| | |
| Auteur | Message |
|---|
Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Sam 24 Nov - 15:16 | |
| Les Grazziano, faibles ? Un picotement sur le bout de la langue, Samuele ressentait l'irrépressible envie de répondre à Elio avec toute la courtoisie qu'il réservait généralement à ce genre de remarque. Mais soit, il existait plusieurs moyens de faire face à une provocation, parfois dans l'immédiat, parfois plus tard. Inutile de préciser ce qu'avait choisi Samuele à cet instant, il laissa longuement courir sur son beau-frère un regard inexpressif, eut peut-être un faible sourire et s'installa, les coudes appuyés sur les bras du fauteuil, les doigts entrelacés. Encore un peu, et l'on aurait pu penser qu'il avait complètement oublié Cesira au profit d'autres soucis. Grossière erreur cependant, car sa tante représentait encore la source majeure de son inquiétude, et les paroles de sa soeur à son propos le firent se renfrogner imperceptiblement. Se rendait-elle seulement compte de ce qu'elle avançait ? Cesira, parfaitement apte à s'occuper de son enfant ? Diable ! L'avait-elle souvent rencontrée pour en parler ainsi ?! Samuele plissa les yeux alors que la situation de l'époque lui revenait progressivement en mémoire. Sa tante n'avait plus eu aucun contact avec les Grazziano, ceci depuis près d'une dizaine d'années, tandis que Bianca... avait passé ses jours dans un couvent.*...* Cesira avait-elle osé ? Samuele, par habitude, créait des liens partout où cela était possible, et compte tenu du genre de femme qu'était sa tante, ce qu'il imagina ne lui parut que trop crédible. Sourire qu'il ne parvint pas à retenir, il appuya nonchalamment sa joue contre la paume de sa main et déclara d'une voix où pointait de l'amusement, dissimulant par ailleurs la colère sourde qui grondait en lui :« Je te dirai bien entendu pourquoi je considère Cesira comme étant incapable de s'occuper de ton enfant, Bianca. Quant à moi, je serais curieux de savoir par quel moyen tu as pu être persuadée du contraire. Mais nous parlerons de cela plus tard, seuls, afin de ne plus ennuyer ton époux avec cette histoire. » Dans un même temps, il reporta son attention sur le concerné qui n'était visiblement pas disposé à faire la moindre concession. Samuele l'écouta sans émettre d'objection, riant intérieurement alors qu'il imaginait ses parents se rendre à Venise.« Je doute que de courtes visites dans la demeure de ses grands-parents ne fassent du mal à votre héritier, Monsieur mon Beau-Frère, mais ne pouvant m'opposer ainsi à la décision d'un père, je n'ai plus qu'à m'en remettre à la curiosité propre à chaque enfant. Peut-être que le vôtre finira lui-même par vouloir se rendre à Naples, cela serait amusant, pour sûr. » |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Mer 28 Nov - 22:07 | |
| Le regard nerveux de Bianca se posa un instant sur son époux. Celui-ci donnait l'impression de s'ennuyer mais elle se doutait bien qu'il avait une oreille attentive à tout ce qui se disait. Que les différends existant dans la famille Grazziano soient exposés devant son époux n'étaient pas une réelle source de problèmes bien qu'elle aurait préféré qu'elle et son frère en discutent en privé.
Alors qu'Elio profitait d'une phrase de Samuele pour l'exagérer en sa faveur, Bianca intervint, d'un ton plus lassé que véhément. Elle se doutait bien que Samuele n’avait pas du rester non plus insensible à cette remarque. Quelle situation désagréable !"Elio, il ne me semble pas avoir entendu mon frère dire qu'un membre de la famille serait manipulé. Il serait simplement sous votre autorité, ne déformez pas ses propos s'il vous plaît et revenons au sujet principal. Et ce que vous appelez à tort chamailleries n'est que le fruit d'une discussion qui tend à trouver le meilleur résultat pour notre enfant." dit-elle d'une voix calme pour ne pas paraître sur la défensive alors qu'Elio gardait un sourire patient."Quant à Cesira, oui, nous en reparlerons plus tard." dit-elle en regardant son frère toujours debout. Elle n’avait strictement aucune idée des raisons de son frère et avait hâte d’entendre ses explications. Mais le moment n’était pas approprié.
Son attention se reporta donc de nouveau sur son époux qui venait de reprendre le testament pour lui énoncer le premier point avec lequel il n'était pas d'accord."J'entend parfaitement votre décision et puisque Samuele désapprouve également ce choix je me plierai à ce changement. Et contrairement à ce que vous semblez penser, j'ai du respect pour vous et je sais pertinemment que vos choix auront le même intérêt que les miens concernant l'enfant. Ne prétendez pas le contraire." ajouta-t-elle.
Quand Elio parla des romans à la mode qu'elle lisait, Bianca ne put retenir un soupir las. Ne pouvait-il donc pas donner son avis sans la rabaisser ? Etait-ce trop demander ? Elle se sentait fatiguée, épuisée de devoir lutter moralement contre ce genre de paroles. Cependant, elle ne pouvait adhérer totalement à sa décision."Je souhaiterais tout de même que notre enfant se rende à Naples au moins une fois dans l'année. Nous pourrions alterner les visites de mes parents ici avec celles de notre enfant là-bas, qu'en dites-vous ?" proposa-t-elle, approuvant les paroles de son frère d’un signe de tête concernant la curiosité de l’enfant à venir pour un voyage.
Son appréhension monta encore d'un cran alors qu'elle sentait approcher les prochains points délicats de désaccord... |
|  | | Elio Lacryma Adorasti Prince - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 745 Statut: Admin Date d'inscription: 14/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Ven 30 Nov - 23:16 | |
| Elio était resté immobile, offrant à l'opposition des Grazziano réunis un visage impassible. Ses doigts, même, posés sur le bois sculpté des accoudoirs ne tapotaient plus le rythme de son impatience. D'un battement de cils, il balaya les arguments et les détails, les reproches de Bianca et les remarques de Samuele. Tout ceci était sans importance à ses yeux. "Nous verrons en temps et heure, suivant l'évolution de la situation entre nos familles, s'il y a lieu ou non pour l'enfant de visiter Naples. Ceci n'est pas, pour l'instant, envisageable." Le ton froid n'admettait pas de réplique. Le Prince reprit la lecture du document et son regard tomba sur une phrase qui l'avait heurté plus que les autres. "Savez-vous Bianca, que la seule raison qui puisse être donnée pour qu'en cas de malheur vous soyez inhumée auprès de votre famille, serait que vous ne soyez pas mon épouse ? Ni l'épouse de personne d'ailleurs ? Souhaitez-vous l'annulation de ce mariage ? Je crains que dans votre état cela ne soit pas chose aisée, aussi nous passerons rapidement sur ce souhait que j'estime particulièrement désobligeant. Venons-en à l'éducation." La voix d'Elio s'adoucit, il savait le sujet sensible. "Vous souhaitez que l'enfant ne soit pas éloigné de sa famille. Je comprends ce sentiment, les mères souhaitent souvent veiller elles-même à choisir les précepteurs et l'entourage de leur progéniture. Je ne pense pas non plus qu'il faille abuser des pensions et autres couvents. Cependant, ils ont une fonction précise qui ne vise pas seulement à l'apprentissage de la lecture ou des sciences. Ils sont le creuset des relations futures. C'est là que se noueront les liens nécessaires au futur Prince de cette Maison. Et vous n'êtes pas sans savoir l'importance des alliés de longue date. De ce fait, l'héritier Adorasti sera envoyé en pension. Et s'il s'agit d'une fille, elle sera envoyée au couvent pour les mêmes raisons. Mais ne vous torturez pas, il n'est pas dans mes intentions de vous arracher votre nourrisson pour le précipiter aussitôt dans un monde hostile. Nous en parlerons et déciderons ensemble du moment le plus opportun lorsque sa petite enfance sera passée." |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Dim 2 Déc - 21:52 | |
| Les doigts de Samuele dansaient machinalement sur sa joue, alors qu'il écoutait d'une oreille attentive l'échange entre Bianca et son époux. Il devenait de plus en plus délicat d'intervenir, puisque certains problèmes ne le concernaient que peu, voire pas du tout, et le forçaient par conséquent à adopter un état de passivité qu'il était loin d'apprécier. De plus, il ne souhaitait pas abuser des remarques lâchées par-ci par-là, parfaitement conscient que cela pouvait entraîner une perte de patience chez ses deux interlocuteurs ; or, il gardait loin de lui l'idée de causer le moindre mal à sa soeur, même s'il ne s'était pas montré des plus doux jusque-là. A cette pensée, il adressa un sourire à Bianca, bienveillant, satisfait de la voir ainsi mener sa lutte. Il se redressa dans son fauteuil, ses bras et ses jambes se croisant dans un même mouvement. Seul l'apprentissage de l'enfant avait retenu son attention, tout simplement parce qu'il savait pertinemment combien Bianca avait souffert d'avoir été éloignée de sa famille. Cela ne l'avait pourtant pas empêché de nouer des liens solides avec elle.
« Couvent ou pension, aucun n'est une prison, Bianca. Tu pourras sans le moindre problème éviter un sentiment de solitude à ton enfant en restant régulière dans tes visites. » En clair, ne pas adopter le même comportement que leurs propres parents. Son père, en particulier, n'avait vu que l'éducation sans penser au reste, ou presque pas. Encore et toujours ces valeurs qui franchissaient aisément le seuil du ridicule avec un homme tel que lui, homme qu'il n'approuvait pas et qu'il n'approuverait probablement jamais. Il n'y avait ici plus qu'à espérer de la part d'Elio. Tout dans ses paroles affirmait qu'il ne serait pas le même genre de père que le leur. Le sourire de Samuele s'élargit, alors qu'il reprenait :« Et n'oublie surtout pas qu'il reviendra à chaque fin de semaine. Je suis certain que tu sauras l'apaiser, de manière à ce que, même éloigné, il se sente proche de sa famille. » |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Mar 4 Déc - 15:46 | |
| "Nous verrons en temps et heure ?" ne put-elle s'empêcher de s'exclamer."Elio, avez-vous donc compris qu'il s'agit là d'un testament et que par conséquent, il permet d'établir à l'avance certaines décisions qui peut-être ne pourront être prises à l'avenir ? Quel est l'intérêt d'écrire ses volontés si c'est pour s'entendre dire "nous verrons cela plus tard" ?". L'absurdité de la réflexion n'avait pu lui faire contenir ce brusque commentaire. Pourquoi diable lui avait-on donné un époux aussi peu compréhensif ? Respirant profondément, Bianca s'efforça de refouler l'élan de colère et de révolte qui tentaient sournoisement de lui faire perdre contenance. Le sujet était tellement sensible qu'elle sentait les cheveux de sa nuque se hérisser à chaque parole prononcée."Notre enfant visitera Naples dès qu'il en aura l'âge et l'envie." trancha-t-elle.
Lorsque le sujet en vint à son enterrement, la princesse en profita pour se calmer. Ce qui la concernait la rendait moins offensive que lorsqu'il s'agissait de son enfant. Bianca n'avait qu'une envie, que cette entrevue se termine rapidement et qu'elle prenne l'air aux jardins, loin des querelles et des décisions désagréables. Aussi, elle balaya la décision de son époux d'un geste impatient de la main."Très bien, oublions ce point." dit-elle tandis qu'Elio abordait l'éducation de l'héritier.
Comme il fallait s'y attendre, Elio s'opposait à son idée ce qui ne manqua pas de la contrarier. Cependant, elle l'écouta jusqu'à la fin sans l'interrompre, prenant en considération ses explications indulgentes. Le point qu'il souleva sur les relations qu'il était possible d'établir au couvent ou en pension la fit réfléchir. Il fallait avouer qu'elle-même s'était liée d'amitié avec d'autres jeunes filles de son âge et cela avait été appréciable. Mais la souffrance qu'elle avait ressentie à cette époque avait occulté les bons côtés.
Bianca ne répondit rien car aucune réponse ne s'imposait à son esprit face aux avis, une nouvelle fois, conjugués de son époux et de son frère. Fatiguée, elle se contenta de frotter nerveusement son front du bout des doigts, attendant avec appréhension qu'Elio passe au dernier point, et pas des moindres.*Qu'on en finisse...* pensa-t-elle tandis qu'elle sentait ses mains moites et une chaleur désagréable dans son dos.Se rappelant d'un dernier point qu'ils n'avaient pas encore abordé ensemble, Bianca en profita pour poser la question à son époux. Elle connaissait quelques prénoms qui lui plaisaient bien mais rien n'était réellement fixé dans sa tête, aussi, elle était ouverte aux propositions de son époux."Ah, puisque nous sommes au sujet de l'héritier, avez-vous un prénom qui vous tiens plus à coeur qu'un autre et que vous aimeriez donner à votre enfant, Elio ? Je sais que les enfants ne sont pas baptisés avant deux ou trois mois mais... enfin, toujours dans la probabilité où je ne survivrai pas à mes couches.. j'aurais aimé savoir quel serait le prénom.. que l'on aurait choisi..." dit-elle en hésitant un peu sur les mots. La perspective que son enfant soit mort né ou pas assez résistant pour survivre était terriblement difficile à admettre et plus pénible encore à envisager que son propre décès.
La vision subite du visage de Maître Barozzi lui annonçant la triste nouvelle s'imposa à son esprit avec une violence insupportable. Bianca eut un hoquet et ses yeux se fixèrent sur le mur en face d'elle. Une inspiration rapide, les lèvres légèrement entrouvertes, la princesse posa instinctivement une main sur son ventre.*Oh non...pas maintenant...* Si elle avait eu du mal à saisir son état quelques mois plus tôt, elle ne mit que quelques secondes à comprendre ce qui lui arrivait. Bianca ferma les yeux et serra les paupières. Baissant la tête elle articula clairement mais sans agitation."Je crois que nous devrons reporter cette discussion à plus tard... S'il vous plaît... faites venir Maître Barrozi, Samuele, aide-moi à me relever je te prie." dit-elle fermement, mais le teint pâle et la sueur perlant à son front.[La Chambre de Bianca] |
|  | | Elio Lacryma Adorasti Prince - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 745 Statut: Admin Date d'inscription: 14/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Ven 7 Déc - 23:33 | |
| Elio avait connu de nombreuses femmes. Des anglaises rougissantes au charme faussement innocent, des françaises aux mots choisis, empoisonnés d'acide, des allemandes au regard plein de hauteur, des orientales aux parfums narcotiques qui s'allanguissaient sur de chatoyants coussins, des italiennes au rire en cascade prêtes à céder à tous les caprices pour peu que ce soit par jeu. Il en avait connu de volubiles et de muettes, de joyeuses et de mystérieuses, de colériques et de délicieusement perverses. Mais quelque soit la personnalité de chacune, toutes ces femmes étaient conscientes de leur pouvoir, toutes savaient quel moment, quels mots choisir.
Toutes. Sauf la sienne. Et cela ne lassait pas de l'étonner. Personne ne l'avait-il donc éduquée ? Aucun Pygmalion ne s'était-il jamais penché sur elle ? Le prince n'était pas de ceux qui s'apitoient. Cependant, voir la jeune femme tenter de tenir tête sans le soutien même de son frère qu'elle avait dû espérer à ses côtés, la regarder se débattre maladroitement pour ne pas perdre la face, lui rappela combien elle était jeune. Soudain il sentit la colère le gagner. Pas contre Bianca, non, qui s'accrochait à ses désirs de petite fille. Mais contre sa famille qui l'avait livrée à un époux sans les armes nécessaires. Puisqu'il en était ainsi, il s'occuperait lui-même de faire réparer cette lacune insoutenable et il savait déjà qui l'y aiderait.
A côté de la tache à mener à bien qui se profilait, la question du prénom de l'enfant lui apparut sans importance. Etonnemment, il ne croyait pas que la jeune femme succomberait à ses couches. Cela était commun pourtant. Mais cette crainte lui semblait hors de propos. Bianca était bien portante et Maître Barrozi ne la trouvait pas affaiblie. Elle survivrait. Quant à l'enfant..
"Vous choisirez vous-même le prénom que vous souhaiterez donner à votre premier né, Bianca, je ne vous retirerai pas cet honneur." Et puis soudain, il sembla que le temps s'accélérait. Bianca palissait et une lueur de panique passa dans le regard bleu-vert. Il lui sut gré de la maitrise dont elle fit preuve alors que son front se couvrait de sueur et qu'elle fermait les yeux. Le prince se leva d'un bond et sa main accrocha le cordon de tapisserie près de la fenêtre qu'il referma presque du même mouvement. Il donna les trois coups secs que toute la maison connaissait comme son appel et à peine était-il revenu près de son épouse qu'un valet surgissait auquel il donna l'ordre de fouiller la ville et de ramener le médecin sans attendre. D'un coup d'oeil, le serviteur jaugea la situation et s'empressa de prévenir les femmes de chambre qui, aussitôt s'employèrent à installer le lit de la parturiente. Samuele, déjà avait aidé sa soeur à se redresser.
Elio ouvrit les portes de la chambre pour laisser passer le couple et ne s'avança que d'un pas. "Madame, vos femmes vont s'occuper de tout, nous resterons ici pour être à portée. N'ayez aucune crainte.." Il hésita un peu, réconforter n'était pas un de ses points forts, mais au timbre de sa voix, on sentait qu'il y mettait toute la volonté du monde." Je suis bien persuadé que tout ira pour le mieux.. et.. quelque soit le sexe de l'enfant, sachez qu'il sera bien accueilli."
Dernière édition par le Sam 8 Déc - 4:30, édité 1 fois |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Sam 8 Déc - 0:37 | |
| Les paroles de Samuele n'avaient visiblement pas apaisé sa soeur. Quel dommage. Et cela allait toujours plus loin. Les secondes défilaient, aussi vite que cette angoisse sourde qu'il ressentait désormais parfaitement au plus profond de lui-même. Sans sourciller, le Prince observa Bianca, son teint, son front, tout ce qui fit que, la seconde d'après, il s'était déjà redressé et précipité vers la jeune femme afin de lui assurer un solide appui. Sans tarder, il sortit un mouchoir de son justaucorps et tamponna délicatement le front de Bianca, alors que les femmes de chambre arrivaient :« Plus tard, oui. Tout se passera pour le mieux. » Il l'aida à traverser le salon pour gagner sa chambre, et n'accepta de la lâcher que lorsqu'elle fut correctement installée sur le lit. Les mains, cependant, restaient prévenantes :« Je viendrai te voir dès que possible , il eut un regard en direction d'Elio, ton époux et moi attendrons patiemment la naissance de l'enfant. » Il jaugea les serviteurs, puis se recula presqu'à contre-coeur, adressant une dernière parole à la jeune femme :
« Sois courageuse, Bianca. » Il s'inclina légèrement et tourna les talons, se dirigeant vers la porte qu'il referma sur lui et Elio. Il eut un sourire malgré la situation, doutant que cette vision ne rassure sa pauvre soeur. Ses yeux se fermèrent un instant, la main toujours posée sur le panneau de la porte et, inspirant profondément, les rouvrit sur le Prince qui lui faisait face :« Eh bien. L'hésitation qui s'est ressentie dans vos dernières paroles était tout à fait charmante, Monsieur mon Beau-Frère. Il est certain qu'elles sauront davantage réconforter Bianca que n'importe quelles piques que vous lui avez si galamment envoyées jusque-là. » Provocation ? Peut-être. Mais il notait également une évidence : Elio, tout comme Bianca, était jeune. Amusant comme celui-ci l'avait réconfortée, amusant comme un regard pouvait changer, amusant comme l'assurance pouvait malicieusement s'échapper... |
|  | | Elio Lacryma Adorasti Prince - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 745 Statut: Admin Date d'inscription: 14/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Sam 8 Déc - 4:25 | |
| "Des piques, Monsieur ? Vous m'avez sans doute mal compris, ou mal écouté. Il semble que l'éducation de votre soeur ait été pour le moins négligée, et étant son époux, il me revient le devoir de réparer cela. La manière dont je m'y prends, qu'elle soit ou non celle dont vous useriez, ne regarde que moi." Le ton était charmant et l'attitude désinvolte tandis qu'il se penchait vers une petite console sur laquelle on venait de déposer un plateau à sa demande. "Appréciez-vous le vin de Chypre ?" Il se redressa, tenant entre ses doigts le pied fin d'un verre de cristal. Il prit plaisir un instant à la contemplation du breuvage couleur grenat, puis avec un sourire, le tendit à Samuele. L'inquiétude qu'il avait ressenti au malaise de Bianca avait disparu aussitôt que la jeune femme avait quitté la pièce. Non que l'émotion ne soit plus présente, mais ne plus être spectateur impuissant de sa souffrance lui ôtait un grand poids. Il n'avait jamais pensé pouvoir être touché par le fait de devenir père. Cette notion lui était trop lointaine pour qu'il s'en soucie. Et cela survenait brutalement, quelques semaines à peine pour se préparer, pour parer à toute éventualité. Car si Bianca avait de son côté mis par écrit ses quelques souhaits, il avait quant à lui, pris toutes les dispositions concernant l'avenir de l'enfant, de son épouse et de la Ca'Adorasti. S'il venait à disparaitre à présent, Bianca recevrait l'aide qu'il faudrait de la part de plusieurs personnes de confiance, banquiers et hommes de loi mandatés pour assurer sa sécurité et son bien-être. "Je ne considère pas devoir conforter mon épouse dans ses errances. Ce que votre famille n'a pas jugé bon de lui apprendre avant de la pousser hors du nid lui sera enseigné ici. Et si je dois être ferme pour endurcir la petite fille qu'elle est encore, je le serai." Un sourire moqueur vint jouer sur ses lèvres. "Je ne suis pas insensible, mon but n'est pas de faire souffrir votre soeur inutilement. Votre soutien lui est précieux, mais ne vous trompez pas de coupable. Je souhaite une épouse qui tienne son rang et ne prête pas le flanc aux rumeurs ainsi qu'elle le fait actuellement. Vous lui seriez d'un grand secours en me venant en aide dans cette tache que votre famille a jusque là méprisé." Il ne précisa pas que s'opposer à sa façon de mener sa Maison était inutile, cela était implicite. Il n'ajouta pas non plus qu'il était déplacé de s'immiscer dans les affaires conjugales d'autrui, la bienséance semblant une notion assez peu enseignée au sein de la famille Grazziano. |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Sam 8 Déc - 12:53 | |
| Éducation négligée, hein ? Il était vrai, Samuele lui-même ne l'avait pas nié précédemment. Qu'en serait-il aujourd'hui s'il n'avait pas été forcé à la dissimulation durant toutes ces années ? S'il avait pu influencer sa soeur d'une autre façon ? Il l'imagina volontiers et une indicible excitation gagna ses yeux. Rien n'était perdu, même pour une femme aussi pure et sensible que Bianca. Lentement, il s'avança vers Elio et saisit avec précaution le verre qu'il lui tendait pour l'élever à la hauteur de son regard. Tout comme lui, il en apprécia la robe un instant et finit par en humer l'odeur, soufflant par la même occasion :
« Je vous remercie. » Samuele tourna lestement sur lui-même afin de regagner son siège, tout en déclarant d'une voix claire où transperçait une joyeuse moquerie :« Et je lève mon verre à Bianca, à votre futur-enfant, ainsi qu'à l'éducation parfaite que vous saurez leur donner à tout deux. » Il retomba souplement dans le fauteuil et porta le verre de vin à ses lèvres, ne quittant pas son interlocuteur des yeux.« Quant à savoir si je vous y aiderai... » , un faible rire secoua ses épaules, alors que les subtiles nuances du vin, par une petite gorgée, envahissaient sa bouche, et enfin sa gorge, « ... cela ne fait aucun doute. C'est justement la raison pour laquelle je suis venu voir Bianca aujourd'hui, moment opportun ou non, afin qu'elle réalise pleinement quelle est sa place au sein de Venise. Mais vous devez savoir comme moi qu'elle est loin d'en être inconsciente, n'est-ce pas ? » Ses doigts glissaient calmement sur le bras du fauteuil, marquant le tissu de petites arabesques.« Oh bien sûr, vous connaissez certainement l'entourage qui lui permettra l'épanouissement, aussi n'interviendrais-je dans aucune de vos affaires, mais croyez-bien Monsieur que si Bianca venait à me formuler le moindre souhait, je ferais, dès lors que j'aurais jugé celui-ci raisonnable, absolument tout pour l'exaucer. » Raisonnable. Il faillit rire de nouveau en pensant au testament de sa soeur. Ce mot était le moyen d'assurer à Elio qu'il savait discerner un souhait à l'encontre des pratiques usuelles d'un souhait qui pourrait, quant à lui, être seulement à l'encontre du désir de l'époux. Au même instant, une porte claqua et Samuele jeta un coup d'oeil sur celle restée fermée qui les séparaient de Bianca. Le médecin, sans doute, du moins l'espérait-il. L'oreille plus attentive que jamais, il but une nouvelle gorgée de son verre et reprit :« Mais soit, passons le sujet. Parlons plutôt... du bal. », le regard miel se fit plus insistant, plusieurs images lui revenaient ; une servante tout à fait insouciante, ainsi que l'inquiétude d'une soeur. Le Prince, blessé ? Les yeux de Samuele glissèrent sur le pourpoint d'Elio, sans s'y attarder, « Vous étiez absent, il me semble ? Autrement, je pense que je vous aurais remarqué sans trop de difficulté. » |
|  | | Elio Lacryma Adorasti Prince - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 745 Statut: Admin Date d'inscription: 14/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Sam 8 Déc - 22:35 | |
| Elio, qui s'était appuyé à l'embrasure de la fenêtre, leva son verre à son tour mais n'y trempa pas les lèvres. De sa place, il pouvait à la fois faire face à son interlocuteur et surveiller la porte qui communiquait avec la chambre. Rien d'inquiétant ne leur parvenait, qu'un écho de voix et de pas pressés, mais il ne pouvait empêcher une sourde appréhension de l'étreindre. Combien de temps cela allait-il durer ? Il n'était pas sans savoir que certaines femmes attendaient pendant de longues heures leur délivrance. De longues heures qu'il allait devoir passer, réjouissante perspective, en compagnie de son beau-frère. Il observa un instant Samuele assis à quelques pas. Il n'avait pas souvenir d'une telle assurance, le prince qu'il avait rencontré auparavant ne lui avait laissé que le souvenir flou d'une personnalité sans substance. Rien qui puisse s'apparenter à l'homme détendu au regard de miel dans lequel brillait une lueur malicieuse. "Un bal ? Je ne vois.." Elio dut faire un effort pour comprendre de quoi il s'agissait. L'étonnement qui se lut dans son regard n'eut rien feint et un sourire en demi-teinte joua sur ses lèvres. "Faites-vous référence à cette soirée du mois dernier qui fut donnée au Castello ?" Il eut une moue. "Je n'y étais pas, en effet. Je fréquente assez peu ce genre de divertissements. Mais je ne doute pas que vous vous soyez beaucoup amusé à la proximité des boutiquières et gens de maison." Avait-il fixé son pourpoint l'espace d'une seconde ? De quoi le Grazziano était-il informé ? S'il possédait un service de renseignement aussi efficace que le sien, il savait sans doute le fin mot de l'histoire. Mais le moment était mal choisi pour lancer une quelconque ligne. Il eut un sourire affable, bien que son regard resta froid et aborda un sujet plus léger. "J'ai cru comprendre que votre fiancée était arrivée de Naples, vous devez vous féliciter de sa présence. Bianca était ravie à l'idée de la recevoir, malheureusement les circonstances font que cela sera sans doute retardé." |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Dim 9 Déc - 1:19 | |
| Samuele arqua légèrement un sourcil. Elio ne voyait pas ? S'était-il mal exprimé ou bien ? Il se plut cependant à intercepter chaque expression de son interlocuteur, une puissante accroche, peut-être dans le visage ou tout simplement l'être dans sa totalité, qui le poussait à ne plus s'en détourner. Attentif, il lui arriva d'accueillir les mots d'un sourire, animé par l'amusement qu'il ne cherchait pas à cacher. Ses doigts, qui dessinaient toujours, s'agitèrent davantage sur le bras du fauteuil. A bien y réfléchir, il voyait en effet mal cet homme se mêler à n'importe qui. Quant à lui, l'événement l'avait irrésistiblement attiré pour une raison bien précise : l'absence totale des notions. Certains l'avaient frôlé, bousculé, sans savoir qui il était, bercés par la douce ivresse qu'avaient pu leur offrir quelques verres de vin. Une soirée chargée autant de vulgarités que de richesses. Combien avait-ils appris de choses, depuis ? Tellement ! Futiles ou alléchantes. Dans la seconde catégorie se trouvait bien entendu cette adorable servante. Avec elle, Samuele s'était abandonné aux joies que lui offraient souvent l'exquise insouciance des petites gens, aussi se fit-il violence pour ne laisser échapper aucun rire lorsqu'Elio évoqua précisément la proximité de la populace vénitienne :« Vous avez deviné, Monsieur. « Beaucoup » serait peut-être même trop faible, et je pense ici à ce que peuvent apporter les gens de maison. » Indice par-ci, indice par-là. Samuele restait indéniablement un joueur. Plusieurs signes qu'il aimait disséminer un peu partout, que d'abord l'on ne retenait pas forcément, puis qui ressurgissaient subitement, telle une évidence, lorsque l'on souhaitait restituer à une situation sa clarté. Pour lui-même, ses paroles étaient lourdes de sens, mais pour Elio ? Insignifiantes ? Douteuses ? Il les avait, en tout cas, prononcées l'air de rien, comme il en avait l'habitude.
A la fois déçu et satisfait, il accepta le changement de sujet sans rien montrer de sa pensée. Samuele avait brièvement parlé de sa fiancée à Bianca, qui l'avait rejoint à Venise peu après sa propre installation.
« Oui, je me réjouis de l'arrivée d'Azaria. Bianca aura tout le loisir de la recevoir prochainement, j'en suis certain. Et inversement. Ma fiancée profitera du temps dont elle dispose pour poser ses marques sur cette terre tout à fait nouvelle pour elle, vous savez comme cela est important. » Et elle nourrissait déjà bon nombre de conversations. Plusieurs n'étaient pas sans savoir l'âge de Samuele, on attendait de ce fait l'épouse. Mais le Prince n'avait pris qu'une fiancée. Par prudence ou par jeu ?
« Je pense qu'elle arrivera rapidement à se plonger dans l'esprit de Venise, et à en apprécier toutes les nuances. Elle a au moins eu la chance d'avoir été présentée à cette ville sous un meilleur jour que nous. » Samuele s'interrompit, comme pris dans une subite réflexion. Ses yeux étaient toujours fixés sur Elio, mais perdus sur un point particulier, peut-être la joue, ou bien était-ce un peu plus haut, un peu plus bas... Il finit néanmoins par murmurer, l'air pensif :
« Je me demande d'ores et déjà quelle sera sa réaction face aux divers changements que peut entraîner une cité telle que Venise. » |
|  | | Elio Lacryma Adorasti Prince - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 745 Statut: Admin Date d'inscription: 14/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Mar 11 Déc - 6:24 | |
| Si Elio apprécia modérément la réflexion de l'héritier Grazziano, il n'en laissa rien paraître. Le sourire poli qu'il affichait ne faiblit pas alors que l'homme faisait l'éloge de la proximité des domestiques. Il n'eut pas un frémissement tandis qu'il se refusait à comprendre les allusions déplacées de Samuele. Le prince n'était pas sans savoir que nombre de liaisons ancillaires se faisaient et se défaisaient au rythme lent des changements de personnel et s'il s'était toujours refusé à évoquer la chose, il savait l'attirance de certains de ses contemporains pour ce genre de plaisirs. Que le Grazziano en soit adepte lui était indifférent, qu'il en fasse état de façon si peu détournée lui donnait à penser qu'il s'agissait sans doute d'autre chose. Les gens de maison étaient bavards. Plus par vantardise que par volonté de nuire. Peu de femmes de chambre résistaient au plaisir de se faire valoir en racontant avec force détails, inventés ou embellis, les amours de leur maitresse, de même il n'y avait pas un valet qui ne s'enorgueillisse de tout savoir des affaires ceux qu'il servait. La surenchère des révélations était chose commune, il fallait impressionner pour forcer le respect. Et si l'oreille était compréhensive, si l'information était considérée comme précieuse et monnayable, alors il ne fallait pas longtemps pour que le plaisir de la fanfaronnade ne se transforme en trahison en règle.
Les doigts de Samuele jouant sur le velours, l'amusement dans les yeux de miel, tout montrait que le Grazziano prenait plaisir à la conversation. Elio aurait voulu ressentir la même détente, mais les cris qui se faisaient entendre depuis la chambre de Bianca, les bruits de pas précipités et l'agitation des servantes, ne lui en laissaient pas le loisir.
Depuis combien de temps tout ceci avait-il commencé ? A quel moment la tension s'était-elle amplifiée ? Il n'aurait su le dire. Un rapide coup d'oeil sur la pendulette posée sur la cheminée et son front lisse se barra d'une ride, le temps s'écoulait à une vitesse surprenante. Il reposa son verre un peu brusquement, le vin qu'il n'avait pas touché oscilla dangereusement. Il fit quelques pas dans la pièce, incapable de rester immobile plus longtemps. "Il semble que la délivrance soit proche. J'aurais apprécié qu'on vienne nous tenir au courant de l'avancée des choses." Que disait l'homme assis en face de lui ? Sa fiancée ? Oui bien sûr, il avait lui-même posé la question et n'avait pas écouté un mot de la réponse. Une phrase l'interpella et l'empêcha d'aller d'autorité ouvrir les portes de la chambre pour faire cesser l'insupportable l'attente. Il inclina la tête, les yeux allumés d'une flamme dansante et la voix basse au timbre velouté prit un accent amusé. "Venise est faite de nuances en effet, mais quelle ville ne l'est pas ? J'aime cette cité, j'y suis chez moi voyez-vous, ses lumières comme ses ténèbres me conviennent. J'étais au fait de ce que j'y trouverais, cela m'a été et m'est toujours un plaisir." Le sourire revint qui étira le regard d'ambre. "Vous me voyez bien désolé de la déception qui semble avoir été la vôtre. On ne présente bien que ce que l'on sait apprécier, sans doute s'est-on moqué de ce que Venise vous convienne ou non.. Mais le monde est vaste, n'est-ce pas, vous visiterez sans doute d'autres lieux qui ne vous décevront pas." |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Ven 14 Déc - 0:38 | |
| Samuele, qui s'était égaré sur le visage de son interlocuteur, revint subitement à lui, sans signe apparent de sa léthargie, à part peut-être un retour direct de son regard dans celui d'Elio. Celui-ci ne l'avait pas vraiment écouté, semblait-il, et loin de s'en offusquer, le Prince eut un faible sourire. Il épiait tout ce qui pouvait traduire de l'inquiétude chez son interlocuteur, alors que des cris interminables s'élevaient de la chambre de Bianca. Lui aussi avait fini par se demander quand tout cela prendrait fin. Alors que son beau-frère lui parlait, les doigts de Samuele cessèrent étonnement de bouger, et après l'avoir fixé, interdit, but les dernières gouttes de vin.
« Sans doute, oui. » Sur ces mots, l'homme se leva et posa son verre sur un guéridon. Il ne s'était pas attardé sur une réponse inutile simplement pour réfléchir à autre chose, observant donc un long silence, ponctué par les cris de sa soeur qui lui devenaient de plus en plus désagréables.
« Vous savez... » , encore un silence. Il hésitait visiblement et ses yeux plissés ne cherchaient plus Elio désormais. « ... nous avons tous deux été bercés dans une haine que l'on peine à s'expliquer aujourd'hui. Je me trompe ? Elle semble d'ailleurs faire la joie d'un bon nombre de personnes. Je n'ai pas dans l'idée de donner à cette conversation le ton de la confidence, mais j'aimerais que les choses restent claires entre nous... », il s'interrompit afin de s'assurer qu'Elio l'écoutait, et une fois fait, croisa les bras, un sourire jouant sur ses lèvres, « Cette haine que beaucoup se sont plus à nous faire partager n'est pour moi qu'une vulgaire comédie, et je ne rechigne pas à la jouer. Je vous hais, vous me haïssez. Cependant, je ne pourrais nier que j'accorde une grande importance à l'envers du décor, et de ce fait, me trouvant là et ne remarquant chez vous rien qui pourrait susciter le moindre sentiment hostile, je me plais à croire qu'il faudrait bien prendre en considération l'envie que j'ai de vous connaître davantage. » Long, trop long. Il faillit rire. Pourquoi ne pas conclure en quelques mots ?« Vous conviendrez qu'il existe de bons et de mauvais ennemis, et que je n'hésiterais pas une seule seconde s'il m'était possible d'entretenir avec vous la première de ces relations. » Jouer la comédie et honorer son public. Puis se jouer de ce même public sans se compromettre. Le projet était clair.« Mais pour l'heure, félicitations, Monsieur mon Beau-Frère. Entendez-vous ces nouveaux cris ? » Une agitation différente, l'enfant vivait, mais la mère ? Samuele consulta la pendulette ; attendre encore, qu'on vienne les chercher. |
|  | | Elio Lacryma Adorasti Prince - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 745 Statut: Admin Date d'inscription: 14/04/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Mer 2 Jan - 1:17 | |
| Elio, qui avait écouté le Grazziano avec attention, ne se départit pas de son sourire. Et même, il se fit plus doux. Quiconque le connaissait savait la douceur de ce sourire trompeuse et s'en méfiait comme de la peste. Cependant, le timbre de la voix ne se fit pas plus acide et resta aussi velouté qu'auparavant. "Vous me haïssez, Monsieur ? Je suis bien navré de l'apprendre, vraiment." Il se tut un instant puis reprit, un rien de reproche dans le ton. "Mais plus que navré, vous me voyez extrêmement surpris de vous entendre évoquer la mésentente de nos familles en ce moment qui se voudrait à l'opposé d'un tel sentiment. Ne sommes-nous pas sur le point de fêter leur réunion ? A moins bien sûr que vous n'envisagiez de reporter votre détestation sur l'enfant à naître.. Ce qui ne manquerait pas de ravir votre soeur, j'en suis certain." Les cris provenant de la chambre s'étaient amplifiés, rendant la discussion malaisée. Et puis il y eut une accalmie et Elio, le visage soudain tourné vers la porte crispa les poings si fort que ses articulations blanchirent. Rien n'était normal dans ce silence emprunt de tension. Puis un son éclata qui emplit la pièce et brisa l'éprouvante attente. Oui l'enfant vivait comme venait de le faire observer le Grazziano. Il n'eut pas le temps de se préoccuper de la santé de Bianca que déjà les portes s'ouvraient sur Lucrezia qui s'inclinait, le sourire aux lèvres, les enjoignant à aller saluer la mère et l'enfant. Elio se retourna avant de franchir le seuil et son regard étincelant plongea dans les yeux de miel. "Votre famille a-t-elle réellement oublié l'origine de ce qui nous oppose ? Comme cela est regrettable.. Il est certaines choses dont il est bon de se souvenir." [Chambre de Bianca] |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Privé Mer 2 Jan - 22:37 | |
| Attendre. Et Samuele observait toujours. Contrariété, indifférence, amusement ? Rien de tout cela, simplement ce sourire qu’Elio arborait encore. Il eut pour effet non pas de faire sourire Samuele à son tour, mais de lui rendre un visage fermé ; cependant, il ne chercha pas à se détourner malgré ce changement flagrant.
« A peine né, votre enfant doit déjà avoir au-dessus de lui la malveillance de bon nombre de personnes, ceci sans qu’il ne puisse le soupçonner. Aussi est-il inutile d’y ajouter la mienne, n’est-ce pas … » Se redressant, le Prince, tout en restant légèrement en retrait, salua la jeune femme qui venait d’entrer. Il reconnut sans peine la dame d’honneur de Bianca, dont il avait souvent eu l’occasion d’entendre parler. Bianca qui, d’ailleurs, était apparemment prête à recevoir. Samuele resta un moment interdit, jusqu’à ce qu’Elio lui accorde de nouveau son attention. Sans se préoccuper de Lucrezia et des mots qu’elle pourrait retenir, le Prince remarqua :« Allons, allons… Je ne pense pas que ma famille soit devenue ignorante au fil des années, mais… S’il faut se souvenir de certaines choses, il est tout aussi bon de pouvoir les oublier provisoirement. Et plus précisément cette haine que nous sommes censés partager, pour… qu’avez-vous dit, déjà ? Fêter l’union de nos familles. Par ailleurs, pardonnez-moi de vous avoir – désagréablement – surpris en abordant ce sujet ô combien délicat.» Oui, il venait de jouer sur les mots, mais aucune expression particulière ne vint le trahir. Le sujet clos, il s’engagea à la suite d’Elio dans la chambre de Bianca.
[Chambre de Bianca] |
|  | | |
| Page 5 sur 5 | Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |