AccueilAccueil  ­FAQFAQ  ­RechercherRechercher  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­MembresMembres  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 La Salle d'Armes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Mila Scarlatti
Maître d'Armes - Ca'Grazziano


Nombre de messages: 51
Date d'inscription: 02/09/2007

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Mar 4 Déc - 23:57

Diverses expressions affectèrent les traits de Iago. Mila en discerna quelques unes, mais seule la lueur rageuse qui scintillait au fond de ses yeux l’intrigua. Il avait eu la faiblesse de se livrer, et elle, l’audace d’écouter. Sans doute regrettait il à présent, et la maudissait il d’avoir été témoin de cet abandon.

Un sourire s’esquissa sur le bord de ses lèvres alors qu’il lui demandait de ne pas mentir. Belle initiative. Elle était en effet lassée de se dissimuler derrière les convenances. Elle s’appuya nonchalamment contre la large table de bois, enfonçant son regard vif et perçant dans celui de Iago.


« Vous avez raison, je ne comprends pas. Pourquoi être venu ici, Monsieur ? Qu’espériez vous ? »

Mila se redressa. Quelques pas la portèrent face à Iago, tout près. Ses sourcils se froncèrent légèrement. S’ils avaient été amis, elle l’aurait encouragé d’un regard compatissant, soutenu d’une parole affable, peut être même aurait elle passé un bras bienveillant autour de ses épaules. Mais elle n’était ni son amie, ni l’amie de personne. Elle n’aimait pas les attaches et peinait réellement à comprendre toutes ces foules qui se liaient. Tout cela n’était que contrainte pour elle. Et elle n’aimait pas s’encombrer d’obligations. Elle préférait encore le froid de la solitude à la chaleur d’une étreinte qui réconforte. Voilà pourquoi elle ne comprenait pas. Mais bien sûr, elle ne révéla rien de tout cela à Iago, car cela aurait été trop lui céder. Aussi ne manifesta t elle que glace à son interlocuteur. S’il elle ne comprenait pas, peut être, lui, comprendrait il enfin…

« Il ne m’appartient pas de soulager vos tourments. Si c’est ce que vous êtes venu chercher dans cette salle, alors cherchez ailleurs. »

Lorsque la querelle opposant les deux maisons fut abordée, elle n’apprécia guère sa remarque et encore moins le ton sarcastique sur lequel elle avait été soufflée. Cependant, Iago n’avait pas tout à fait tort. Les soupçons ont vite fait d’accabler les ennemis les plus avérés, parfois au détriment de la vérité.

« Vous marquez un point. Le Prince Adorasti est la cible la plus facile à accuser. Cependant, il serait encore plus facile de l’écarter en usant de ce prétexte.»

Mila se détourna, et alla de nouveau se figer devant les grandes fenêtres sur lesquelles se reflétait la silhouette de Iago qu’elle scrutait, ignorant la splendeur des jardins, encore magnifiée par un soleil généreux.
Samuele…Si Iago se permettait de le nommer ainsi, c’est qu’il devait en être assez proche. Elle repensa à son silence concernant la dague. Elle hésitait à présent à lui en livrer le détail. Elle baissa le regard, soupira, puis regagna sa place près de la table. Attrapant une dague, elle sculpta le dessin de la panthère dressée et couronnée. Une fois, le dessin achevé, elle souffla pour ôter la poussière et se tourna vers Iago.


« Approchez je vous prie. »

Elle s’écarta et indiqua l’ébauche de la main.

« Connaissez vous cet emblème ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano


Nombre de messages: 270
Date d'inscription: 23/05/2005

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Mer 5 Déc - 22:09

Aux premières questions, Iago avait répondu en grommelant, sans chercher à se faire réellement comprendre puisque la jeune femme était en train de s’affairer autour de la table à graver on ne sait trop quoi, qu’il n’était venu dans la Salle d’arme que parce que ses pas l’y avaient conduit. Qu’il n’attendait rien de personne depuis longtemps, qu’il n’espérait rien depuis très longtemps aussi, et qu’il ne cherchait rien. Qu’il s’était contenter de lui répondre quand elle lui avait demandé qui était Matteo, même si, certes, il s’était peut-être un peu laissé aller dans la réponse. Qu’il ne lui avait jamais rien demandé, et surtout pas de soulager ses tourments, étant donné que, s’il avait vraiment des tourments, il n’y aurait sans doute personne sur terre pour les soulager. Qu’il ne voyait vraiment pas à quel moment de son discours elle avait pu avoir une idée aussi tordue. Et que si elle voulait bien, il ne serait sans doute pas plus mal qu’à l’avenir elle évite d’essayer de deviner ses pensées, parce que les chances qu’elle tombe juste était sans doute de la même proportion que celles que la lune tombe sur la terre.

Néanmoins, il s’approcha qu’en elle le lui demanda et regarda la gravure sur la table.

La demoiselle Scarlatti n’avait visiblement aucun talent poussé pour les arts (c’est ce que Iago pensa mais décida d’omettre dans son discours), mais on reconnaissait quand même quelque chose. Iago fronça les sourcils. Et pointa du doigt la table puis la forme animale.


"D’argent ? A la panthère de sable couronnée du même ?"

Il haussa un sourcil ironique.

