23:17 | |
| ... enrouler son corps magnifique dans une grande serviette, lui brosser ses sublimes cheveux noirs, le...
La voix de la princesse lui posant une question, la ramena sur terre. Elle ne l'avait même pas vue revenir dans la chambre. Elle était déjà couchée entre les draps et lui posait une question tout à fait en rapport avec ses pensées, ce qui la fit rougir de façon assez conséquente.
Elle cligna des yeux plusieurs fois puis se reprit pour répondre à la question de la princesse."Oui votre Grâce, le Prince Elio est un homme bon et généreux. Il m'a prise à son service alors que j'étais dans le besoin. Je n'ai pas eu besoin d'aller le voir, il est venu à moi de lui-même pour me donner un travail honorable. Et de cela, je ne lui serai jamais assez reconnaissante." Un sourire avait illuminé son visage en disant cela. Gabriella revoyait ce jour où elle avait vu pour la première fois le prince Elio la désigner dans la rue. Il l'avait vue peiner pour récupérer une misérable pièce et lui avait offert un travail auprès de lui pour le servir. Il l'avait remarquée, elle, et pas d'autre dans la ruelle, elle seule parce qu'il l'aimait et la voulait près de lui. Et ça faisait maintenant plus d'un an qu'elle était aux petits soins du prince, elle ne le regrettait absolument pas.
Une nouvelle fois, la voix de la princesse la sortit de ses pensées -ça commençait à devenir agaçant-."Bien entendu votre Grâce, je vais vous faire apporter votre infusion d'ici peu." Gabriella s'inclina respectueusement et sortit silencieusement de la chambre. Elle croisa au passage une petite bonne, déambulant dans le couloir des appartements et lui demanda d'aller préparer une infusion pour la princesse. Une fois cela fait, Gabriella se dirigea vers la salle de bal pour s'assurer que tous les invités étaient partis.[Salle de Bal] |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Sam 21 Oct - 23:30 | |
| La princesse releva les yeux vers la servante, quelque peu surprise par la ferveur de sa réponse. Elle sourit, trouvant cela plaisant de constater le dévouement que suscitait le prince Elio parmi certains serviteurs. La jeune fille rayonnait de joie quand elle parlait d'Elio et Bianca trouvait cela bien pour son époux. Qu'il ait des alliés fidèles parmi son personnel ne pouvait que tendre à le rendre moins hostile avec son entourage... du moins elle espérait.*Bon et généreux...* se répéta-t-elle mentalement. La princesse ne demandait qu'à penser la même chose avec autant de sincérité que Gabriella.
La servante sortit de la chambre et Bianca en profita pour formuler quelques prières silencieuses. Une autre servante ne tarda pas à frapper à sa porte puis entrer avec un plateau. La petite bonne lui servit son infusion et Bianca la remercia en prenant la tasse de porcelaine entre ses doigts.
Alors qu'elle buvait avec délice le liquide chaud et doux, Bianca aperçut dans son champ de vision la petite bonne sortir un billet de son tablier et le lui tendre avec un sourire amusé.
"Votre grâce, un homme blond tout à fait charmant m'a confié cette lettre avec pour ordre de vous la remettre avec discrétion... Peut-être s'agit-il d'un admirateur présent lors de la soirée...""Elisa !" s'exclama la princesse d'un ton plus surpris que réprobateur. La petite bonne se redressa tout de même, un peu honteuse de se mêler de ce qui ne la regardait pas.
Bianca défit l'épingle qui scellait la lettre et parcourut des yeux le contenu. Inutile de lire la signature, elle avait reconnu l'écriture soignée de son frère. Bianca fit un sourire à la petite bonne et lui ajouta."Pas d'admirateur ce soir, il s'agit d'une lettre de mon frère. Vous pouvez disposer Elisa." dit-elle en reposant les yeux sur la lettre. La jeune servante s'inclina et s'en alla, visiblement déçue que la lettre qu'elle croyait romantique ne l'était en fait pas du tout.
"... Je pars donc, bien trop vite à mon goût". Bianca eut un petit sourire triste. Il n'avait pu rester comme elle s'en était doutée.
"Votre mari vous aura sans doute transmis la nouvelle de la venue de notre cousine ?" Bianca secoua doucement la tête. Elio ne lui avait rien dit de tout cela... certainement était-ce secondaire pour lui.
"J'espère vous voir demain, ainsi que tous les jours qui suivront et que nous partagerons dans cette ville.
Votre dévoué frère Ugo di Grazziano."
