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 La Chambre d'Elio

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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Jeu 5 Jan - 18:23

Elio accueillit avec soulagement l'arrivée de la jeune servante. Même si ses manieres n'étaient pas parfaites, elles allaient en s'améliorant depuis qu'il l'avait réprimandée un peu plus tot dans la journée. Elle semblait tout au moins avoir compris qu'il était d'usage de frapper à la porte avant de pénêtrer dans une pièce, même s'il semblait que la notion d'attendre la permission d'entrer lui fut encore étrangère.
Cependant l'heure n'était pas à l'éducation des domestiques et le Prince balaya d'un signe les remontrances que Lorenzo adressa à la jeune fille
.

"Vous réglerez ces détails à l'office. Gabriella, vous conduirez Monsieur Dellaporta chez lui et lui donnerez les soins que son état requiert. Maître Barrozi fera partie de nos hôtes ce soir et je le prierai de regarder votre blessure. Je n'admettrai aucune réticence de votre part Lorenzo, que ce soit entendu. J'aimerais que vous preniez le temps de vous rendre présentable pour cette soirée qui s'annonce pénible mais à laquelle il n'est plus temps de se soustraire."

Il se pencha vers le majordome qu'il aida à se mettre debout puis se tourna vers Gabriella, le front soucieux.

"Nos hôtes ont-ils diné ? Sa Grâce semble-t-elle d'humeur plus conciliante ou devons-nous nous attendre à quelque éclat ? J'aimerais qu'après vous être occupée de Monsieur Dellaporta vous alliez quérir Madame ma cousine avec laquelle je souhaite m'entretenir avant l'arrivée de nos invités."

[Petit salon privé]


Dernière édition par le Sam 14 Oct - 23:02, édité 1 fois
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Ven 6 Jan - 19:51

Toute attentive et inquiète quant à la blessure qui se trouvait sous le mouchoir ensanglanté que tenait Lorenzo sur son front, Gabriella fut choquée par les paroles directes du majordome. Elle resta bouche bée quelques instants en le regardant. Se mordillant le bout du doigt, elle se sentait très mal à l'aise. Lorenzo la fixait d'un regard accusateur et cela, juste devant le prince. Il attendait un nom comme si celui qui serait désigné partirait sur le champ à la potence pour tentative de meurtre contre le Prince Elio.

Elle ouvrit la bouche pour donner une réponse mais la referma lorsque le prince prit la parole coupant cours à tout procès. Gabriella soupira de soulagement intérieurement et bénit le Prince pour sa bonté.

La jeune fille se tourna vers Elio et écouta ses recommandations avec attention en hochant la tête.


"Entendu Monseigneur." dit-elle d'un ton déterminé.

Elle s'approcha de Lorenzo pour le soutenir une fois qu'il fut debout et répondit aux questions du Prince.


"Ils sont en train de dîner en ce moment même dans la Salle à Manger, Monseigneur. Je n'ai pas revu la princesse depuis que l'ai enf.. amenée à ses appartements." se reprit-elle en lançant un bref regard à Lorenzo, ignorant s'il était au courant des agissements du Prince.

Elle acquièça à ses dernières recommandations et, après une révérence soignée, se dirigea vers la porte en compagnie de Lorenzo.


[La chambre de Lorenzo]
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Lorenzo Dellaporta
Majordome - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Dim 15 Jan - 21:29

Lorenzo se tut des que le prince lui en intima l'ordre. Une legere rougeur lui monta aux joues sous la remontrance à peine voilée d'Elio et il se prit à fixer le tapis un instant tandis que le prince s'entretenait avec Gabriella. Puis il se leva, le mouchoir toujours appuyé sur sa blessure.

"Je vais faire le plus vite possible Monseigneur. Je suis navré de vous faire perdre ainsi du temps."

Puis il se dirigea vers la porte aux côtés de la servante, sans un mot. Des secrets semblaient presques palpables mais il n'essaya pas de les toucher du doigt. Le temps viendrait pour poser les questions et ce n'etait pas le moment.