"Vous vous moquez de moi peut-être ? Vous me posez soi-disant innocemment une question sur les Adorasti, et puis vous vous amusez à me montrer cela juste après ? Et ce serait par pure coïncidence qu’il s’agit justement du blason des Adorasti ? Mais…"

Iago avait légèrement froncé les sourcils, il ne comprenait pas pourquoi Mila se mettait à lui faire une esquisse du blason d’Elio, et cherchait tout en parlant, jusqu’à ce qu’une hypothèse valable lui traverse l’esprit.

"Oh… oh… Vous avez vu la dague en fait, n’est-ce pas ? Et elle était aux armes des Adorasti… mais ce n’est pas possible…"

Il laissa sa phrase en suspend. Sa théorie avait un autre trou, pourquoi Mila lui aurait-elle posé des questions sur les Adorasti si elle n’avait pas fait elle-même le lien entre les armes et la famille ? Mais dans ce cas, pourquoi lui posait-elle des questions sur le blason ? Iago s’embrouillait lui-même.

_________________
Honest Iago...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mila Scarlatti
Maître d'Armes - Ca'Grazziano


Nombre de messages: 51
Date d'inscription: 02/09/2007

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Mer 5 Déc - 23:49

« Comment ? »

Le regard de Mila s’écarquilla, observant tour à tour l’ébauche maladroite et Iago.
Le blason…des Adorasti… ?
Elle était si perplexe qu’elle mordillait frénétiquement sa lèvre inférieure, perdue entre ses théories qui s’effondraient et le discours hasardeux de Iago. Diable ! Que cet homme était difficile à comprendre…La croyait il assez torturée pour concevoir une stratégie aussi tordue pour obtenir des réponses ?

Mila soupira, mais décida de ne pas hurler son « innocence », craignant de s’enliser dans un débat sans fin.


« Vous dites que ce blason est celui des Adorasti ? »

Elle fit un effort laborieux pour forcer sa concentration qui s’était quelque peu altérée sous l’effet de l’étonnement, et acquiesça d’un lent hochement de tête à la question de Iago.

« Oui, j’ai bien vu cette dague. Une panthère noire, debout et couronnée, sur un fond argent. »

Elle se détourna et fit les cent pas autour de la table, les yeux baissés, ses doigts tapotant nerveusement le bord de bois, puis s’arrêta soudainement devant Iago.

« Non, ça ne va pas. Trop facile, trop évident. Si la main coupable était celle d’un Adorasti, celui ci n’aurait certainement pas laissé une preuve aussi accablante plantée dans la poitrine de Mateo… Nous cherchons dans la mauvaise direction. »

Elle attrapa de nouveau la dague et taillada sa piètre sculpture de manière à la rendre méconnaissable.
Son regard profond, presque transperçant se figea dans celui de Iago.


« L’assassin savait ce qu’il faisait en exposant ainsi la dague. Il voulait incriminer les Adorasti…Ou alors, cherchait il juste à brouiller les pistes, à se protéger en orientant les recherches vers le coupable évident, l’ennemi éternel… »

Elle passa une main fébrile sur son front.

« Vous évoquiez tout à l’heure des ennemis bien plus vindicatifs que les Adorasti…Qui sont ils ? Et est ce que l’un d’entre eux aurait pu se procurer cette dague ? »

Le Maître d’armes se pencha au dessus de la table, y appuyant ses deux mains. Elle était dépitée. Cette dague, maintenant identifiée, soulevait davantage de questions qu’elle n’apportait de réponses.

« Il pourrait aussi bien s’agir d’une amante éconduite, ou d’un amant jaloux…Cela pourrait être n’importe qui…N’importe qui ayant eu accès aux armes des Adorasti… A moins que… »

Mila se redressa brusquement, et fixa quelques secondes Iago en silence. Il y avait d’autres pistes possibles…

« Le meurtrier a peut être été interrompu. Il n’a peut être pas fait exprès d’abandonner la dague. Et s’il a été surpris, c’est qu’il y a un témoin… »

Mila s’interrompit. Le plancher venait de craquer annonçant l’arrivée de quelqu’un. Son regard glissa lentement de Iago vers l’entrée de la salle d’armes. Elle fit discrètement signe à son interlocuteur de garder le silence, puis pencha la tête sur le côté, peinant encore à identifier ce nouvel arrivant…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Muzio Barrozi
Médecin


Nombre de messages: 724
Date d'inscription: 14/05/2005

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Jeu 6 Déc - 20:02

[Calle Bardini - La Maison du Conseiller-Astrologue - Etage Inférieur - Le Salon-Bibliothèque]

La clarté froide l'éblouissait un peu tandis qu'il marchait tranquillement, pensif. Muzio était un peu déçu par son entrevue avec l'astrologue. Il avait espéré, avec sans doute un brin d'idéalisme, que son voisin tomberait le masque face à lui. Il avait espéré moins de mauvaise foi chez Salvatore Chiavelli, et n'avait pas obtenu les paroles qu'il attendait. Jusqu'où pourrait aller le manque de scrupules de l'astrologue, voilà ce qui préoccupait Muzio à cet instant.

Puis ses pensées s'éparpillèrent un peu tandis qu'il longeait la Fenice. Il songea à ses patients récents, à ceux qu'il devait aller visiter bientôt, aux morts et aux naissances qui se profilaient.