Bianca sourit et serra un instant la lettre contre son coeur comme si elle serrait Ugo contre elle."Oui mon cher frère, nous nous verrons demain..." La princesse replia la lettre et la posa sur son chevet, soufflant les chandelles au passage. Seul le feu de cheminée éclairait la chambre de sa faible lueur et la réchauffait de son crépitement rassurant. Bianca se blottit entre les coussins de son lit et ferma les yeux en souriant, pensant à son frère. C'est l'esprit paisible qu'elle s'endormit. |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Sam 8 Déc - 2:00 | |
| [Le Petit Salon Privé] Bianca n'avait pas saisi les déplacements de chacun. Elle avait vaguement aperçu dans son champ de vision les mouvements de son époux qui s'était levé, de son frère qui s'était approché d'elle. Il lui semblait sur l'instant être enveloppée dans un cocon moite d'angoisse et de douleur.
Ce n'est que lorsque cette même douleur s'apaisa tout à fait qu'elle put se relever grâce à l'appui que lui offrait Samuele. L'esprit clair mais les traits tirés, Bianca leva les yeux vers Elio. Elle le regarda d'une manière nouvelle, juste le temps d'un instant, d'un échange. Etrangement, l'hésitation qu'il montra à trouver ses mots la rassura bien plus que n'importe quelle parole pleine d'assurance.
La princesse eut un sourire, très doux qu'elle lui offrit en même temps qu'un signe de tête reconnaissant."Merci." dit-elle simplement mais où la sincérité se faisait clairement sentir.
Bianca accueillit le mouchoir de son frère avec soulagement et le remercia d'un sourire et d'une légère pression de la main sur son bras."A plus tard.. Samuele..." lui dit-elle avec un léger sourire tout en le suivant des yeux jusqu'à ce qu'il ferme la porte de sa chambre.
La princesse se retrouva avec quatre servantes affairées qui l'aidèrent à retirer sa robe et ses jupons. L'entreprise dut s'interrompre quelques instants alors que la douleur revenait aussi subitement que la première fois. Le front appuyé contre le montant du baldaquin, les dents serrées, elle repoussa doucement la main d'une servante qui voulait la soutenir. Finalement, elle se retrouva confortablement installée dans son lit, calée entre les coussins qui lui soutenaient le dos de façon plus qu'appréciable. Elle remercia d'un sourire la servante qui venait la rafraîchir.
Sois courageuse Bianca. Les paroles de son frère résonnèrent dans son esprit. Oui, elle se sentait le courage d'affronter les heures suivantes. Cette douleur, lancinante, allant et venant comme des vagues n'avaient rien à voir avec la douleur qu'elle avait ressentie un mois plus tôt, inconnue, soudaine, effrayante. Cette souffrance là était nécessaire, prévisible et normale.
Une main sur son ventre et l'autre empoignant le drap, elle serra les dents pour ne pas crier. Non, elle savait déjà que ces contractions là n'étaient rien comparé à celles qui allaient suivre. |
|  | | Muzio Barrozi Médecin

Nombre de messages: 724 Date d'inscription: 14/05/2005
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Sam 8 Déc - 15:13 | |
| [Ca'Grazziano - L'Etage inférieur - La Salle d'Armes] Assis face au serviteur des Adorasti et derrière le gondolier qui avait été payé pour aller au plus vite, Muzio n'avait prononcé un mot que pour s'enquérir de l'avancée du travail. Evidemment le domestique n'en savait rien et le silence s'était installé.
Le médecin regardait les maisons défiler sans les voir. Devant ses yeux repassaient les images de la princesse Bianca. Depuis ce fameux jour où il avait découvert l'inconcevable, oui exactement depuis qu'ils savaient, tous les signes évidents d'une grossesse s'étaient déployés. Le léger changement dans les traits, la coloration des veines sur la poitrine, beaucoup de petits indices qu'il avait l'habitude de déceler, et puis bien sûr le ventre qui s'arrondissait modestement. Les ouvrages qu'il possédait avaient été étudiés profondément et il avait découvert que ce phénomène s'était déjà produit. Rarement. Mais apparemment on n'avait pas recensé plus de mortalité, plus de problèmes que la normale. D'ailleurs la princesse était bien portante, l'enfant le semblait également quoiqu'il serait sans doute un peu plus petit à la naissance que la moyenne. Néanmoins Muzio ne pouvait empêcher un petit pincement de s'installer quelque part vers son coeur, qui lui rappelait que la situation était inhabituelle.
Il jeta un coup d'oeil au serviteur qui le regardait fixement, et lui sourit brièvement. Puis ses pensées se remirent à vagabonder.
