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Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Sam 17 Nov - 12:45 | |
| Le sourire vint s'afficher sur son visage délicatement poudré à la vue de son frère entrant dans la pièce. Elle tendit sa main vers lui comme pour l'inciter à venir près d'elle."Samuele, ta visite me fait plaisir, entre je t'en prie." dit-elle en l'invitant d'un geste de la main à s'approcher.
Les visites de son frère avaient égayé ce long mois ennuyeux. Bianca voyait sa venue comme une bouffée d'oxygène. Elle le suivit du regard alors qu'il contournait le guéridon pour s'approcher d'elle."J'apprécie le fait que tu t'inquiètes de mon bien-être, mais soit rassuré, je ne manque de rien, et je vais bien." répondit-elle avec un léger sourire.
Sourire qui se ternit légèrement à ses paroles suivantes. Son regard glissa sur le papier posé sur le guéridon."Si par "avoir fait ce qu'il fallait" tu entends rédiger mes volontés, oui c'est fait." répondit-elle d'un ton un peu plus tranchant qu'elle ne l'aurait voulu."Maître Barozzi m'a dit que je n'aurais plus que quelques jours encore à attendre, peut-être une semaine." annonça-t-elle sur un ton plus doux pour répondre à sa question.
Elle accueillit les mains de son frère dans les siennes avec plaisir et Bianca retrouva le sourire."Ne t'inquiète donc pas autant pour moi Samuele. Qui voudrais-tu qui me cause du souci ? Je passe le plus clair de mon temps dans mes appartements à lire, et me reposer. A y réfléchir, ça serait plutôt l'ennui qui me causerait du souci." Elle serra les mains de son frère en souriant d'un air apaisant. La princesse avait une expression rassurante sur le visage bien qu'en son fort intérieur, elle vivait dans un stress quasi-permanent."Et toi ? Que me racontes-tu aujourd'hui ?" demanda-t-elle pour avoir un peu des nouvelles de son côté. "Mère t'a-t-elle écrit à toi aussi ?" |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Sam 17 Nov - 15:11 | |
| Le sourire de Bianca grandissait, faiblissait, grandissait encore. Samuele ne le remarquait que trop bien et n'accordait aucune crédibilité à l'expression qu'elle collait sur son visage. Il garda le silence un moment, se contentant de suivre son regard vers la feuille posée sur le guéridon. Ils en discuteraient probablement plus tard.« Tu sais ce que je pense de toute cette histoire, Bianca, et celle-ci ne m'accorde aucun répit quant à mes inquiétudes... , les coins de ses lèvres s'ourlèrent imperceptiblement, surtout maintenant. Mère m'écrit d'ailleurs constamment, et souvent à ce propos. » Serrant à son tour les mains de la jeune femme, son regard se fit plus grave :« Mais il serait mentir que de prétendre être venu simplement pour voir comment tu te portes. Maintenant plus que jamais, et tu dois t'en douter, il me faut veiller à ce que tout se déroule parfaitement au sein de ma Maison, et par la même occasion, être certain que tout se passe pour le mieux du côté de mes frères et soeurs. » Oh bien sûr, Bianca était loin de représenter le même problème que Raffaele, mais un détail pesait pourtant lourdement sur la balance : sa soeur était mariée à l'ennemi, tandis que son petit frère occupait toujours le même palais que lui. Et cela voulait tout dire. Inspirant profondément, Samuele reprit :« J'éviterai de te rappeler les principes de Père puisqu'ils n'ont plus aucune importance pour moi désormais, cependant, j'aimerais éclaircir quelques points te concernant. » Ses yeux semblaient dire « mais n'oublie pas que je serai toujours ton grand-frère et que mes remarques n'auront pour objectif que ton seul bien ». Il suffisait pourtant de fouiller un peu plus pour discerner autre chose. Un changement évident, un conseil, presque une obligation, de prendre très au sérieux ce qu'il allait lui dire et de le mettre en pratique le plus vite possible. Il caressa doucement des pouces le dos de ses mains afin de l'apaiser.« Tu parlais à l'instant d'ennui et tu as justement très bien fait. Car je pense, ma chère Bianca, que le mot « ennui » n'a pas lieu d'être associé à une princesse, enceinte ou non. » Samuele arqua légèrement un sourcil, guettant le moindre signe de contrariété chez sa soeur :« Ne le prends pas mal, je t'en prie. Je sais que cela peut paraître surprenant venant de moi qui t'ai toujours bercée dans une atmosphère douce et protectrice, propre aux grands-frères, lorsque nous avions l'occasion d'être ensemble, mais sache que je ne cherche en aucun cas à te causer du tort. Ainsi, je crois qu'il serait grand temps pour toi de réaliser quelle place tu occupes au sein de Venise. » Le Prince lâcha les mains de Bianca et croisa les bras pour commencer à marcher au centre de la pièce, les yeux mi-clos, comme s'il réfléchissait au meilleur moyen de formuler ses propos sans provoquer chez sa soeur de trop violents éclats.« Tu pourrais par exemple préférer de la compagnie à la lecture. Rien d'épuisant, quelques personnes, même une seulement, afin de te divertir. Je sais que cela ne doit pas être facile pour toi de trouver de telles personnes ici, mais quelqu'un doit bien s'en préoccuper, non ? , ses yeux se fermèrent totalement, et un sourire naquit sur ses lèvres alors qu'il tournait le dos à Bianca, Ton époux, peut-être ? » Son expression redevint grave et il se tourna vivement vers sa soeur, imposant son silence jusqu'à temps qu'il ait terminé :« Un simple réveil de ta part, Bianca, qui, j'en suis persuadé, en réjouirait plus que cela n'en dérangerait. Te faire connaître, t'imposer, prendre conscience de ton rang au sein de la société vénitienne. Ah ! Et également faire taire cette même société. Car tu penses bien, Bianca, que même si je me fiche royalement des rumeurs, je suis particulièrement affecté lorsque, m'arrêtant dans quelques lieux mondains, j'entends de loin que tu nourris en grande partie les conversations. » A présent, la contrariété, ainsi qu'une certaine sévérité, se lisaient aisément dans le regard miel de Samuele. Il ne pouvait tolérer de tels propos, et il exigeait qu'elle non plus ne les tolère pas. Afin d'achever son sermon, le Prince articula lentement :« On dit de ma soeur qu'elle est une femme niaise. Que penses-tu de cela ? » |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Sam 17 Nov - 16:41 | |
| Bianca n'osa pas demander à son frère ce que leur mère lui écrivait à lui. Dans les lettres qu'elle recevait, elle se contentait de lui prodiguer de bons conseils mais évitait soigneusement le sujet épineux. Bianca s'était rendu compte depuis quelques temps que leur mère avait un don pour passer sous silence ce qui la contrariait.
