AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S’enregistrerS’enregistrer  ConnexionConnexion  
 

La Chambre de Bianca

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédente  1, 2, 3, 4, 5
AuteurMessage
Samuele di Grazziano
Prince - Ca'Grazziano



Inscrit le : 18 Oct 2007
Messages : 37
Statut : Modo

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Ven 4 Jan - 23:32

Samuele s’arrêta auprès des servants rassemblés à la porte. Il ne comptait pas se manifester davantage, se contentant d’observer avec amusement la réaction de son beau-frère, et avec compassion le visage de sa sœur où la fatigue transperçait encore. Il croisa les bras, forçant le sourire. Après tout, pourquoi être mécontent ? Ses parents avaient imposé un mari à Bianca, qu’elle était libre d’aimer ou non, mais cette petite fille… Elle l’aimerait forcément, enfant qui se trouvait désormais hors des querelles familiales et autres stupides joyeusetés.
Ceci étant, il lui sembla que se retirer pour laisser les deux époux était plus raisonnable, aussi, après avoir attendu le silence, il s’avança légèrement et s’inclina :


« Félicitations, Bianca. J’espère de tout mon cœur que toi et ton enfant vous porterez bien. Tu feras assurément une excellente mère. »

Il ne s’approcha pas pour l’embrasser, un simple sourire d’encouragement, qui lui assurait qu’il serait toujours présent.

« Quant à vous, Monsieur mon Beau-frère, il se tourna vers Elio, quelque chose me pousse à croire que vous saurez également remplir votre rôle de Père à merveille. Je vous félicite. »

Puis, il déclara avant de reculer :

« Et naturellement, je ne manquerais pour rien au monde cette fête en l'honneur de ma soeur. Mesdames, Messieurs… »

Un bref salut, et il fit volte-face, quittant la pièce, peut-être un peu brusquement, mais il n’avait pu rester plus longtemps. On vint lui apporter son manteau et son tricorne, qu’il enfila après avoir mis ses gants, et sortit du palais Adorasti. Cependant, alors qu’il avait l’intention de regagner la Ca’Grazziano, il reconnut l’un de ses gens venu à lui pour lui remettre un billet. Après lecture, un sourire se dessina sur ses lèvres : le programme venait de changer.

[Maison du Négociant en épices]
_________________
« Le bonheur n'est que dans ce qui agite, et il n'y a que le crime qui agite : la vertu, qui n'est qu'un état d'inaction et de repos, ne peut jamais conduire au bonheur. » [Sade]
Revenir en haut Aller en bas
Muzio Barrozi
Médecin



Inscrit le : 14 Mai 2005
Messages : 710

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Sam 5 Jan - 23:17

Muzio était resté non loin du lit, un peu en retrait. Il aurait été difficile de soutenir qu'il n'avait pas été ému en assistant à la présentation de l'enfant à son père, par sa mère. Oui le médecin avait senti son coeur se serrer en observant le Prince. Un instant il avait retrouvé l'être fragile et sensible qu'il avait soigné Calle Galante. Un instant. Car déjà Elio parlait de fête, de Venise, de prestige. En effet si Muzio avait seulement aidé ces dernières heures une femme et son enfant, maintenant il s'agissait de nouveau d'une Princesse et d'une descendance de renom.

Athénaïs Carmela Maria Amélia Adorasti... Le regard du médecin se porta encore sur le visage rose du bébé. Qu'est-ce que la vie lui réservait ? Avait-elle hérité de l'implacabilité de son père, de sa personnalité complexe et de ses faiblesses cachées ? De la beauté, du courage, de la délicatesse de sa mère ?

La sortie du Prince Samuele ramena Muzio à des pensées plus concrètes. Il avait eu le temps de s'assurer discrètement de la santé de Bianca et d'Athénaïs et de rassembler ses instruments, et il estima préférable de se retirer à son tour.

Il avança d'un pas et adressa un sourire rayonnant à Bianca, dans lequel on lisait tout à la fois la joie qu'il ressentait et la reconnaissance du courage maternel. Elio eut également droit à une part de l'enthousiasme contenu du médecin.


« Permettez-moi Monsieur de vous adresser mes plus sincères félicitations, à vous et à votre épouse qui a montré la plus grande vaillance, et de souhaiter le meilleur à cette enfant. »

Il laissa planer ses voeux de bonheur au-dessus d'Athénaïs, tels ceux de la bonne fée penchée au-dessus du berceau... Puis revint aux aspects plus pratiques.

« Madame la Princesse et sa fille se portent bien. » Il se tourna vers Bianca. « Je vous conseille naturellement de prendre du repos et de bien vous alimenter. Mais vous avez sans doute nombre de dames de bon conseil dans votre entourage, aussi je ne m'éternise pas. Avec votre permission je passerai demain voir notre nouveau-née... » Il rosit, se reprit: «... je veux dire Mademoiselle votre fille. Faites-moi appeler au moindre tracas. »

Il avait conscience d'avoir trop parlé aux parents dont le regard ne quittait guère le nourrisson. Il se contenta de sourire - il lui fallait toujours un certain temps pour quitter cet état de béatitude - et de jeter un coup d'oeil à Lucrezia qui prendrait sans doute les choses en main.

Muzio salua les trois - pardon, quatre - aristocrates et adressa un signe amical aux servantes qui l'avaient secondé.


« Je vous souhaite une excellente soirée... » ajouta-t-il assez inutilement avant de franchir la porte.

[Calle Trevisi – La Maison d’Ariela Accorti – Etage inférieur – Salon]
_________________
Une mauvaise herbe est une plante dont on n'a pas encore trouvé les vertus.


Dernière édition par le Sam 12 Jan - 15:45, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lucrezia di Lorio
Baronne - Ca'Adorasti



Inscrit le : 05 Avr 2007
Messages : 40

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Mar 8 Jan - 2:10

Légèrement en retrait, Lucrezia pouvait observer les gestes du Prince à mesure qu’il approchait de son épouse alitée. La scène poignante qui se déroulait sous ses yeux complices lui serra le cœur, la jeune femme accompagnait Elio dans sa démarche.

Elle ressentit cette grisante pointe d’appréhension lorsqu’il se pencha au dessus de l’enfant, sentant sa poitrine se soulever plus vite au rythme des battements de son coeur. D’un œil attentif elle suivit le subtil changement d’attitude de son ami lorsque retentit le beau prénom de sa fille. Lucrezia n’avait aucune prétention, seulement elle connaissait suffisamment Elio pour déceler dans son sourire l’emprunte d’un émouvant soulagement. Elle se surprit elle-même à retrousser les lèvres, elle agita de nouveau son éventail d’une main mal maîtrisée.

Elle ne prêta qu’une attention modérée au médecin qui s’agitait de nouveau auprès de ses deux patientes, ses deux yeux noisettes toujours rivés sur son ami, elle lui accorda néanmoins un battement de paupière courtois lorsqu’il quitta la chambre. Lucrezia lui était reconnaissante du sérieux avec lequel il avait su traiter lors de la délivrance.

Lorsqu’elle prit conscience qu’elle était seule en présence d’Elio et de Bianca, la fille du Baron s’éclaircit doucement la gorge afin de ne pas briser l’harmonie qui régnait désormais dans la pièce :


« Princesse, recevez encore toutes mes félicitations ! Sachez que le tout Venise se réjouit déjà de l’arrivée de la belle Athénaïs ! Je viendrai à votre chevet lorsque je vous saurai reposée, ne vous épuisez pas trop à admirer la divine enfant… »

Un sourire plein de chaleur accompagna ses propos. Elle tourna alors ses boucles auburn en la direction de son fidèle ami et lui adressa un regard éloquent, avant de continuer à l’adresse du couple princier :

« Ce fut un honneur pour moi que d’avoir assisté à cette heureuse naissance ! Je vous laisse tous-deux recouvrer vos esprits… » Sur ces paroles pleines de tendresse, la jeune femme tourna les talons après s’être inclinée respectueusement et quitta les lieux après un dernier regard en la direction des heureux parents.

[Le grand salon]
_________________
" Pour leurrer le monde, ressemble au monde " W.S
Revenir en haut Aller en bas
Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti



Inscrit le : 30 Avr 2005
Messages : 310
Statut : Modo

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Dim 13 Jan - 23:46

Le pas hésitant et un peu raide d'Elio, ses gestes mal assurés avaient une signification et une valeur particulières aux yeux de Bianca qui eut un élan d'affection pour son époux. A la façon impeccable dont il tenait sa Maison, jamais Bianca n'avait douté qu'il ferait un bon père et si les affaires devaient être menées rigoureusement et sans hésitation, il ne devait pas en être de même pour gérer cette première rencontre avec son enfant.

C'est pourquoi la distance que s'imposa son frère la heurta. Celui-ci c'était simplement acquitté des félicitations d'usage avant de se retirer... sans s'être approché d'elle, mais surtout sans avoir pris la peine de venir voir sa nièce de plus près. La princesse ne laissa rien transparaître de sa contrariété et se promit de reparler de ça avec son frère, un autre jour. Pour une fois qu'elle se sentait apaisée en présence de son époux, elle ne laisserait rien gâcher de ce moment.

La joie, voire le soulagement d'Elio lorsqu'elle lui révéla le sexe de l'enfant la fit sourire paisiblement. Encore une fois, et contrairement à sa dame d'honneur, jamais elle ne s'était inquiétée des sentiments d'Elio par rapport à cela. D'ailleurs, ne lui avait-il pas dit lui-même quelques heures auparavant ? Quelque soit le sexe de l'enfant, il serait bien accueilli. Elle savait qu'Elio n'était pas de ceux pour qui avoir une fille était une déception. S'il lui était arrivé de qualifier son époux de glacial, il lui aurait fallu être sotte pour nier le respect qu'il avait pour son entourage, elle compris.

Quand il la remercia pour ce "cadeau" qu'elle lui avait donné, Bianca sourit puis ferma doucement les yeux alors qu'il venait déposer un baiser sur son front. Le contact fugitif de sa main sur la sienne lui fit réaliser à quel point son testament était loin. Quelque chose était différent désormais. Si jusqu'à présent rien ne l'attachait à Venise, au palais, aux Adorasti et même à son époux, Athénaïs était désormais le point de ralliement de tout cela et Bianca ne pouvait ignorer alors la fierté de sa position qu'elle ressentait à présent comme pour la première fois.


"C'est moi qui vous remercie, Elio." répondit-elle simplement. "Votre joie me comble plus que je ne saurais l'exprimer."

L'annonce de la fête qu'il voulait donner à son intention la flatta. Aussi hocha-t-elle la tête en souriant pour le remercier et ajouta.

