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 Embarcadère

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Laurena
Invité



MessageSujet: Re: Embarcadère   Lun 31 Oct - 12:15

Lorsqu'entra le jeune homme, sans même demander la permission, Laurena eut un petit rire cristallin. Elle referma la porte. Il n'y avait plus personne dehors, après tout. Elle se dit qu'un mercenaire n'aurait pas commis l'imprudence de rentrer de cette manière, ce qui fit diminuer ses soupçons envers le jeune émissaire. Elle murmura, amusée, sans vraiment faire attention à ce que le jeune homme puisse l'entendre ou non :

"Vous autres, gens de peu, n'avez vraiment aucune convenance..."

Puis elle soupira. Il était hors de question qu'elle laisse rentrer un inconnu sans même savoir d'où il venait. Malgré la sympathie qu'Orfeo lui avait soudainement inspirée, elle ne pouvait pas se permettre de le laisser continuer sa route sans avoir un minimum d'informations sur le sujet de sa visite. Néanmoins, ce fut avec une pointe de rire dans la voix qu'elle lui demanda :

"Mon cher Orfeo, si c'est là votre vrai nom, vous pouvez avoir mille raisons de ne pas vouloir me transmettre cette lettre et je l'accepte. Mais je ne peux pas vous permettre d'avancer sans même savoir de qui vous transmettez le message, ce serait manquer à mes devoirs. Cela, vous êtes apte à me le dire, ou est-ce à nouveau une information qui concerne le Prince seul ?"
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Orfeo Ciriaco
Saltimbanque


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MessageSujet: Re: Embarcadère   Lun 31 Oct - 20:02

La petite moue revint plisser la bouche d'Orfeo.
"gens de peu". Peu de valeur, peu d'intéret, peu de grâce aux yeux du monde. Et celle-ci qui se pensait au dessus de tous. Le saltimbanque se retint de lui répondre vertement. Mais sa nature était plus à l'humour qu'à la vindicte et il se contenta d'incliner la tête avec un sourire en coin
.

Il agita le doigt pour désigner le médaillon que la jeune femme serrait dans sa main fermée.

"Ceci parlera pour moi. Le Prince di Grazziano en le voyant saura qui m'envoie. A vous, Gracieuse Dame, je n'en dirai pas plus, vous devriez aller le lui montrer sur le champ, j'attendrai ici."

Il s'inclina trés bas en une parodie de révérence.
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Laurena
Invité



MessageSujet: Re: Embarcadère   Mar 1 Nov - 13:39

Cette fois-ci, l'intendante eut un petit rire cristallin qui résonna dans le couloir durant un bref instant. En fin de compte, le jeune homme était charmant. La présentation des éléments amusait Laurena. Ainsi, même l'origine de la missive devait rester inconnue de toute personne hormis le Prince. L'importance du message devait donc être considérable.

"Non non, mon brave Monsieur Ciriaco, je vous crois. Je vois que vous tenez les intérêts de mon Prince à coeur et vous en remercie, même s'il est possible que vous ne transmettiez ce message que dans le but d'obtenir une récompense. Je vais vous conduire à lui, n'ayez crainte. Simplement, je vais être obligée de vous faire patienter, je vous l'ai dit, le Prince est occupé, mais vous pourrez attendre dans un endroit plus... agréable qu'ici. Suivez-moi."

Et, en espérant qu'elle ne se perdrait pas encore une fois dans les couloirs, ou du moins qu'Orfeo ne le remarquerait pas, elle prit le chemin du petit salon.

[Le Petit Salon]
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Orfeo Ciriaco
Saltimbanque


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MessageSujet: Re: Embarcadère   Mar 1 Nov - 22:27

Orfeo retint un soupir de soulagement. Il avait bien cru passer le reste de la soirée à parlementer.

"Je peux attendre, comme je vous l'ai dejà dit."

Son sourire s'était élargi et il emboita le pas de l'intendante. Ses yeux clairs s'agrandirent devant le luxe qu'il découvrit au fur à mesure de sa progression.
Il n'avait jamais été invité à entrer dans un tel endroit et il dut faire un effort pour ne pas afficher une expression d'admiration stupide. En marchant, il laissait ses doigts fins glisser sur la soie tendue des murs et sur les cadres dorés des toiles de maîtres
.

