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| Auteur | Message |
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Bertucci Invité
 | Sujet: Re: Calle Bardini Mar 13 Déc - 21:20 | |
| "Le connaître ? A vrai dire, seulement depuis peu ! Je l'ai rencontré il y a quelques heures seulement, au caffé Florian..." Anteo semblait lui aussi être gelé. Devait-il l'inviter à se réchauffer au caffé ? Il en sortait à peine, voilà qui l'ennuyait. Le jeune homme qui lui faisait face avait une manière de s'exprimer assez...théâtrale. Bertuccio aurait parié que c'était un acteur. Mais avant qu'il n'ait pu lui demander quoi que ce soit, une main étrangère se posa sur son épaule, tandis qu'une voix connue l'interpellait par son nom."Farieli... Décidément, la chance ne semble guère vouloir vous quitter. Alors toujours en vie, apparemment ?" Valcarenghi ?! A Venise ! La ville ne laissait pas de le surprendre. Il se retourna, un franc sourire aux lèvres."Tant que je ne trouverai pas de plus fine lame que moi...mais ma chance peut tourner à tout moment, c'est ce qui donne du piquant à la vie..." Lui non plus n'avait pas changé. Toujours aussi sûr de lui."Je suis tout aussi surpris que vous. Ce que je fais à Venise ? Je cherche la fortune comme d'habitude." Il avait dit cela sur un ton étrange. On ne savait pas s'il était sérieux, ou si l'ironie se cachait dans ses paroles."Enfin, j'attends de rencontrer la bonne personne. Rassurez-vous, je n'accepte plus tous les "emplois" ! Mais vous n'avez tout de même pas encore eu le temps de vous faire des ennemis à Venise ?" |
|  | | Basileo Invité
 | Sujet: Re: Calle Bardini Mer 14 Déc - 11:14 | |
| "Les inimitiés se lient infiniment plus vite que les amitiés. Un mot, un geste ou même un regard suffisent... Je suis à Venise depuis ce matin à peine. Donc, j'ai largement eu le temps de m'attirer plus d'un ennemi..." Basileo laissa échapper un petit sourire mystérieux. A l'entendre on eu pu croire qu'il fut traqué par une terrible horde d'indénombrables individus malintentionnés. Il n'en était bien évidemment rien...
Basileo tourna alors le regard vers Zanichelli, et il se rendit compte qu'il avait interrompu une conversation certainement des plus intéressantes..."Mais je ne vous dérange pas plus longtemps Messieurs. J'ai beaucoup à faire. J'espère cependant vous voir au Palais Ca'Adorasti ce soir Monsieur Farieli. Tout la haute société venitienne sera-là, et puis nous pourrons continuer cette conversation dans un environnement plus chaud..." A la vue de la mine interrogative dont le gratifiait Farieli, Basileo comprit qu'il ne devait pas être au courant, ou tout du moins, pas être invité à la soirée."Soyez-là vers 21 heures. Indiquez que vous venez de ma part. Et amenez donc votre compagnon que voilà..." Nouveau regard en direction de Zanichelli. Puis Basileo Orio Valcarenghi reprit sa route, en lachant :"A ce soir Messieurs..." Il se mêla rapidement à la foule pour disparaitre dans la masse. |
|  | | Anteo Za Invité
 | Sujet: Re: Calle Bardini Lun 19 Déc - 21:44 | |
| Encore une personne que Farieli semblait connaître il n'était certainement pas de Venise mais connaissait déjà quelques personnes, Anteo pensa qu'il devait beaucoup voyager d'après les dires du nouvel arrivant... Les éléments qu’avaient fourni celui-ci lui avait permit de deviner que Farieli était sûrement un homme d’action, celui qui passerait plus de temps à vous retailler votre costume avec la pointe de sa lame, qu’a vous conter monts et merveilles devant une tasse de thé… Mais Anteo passa rapidement à autre chose quelque chose l'intriguait "Le Palais Adorasti" organiserait une réception, voilà une bonne nouvelle ! Une soirée avec la haute société vénitienne ? Un perspective alléchante, il y pourrait lier connaissance, trouverait il d'autre acteur comme lui ?... Avant que l'homme reparte dans la froideur de la ruelle, Anteo lui adressa un sourire amical :"Merci de cette information, nous serions ravis de faire honneur à l'une des grandes familles de la ville !" Dit il tandis que l'homme s'éloignait. Il avait dit "nous" instinctivement pour lui, il allait de soi que Farieli se rende également au Palais Ca'Adorasti. Il se retourna vers Bertuccio une mine qui n’avait plus rien à voir avec ce froid omniprésent qui le frigorifiait.« Monsieur Farieli, je tiens à dire que vos connaissances me surprennent de plus en plus » Voila qui lui fit dévoiler sa dentition parfaite dans un sourire parfait, qu’il avait sûrement l’habitude de faire.« Quoi qu’il en soit je serai extrêmement enchanté de vous accompagner pour cette soirée » Ses yeux brillaient d’un petit éclat d’excitation à cette idée, il cachait peu son empressement.« Alors qu’en dites vous ? »
Dernière édition par le Mar 20 Déc - 20:06, édité 1 fois |
|  | | Bertucci Invité
 | Sujet: Re: Calle Bardini Mar 20 Déc - 10:55 | |
| "Je suis à Venise depuis ce matin à peine. Donc, j'ai largement eu le temps de m'attirer plus d'un ennemi..." La voix assourdie, le regard méfiant, le ton légèrement emphatique...Valcarenghi n'avait vraiment pas changé ! Mais après tout, même s'il n'avait pu se faire autant d'ennemis qu'il ne le laissait entendre, Bertuccio supposait qu'il s'était au moins attiré l'antipathie d'une ou deux personnes. Pour changer...