"Ce sera un honneur de présenter notre princesse à tout Venise, il me tarde d'exposer aux gens notre fierté."

Rebaissant les yeux sur sa fille, elle la vit entourer son index de ses petits doigts roses et s'y agripper. Bianca releva la tête pour adresser un sourire au médecin qui les félicita et lui donna quelques recommandations.

"Je vous remercie pour votre soutien et votre aide, Maître. Nous nous verrons demain." dit-elle en le saluant d'un signe de tête.

Bianca renouvela ses remerciements envers sa dame d'honneur qui les félicitait à son tour. La princesse avait particulièrement apprécié le soutien de Lucrezia durant le dur travail des dernières heures.

Ils furent seuls, eux trois. Les servantes étaient également sorties après avoir compris le signe de tête que leur avait adressé Bianca. La chambre avait retrouvé son calme et le silence à peine perturbé par quelques gazouillis de nourrisson. Les yeux clairs de Bianca se posèrent sur le visage d'Elio et un sourire amusé étira ses lèvres pâles.


"Si petite et déjà tout le portrait de son père, regardez ses cheveux. Il ne fait aucun doute qu'ils ne viennent pas de mon côté." fit-elle remarquer, le ton amusé avant de venir caresser du bout des doigts le crâne recouvert de fins cheveux noirs.
"Désirez-vous la porter un peu ?" lui proposa-t-elle en lui présentant l'enfant de manière à ce qu'il puisse la prendre aisément.

Bianca savoura de longs instants ce moment d'intense sérénité, appréciant autant la visage de sa fille que celui de son époux qui ne la lâchait pas des yeux. Ce n'est que quelques minutes plus tard qu'elle rompit le silence en déclarant d'une voix calme et basse.


"Je tâcherai d'être une bonne mère... mais également une meilleure épouse."
_________________
Le mariage est comme le tiret en imprimerie : il sépare et relie.
Revenir en haut Aller en bas
Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti



Inscrit le : 14 Avr 2005
Messages : 745
Statut : Admin

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Jeu 24 Jan - 3:17

Elio accueillit les félicitations de tous avec grâce, il souriait aux uns et aux autres, mais son esprit était ailleurs, il ne les vit pas se retirer. Déjà, il se projetait dans le futur. Il voyait passer devant ses yeux les moments de bonheur à venir. Comment la naissance d'un enfant pouvait-elle faire reculer à ce point les menaces ? Il n'en savait rien, ne voulait en cet instant réfléchir à rien.

Bianca souriait aussi, visiblement soulagée de l'accueil qu'il avait réservé à l'enfant. Il la trouva pale et l'oeil cerné
.

"Vous devriez vous reposer, Madame. Il ne serait pas bon que vous vous fatiguiez plus que nécessaire, d'autant que sous peu, il va vous falloir supporter le défilé de tous ceux qui voudront vous présenter leurs compliments."

Le Prince souleva avec précaution le nourrisson qu'on lui tendait et s'approcha de la fenêtre baignée de soleil. Il n'en sentait pas le poids et eut la crainte qu'il ne glisse, ne lui échappe et assura sa prise. Le regard attentif, il examina la petite chose au visage rougi, serrée dans ses langes, qui le fixait en agitant les mains. Il approcha son visage, huma son odeur particulière, la reconnaissant comme sienne à la manière d'un animal. Ses yeux agrandis paraissaient ne pouvoir se repaître de la vision de l'enfant. Les boucles étaient bien aussi noires que celles qui croulaient sur son propre col, les ongles minuscules griffaient sa main en s'accrochant dans la dentelle de sa manchette. Il revint près du lit et sourit en rendant l'enfant à sa mère.

"Elle aura sans doute nombre de qualités qui vous sont propres, Madame."

Il fixa son regard de feu sur son épouse, les mots qu'elle venait de prononcer avaient été longtemps attendus et en cet instant précis, il ne doutait pas de l'intention qu'ils exprimaient.

"Je suis certain qu'être mère changera beaucoup de choses dans votre vie, dans votre façon d'appréhender vos devoirs. Et je ne doute pas un instant que cela aille vers le mieux."

Quelques coups discrets frappés à la porte lui firent tourner la tête. La nourrice avait été prévenue et se présentait déjà, un peu rouge d'avoir été pressée. Elle plongea dans une révérence maladroite, ce qui laissa le temps au Prince de détailler sa mise. Elle semblait propre, coiffe empesée et tablier éclatant de blancheur, nul doute qu'on y avait veillé. Il avait oublié son nom, c'était sans importance. S'étant redressée, elle attendait les ordres. Cela était du domaine de Bianca, il n'interviendrait pas. La nurserie était installée, les ordres étaient déjà donnés de ne jamais laisser l'enfant sans surveillance. Il avait fait ce qu'il fallait pour que la sécurité de sa fille soit assurée.

"Je vais vous laisser donner vos instructions la nourrice à présent, cela relève de votre compétence, non de la mienne. Je fais prévenir le Padre Chiaramonti, ni vous ni l'enfant ne sauriez vous passer de sa bénédiction."

Il s'inclina et gagna la porte, arrivé là il se retourna avant de sortir
.

"Portez-vous bien, Madame, je vous visiterai plus tard dans la soirée, si vous le permettez."

[Le Rialto - La Maison du Peintre]
_________________
"La haine est toujours plus clairvoyante et plus ingénieuse que l'amitié." C.de L.
Revenir en haut Aller en bas
Heide von Wurkenholf
Cantatrice - Ca'Adorasti



Inscrit le : 26 Jan 2008
Messages : 6

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Sam 26 Jan - 11:09

[Premier post]

"Et là je lui dit: Il a bon dos mon ut! AAAAHAHAHAHAHA!"

Ces mots à l'accent terrible, fleurant bon la charcuterie, furent les premiers à être prononcés par une dame pour le moins particulière, alors qu'elle arrivait devant l'entrée du palais côté canal, sur une gondole lourdement chargée, le petit homme guidant l'embarcation semblant être relativement insensible aux charmes mysterieux de l'humour de contrées plus septentrionales, mais se forçant néanmoins, par bienséance.

Se voyant indiquer que cet endroit était le bon, la dame se retourna, le bas de sa robe majoritairement vert sombre et le haut de sa poitrine majoritaire tout court arrivant un quart de temps plus tard, alors que déjà, sa voix au moins aussi puissante qu'elle n'était haut perchée s'exclama un franc:


"Wunderbach! C'est merveille! Très jolie maison ça, très très. Oooh. Bien, merci beaucoup pour le transport monsieur, c'était très sympathique! Je suppose que des gens vont aider pour décharger les bagages. Ouuuhouuu, leeees geeeeens!"

S'exclama-t-elle sans transition après avoir toqué à l'imposante porte des lieux, hêlant par la même un serviteur qui ouvrit, l'air essouflé, demandant un "c'est pour quoi?" timide, générant du coup une réponse l'étant beaucoup moins:

"Mais voyons, je fus prévue mon arrivée ici! Je suis Heide Clotilda Frieda Gretchen Ulrika Wilma von Wurkenholf! Qui d'autre! Je fus invitée ici par le maître des lieux, moi et quelques amis qui ont eus des... Mais... Pourquoi les gens courent-ils dans tous les sens au lieu d'aller vers moi directement? Y a-t-il le feu?"

Il ne falut guère plus de temps à Heide pour apprendre l'existance d'un nouvel heureux évènement qui fit littéralement sauter de joie la diva, qui dut réajuster après coup décolleté et chapeau, qui ne s'abstint de décoller de sa tête que grâce à son ruban. Ecartant l'individu à la porte en avançant d'un pas décidé, elle déclama:

"Que l'on me montre où est l'enfant! Tout de suite!"

Avant de se tourner vers la personne et une autre passant tout près pour leur commander:

"Manolo et Conchita, ou qu'importe vos noms, vous avez des têtes à avoir ceux-là. Vous monterez mes deux-trois bagages dans la suite qui m'a été apprêtée. Et défaites les chambres préparées pour mes musiciens, les cuistres ont eus un terrible empêchement qui les empêche de venir soi-disant. Allez, schnell! Allegro!"

Et laissant les deux innocents serviteurs face aux nombreuses et lourdes malles, la diva monta à la suite d'un guide de fortune pour, devant la chambre, devancer une quelconque annonce et se lancer vers l'ouverture de la porte, ce qui n'était pas de l'avis de la personne de garde qui l'empêcha de faire.

"Hm? Quoi? Il y a problème? C'est pas la bonne porte? C'est bien là qu'il y a l'enfant oui? Oui, je le sais, oui! Alors quoi? Oh, je suis Heide von Wurkenholf, ce n'est pas mon nom intégral mais vous avez identifié qui je suis clairement, oui? Bien. Alors à présent il est plus de temps que je dis mon voeu pour l'enfant."

Mais à peine l'homme de garde avait balbutié quelque chose s'approchant d'un refus, motivé par le fait qu'il ne la connaissait pas que le ton changea, la voix de la dame devenant aussi grosse que la dame elle-même.

"Quoi? Qu'est-ce qu'il y a? Tu penses que je cache une arme peut-être? Ou que je vais l'étouffer? Hein? Tu me prends pour une criminelle? Hein?! Ou alors c'est juste que tu es trop [injure germanique] pour me laisser entrer alors que tu vois parfaitement que je ne suis pas une menace? HEIN?!"

Puis, se rapprochant plus que de raison vraiment, les poings sur la taille, elle lança un regard noir sur l'homme, puis s'avança d'un pas de plus, poussant l'individu par la même:

"Et là, tu fais quoi alors? Tu veux me refuser ça quand même?"

Un nouveau pas.

"Tu veux peut-être me planter un gros bout de métal? Oh ça va être très brillant pour la maison oui! Tu vas attirer la sympathie de ton maître beaucoup comme ça!"

Encore un pas de plus.


"On n'interdit pas la voie entre elle et un enfant à la diva Heide von Wurkenholf lorsque on n'a pas raison de faire ça! Non! Pas de mais! On ne le fait pas et puis c'est tout! Hmf! Conversation finie!"

Puis exécutant un nouveau pas qu'elle paracheva en avançant son buste, clouant par la même la discussion, elle tourna les talons pour entrer en trombe dans la pièce et déclamer, d'une voix aiguë et forte dés que le moindre cheveu du nourisson apparut dans son champ de vision:

"Oh qu'il est une charmant enfant!"

S'en approchant un large sourire rouge vif aux lèvres avant de tourner ses yeux verts vers celle qu'elle avait identifié comme étant la mère:

"Une charmant enfant oui vraiment, toutes mes beaucoup félicitations madame, beaucoup! C'est très, très émouvant ça! Beaucoup émotion oui? Oui! Surtout pour un si mignon enfant, très très charmant oui! OH!"

Poussant son dernier oh en mettant une main autant gantée que boudinée dos vers sa bouche, elle se redressa, se reconstituant une contenance, avant de dire d'un ton à peine plus calme:

"Mais j'en oublie de me présenter, je ne suis pas la bonne fée, la beauté elle l'a déjà ça se voit beaucoup oui, de toute façon. Non, je suis Heide Clotilda Frieda Gretchen Ulrika Wilma von Wurkenholf! Mais vous pouvez m'appeler juste Madame von Wurkenholf, je ne voudrais pas vous embêter avec tous ces noms, déjà que vous en avez des nouveaux à retenir avec l'enfant oui, vous avez déjà décidé le nom qu'il allait avoir au fait?"

Alors qu'elle assaillait la pauvre princesse qui n'avait rien demandé sinon un peu de repos à présent bien lointain, l'opulente et expansive invitée se saisit d'une chaise pour y déposer son auguste popotin, et attendre une réponse de la jeune mère, si bien sûr elle se remettait du choc de cette cyclonique arrivée.
_________________
Laaaaaa! lalalalalalalalala laaaaaaaaaaaaaaaaa!
Revenir en haut Aller en bas
P.Giacinto I. Chiaramonti
Père Jésuite



Inscrit le : 22 Avr 2005
Messages : 73

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Dim 27 Jan - 0:21

Giacinto hésitait sur le pas de la porte alors qu'Emilio, en aube de dentelle blanche, tentait de se cacher derrière lui. Ce n'était pas parce qu'il était sourd et muet qu'il ne savait pas reconnaître une tornade quand il en voyait une.
Le jeune prêtre se permit de penser que si la dame était la marraine choisie, le baptême risquait de virer au cauchemar. Etrangement, il ne se voyait pas du tout expliquer à la dame qu'en étant marraine elle s'engageait à montrer le chemin de dieu à l'enfant nouveau-né.

Ce n'est que lorsque la tourbillonnante dame se fut assise que le valet qui devait l'introduire reprit ses esprits et s'inclina.


"Madame... Le père Chiaramonti."

Giacinto prit son courage à deux mains et s'avança. Il n'avait plus le droit de paraître timide, ou perdu dans une ville inconnue. Depuis un mois qu'il était à Venise, il avait réussi à avoir la réputation d'être un prêtre presque prophète et bonne voix pour la sainteté. Cela lui permettait d'avoir une église pleine le dimanche, et d'être digne de l'honneur de baptiser l'enfant des Adorasti. Mais cela l'obligeait aussi à garder pour lui toutes les incertitudes qu'il ressentait. Et Dieu sait qu'il en portait beaucoup...

"Madame, je suis venu dès que j'ai appris la nouvelle..."

Mais personne n'avait l'air paniqué, ni en larme, il était fort probable que l'enfant aille bien, malgré l'étrangeté de sa naissance. Et il n'était donc pas très grave qu'il n'ait pas pu arriver plus tôt.
_________________
Ad majorem Dei gloriam
Revenir en haut Aller en bas
Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti



Inscrit le : 30 Avr 2005
Messages : 310
Statut : Modo

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Dim 27 Jan - 23:37

Bianca avait regardé avec le sourire son époux tenant sa fille dans ses bras. A ses yeux agrandis on voyait qu'il aurait besoin de temps pour réaliser l'évènement. C'était un peu de sa faute, tout était arrivé si subitement. Bianca avait repris Athénaïs contre elle, hochant la tête aux paroles de son époux qui avait compris sa volonté de s'améliorer sans pour autant insister sur ses erreurs passées. Il semblait qu'être père allait également changer certaines de ses perceptions et manies désagréables.

L'arrivée de la nourrice avait mis un terme à cette entrevue à trois. Sara était venue rapidement et semblait prête à prendre ses fonctions. Bianca l'avait choisie parmi un certain nombre qu'avait sélectionné Elio, pour sa douceur et son intelligence. Bien entendu, beaucoup de responsabilités pèseraient désormais sur ses épaules et la nourrice serait surveillée dans les premiers temps. Bianca avait donc hoché la tête aux paroles de son époux concernant le Padre et attendit qu'il soit parti pour commencer à s'entretenir avec la nourrice. Elle avait terminé ses recommandations concernant les tétés qu'une agitation bruyante se fit entendre dans le couloir.


"Je souhaite aussi que vous la promeniez dans le jardin un quart d'heure tous les jours pour... Quel est ce vacarme ?" demanda-t-elle, son regard se dirigeant vers la porte tandis que la petite princesse se mettait à pleurer.

La nourrice se proposa aussitôt de prendre l'enfant et Bianca apprécia son initiative. Elle posa Athénaïs entre les bras de Sara au moment une femme entrait brusquement dans la chambre, s'extasiant haut et fort à la vue du bébé.

Bianca la regarda, les yeux un peu ronds par la surprise mais l'expression neutre. Elle ne répondit à ses questions qu'une fois que la dame se fut présentée. Sa voix était charmante mais le ton franc et clair.


"Enchantée Madame von Wurkenholf et je vous remercie pour vos félicitations. L'héritière Adorasti a effectivement déjà un nom, je vous présente la princesse Athénaïs Carmela Maria Amelia Adorasti."