Le médecin emmenait toujours sa trousse quand il se déplaçait. Souvent son emploi du temps était bousculé par un imprévu, mais il avait appris à s'adapter, voire à aimer ces appels inopinés. D'autant plus quand il s'agissait de naissances, car il était vrai que les urgences pouvaient réserver de mauvaises surprises. Bref, Muzio savait être absolument dans le moment présent tout en ayant conscience qu'il pouvait être suspendu à tout instant. Ce qui n'avait encore pas été le cas lors d'un cours d'armes.

Le médecin fut bientôt rendu Ca'Grazziano, où il était attendu. Dans l'entrée, il s'enquit de l'heure; il avait quelques minutes d'avance, mais il aurait été stupide de rester planté là.

Il s'arrêta un instant devant la porte entrouverte, hésita en entendant des voix. D'habitude le Maître était seule. Il se décida à franchir le seuil, faisant craquer le parquet d'une manière familière. Son visage s'éclaira quand il reconnut l'interlocuteur de Mila. Iago degli Albizzi était l'une des personnes que le médecin préférait rencontrer. Néanmoins les deux hôtes de la Ca'Grazziano semblaient soucieux, et quoique déposant sa trousse dans l'ombre de l'entrée, Muzio n'avança pas.


« Bonjour Maître, bonjour monsieur degli Albizzi. »

Il se tourna plus particulièrement vers Mila.

« Je suis un peu en avance, pardonnez-moi. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Azaria Mecerelli
Fiancée du Prince - Ca'Grazziano


Nombre de messages: 9
Statut: Personnage Supprimé
Date d'inscription: 22/11/2007

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Ven 7 Déc - 22:21

Premier post du Jeudi 5 Mars 1744


Quelle étrange idée avait décidément bien pu lui traverser l'esprit?
Telle était la question que la jeune femme s'était alors posée. Cette envie avait-elle été soudaine, ou bien avait-elle été le fruit de mûres réflexions? Azaria n'avait su que répondre à cette interrogation intérieure. Certes, elle avait cette idée depuis qu'elle avait appris que le maître d'armes était en réalité une femme. Cependant, le fait qu'une femme de sa condition puisse aspirer à recevoir un tel enseignement n'était pas chose courante, ou, tout du moins, cette dernière n'aboutissait que rarement à ce qu'elle désirait. Aurait-il été préférable de mettre le prince dans la confidence avant de prendre de telles initiatives? Elle ne savait guère. Elle était cependant certaine du fait qu'elle voulait aller jusqu'au bout de ses envies...

Afin de ne pas trop attirer les attentions sur ses allées et venues, elle avait tout d'abord prétexté désirer se promener un peu seule dans les jardins. Cela lui avait permis par la même occasion de justifier le long manteau dans lequel elle s'était enveloppée, dissimulant sa tenue peu habituelle pour une femme comme elle. Pour autant, tout n'avait pas été simple. Les servantes et les valets alors présents avaient tellement insisté pour qu'elle soit accompagnée que la napolitaine s'était vue obligée de se montrer ferme et catégorique. Cela lui avait néanmoins permis de parcourir les couloirs en toute tranquillité...

A quelques pas du lieu dont elle n'avait jamais franchi le seuil, la baronne marqua un arrêt. Elle fut bien étonnée de constater à quel point les battements de son coeur s'étaient si soudainement accélérés, avec quelle force ce coeur cognait contre sa poitrine. Son rythme respiratoire s'était également fait légèrement plus rapide que lors des minutes qui s'étaient précédemment écoulées. La jeune femme fronça finalement ses sombres sourcils tandis qu'une nouvelle interrogation lui martelait l'esprit. Etait-elle en train d'appréhender les différentes réactions que ses envies allaient certainement susciter?

Les bras croisés, les doigts tapotant nerveusement le tissu de son manteau, elle s'octroya quelques secondes afin de se ressaisir, après quoi, elle gagna la salle d'un pas déterminé, fermement décidée à poursuivre ce qu'elle avait prévu.
En dépit de sa détermination immense, elle fut bien surprise de constater qu'elle ne serait pas seule avec Mila Scarlatti. Ce sentiment fut durant quelques instants presque palpable, tant les yeux avec lesquels la napolitaine regardaient ceux qui l'entouraient étaient écarquillés.
Elle garda alors ses paupières closes avant de les rouvrir l'instant d'après. Un sourire aimable naquit alors sur son visage tandis qu'elle fixait tour à tour la femme, le médecin et le gentilhomme. Après s'être éclaircie la gorge, elle déclara d'une voix douce:


"Messieurs, Maître, je vous souhaite le bonjour."

Un petit rire s'échappa de ses lèvres, puis elle reprit:

"J'avoue que j'aurais cru vous voir seule, Maître. Si vous êtes trop occupée, je peux revenir vous voir plus tard, déranger n'est pas mon fort..."

_________________
Ma Fiche
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Muzio Barrozi
Médecin


Nombre de messages: 724
Date d'inscription: 14/05/2005

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Sam 8 Déc - 12:12

La salle d'armes devenait presque aussi fréquentée qu'un moulin. A peine avait-il fini de s'annoncer qu'une voix prit le relais derrière lui. Surpris, Muzio se retourna et se retrouva face à une très jolie jeune femme au port noble. Il la salua d'un signe de tête mais ne put guère poursuivre.