[La chambre de Lorenzo]

_________________
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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Sam 14 Oct - 23:42

[Appartements de Bianca - Chambre]

Avec un soupir de soulagement, Elio s'appuya au bois de la porte qu'il avait refermé derriere lui.
Il avait quitté les appartements de son épouse sans chercher à savoir si Ugo et le médecin s'y trouvaient encore.
Peu lui importait.
A une petite bonne qui trottinait dans le couloir, il avait donné des instructions pour qu'elle passe la nuit dans le boudoir de la princesse.

Il se détacha de la porte et d'un pas ferme se dirigea vers la haute fenetre qu'il ouvrit. Il resta ainsi, les bras grands ouverts maintenant les battants et dominant du regard la cité livrée à la nuit.
Le vent glacial venu de l'extérieur envola sa chevelure noire et il ferma les yeux, basculant la tête en arrière dans une longue inspiration.

D'un geste vif, sans refermer la fenêtre, il se dévêtit et jeta ses vetements sur le lit.
Il passa dans le cabinet de toilette et plongea son visage dans l'eau glacée d'une cuvette de porcelaine délicatement ornée de motifs floraux.
Toilette rapide visant à effacer la soirée.

Sur un serviteur de bois, une tenue auparavant sélectionnée pour sa sobre élégance l'attendait, qu'il passa.
Il enfila de hautes bottes et n'eut pas un regard vers le miroir dans lequel se refletait sa haute silhouette sombre.
La cape dissimula le fourreau de l'épée dont seul le pommeau d'argent incrusté de nacre resta visible.
Il termina de passer une paire de gants de cuir noir en quittant ses appartements.

Il se fichait bien à présent de croiser quiconque, il avait besoin d'air. Tout de suite.


[Quartier de la Bouche d'Ombre - Ruelle de l'Ancienne Tuilerie]
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Mer 29 Nov - 23:15

[L'Office]

Trois petits coups furent frappés sur la porte donnant dans la chambre du prince.

Gabriella s'était calmée en pestant dans les couloirs comme à son habitude. Elle ne comprenait pas que personne se soit soucié du prince. C'était impensable. Elle-même se couchait en pensant au prince et elle se levait en pensant au prince, sans compter dans la journée où elle pensait également à lui.

Cependant, qu'il n'ait pas appelé le matin l'intriguait. Que les domestiques n'aient pas entendu la sonnette ne l'auraient pas étonnée mais bon, il aurait insisté.

Personne ne répondit et Gabriella frappa à nouveau. Toujours pas de réponse. Elle tourna la poignée de la porte et passa la tête dans l'embrasure. Elle cligna des yeux de stupéfaction puis ouvrit grand la porte pour entrer dans la chambre.


"Ca alors..."

La jeune fille regarda autour d'elle. Le lit était bien préparé comme les servantes le faisaient chaque soir, les effets de nuit du prince étaient toujours là et visiblement personne n'y avait touché depuis la veille.

L'effet de surprise passé, Gabriella fronça les sourcils d'inquiétude. Elle se précipita dans la salle de toilette et constata que le valet de bois ne portrait aucun vêtement. Elle revint sur ses pas et ne vit pas non plus l'épée du prince.

Force était de constater que le prince n'avait pas dormi là (ça ce n'était déjà pas rassurant), mais qu'en plus il n'était pas revenu (et ça c'était franchement inquiétant).

Gabriella tourna en rond quelques instants sans savoir quoi faire, puis ressortit de la chambre, une grosse boule d'angoisse au ventre qui ne cessait de s'accroître à mesure que des idées noires lui venaient en tête.


[Le Grand Salon]
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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Dim 4 Fév - 23:15

[Calle Galante]

A sa demande, le batelier l'avait déposé bien avant l'embarcadère du palais. Elio avait franchi la distance rapidement, le visage pale dissimulé par l'ombre de son tricorne. Il avait croisé plusieurs promeneurs qui l'avaient reconnu et à qui il avait adressé un salut distant qui ne différait en rien de ses habitudes. Il bénit la réputation de froideur qui était la sienne, grâce à elle il n'avait eu à repousser aucune tentative de conversation.

La porte dérobée et l'escalier étroit l'amenèrent directement dans ses appartements. Arrivé là, le souffle court, il se débarrassa de son manteau, de son épée, de ses gants et de son tricorne qui tombèrent en tas près de la cheminée.

La chemise obligeamment offerte par la courtisane était imbibée de sang tout comme le bandage qui protégeait sa blessure. La marche n'était pas une bonne chose dans son état, l'idée avait été fort mauvaise de quitter l'abri de la Calle Galante si tôt. Penché en avant, la main pressée sur son coté, il gagna le lit dans le but de s'allonger. Mais dans le mouvement qu'il fit pour remonter ses longues jambes sur la courtepointe, la pointe de sa botte accrocha le valet de bois qui se trouvait entre le lit et le mur et l'objet tomba sur le parquet avec fracas. Le souffle court, la tête résonnant de l'écho de la chute, le prince s'immobilisa une jambe hors du lit. La douleur pulsait au rythme de ses battements de coeur et il se recroquevilla sur le lit avec un gémissement sourd.
Les yeux fermés, il espéra que personne n'avait entendu le choc du portant sur le sol ou du moins que personne ne l'ait localisé. Il voulait reprendre contenance avant d'être vu. Cacher son état à la maisonnée ne serait pas chose aisée mais il était décider à s'y employer. A bien y réfléchir, peu étaient ceux qui l'approchaient de prêt en définitive, cela faciliterait les choses
.
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Lun 5 Fév - 21:04

[Appartements de Danilo]

"Mais qu'est-ce que vous avez fait tombé encore alors que j'avais tout rangé !" s'exclama-t-elle en ouvrant la porte de la chambre du prince à la volée.

Bien sûr, Gabriella était coutumière des arrivées fracassantes mais cette fois-ci, elle avait des circonstances atténuantes. Le prince n'étant pas là, seule une gourde de servante avait pu provoquer le bruit qu'elle avait entendu. Et il était de son devoir que les appartements du prince soient toujours impeccables. Il était donc normal qu'elle vienne secouer la godiche qui venait mettre du désordre alors qu'elle avait pris soin de tout ranger et nettoyer aux petits soins.

Cependant ce n'est pas une petite bonne qu'elle vit dans la chambre mais la longue, fine et magnifique silhouette du prince Elio. Aussitôt, Gabriella se courba en deux si bas que sa queue de cheval traîna sur le sol.


"Je suis terriblement navrée Monseigneur, je ne voulais pas vous déranger ! Comme vous n'étiez pas là, j'ai préparé vos appartements et j'ai cru qu'une petite bonne avait fait tomber quelque chose et..."

Relevant la tête, elle prit mieux le temps d'observer le prince. Celui-ci était allongé sur son lit, recroquevillé, le visage crispé et une jambe hors du lit, le pied empêtré dans le valet de bois. Gabriella se redressa lentement et s'avança prudemment avant de contourner le lit pour décoincer le pied d'Elio avec mille délicatesses et reposer doucement la jambe à côté de sa jumelle.

"Monseigneur... ? Vous ne vous sentez pas bien ? Je me suis inquiétée de votre absence inhabituelle.. j'ai eu peur qu'il ne vous arrive quelque chose..." demanda-t-elle d'une petite voix étouffée par l'inquiétude.

Gabriella était passée du visage rouge de honte à un visage livide. Il était clairement évident que le prince se sentait mal. Elle l'entendait respirer de façon lourde et saccadée.


"Voulez-vous que je fasse quérir Maître Barozzi... ?" demanda-t-elle presque en murmurant, comme si elle voulait effacer sa voix forte du début.

Elle posa une main sur l'épaule du prince pour le tourner doucement sur le dos dans l'intention de l'aider et c'est à ce moment là qu'elle aperçut le sang sur sa chemise.

Par une réaction totalement inutile mais incontrôlable, Gabriella fit un bond en arrière, la main plaquée sur sa bouche, et renversa à son tour le valet de bois qui, heureusement, tomba presque sans bruit sur un épais tapis. Son coeur battait à ses tempes et des larmes inondèrent ses yeux sans s'épancher sur ses joues. Elle eut l'impression que le plancher c'était ouvert sous ses pieds ou que le plafond lui était tombé sur la tête.

C'était impossible, non.


"Monseigneur..." souffla-t-elle, sous le choc, momentanément dans l'incapacité d'effectuer le moindre mouvement, les yeux écarquillés et fixés sur le corps du prince.
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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Lun 5 Fév - 23:09

Un fracas de porte et de voix, des pas rapides sur le parquet et le prince eut l'impression que sa tête allait exploser. Une violente nausée le prit tandis que se déversait un flot ininterrompu de paroles qu'il ne comprit pas. La pulsation de la douleur remontait dans sa poitrine et le sang lui battait aux tempes.
Qu'elle se taise, par Dieu, qui qu'elle soit qu'elle s'en aille.

Il serra la courtepointe dans sa main quand, ayant contourné le lit, elle degagea sa botte prise dans le valet de bois et allongea sa jambe sur le lit. Il voulu ouvrir les yeux et lui hurler de ficher le camp mais la lueur du jour trop vive l'en empêcha.
Soudain le babillage cessa et un grand silence retomba dans la pièce. Etait-elle enfin partie ?

Non, une main se posait sur son épaule, lui arrachant un grand frisson.
On le repoussait en arrière, le renversant un peu sur le lit.
Ses yeux s'ouvrirent, deux lacs de flammes quand la position qu'on lui faisait prendre raviva la souffrance.
Il avait l'impression très nette que la blessure se rouvrait, qu'elle s'élargissait et s'allongeait, qu'elle créait un puit en lui dans lequel il allait disparaître.

Le visage égaré de la petite servante blonde.
Gianna ou quelque chose dans ce genre, Gabriella oui c'était cela.
Sa vision s'éclaircit et il vit son expression, elle allait crier, ameuter la maisonnée et mettre le chaos.
Il avala difficilement sa salive et accrocha son regard. Se redresser et lui offrir un spectacle moins effrayant. Au prix d'un effort violent, prenant appui sur ses jambes, il s'installa de façon plus correcte, la tête sur les oreillers.
Sa voix épuisée se voulut rassurante
.

"Ne criez pas. Restez calme, tout va bien. N'ameutez pas les foules, je ne veux pas que l'on sache."

Il souleva la main qu'il tenait appuyée sur sa blessure et grimaça.

"Cela paraît beaucoup plus grave que ça ne l'est en réalité. Et pour l'amour de Dieu fermez cette porte, je n'ai pas besoin de spectateurs et encore moins de visiteurs."

Il aurait voulu lui demander de lui oter cette chemise imbibée de sang et changer le bandage et aussi trouver les remèdes que Barozzi avait ordonné, saule et.. et.. Il ferma les yeux et laissa sa tête aller en arrière, bourdonnement de silence et farandole de pensées insaisissables.

Saule et aussi..
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Mar 6 Fév - 0:47

Le prince avait ouvert les yeux. Il souffrait terriblement, ça se voyait à son regard. Un millier d'interrogations se bousculaient dans son esprit et ne trouvaient aucune réponse dans la panique qu'elle ressentait. Elle avait l'impression d'avoir un lourd caillou à la place de l'estomac et le sanglot retenu lui donna le hoquet.

Cependant il se redressa et lui parla. Il n'était donc pas agonisant. Il allait se remettre et guérir très vite. Elle tenta de se persuader si fort que ses muscles commencèrent à lui faire mal tellement elle était crispée.


"O..oui Monseigneur.. je.. je ne dirais rien.. je promets..." arriva-t-elle à articuler.

Son regard glissa sur la blessure alors qu'il ôtait sa main et le mouvement de ses yeux fit rouler sur sa joue une larme jusqu'alors restée coincée entre ses cils blonds.

A l'exclamation d'Elio elle se jeta presque sur la porte pour la fermer. Qu'on ne le voit pas ainsi, que personne ne sache... Elle se retourna vers le prince et le vit fermer lentement les yeux.


"Non.. Monseigneur !" s'exclama-t-elle en se précipitant vers lui.

Elle posa sa main sur sa joue blanche. La sueur perlait à son front et il était plus pâle que la mort. Etait-il en train de mourir ? Non il respirait.


"Je.. je vais aller chercher Maître Barozzi, il.. il est.. oh non il est Ca'Grazziano, je ne peux pas !" dit-elle en se cognant durement le front de son poing, sentant le désespoir l'envahir.

Mais il ne serait pas dit qu'elle l'aurait laissé comme ça sans rien faire. Sentant une bouffée de dynamisme l'étreindre à nouveau, elle s'en alla de la chambre à peine une minute et en revint les bras chargés d'une bassine d'eau et d'un tas de linge propre et sec.


"Je vais m'occuper de vous Monseigneur... vous pouvez avoir confiance." expliquait-elle, ne sachant pas trop si le prince l'entendait ou non.

D'un revers de manche, elle s'essuya les yeux et vint s'asseoir sur le côté du lit, s'assurant qu'il respirait toujours. Le premier linge qu'elle mouilla vint se poser sur son front.

Lentement, de peur de faire un geste brusque, elle défit la chemise du prince et l'ouvrit. Elle resta interdite devant la vision du bandage. Qui donc l'avait déjà soigné ? Ne venait-il donc pas d'être blessé tout récemment ? Qui avait été aussi stupide pour le laisser revenir au palais tout seul ?


*Heureusement que je suis là... Personne ne s'occupe de lui aussi bien que moi.*

De toute manière, le bandage devait être refait car il était imbibé de sang. Gabriella grimaça, elle craignait ce genre de choses.. et en plus, c'était sur son prince ! Mais la volonté de l'aider était plus forte et le noeud du bandage fut défait et le tissu écarté.

Gabriella avala sa salive, presque aussi blanche que le prince.


"Je vais m'occuper de vous..." répéta-t-elle pour se donner du courage en essuyant sa peau pour y enlever le sang superflu..
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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Mar 6 Fév - 21:08

Entre ses cils baissés pour filtrer la lumière, le prince observait la petite servante. Elle était de bonne volonté, blème et tremblante, mais de bonne volonté. Dans la situation où il se trouvait, c'était le mieux qu'il pouvait espérer d'elle.
Elle le pensait sans doute inconscient et il ne bougeait pas, lui montrer ce qu'elle lui causait de souffrance en le déshabillant n'aurait servi qu'à l'affoler un peu plus. Et un peu plus aurait été beaucoup trop.

Ecorce de saule en infusion !
Voilà, c'était ce qu'on lui avait donné à boire.
Il y avait d'autres choses aussi mais il n'avait pas lu la prescription.
Il s'efforça de respirer lentement quand Gabriella défit son bandage et la vit passer de blème à livide
.

"Gabriella. Regardez-moi."

Il tendit la main pour effleurer son bras frémissant. Elle tentait de donner le change mais il la voyait pleurer en silence.

"Je ne vais pas mourir, Gabriella, on ne meurt pas d'une si petite blessure et si cela arrivait, vous n'en seriez en rien responsable. Vous allez envoyer chercher Maître Barozzi au palais Grazziano. Que la personne que vous enverrez soit digne de confiance et qu'elle ne se présente pas comme venant d'ici. Ne lui donnez pas de raison ou inventez quelque chose. Maître Barozzi saura sans doute pourquoi il est demandé d'urgence."

C'était la seconde fois que le prince donnait à la jeune fille une telle preuve de confiance. Elle n'avait pas démérité lors de sa première mission. Il espèrait qu'il en serait de même cette fois.
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Jeu 8 Fév - 23:19

Au fur et à mesure que Gabriella nettoyait le ventre du prince, de nouvelles larmes venaient inonder ses yeux malgré elle. Cependant, trop concentrée sur sa tâche pour garder courage et ne pas faiblir à son tour, aucun sanglot ne venait la secouer. Inlassablement, elle remouillait le linge et nettoyait le sang sur la peau du prince sans toutefois jamais toucher la plaie, de peur de lui causer une trop grosse souffrance.

*Qu'est-ce qui s'est passé..? Qui a pu lui faire une chose si horrible.. pauvre prince Elio... Il est si gentil pourtant...*

Elio ne bougeait pas. Elle pensa qu'il devait avoir perdu connaissance. C'était peut-être mieux ainsi, le voir souffrir lui tordait l'estomac et lui était insupportable. Il respirait, c'était l'essentiel.

Son regard embrumé quitta la blessure pour se poser sur le visage du prince quand celui-ci lui parla. Aussitôt, elle entreprit d'essuyer ses yeux avec sa manche même si leur couleur rougie en disait aussi long que les larmes.

Elle hocha la tête presque imperceptiblement à ses paroles.


*Non, on ne meurt pas d'une si petit blessure..* répéta-t-elle intérieurement pour se convaincre.

Elle écouta religieusement ses consignes et hocha la tête plus vivement.


"Oui Monseigneur, vous pouvez vous reposer sur moi, personne ne saura quoi que ce soit." lui assura-t-elle.

Cependant, elle ne pouvait pas le laisser comme ça. Elle posa doucement un linge propre et sec sur la blessure pour la protéger puis le couvrit d'une couverture.


"Ne bougez pas, Monseigneur, je reviens très vite. Et je vous apporterai une tisane d'écorce de saule pour vous soulager." ajouta-t-elle en arrangeant les coussins pour qu'il soit le plus confortable possible.

Une fois cela fait, elle se dirigea vers la porte qu'elle ouvrit puis, avant de sortir se retourna vers lui, les dents serrées.


"Je vous promet, Monseigneur, que si j'apprend qui vous a fait ça..."

Elle se mordit la lèvre, ne sachant pas trop comment finir sa phrase.

"Je reviens vite."

Et sur ces mots, Gabriella referma doucement la porte et partit dans les couloirs.

[Grand Salon]
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Dim 25 Fév - 18:06

[Grand Salon]

Gabriella entra de nouveau dans la chambre du prince, portant à la main à une simple tasse de faïence qu'elle posa sur le chevet du prince après avoir de nouveau contourné le lit sans bruit.

"Je suis navrée de cette piètre présentation, Monseigneur, mais on m'a demandé pour qui était la tisane et j'ai répondu que c'était pour moi."

La servante ajouta un coussin dans le dos du prince pour la caler confortablement.

"Maître Barozzi ne devrait plus tarder et rassurez-vous, personne ne sait rien."

Gabriella reprit la tasse et aida le prince à en boire plusieurs gorgée.

"Ca devrait soulager un peu votre douleur. Je voulais revenir plus vite mais des invités sont arrivés dont votre cousin, Monseigneur. Je me suis chargée de leur installation et assurée de leur confort. Ils savent que vous êtes indisponible pour le moment. Personne ne sait rien..." répéta-t-elle pour être sûre que le prince soit rassuré sur ce point là.
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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Mer 28 Fév - 4:44

[Calle Trevisi]

De retour au palais, Luciano ne s’était pas immédiatement rendu jusqu’à sa chambre, préférant faire un détour par le couloir du grand salon où, l’avait-on informé, les hôtes du Prince s’étaient réunis. Arrivé devant la porte, il avait tendu l’oreille pour discerner les individus conversant dans la pièce. Della Lonza, d’abord. Une voix de femme ensuite.

Et une troisième, qu’il identifia comme celle de Tiberio Adorasti, indubitablement l’un des personnages les plus déplaisants qu’il lui eût été donné de connaître et Dieu seul savait combien il était facile de lui déplaire. Que le même sang que celui d’Andrea ait pu couler dans les veines de cet énergumène demeurait un mystère. Il l’avait cru exilé dans les colonies du Nouveau-Continent, possiblement dépecé par les sauvages qu’on retrouvait dans ces contrées lointaines, image réjouissante s’il en était. Sans doute les anthropophages lui avaient-ils trouvé un goût par trop aigre et avaient ainsi épargné sa misérable existence. Dommage. Une moue de dégoût retroussa ses lèvres. Vraiment dommage.

L’aristocrate était demeuré encore quelques instants, assez pour déduire qu’Elio et sa suite se trouvaient toujours Ca’Grazziano. Il lui fallait écrire à Andrea… mais cela pouvait attendre, n’est-ce pas? Les appartements du Prince abandonnés sans surveillance par leur occupant, les membres de la Maison rassemblés en un même lieu, le moment était parfait pour procéder à quelques investigations. Peut-être pourrait-il en découvrir plus sur les errances de l’héritier, à la nuit tombée…?

Persuadé de la nécessité de faire vite pour ne point être surpris en flagrant délit, le noble entra prestement dans la chambre, refermant la lourde derrière lui le plus silencieusement possible. Mais plutôt que de se retrouver seul, il fut confronté à une vision telle qu’il crut que le sol s’était ouvert sous ses pieds.

Elio. L’unique héritier Adorasti. Le fils d’Andrea. Étendu sur son lit, pâle comme la mort, baignant dans son sang.

Elio mourant. Sans fils pour lui succéder. La Ca’Adorasti déchue. La Ca’Grazziano victorieuse. Et Andrea. Andrea déçu, défait, détruit, tout ce pour quoi il avait œuvré pendant toutes ces longues années, tout ce pour quoi ils s’étaient tous deux sacrifié s’effondrant avec ce garçon grièvement blessé.

Non.
Il serra les poings, la douleur émanant de sa main entaillée apaisant la tourmente éveillée en lui. Il ne laisserait pas telle catastrophe se produire. Il avait promis à Andrea de veiller sur son enfant et de sauvegarder les intérêts de sa Maison. S’il venait à faillir à sa tâche, Andrea ne lui pardonnerait jamais.


Et s’il y avait une chose, une seule, capable de faire trembler Luciano di Lorio, c’était la perspective de perdre Andrea Adorasti.

Enfin, il s’avança et réussit à articuler, sa voix non plus méprisante ou pleine de morgue, mais plutôt cassante, abrupte, celle d’un homme qui s’efforce de contenir les émotions violentes qui l’étreignent :

« Que s’est-il passé? »

Son regard, inquisiteur, se posa immédiatement sur la domestique blonde, la même que celle de la matinée, en quête d'une réponse à toutes les interrogations qui jaillissaient à son esprit. Les promenades nocturnes d’Elio? Une vague de culpabilité le submergea. Il savait qu’il aurait dû lui dépêcher une garde, engager un homme de confiance qui l’aurait suivi, prêt à intervenir à la moindre menace. Un intrus se serait-il plutôt parvenu à pénétrer le palais? Ou était-ce là le fait d’un traître au sein même de la Maison? L’un des domestiques? Un invité?

Fermant les yeux un court instant, il balaya ces considérations à plus tard. C’était sans importance pour le moment. Guérir le Prince d’abord, s’assurer que ce dernier pourrait se rétablir, puis se préoccuper de punir le fautif de façon exemplaire afin de prévenir toute future tentative de la même sorte. Cette situation ne devait pas se répéter, les ennemis, enorgueillis par leur premier essai, de la Ca’Adorasti risqueraient peut-être d’atteindre leur but si on leur en donnait l’occasion à nouveau. Il débusquerait le coupable et, même s’il si celui-ci s’avérait être le Doge en personne, il lui ferait connaître le châtiment qu’on se méritait à s’en prendre à la chair de la chair d’Andrea.

Maîtrisant son tumulte intérieur, il s’approcha du lit, une froide détermination dans son regard et sa démarche. Déjà, son ton était plus contrôlé lorsqu’il s’enquit, s'adressant toujours à la servante :

« Et où est le médecin? Barrozi. L’avez-vous fait quérir? »
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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Mer 28 Fév - 13:00

Elio laissa la servante arranger les coussins et il ressentit un certain mieux à être installé de la sorte. Il but quelques gorgées de la boisson chaude et amère. Il finirait par s'habituer au goût de toutes façons. Et la douleur était telle qu'on aurait tout aussi bien lui faire avaler n'importe quoi pour que cela cesse qu'il l'aurait accueilli avec grâce.
Gabriella lui assura que personne ne connaissait son état et il l'en remercia d'un regard. Cependant il ne pouvait s'empêcher de penser que cela aller se savoir d'une minute à l'autre, que les questions allaient fuser et qu'il lui faudrait trouver une explication plausible.
Etrangement, il se sentait calme à l'idée d'affronter les interrogations. Il ne cherchait pas à construire une histoire, il savait d'expérience que cela viendrait tout seul, au fil des mots, évidence pour lui comme pour celui qui le questionnerait. Il en avait toujours été ainsi, cette fois ne ferait sans doute pas exception, les circonstances présentes n'étaient pas plus dramatiques que d'autres qu'il avait déjà vécues.

Alors qu'il repoussait doucement la tasse et qu'il se laissait aller en arrière sur les oreillers, la porte s'ouvrit et une silhouette bien connue s'introduisit dans la pièce. Voilà bien le dernier qu'il aurait souhaité au courant de la situation. Le prince ferma les yeux tandis que di Lorio, le visage décomposé bombardait la petite servante de questions. L'exaspération remplaça la souffrance et il se redressa, la main crispée sur le drap, le visage glacé et la voix coupante
.

"Cessez, je vous prie ! Qui vous permet de faire irruption dans mes appartements sans y être convié et d'oser y élever la voix ?"

L'effort avait fait naître une explosion de papillons colorés devant ses yeux et il agita une main sans force en direction de la porte avant de retomber, livide sur les coussins.

"Sortez, Monsieur di Lorio, je ne suis pas d'humeur. Nous règlerons cela plus tard. Gabriella, veuillez montrer la porte à Monsieur di Lorio, je vous prie."
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Chambre d'Elio   Jeu 1 Mar - 12:21

Lorsque Gabriella croisa le regard reconnaissant du prince, elle sentit comme une bouffée de joie et de plénitude l'envahir. Elle aurait été capable de pratiquement tout pour lui lorsqu'il avait ce regard là envers elle. Comme si, dans tout le labeur qui faisait sa vie, c'était uniquement ça qu'elle cherchait.

Il repoussa la tasse et la servante la reposa sur son chevet. Il en avait bu plus de la moitié, cela serait suffisant pour agir correctement. Elle s'apprêtait à arranger les couvertures pour que le prince ne prenne pas froid quand une personne fit irruption dans la pièce de façon peu prévenante.


*Di Lorio !*

Gabriella resta abasourdie devant cette vision. Elle qui avait tout fait pour que personne ne soit au courant, ce rustre entrait sans frapper comme s'il était chez lui. Restée immobile, les yeux écarquillés de stupéfaction, Gabriella sembla redescendre sur Terre quand l'homme s'approcha du lit vrillant son regard froid dans le sien, d'un air accusateur.

Que s'était-il passé ? Et si elle avait fait quérir le médecin ? La prenait-elle pour une idiote incompétente ? Gabriella lui aurait presque craché des insultes au visage si le prince n'était pas intervenu à ce moment là pour remettre lui-même l'homme à sa place.

Gabriella releva le menton d'un air presque supérieur en regardant ostensiblement Luciano.


"Tout de suite Monseigneur." dit-elle, enorgueillie par la confiance que lui témoignait le prince.

Gabriella contourna le lit et ouvrit la porte de la chambre, désignant le couloir d'un geste du bras.


"Le prince n'apprécie pas votre intrusion et ne désire par votre présence, Monsieur. Veuillez sortir maintenant." lui dit-elle d'un ton faussement aimable.

Elle se faisait une joie de renvoyez Di Lorio sans même avoir répondu à une seule de ses questions.
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La Chambre d'Elio

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