Le regard bleu-vert se planta dans celui de la diva avant d'ajouter de sa voix toujours aimable, douce mais ferme.

"Mon époux m'avait prévenue de votre arrivée prochaine. Il m'avait également dit que je devais m'attendre à voir défiler ceux qui désirent présenter leurs compliments, seulement je ne m'y attendais pas si tôt. Voyez-vous, la princesse n'a pas encore une heure et vous me voyez navrée de vous dire que votre arrivée fort enthousiaste est mal venue dans l'instant. Je suis fatiguée et j'étais en train de m'entretenir avec la nourrice. J'aurais également très bien pu ne pas être présentable. Prenez le temps de vous installer et nous nous reverrons prochainement pour discuter, soyez-en assurée."

Donnant ainsi son congé à Heide sans réplique possible, la princesse accueillit le Padre avec un sourire sans plus se préoccuper de l'intruse.

"Mon Père, je suis ravie que vous ayez pu venir aussi vite. Approchez..."
_________________
Le mariage est comme le tiret en imprimerie : il sépare et relie.
Revenir en haut Aller en bas
Heide von Wurkenholf
Cantatrice - Ca'Adorasti



Inscrit le : 26 Jan 2008
Messages : 6

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Sam 2 Fév - 10:04

Restée relativement -très relativement- calme depuis l'arrivée de l'ecclésiastique dans la chambre de Bianca, Heide reprit la parole lorsqu'elle fut interpelée par la jeune mère:

"Oooh, Athénaïs. Une consonnance étrange oui, mais, très joli quand même, ça lui va bien beaucoup!"

Ponctuant sa phrase d'un hochement de tête vif, appuyé et rapide.

La seconde réplique de Bianca, bien que plus cassante dans son ton, ne sembla cependant pas offusquer la diva outre mesure. Et c'est arborant un grand sourire qu'elle se releva pour continuer, de son ton toujours aussi enjoué:


"Oui, oui, bien sûr, je comprends tout à fait, disons que c'était juste une introduction oui. Je ne comptais pas m'éterniser vous savez, oh, je comprends votre état, j'en suis à mon deuxième forcément. Oh, vous devriez les voir, de vrais petits anges, et leur nourrice, vraiment charmante beaucoup est! Enfin, je dois avouer hélas je dois déjà partir ce voyage m'a é-pui-sée. Enfin vous avez du le remarquer, vu mon peu d'entrain, il faut dire que de München dernière grosse étape jusqu'à ici ça fait un gros chemin. Mais les paysages, c'est joliii. Enfin, en tout cas, madame, avec encore mes félicitations, mon père..."

Achevant d'une petite révérence, Heide se retira comme elle était venue: à grandes enjambées, et sans laisser aux occupants de la pièce le temps de dire ouf. La tornade enfin s'en était allée. Pour l'instant.
_________________
Laaaaaa! lalalalalalalalala laaaaaaaaaaaaaaaaa!
Revenir en haut Aller en bas
P.Giacinto I. Chiaramonti
Père Jésuite



Inscrit le : 22 Avr 2005
Messages : 73

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Dim 3 Fév - 15:08

Immense soulagement. La dame n'était pas marraine. Giacinto la laissa exécuter sa dramatique sortie avant de s'approcher avec un léger sourire.

"Madame, je suis ravi de voir que vous vous portez assez bien pour supporter même les visites les plus... enthousiastes. Et qu'il en va de même pour votre enfant."

La petite Athénaïs, dont les pleurs s'étaient calmés dans les bras de la talentueuse nourrice, regardait placidement autour d'elle. Giacinto avait baptisé assez d'enfants pour reconnaître les symptômes d'un danger de mort. Et celle-là était aussi proche de la mort que la Marquise de Galimidari était proche de la sainteté. C'est-à-dire vraiment très très loin.

Il se plaça devant la petite princesse, et voyant qu'elle ne se remettait pas à pleurer, il traça doucement mais fermement un signe de croix sur le front de l'enfant.


"Je vous bénis, nouveau-né sur cette terre, préparez-vous à entrer dans la maison du Seigneur."

C'était une bénédiction tout à fait informelle, mais tant qu'il n'y avait pas danger de vie ou de mort, il valait mieux garder les rites du baptême pour le baptême lui-même.
Il sourit à la nourrice qui avait l'air très fière et se tourna de nouveau vers Bianca.


"Je ne vous souhaite pas, Madame, que votre fille vous apporte tout le bonheur possible, car je ne doute pas qu'elle le fera."

Il avait posé une main sur l’épaule d’Emilio en parlant, parce que le gamin, voyant qu’on n’allait pas avoir besoin de lui, commençait à perdre de son sérieux et avait besoin d’un petit rappel à l’ordre. En même temps cela lui rappela qu’il ne pouvait pas passer trop de temps au palais des Adorasti, parce qu’il avait des confessions dans l’après-midi.

"Puis-je... puis-je vous demander si une date a déjà été choisie pour le baptême et la messe des relevailles ?"