Enfin ils arrivèrent à la Ca'Adorasti et Muzio sortit lestement de la gondole. On devait guetter son arrivée car la porte s'ouvrit instantanément et une servante prit le relais pour le conduire dans les appartements de la Princesse. Avant d'ouvrir la porte de la chambre, le médecin donna ses ordres, calmement mais avec l'autorité naturelle qui savait le trouver dans ces moments-là.« Faites chauffer de l'eau dans de grands récipients, et amenez-les. Prévoyez aussi un baquet d'eau froide. Préparez des linges, veillez à ce que la température de la pièce reste constante. Evitez que les gens défilent dans la chambre. Vous avez tout retenu ? Bien. » Il toqua discrètement et entra. Il se rendit directement auprès du lit et offrit un sourire profond à Bianca.« Bonjour, Madame. » Délicatement, soulevant la chemise qui habillait la jeune femme, il s'assura que le moment de la délivrance était réellement venu. Oui, c'était certain. Il s'y attendait depuis plusieurs jours maintenant, et aujourd'hui serait le bon. Il recouvrit légèrement la princesse, et sa main trouva celle crispée de Bianca, répondant à la question muette:« Oui, il arrive. Tout se présente bien. » Il se redressa, avisa les quatre servantes. L'une d'elles tortillait son tablier d'un geste nerveux, et ses yeux dénotaient curiosité et angoisse. Muzio la pria de redescendre plutôt aux communs. Il garda les autres. La plus âgée semblait avoir une certaine expérience de la situation; la deuxième avait des gestes sûrs et efficaces, et la troisième était au chevet de Bianca. Il demanda à cette dernière de donner à boire à la princesse régulièrement. Puis, s'assurant que tout se mettait en place lentement, il revint auprès de la future mère. Si tout allait bien.« Vous allez bientôt ressentir de vives douleurs. Alors seulement nous pourrons agir. Cela peut durer très longtemps, vous le savez n'est-ce pas. » Son ton n'était pas grave. Il ne s'efforçait pas non plus de se montrer trop décontracté. Calme et lucide. Comme il espérait que la princesse était. |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Sam 8 Déc - 18:31 | |
| L'entrée de Muzio dans sa chambre fut un intense soulagement. Savoir son frère et son époux de l'autre côté de la porte était un réconfort mais aucun d'eux n'était apte à lui venir en aide et lui assurer de source sûre que tout allait bien. Ainsi, la princesse sentit une part de l’angoisse qu’elle ressentait diminuer. Elle pourrait plus facilement se concentrer pour aborder ses contractions."Maître Barozzi... merci d'être venu si vite..." dit-elle en tournant la tête vers lui.
Si vite était un grand mot. Il était évident que le médecin était arrivé le plus rapidement possible et Bianca en était consciente. Mais le temps lui semblait s'étirer indéfiniment et l'arrivée du médecin lui avait paru interminable."J'ai.. perdu les eaux.. il y a une demi-heure environ.. La douleur.. est de plus en plus rapprochée.. et de plus en plus vive..." dit-elle en reprenant sa respiration.
La servante restée à son chevet lui épongea le front. Les cheveux de la princesse s'étaient défaits et ses boucles blondes s'éparpillaient sur les oreillers. Elle profitait pleinement des moments d'accalmie pour reprendre son souffle tout en attendant la prochaine vague de douleur. Sa main aux doigts fins était toujours crispée sur le drap comme un appui indispensable.
Il arrive, tout se présente bien. Bianca eut juste le temps de sourire et d'apprécier la nouvelle qu'un nouveau flot de souffrance lui tordit les entrailles la faisant se cambrer. Elle ne put cette fois retenir un gémissement plaintif de franchir ses lèvres, ce qu'elle avait réussi à retenir jusqu'ici.
La douleur s'en alla de nouveau, plus lentement cependant, prenant son temps et la laissant à bout de souffle. Bianca inspira profondément et rouvrit les yeux pour regarder Muzio. Oui, elle savait que cela pourrait durer longtemps, aussi elle hocha la tête à ses paroles."Oui.. je.. je serai prête.. quand il le faudra.." articula-t-elle.
La princesse redressa légèrement la tête pour boire un peu d'eau. Son front était en sueur et prouvait les efforts qu'elle faisait. Elle se cala de nouveau entre les coussins, s'apaisant temporairement."Maître, s'il vous plaît... promettez-moi de tout me dire, ne me cachez rien, si vous voyez que quelque chose ne va pas... je veux le savoir..." lui demanda-t-elle en le regardant dans les yeux.
Être tenue dans l'ignorance une nouvelle fois aurait été le pire des sentiments après l'humiliation et la honte qu'elle avait ressenties le mois dernier. |
|  | | Muzio Barrozi Médecin

Nombre de messages: 724 Date d'inscription: 14/05/2005
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Dim 9 Déc - 14:39 | |
| Le regard brillant de la princesse attestait de sa volonté, et Muzio se surprit à penser que Bianca serait bien plus mère qu'épouse. Mais les pensées du médecin ne s'égaraient jamais longtemps quand c'était le temps de l'action. Il croisa le regard de Bianca tandis qu'elle lui demandait une entière transparence.« Vous le saurez, je vous le promets. » Il savait qu'il lui épargnerait les éventuels soucis qu'il aurait, mais il ne lui tairait rien d'important. De nouveau, il lui serra brièvement la main.« Mais vous ne devez pas vous inquiéter inutilement. Je sais que vous craignez l'issue de cette grossesse un peu particulière, mais je vous répète que tout se présente normalement. Laissez-moi vos soucis et concentrez-vous sur ce que je vous dirai. » Il se détourna un instant pour vérifier que ses ordres avaient été bien transmis, et se lava soigneusement les mains et les avant-bras. Il sortit de sa trousse quelques instruments qu'il prépara sur un linge au pied du lit. Puis Muzio palpa l'abdomen de Bianca, et approcha un oreiller qu'il installa sous son bassin, avec l'aide de l'une des servantes. La fermeté du ventre, la fréquence et la durée des contractions indiquaient que le vrai travail commençait.
Pendant les périodes de relatif repos, Muzio lui expliqua quand et comment respirer, sans la surcharger d'explications. Il lui adressait régulièrement un regard qu'il voulait rassurant:« Ne pensez qu'à cet enfant qui arrive, et qu'à ce que je vous dis. Ne vous fatiguez pas déjà, c'est une épreuve sur la longueur... » Et, en effet, le temps passa. Les minutes s'écoulaient, qui se ressemblaient tout en paraissant se rapprocher progressivement. Vint le moment où elles convergèrent.« Prenez votre respiration profondément, maintenant. Vous commencerez à pousser à la prochaine contraction. » |
|  | | Lucrezia di Lorio Baronne - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 42 Date d'inscription: 05/04/2007
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Dim 9 Déc - 21:55 | |
| [La bibliothèque] On entendit trois coups frappés distinctement à la porte, c'était Lucrezia qui ne se fit pas prier pour entrer d'un pas énergique dans la pièce confinée où était étendue Bianca. D'un regard, la jeune femme constata qu'elle arrivait à point nommé. Elle regretta seulement de ne pas avoir été renseignée plus tôt de l'état avancé du stade de la délivrance et ne se pria pas pour le signaler d'un regard navré dans la direction de Bianca. Désormais son attention était dirigée uniquement sur la Princesse qu'elle découvrait en proie à un cruel effort. Elle tourna brièvement la tête en direction du médecin qu'elle salua d'un signe de la tête avant d'annoncer d'une voix calme ses intentions :" Monsieur, je suis venue porter assistance à la Princesse..." Son regard se reporta à nouveau sur Bianca dont le visage était marqué par les douleurs de l'enfantement. Elle aurait aimé ajouter "Si Madame le veut bien", mais c'était inutile en ces circonstances. Lucrezia n'aurait su trouver d'autres formules, il ne restait pas assez de temps pour se perdre dans la moindre négociation. Qu'il l'accepte ou non, le médecin serait forcé de souffrir sa présence dans la pièce. S'il craignait qu'elle montre le moindre signe de faiblesse, elle le rassurerait en temps et en heure. Lucrezia estimait ne pas avoir à justifier la nécessité d'une présence féminine et familière aux côtés de la jeune Bianca. Il ne faisait aucun doute qu'en sa qualité de médecin de famille, Maître Barrozi ne pouvait ignorer le caractère fragile de la jeune femme. Il se devait de comprendre l'importance que revêtait aux yeux de la Baronne le fait qu'elle se tienne auprès de la Princesse pendant qu'elle donnerait la vie.
Elle remonta légèrement le menton, et s'avança de sa démarche assurée vers Bianca dont elle se saisit de la main. Elle prit le relais sur l'une des servantes qui lui épongeait le front et se pencha à son oreille pour lui murmurer d'une voix rassurante, pleine d'encouragement : " Bonjour Madame, c'est un plaisir de vous revoir. Si vous avez besoin de quoique se soit, n'hésitez pas. Commandez, vous serez exécutée..." Disant cela, son pouce vint caresser le dos de la main qu'elle sentait crispée. Elle dévisagea alors le médecin et l'interrogea de ses yeux gris, l'enfant se présentait-il bien ? |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Lun 10 Déc - 0:20 | |
| Bianca hocha la tête, reconnaissante qu'il lui promette de ne rien cacher sur le déroulement des évènements. Son regard se porta sur la double porte menant à son petit salon. C'était la seconde fois en un mois qu'elle se retrouvait là, allongée sur son lit tandis que son époux et son frère se retrouvaient en tête à tête dans la pièce adjacente. Les deux princes antagonistes réunis dans une même pièce... pour elle... ou à cause d'elle, peut importait, cela revenait au même résultat.
C'est la pression légère de la main de Muzio sur la sienne qui lui fit reprendre contact avec l'instant présent. Bianca tourna les yeux vers lui et lui sourit. Il la rassurait, elle en avait besoin et Bianca plaçait toute sa confiance en lui. De toutes les fois qu'il était venu lui rendre visite durant le mois écoulé, Bianca avait sans conteste apprécié le professionnalisme dont il faisait preuve ainsi que sa douceur et son efficacité.
Elle ferait donc comme il lui conseillait, laisser de côté ses inquiétudes et s'en remettre à lui pour uniquement se concentrer sur le travail qu'elle devait effectuer."Je crois.. qu'il me sera tout de même difficile de ne point m'inquiéter du tout." dit-elle avec une pointe d'humour de sa voix essoufflée."Je suppose.. que peu de femmes sont parfaitement décontractées et.. en confiance lors de leurs premières couches, je me trompe ?" ajouta-t-elle en le regardant de nouveau.
Alors qu'il se lavait les mains, la princesse se crispa de nouveau et laissa échapper un cri étouffé. La douleur devenait de plus en plus violente et Bianca sentait le besoin de pousser comme si cela allait soulager la douleur plus rapidement. Cependant le médecin lui conseilla clairement de ne pas se fatiguer car le moment n'était pas encore propice.
Bianca ne sut dire alors combien de minutes s'écoulèrent, probablement beaucoup, enchaînant douleurs, périodes de soulagement de plus en plus courtes et essoufflements. La princesse s'évertuait à suivre les conseils de Maître Barozzi concernant sa respiration. Lorsqu'elle n'avait pas les yeux fermés, son regard était en permanence posé sur le médecin à l'affût du moindre indice, du moindre conseil supplémentaire.
Il lui semblait que plus le temps passait, plus ses forces la quittaient et pourtant, le plus dur était à venir et elle devait prendre sur elle, elle le savait. Comme l'avait dit le médecin, elle ne pensait qu'à l'enfant, son confort, sa fatigue, tout cela n'avait pas d'importance.
Haletant d'une énième contraction qui venait de se calmer, la tête posée sur l'oreiller, le front en sueur rapidement rafraîchi par la servante, Bianca avait les yeux fermés quand on frappa à la porte. La princesse rouvrit les yeux et aperçut le visage gracieux et fier de sa dame d'honneur. Elle tendit la main vers elle comme une invitation à s'approcher et murmura dans un souffle, un sourire fatigué aux lèvres."Lucrezia, vous êtes revenue..." La baronne prit la place de la servante qui était restée à ses côtés depuis plus d'une heure. Bianca serra sa main, heureuse qu'elle ait pu venir la soutenir."Vous êtes ici, cela me convient pour l'instant..." la rassura-t-elle pour répondre à sa demande.
Ainsi encadrée de deux personnes de confiance, Bianca se sentait d'autant plus le courage de poursuivre ses efforts. Aussi, quand Muzio lui annonça enfin qu'elle était libre de pousser à la prochaine contraction, la princesse acquiesça et se prépara en reprenant pleinement sa respiration.
La douleur ne se fit pas attendre longtemps. Serrant la main de Lucrezia, la princesse se retrouva presque assise dans son lit sous l'effort colossal qu'elle déployait. Cela se reproduisit une fois, puis deux... de nombreuses fois. La douleur lui emplissait la tête mais son objectif restait clair, ses cris, qu'elle ne retenait plus, résonnaient dans la chambre. Epuisée, Bianca pria pour que sa délivrance ne soit plus très lointaine. |
|  | | Muzio Barrozi Médecin

Nombre de messages: 724 Date d'inscription: 14/05/2005
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Jeu 13 Déc - 22:34 | |
| Alors que le moment était pour lui à l'attention, pour Bianca à l'effort, Muzio eut la désagréable surprise de voir la porte s'ouvrir et une dame rentrer. Il s'apprêta à lui demander de repartir par le même chemin, mais il constata vite que la présence de la nouvelle venue apaisait la princesse. Aussi accueillit-il la jeune femme d'un signe de tête.
Puis le temps se divisa en poussées rapprochées. Il ne parlait plus sauf pour rappeler de temps en temps à Bianca de respirer ou pour lui annoncer l'avancée des choses. Bientôt Muzio aperçut la tête de l'enfant. Patiemment, surveillant l'état de Bianca, le médecin s'appliqua tout à la fois à ralentir le passage délicat et à l'aider. Le temps passait, les cris de la princesse emplissait ses oreilles et son propre front luisait de sueur. Enfin, la tête entière fut dégagée. Muzio respira un bon coup, conseilla à Bianca d'en faire autant, et ils entreprirent le passage des épaules.
Lorsque l'enfant fut entre ses mains, Muzio ressentit, comme toujours dans ces moments-là, un mélange de fierté, de bonheur et de crainte. Fierté, parce que la mère vivait. Bonheur, parce qu'une nouvelle vie sur terre était pour lui comme une lueur d'espoir supplémentaire. Crainte, parce qu'il ne savait pas si le nouveau-né vivrait.« C'est une fille, Madame ! » Mais... La portion de crainte de son mélange prit de l'avance sur les autres. L'enfant ne criait pas.
Le médecin cacha la majeure partie de son inquiétude mais se rappela sa promesse. Après un coup d'oeil à la princesse, à son regard brûlant au milieu du visage épuisé, il indiqua brièvement:« Elle ne respire pas. Je vais faire mon possible. Buvez. » Il enveloppa l'enfant dans un linge, la frictionna doucement. Il lui sembla que les minuscules poings se contractèrent, et il continua quelques secondes. Puis il emmena le bébé et l'immergea dans le baquet d'eau froide. Après quelques instants, il le plongea dans l'eau chaude, et alterna ces bains tout en continuant à frotter doucement la poitrine et en introduisant régulièrement un doigt dans la bouche de l'enfant. Soudain, le bébé toussota, parut hésiter... Puis cria.
En réalité, les soins n'avaient pas duré longtemps, mais les secondes avaient paru interminables, le temps suspendu. Lorsque Muzio souleva l'enfant hurlant, il avait un sourire radieux.« Elle vit ! Elle vit ! » Muzio eut un rire heureux. Il entoura le nourrisson d'un linge blanc, et vint le déposer sur le ventre de sa mère. La petite héritière Adorasti avait les cheveux noirs de son père et les yeux clairs de sa mère. Peut-être était-ce à cause de ce curieux mélange qu'elle avait hésité à vivre. |
|  | | Lucrezia di Lorio Baronne - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 42 Date d'inscription: 05/04/2007
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Ven 14 Déc - 3:59 | |
| Lucrezia s’était penchée au dessus de Bianca, concentrée sur sa volonté de l’accompagner dans ce difficile exercice. Sa main ne quittant pas celle de la jeune femme, elle se plaça à sa hauteur pour être au plus près et assurer à chaque instant son soutien. Tandis que s’écoulaient les pénibles minutes, elle risquait parfois un regard dans la direction du médecin, guettant sur son visage concentré les signes du bon déroulement des opérations. Elle avait confiance, Bianca était docile et s’exécutait exactement selon les termes du Maître. Toutefois lorsque les cris redoublèrent d’intensité, et qu’elle vit la Princesse céder à l’expression de sa douleur, elle se rapprocha davantage. Elle lui dit doucement : « Cela sera bientôt terminé… » Dès lors, pas une seconde elle ne quitta de son regard profond et concentré le profil de la jeune femme, elle lui glissait par moment de sa voix grave et pleine d’assurance : « Doucement Madame, ne vous inquiétez-pas, il vient, ne vous affolez-pas, la douleur est normale, comme cela c’est bien, soufflez, voilà, regardez-moi, je suis avec vous, tout va bien… » Elle sentait l’étreinte d’une main moite contre la sienne se resserrer à mesure que le corps gracile se tendait aux prises de ce terrible effort.
On arrivait au terme de la délivrance, elle épongea une fois de plus le front brûlant: « Allez y, soufflez Bianca, pour la dernière fois… » Répéta-t-elle à la suite du médecin avec ce même ton confiant plein de délicatesse. Lorsque retentit le dernier cri, Lucrezia retira le linge du front de la jeune femme et s’écarta un peu pour la laisser respirer à son aise, puis elle fit jouer les pans de son éventail et l’agita afin de lui donner un peu d’air. Son autre main gardait prisonnière celle de la Princesse qu’elle serra à son tour. Un sourire tendre s’était dessiné sur les lèvres de Lucrezia qui posa sur la jeune mère un regard réjoui : « Je vous adresse mes plus sincères félicitations, Bianca, vous avez été d’un courage exemplaire ! » S’assurant que la jeune femme n’était pas défaillante, Lucrezia consentit à tourner son visage en la direction du médecin qu’elle s’attendait à voir porter, triomphant, le nouveau né. Mais le silence cruel qui s’installa, en lieu et place de l’effusion joyeuse qu’elle s’était figurée, s’abattit comme un rideau glacé sur son enthousiasme. Se pouvait-il que l’enfant n’ait pas survécu ? Certes, la baronne avait été forcée d’y penser par le passé. C’était une éventualité à laquelle il fallait toujours se préparer lorsque les couches étaient imminentes. Cependant, après être restée ainsi au chevet de la Princesse souffrante, à l’encourager et à lui promettre un proche apaisement, la raison de Lucrezia s’égarait quelque part entre ses scrupules et la folle espérance qui s’imposait. Bianca serait-elle à son tour victime de l’injustice qui avait privé tant d’autres mères avant elle? Cette pensée fugitive la ramena brutalement au sens de ses priorités. Avant l’abattement, l’espoir. Alors qu’elle voyait le médecin emporter avec lui le petit corps inanimé, elle se tourna aussitôt vers la Princesse et ses yeux vinrent trouver ceux de l’épouse d’Elio. Elle serra la main contre son cœur et dit d’une voix maîtrisée qui raisonna étrangement dans le silence tendu : « Ne craignez rien, Maître Barrozi est au chevet de votre fille, il prend soin d’elle… » Combien de temps faudrait-il supporter cette attente déjà insoutenable ? Chaque seconde s’abattait avec la cruauté d’un couperet dans la moiteur de la pièce confinée. Lucrezia dut se faire violence et résista à la tentation de tourner la tête et de s’informer de l’avancée des soins, elle restait avant tout la dame d’honneur de Bianca et honorerait sa position quelques soient les conditions. Elle ne laissa aucune place à l'inquiétude de son vis-à-vis et dit d'un ton qui la persuadait elle-même de ses propos: « Bianca, regardez-moi... L’enfant n’est pas… » Un cri soudain, et le soulagement intense d’une mère.
Imperceptiblement, la tension qui l’habitait sembla éclater comme une bulle de savon. Restée maîtresse des apparences, rien n'avait trahit sa peur, aucune ombre d’un quelconque effroi n’était venue se loger sur le visage aux traits fins. Elle n’avait pas failli. Une dernière fois elle serra les doigts de la Princesse avant de se dégager tout en douceur alors que le Médecin contournait le lit et venait placer l’enfant sur le ventre de sa mère. Lucrezia releva la tête et lui adressa un regard tendre : « Je vous quitte un moment. Je m’en vais quérir votre époux ainsi que Monsieur votre frère. Reposez-vous, vous l’avez amplement mérité… » Dans un soupir éloquent, elle dit à mi-voix : « Bianca, vous êtes mère ! » Après s’être assurée qu’une servante prendrait le relais sur ses soins auprès de la jeune femme, la baronne marcha d’un pas impérieux jusqu’à la porte qui menait au salon dont elle actionna les battants fermés. Au-delà se trouvaient deux hommes qui attendaient probablement ce moment comme on attend la pluie. Aussi, la jeune femme s’exécuta avec rapidité et son regard embrassa les deux Princes. Il était temps de mettre fin à leurs attentes. Sans nul doute ils avaient entendu les cris de l’enfant, mais ils ne pouvaient savoir pour Bianca. Ce fut un sourire plein de grâce qu’elle adressa à Elio en s’inclinant respectueusement avant de faire de même face au Prince di Grazziano : « Messieurs, je vous en prie…. » Et dans un geste élégant elle s’écarta pour leur laisser le passage. Ses grands yeux sombres s'attardèrent sur son ami. Le tableau qu'elle se figura s'annonçait charmant. Grazziano et Adorasti, bientôt réunis autour du divin enfant, quoi de plus touchant ? Ironisa-t-elle de sa position. Mais avant toute autre considération, une seule s'imposa à son esprit : Elio, tout jeune père, sur le point d'être confronté à sa descendance, son enfant, sa fille... Jusqu’à ce moment précis, les émotions de Lucrezia avaient été refoulées au profit du masque de la contenance, désormais elle ne pouvait nier l’émotion que provoquait chez elle pareil tableau. Profitant du couvert de son éventail, elle se ressaisit aussitôt et tourna un visage ému en direction du lit en demandant à mi-voix aux servantes de s’activer pour le confort de la Princesse. |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Dim 16 Déc - 1:28 | |
| Le temps semblait s'étirer, s'allonger pour écouler ses minutes le plus lentement possible. Pourtant, plus ses forces faiblissaient, plus sa volonté augmentait et c'est sans relâche que la princesse continuait ses efforts. La main de sa dame d'honneur serrée dans la sienne, elle suivait à la lettre les conseils de Maître Barozzi et écoutait les encouragements de Lucrezia.
Quand le médecin lui expliqua que la tête du bébé était passée, Bianca reposa sa tête dans les oreillers, exténuée. Sa poitrine s'abaissait et se soulevait rapidement afin de récupérer le souffle dont elle aurait besoin pour la suite. Le linge frais sur son front lui fit du bien et dès lors qu'elle eut récupéré sa respiration, la princesse entreprit un dernier effort avec le soutien de Lucrezia et les recommandations de Muzio.
En un instant, tout fut terminé. Bianca réalisa alors toute la valeur du mot "délivrance" et se laissa retomber dans les oreillers, les yeux mi-clos, essoufflée et le visage en sueur. Une fille, il venait de lui dire que c'était une fille. Bianca rouvrit les yeux et un sourire vint réchauffer son visage fatigué.
La jeune femme apprécia l'air rafraîchissant que lui offrit Lucrezia mais n'entendit pas ses félicitations. Les félicitations lui importaient peu en ce moment car le son qu'elle attendait avec impatience ne venait pas. Son regard se tourna de nouveau vers le médecin. Celui-ci ne souriait pas et lui annonça, comme elle le lui avait demandé deux heures plus tôt, que quelque chose n'allait pas.
La princesse posa ses doigts sur ses lèvres et son front se plissa sous ses boucles en désordre. Elle repoussa brusquement le verre d'eau qu'on lui tendait tandis que la voix de sa dame d'honneur qui tentait de la rassurer lui parut terriblement lointaine. Il sembla que plus aucun son ne voulut alors l'atteindre si ce n'était les cris de nourrisson qu'elle attendait."Pitié..." murmura-t-elle, un noeud dans la gorge. Etait-ce là sa punition de n'avoir reconnu sa grossesse que si tardivement ? Allait-on la priver de son enfant pour cela ?
Les yeux rivés sur le médecin, observant chaque geste, Bianca ne voyait rien d'autre que ce petit être tenu par deux mains aussi grandes qu'elle. Si silencieux. Puis, comme les couches qui avaient duré autant de temps pour se terminer si rapidement, l'angoisse s'envola en un instant lorsque les pleurs du nouveau-né emplirent la pièce et annonçaient que tout irait bien. Bianca ne put retenir les larmes qu’elle avait gardées pour elle jusqu’ici. La fatigue accumulée, cette effroyable attente du premier cri combinée à l’émotion étaient venus à bout de sa discrétion habituelle concernant la démonstration de ses sentiments.
Elle se reprit tout de même et accueillit dans ses bras son enfant entouré d’un linge. Elle attrapa au passage la main de Muzio et la serra un instant pour le remercier de tout ce qu’il avait fait pour elle et son enfant, mais aussi pour avoir tenu sa promesse et ne rien lui avoir caché. Le regard clair de Bianca se posa sur le minuscule visage tandis que son index vint glisser sur sa joue. Le moment était tellement privilégié que la princesse ne fit plus attention à son entourage, ni à Lucrezia, ni à Muzio ni aux servantes qui l’entouraient pour lui donner une rapide toilette afin qu’elle soit présentable. Approchant ses lèvres, Bianca vint les poser sur le front de sa fille et ferma les yeux. C’était l’aboutissement le plus concret qu’elle avait ressenti jusqu’alors depuis plus d’un mois.
L’environnement de la princesse sembla redevenir palpable autour d’elle. Lucrezia était passée dans la pièce à côté pour prévenir les deux hommes et Bianca les attendit en observant d’un air amusé les cheveux noirs qui couronnaient la petite tête. Quand elle vit son époux entrer dans la pièce, Bianca lui sourit et hocha la tête pour lui faire comprendre que tout allait bien. Elle attendit qu’il s’approche plus près et repoussa lentement du doigt le linge blanc qui cachait la joue de l’enfant. Relevant les yeux vers Elio, elle lui annonça d’une voix basse mais claire et audible pour toutes les personnes se trouvant dans la chambre."Elio, laissez-moi vous présenter.. votre fille..." commença-t-elle avant de rebaisser les yeux vers le bébé."… Athénaïs Carmela Maria Amélia Adorasti." |
|  | | Elio Lacryma Adorasti Prince - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 745 Statut: Admin Date d'inscription: 14/04/2005
 | Sujet: Re: La Chambre de Bianca Ven 4 Jan - 21:35 | |
| Elio s'était avancé dans la pièce avec une pointe d'anxiété. Mais le visage serein de Maître Barrozi, les sourires des servantes immobiles près de la porte, le visage rayonnant de Lucrezia avaient chassé l'appréhension. La parure du lit était bien tirée, aucun linge souillé ne venait heurter le regard. N'eut été le front en sueur du médecin et la paleur de la Princesse, on n'aurait rien pu soupçonné de la bataille qui venait d'être livrée.
La jeune femme était souriante, le hochement de tête qu'elle eut pour l'inciter à venir à son chevet écarta l'hésitation et le Prince s'approcha d'un pas un peu raidi. Le regard d'ambre hésita encore avant de se poser sur l'enfant emmailloté de blanc. Elio tendit la main et écarta le linge pour découvrir l'enfant totalement. Une étrange gêne, une timidité soudaine l'empêchait de bien voir et surtout de toucher le nourrisson. Les yeux flamboyants, il ne pouvait se repaître du spectacle de l'enfant. Chaque parcelle de peau rougie, les mains qui s'agitaient, le nez minuscule qui se fronçait, Dieu, tout ceci était-il réellement son oeuvre ? Il replaça le linge, les doigts mal assurés.
Les mots de Bianca percèrent l'émoi qui troublait son esprit et il eut un sourire qui découvrit la nacre de ses dents.
Une fille. Il respira profondément. Une fille. Pas un héritier qu'il lui faudrait éduquer avec rigueur. Non, une fille. Sa fille. Qu'il serait libre d'aimer et de chérir autant qu'il lui plairait. Athénaïs, que rien ne viendrait contraindre jamais.
Ce fut un murmure rauque qui franchit ses lèvres palies. "Je vous remercie, Madame, vous ne pouviez me faire un plus beau cadeau." Il se pencha et déposa un baiser sur le front de la jeune femme, sa main effleurant un très court instant la main posée sur le drap.
"Nous donnerons une fête pour vos relevailles, Bianca. Venise entière se doit d'honorer comme il se doit la mère de mon enfant." Il se redressa mais son regard ne quittait pas l'enfant et il savait déjà que jamais il ne pourrait s'en détacher. |
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