| | Le Grand Hall - Les Escaliers | |
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Isabella Invité
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Sam 26 Nov - 10:38 | |
| Isabella sursauta, elle n'avait pas vu le poète et trottinait déjà à bonne allure vers la sortie. Elle se retourna pour le regarder. Il avait l'air transi de froid. Que faisait-il donc ici? Mais ce n'étaient pas des questions qu'une servante pouvait poser, elle n'en dit donc rien.
"Je ne sais pas, monsieur."
Répondit Isabzella, mortifiée de ne pouvoir le renseigner. C'était son devoir pourtant, mais elle n'avait pas vu Lucia Di'Grazziano une seule fois depuis qu'elle était à son service... La réception de ce soir allait lui être très utile pour connaître tout le monde.
"Je suis désolée, monsieur."
Dit-elle en s'inclinant. Elle devait poursuivre sa route. Elle regarda avant de s'éloigner le beau jeune homme qui avait l'air si préoccupé et se reprocha à nouveau de ne pas avoir su le renseigner. Puis, ses pas légers la portèrent jusque sur les traces de Mattéo.
[jardins] |
|  | | Cilio de Invité
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Dim 8 Jan - 18:52 | |
| Cilio perçut vaguement l'embarras de la jeune servante et tenta de lui adresser un sourire rassurant; cependant, ses joues étaient encore engourdies par le froid et son visage se déforma en un rictus étrange. Rictus qui n'avait pu, au mieux, que susciter la moquerie chez la jeune femme; au pire, la faire fuir de terreur... Décidément, ça ne devait pas être son jour.
Dépité et honteux, il s'empressa de détourner son regard de la jolie servante. Il lui vint vaguement l'idée que Lucia aurait pu ne pas avoir quitté le salon, mais la stupidité de cette hypothèse lui apparut rapidement dans toute son ampleur. Lucia était certainement une femme occupée, ou tout du moins méprisait-elle l'oisiveté. Le jeune poète lui avait déjà fait perdre assez de temps avec ses puérilités pour qu'elle ne reste encore à s'ennuyer dans un endroit qui ne lui offrait aucune occupation.
Cilio demeura donc, debout, bras ballants, hésitant, au beau milieu du hall d'entrée de la Ca'Grazziano.
Quelques instants plus tard, un éclair lui fit reprendre ses esprits. Il devait bien commencer quelque part. Or, si la signora Di'Grazziano ne se trouvait plus dans le petit salon, peut-être y trouverait-il quelqu'un qui puisse le renseigner sur ses activités. Se traitant de tous les noms, il se dirigea à grands pas vers le petit salon-bibliothèque.
[Etage inférieur - Petit Salon-bibliothèque] |
|  | | Cilio de Invité
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Dim 19 Mar - 16:23 | |
| [Suite de Cilio Dell'Arbero - Ca'Grazziano]
Cilio descendit rapidement les marches qui menaient au grand hall, sa sacoche enroulée en bandoulière. La tension était presque entièrement tombée lorsque le dernier point d'encre s'était déposé sur son poème, enfin achevée; mais sa sérénité s'était ébranlée en découvrant que le Prince manquait à l'agitation fébrile du grand hall. Les serviteurs s'affairaient, la suite du Prince semblait être presque au complet. Seul le chef d'orchestre manquait à l'appel.
Une servante attentionée le mit au courant du départ prématuré du Prince qui, pour une raison inconnue, avait rejoint la Ca'Adorasti seul. A demi rassuré, Cilio prit parti pour rester dans le grand hall jusqu'à la fin des préparatifs, afin d'être sûr de ne pas rater le départ de la suite. Il s'adossa tranquillement à une colonne et laissa ses pensées s'évader devant le flot d'activité qui tourbillonnait en ce soir de fête. |
|  | | Iago degli Albizzi Gentilhomme - Ca'Grazziano

Inscrit le : 23 Mai 2005 Messages : 260
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Dim 19 Mar - 18:38 | |
| [La Suite de Iago]
Iago avait traversé les couloirs à la vitesse de ses grandes jambes. Il riait encore à l'idée que le Prince Grazziano allait arrivé à pied presque chez les Adorasti. Le pouvoir de l'imprévu et du contre-pied. Ugo était très fort.
Il déboucha donc en haut des escaliers avec beaucoup d'énergie et apperçut le poète planté au milieu de la salle... Décidément, les poètes étaient des créatures vagues et indécises...
"Si ce n'est pas notre ami Cilio, Poète officiel de sa Majesté Ugo di Grazziano !"
Iago se moquait allègrement du frêle jeune homme, mais au fond, il lui reconnaissait un petit talent (il le disait rarement) et une honnêteté (peut-être). Bref, il faisait parti des personnes de la maison des Grazziano qu'il détestait le moins. Il se mit à dévaler les escaliers à toute vitesse pour arriver directement sur Cilio, qu'il prit par les épaules.
"Et bien, vous laissez notre Prince se promener tout seul dans la rue ! Sans escorte, sans poète ! Honte à vous..."
Il ponctua sa phrase d'un grand sourire ironique.
"Ugo vient de partir. Nous allons filer à sa suite pour vérifier que, prit pour un arriviste parasite, il n'a pas été mis à la porte..."
En disant cela, il attrapa le bras de Cilio et l'entraina avec lui vers la sortie.
"Au fait, tu nous a au moins composé un joli petit poème pour l'occasion, non ?"
Toute trace d'ironie dans la voie était parfaitement volontaire... _________________ Honest Iago... |
|  | | Cilio de Invité
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Dim 19 Mar - 20:51 | |
| Cilio serait bien demeuré dans cet état de sérénité rêveuse jusqu'à la nuit des temps, mais avec Iago dans les parages il semblait que même quelques minutes d'évasion étaient de trop. Iago était ce genre de personne que Cilio se plaisait à observer, mélange inhabituel de caractères qui détachés se fondaient dans le commun, mais s'imbriquaient de manière étrange et fascinante lorsqu'ils étaient rassemblés. Sa différence ne tenait pas à une qualité d'exception qu'au puzzle si particulier de sa personnalité. Oui, Cilio aimait observer Iago. Il était déjà moins enthousiaste lorsque c'était vers lui que le singulier personnage se tournait.
Un peu éberlué, Cilio ouvrit vainement la bouche pour dissuader Iago de partir de manière aussi impromptue. Le Prince était le Prince, il faisait ce que bon lui semblait; mais lui qui n'était qu'un simple poète... Iago ne lui laissa cependant pas le temps de protester, l'entraînant dans le froid glacial de l'impitoyable Venise.
Lorsqu'ils furent sortis, Cilio put enfin prendre le temps de répondre à la question qui lui avait été posée - ironique ou non, elle n'en restait pas moins une question à laquelle la civilité obligeait de répondre.
" Le Prince m'a demandé de faire une déclamation ce soir... J'ai achevé un poème de longue date pour l'occasion. J'espère qu'il plaira au Prince ", dit-il, un léger soupir faisant naître près de sa bouche un petit nuage blanc.
[Etage inférieur - L'Embarcadère] |
|  | | Monsieur l'Intendant Intendant - Ca'Grazziano

Inscrit le : 25 Nov 2006 Messages : 14
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Lun 27 Nov - 22:51 | |
| [L'embarcadère]
L'Intendant avait laissé l'homme pénétré dans le hall. Mais il n'irait pas plus loin pour l'instant.
"Si vous voulez bien attendre ici quelques instants, je vais voir si sa Seigneurie peut vous recevoir..."
Il avait fait une légère révérence et fait un pas avant de se retourner de nouveau.
"Je suppose que vous cherchez à exercer vos talents de professeur. Auriez-vous des lettres de recommandations à présenter au Prince ? Cela faciliterait votre introduction..."
Car quelle personne ayant une réputation sans tâche, apprécié comme professeur pourrait arriver au milieu d'une ville inconnue, sans ressource ni lettres ? C'était le genre de détail qui pouvait renseigner sur la raison qui avait poussé l'homme à quitter la ville où il était célèbre pour une autre. |
|  | | Loris di Invité
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Mer 29 Nov - 22:50 | |
| [L'embarcadère] Si di Bordighera était entré dans la demeure Grazziano d’une démarche assurée quoique légèrement boiteuse, il ne s’en arrêta pas moins au pied du grand escalier du hall. Il n’était plus novice de ce genre d’endroits depuis longtemps et n’était pas sans savoir qu’on n’entrait pas dans ces vastes palais comme dans une taverne dégoulinante de prostituées.
Le maître d’armes avait déjà le nez à moitié en l’air afin de contempler la galerie de portraits qui s’étalaient à sa vue que, déjà, l’intendant s’adressait à nouveau à lui. Des lettres de recommandation ? Il fallut quelques secondes avant que lumière ne se fit dans son esprit. Le vieil homme stylé lui demandait avec élégance s’il n’était pas un scélérat, ou – mieux encore – un vulgaire imposteur.
Une grimace s’afficha l’espace d’un centième de seconde sur le visage de l’épéiste de renom avant que sa main gantée ne plonge dans la large poche dissimulée au niveau de son sein droit, sous sa chemise. Il en retira trois lettres, écrites en des temps différents de personnes différentes et les tendit sans rechigner à l’intendant.
"Les voici."
La première était de la plume même de Pulantaro, le propre maître de Loris di Bordighera, celui qui lui avait tout appris et qui y certifiait que le-dit Loris di Bordighera, originaire d’une petite ville du même nom, pas très loin de Gênes, avait suivi son enseignement jusqu’à son aboutissement.
La deuxième provenait d’un noble de France, un comte auprès duquel il était resté une année entière.
La troisième ne datait que d’une dizaine de jours et provenait d’un notable de Florence qui y déclarait que le maître d’armes était un des épéistes les plus doués de sa génération. S’en suivait toute une série de formules alambiquées que di Bordighera ne s’était pas donné la peine de lire jusqu’au bout.
Sitôt qu’il n’eut plus ses documents en main, di Bordighera commença ce qu’il avait amorcé un peu plus tôt, c’est-à-dire examiner l’impressionnant étalage d’aristocrates accrochés au mur. |
|  | | Monsieur l'Intendant Intendant - Ca'Grazziano

Inscrit le : 25 Nov 2006 Messages : 14
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Sam 2 Déc - 23:07 | |
| L'intendant s'était incliné avec une déférence neutre en prenant les lettres de recommandation et avait quitté le hall sans plus de paroles.
D'ailleurs, le maître d'arme n'aurait sans doute rien écouté puisqu'il était déjà reparti dans une contemplation des tableaux qui décoraient la pièce. Il disparut donc rapidement derrière une porte, dans un couloir, pour aller frapper discrètement à une porte, celle de la Bibliothèque.
Quelques secondes après, apparut une jeune servante qui se mit à faire la poussière sur les quelques meubles présents. Mais c'était une coïncidence, bien sûr...
[La Bibliothèque]
L'Intendant reparut peu après. Il avait juste pris le temps de faire un détour par la cuisine pour vérifier que tout allait bien, donner quelques ordres avant de revenir. Il toussota légèrement pour attirer l'attention du visiteur.
"Monsieur... Sa Grâce vous recevra dès qu'il lui sera possible. En attendant, il vous fait demander si vous seriez intéressé par une visite de la salle d'arme ? Vous pourrez ainsi voir si elle vous convient et si vous pensez pouvoir y exercer votre art. Le Prince espère vous y rejoindre d'ici quelques minutes..."
[La Salle d'Armes] |
|  | | Loris di Invité
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Mar 12 Déc - 11:31 | |
| Les habitants de ce palais appartenaient à une famille remarquable si on en croyait les tableaux accrochés aux murs. Des hommes et des femmes élégamment habillés, des personnes au sang plus bleu que beaucoup de noblaillons, des patriciens jusqu'au bout des ongles. A supposer évidemment que la galerie ne mente pas et que chacune de ses personnes était bien un Grazziano. Trop nombreux étaient les nouveaux riches qui achetaient des portraits pour se constituer une parenté respectable.
Un sourire narquois étira les lèvres de l'intendant. Certains hommes n'étaient que cela, un pâle reflet de ce qu'ils s'efforçaient de paraître. Lui ne se perdait pas à s'affubler d'illusions.
Sa main gantée s'approcha du pommeau de son épée, le caressa de la plus tendre façon. Non. Les illusions tuaient un homme plus facilement que n'importe quel handicap physique. Jamais il n'aurait pu être bon escrimeur s'il s'était gargarisé de son apparence.
L'intendant de la maison revint et le fit savoir. Di Bordighera se tourna vers lui, altérant son sourire pour que celui-ci entre dans les bonnes grâces des convenances.
Il hocha la tête à la proposition véhiculée par l'intendant.
"Je vous suis."
De toute façon, il n'en aurait pu être autrement s'il avait envie d'avoir un emploi dans cette maison.
[La salle d'armes] |
|  | | Monsieur l'Intendant Intendant - Ca'Grazziano

Inscrit le : 25 Nov 2006 Messages : 14
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Mer 3 Jan - 23:37 | |
| [L'embarcadère]
L'intendant s'était effacé pour laisser entrer tout le monde, tout en observant discrètement les personnes présentes. La Princesse, sa dame de compagnie, le médecin... C'était les personnes qu'il connaissait pour avoir déjà vu leur visage une fois au moins.
Les deux autres hommes lui étaient inconnus. Aucun ne se comportait comme le Prince Adorasti. D'ailleurs aucun n'était le prince s'il se reportait au portrait qu'il avait vu de l'héritier Adorasti.
L'Intendant ne disait rien, mais espérait sincèrement que quelqu'un ait la bonne idée de préciser qui faisait partie de la suite de la Princesse et qui n'en faisait pas partie, afin qu'il n'aie pas besoin de se montrer grossier en posant lui-même la question... |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Inscrit le : 30 Avr 2005 Messages : 310 Statut : Modo
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Jeu 4 Jan - 1:33 | |
| [L'embarcadère]
Une fois entrée dans le hall, la princesse se décrispa un peu, la chaleur de l'endroit aidant. Elle retira son manteau et le tendit à un valet avant de se retourner vers l'intendant qui les accueillait.
Bianca intercepta le regard de l'intendant qui observait ses accompagnateurs, cherchant très probablement son époux. La princesse soupira discrètement et désigna d'un geste élégant de la main les trois personnes venues avec elle.
"Ma dame de compagnie, le secrétaire de mon époux ainsi que mon médecin m'ont accompagnée." précisa-t-elle.
Du même coup, cela expliquait non seulement que le prince Elio n'était pas là mais également que le troisième homme présent était venu à part. _________________ Le mariage est comme le tiret en imprimerie : il sépare et relie. |
|  | | Monsieur l'Intendant Intendant - Ca'Grazziano

Inscrit le : 25 Nov 2006 Messages : 14
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Jeu 4 Jan - 20:54 | |
| Monsieur l'Intendant s'inclina poliment, son visage éternellement absent, vierge du moindre soupçon de jugement ou même de jugement. Il était un domestique parfait, parce qu'il ressemblait à un objet marchant et parlant.
"Votre Seigneurie trouvera sans doute le salon plus agréable... Ernesto va vous y conduire. Je fais immédiatement chercher Monsieur le Prince votre frère."
Deux petits signes de la main, et l'un des valets partit avec diligence à la recherche du Prince, tandis que l'autre s'avançait avec un sourire béat mais visiblement trop de timidité pour oser adresser la parole à Bianca, pour guider la Princesse et sa suite vers le Grand Salon.
L'Intendant veilla d'un regard attentif à ce que, dans son émotion, Ernesto ne se trompe pas de direction, et attendit que tous aient franchi la porte pour se tourner vers l'inconnu. Encore un étranger avec une épée...
"Monsieur, que puis-je pour vous aider ?" |
|  | | Sole Cro Invité
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Mer 17 Jan - 12:48 | |
| [ La Salle d'Armes ]
Suivie du seigneur Matteo et du seigneur di Bordighera, Sole entra dans le hall.
L'intendant était toujours là, mais il avait l'air occupé avec un homme blond, un inconnu, à l'entrée du Palais.
Elle se tourna vers les deux seigneurs.
" J'en demande pardon à ces messieurs, mais comme ils peuvent le voir, Monsieur l'Intendant semble en conversation. Non pas que j'estime... "
Elle s'interrompit pour souffler discrètement sur une mèche brune qui la gênait en tombant devant son oeil gauche, et l'écarta du bout du doigt.
" Non pas que j'estime préférable de vous faire attendre plutôt que d'aller interrompre monsieur l'Intendant, continua-t-elle, mais peut-être vos exercices dans la salle d'armes vous ont-ils donné soif, et qu'un quelconque rafraîchissement ne serait pas pour vous déplaire?"
"L'attente vous paraîtra plus courte ainsi, et plus agréable. Et si monsieur l'Intendant avait la mauvaise grâce de s'éterniser, j'irais, avec force courbettes bien sûr, lui signifier qu'il est malseyant de faire attendre ainsi de grands messieurs."
Elle ponctua sa menace d'un sourire espiègle, et d'un clin d'oeil à l'intention d'une petite servante qui passait alors devant la porte d'entrée du hall qu'ils avaient laissée ouverte en entrant.
La servante rougit en recevant ce salut cavalier et pressa le pas pour disparaître dans le couloir; ce n'est qu'alors que Sole se souvint d'une promesse qu'elle avait faite tantôt et qu'il fallait tenir.
La petite servante, jeune beauté rousse de dix-huit printemps, s'était mis en tête de tomber folle amoureuse du seigneur Matteo, et ce depuis des semaines. Elle soupirait en l'apercevant au détour d'un couloir et se pâmait en lessivant ses draps.
Sole, à qui elle avait confié son amour secret et désespéré, lui avait conseillé de se tenir sur ses gardes, même si par bonheur le seigneur Matteo répondait favorablement à ses avances, il ne semblait pas homme à s'attacher à ses conquêtes.
Mais l'entêtée se gardait bien d'écouter tous ces avertissements, et, plus audacieuse qu'elle ne l'avait jamais été, elle avait décidé de proposer galamment à l'homme de main du prince Ugo de venir cueillir sa vertu impatiente, sous la forme de certain petit billet rose qu'elle avait supplié Sole de déposer discrètement dans sa chambre avant le début de l'après-midi.
Bien que réticente, Sole n'avait pas su résister au regard de chien battu qu'avait arboré la jolie servante en lui remettant le billet, et avait accepté sa galante mission.
Tout ceci lui était revenu en mémoire le temps d'un simple clignement d'yeux.
Elle sourit à nouveau aux deux hommes, et les salua en reculant d'un pas.
" Et si ces beaux messieurs voulaient bien me permettre de me retirer, que je ne leur impose pas plus longtemps mon humble présence, dit-elle avec une courte révérence, je m'en vais de ce pas vaquer à mes laborieuses occupations "
Et, accompagnée de son pas léger, elle sortit du hall en sifflotant une chanson à boire qu'elle avait entendue quelques temps auparavant dans une taverne mal famée.
[ Suite de Matteo Salvanti ] |
|  | | Loris di Invité
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Mar 6 Fév - 1:26 | |
| Le maître d’armes se laissa enchanter par le charme languide de son précédent adversaire. Cette fois-ci, il n’y avait pas lieu à confusion, pas d’insinuation qu’il aurait pu mal interpréter. Les propos du sieur Salvanti étaient clairs. Il était accueilli au sein de cette maisonnée en sa qualité de maître d’armes. Cela n’occuperait pas tout son temps lors de son séjour à Venise mais cela l’absorberait suffisamment pour les heures à suivre si ce n’était des jours.
Il remonta son regard de la bouche du jeune homme jusqu’à ses yeux cobalt aux cils tellement longs qu’ils conviendraient mieux à une femme de plaisirs qu’à un gentilhomme de sa condition. Regard qu’il détourna sagement à l’arrivée d’une tierce personne dans la salle d’armes.
Son regard alla du valet au jeune homme blond à ses côtés, ne lui avait-on pas commandé de s’en remettre au second et les propos du domestique allaient dans ce sens.
De fines ridules aux coins de ses yeux apparurent quand son visage se fendit en un large sourire à l’écoute des bons mots qu’échangeaient les deux hommes devant lui. Il suivit ceux-ci sans opposer d’objection, de toute façon il n’y avait rien à dire. Il était au service des habitants de ce palais, n’est-ce pas ?
« Je n’ai pas soif merci et si cela agrée monsieur Salvanti, je ne vois aucune objection à attendre que ce monsieur finisse sa conversation avant de venir s’occuper de nous. Qui serais-je pour bouder une compagnie telle que la votre ? »
Si la première partie de sa tirade s’adressait au jeune valet, la deuxième n’avait d’autre locuteur que le jeune homme à la grâce toute féline qui l’avait précédé dans les couloirs du palais en ondulant ces hanches à la manière d’un danseur expérimenté. |
|  | | Matteo Salvanti Homme de Main - Ca'Grazziano

Inscrit le : 02 Mai 2005 Messages : 390 Statut : Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello.
| Sujet: Re: Le Grand Hall - Les Escaliers Mar 6 Fév - 4:56 | |
| [Salles d’Armes]
Comme à son habitude, Matteo n’avait pas manqué de démontrer son intérêt marqué pour la nouvelle acquisition de la Ca’Grazziano qui ne semblait d’ailleurs pas insensible à ses charmes. Il fallait tout de même souligner que la stratégie de ce dernier, destinée à le confondre, en avait longuement révélé sur les intentions ou, à tout le moins, le bon goût du maître d’armes. S’il démontrait autant d’inventivité en duel, qu’en serait-il dans d’autres activités exigeant autant d’imagination de la part de leur esprit que de vigueur, de leur corps?
Arrivés dans le hall, leur charmante troupe put constater que l’intendant se trouvait au prise avec un individu patibulaire, entièrement drapé de noir. Leur guide annonça son départ, non sans leur avoir offert quelque rafraîchissement, abandonnant le blond aux mains de son aîné à la langue décidément flatteuse.
« Nous n’en étions encore qu’à nous échauffer, n’est-ce pas, Monsieur di Bordighera? Sans doute qu’il en faut beaucoup plus à homme de votre expérience pour que vous ne ressentiez la moindre fatigue. »
Ses prunelles bleutées s’attardèrent sur les épaules larges de son interlocuteur, ce torse viril, ces bras à la musculature saillante, imaginant d’avance le reste de ce corps à la fière allure et aux si divines proportions. Jetant un coup d’œil à l’intendant, toujours affairé avec l’homme sombre, il décida de prendre les devants et de faire preuve de toute sa chaleureuse hospitalité. Se tournant vers l’épéiste, il le dévisagea d’un air à la fois enthousiaste et quémandant de l’angelot suppliant pour une faveur.
« Que diriez-vous que je vous fasse visiter le Palais et vous indique où se trouvent vos nouveaux quartiers? Allons, suivez-moi, je brûle d’impatience de vous faire voir toutes les splendeurs dont recèle cet endroit… »
Le prenant par la main avec une familiarité enfantine dans un geste si naturel qu'il n'aurait pu offenser, il l’entraîna à sa suite, des étincelles de malice pétillant dans son regard.
[La Chambre de Matteo] _________________ La mia lealtà appartiene a soltanto un padrone. Lasci l'altro timore me e la casa del di'Grazziano. |
|  | | | Le Grand Hall - Les Escaliers | |
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