[Le Petit Salon]
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Matteo Salvanti
Homme de Main - Ca'Grazziano


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Statut: Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello.
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Mar 10 Jan - 4:49

[Jardin Public du Castello]

Matteo avait eu la chance d'apercevoir Giacoppo, le gondolier le plus rapide de toute la Sérénissime, passer devant ses yeux, son embarcation vide, alors qu'il devait retourner au Palais. Dommage qu'il fût impossible de joindre l'agréable à l'utile en sa compagnie. L'homme était malheureusement doté d'un physique disgracieux, heureusement compensée par la qualité de ses services et sa connaissance inégalée des canaux vénitiens.

À bord aux côtés d'Isabella, le jeune homme avait entretenu la conversation avec la même aisance qu’à l’habitude, semblant avoir tout oublié de ses soucis précédents. Sa recherche constante des plaisirs lui permettait de ne jamais culpabiliser longtemps au sujet de ces malheureux qu’il délaissait après si peu de temps… Il n’avait tout simplement pas le temps de s’attarder à ces légers contretemps! Ce n’était tout de même pas de sa faute si autant d’occasions se présentaient à lui et qu’il était incapable d’y résister. Ève, leur Mère à tous, n’avait-elle pas succombé au serpent? Et Adam, à son tour, n’avait-il pas succombé à Ève? C’était dans la nature de l’homme que de s’adonner aux plaisirs qu’offrait la Vie, tout particulièrement lorsque ceux-ci frisaient l’interdit.

Matteo aida galamment sa compagne à poser pied sur l'embarcadère. Il paya la course avec un grand sourire puis, se tourna vers la servante. Cette dernière avait été témoin de toute la scène du jardin et, comme on le sait, les femmes étaient bavardes. C’était l’un de leurs défauts inhérents, qu’on pardonnait de bon cœur en pensant à leurs multiples qualités, dont faisaient partie la beauté et la grâce. Il fallait donc trouver un moyen de la faire taire. En plus d’être des commères invétérées, les femmes étaient d’incorrigibles sentimentales. C’était toujours au cœur qu’il fallait les frapper, jamais à la bourse, à la panse ou à la tête.

Séduire Isabella, quelques instants seulement après avoir quitté sa belle de la Calle Bardini, était impensable. Cela aurait été la meilleure façon de perdre toute la sympathie de la domestique. Non, il fallait plutôt se montrer sous un tout autre jour : troquer Matteo Salvanti, le séducteur au charme irrésistible, pour Matteo Salvanti, l’amoureux transi et à la sensibilité à fleur de peau.

Un sourire gêné naquit sur les lèvres du garçon. Il ouvrit la bouche, voulant exprimer ce qui lui pesait sur la conscience, mais la referma presque aussitôt, semblant se raviser à la dernière seconde. Ses doigts fins se perdirent dans sa masse de cheveux blonds, se décoiffant plus qu’il ne l’était déjà. Un dilemme intérieur paraissait le déchirer et, finalement, il s’écria précipitamment :


"Isabella, j’ai besoin de vos conseils !"

Ah, si ce n’avait été du Prince, quel succès dans le métier d’acteur aurait-il pu connaître! Une angoisse frisant la détresse se lisait sur ses traits, il avait tout de l’amant en plein questionnement face à lui-même, son aimée, la sincérité de leurs sentiments et toutes ces choses que les femmes affectionnaient tant.

"Comment présenter… Comment vous présenter cette question qui me tourmente depuis que nous avons laissé ma dame... oh, je me languis déjà d’elle…"

Il saisit les mains de son interlocutrice entre les siennes.

"Vous qui êtes servante… croyez-vous que… je m’interrogeais au sujet de…"

Il secoua la tête comme pour replacer ses idées en désordre.

"Pensez-vous que… malgré les différences qui nous séparent… croyez-vous que notre amour soit possible ?"

Il y eut un silence avant qu'il ne reprenne, la voix toujours aussi hésitante:

"Oh, je n’ose croire qu’un visage aussi beau puisse dissimuler pareille infamie mais si… si elle n’usait que de moi… moi, naïf et faible devant la gent féminine… pour s’introduire au Palais Adorasti, ce soir? Je mourrais de chagrin si je venais à apprendre que je ne suis, pour elle, qu’un simple… un simple… fantoche l'emmenant à des réceptions !"