Pour le baptême, le plus tôt était le mieux, pour les relevailles, cela dépendait de la santé de la mère. Mais dans les deux cas, cela demandait une préparation matérielle et psychologique de sa part…
_________________
Ad majorem Dei gloriam
Revenir en haut Aller en bas
Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti



Inscrit le : 30 Avr 2005
Messages : 310
Statut : Modo

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Mar 5 Fév - 22:33

Bianca retint à grand peine un soupir de soulagement quand la cantatrice sortit de la chambre. L'atmosphère sembla tout à coup moins étouffante, moins bruyante, moins lourde. Heide était partie sans histoire et Bianca en était soulagée car elle n'aurait guère aimé être obligée d'appeler des valets pour lui faire comprendre un peu plus fermement qu'elle devait s'en aller. Elle ne s'était même pas offusquée et Bianca se demanda brièvement si elle avait compris la situation. Peu importait, le calme était revenu et le Padre était là pour donner sa bénédiction.

La princesse eut un sourire amusé en voyant que le soulagement se peignait également sur le visage de l'homme d'Eglise et elle répondit avec un sourire.


"Et bien, si elle assure avoir peu d'entrain ce jour, j'ai quelques inquiétudes pour les jours à venir."

C'est d'un regard attentif et attendri qu'elle observa l'ecclésiastique tracer un signe de croix sur le front de sa fille. Un coup d'oeil à la nourrice et le sourire de celle-ci en dit long sur la fierté qu'elle ressentait à son nouveau travail et l'affection qu'elle portait déjà au nourrisson.

La princesse inclina la tête pour remercier le Padre et lui répondit.


"Merci mon Père. Aucune date n'a encore été fixée, mais vous en serez tenu informé dès qu'une décision aura été prise."

Le silence retomba quelques instants dans la pièce. Bianca se mordit la lèvre et regarda de nouveau le Padre.

"Mon Père ? Vous êtes mon confesseur... Pourrais-je vous faire part de quelques unes de mes inquiétudes ?" lui demanda-t-elle en désignant la chaise laissée par Heide.

Elle attendit qu'il soit installé et demanda à la nourrice de les laisser seuls. Elle réfléchit quelques instants, elle ne savait trop comment aborder le sujet.


"A votre avis... qu'attend le prince de moi ? J’entends par là, qu'attend un homme de son épouse ? Je voudrais... qu'il ne me voie plus comme une Grazziano encombrante qu'on lui aurait donné. J'aimerais qu'il soit fier de m'avoir à ses côtés. Vous comprenez ? Je ne sais pas ce que je dois faire pour cela, je ne suis pas sûre.."

Son index tapota ses lèvres comme pour mieux réfléchir à ce qu'elle allait dire par la suite.

"Le prince sort souvent la nuit, je l'ai vu plusieurs fois. Je crains... je me demandais s'il ne voyait pas quelqu'un d'autre et puis... je m'inquiète aussi pour lui.."

Le souvenir de la blessure d'Elio la fit frissonner. Elle n'en savait pas grand chose mais ce n'était pas difficile à deviner. Il avait été blessé durant une de ces fameuses nuits et cela n'avait pas été un accident...
_________________
Le mariage est comme le tiret en imprimerie : il sépare et relie.
Revenir en haut Aller en bas
P.Giacinto I. Chiaramonti
Père Jésuite



Inscrit le : 22 Avr 2005
Messages : 73

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Dim 24 Fév - 0:09

Giacinto avait appris depuis son arrivée à Venise à s’adapter. Il était courant qu’on lui donne comme réponse "vous en serez tenu informé", ce qui n’était pas pratique du tout pour organiser ses semaines, mais il fallait faire avec. A vrai dire, il s’attendait à ce genre de réponse.

Ce qui fut plus une surprise pour lui fut que la jeune mère veuille se confesser et qu’au lieu d’une confession, elle demande plutôt conseil.
Le jeune prêtre s’était assis sur la chaise qu’on lui avait désignée et écoutait, mains croisées sur les genoux, tête légèrement baissée. Lorsqu’il parla se fut avec la même prudence qu’avait emprunté la jeune femme.


"Ce qu’un homme attend de son épouse… Je ne suis sans doute pas la personne la mieux placée pour vous répondre, mais… Je dirai qu’un homme attend de sa femme amitié, fidélité et attention. Mais je dirais aussi qu’un paysan attend de sa femme qu’elle sache semer, s’occuper des animaux et des enfants et faire de bons repas. Un des bons citoyens de nos villes attend sûrement de sa femme qu’elle sache tenir la maison, les comptes et peut-être la boutique.
Et un prince, personne éminente de notre société, que sa femme soit remarquée par cette société, qu’elle est une place admirée, qu’elle apparaisse comme un être exceptionnel.

Votre beauté, votre bonté et votre histoire, Madame, vous confère déjà une place de choix dans les rumeurs de la ville. Mais…"

Il s’arrêta un instant, incertain. Il craignait de parler trop rapidement, trop brutalement. En même temps, la princesse s’était ouverte à lui avec beaucoup de simplicité et semblait lui demander sincèrement son avis. Il ne se sentait pas le droit de lui répondre autrement qu’avec cette même sincérité. Il sourit et reprit en lissant sur ses genoux le tissu de la soutane.

"Je parlerai franchement, Madame, parce qu’il me semble que vous désirez que l’on ne vous cache pas la vérité. Les gens parlent de vous comme d’une personne lointaine que l’on ne connaît pas très bien. Votre statu, votre jeunesse fait que l’on parle de vous, mais vous n’apparaissez dans l’esprit de la société que comme une absence…
Peut-être que… ce que votre mari pourrait attendre de vous c’est que vous soyez une présence réelle dans l’esprit des gens.

Mes termes sont un peu trop théologiques, je m’exprime très mal, veuillez m’en excuser… Mais… peut-être que votre mari attend que vous utilisiez le pouvoir que vous avez de naissance pour marquer votre présence dans la société par des actes qui montrent que vous agissez dans cette société.
Peut-être votre mère peut vous servir d’exemple ? Peut-être a-t-elle un salon littéraire, ou bien musical, ou artistique… des réceptions. Ou encore des bonnes œuvres. Ou bien… je crois que je vais manquer d’idée, mais quelque chose qui fasse que vous agissiez dans notre ville.
Vos talents et votre amabilité font qu’il vous suffira d’agir pour être louée."

Le jeune jésuite rit légèrement et continua avec beaucoup d’humour dans la voix

"Et évidemment, si vous choisissiez les bonnes œuvres, vous pouvez compter sur votre très humble serviteur pour vous servir d’intermédiaire…"

Il redevint immédiatement sérieux pour continuer parce que la suite lui semblait infiniment moins aisée à aborder.

"Quant aux sorties de votre époux… Je comprends vos inquiétudes. Il est vrai que Venise n’est pas toujours des plus tranquilles dans ses heures nocturnes. Je… y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour aider à les apaiser ? Si c’est en mon pouvoir, n’hésitez pas à me demander, je ferai tout pour vous aider."

Finalement, il n’avait pas parlé de la dague du prince qu’on lui avait montré dans le quartier de la bouche d’ombre. Et il avait soigneusement évité de nommer clairement les questions d’infidélité. C’était vraiment difficile à gérer ce genre de choses…
_________________
Ad majorem Dei gloriam
Revenir en haut Aller en bas
Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti



Inscrit le : 30 Avr 2005
Messages : 310
Statut : Modo

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Ven 7 Mar - 15:38

Le Padre prenait le temps d'écouter, de comprendre et de répondre au mieux, avec beaucoup de sincérité, ce qui la mit en confiance. Bianca l'écoutait attentivement tout en réfléchissant. Amitié, fidélité et attention étaient certes là les qualités premières requises pour une bonne épouse, là n'était pas la question et le Padre le savait tout comme elle. La princesse se contenta donc de hocher la tête en attendant la suite de ses conseils jusqu'à ce qu'il en vienne au point qu'elle attendait.

Être remarquée, c'était ce qu'elle avait commencé à comprendre.. sûrement un peu trop tard. Mais rien n'était irréversible.


"Ne vous excusez pas mon Père, vous êtes très clair et je vous en remercie. Ainsi, les vénitiens me voient comme une absence ? J'avais plutôt entendu qu'ils me prenaient pour une naïve... Mais peu importe, je suivrai vos conseils et avec l'aide de mon entourage, je ferai en sorte que cela change."

Un sourire accompagna ses paroles suivantes.

"Mon rang fait que les œuvres ne me sont pas étrangères. J’ai mes habitudes." répondit-elle à sa phrase d’humour.

Quand vint le sujet des sorties nocturnes du prince, le visage de Bianca retrouva une expression plus sérieuse, voire contrariée. Bien entendu, le Padre n’avait pas relevé le point d’une éventuelle infidélité et elle ne lui en voulait pas. Il n’était pas le mieux placé pour aborder ce sujet et n’aurait de toute manière guère pu lui donner de réponse satisfaisante. Aussi, lorsqu’il lui demanda s’il pouvait faire quelque chose pour l’aider, elle leva les yeux vers lui et lui sourit doucement.


"Prier pour qu’il ne lui arrive rien…"

Qu’il ne lui arrive plus rien, plus exactement. Bianca avait besoin de lui, tout comme Athénaïs avait besoin d’un père. Que plus aucun malheur ne touche sa famille, elle prierait pour son époux et pour sa fille. Rassurée par ses pensées, elle offrit un sourire au Padre pour lui donner son congé.

"Merci d’être venu donner votre bénédiction mon Père. Nous vous informerons au plus tôt des dates choisies pour le baptême et la messe des relevailles."
_________________
Le mariage est comme le tiret en imprimerie : il sépare et relie.
Revenir en haut Aller en bas
P.Giacinto I. Chiaramonti
Père Jésuite



Inscrit le : 22 Avr 2005
Messages : 73

MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Mer 19 Mar - 16:03

Giacinto eut un imperceptible soulagement quand la princesse lui demanda de faire ce qu’il savait faire, à savoir prier. Il n’aurait pas besoin de se transformer en mousquetaire et à courir les rues la nuit à la suite du prince. Tant mieux. Il ne se voyait pas du tout dans le rôle.

Même si… il ne s’interdirait peut-être pas de voir ce qu’il pourrait récolter comme informations à droite à gauche si cela pouvait apaiser les craintes de la jeune femme.

Il se leva en souriant et s’inclina légèrement.


"Madame, mes prières n’oublieront ni vous ni votre famille. J’attendrai donc de vos nouvelles."

Giacinto fit de nouveau une petite révérence avant de sortir de la pièce et d’entraîner avec lui un Emilio qui s’ennuyait derrière la porte.
Il ne fallait pas qu’il traîne, il y avait des confessions qui l’attendaient…


[Exit]
_________________
Ad majorem Dei gloriam
Revenir en haut Aller en bas

La Chambre de Bianca

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 5 sur 5Aller à la page : Précédente  1, 2, 3, 4, 5

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
VENISE :: CA' ADORASTI :: L'Etage Privé :: Appartements de la Princesse-