En effet, la servante qui l'avait introduit fit à son tour irruption dans la pièce, et vint lui chuchoter: "Maître, un serviteur de la Ca'Adorasti vous attend dans l'entrée; vous devez vous presser, la princesse Bianca est proche de la délivrance !". Le médecin se redressa brusquement et se tourna vers Mila:


« Je dois partir. »

Puis à tous:

« Je vous prie de m'excuser. »

Il s'inclina brièvement, hésita à ajouter un "Si vous croyez en Dieu, c'est le moment de le prier" mais ne le fit pas. Il se contenta d'un regard à Iago qui, il en était sûr, comprenait, et attrapa sa trousse. N'avait-il pas eu un pressentiment en arrivant ici ?


[Ca'Adorasti - L'Etage privé - Les Appartements de la Princesse - La Chambre de Bianca]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Pourpre
Du Bout des Doigts


Nombre de messages: 379
Statut: Admin
Date d'inscription: 11/04/2005

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Lun 10 Déc - 4:06

Le tour de post pour ce sujet est désormais libre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://loch-lurgainn-house.forumactif.com/
Mila Scarlatti
Maître d'Armes - Ca'Grazziano


Nombre de messages: 51
Date d'inscription: 02/09/2007

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Lun 10 Déc - 20:24

Le regard de Mila suivit la mallette abandonnée dans un coin par le médecin. Sa main glissa lentement jusqu’à son épaule., celle qu’il avait soignée avec adresse et délicatesse aussi…respectant les distances qu’elle avait imposées entre eux sans qu’elle ne prononçât le moindre mot, comme s’il avait compris d’instinct qu’elle n’aimait pas qu’on l’approche de trop près.
En appuyant un peu, elle réalisa que la douleur avait disparu, seule une légère cicatrice, parmi tant d’autres, lui rappellerait l’incident dont elle avait été victime.


« Vous n’avez rien à vous faire pardonner, Maître. Je crois même que vous êtes le seul à ne venir ici que pour le délice de tâter le fer… »

Elle adressa un regard malicieux à Iago.

« Ainsi donc, il aura fallu l’arrivée de Maître Barrozi pour que votre nom me soit enfin dévoilé Monsieur degli Albizzi. »

Bien qu’elle s’efforçât de paraître sereine, son regard trahissait une pointe d’anxiété. Elle ne parvenait pas à libérer ses pensées de Mateo. Et plus elle y réfléchissait, plus ses idées s’emmêlaient. C’était insupportable !
Elle balaya son exaspération d’un soupir, quand le plancher craqua de nouveau…Azaria Mecerelli, fiancée de l’aîné. Un sourire enthousiaste flatta les lèvres du Maître d’armes. Elle l’avait croisée plusieurs fois au détour d’un couloir, trop furtivement pour vraiment concevoir un jugement. Aussi profita t elle de cette venue absolument inattendue, voire surprenante, pour observer. C’est souvent par la femme qu’on découvre tout ce que l’homme cache, et il tardait à Mila d’en savoir plus sur le Prince aîné par le biais d’Azaria.


Elle inclina poliment la tête pour la saluer.

« Deux hommes ne suffiraient pas à m’occuper… » souffla t elle de sa voix rauque et chaude tout en taquinant Iago et Muzio du regard.

Elle s’approcha de la fiancée, se demandant ce qu'elle dissimulait sous ce long manteau qui ne dévoilait rien de sa silhouette.

« Entrez, je vous en prie.»

Craquement de plancher. Encore. Elle tourna la tête vers la servante qui froissait les plis de sa robe d’une main nerveuse tout en chuchotant quelques mots inaudibles à Muzio. Mila leva un sourcil curieux puis, accepta les excuses du médecin d’un battement de cils. Il semblait à présent tout aussi nerveux que la jeune servante. Si elle avait été seule, elle l’aurait sans doute rattrapée pour connaître le fin mot de l’histoire, mais elle n’était pas seule. Aussi pivota t elle vers Iago et Azaria.

« Bien…Il semble que mon cours soit annulé. L’un de vous souhaite t il profiter de ce désistement ? »

Son regard quitta Iago pour s’attarder sur Azaria. Elle était en effet bien curieuse de savoir ce qui avait amené le jeune femme à franchir le seuil de la salle d’armes…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Azaria Mecerelli
Fiancée du Prince - Ca'Grazziano


Nombre de messages: 9
Statut: Personnage Supprimé
Date d'inscription: 22/11/2007

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Lun 10 Déc - 22:34

Il n'était pas dans les habitudes d'Azaria d'être mal à l'aise. D'ordinaire, si elle jouait bien souvent la blanche colombe, elle ne paraissait pas moins assurée. Or en ce lieu, la napolitaine n'était pas dans son élément habituel, ce qui n'avait pas manqué de la décontenancer. Cependant, sa véritable personnalité refaisait surface, la jeune femme détestait l'idée de paraître craintive. Sa présence étonnait-elle les personnes ici présentes? Certainement, mais cela, semblait t-il, n'empêcha pas la maître d'armes de se montrer aimable à son égard. S'apercevant que son interlocutrice se dirigeait vers elle, son premier réflexe fut de faire quelques pas en arrière. Elle parvint cependant à réprimer ce geste à temps. Ses mains, doucement, se resserrèrent autour de son manteau.