Lorsque l'homme lui parla de la soirée Ca Adorasti, l'aventurier eut un regard interrogateur qui demandait quelques explications.*Toute la haute société vénitienne...* Une aubaine ! Vraiment, l'homme tombait à pic. "Merci, à ce soir donc..." Valcarenghi disparut très vite dans la foule, et Bertuccio se retourna vers Anteo.Le "nous" de sa dernière phrase ne lui avait pas particulièrement plu. Depuis quand le premier venu se permettait-il de répondre à sa place et en son nom ? Il dissimula néanmoins son mécontentement."Mes connaissances, oui...voilà qui ne pouvait tomber mieux...pour vous comme pour moi ! Au moins serons-nous au chaud !" L'aventurier extirpa une montre d'une poche intérieure de son manteau."Nous avons le temps. Je vais d'ailleurs vous abandonner ici, monsieur. Peut-être nous verrons-nous ce soir." Il salua son interlocuteur et s'éloigna.[Quartier de la Bouche d'Ombre] |
|  | | Eva Call Invité
 | Sujet: Re: Calle Bardini Dim 19 Fév - 11:53 | |
| [La Roseraie] Eva resserra son manteau autour de ses frêles épaules. Ces temps-ci, les soirées se faisaient de plus en plus froides. Et le vent n'arrangeait rien ; il giflait le délicat visage de la jeune fille et projetait ses longues et soyeuses mèches brunes devant ses yeux. Ici, les éléments se montraient particulièrement capricieux. Les conditions climatiques étaient, comme toute chose à Venise, poussées à l'extrême. Mais la météorologie hivernale n'occupait aucunement les pensées agitées de la belle servante. La réception donnée à la Ca'Adorasti lui paraissait bien plus importante ; même si elle n'avait quasiment aucune chance d'y aller sur invitation. Bien sûr, Salvanti lui avait proposé de l'accompagner, mais Eva n'accordait aucune foi à ses serments. Il fallait cependant qu'elle trouve n'importe quoi, un prétexte, une excuse pour pénétrer dans l'illustre demeure du Prince. Son maître; résidant depuis peu là-bas, était à coup sûr convié aux réjouissances. Qu'à cela ne tienne, elle irait, seule s'il le fallait. Elle retrouverait sans doute Lonza, mais il ne serait certainement pas mécontent de la voir. Il avait finit par acquérir, d'une certaine manière, l'estime de sa servante, qui admirait avec une pointe d'amusement la faculté de l'homme à faire parler les astres comme bon lui semblait. Elle ne l'appréciait pas comme on aime un véritable ami, sincèrement et profondément, mais avec un respect qu'elle pensait devoir à ce maître protecteur. Mais elle ne se l'avouerait jamais. Elle était bien trop fière.