Il termina sa réplique par un long soupir, laissant entendre que son coeur avait déjà été meurtri d'une telle façon et qu'il ne se remettrait sûrement pas d'une seconde déception


Dernière édition par le Mer 11 Jan - 0:16, édité 1 fois
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Isabella
Invité



MessageSujet: Re: Embarcadère   Mar 10 Jan - 7:16

[Jardin Public du Castello]

Isabella avait accompagné le gentilhomme et l'avait écouté avec courtoisie sans montrer aucun signe d'ennui ou de désintérêt pour le flot de paroles qu'il était capable de débiter à la minute. C'était son devoir et jamais elle ne se permettrait de porter un jugement sur quiconque mais dans son fort intérieur elle le trouva vraiment egocentrique et imaginait sans peine le chagrin que ne tarderait pas à éprouver Eva. Une domestique à un bal? C'était peu plausible. Cette servante devait être très naive, ou Matteo très convainquant.

Isabella soupira et regarda le jeune homme s'éloigner en se promettant de ne jamais se laisser embobiner, puis elle se rappela à ses devoirs et pénétra dans la demeure de ses maîtres.
Il y avait beaucoup de préparatifs à faire, et, se souvînt-elle, elle avait promis à la princesse Tannucia de lui apporter du thé.
Alors qu'elle pensait à la princesse, elle vit celle ci arriver en direction de l'embarcadère, sublimement vêtue, belle à couper le souffle.

Isabella leva vers elle des yeux empreints d'admiration puis, quand elle croisa son regard, les baissa en rougissant, attendant qu'elle la rejoigne et lui donne éventuellement des ordres...
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Tannucci
Invité



MessageSujet: Re: Embarcadère   Jeu 12 Jan - 19:42

[Appartements de la Princesse - Cabinet de toilette]

La Princesse avait traversé les interminables couloirs, passant devant d'innombrables pièces, jetant des regards hautains aux tableaux qui la toisaient. Pour qui se prenait ce gentilhomme à la forte corpulence pour la regarder ainsi, il était profondément laid. Avait-il vécu dans ce splendide palais ? Rien que de penser qu'il avait pu fouler ces tapis donna des frissons à Tannuccia qui chassa ces infâmes pensées. Elle compara sa robe à celles des belles dames qui trônaient dans les cadres dorés. Elle était fort bien vêtue, ce fut sa conclusion. Son père avait un goût sûr quand il choisissait des mises afin de la gâter.
Elle se pressa, descendit à toutes vitesse la volée d'escaliers qui la menait au grand hall, jeta quelques regards suspicieux autour d'elle et continua sa route. Elle épousseta à nouveau sa robe, rabattit sa capuche sur sa tête et ouvrit les grandes portes qui firent entrer un vicieux courant d'air froid qui pénétra insidieusement dans le corsage de la demoiselle afin de laisser une trace gelée sur sa gorge nue.

Au loin elle aperçut une gondole qui arrivait à l'embarcadère sans arriver à distinguer les visages des personnes présentes à bord. Pourtant elle crut reconnaître Matteo. Celui-ci était accompagné d'une fille de rien à en juger par sa tenue. Elle s'avança en direction des deux personnes qui s'avérèrent être effectivement Matteo en compagnie de la petite servante de tout à l'heure. C'était très inconvenant. Isabella avait laissé glisser son regard dans celui de la Princesse qui la regarda avec une presque ironie en esquissant un sourire.


*Humf... Quel dommage que tu ne puisses jamais t'habiller de la sorte... Ah cruelle existence n'est-il pas ?*

Le regard de la petite servante n'avait pas tenu bien longtemps, aussi n'était-elle déjà plus intéressante. Elle s'avança vers Matteo (et par conséquent Isabella mais rappelons son peu d'importance) l'air digne et lointain. Elle lui adressa un sourire empreint de chaleur et hocha la tête en signe de bonsoir.

"Tiens, Matteo ! Votre journée a-t-elle été agréable ? Vos compagnies se sont-elles révélées à la hauteur de votre personne ? Ce médecin par exemple. Enfin... À vrai dire cela ne m'intéresse pas. Je voulais savoir si vous vous rendiez à la réception chez les Adorasti. En ce cas hâtez-vous de vous préparer, la galanterie fait qu'il ne faut pas faire languir une dame."

Tannuccia adressa un sourire provocateur au jeune homme. À vrai dire, elle ne tenait pas à attendre seule ici. Finalement elle s'était pressée pour rien. Elle regarda la servante toujours postée à ses côtés attendant probablement des ordres. Elle la regarda en la dévisageant puis se souvint de quelque chose et déclara d'un ton mielleux :

"Vous avez meilleure mine Mademoiselle... Et j'ai froid. J'aurais grand besoin d'une tisane pour me réchauffer. Et je n'ai pas l'envie de retourner à l'intérieur, je vous attendrai ici. Hâtez-vous, je voudrais que la tisane soit brûlante lorsque vous me la porterez ici."

La Princesse resserra sa cape sur ses épaules avant qu'un coup de vent ne vienne en rabattre la capuche dévoilant mieux son visage dégagé par une coiffure élaborée où se mêlaient des perles. Elle frissona puis regarda l'eau miroitante dans laquelle se reflétaient les maisons, la gondole et le gondolier. Elle entr'aperçevait son visage, elle détestait l'eau pour ça. L'eau déformait mais était bien plus honnête que les miroirs. Elle était affreuse dans ce miroir naturel, c'est toute son âme qui était mise à nue.
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Matteo Salvanti
Homme de Main - Ca'Grazziano


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MessageSujet: Re: Embarcadère   Lun 16 Jan - 4:11

L’arrivée de Tannuccia détourna momentanément Matteo de sa préoccupation du moment, soit convaincre Isabella qu’il était une nature sensible et romantique, peu sûre d’elle-même et de ses conquêtes amoureuses. Imitant la Princesse, il ignora dès lors la présence de la domestique pour ne concentrer ses efforts que sur la nouvelle venue. L’étiquette voulait que les domestiques ne soient bien souvent que des éléments du décor, esthétiques parfois, d’autres non. On se souvenait miraculeusement de leur présence lorsqu’une course de dernière minute devait être effectuée.

« Princesse, aucune compagnie n’aurait pu égaler la vôtre, je vous l’assure. Le Caffé Florian a perdu tout de son éclat lorsque vous l’avez quitté, » susurra le blond en guise de salutations, une fois que la jeune femme les eût rejoints.

Il fut légèrement surpris, voire dépité quand on lui apprit indirectement que la Ca’Grazziano était déjà au courant qu’une fête se tenait ce soir. Il aurait voulu être le premier à annoncer la nouvelle et ainsi recevoir les compliments de son maître. Qu’à cela ne tienne, il pourrait au moins déclarer avoir discuté avec le Prince Elio Lacryma Adorasti. Sans le savoir, bien sûr, mais ce serait un tout petit détail à omettre dans son compte-rendu.


« J’ai effectivement été invité à la réception, Princesse. Je constate par vos atours que c’est également votre cas… À moins que beauté n’ait point encore atteint son zénith, que je ne pourrai admirer que ce soir? »

Il exécuta une courbette élégante pour souligner ses paroles, pour ensuite déclarer :

« Je comptais d’ailleurs informer le Prince Ugo de l’invitation que j’ai reçue. Sauriez-vous où se il trouve en ce moment même? »

Il fit totalement abstraction de la servante et des ordres qui lui furent donnés. En la présence d'une Princesse, il ne fallait s'adresser en premier lieu qu'à cette dite Princesse, qui plus est, lorsque celle-ci possédait la beauté de Tannuccia, qui aurait éclipsé nobles de tout acabit par son tempérament de feu.
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Isabella
Invité



MessageSujet: Re: Embarcadère   Lun 16 Jan - 10:44

Isabella avait gardé un visage totalement impassible quand Matteo lui avait joué son petit numéro. Naïve, elle l'était, et elle hésitait intérieurement à croire à ses bonniement. C'est qu'elle se serait bien laissée embobiner notre petite Isabella, bien qu'elle se garda d'en montrer quoi que ce soit, toute occupée à garder la place qui était la sienne, celle d'une petite servante qui ne devait point interférer avec les grands de ce monde. Cette histoire exacerbait son imagination romanesque, se pouvait-il qu'un pareil amour soit possible, ici, à Venise ? Un gentilhomme de haut nom avec une servante ? Pourrait-elle elle aussi vivre un jour pareille histoire ?
Ceci dit quand Matteo s'adressa à la princesse Tannucia, l'ignorant superbement, ce qui n'avait rien d'étonnant, Isabella se réprimanda intérieurement.


*Cesse de rêvasser ma fille, et contente toi de faire ton travail comme il se doit.*

Elle fit une discrète révérence à Matteo puis à la princesse, et répondit avec empressement :

"Tout de suite ma Dame..."

Et s'en fut à petits pas pressés vers la cuisine pour lui chercher sa tisane. La froideur de Tannucia ne l'avait pas choquée, elle considérait cela comme tout à fait normal. Elle n'était là que pour la servir, et le ferait avec toute la dévotion dont elle était capable.

[Cuisine]

(Je vous laisse poster avant de revenir !)
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Orfeo Ciriaco
Saltimbanque


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MessageSujet: Re: Embarcadère   Mer 18 Jan - 19:07

[La Bibliothèque]

Orfeo avait pris son temps dans les couloirs qui le ramenaient vers la sortie. Il avait laissé ses pas le perdre dans les pièces qu'il savait privées, y croisant de jolies petites servantes au regard effronté. Sa main avait caressé amoureusement le bois precieux des lambris et son pas s'était fait glissant sur les tapis chatoyants, comme dans un rève, les yeux mi-clos pour profiter encore de l'instant.
Il était arrivé dans le hall, et s'était mesuré aux regards orgueilleux des gentilhommes qui le toisaient depuis la toile de leurs portraits
.

"Vous êtes riches, et fiers et plein de morgue Mes Seigneurs, vous êtes parés comme des donzelles et vous êtes... Morts ! Et moi, tout saltimbanque et crève la faim que je sois, je suis vivant et je foule de mon pas indigne les tapis de votre demeure !"

Ses mots avaient résonné dans le hall désert et il avait éclaté d'un grand rire frais et enfantin, tournant sur lui-même en une petite pirouette de comédie.

"Et même... Je suis invité par le Prince en personne à revenir demain, et je vous narguerai encore et tant qu'il me plaira !"

Il avait ouvert la porte donnant sur l'embarcadère, le regard tourné vers les tableaux et avait lancé en arrière un dernier...

"Car tel est mon bon plaisir !"

... Avant de refermer la porte et de sortir dans le froid humide en ajustant ses mitaines, inconscient des personnes qui se trouvaient là.
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Tannucci
Invité



MessageSujet: Re: Embarcadère   Jeu 19 Jan - 14:55

Tannuccia ne put s'empêcher de rire aux paroles du frivole Matteo.Non pas qu'elle n'aime pas être flattée, bien au contraire, mais sa façon à lui de flagorner était si...cocasse. Il fallait qu'il rayonne au travers des compliments lancés aux autres. Tannuccia aurait presque été prête à parier que Matteo était brun au départ mais que le fait de complimenter les gens l'avait décoloré afin de lui donner cette couleur blonde lumineuse comme le soleil.

Elle écouta l'intégralité de ses paroles. Ô combien il était charmant, il les aurait informé de la réception. Il avait été au courant avant elle ? Cela lui déplaisait malgré tout. Preuve qu'elle était loin de s'être intégrée à Venise. Ce soir serait le moment parfait pour tisser des liens...intéressants.


-"Allons, allons Matteo. Nous nous connaissons désormais, vous n'avez plus besoin de me flatter de la sorte pour que je vous adresse la parole. Vous êtes si charmant que je pense, qu'il n'est nul besoin que je sois là pour que le Caffé Florian ne soit illuminé. D'autre part les personnalités qui s'y trouvaient ne devaient pas être de piètres compagnies. J'ai même cru entr'aperçevoir une lueur de convoitise dans vos prunelles bleues outremer."

La main de la Princesse vint se déposer sur la joue du jeune homme et ses yeux plongèrent dans ceux du jeune homme. Elle lui adressa un sourire enjoleur en respirant son odeur virile et douce.

-"Comme celle-ci... Vous sentez bon Monsieur."

Elle s'éloigna de lui et réfléchit quelques instants avant de se retourner et de lui faire face en souriant.

-"Je ne peux malheureusement pas faire mieux quant à ma beauté." répondit-elle presque timidement avec modestie. " Et en ce qui concerne le Prince je ne l'ai pas vu depuis ce matin. Je fus informée de la réception par le biais d'une soubrette. Pardonnez moi."

Tannuccia chercha du regard Isabella puis elle se rappela que cette dernière était partie aux cuisines lui chercher un infusion. Elle ne l'avait pas salué, quel manque de politesse; Matteo qui lui faisait la cour quelques moments auparavant semblait l'avoir totalement ignorée et oubliée. Juan l'aurait appelé Don Juan comme dans son pays. La Princesse se jura de se montrer plus agréable avec cette petite servante désormais. Cela pouvait toujours servir.
Tannuccia aperçut une silhouette inconnue qui approchait. Elle scruta un instant l'obscurité afin de discerner le visage du jeune homme puis abandonna et regarda Matteo en lui souriant moqueusement.


-" Qu'attendez-vous pour aller vous préparer et raconter votre journée au Prince Monsieur Salvanti ?"
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Lun 23 Jan - 1:58

Jamais à court de bons mots, Matteo s’empressa de répliquer à son exquise interlocutrice qui lui assurait qu’il n’avait nul besoin de la louer pour attirer son attention.

« Princesse, plus j’apprends à faire votre délicieuse connaissance, plus je me vois dans l’obligation de vous complimenter sur votre esprit et votre grâce. Car, voyez-vous, vous êtes de ces femmes qui, loin d’épuiser tout leur charme aux premières rencontres, sont source d’émerveillement inépuisable. Jamais ne pourrai-je cesser de vous flatter, car jamais votre beauté ne cessera-t-elle de m’éblouir… ce qui ne vous rend que d’autant plus désirable, bien évidemment, chère, ô chère Princesse. »

Il termina sa tirade par une révérence galante. Flatter lui était facile, surtout lorsqu’il s’agissait d’une créature telle que Tannuccia qu’il pouvait couvrir d’éloges en toute sincérité. La main de la jeune femme contre sa joue ainsi que le commentaire qu’elle porta le fit sourire. Tout comme il se plaisait à souligner les charmes d’un autre, il appréciait qu’on reconnaisse également le sien, dont il était parfaitement conscient.

« Je n’attendais à ce que vous me chassiez, Princesse, car je n’arriverais à me soustraire de votre envoûtante présence que par la force. »

Une dernière courbette, puis le blond se dirigeait vers le grand hall. La porte s’ouvrit alors pour révéler… son damoiseau défaillant du Caffé Florian. Écarquillant les yeux, Matteo bloqua instinctivement le passage à sa trouvaille inusitée pour s’exclamer :

« Mais qui voilà! N’est-ce point mon patient du Caffé Florian? »

Le hasard faisait décidément bien les choses! Que de rencontres enrichissantes avait-il pu faire en cette seule journée : le Prince Elio, Monsieur degli Albizzi, la Princesse Tannuccia, Maître Barrozi, la sublime Graziella Rivieri… et maintenant, cet Ange qui lui était tombé dans les bras, quelques heures plus tôt!

« Comment vous portez-vous, jeune homme? Ne craignez-vous pas de prendre froid à sortir ainsi peu couvert? Allons, rentrez, immédiatement, je ne tolérerai pas de vous voir souffrant de nouveau... »

Se rappelant soudainement qu’il devait se rendre auprès du signor degli Albizzi, puis du Prince de tout urgence, l’homme de main dut trancher entre ses devoirs et ses plaisirs. Avec un léger soupir, il dut se résoudre à laisser filer son cher petit malade.

« Pardonnez-moi, mais il me faut déjà vous quitter, annonça-t-il avec regret. mais jamais deux sans trois, n'est-ce pas? Le Seigneur - qu'Il soit loué - a bien voulu croiser nos routes par deux fois. Un troisième rendez-vous est donc de mise! »

Sur ces paroles teintées d'optimisme, il s'en fut dans l'intention de retrouver Iago degli Albizzi.

[Chambre de Iago]

(le tour de post pour ce sujet est : Isabella, Orfeo, Tannuccia )
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Isabella
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Ven 27 Jan - 9:45

La tasse brûlante entre les mains, Isabella parcourrait les couloirs du plus vite qu'elle le pouvait, tâchant de ne pas laisser refroidir le précieux breuvage commandé par Tannucia.
Ses doigts gourds et rougis par le froid se réchauffaient au contact de la porcelaine et ne tardèrent pas à la piccoter, jusqu'à ce que la sensation de châleur devienne insupportable.
L'emarcadère était en vue, il n'était plus temps de flancher et la servant pria pour que la princesse ne la fasse pas trop patienter avant de prendre sa tisane.
Voilà qu'elle frahcnissait les portes. Tannucia l'attendait, Matteo était parti courtiser sur d'autres rivages, et un homme qu'elle n'avait pas encore rencontré venait apparament d'arriver.

Isabella quitta sa démarche précipitée pour prendre un pas mesuré de circonstance, baissant les yeux comme son rang le lui commandait.

Prenant garde à ne pas renverser une goûte de la tisanne fumante, Isabella salua respectueusement les deux personnes et dit d'une petite voix :


"Pardon de vous déranger monsieur, Ma Dame, voici la tisanne que vous m'avez demandée."

Elle releva les yeux vers Tannucia qui était décidément d'une éclatante beauté et tendit la tasse. Le froid avait fait son office et la brûlure lui semblait moins cuisante. Ou bien étaient-ce ses doigts qui commençaient à perdre de leur sensibilité? Peu importe. L'homme qui se trouvait près de Tannucia devait lui aussi être une personne importante, quoi que son acoutrement lui paraissait plus extravagant que riche. Tous les grands de cette ville avaient-ils tous été à ce point bénis des dieux pour montrer une si grande beauté? Isabella se rappela la bedaine disgracieuse et le visage marqué des rides de la cupidité de son précédent maître et chassa avec dégoût la sensation encore vivace de sa main posée sur sa cuisse à l'époque où il la convoitait, jusqu'à ce qu'elle décide de quitter son service.
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Orfeo Ciriaco
Saltimbanque


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MessageSujet: Re: Embarcadère   Sam 28 Jan - 23:23

Alors qu'il s'avançait et que la lourde porte commençait de se refermer derrière lui, un homme s'approcha qu'il ne reconnut pas et il resta interloqué en entendant ses paroles.
Son patient ?
Il se souvenait du visage du médecin à qui il avait subtilisé sa montre et le petit carton qui l'avait amené devant la Ca'Adorasti, et il était tout à fait différent de celui qu'il avait en face de lui.
Il allait faire part de son étonnement quand le gentilhomme, aprés une pirouette verbale, poussa la porte avant qu'elle ne soit tout à fait refermée et disparut de sa vue.

Il allait essayer de s'eclipser sans être vu de la dame qui se tenait là quand une servante surgit derriere lui, et le salua.
Décidement, le personnel de ce palais était particulièrement distrayant. Outre l'intendante, qui l'avait soupçonné d'il ne savait trop quoi et avait s'était montrée fort curieuse, voici à présent que cette servante lui montrait un respect inhabituel alors que dans toute autre maison il eut été chassé comme un vaurien sitôt sa mission menée à bien.

Le service aussi semblait laisser à désirer. Même la plus ignorante des filles d'auberge n'aurait pas tenu une tasse ainsi au risque de se brûler, ce qui le fit sourire de toutes ses dents avant de filer sans un mot, son incursion dans le monde d'en haut serait bientôt terminée et il n'en était pas vraiment mécontent
.

[Ca'Adorasti]
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Tannucci
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Dim 12 Fév - 12:24

Comme tous les passants, qui passent, qu'on regarde et qui finissent par s'éclipser et de notre vue, et de notre mémoire, le petit pantin fantasque et volubile qui venait de sortir de la demeure, passa, et disparut. Il n'avait pas, de son souffle brûlant, fait danser les flocons en adressant à la Princesse ne serait-ce qu'une salutation, et elle n'avait pas tenté de l'arrêter ou de le réprimander pour n'avoir pas salué une personne de sa qualité.
Cela n'avait au fond que peu d'importance car Tannuccia n'avait, au fond, mais alors très au fond, que peu d'importance. Une Princesse romaine dans Venise, le comble de l'inutilité. Ce n'était pas drôle, vraiment pas drôle, et pourtant cela fit rire la Princesse. Qu'il était drôle de se sentir inutile et seule, c'était si exaltant mais ça, personne ne pouvait s'en douter, il n'y avait guère qu'elle pour avoir remarqué cela.

Tannuccia frotta vigoureusement ses mains l'une contre l'autre, fit claquer ses doigts rouges et engourdis avant de se souvenir qu'une paire de gants fourrés n'attendait que ses mains divines. Elle la sortit et l'enfila sentant avec délice la chaleur embraser ses doigts. Ce n'était malheureusement qu'un maigre réconfort.

Elle avait passé une journée morne et d'une platitude à en faire pâlir les planches à pain, si tant est que les planches à pain eûssent pu pâlir. Les quelques rencontres n'avaient réussi qu'à combler à la manière de blancs battus en neige ou tout simplement de neige, le vide de son existence. Ces gens qui virevoltaient, puis qui disparaissaient, ces petites marionnettes, dont les fils s'entrelacaient habilement pour, habilement se défaire à une vitesse absurde. Ce dont avait besoin la Princesse, ce fut de quelque chose de concret, un bloc de glace pour combler ce gouffre glacé, quelque chose de solide, de dur, de compact. Jamais elle ne l'avouerait, jamais elle ne voudrait se l'avouer, ce fut faire preuve de faiblesse. Faire preuve d'humanité aussi...

Elle éclata de rire, chassant une goutte d'eau égarée sur sa joue, la vilaine. Dieu qu'elle était misérable et faible, Dieu qu'elle était jeune aussi. Elle aurait dû être mariée à cet âge-là mais non, elle était seule, seule et odieuse. Elle gloussa encore une fois, en fait ça l'amusait plus qu'autre chose. C'était risible.

Avec soulagement Tannuccia vit arriver la petite servant, sa silhouette sombre se découpant sur la neige comme une tâche sur un blanc manteau d'hermine. Tannuccia s'avança à sa rencontre afin de prendre la tasse. Sa main eut un geste de recul. Elle regarda la tasse, puis la servante pour revenir sur la tasse. Seule aussi, nue, abandonnée. Comme pour lui rappeler ce qu'elle était.


-" Hum...C'est...très inconvenant."

Le ton glacé et le calme de la Princesse n'auguraient rien de bon. Elle laissa un lourd silence s'installer, affichant un petite sourire doucereux.

Et sans prévenir, donna un grand coup à la tasse, qui valsa un instant dans les airs avec quelques flocons, figeant le temps sur trois avant de retomber sur le sol avec éclat, déversant le liquide brûlant comme le ferait un volcan. Un grande flaque s'étendit sur le sol.Puis brisant le silence comme la faïence fracturée sur le sol, la voix de Tannuccia d'abord calme et douce, puis tranchante, presque sauvage résonna :


-"Savez-vous Mademoiselle où vous avez failli ?"

Elle marqua un temps, lourd. La petite servante n'avait pas la parole, Tannuccia lui faisait comprendre que tout ce qu'elle pourrait dire serait retenu contre elle.

-" Il est impensable qu'Ugo ait choisi pour soubrette, une fille qui commet une faute pareille. Désirez-vous que par votre faute, nous nous brûliions les doigts ? JE me brûle les doigts ? Vous, passe encore, enfin vous auriez pu l'éviter. Ne pensez pas que je me soucie de vous, à vrai dire je m'en fiche, ce que j'ai dit était là simplement pour vous prouver MON bon sens et VOTRE bétise.

Cette tasse est brisée, c'était inévitable. Inéluctable. Bien qu'ayant des gants, surprise par la chaleur de cette dernière, je l'aurais lâchée et elle serait allée s'écraser par terre, comme il y a quelque minutes, lorsque vous l'avez... laissée tomber. Vous voyez bien qu'elle était trop chaude. Elle était hideuse je l'admets enfin, ce n'est pas une raison. À moins que votre but ne soit de toutes les casser en commettant chaque fois une erreur de cette envergure ? Risquant ainsi votre place."

Tannuccia tourna le dos à la servante, à vrai dire elle n'était pas vraiment en colère, elle avait juste besoin de quelque motif afin de cracher son venin. Elle fit volte-face prestement et s'avança vers la servante, plongeant ses yeux dans les siens et attranpant son menton sans douceur.

-" Ou bien vous vouliez que JE me brûle. Punition peut-être ? La soubrette justicière ?

Quoiqu'il en soit... J'ai le choix. Je pourrais aller raconter cet incident au Prince, qui, bon comme il est vous pardonnera, bien que je ne doute pas que vous serez blâmée tout de même. Ou bien je me tais et à ce moment-là, vous me devez quelque chose... Ne mez regardez pas comme ça enfin ! Notre monde est régi de la sorte, je n'en suis qu'un des pantins conditionnés. Enfin ceci c'est un autre sujet et si vous voulez que l'on en parle, vous n'aurez qu'à me rendre visite dans ma suite."

Tannuccia lâcha le menton d'Isabella et recula puis la toisant en souriant elle ajouta avec légèreté :

-"Que voulez-vous faire ?"
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Embarcadère

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