Ce fut tel un agile félin que la napolitaine se détourna ensuite afin d'étudier le nouvel arrivant. Son regard, comparable à celui d'un animal sur la défensive, dévisagea la servante. Azaria n'était pas du genre à être ennuyée lorsqu'on la dérangeait. Or cette fois-ci faisait exception à la règle. La fiancée du prince s'était fixée un but déjà bien difficile d'atteinte sans qu'on ne vienne l'interrompre dans son élan.
Elle ne put donc s'empêcher de ressentir un sentiment de soulagement lorsqu'elle vit la servante se diriger vers l'un des deux hommes. Ce ne fut que lorsqu'elle le vit prendre sa trousse qu'elle réalisa qu'il s'agissait de Maître Barrozi, l'homme qui, lui avait-on dit, était parvenu à comprendre que la soeur de son fiancé était proche de la délivrance. La jeune femme fut donc satisfaite de pouvoir mettre un visage sur ce nom. Elle le regarda s'éloigner, puis redirigea son attention sur l'autre femme.

Mila Scarlatti était fascinante. Au milieu de ces armes, elle était comme un poisson dans l'eau.
Une eau dont Azaria mourrait d'envie d'y tremper son pied. Cependant, elle ne savait pas de quelle manière aborder le sujet qui la taraudait, et il paraissait évident que la présence d'une tiers personne n'était pas pour arranger sa situation. Aussi attendit t elle patiemment que l'un des deux autres individus tende une main qu'elle se promettait de saisir.
Vint alors la question de Mila. Loin de la jeune femme hésitante qu'elle avait été en franchissant le seuil de la salle, Azaria bondit sur l'occasion. D'une voix claire, elle déclara, sûre d'elle:


"Je suis pour ma part particulièrement intéressée."

Elle baissa la voix, puis s'arrêta quelques instants, certaine que sa réaction ne laisserait pas indifférente. Elle fixa ses interlocuteurs d'un regard dès lors brillant, puis reprit, de la même voix assurée:

"Je sais pertinemment qu'une telle demande n'est pas ordinaire. Je veux que vous sachiez que ma démarche est réfléchie. Il faut dire que j'y songe depuis que je connais l'existence de Maître Scarlatti. Je suis néanmoins ouverte à toutes remarques..."

Afin d'achever de lever le voile sur le mystère de sa présence, Azaria porta ses mains à son manteau, qu'elle fit glisser avant de le plier sur son avant bras, dévoilant ainsi une tenue d'homme, certainement "empruntée" à l'un des valets du palais. Puis Azaria fixa avec intensité Iago et Mila. Elle était prête à affronter tous types de remarques... même les plus désobligeantes...

_________________
Ma Fiche
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano


Nombre de messages: 270
Date d'inscription: 23/05/2005

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Mer 12 Déc - 15:21

En temps normal, effectivement, Iago n’eut pas manqué de faire une réflexion sur le fait que l’habit ne fait pas le moine et qu’une femme pouvait bien s’habiller en homme, elle n’en resterait pas moins un être inférieur, ou quelque chose de ce goût là. A moins qu’il n’ait fait remarquer à la fiancée de Samuele qu’apprendre à se battre en costume d’homme ne lui servirait de rien, puisque c’est habillée en femme qu’elle serait, peut-être, amenée à utiliser ses nouvelles connaissances.

Mais là, c’est à peine si Iago remarqua l’étrange accoutrement de la jeune femme. Il était encore plongé dans les paroles de Mila Scarlatti. Au moment où ils avaient été interrompus, Iago s’apprêtait à faire remarquer au maître d’armes que l’on ne pouvait en fait rien conclure de cette dague. Et il s’efforçait à faire de même, malgré son esprit qui cherchait à trouver toutes les solutions possibles à cette énigme.

Et puis il y avait eu Muzio qui était entré et ressorti au même instant. Et le regard qu’il lui avait lancé signifiait clairement qu’il était appelé chez les Adorasti, et il n’y avait qu’une seule raison à cela, Bianca allait avoir un enfant, et Elio allait être père.

Et cela était perturbant. Très perturbant.
Le premier mouvement de Iago avait été de courir après Muzio. Mais de quel droit pouvait-il être présent à un moment si important pour la famille Adorasti ? Et puis il y avait Samuele qui était parti voir sa sœur, et qui sans doute était toujours là-bas. Et l’idée de se trouver entre Samuele et Elio lui était très désagréable. D’autant plus que Samuele lui paraissait étrange ces derniers temps. Qu’il ne le reconnaissait plus tout à fait.

Tout cela fit que lorsque la fiancée de Samuele annonça sa résolution, Iago se contenta de répondre poliment comme si tout cela était très naturel.


"Je vous laisse la place, Madame. Je n’ai pour ma part aucune affection particulière envers ce genre d’exercices."

Iago s’installa sur un des bancs qui bordaient la salle. Il avait envie de réfléchir et n’avait pas envie de quitter la salle d’arme. Peut-être avait-il aussi une légère curiosité, une légère envie de voir comment Mila maniait l’épée après l’avoir vu jongler avec des mots.


(Comme le tour de post est libre, et pour que je ne gène pas le déroulement du "cours", vous pouvez pt'être jouer sans attendre à chaque fois le tour de Iago ? Je posterai dès qu’il y en aura besoin, mais peut-être pas à chaque tour, comme ça, vous pourrez aller plus vite aussi ^^’)

_________________
Honest Iago...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mila Scarlatti
Maître d'Armes - Ca'Grazziano


Nombre de messages: 51
Date d'inscription: 02/09/2007

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Mer 12 Déc - 20:19

« Ne vous justifiez pas. Je reçois qui vient à moi, avec un égal plaisir…»

Oh bien sûr, elle se savait sous les ordres du Prince qui avait tout pouvoir pour lui imposer le choix de ses élèves, mais Mila n’avait jamais été très obéissante. Elle tirait même un certain plaisir à contrarier toute autorité qui chercherait à s’imposer à elle, quelque soit le rang devant lequel elle devait se soumettre, elle ne cédait pas facilement ses libertés.