Plongée dans ses pensées, elle ne vit pas un petit garçon qui s'avançait vers elle. Ce ne fut que quand l'appela qu'elle remarqua sa présence :"Euh... Excusez-moi..." La voix tremblante de l'enfant fit sursauter la jeune servante. Elle baissa les yeux vers lui et l'interrogea d'une voix douce."Bonsoir ! Comment t'appelles-tu ? Je peux faire quelque chose pour toi ?" Le gamin semblait terrorisé. Dehors, dans ce froid, et seul qui plus est ! Il tendit une main hésitante, bleue de froid, qui enserrait une enveloppe. Eva apprit donc qu'il s'appelait Sergio, que la missive qu'il portait était destinée à l'Astrologue, que la commission était très urgente, et qu'il ne savait pas à qui s'adresser. Elle sourit, son coeur balançant entre attendrissement et dédain. Il était tellement mal fagoté, et si timide ! Elle opta pour l'émotion et se pencha vers lui, rassurante :"Tu as bien fait de t'adresser à moi, Sergio. Je suis la servante de Monsieur Lonza, et je vais lui transmettre cette lettre, si tu veux bien me la donner. Tu es d'accord ? Allez, rentre chez toi, regardes-toi, tu es tout pâle ! Tu n'as pas froid ?" L'enfant hocha légèrement la tête. Puis il tendit l'enveloppe, et murmura un vague remerciement, les joues rougissantes. Enfin, il tourna les talons et fila sans demander son reste. La jeune fille secoua la tête, visiblement contente d'elle. Elle venait de trouver son prétexte. En quelques pas, elle regagna la demeure de son maître avec la ferme intention d'aller trouver celui-ci à la Ca'Adorasti.[Maison du Conseiller-Astrologue] |
|  | | Lena Ren Invité
 | Sujet: Re: Calle Bardini Ven 10 Nov - 22:20 | |
| [Premier post] Alors qu'il faisait une nuit noire d'encre, et que depuis bien longtemps déjà la plupart des gens étaient rentrés chez eux, Lena, elle, marchait discrètement, en faisant le moins de bruit possible. Elle avait passé sa soirée à jongler pour les promeneurs de la place Saint Marc, des gens de ceux qui n'avaient pas été conviés à la soirée qui s'était déroulée plus tôt chez l'un des deux grands, selon les propres termes de Lena. La jeune femme, les cheveux lachés comme à son abitude, était habillée d'une longue robe de seconde main, et on pouvait voir qu'elle avait été recousue à certains côtés, une cape disimulant cependant une grande partie de la dite robe. Tandis qu'elle marchait, la jeune fille se demanda comment la soirée avait bien pût se dérouler. Car ce genre de réceptions avait pû être également une occasion de faire des coups bas, de semer les trouble. Y'en avait-il eut? Peut être, peut être pas, et puis à bien y réfléchir ce qui pouvait bien arriver à tout ce beau monde ne la regardait pas. Lena, elle, en plus de gagner honnêtement de l'argent, avait profité également du fait que certaines poches de ses spectateurs étaient bien remplies, et elle en vida quelques unes avec toutes les précautions nécessaires pour ne pas se faire remarquer. Elle avait profité que durant quelques secondes à peine les regards soient tournés dans une direction opposée à la sienne pour plonger sa main discrètement dans les poches de ces braves gens. A présent, Lena dissimulait l'argent dans ses vêtements. Elle marchait sans bruit, n'ayant pas encore réellement de but précis lorsqu'elle entendit des gardes qui patrouillaient. Elle détala vite pour arriver dans cette rue. Elle ne se fit certes pas remarquer, mais une des ses vieilles chaussures de toile se déchira au niveau de la couture.*La poisse ! Je vais encore devoir la recoudre ! Déjà qu'elle était dans un sale état.* Et puis ce froid glacial et cette légère bise qui lui sifflait dans les oreilles n'était pas pour arranger les choses. Alors Lena ressera sa vielle cape sombre autour de ses épaules et rabattit sa capuche sur sa tête. Elle réalisa à ce moment là qu'elle avait bien fait de coudre cette capuche au début de l'hiver. Puis elle continua à marcher dans la rue, son pied gauche glacé. |
|  | | Muzio Barrozi Médecin

Nombre de messages: 724 Date d'inscription: 14/05/2005
 | Sujet: Re: Calle Bardini Sam 11 Nov - 11:18 | |
| [Le Jardin du Castello - La Fontaine] Ainsi qu'Ugo l'avait dit, la Calle Bardini était toute proche du Jardin. Et c'était une chance pour Muzio qui commençait à sentir sérieusement le froid s'infiltrer sous son manteau. Le menton caché dans son col, les mains enfouies dans ses poches, le médecin marchait à grands pas et tête baissée, empruntant déjà machinalement les petits ponts qui le conduisaient à bon port. Voici quelques jours, c'était pour lui un vrai casse-tête de rejoindre sa maison à pied sec. Mais l'habitude avait commencé son ennuyeux travail...
Un frisson le parcourut, et il accéléra encore un peu le pas. Le froid, l'obscurité, la solitude de ses talons sur les pavés... Enfin, il était presque arrivé. Ce fut donc un Muzio concentré sur ce but et les yeux au sol qui percuta Lena de plein fouet. Dans l'étroit passage, la jeune fille n'aurait de toute façon pas eu le loisir d'éviter le choc.
Aussitôt, la main de Muzio jaillit hors de sa poche et attrapa le bras de sa victime, pour la rattraper au cas où. Les yeux maintenant bien vifs, il se confondit en excuses.« Oh je suis navré, je ne vous avais pas vue, veuillez m'excuser... Vous n'avez pas de mal ? » Il relâcha son bras et attendit un signe affirmatif. Depuis qu'il vivait à Venise, c'était fou le nombre de fois où il avait pu heurter un inconnu... Ou une. Confus, il se prit néanmoins à se demander ce qu'une femme enroulée des pieds à la tête dans une cape sombre pouvait avoir à faire après le couvre-feu. |
|  | | Lena Ren Invité
 | Sujet: Re: Calle Bardini Sam 11 Nov - 14:31 | |
| Trop occupée à regarder son pied gauche, Lena n'avait même pas remarqué qu'à quelques mètres, un homme marchait. Elle n'avait même pas entendu le bruit de ses pas, trop concentrée à se demander si à cause du froid elle aurait des crevasses au pied. Bien évidemment elle espérait que non, puisque cela aurait pas mal de conséquences pour la jeune femme, qui, à cause de la douleur, ne pourrait pas danser où faire quoi que ce soit de douloureux pour son pied. Au pire, elle pourrait toujours jouer du violon, mais quand bien même, avoir des crevasses ne l'enchantait guère. Elle réfléchissait au conséquences que cela pourrait avoir. Ayant à peine de quoi se nourrir et subvenir à ses premiers besoins, elle serait obligée de faire avec les moyens du bords, et de trouver diverses solutions à son problème. Autant dire que pour la moindre chose, Lena etait tout le temps comme ça, à réfléchir aux différentes conséquence qu'un fait ou une action pourrait avoir et aux diverses solutions qui se présentaient à elle. Cela etait bien, mais la jeune fille ne pensait à rien d'autre qu'à ce genre de choses; il était extrêmement rare qu'elle admire l'architecture de la ville et qu'elle prête attention aux diverses choses de la vie, et encore moins qu'elle revasse. Selon elle, rêvasser était un luxe qu'elle ne pouvait s'offrir.
Ainsi elle ne remarqua pas l'homme, trop absorbée par ses pensées, sans oublier la fatigue qui se faisait ressentir. De plus, ce n'était pas avec la clarté, plutôt faible, qu'elle aurait pût remarquer l'homme de loin. Ainsi, lorsqu'elle pris conscience de sa présence, il était déjà trop tard ; elle se le prenait de plein fouet. Par chance, l'homme eut le réflexe de la retenir par le bras, mais, sous l'effet de la surprise, Lena dégagea violement son bras de la main de l'homme, ne réalisant qu'aprés que sans ce geste elle serait probablement tombée. Et, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, Lena ne le remercierait pas, tout du moins pas pour l'instant."Qui êtes vous?" demanda-telle d'un ton sec.L'un des premiers réflexes de Lena, surtout à cet heure de la nuit, c'etait d'être sur la défensive. En effet, si l'homme se demandait ce que la jeune fille pouvait bien faire ici à un telle heure, il en était de même pour elle. Surtout qu'elle savait que la plupart des gens honnêtes n'aimaient pas à trainer à une heure pareille. dans son cas, on pouvait dire qu'elle ne faisait pas vraiment partie des honnêtes gens, se trouvant dehors à cette heure de la nuit à cause du fait quelle avait profité de sa fin de soirée pour aller chaparder dans diverses endroits de quoi se nourrir. Et lorsque ce n'était pas de la nourriture, c'était des objets qu'elle pourrait utiliser à des fins personelles ou bien revendre. Mais lui, que faisait-il là? Evidemment, Lena ne s'imagina pas une seconde qu'il rentrait chez lui. Elle attendit donc qu'il réagisse à sa question, épiant le moindre geste qu'il pourrait faire. au pire, elle avait un petit poignard attaché à sa cuisse. A présent, elle le fixait d'un regard de braise, mais dénué de la moindre lueur de méchanceté ni même d'aggressivité. A cet instant, Lena faisait plus penser à un animal qui se défend qu'à un prédateur. |
|  | | Muzio Barrozi Médecin

Nombre de messages: 724 Date d'inscription: 14/05/2005
 | Sujet: Re: Calle Bardini Sam 11 Nov - 18:16 | |
| Surpris par l'agressivité de la réplique, Muzio ne répondit pas tout de suite. Il prit le temps d'observer un peu mieux - dans les limites que lui imposaient la nuit - la jeune effarouchée. La grande cape, oui, et puis des chaussures de simple toile qui semblaient avoir vécu. Voilà tout ce qu'il pouvait voir. Et puis un regard qu'il devinait intense sous de fins sourcils froncés.
Le médecin avait d'abord vu de la rancune dans la question abrupte de la jeune femme. Après réflexion, il la mit sous le compte de la méfiance et de la crainte mélangées. Et en effet, Muzio imaginait très bien qu'on pût se méfier d'un individu qui culbutait allègrement les rares passants de l'après-couvre-feu, surtout lorsqu'on était jeune, et fille. Par ailleurs, vu l'état de ses souliers, il aurait été étonnant que la-dite jeune fille n'attrapât pas du mal dans les jours à venir. Et donc... médecin oblige: il fallait laisser ses références.
C'est ainsi que Muzio accepta la réaction brutale de sa victime et répondit, sans chaleur mais avec calme.« Muzio Barrozi. Je remplace maître Tréviano, le médecin. J'habite dans cette rue et, quoi que vous en pensiez, je ne vous veux pas de mal. Je ne vous veux rien d'ailleurs. » ajouta-t-il après réflexion.
Elle lui inspirait malgré tout un peu pitié. Elle devait être glacée, et puis sa réaction sur la défensive... Qui sait ce qu'elle venait faire par là à cette heure ? Il aurait fallu... Mais Muzio était las. Le monde lui en demandait trop, ou il se croyait trop nécessaire au monde. Il s'était excusé, il avait la conscience tranquille et il n'aspirait plus qu'à rentrer chez lui. Tant pis si certains perdaient leur temps à voir du mal là où il n'y en avait pas.
Réflexions d'un Muzio fatigué. Il lâcha le morceau et s'apprêta à contourner la jeune femme qu'il salua cependant poliment:« Sur ce, si cela ne vous dérange pas, je rentre chez moi. Veuillez encore recevoir mes excuses... Bonne nuit. » |
|  | | Lena Ren Invité
 | Sujet: Re: Calle Bardini Sam 11 Nov - 21:49 | |
| Lorsqu'elle entendit l'homme parler à nouveau, Lena se réalisa qu'elle avait fait erreur sur la personne. Et, ce qui était à prévoir, cela déplut au médecin, ce qui était normal. Mais aprés tout, la jeune fille n'était pas censée savoir que l'on avait changé de médecin. C'était à peine si elle avait été au courant de la disparition du prédecesseur de ce... Muzio Barrozi. A vrai dire depuis qu'elle avait eu affaire une fois à l'ancien docteur elle s'était jurée de ne plus remettre les pieds chez lui de son vivant.
Toujours est-il que la jeune fille était déroutée, que faire? S'excuser, oui, s'excuser sûrement. Et puis, une autre idée vint lui vint en tête. Elle regardait son pied meurti puis vint à se demander si le médecin accepterait de lui rendre un petit "service", à cette heure de la nuit et surtout aprés son comportement. Mais aprés tout c'était également une bonne occasion de savoir ce qu'il valait par rapport à l'ancien médecin, si on pouvait appeler un tel homme médecin. Alors qu'il s'apprêtait à rentrer chez lui, Lena parla à nouveau, d'une voix pressée et légèrement neurveuse."Attendez!" Sur ces mots elle s'approcha de nouveau, et enleva sa capuche pour qu'il puisse mieux voir à qui il avait affaire. La jeune fille pensait que cela serait plus poli."Je suis désolée, je ne pensais pas que le remplaçant était déjà arrivé. Je vous ai pris pour quelqu'un que vous n'êtes pas, désolée." Elle lui montra ensuite son pied meurtri."Je sais que c'est un peu déplacé de ma part de vous demander cela, mais... J'ai peur d'avoir des crevasses d'ici que je rentre chez moi, n'auriez vous pas la recette d'une pommade, de quelque chose qui pourrait m'aider à soigner cela? Je ne vous en demanderai pas plus, je ne me le permettrai pas... Et puis je dois bien avouer que je n'ai pas pas d'argent non plus..." Elle attendit de nouveau une réaction, se mordant la lèvre inférieure. |
|  | | Muzio Barrozi Médecin

Nombre de messages: 724 Date d'inscription: 14/05/2005
 | Sujet: Re: Calle Bardini Sam 11 Nov - 22:34 | |
| Muzio s'était arrêté lorsqu'elle le lui avait demandé. Il n'avait pas cette fâcheuse habitude d'attendre dos à son interlocuteur, et se retourna donc. La jeune femme se découvrit et il réalisa encore une fois combien les enfants étaient exposés au danger dans une ville telle que Venise. Car la sauvageonne n'était qu'une enfant. Une enfant que l'on appelait "Madame". Son mouvement de recul, puis son appel, ses excuses enfin... Mais que diable faisait-elle ici à cette heure ?!
La consultation vint plus vite que prévu. Un peu surpris de ce brusque revirement, Muzio jeta néanmoins un coup d'oeil au pied de la jeune fille, qui ne lui apprit rien qu'il ne sût déjà. Son regard remonta se poser sur le visage plongé dans l'obscurité. Il faudrait sans doute qu'il se fasse à l'imprévu que lui réservait la ville... « En rentrant chez vous, » - il insista discrètement sur ces mots: les gardes patrouillaient et elle avait tout intérêt à réintégrer ses quartiers au plus vite - « mélangez deux cuillères d'huile d'olive et deux cuillères d'argile dans un bol, et ajoutez un peu d'eau. Appliquez cela sur les crevasses pendant une demi-heure, puis rincez à l'eau. Et essayez toujours de vous coucher les pieds parfaitement secs. » Il marqua une pause, puis désigna les tristes chaussures et ajouta avec tact:« Mais il faudrait songer à changer cela, l'hiver n'est pas fini... » |
|  | | Lena Ren Invité
 | Sujet: Re: Calle Bardini Dim 12 Nov - 13:16 | |
| Il faut bien avouer que Lena fut soulagée lorsqu'elle vit le médecin s'arrêter, puis lorsqu'il se mit à lui répondre. Elle s'approcha alors un peu plus afin de mieux entendre ce qu'il lui dirait. Elle eut comme un faible sourire désolé lorsqu'elle l'entendit dire "en rentrant chez vous". Chez elle, elle y était déjà, en quelques sorte. Lena n'avait pas de chez elle à proprement parler, sa maison c'était la rue en quelque sorte. Mais elle se garderait bien de dire cela au médecin, ne voulant qu'il en sache plus sur elle, ni qu'il s'appitoie sur son sort si cela faisait partie de son caractère. Toujours est-il que la jeune fille ne voulait pour rien au monde inspirer de la pitié à qui que ce soit, elle était beaucoup trop fière pour ça. Et même si c'était une saltimbanque, une petite voleuse, même si aux yeux de certains elle n'était qu'une moins que rien. Mais si certains pouvaient penser que ce n'était qu'une gueuse, Lena, elle, voulait rester digne, quoi qu'il arrive. Ainsi elle désirait simplement rester une jeune fille errant dans la rue au yeux de cet homme, rien de plus. Ajoutons aussi que Lena n'aimait pas trop se dévoiler, pensant qu'avec un simple nom on pouvait parfois savoir beaucoup de choses sur quelqu'un. Et puis comme le médecin ne lui demandait rien, autant ne pas lui dire. Une fois que le médecin eut fini son diagnostic, Lena resta silencieuse quelques minutes afin de bien graver dans sa tête tout ce qu'il venait de lui dire."D'accord, je ferai tout ce que vous venez de me dire." Puis Lena vit que le médecin regardait ses chaussures, et ellefit de même. Lorsqu'elle entendit qu'il valait mieux pour elle qu'elle les change, elle se mordilla de nouveau la lèvre inférieure avant de relever la tête. Certes, il fallait qu'elle les change, pour en acquérir des plus chaudes et plus solides aussi, reste à savoir comment. Les voler peut être? Oui les voler, de toutes façons il n'y avait pas tellement de choix en la matière. Elle haussa les épaules puis dit:"Oui... j'y songerai..." Puis, aprés quelques nouvelles secondes de silence, elle dit."Et bien, je crois que je devrai vraiment partir maintenant... Merci encore pour votre aide." Lena jeta un dernier regard au médecin, accompagné d'un hochement de tête en guise de salut, puis tourna les talons, pour marcher, le plus rapidement possible, vers l'endroit où elle "vivait". Un quartier où vivent toutes les petites gens, ceux qui sont au plus bas de la hiérarchie sociale...[Quartier de la Bouche d'Ombre: Ruelle de L'ancienne Tuilerie]
Dernière édition par le Dim 12 Nov - 21:05, édité 1 fois |
|  | | Muzio Barrozi Médecin

Nombre de messages: 724 Date d'inscription: 14/05/2005
 | Sujet: Re: Calle Bardini Dim 12 Nov - 16:29 | |
| « Bonne nuit... » Muzio regarda s'éloigner l'étrange jeune fille autant que sa vision peu nyctalope le lui permettait. Une silhouette encapuchonnée qui se pressait dans la nuit et dont il ne savait rien... Rien, sinon qu'elle était nerveuse et qu'elle aurait des crevasses aux pieds. Passionnant.
Le médecin étouffa un bâillement. La journée avait été longue et dense. Il était tard, il faisait froid, il n'y avait plus personne dans les rues. Bref, il était largement l'heure d'aller se coucher. Sans plus tarder, il franchit les quelques pas qui le séparaient de sa porte, en sortit la clé et s'engouffra chez lui.[La Maison du Médecin - La Chambre de Muzio] |
|  | | Muzio Barrozi Médecin

Nombre de messages: 724 Date d'inscription: 14/05/2005
 | Sujet: Re: Calle Bardini Dim 6 Mai - 15:48 | |
| [Quartier de la Bouche d'Ombre - Ruelle de l'Ours] Muzio ne savait pas mentir. Il avait bien essayé, quand il était petit. Quand il revenait trop tard parce qu'il n'avait pas pris le chemin habituel, quand il avait mangé les mûres que sa mère attendait pour sa tarte, quand il ne s'était pas lavé parce qu'il faisait trop froid... Mais il avait arrêté. D'abord, il s'embrouillait souvent dans ses excuses. Et puis, sa mère semblait avoir un don pour détecter le mensonge, même lorsqu'il le jugeait parfait. Le regard déçu, simplement déçu, qu'elle lui adressait à chaque fois, avait fini par l'en dissuader tout à fait. Il avait solennement juré à la lune et aux étoiles qu'il ne lui mentirait plus. Les années avaient passé, mais Muzio n'avait jamais appris à mentir à quiconque. Le Padre Miacorni recevait ses confessions; le mensonge n'en faisait pas partie.
Tout cela pour dire que, lorsque Danilo entama son "Dites-moi, monsieur Barrozi...", Muzio sut qu'il allait falloir contourner plutôt que franchir l'obstacle. Quelque chose se raidit du côté de son estomac, mais il resta impassible, attentif aux moindres mots de son compagnon. La description du "bourreau" de Di Lorio faillit néanmoins lui arracher une exclamation. L'association avait été immédiate: Di Lorio était l'indiscret aristocrate, le bourreau... le benjamin Grazziano. Fichtre... Diantre !
Les deux hommes arrivèrent au bord du Canal, où ils s'installèrent dans une gondole, ainsi que Danilo l'avait souhaité. Le temps d'indiquer au gondolier leur destination, de monter, de s'asseoir, Muzio avait fait travailler ses neurones à plein régime, peut-être à son insu même.
Ainsi, lorsqu'ils furent en mesure de reprendre leur discussion, son délai de réponse ne pouvait que paraître naturel. Naturelle aussi l'attitude toute entière du médecin, qui à défaut de mentir savait composer la sérénité.« Une charmante blessure, dites-vous ? » Sourire amusé. « Non je n'ai pas soigné de charmante blessure ce matin... Mais de toute façon, j'avoue que le charme des blessures me laisse assez... indifférent. » Re-sourire.
Bien évidemment, Danilo se demandait qui, à l'étage des Grands, avait pu consulter. Et bien évidemment, Muzio ne pouvait répondre, ni mentir. D'ailleurs l'inspiration pour tenter un prétexte lui manquait totalement. Les seuls patients qu'il aurait pu citer au hasard, un laquais ou une servante, ne logeaient pas au même étage.« Ah vous savez, en hiver, on est beaucoup plus souvent appelé pour une vilaine toux que pour une blessure, si charmante soit-elle ! Le matériel que vous avez vu ne sert pas tous les jours, heureusement... » Engager quelqu'un sur une fausse piste, suggérer un mensonge, ce n'était pas mentir, n'est-ce pas...
Il préféra ne pas insister au sujet de son patient Ca'Adorasti, et se reporta sur l'idée de Raffaele di Grazziano entaillant la main du baron - puisque baron était l'indiscret inconnu. Il avait caché l'identité du prince Elio, mais la même discrétion ne lui semblait pas indispensable ici. D'ailleurs... D'ailleurs, même s'il s'en voulut un peu de penser cela, l'idée de nuire au frère odieux des deux angelots ne lui paraissait pas vraiment immorale. Leur guide fredonnait une comptine galante en ramant d'un air absent. Pas de danger de ce côté-là en tout cas.« C'est amusant, la description que vous faites me rappelle un jeune homme croisé ce matin, tandis que j'étais invité à souper chez le prince di'Grazziano... » remarqua-t-il d'un ton léger.
La gondole s'était arrêtée à deux pas de chez lui, et il en descendit. Il déposa sa trousse sur les pavés et tendit une main à Danilo pour l'aider à le suivre.« Son frère, je crois. » |
|  | | Danilo della Lonza Gentilhomme - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 92 Date d'inscription: 16/12/2006
 | Sujet: Re: Calle Bardini Lun 7 Mai - 21:59 | |
| [Quartier de la Bouche d'Ombre - Ruelle de l'Ours] Esquive, feinte, retour en garde en ligne basse externe. Danilo n'avait pas espéré toucher son adversaire avec sa fente provocante, mais l'avoir amené à éviter de se frotter fer contre fer avait valeur d'aveu. Il y avait là quelque chose que le secret médical ne pouvait trahir. Bien, bien. Alors, qui? Elio, le grand disparu après lequel tant de monde cherchait? Mais comment aurait-il pu être là sans que Gabriella soit au courant? Bianca? Peut-être bien, en effet... Qui sait, un mari disparu pouvait provoquer des vapeurs. Mais qu'on lui ait assuré que Madame la princesse mangeait dehors au lieu de lui dire qu'elle se sentait mal et qu'elle ne pouvait pas le recevoir n'avait pas grand sens. Non, décidément, quelque chose n'allait pas. Peut-être qu'Elio avait attrapé la petite vérole en lutinant une servante ou une courtisane et qu'il cachait la honte de son mal dans l'intimité de sa chambre. Oui, c'était sûrement ça, pensa-t-il avec beaucoup d'amusement.
Il en était là de ses réflexions, toujours à conjecturer sans trouver quoi que ce soit de réellement convaincant -il était encore loin de se douter qu'un prince Adorasti pouvait recevoir un mauvais coup de lame au ventre en se promenant dans des ruelles que son rang devrait lui faire fuir- lorsque Muzio monta sur le quai tout en causant du jeune homme en rouge. Le musicien, qui s'apprêtait à son tour à débarquer, fut tiré des limbes de la réflexion par le mot Grazziano. Saisissant la main que le médecin lui tendait, il s'intéressa plus avant à ce que son interlocuteur lui disait. Puis, le mot fut lâché. Eminemment surpris, il répéta un peu stupidement, alors qu'il quittait la gondole par l'avant:« Le frère du prince Gr... » Il n'acheva pas sa phrase. Quelque chose n'allait pas. Il n'y avait rien sous son pied droit, ou du moins pas grand chose. Ou plutôt, il y avait eu quelque chose, quelque chose qui s'était défilé lâchement, refusant d'accepter le poids de son corps comme tout bon bord de canal qui se respecte. Bon, il en portait quelque peu la responsabilité, il est vrai. il aurait dû être plus attentif à l'endroit ou il posait le pied, au léger tangage de la gondole, au fait qu'il avait sa canne en main gauche, ce qui compromettait un peu son équilibre, à l'humidité visible du terrain qu'ils abordaient. Il aurait pu ne pas oublier que la gondole n'était pas tout à fait contre le quai. Mais tout de même, était-ce vraiment sa faute? Si Muzio ne l'avait pas troublé avec sa révélation tonituante sur l'identité du jeune homme qui intéressait tant le baron, si le jeune homme en question avait eu un rang plus en adéquation avec son comportement, s'il lui avait tout de suite dit son nom, si le gondolier avait poussé un tout petit peu plus sur sa perche, si son cordonnier faisait des semelles de meilleures qualité, Il n'aurait pas ainsi stupidement glissé au lieu de trouver appui. C'était le destin, oui, le destin et rien que cela qui avait joué contre lui. Non, il n'était pas coupable de sa chute.
La certitude de n'être pas en tord n'empêcha rien, cependant. Car on ne se retrouve pas impunément un pied sur une gondole, l'autre dans le vide et le poids du corps pesant entier sur la frêle embarcation. Il fallait forcément que l'on atteigne le point de rupture. Cela s'était joué à pas grand chose, somme toute, mais voilà, il chutait bêtement dans le canal. Il remarqua un peu tard qu'il n'avait pas lâché la main de Muzio.
Le reste, il ne le comprit pas très bien. Il se retrouva dans l'eau du canal, de cette belle eau qu'on préfère voir depuis une gondole que d'entrer en contact avec elle. Il se débattit un peu et sa tête creva la surface. Il eut envie de jurer, et un mot grossier lui vint, mais le temps qu'il se décide entre le prononçer en français ou en italien, il s'était envolé. D'ailleurs, c'était tant mieux, cela lui évitait maintenant de boire la tasse, alors qu'une fausse manoeuvre du gondolier affolé par la chute stupide de ses clients heurtait la tête du musicien et l'enfonçait de nouveau sous les flots.
Nageant tant bien que mal, car il s'était bien évidemment refusé à lâcher sa chère canne dans l'action, il rejoignit le bord du quai et s'y accrocha de la main droite. Remarquant que le médecin n'y était plus, il se retourna et le chercha des yeux. Car cette aventure étrange lui insiprait une réflexion étrange et pourtant fondamentale en cet instant précis: un disciple d'Hyppocrate, cela sait-il nager?(P.S.: petite blague: qui trouvera quel auteur j'ai pastiché dans le troisième paragraphe  ?) |
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