Le regard de son frère se fit plus grave et l'attention de Bianca monta d'un cran, fixant son frère et écoutant ses explications. Elle hocha la tête. Elle comprenait ses obligations concernant sa Maison. Mais quand il lui dit qu'il avait des points à éclaircir la concernant, Bianca ne put s'empêcher de froncer légèrement les sourcils.
Son regard fixé dans le sien, la princesse traduisit assez bien son regard. Ses critiques seraient toujours pour son bien et elle se devait de suivre ses conseils, à lui son grand frère à qui elle avait si peur de déplaire. Lui déplaire... Samuele avait du sentir les battements de son coeur s'accélérer car ils caressa le dos de ses mains avec ses pouces pour l'apaiser. Il la comprenait si bien.
Ses lèvres s'entrouvrirent comme pour déjà répondre mais son frère la devança, insistant sur le fait qu'elle ne devait pas se vexer. Alors qu'il lui lâchait les mains, Bianca le regarda. Elle n'était pas vexée par ses paroles, mais simplement légèrement surprise. Pourquoi lui dire tout cela, maintenant, alors que jusqu'à présent il l'avait, comme il le disait, bercée dans une atmosphère douce et protectrice ? L'idée qu'il veuille lui dire "la vérité" avant qu'il ne soit trop tard lui traversa l'esprit, qu'il lui disent ce qu'il avait sur le coeur avant qu'elle...
Cela voulait-il dire que Samuele craignait autant qu'elle que l'accouchement se passe mal ? Bianca elle-même était terrifiée de l'issue de cette grossesse. Combien de femmes étaient mortes en donnant naissance à leur enfant ? Son regard glissa une nouvelle fois sur son testament. Après quelques secondes de silence, la princesse répondit d'un ton calme mais assuré."Samuele je ne suis pas stupide, je ne suis pas sans ignorer la place que j'occupe dans cette ville. Mais comme tu peux le voir, je suis présentement limitée dans mes mouvements. Quant à mon ennui, il ne vient pas de mon fait, Maître Barozzi m'a dit de rester le plus au calme possible et le plus souvent allongée. Je n'ai guère l'esprit tourné vers les divertissements ces temps-ci, j'osais espéré que tu le comprendrais. La compagnie prolongée me fatigue, je préfère donc lire en attendant tes visites." Le dernier sermon de son frère lui fit pincer les lèvres et Bianca cilla légèrement. Ce n'était pas tant le contenu de ses paroles qu'elle trouva blessant, mais plutôt cette sévérité à son encontre qu'elle lisait dans son regard. Et cette rumeur, elle l'avait entendue elle aussi, au sein même de ce palais. Plus aucun sourire, forcé ou non n'apparaissait sur son visage. Elle regarda son frère avec une lueur de défi dans le regard."Je pense que cette rumeur doit être vraie, puisque mon propre époux le pense également... ainsi que mon frère qui me croit incapable de prendre conscience de mon rang au sein de la société vénitienne, à tel point qu'il pense que je dois me réveiller et m'imposer malgré l'imminence de mes couches !" D'un geste brusque, la princesse attrapa le papier posé sur le guéridon et le porta à ses yeux. Sa main tremblait légèrement. Elle s'efforça de respirer calmement pour s'apaiser. Elle savait que son frère avait raison et qu'il lui disait cela dans son intérêt, mais il avait vraiment mal choisi son moment alors qu'elle était réduite à l'immobilité dans cette duchesse et son lit depuis des semaines. Mais ses paroles resteraient gravées dans son esprit et quand elle pourrait à nouveau reprendre des activités normales, elle tâcherait de mettre en pratique tous ces conseils."J'aimerais mettre au clair certains points de.. ceci." reprit-elle d'un ton neutre en désignant la feuille de papier."Avec Elio et toi. Acceptes-tu que je lui demande de venir ?" |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Sam 17 Nov - 17:47 | |
| S'adossant au mur, Samuele contempla longuement sa soeur, la gravité n'ayant toujours pas quitté son visage. D'une part, il éprouvait un réel soulagement de voir qu'elle ne s'était pas tant emportée que cela, et d'autre part, il fut légèrement froissé d'entendre de sa bouche qu'il semblait croire en la rumeur qui courait sur elle. Probablement en raison de son état... Il soutint son regard, qu'il apprécia, malgré les paroles qui l'accompagnaient et souffla :« Plutôt que de te croire niaise comme ton époux, – et tu m'en vois sincèrement navré – , j'ai plutôt tendance à penser que tu ne profites pas assez de ton statut. Ceci... Dans un cercle publique comme privé. Mais tu l'as naturellement compris. » Il jugea bon de ne pas continuer pour le moment, observant de nouveau sa soeur. Elle tremblait, presque haletante, son testament en main. Laissant échapper un soupir, il secoua la tête de gauche à droite :
« Bianca, Bianca, Bianca... » Samuele s'approcha et adressa cette fois-ci un véritable sourire à sa soeur, qu'il voulut rassurant, et significatif de ses pensées :« Tu pourras réfléchir à ta guise à tout ce que je t'ai dit après l'arrivée de ton enfant, tout se passera pour le mieux – j'en suis persuadé – et je resterai à ta disposition. Oublie provisoirement mes paroles si elles sont la source d'une quelconque angoisse, je n'aimerais pas être responsable d'un drame... » ... Te concernant. Ce fut à dessein qu'il n'ajouta pas les deux derniers mots. Il existait certaines affaires auxquelles il ne pouvait tout simplement pas mêler sa soeur. Et justement pour cela, il aurait aimé la savoir suffisamment débrouillarde et capable de tenir tête à n'importe qui. Cela représenterait alors une inquiétude en moins. Hochant affirmativement la tête, sans montrer ce que lui inspirait l'idée de voir l'époux de Bianca, Samuele déclara :
« Fais donc, je me doutais que nous allions en parler. » |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Sam 17 Nov - 21:26 | |
| Evidemment, Bianca savait pertinemment que Samuele ne croyait pas la rumeur. Ses paroles avaient été ironiques pour faire réagir son frère face à ce qu'il lui avait dit. Si Bianca ne profitait pleinement pas de son statut, elle le reconnaissait, elle savait parfaitement quelle était sa place et son pouvoir, et il était injuste de lui en faire le reproche alors qu'elle était pour le moment dans l'incapacité physique de faire quoi que ce soit. C'est ce qu'elle avait voulu lui faire comprendre en se défendant de cette manière.
Heureusement son frère changea de sujet et Bianca lui en fut reconnaissante. Elle avait beaucoup de mal à contrôler ses émotions depuis qu'elle était enceinte alors qu'en temps normal elle possédait une parfaite maîtrise d'elle-même.
Il essaya alors de la rassurer sur l'avenir, lui assurant que tout se passerait bien. Bianca sourit, c'était le genre de paroles rassurantes que s'efforçait d'avoir Maître Barozzi également. Cela ne l'empêchait pas d'être angoissée. Mais elle se raisonnait, elle ferait ce qu'il faudrait pour que tout se passe au mieux pour son enfant. Car ce n'était plus elle qui comptait désormais, c'était lui.
Elle hocha la tête quand il lui donna son accord en ce qui concernait Elio. Elle ramena ses jambes sur le côté de la duchesse pour s'asseoir puis se leva sans trop de difficulté. Elle avait besoin de se dégourdir un peu les jambes. Elle tira le cordon de soie et attendit qu'une servante arrive. Elle lui demanda alors de demander à son époux s'il pouvait venir la voir un instant.
Une fois la jeune fille partie, Bianca reprit entre ses doigts la feuille de papier et regarda son frère. Elle se doutait qu'il prenait sur lui et que voir Elio n'avait rien de plaisant."Cela ne durera pas longtemps je pense..." dit-elle.*J'espère...* C'était un mauvais moment à passer pour chacun d'eux trois, mais nécessaire.
Le silence lui pesa alors à ce moment là et les paroles échangées quelques minutes avant résonnaient à son esprit avec un goût de conversation inachevée."J'aimerais avoir un salon réputé mais je ne sais pas comment mettre cela en oeuvre." lâcha-t-elle sans préambule comme pour se soulager d'avouer que Samuele avait tout de même raison sur certains points."Ma dame d'honneur a dû partir, je n'ai personne pour me tenir compagnie." ajouta-t-elle en s'avançant vers une petite table pour y déposer le testament."J'aimerais entendre de la musique mais je n'ose rien demander... La présence d'Elio est tellement forte que je me sens.. je me sens.. étouffée." Bianca regarda résolument la porte pour ne pas croiser le regard de son frère. |
|  | | Elio Lacryma Adorasti Prince - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 745 Statut: Admin Date d'inscription: 14/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Dim 18 Nov - 0:59 | |
| Premier Post du Jeudi 5 Mars 1744Deux coups frappés à la porte, une pause puis le panneau pivota et Elio entra dans la pièce. Il ne marqua aucune surprise à la présence de Samuele, il savait à peu près tout ce qu'il avait à savoir sur les visites que ce dernier rendait à son épouse. Et bien que la venue du Prince di Grazziano dans sa maison lui fut désagréable, il ne lui serait pas venu à l'idée d'interdire ses visites. Bianca avait besoin de sa famille et refuser un frère aurait été faire montre d'une insensibilité malvenue. Tout en examinant sa mine et sa tenue, il s'inclina devant son épouse. "Madame, je vois avec plaisir que vous êtes debout. C'est donc que vous avez enfin décidé de ne plus vous laisser aller à l'indolence et que vous vous sentez mieux. Vous m'en voyez heureux." Se tournant vers Samuele, il le salua de la tête. "Monsieur mon Beau-Frère, je vous suis reconnaissant de tenir compagnie à mon épouse. Cependant.." Il se dirigea vers la fenêtre et l'ouvrit, laissant entrer l'air frais et ensoleillé du début d'après-midi. "Je doute que sa lassitude ne se dissipe si elle s'obstine à rester enfermée ainsi dans ces appartements surchauffés. Savez-vous Madame que vous possédez l'un des plus ravissants jardins qui soient ? Non certainement, vous ne le savez pas puisque vous n'en avez point foulé une seule fois les allées entretenues pour votre plaisir depuis la fin de l'hiver. Mais il me semble vous avoir déjà donné mon sentiment, vous attendez un enfant, vous n'êtes pas souffrante." Il revint au centre de la pièce et croisa les bras. "Mais laissons là. Venons-en à ce qui a requis ma présence." |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Dim 18 Nov - 3:01 | |
| Samuele ne chercha pas à faire face à sa soeur alors qu'elle lui avouait ce dont il se doutait déjà depuis un bon moment. Au moins, elle avait le mérite de franchir le pas.« Tu n'oses rien demander ? Cela changera. Il faut que tu parviennes à grignoter un peu de sa présence 'si forte' pour qu'il ne t'étouffe plus. » S'il eut dans l'idée d'agrandir son sourire, il se ravisa immédiatement lorsqu'Elio pénétra dans la pièce. Il lui rendit son salut, présentant son visage grave habituel, mais son regard, qu'il avait préféré poser sur Bianca, se fit un instant interrogateur alors qu'il écoutait les paroles de son époux.
« Je ne fais que mon devoir, Monsieur mon Beau-Frère. Et il semblerait que Bianca se contente simplement de suivre les recommandations du médecin, n'est-ce pas ? Mais... » , ses paupières s'abaissèrent légèrement, contemplant la jeune femme derrière ses cils, « Je ne doute pas un instant qu'elle saura apprécier ce jardin à sa juste valeur lorsqu'elle sera sortie de cette phase délicate qui est présentement la sienne. » Bien qu'il n'en montra rien, il eut l'étrange impression qu'Elio allait dans le même sens que lui concernant quelques-uns des points précédemment évoqués en compagnie de sa soeur. Et afin de confirmer ou infirmer ses doutes, il osa, d'un ton presque enjoué :
« Et il me semble que tu portes la musique en très haute estime, Bianca ? Il doit bien y avoir ici de quoi te satisfaire dans ce domaine... Afin de te divertir davantage, tu pourrais même aller jusqu'à tenir salon et échanger avec des hôtes qui nourriraient pour cet art le même intérêt. » |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Dim 18 Nov - 20:57 | |
| Parvenir à grignoter de la forte présence d'Elio pour s'imposer elle-même... voilà qui était aisé à dire. Il était évident que Bianca n'avait pas peur de répliquer à son époux quand elle considérait injustifiée une de ses remarques, mais son regard dur la glaçait et elle craignait ses réactions. Elle n'avait toujours pas oublié le jour où il l'avait enfermée dans ses appartements.
Oui elle voulait un salon, et elle en aurait un, elle ferait cela pour quand le moment serait venu, quand sa situation se serait stabilisée, quand elle pourrait compter sur le soutien et l'aide d'une dame de compagnie et que ses soucis majeurs l'auraient laissée en paix. Oui, elle voulait de la musique mais non, elle n'osait pas demander pour l'instant pour les mêmes raisons que précédemment. Lui donner les idées était une chose, avoir les moyens de les accomplir en était une autre. Et pour l'instant, quoi qu'elle dise, quoi qu'elle fasse, son époux trouvait toujours à redire et lui imposait sa propre vision des choses.
L'arrivée d'Elio ne fut que le plus bel exemple qui soit à ce sentiment. A peine entré qu'une première remarque tomba, suivie d'une autre. Il alla même ouvrir une fenêtre d'autorité sans prendre la peine de se demander auparavant si elle ne l'avait pas fait elle-même tout simplement parce que la température lui convenait. Comment ne pas se sentir lassée, désoeuvrée face à un comportement écrasant et perpétuel ?"Elio, vous n'êtes pas toute la journée dans mes appartements que je sache. Je suis debout et couchée quand bon me semble sans que vous n'en soyez forcément tenu informé dans l'instant." Quand Samuele mit en avant que le repos s'agissait d'une recommandation du médecin, Bianca hocha la tête et ajouta."En effet, mais comment le saurait-il ? Les visites de Maître Barozzi ne sont que secondaires." dit-elle d'un ton ironiques sachant parfaitement que son époux aurait, sur ce point encore, de quoi répliquer.
Se défendre indéfiniment, tel était son quotidien depuis plus d'un an. C'était probablement cela qui l'épuisait plus qu'une grossesse. Et cette situation, eux trois réunis, la mettait bien plus mal à l'aise qu'elle ne l'aurait cru au départ. Au lieu de faire tampon entre les deux princes antagonistes, voilà que leurs idées se rejoignaient contre elle.
Elio lui avait déjà dit qu'elle devrait avoir un salon où se réuniraient des artistes et du beau monde. Or Bianca venait d'en parler à son frère juste avant l'arrivée d'Elio et lui avait dit qu'elle aimerait effectivement en tenir un mais ne savait pas comment s'y prendre. Pourquoi donc en reparler maintenant devant son époux ? Ses paroles n'avaient pas valeur à ses yeux d'un simple conseil mais ne faisait qu'enfoncer le clou en la rabaissant d'avantage sur son incapacité momentanée à accomplir ce que ferait aisément une princesse digne de ce nom.
Bianca regarda son frère, une expression indéfinissable sur le visage. Etait-ce un procès ? Bianca se sentait sur le point d'exploser."Nous ne sommes pas réunis ici pour parler de moi il me semble !" trancha-t-elle pour couper cours aux polémiques. Son coeur battait à ses tempes et une chaleur désagréable se plaquait à sa nuque et ses oreilles malgré la douce fraîcheur entrant par la fenêtre ouverte.
La princesse contourna les deux hommes et prit le testament entre ses doigts avant de revenir vers eux pour le leur tendre. Bianca regarda plus précisément son époux, l'air déterminé."Etant donné l'incertitude à venir me concernant, j'ai pensé à prendre des dispositions pour l'éducation de notre enfant. Si je vous ai fait venir, c'est qu'il est bien évident que nous pouvons en parler. Cependant mes souhaits sont très clairs et j'attend à ce chacun des points soit respecté." |
|  | | Elio Lacryma Adorasti Prince - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 745 Statut: Admin Date d'inscription: 14/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Lun 19 Nov - 21:34 | |
| Le prince chassa la reflexion de son beau-frère d'un mouvement fluide de la main. "J'entends tout à fait les recommandations de Maître Barrozi et je ne mettrais pas leur pertinence en doute, bien qu'il me m'ait jamais semblé que quelques pas dans un jardin soient une épreuve de force. Et non, Madame, en effet, je ne passe pas mes journées dans vos appartements, Dieu m'en garde." Il n'était en présence de son épouse que depuis quelques minutes, que déjà, il en était lassé. Il tourna le regard vers Samuele qui parlait de divertissements, de musique et de salon. L'impatience d'Elio se lisait clairement dans le mouvement de ses doigts fins qui tapotaient une musique muette sur sa cuisse. "Nous avons parmi nos hôtes un claveciniste de talent, Monsieur Danilo Della Lonza. Il lui serait sans doute agréable de plaire à Madame votre soeur, si seulement celle-ci en exprimait le désir." Le regard d'ambre se reporta sur Bianca. "Quant à tenir salon, la Comtesse Gurrieri, qui fait également partie de cette Maison, ne serait que trop heureuse de vous aider. Mais pour cela encore faudrait-il que vous cessiez de geindre et vous tordre les mains en attendant que l'on devine vos attentes. Vous êtes la maîtresse de cette Maison, vous êtes celle qui doit décider et non celle qui doit mendier. Cessez donc de vous défendre de tout, Bianca, cela m'épuise et ne sert pas votre cause. Grandissez, par pitié !" Il haussa un sourcil, la jeune femme montait le ton. Dieu que c'était déplaisant. On lui avait parlé des humeurs caractérielles des femmes grosses mais cela ne l'en exaspérait pas moins. Qu'elle en vienne au fait ! Ah voici qu'elle cueillait une feuille de papier sur une console. "Vos dispositions ? Vraiment ? Et bien, je vous félicite de votre prévoyance, lisez-nous un peu cela. Mais faites vite et épargnez-nous les apitoiements, je vous prie." Nul doute qu'il eut préférer régler ces détails sans la présence de Samuele, cependant en tant que frère ainé, il était naturel qu'il assiste à la lecture des volontés de la jeune femme. Il sourit pourtant, sans la présence d'un homme de loi, ceci n'était en effet que des volontés. A respecter, ou non. Et cela, le prince di Grazziano devait le savoir aussi bien que lui-même. "D'ailleurs, en parlant de vos souhaits pour le futur de notre enfant ; avez-vous pris la peine de voir les nourrices que j'avais séléctionnées ? Avez-vous fait un choix ? Il faudra sans doute faire prévenir l'élue pour qu'elle se tienne prête rapidement." |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Lun 19 Nov - 23:19 | |
| Bien, voilà qui était clair. Tout ce que disait Elio confirmait et rejoignait ce que lui-même avait présenté à Bianca avant qu'il n'arrive. Et la jeune femme se défendait du mieux qu'elle pouvait alors que cela était tout à fait inutile, puisqu'il n'y avait pas d'attaque à proprement parler, seulement les mêmes remarques sortant de deux bouches pourtant prédestinées à s'affronter, raison pour laquelle selon lui Bianca agissait de cette façon en retour – en plus de son état. Il se doutait cependant qu'elle avait parfaitement compris le fond de la chose, toutes ces paroles ne visaient que son propre bien, mais elle persistait, donnant à la présente situation un aspect ironique qui manquait à chaque mot prononcé de franchir la limite du pathétisme. Ce fut d'ailleurs pour cela qu'il s'abstint de prendre la défense de sa soeur ou, plus grossier encore, d'approuver Elio malgré la dureté de celui-ci. Au lieu de cela, Samuele éleva les bras au niveau de son visage, puis les laissa mollement retomber le long de son corps, paraissant faire un triste constat, tel que *Eh bien, tu as eu droit à la patience de ton frère ainsi qu'à l'agacement non-dissimulé de ton époux, j'espère qu'il ne t'en faudra pas davantage.*
Réprimant un soupir, il s'amusa un instant à comparer l'attente de vingt années consécutives à la patience dont il devrait témoigner pour supporter les minutes à suivre. Puis sa réflexion dévia, dessinant sur ses lèvres un fin sourire : pour qui cela était le plus pénible ? Certainement pas pour lui, et connaissant actuellement son cas, il n'osait imaginer celui des deux époux – ou alors prenait-il cruellement plaisir à s'en faire une idée...
Balayant toutes ces pensées qui l'envahissaient subitement, il s'éclaircit la gorge. Ainsi, Bianca entendait imposer chacun de ses souhaits ? Rien de plus naturel, cependant...« Ma chère petite soeur, nous t'écoutons. Et crois bien que nous discuterons patiemment de chaque point, avec bien entendu... » , il lança un regard en coin vers Elio, remarquant sans peine son sourire, puis un haussement de sourcil significatif à l'adresse de Bianca, « ... tout ce que le verbe 'discuter' implique. » |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Mar 20 Nov - 20:40 | |
| Se défendre ou acquiescer et faire ce qu'on lui demandait ? S'imposer, faire ses choix ou suivre l'ordre établi et la vision des autres ? Il y avait là de quoi en perdre son latin. Prenons l'exemple du jardin. On lui demandait d'en profiter. Elle n'en avait pas très envie. Devait-elle s'imposer comme on le lui demandait en restant butée sur son choix de rester dans ses appartements ? Visiblement non, cela n'avait pas fonctionné vu les réflexions d'Elio. Devait-elle donc dire 'amen' et obéir à tout ce que lui disait son époux ? Cela ne correspondait pas non plus puisqu'elle devait décider et s'imposer.
Ces réflexions tournèrent un instant dans l'esprit de Bianca qui se sentait de plus en plus déstabilisée. De plus, elle se rendait compte que ses sautes d'humeur ne lui ressemblaient pas du tout, elle qui était toujours si calme et sûre d'elle. Une grossesse pouvait-elle donc perturber à ce point le caractère et les humeurs de quelqu'un. Elle l'avait entendu dire oui, mais le vivre était particulier. Elle espérait juste que tout rentrerait dans l'ordre après l'accouchement, que ces angoisses qui embrumaient son esprit s'évanouissent et qu'elle puisse enfin réfléchir calmement s'en s'emporter ou se vexer.
C'est le haussement d'épaules de son frère qui lui fit prendre conscience de cela. En était-elle arrivée à exaspérer à ce point son entourage pour que son frère qui l'avait toujours soutenue se contente de lever les bras en signe d'impuissance plutôt que de l'aider ? Bianca ne répondit rien à son époux qui insistait encore et toujours sur les mêmes points. Bien, elle irait au jardin s'il n'y avait que cela pour avoir la paix.*Danilo Della Lonza et la Comtesse Gurrieri... oui, j'y penserai...* réfléchit-elle, les yeux posés sur son testament. Oui elle y penserait quand tout cela serait terminé.
Mendier, grandissez, apitoiements... ces mots peu aimables glissèrent un peu au-dessus d'elle sans vraiment l'atteindre et ceci pour deux raisons. La première était qu'elle les entendait souvent et qu'ainsi leur pouvoir avaient moins d'effet sur elle, la seconde, parce qu'une idée s'imposait à son esprit et lui donnait presque envie de sourire. C'était un peu comme si une porte s'ouvrait, lui laissant apercevoir un peu plus clairement l'avenir qu'elle voyait jusqu'ici brouillé.
Mais pour l'instant, il fallait reléguer tout cela à plus tard et terminer les obligations qu'engendrait cette grossesse. Lorsque la princesse se tourna vers Elio, son regard était presque aimable, bien que son ton restait ferme et décidé. Nouvelle saute d'humeur ? Peut-être..."Effectivement, je les ai reçue une par une. Je vous remercie de les avoir sélectionnée auparavant. J'ai choisi une jeune femme prénommée Sara qui m'a semblée la mieux éduquée et la plus douce. Elle m'a semblé équilibrée et très enthousiaste quant aux conditions dont vous lui avez fait part pour ce travail. A ce propos.. je trouve très honorable de votre part de vouloir qu'elle garde son propre enfant à ses côtés plutôt que de l'en séparer comme cela se fait habituellement. Je ne m'opposerai aucunement à cette décision mais je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour notre enfant... aura-t-elle assez de lait pour les deux ? Sera-t-il aussi bien nourri si elle le fait téter après le sien ? Bien sûr Sara sera plus heureuse avec son bébé à ses côtés et cela ne peut être que bénéfique pour le nôtre.. mais je préférais vous parler de ce point pour savoir ce que vous-même en pensiez..." Une fois que les deux hommes furent prêts à écouter ses volontés, Bianca reprit entre ses doigts le feuillet mais n’eut pas besoin de le lire, se contentant de regarder tour à tour Elio et Samuele."Elio, je souhaite que notre enfant porte en second et troisième prénom les prénoms de nos parents, no pères si c’est un garçon, nos mères si c’est une fille." commença-t-elle en regardant plus particulièrement son époux."Comme parrain et marraine, j'aimerais qu'il s'agisse de mes parents." poursuivit-elle, manquant grincer des dents en se doutant de la réaction d'Elio."Si je devais ne pas… survivre à mes couches, je veux que ma tante, la sœur de mon père, se charge de son éducation, ici même Ca'Adorasti. Et je voudrais être enterrée à Naples et non dans le caveau Adorasti." expliqua-t-elle."Je souhaite également qu’il ou elle apprenne la musique dès son plus jeune âge." ajouta-t-elle en repensant à son propre désir lorsqu’elle était plus jeune."Par ailleurs, je refuse catégoriquement qu’il soit envoyé en pension si c’est un garçon ou au couvent si c’est une fille. Je préfère qu’il soit instruit par des précepteurs." Bianca insista particulièrement sur ce point car elle-même avait trop souffert d’être séparée de sa famille pour aller au couvent. Elle refusait que son enfant ressente la même chose."Ensuite, je voudrais qu’il connaisse sa famille maternelle. Pour cela, je demande à ce qu’il soit envoyé deux semaines à Naples et cela quatre fois par an." dit-elle en regardant son frère. "A ses 25 ans, je souhaite que notre enfant hérite de ma dot." précisa-t-elle."Et pour finir…" annonça-t-elle avec un temps d’arrêt. "Je veux que notre enfant puisse choisir la personne qu'il épousera." |
|  | | Elio Lacryma Adorasti Prince - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 745 Statut: Admin Date d'inscription: 14/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Mer 21 Nov - 18:16 | |
| Elio avait pris la résolution de tout écouter sans manifester la moindre humeur. Il n'eut pas un geste, restant de marbre tout au long du discours de son épouse. Seuls ses yeux, dans lesquels un feu violent s'était embrasé, montrait son réel sentiment. Quand il prit la parole, sa voix était juste un peu plus basse. "Je comprends vos craintes concernant la nourrice, elle sera surveillée de façon à ce qu'une telle chose ne se produise pas. Et si cette Sara s'avèrait trop sotte pour comprendre où se trouve son intérêt, et bien vous en choisirez une autre. Les filles de la campagne ne manquent pas." Le prince se pencha un peu en avant et saisit la feuille de papier que Bianca tenait entre ses doigts. Il s'installa plus confortablement dans le fauteuil et croisa les jambes. "Permettez." Il resta un instant silencieux, parcourant le testament des yeux. Tout était parfaitement ordonné, l'écriture sans rature était élégante bien que tremblée sur certains mots, ce dernier point révélait l'émotion qu'avait causé à la jeune femme la rédaction d'un tel texte. "Asseyez-vous, Madame, cela risque de prendre beaucoup plus de temps que prévu." La voix aimable, sans trace d'agressivité était même étrangement douce. "Il semble que ce que vous ayez couché là soit sujet à discussion. Mais prenons point par point voulez-vous." Il attendit qu'elle soit installée sur la duchesse et reprit d'un timbre égal sur le ton de la conversation. "Voyons d'abord ce qui me semble raisonnable. Votre souhait concernant les prénoms respecte la tradition de nos deux familles, cela me convient. Que l'enfant reçoive une éducation artistique me plait, comme vous le savez les Adorasti ont toujours protégé les arts. J'accepte bien évidemment les dispositions que vous souhaitez prendre pour votre dot. Et si par.. hmm bonheur.. vous surviviez à vos couches et donniez le jour à d'autres enfants, la même somme leur sera reservée sur ma cassette personnelle." Il fit une pause, cherchant des yeux une phrase qui l'avait interpellé. "Je n'ai rien contre la présence aux côtés de notre enfant d'un membre de votre famille, Madame. Cependant, je ne connais pas votre tante, et je ne pourrais donner mon accord avant de l'avoir rencontrée. Quoiqu'il en soit, il va sans dire que l'éducation de notre enfant m'incombera ainsi qu'il est naturel." Il porta le regard tour à tour sur Samuele puis Bianca et hocha la tête. "Voici donc ce qui me convient. Nous débattrons du reste ensuite, si vous le voulez bien." Il tendit la feuille de papier à Samuele, lui laissant la parole. |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Mer 21 Nov - 21:23 | |
| 'Il semble que ce que vous ayez couché là soit sujet à discussion'. Si Samuele n'avait eu, à cet instant, aucune maîtrise de lui-même, il se serait sans le moindre doute emporté dans un éclat de rire qu'il n'aurait jamais pu taire tellement la constatation d'Elio était légère. Mais tout comme lui, le Prince Adorasti devait se faire violence pour ne rien laisser paraître de ce qu'un tel testament suscitait en lui. Il était certain que Bianca nourrissait un trop grand espoir, totalement démesuré même. Comme la politesse ainsi que son respect pour sa soeur le voulaient, Samuele resta calme dans un premier temps, mais une ride ne tarda pas à barrer son front lorsque sa tante fut évoquée. Et pas n'importe laquelle. Sa tante, la soeur de son père, celle qui...« Hum. » Le Prince posa une main sur sa hanche, frottant de l'autre le bas de son visage en signe d'évidente perplexité. Il attendit patiemment qu'Elio ait terminé, puis saisit la feuille qu'il venait de lui tendre et parcourut celle-ci du regard.« Bien, je vais quant à moi directement élever une contestation sur un point précis. Notre tante, Bianca. Je crains tout d'abord que Cesira ne soit pas apte à assurer un tel rôle, pour des raisons que je n'exposerai pas ici. Ensuite, tu n'es pas sans savoir que désirer la présence d'un membre de notre famille en ce lieu revient à dire qu'un autre di Grazziano sera sous contrôle Adorasti, et je répugne – il adressa à cet instant un sourire ironique à Elio, ajoutant un vague « Restons sincères, mon cher Beau-Frère » – à accepter pareille chose. » , il marqua une pause, croisant les bras et levant les yeux au ciel, « Et puis, bien qu'il s'agisse de toi et de ton enfant, as-tu seulement pensé à la réaction d'Annalisa face à une telle demande ? » Il avait évoqué la soeur de sa mère pour clairement insister que Cesira ne pouvait tout simplement pas être chargée d'une quelconque tâche. Si l'envie prenait Bianca, elle pourrait très bien s'informer auprès d'Annalisa afin d'au moins savoir son avis. Il s'approcha de sa soeur pour lui remettre le testament, la fixant avec insistance :« Pour ce qui est du rôle que tu souhaites donner à nos parents, je t'avoue ne pas approuver ce choix, et je devine qu'il en est de même pour Monsieur mon Beau-Frère puisqu'il n'a, jusqu'ici, que cité ce qui lui semblait 'raisonnable'. Afin de te donner une explication, je ne pourrais qu'évoquer les principes – de Père, surtout – qui ne seront pas forcément les vôtres, à toi et à ton époux. Or, dans ce cas précis, une entente est plus que préférable, ne crois-tu pas ? » Un faible sourire naquit sur ses lèvres, alors qu'il s'éloignait de Bianca pour regagner sa place :« Enfin, je ne vois aucun inconvénient à ce que ton enfant rejoigne Naples lorsque tu l'indiqueras, mais cela... » , de nouveau, son attention se porta sur Elio, « ... Je n'ai rien à ajouter. J'attendrai votre avis sur les points restants pour exprimer le mien. » |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Jeu 22 Nov - 18:55 | |
| Son époux ainsi que son frère n'avaient rien dit, rien manifesté pendant qu'elle énonçait ses volontés. Elle ne sut dire si cela la soulageait ou l'inquiétait d'avantage. Toujours est-il qu'elle avait les mains moites.
Elio revint sur le problème de la nourrice et ses explications la rassurèrent. Elle hocha la tête affirmativement, soulagée des décisions de son époux."Très bien, cela me convient parfaitement." dit-elle.
Venait le moment de la discussion portant sur ses volontés. Elle laissa Elio se saisir de la feuille de papier et s'installa dans la duchesse à sa demande. Son époux avait l'air serein et Bianca eut l'espoir que le débat se fasse sans heurt ni éclat de voix. Il voulait commencer par examiner les points avec lesquels il était d'accord et Bianca lui en fut reconnaissante. A chaque point qu'il annonça, un poids en moins pesait sur son coeur. La princesse acquiesça sans quitter Elio des yeux."Bien entendu, vous avez une part majoritaire dans l'éducation de notre enfant." approuva-t-elle tandis qu'il tendait le testament à Samuele.
Bianca ne put s'empêcher de froncer brièvement les sourcils. Il restait encore beaucoup de points dont Elio n'avait pas fait mention et dont il faudrait débattre. Or, deux points en particuliers étaient à ses yeux sans concession. Cependant, elle ne dit rien, attendant que le moment vienne et se contentant de tourner le regard vers son frère.
C'est avec compréhension mais également étonnement qu'elle écouta la première contestation. Ce qui était gênant, c'est qu'il lui assura un fait sans vouloir l'expliquer."J'entend parfaitement ce que tu dis Samuele, mais tu m'en vois surprise. Je voyais au contraire Cesira parfaitement apte à s'occuper d'une part de l'éducation de l'enfant. J'ignore quelles sont tes raisons et j'espère que tu m'en feras part pour que je comprenne cette décision. Mais soit, il est vrai qu'Annalisa tiendrait également ce rôle à merveille." condéda-t-elle les yeux levés vers son frère."Quant à ce que tu as évoqué sur le fait qu'un autre Grazziano soit sous le contrôle de la famille Adorasti..." Bianca jeta un coup d'oeil presque gêné à Elio avant de regarder de nouveau son frère. "... je peux le comprendre mais il est clair que cela ne changerait rien et que mon enfant restera la priorité." Bianca regarda de nouveau Elio et hocha de nouveau la tête."Et bien entendu vous pourrez faire sa connaissance avant d'accepter cette décision, Elio." ajouta-t-elle en récupérant le testament que Samuele lui redonnait.
Bianca écouta attentivement la seconde contestation de son frère et laissa son index venir tapoter ses lèvres d'un air pensif. Si les deux points fondamentaux encore non cités qui lui tenaient à coeur devaient être acceptés, elle devait faire des concessions sur les autres points. Cependant, rien ne l'empêchait d'argumenter pour bien comprendre les choix de chacun."J'avais simplement confiance en nos parents s'il devaient venir à s'occuper de l'enfant. Mais effectivement, c'est un point encore non cité par mon époux, j'attendrai donc d'avoir ses propres propositions et je suis prête à revoir mes décisions concernant ce point." dit-elle en tendant de nouveau la feuille à Elio au cas où il en ait de nouveau besoin pour la suite. |
|  | | Elio Lacryma Adorasti Prince - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 745 Statut: Admin Date d'inscription: 14/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Sam 24 Nov - 0:38 | |
| Ainsi la tante posait un problème. Et à voir l'expression du Prince di Grazziano, cela lui était un vrai souci. Elio suivit avec patience, attention voilée par une apparence d'ennui, l'explication entre son épouse et son beau-frère. Qui était donc cette tante qui offrait tant matière à controverse ? Il détourna la tête légèrement pour dissimuler un demi-sourire amusé, qui se transforma en étonnement à peine esquissé quand Samuele contesta le parrainage de l'enfant à venir. Fallait-il qu'il se sente à l'aise pour ainsi évoquer en sa présence les dissensions agitant la famille napolitaine. Il constatait avec intérêt que certaines choses semblaient vraiment pourries au royaume de Danemark. Cependant un je-ne-sais-quoi n'allait pas et il n'arriva pas à mettre le doigt dessus jusqu'à ce qu'un regard de Bianca sur son frère ne l'éclaire. L'inconditionnel support dont il avait pu être témoin auparavant n'était plus là. Qu'est-ce qui avait changé dans la relation fraternelle ? La grossesse de la jeune femme était-elle en cause ou s'agissait-il de quelque chose de plus profond, de plus personnel ? Alors que rien ne transparaissait sur le visage lisse du prince, son regard se fit plus acéré dans l'observation quand il prit la parole. "Ainsi Monsieur, vous redoutez mon influence sur un membre de votre famille ? Je ne savais pas les Grazziano faibles au point de se laisser manipuler aussi aisément et cela me navre, croyez-le bien. Quant à choisir laquelle de vos tantes devrait remplir le rôle que mon épouse souhaite lui voir attribuer, je souhaiterais que vous m'épargniez le spectacle de vos chamailleries." Un sourire adoucit les mots prononcés et ceux à venir, tandis qu'il désignait un fauteuil d'un geste aimable. "Je vous serai infiniment gré si vous pouviez vous assoir, vous voir debout, m'obligeant à lever la tête pour vous parler, m'est particulièrement inconfortable." Ayant à nouveau le testament en main, il se tourna vers la jeune femme. Sa voix basse, son regard attentif visait à se faire entendre sans brutalité. "Comme Monsieur votre Frère vient de l'évoquer, et ce sera le premier point qui sera donc discuté, il serait tout à fait hors de propos que mon héritier soit élevé par vos parents si je venais à disparaître, Bianca. Je crois que vous oubliez un peu facilement le nom que vous portez et la famille à laquelle vous appartenez depuis notre mariage, mais j'y reviendrai. J'accepte que Monsieur assiste à la lecture de vos volontés parce que j'estime cela correct. Cependant rien ne m'oblige à entendre ses souhaits. Je les comprends et les prends en compte par respect envers vous. Veillez à me retourner cette même considération, je vous prie. Le parrainage de l'enfant reviendra à ceux que je désignerai, et j'espère recevoir votre soutien sur ce choix. Dans le cas contraire, si vous n'arrivez pas à concevoir que j'agis pour le mieux de l'enfant, je m'en passerai." Il fit mine de reprendre la lecture du document, laissant le silence s'installer quelques minutes, puis reprit la parole. "Bien. Vous admettrez également que certains de vos désirs sont pour le moins.. fantaisistes. Je comprends que la lecture de romans à la mode dans lesquels l'héroïne décide de tout et de n'importe quoi au mépris des plus élémentaires convenances vous captivent, mais vous n'étes pas un personnage de littérature, Bianca. Vous ne pouvez me demander de laisser mon héritier vivre une partie de son temps à Naples. Ceci est tout à fait impossible. Si Monsieur votre Frère redoute qu'une parente adulte subisse l'influence des miens, que penser d'un enfant laissé à la garde de vos père et mère ? Non que je compte priver l'enfant de ses grands parents maternels mais la modération est une chose que j'apprécie. Des visites seront organisées, ici, à Venise." |
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