Mila fut interrompue dans ses réflexions par le manteau qu’Azaria venait d’ôter, dévoilant une tenue d’homme qui ressemblait fort à celle des valets de la maison. Elle salua l’audace d’un regard enchanté.


« Dois je vous craindre Madame ? Parce que s’il est dans vos habitudes de persécuter les valets, je n’ose imaginer ce qu’il en sera avec moi… »

Un sourire amusé sur les lèvres, elle se détourna et libéra plusieurs fleurets de leurs fourreaux afin de les tenir en mains, et d’apprécier la taille de la fusée qui devait être assez fine pour recevoir l’étreinte d’une main féminine. Ses sourcils jusque là froncés cédèrent à une expression satisfaite. Mila venait de trouver l’objet de ses recherches. Elle tendit le pommeau vers Azzaria, et observa avec attention la manière dont elle allait s’en saisir.

C’est à cet instant que la voix de Iago résonna. Une fois encore, Mila sursauta. Toute occupée qu’elle l’était avec Azaria, elle en avait presque oublié la présence Iago dont le bavardage la déconcerta au plus haut point.


« Voyez vous, Madame, comme il est aisé d’inverser les rôles…L’homme contemple et la femme combat. »

Elle adressa un sourire en coin à Iago. Si son fer était aussi nerveux que sa langue, mieux valait effectivement qu’il ne participe pas. Cependant, elle ne lui en fit pas la remarque. Elle le devinait encore troublé par leur échange, et préféra détourner son regard de lui afin de ne pas être contaminée par son inquiétude. Quelques instants de plaisir s’offraient à elle, et pour rien au monde elle ne les aurait négligés.

Elle saisit donc son fleuret de bois et salua Azaria, l’invitant ainsi à imiter le geste.


« Ne visez pas les yeux, dirigez la pointe de votre lame vers le nombril de votre adversaire, ainsi, il vous sera plus facile de parer toute attaque, qu’elle vienne par le haut ou par le bas. »

La lame de bois taquina la lame de fer. Un simple battement, mais sec, vif, afin d’évaluer les réactions d’Azaria.

« Regardez moi. »

Mila n’appartenait pas à cette catégorie de Maîtres d’armes qui devaient tout savoir, et surtout montrer qu’il savaient tout, allant parfois jusqu’à faire s’incliner les vocations les plus prononcées, en les noyants dans un dédale de termes techniques les plus pompeux qui soient. Elle privilégiait l'instinct qui maintient en vie, et l'intuition qui devine l'autre. Aussi ses méthodes furent elles souvent décriées par les « savants » qui passaient davantage de temps dans les salons à disserter sur l’art du combat qu’en salle à se frotter à un novice qui d’un coup heureux aurait pu les décapiter.

« Les yeux de votre adversaire vous révéleront tout ce que vous devez savoir. Si son regard est empli de rage, profitez de cet avantage, car la colère distrait le jugement et crispe les réflexes, s’il est chargé d’assurance et de mépris, c’est qu’il vous sous-estime et un épéiste qui sous-estime son adversaire et souvent un épéiste mort…Si par contre, ses yeux ne trahissent aucune émotion, alors…inquiétez vous. Car seul un adversaire qui sait maîtriser les sentiments qui l’animent peut s’avérer dangereux. »

Elle pointa sa lame sur la main d’Azaria.

« Desserrez votre étreinte, elle aussi peut trahir votre nervosité. De plus une main trop crispée sera trop réactive. »

Elle lui offrit un sourire qui valait pour un encouragement, puis reprit position. Les lames s’effleuraient, lentement, afin qu’Azaria prenne ses marques, ressente les choses, quand soudain, le Maître d’armes frappa le sol avec son pied. Le craquement sourd du plancher résonna. Elle jeta un bref coup d’œil vers Iago, espérant que le bruit rauque l’ait dérangé…Puis accrocha son regard sur Azaria.

« Un simple appel comme celui que je viens de faire peut déstabiliser l’adversaire, le déconcentrer. N’hésitez pas à user de toutes les ruses que votre audace autorisera, certaines sauvent des vies. De plus, nous sommes femmes, c’est notre atout. » chuchota t elle d’une voix plus caressante, plus chaude… « Si la lame qui vous menace est trop habile, usez de votre séduction, flattez d’un sourire, charmez d’un regard… Saisissez vous de tout ce qui troublera celui qui vous fera face.»
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Azaria Mecerelli
Fiancée du Prince - Ca'Grazziano


Nombre de messages: 9
Statut: Personnage Supprimé
Date d'inscription: 22/11/2007

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Ven 14 Déc - 23:30

S'attendant à entendre l'expression d'opinions réticentes, la baronne fut durant un instant décontenancée... Monsieur degli Albizzi lui laissait poliment la place, et elle n'avait décelé aucune trace d'ironie dans sa voix lorsque ce dernier s'était adressé à elle. Mila quand à elle, s'activa comme si se tenait en face d'elle le genre d'élève qu'elle avait l'habitude d'avoir... Face à cela, de nouvelles interrogations jaillirent dans son esprit. Mila avait-elle déjà été au service de quelqu'un d'autre que Samuele? Avait-elle vécu avec l'exemple d'autres femmes habiles dans l'art du combat?

Elle laissa échapper un rire joyeux à la remarque de son interlocutrice sur les vêtements qu'elle portait, puis songea à Ivano, se demandant si à l'heure qu'il était le valet était en train de chercher désespérément ses affaires...


"Voyons... Je ne me permettrais pas de persécuter qui que ce soit!" Avait-elle répliqué d'un ton plein de malice.

Il y avait tout de même quelque chose dans l'attitude de Mila et de Iago qui l'interpelait. Plus que leurs réactions visà vis d'elle, ils s'agissait de la manière dont ils se comportaient par rapport à l'autre. Pour la première fois depuis son arrivée dans la salle d'armes, Azaria avait le sentiment d'être intervenue durant un échange qui avait de l'importance. Son visage lui, ne trahissait aucune de ses suppositions et affichait une expression semblable à celle d'une enfant émerveillée tandis qu'elle observait Mila qui choisissait une arme apropriée.

Elle n'eut finalement d'yeux que pour la pommeau qui se tendait vers elle. Elle le saisit alors avec délicatesse, puis apprécia le poids, surprise de constater que l'arme n'était pas aussi lourde qu'elle ne l'aurait imaginé.

Elle salua ensuite Mila, en recopiant le moindre de ses gestes de manière maladroite. La jeune femme, mécontente, entreprit alors de la saluer une nouvelle fois. Si ce geste était une marque de respect envers son adversaire, alors elle se devait de l'exécuter correctement. Elle resta ensuite statique, serrant avec fermeté le pommeau de son fleuret tandis qu'elle écoutait son nouveau professeur, s'évertuant de graver dans sa mémoire le moindre de ses conseils. Lorsqu'elle sentit les deux lames se frotter l'une contre l'autre, elle resserra sa prise de plus belle.

Elle se détendit peu après à mesure que Mila lui expliquait qu'il ne fallait pas omettre d'observer les diverses expressions et réactions de l'adversaire. Ces paroles lui rappelaient celles que sa mère avait un jour prononcé par le passé, au sujet de ce que l'on pouvait appeler les duels psychologiques...
La baronne adressa à nouveau un sourire à l'attention de la maître d'armes.


"Je pense que je me souviendrais bien de cela!"

Finalement Mila lui annonça sa première erreur. Aussitôt Azaria prit une profonde inspiration et se détendit. Elle put alors constater que son poignet était plus souple. Sursautant légèrement au bruit du pied frappant le sol, elle réalisa ô combien l'effet de surprise pouvait changer beaucoup de choses...
Mila quand à elle, s'attendait-elle à ce que, aussitôt sa phrase achevée, son élève fonde en direction de son ventre?

_________________
Ma Fiche
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mila Scarlatti
Maître d'Armes - Ca'Grazziano


Nombre de messages: 51
Date d'inscription: 02/09/2007

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Dim 16 Déc - 14:11

[ HJ: Le post a été remanié de manière à faciliter la participation de Iago. ]


Un rire…Le premier qui fusa dans la salle d’armes. Mila y rétorqua par un sourire avant de jouer malicieusement avec le regard d’Azaria qu’elle sentait flâner sur elle et s’intriguer. Elle nota l’émerveillement de la jeune femme quand le pommeau lui fut offert, et crut un instant tendre une friandise à une enfant qu’elle félicita d’une œillade appuyée alors que celle ci s’obstinait à répéter son salut jusqu’à ce qu’il fût parfait.

Quand Azaria courut sur elle, bras tendu, menaçant son ventre de sa pointe, Mila se déroba à l’estocade. Son épaule gauche bascula en arrière, entraînant avec elle tout le reste de son corps qui par une volte gracieuse atterri dans le dos de la fiancée encore portée par son élan qu’aucune cible ne vint stopper.


« Me détestez vous déjà au point de vouloir m’embrocher, Madame ? »

Finalement, homme ou femme étaient habités des mêmes fougues. Leur main encore vierge s’agitait avec le même zèle et leurs attaques maladroites dédaignaient leur cible avec la même indifférence. Cependant, Mila ne pouvait le leur reprocher…N’en avait elle pas fait tout autant à ses débuts ?

« Respectez votre adversaire, car lui aussi est animé de vie, et avec un peu de chance, il jouira d’une intelligence aussi aiguisée que sa lame. L’embrocher reste certes le but ultime du combat, mais ne négligez pas le charme des préliminaires. »

Mila dégagea une mèche qui s’entêtait à glisser sur son œil, puis s’approcha d’Azaria. Elle lui parlait avec calme, les mots glissaient sur ses lèvres avec douceur.

« Laissez votre adversaire venir à vous, observez le, étudiez sa technique, testez la souplesse de son poignet, l’agilité de ses pas, soyez à l’écoute de tout ce que son fer vous révélera. Et surtout, mettez son souffle à l’épreuve et épargnez le votre, si l’un de vous doit se fatiguer, ce sera lui, non vous. »

Elle tourna autour de son élève, d’un pas nonchalant, les plis de sa robe frôlant les mollets de la fiancée. Sa voix rauque devint murmure…

« Prenez possession de lui comme vous le feriez de votre amant. »

Quand elle eut finit son tour, elle se replaça face à Azaria, et lui adressa un sourire mutin avant que le sérieux réinvestisse ses yeux.

« Après chaque attaque, prévoyez une parade car il ne s’agit pas d’espérer que votre adversaire restera inerte quand votre pointe le menacera avec fracas. Il ripostera assurément, et vous devez anticiper cette riposte. De plus, en avançant vers lui, comme vous venez de le faire avec moi, vous vous mettez en danger. Ne vous découvrez pas, ne lui cédez aucune opportunité de vous infliger un mauvais coup. Vous devez penser avant tout à vous protéger, et lorsque vous aurez suffisamment battu le fer, vous pourrez prétendre à satisfaire votre fougue en bondissant sur l’ennemi. Mais il est bien trop tôt. L’escrime est une vieille fille capricieuse qui exige des années d’entraînement avant qu’elle ne cède à votre désir de la maîtriser. Ne la brusquez pas.»

Mila recula de manière à ce qu’une longueur d’épée la sépare d’Azaria.

« Mettez vous en garde et apprenez à parer à présent. Je vais diriger ma lame vers vous, de manière offensive, et vous allez tenter d’esquiver. Utilisez votre lame, la garde de votre fleuret, déplacez vous hors de la ligne dans laquelle s’aventurera la pointe adverse…peu importe, mais ne pensez pas, utilisez votre instinct, il vous guidera plus sûrement que tout autre chose.»

Elle s’apprêta à entamer l’entraînement quand son index s’éleva, signifiant à son élève de patienter quelques instants. Le Maître d’armes détourna alors son regard acéré vers Iago et l’interpella de sa voix grave et sévère.

« Monsieur Degli Albizzi…Ne voyez vous pas toutes ces armes semées ça et là qui ne demandent qu’à être prises ? Oh…J’oubliais…L’exercice vous déplaît, et bien sachez que c’est vous qui me déplaisez. Pourquoi restez vous prostré sur ce pauvre banc qui ne souhaite qu’accueillir des épéistes las et souillés par la sueur, et non des rêveurs empêtrés dans leurs réflexions ? Choisissez donc un endroit plus approprié…votre chambre par exemple. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano


Nombre de messages: 270
Date d'inscription: 23/05/2005

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Lun 31 Déc - 11:46

Iago leva les yeux aux ciels. La rhétorique de l’épéiste était trop simple à son goût.

"Interdisez-vous donc à ce point les spectateurs ? Je ne rêve pas, je vous observe. C’est très instructif d’ailleurs. "

Comme tout ce qu’il disait (ou presque, tout étant dans le presque n’est-ce pas), Iago le pensait sincèrement. La dame avait une étrange technique d’enseignement. Loin de commencer par les meilleurs positionnements du corps ou de lame, sans même apprendre les pas les plus efficaces afin d’éviter une lame ennemie, elle se lançait dans un grand discours sur ce qu’était un combat.
Et de cela, Iago était plutôt admiratif. Car c’était sans doute ce qui convenait le mieux à une princesse qui savait danser, mais avait peut-être de romantiques illusions sur ce qu’était un combat…

Il secoua la tête avant de continuer, toujours avec son petit sourire amusé.


"Quant à prendre une épée, j’ai passé l’âge, Madame, de m’entraîner au faquin. Et je doute que vous teniez à me voir me mêler de votre enseignement. Et il serait terriblement injuste que nous soyons à deux contre un. Madame et moi contre vous, vous et moi contre Madame, ou même Madame et vous contre moi…"

_________________
Honest Iago...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mila Scarlatti
Maître d'Armes - Ca'Grazziano


Nombre de messages: 51
Date d'inscription: 02/09/2007

MessageSujet: Re: La Salle d'Armes   Lun 31 Déc - 17:44

« Instructif ? Est ce la manière dont mes jupons tournoient, où la souplesse avec laquelle les boucles de Madame ondulent sur ses épaules, qui rendent cet entraînement si « instructif » à vos yeux trop curieux ? »

Les mains de Mila vinrent enserrer sa fine taille pendant que son regard sombre pénétrait sans faillir celui du gentilhomme.

« Votre grand âge ne saurait servir d’alibi à votre inaction. Quant au faquin…»

Ses yeux tombèrent sur sa lame de bois qu’elle ne destinait qu’aux non initiés afin d’éviter tout accident, or du discours de Iago, Mila déduisit que sa main ne devait pas être innocente en matière d’escrime, ce qui lui insuffla un enthousiasme que son regard pétillant ne sut dissimuler. Elle abandonna aussitôt le « faquin » et s’empara de deux fleurets mouchés. Ses doigts caressèrent une des lames, lentement, comme on aurait caressé l’objet de son désir.

« Je ne vous laisserai certes pas croiser le fer avec Madame. Vous risqueriez de briser son enthousiasme. Aussi si Madame le permet… »

Elle s’avança vers Iago et lui tendit les deux armes afin qu’il choisisse.

« Dois je vous supplier ? Ou aurez vous la galanterie de satisfaire mon plaisir ? »

Un sourire franc et espiègle retroussa les lèvres de Mila qui semblait avoir oublié toute l’exaspération que Iago lui avait inspirée jusqu’ici.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

La Salle d'Armes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
VENISE :: CA' GRAZZIANO :: L'Etage Inférieur-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet