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 Le Couloir desservant les Appartements Privés

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Romana L
Invité



MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Dim 5 Mar - 20:55

La Dame d'Honneur trouva le ton de la princesse sec et légèrement autoritaire. Bianca changeait à vue d'oeil depuis son arrivée au palais. Elle n'était plus la jeune femme malléable du début. C'était peut-être mieux ainsi mais ses dernières paroles vexèrent quelque peu sa Dame d'honneur. Ses manières étaient discrètes, préférait-elle qu'elle crie pour annoncer son arrivée ?!

Mais le jeune homme avec qui Bianca conversait paraissait finalement tout à fait aimable. Romana répondit à son salut par une légère inclination de la tête.


"Mon Maître sera ravi que les coupons de satin qu'il m'a chargé de vous montrer vous agréent. Il ne manquera pas de vous en faire porter d'autres si vous lui en faites réclamer."

Le serviteur d'un tailleur ? Reçu dans le couloir à cette heure-ci ? Avec qui Bianca désirait expressément converser en tête à tête ? La jeune femme n'était pas dupe, mais s'opposer ainsi à la princesse n'était pas très diplomate. Aussi préféra-t-elle s'abstenir de tout commentaire, une fois le jeune homme éclipsé. Elle tirerait cette affaire au clair. Elle se rappelait de sa promesse à son cousin lors de la conversation qu'ils avaient eu précédemment. Elle s'adressa à la princesse, jouant le jeu.

"Vous avez commandé du tissu pour une nouvelle robe ? Vous m'en montrerez le modèle, n'est-ce pas, j'ai hâte de la voir..."

Son ton était parfaitement assuré. Romana avait toujours su dissimuler avec naturel. Elle regarda la princesse s'éloigner puis se dirigea elle-même vers la salle de bal.

[Divertissement musical]


Dernière édition par le Jeu 30 Mar - 15:10, édité 2 fois
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Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Jeu 9 Mar - 22:37

Orfeo s'inclina de nouveau et enleva son pied de sa robe, ce qui lui permit de reculer d'un pas, une distance un peu plus correcte. Elle fut ravie de voir le petit jeu du saltimbanque et se retint tout juste d'applaudir. Il était très intelligent et la sauvait d'une mauvaise situation, elle saurait le récompenser.

"Oui, merci, c'est parfait." dit-elle d'un ton qu'elle s'efforça au mieux de paraître sérieux. Elle le suivit du regard jusqu'à ce qu'il ait totalement disparu dans le grand escalier puis se tourna vers sa Dame d'Honneur qui lui posait une question.

"Oh.. euh oui, bien sûr mais... je ne suis pas encore sûre de ce que je veux." dit-elle avec un petit sourire crispé.

"Bien !" coupa-t-elle. "Je vais retourner à la Salle de Bal, je ne voudrais pas rater le début des festivités. Mais je souhaite repasser par mes appartements avant, j'ai... oublié mon mouchoir. Pendant ce temps, j'aimerais que vous ameniez tous les hôtes qui ne se sont pas encore rendus au divertissement. La Salle de Bal était un peu vide tout à l'heure. Nous nous retrouverons en bas dans un instant."

Bianca lui sourit et se dirigea vers ses appartements.

[Appartements de la Princesse]
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Romana L
Invité



MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Mer 9 Aoû - 19:21

Le tapis épais qui recouvrait le sol étouffait l'echo des pas de Romana. La jeune femme avait traversé la salle de bal avec peine, fendant la foule de curieux qui s'était amassée près de la porte, en quête de nouvelles. Certaines personnes qui avait reconnu la Dame d'Honneur s'étaient empressées de l'aborder, suspendues à ses lèvres. La jeunes femme avait eu bien du mal à ne pas leur répondre vertement, abandonnant son amabilité coutumière. Comment pouvait-elle avoir des nouvelles de Bianca puisqu'elle venait du fin fond de la salle de bal ?!

Elle espéra qu'on avait fait quérir M. Barrozi sans plus attendre. Peut-être était-il au chevet de Bianca. Ce ne devait être qu'un évanouissement sans conséquence. La chaleur, l'atmospère étouffante, le bruit même, le corset trop serré peut-être... Les raisons ne manquaient pas. Sans reprendre haleine - monter les escaliers de marbres avec une robe et un corset n'était jamais de tout repos - Romana frappa trois coups à la porte des appartements de la princesse.


[Les appartement de la princesse]
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Muzio Barrozi
Médecin


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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Lun 14 Aoû - 22:17

[Divertissement musical - Près des Fenêtres donnant sur la Terrasse]

Muzio aurait pu arriver au chevet de la Princesse en un temps record... Hélas, aurait pu seulement...

Aurait pu, si la petite servante ne s'était pas soudain arrêtée net dans un escalier. Aurait pu, si elle ne s'était pas retournée, une main cachant sa bouche. Aurait pu, si elle ne s'était pas exclamée, affolée, qu'elle avait complètement oublié ces canapés qui cuisaient dans ses fourneaux. Aurait pu, si elle n'avait pas esquissé un geste vague derrière elle en lui assurant que, de toute façon, il trouverait bien tout seul. Aurait pu, si elle ne s'était pas alors enfuie en retroussant ses jupes pour aller plus vite. Aurait pu, enfin, s'il avait eu un tantinet d'instinct pour trouver le bon escalier, le bon couloir et la bonne porte.

Mais voilà Muzio abandonné au milieu d'un large escalier de marbre, encore rouge de sa traversée de la salle de bal. Il resta paralysé un instant puis, stoïque, acheva de grimper les marches. Si la servante avait préféré ses canapés à la santé de la Princesse, c'était sans doute qu'il n'était plus très loin du but. Le médecin retrouva contenance et s'engouffra dans le couloir qui lui faisait face. Si sa mémoire était bonne, les deux Princes étaient aux côtés de la jeune Adorasti, sans compter le cortège de serviteurs qui devait suivre le trio. Tout ce petit monde faisait un minimum de bruit.

Sur cette base, Muzio tendit l'oreille en progressant lentement dans le couloir sombre, son pas silencieux sur le tapis. Aucune attention pour la décoration pourtant soignée qui faisait le raffinement discret du lieu. A sa grande consternation, il ne perçut pas le moindre chuchotement au travers d'aucune porte. Une solution eût été de pencher le torse et de glisser un coup d'oeil dans l'une ou l'autre serrure mais... c'était une solution bien peu gracieuse, et Muzio n'y songea même pas.

Ceci dit, le temps s'écoulait et, s'il doutait que la jeune Princesse fût réellement en danger, ses Altesses allaient s'impatienter. Se maudissant, Muzio rejoignit le palier en toute hâte et allait s'engouffrer dans l'escalier de service - il eût été bien en peine de dire pourquoi -, lorsque une voix l'interpella. Il se retourna, et se retrouva face à une poignée de valets et servantes qui descendaient, eux, par l'escalier de parade, et cherchaient le médecin sur l'ordre impatient de leur maître.

Bref, l'un d'entre eux saisit presque Muzio par la manche pour le tirer dans l'escalier. Dans un tourbillon, le médecin se retrouva bientôt face à une porte qui lui fut présentée comme la bonne. Des bruits de voix étouffées vinrent confirmer le geste du valet qui se retira en silence. Muzio remit rapidement en ordre sa tenue simple et frappa à la porte; deux coups discrets mais fermes.


[Appartements de la Princesse]
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Muzio Barrozi
Médecin


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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Ven 9 Mar - 14:05

[Ca Grazziano - L'Etage Inférieur - Le Grand Hall - Les Escaliers]

Muzio avait vite senti que la jeune femme avait caché quelque chose à l'intendant. Elle était restée silencieuse jusqu'à ce que la gondole se fût éloignée de l'embarcadère. Là, elle lui avait simplement précisé leur destination: la Ca'Adorasti. Muzio avait froncé les sourcils. Pourquoi ne lui avait-on pas envoyé une servante en livrée ? Pour ne pas que les Grazziano sachent d’où elle venait. Il avait cherché à savoir qui il allait visiter. Un silence mutin lui avait répondu, et il avait bien compris qu’il n’était pas question de l’un de ses parents. A vrai dire, il avait maintenant un vrai soupçon sur l’identité de son malade, mais il avait froncé les sourcils de plus belle à cette idée.

Le reste de la traversée s’était effectué en silence. Lorsque l’embarcation s’était arrêtée à bon port, Muzio était descendu, précédé de la jeune femme en rouge qui avait payé leur guide. Mais, au grand étonnement du médecin, sa messagère s’était immobilisée dans le hall. Il paraissait maintenant évident qu’elle ne savait pas plus que lui pour qui elle avait été envoyée. Mieux, elle en avait sans doute encore moins idée. Le soupçon de Muzio s’était matérialisé doucement pendant le voyage, et se confirma brusquement à ce moment. Mais pourquoi diable le prince Elio serait-il revenu chez lui ? Il avait néanmoins demandé à la jeune femme d’énumérer dans l’ordre le nom des personnes qui occupaient les appartements privés. La liste s’inscrivit dans sa mémoire, mais seul l’un des appartements l’intéressait en l’occurrence. Il renvoya la messagère et monta rapidement les marches.

La chance était avec lui, puisqu’il ne croisa qu’une petite bonne embarrassée d’un gros paquet de linge, qui ne prêta donc aucune attention à lui, toute préoccupée par l’exercice périlleux que représentait la descente de l’escalier. Le médecin se retrouva bientôt dans le couloir, et il compta soigneusement les portes pour trouver celle qui l’intéressait. Il aurait été bien embêté de débouler dans la chambre de quelqu’un d’autre…
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Ven 9 Mar - 14:59

[Chambre du Prince Elio]

Gabriella accourut vers Maître Barrozi, tenant relevé un pan de son jupon pour ne pas se prendre les pieds dedans.

"Maître Barrozi ! Maître Barrozi !" s'écria-t-elle sans élever la voix pour ne pas attirer l'attention des autres.

Elle s'arrêta devant lui et, après avoir repris son souffle, regarda à gauche, puis à droite, derrière le médecin, puis derrière elle.


"Où est Livia ? Les Grazziano ne savent pas que vous êtes venus ici n'est-ce pas ? Elle a été discrète ?"

Sans lui demander son avis, elle lui attrapa le bras et l'entraîna dans le couloir. Ses sourcils blonds se rapprochèrent d'un air sévère et elle s'arrêter de marcher pour se planter devant lui.

"Vous étiez au courant n'est-ce pas ?! Vous l'avez soigné cette nuit déjà !" dit-elle en le regardant fixement d'un air mécontent.

"Vous étiez là ce matin ! Pourquoi n'avoir rien dit ? Ni à la princesse ni à moi ?! Surtout à moi ! J'aurais gardé le secret et ça m'aurait évité du souci !"

Elle reprit le bras de l'homme pour l'entraîner vers la porte de la chambre puis s'arrêta net une nouvelle fois pour lui faire face.

"Et pourquoi l'avoir laissé partir seul pour revenir ici ?! C'était très imprudent ! Il saigne et il souffre ! C'est terrible si vous saviez ! J'ai nettoyé un peu le sang mais ça me fait mal à sa place alors je n'ai rien fait d'autre. Enfin si, je lui ai donné une tisane d'écorce de saule. Il faut faire quelque chose ! Ne restez pas planté là, alleeeez ! Il faut le soigner !"

[Appartements du Prince - La Chambre d'Elio]


Dernière édition par le Sam 10 Mar - 20:32, édité 1 fois
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Muzio Barrozi
Médecin


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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Ven 9 Mar - 15:24

Une voix le tira de son décompte. La petite servante blonde qui l'avait accueilli quelques heures auparavant. Et apparemment elle sortait de la chambre que lui-même cherchait. Discrète le matin, elle était bien plus bavarde à ce moment...

« Livia a été très bien, les Grazziano ne savent rien. » répondit-il docilement.

Mais un flot de reproches se déversa sur lui. Il écouta religieusement Gabriella, les sourcils froncés. Lorsqu'elle daigna enfin se taire, ce fut lui qui lui prit le bras.

« Mademoiselle croyez bien que si je me suis tu, ça n'était pas pour rien. Il est fort possible que vous n'ayez pas envisagé tous les ressorts de mon silence. »

Il s'apprêta à entrer dans la chambre mais se retourna avant. Les jolis yeux verts pétillaient de colère et d'angoisse, et le seul zèle n'expliquait pas ce degré-là. Ni non plus l'inquiétude de l'employée qui ne serait pas payée si le maître trépassait...

Il approcha un doigt sévère du nez de la demoiselle et souffla:


« Et c'est le Prince qu'il faut réprimander pour son imprudence, pas moi. »

Mais ledit Elio 'saignait et souffrait', c'était 'terrible', il ne fallait donc pas trop tarder tout de même. Il entra.

[Appartements du Prince - La Chambre d'Elio]
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Muzio Barrozi
Médecin


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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Dim 25 Mar - 12:03

[Appartements du Prince - La Chambre d'Elio]

Muzio referma doucement la porte derrière lui. Il déposa sa trousse sur le sol et enfila son manteau, songeur. Pourquoi le Prince avait-il quitté Graziella Rivieri juste après avoir assuré qu'il se réfugierait chez elle quelques temps ? Y avait-il eu un évènement déclencheur ? Quel rapport établir entre sa blessure et les deux mains meurtries vues dans la matinée ? Que se tramait-il, enfin, dans ces hautes sphères pourpres et brumeuses ?

Il attrapa son sac et se dirigea vers l'escalier, avec un dernier regard pour les différentes portes dont il essayait de se souvenir le nom des occupants. Le nez en l'air, il ne remarqua pas un petit meuble posé là et buta dessus. Sa trousse s'ouvrit en tombant et déversa la moitié de son contenu sur le tapis.


« D'accord. »

Ne jamais s'énerver contre de simples objets. Le médecin s'accroupit et entreprit de récupérer son matériel.
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Danilo della Lonza
Gentilhomme - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Dim 25 Mar - 17:53

[Le Grand Salon]

Danilo avançait avec énergie, pressé de rejoindre sa suite pour débarbouiller sa main et observer son état, lorsqu’il aperçut l’homme accroupi. Un homme dans la trentaine, qu’il n’avait encore jamais vu. L’air plutôt ordinaire. Relativement bien habillé, et ce sans ostentation. Etonné de la posture, Danilo s’approcha un peu, pour comprendre à quoi s’occupait l’individu. Il ramassait quelques objets, qu’il remettait dans une trousse ouverte. Une panoplie de médecin.

La première pensée de Danilo fut pour sa chance d’avoir trouvé un disciple d’Hippocrate à deux pas de sa suite. Si sa blessure saignait encore, cela pouvait être grave, et lui-même n’étant pas expert en la matière, il n’avait rien contre l’idée de se faire examiner par un praticien.

La seconde fut, justement, que le médecin en question n’aurait pas dû se trouver là. Il était dans le couloir des appartements privés, avec son matériel, ce qui en toute logique faisait de lui quelqu’un qui sortait de consultation. De consultation de noble, par la force des choses. Or, Gabriella avait révélé plus tôt à Danilo l’identité des rares nobles alors présents Ca’Adorasti, et aucune de ces personnes ne se trouvaient en dehors du Salon, à moins d’être sorties du palais. Or, pour qu’un médecin soit là, il aurait fallu que la personne soit présente depuis quelque temps au palais, assez pour avoir fait quérir un médecin. Et cela bien peu de temps après qu’il ait quitté sa propre suite. Les seules solutions plausibles étaient que soit Gabriella lui avait délibérément menti, ce dont il doutait, soit qu’une personne quelconque soit arrivée au palais après lui-même, et ait fait quérir le médecin immédiatement. Dans chacun des deux cas, cela sous-entendait quelque chose de louche.

Cette réflexion ne le mena à aucune conclusion satisfaisante, mais elle ne fit que redoubler son intérêt pour le médecin. Il s’approcha encore plus prêt puis dit, d’un ton serviable :


« Monsieur, laissez moi vous aider. »

Puis, il se pencha aux côtés de l’homme pour l’aider à ranger ses possessions, avec une certaine forme de précipitation qui pouvait passer pour une grande serviabilité, et qui lui évitait d’avoir à attendre l’aval du médecin pour son aide. Aide qui aurait sans doute été refusée. Alors qu’il mettait la main sur un premier objet, il fit mine de s’étonner.

« Oh, vous êtes médecin. Je suis ravi de vous rencontrer. Figurez vous que j’ai besoin des services d’un praticien. Je m’apprêtais à m’enquérir auprès d’une servante, mais la chance m’a semble-t-il mis sur votre chemin. »

Il acheva ses mots avec un petit sourire discret, presque timide.
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Muzio Barrozi
Médecin


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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Dim 25 Mar - 18:34

Muzio n'entendit pas, tout d'abord, les pas étouffés par l'épaisseur des tapis. Il continuait de ranger méthodiquement. Un bruit cependant lui fit lever la tête... Un homme l'observait. Un homme très grand, d'autant plus grand que Muzio le voyait accroupi. Pour la discrétion, c'était raté.

« Bonjour. » Il désigna d'un geste l'éparpillement d'aiguilles et eut un sourire dépité. « Je suis maladroit. »

L'homme s'approcha encore, et parut encore plus grand. Elégant, bien fait, l'air aimable. Muzio n'effaça pas immédiatement son sourire. Le tout était de ne pas aborder la question du "mais qui venez-vous donc soigner ici ?". Son inconnu se baissa soudainement en proposant son aide, et la mit à exécution aussi vite.

« Oh je vous prie ne vous donnez pas cette peine... Merci. »

Il rajusta le tissu qui entourait un petit couteau tranchant, et le rangea. Il releva la tête pour rencontrer le regard de son interlocuteur. Les circonstances de présentation étaient amusantes, et la question sensible n'avait pas été abordée. Tout allait bien. Muzio confirma son activité d'un hochement de tête:

« En effet. Muzio Barrozi, je remplace Maître Treviano, Calle Bardini. »

Toujours laisser son adresse, c'était un devoir. Là d'où il venait, tout le monde savait où le trouver, mais ici... Il avança la main et récupéra la pince qu'avait ramassée l'homme.

« Merci. »

Il se redressa, et répondit au sourire réservé par un air avenant.

« Que puis-je faire pour vous ? »
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Danilo della Lonza
Gentilhomme - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Ven 30 Mar - 8:42

L’homme semblait agréable, et ses manières mirent rapidement le musicien à l’aise. Pour le moment, il n’était tombé que sur des gens plutôt désagréables -mis à part la charmante Gabriella et la fugitive Cinzia- qu’il s’agisse de Di Lorio, de Delgi Albizzi ou du cousin Adorasti. Trouver quelqu’un de franchement aimable lui faisait du bien. Lorsque le médecin se fut présenté, il le fit à son tour :

« Ces noms ne me sont pas familiers, car je viens d’arriver à la Sérénissime, mais je me souviendrai de la Calle Bardini si besoin s’en fait sentir. Danilo Della Lonza, claveciniste de salons fraîchement revenu de France, pour vous servir. »

Suite à quoi, les possessions de Muzio semblant avoir toutes à peu près rejoint la sacoche de leur propriétaire, Danilo se redressa. Il commença doucement à tirer les doigts de son gant droit, un à un, pour se préparer à l’ôter. Pendant qu’il s’appliquait sur cette tâche, il reprit la parole, exposant son cas au praticien.

« Oh, pas grand-chose en vérité. Voyez vous, il se trouve que dans des circonstances que j’aimerai garder pour moi, ma main eut la fameuse idée de rencontrer la glace d’un miroir, miroir qui eut la fameuse idée de se briser en milles morceaux. La blessure est fraîche, mais elle devrait déjà avoir arrêté de saigner. Or, cela n’est pas le cas. Je crains donc qu’elle soit plus profonde que je ne l’ai d’abord cru, et je voudrais votre avis sur la chose. »

Tirant doucement sur le cuir du gant, qui accrochait un peu là ou du sang avait séché, il finit de le retirer et présenta la main en question. Les jointures des doigts avaient souffert, et deux d’entre elles étaient écorchées, mais c’était surtout le dos qui saignait, coupé en deux endroits par des éclats vicieux. L’une des coupures ne saignait presque plus, mais de la seconde le sang continuait à dégoutter lentement. Alors qu’il la tendait à Muzio pour qu’il lui dise ce qu’il en était, il réfléchit quelques instants. L’homme était visiblement médecin des puissants. Mais était-il seulement cela, ou pouvait-il aussi consulter pour les petites gens ? Il n’avait pas l’air particulièrement prétentieux, ce qui aurait pu être le cas s’il s’était réservé à l’élite. Il y avait donc des chances qu’il soigne aussi des gens de basse naissance. Or, Della Lonza s’intéressait aux pauvres, au contraire de beaucoup de personnes de son milieu. Et puis, en ce moment même, tout particulièrement à un type de miséreux. Peut-être que le médecin pourrait l’aider.

« Dites moi, Maître Barrozi, vous m’avez dit remplacer ce… Trevino. Seriez-vous à Venise depuis peu de temps, vous aussi ? »

C’était la première étape, amener le sujet en question de manière détournée et sur le ton de la conversation badine pour sonder le médecin. La patience est la meilleure des armes dans certaines situations. C’était déjà ce qui l’avait poussé à ne pas questionner Muzio sur les raisons de sa présence Ca’Adorasti alors qu’il en brûlait d’envie. Pour ne pas risquer de le brusquer, et laisser une certaine confiance s’instaurer. Cela amenait plus facilement aux confidences…
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Sam 31 Mar - 15:41

L'homme était donc musicien. A vrai dire... Oui, il avait les traits d'un musicien. Mais pas la taille d'un claveciniste. Un claveciniste devait être plus petit s'il ne voulait paraître trop haut par rapport à son instrument. Mais d'où sortait-il de telles idées saugrenues ? Muzio eut un sourire; il aimait les musiciens. Même grands, finalement.

Son sourire s'estompa au cours des explications de Della Lonza. La main. Il était blessé à la main. Fraîchement. Les sourcils du médecin se froncèrent, brièvement. Mais on pouvait le mettre sur le compte de l'attention. En réalité, mille idées tournoyaient dans son esprit. Le Prince. Raffaele. L'indiscret. Et maintenant ce musicien. Mais que faisait un musicien dans un complot nocturne ? Et où placer le malaise de la Princesse ?

Il effaça les interrogations de son visage et prit la main qu'on lui tendait. Fine. Longue. Bon, d'accord pour le claveciniste. L'homme se changea imperceptiblement en médecin, et Muzio se pencha sur la blessure. Les blessures, en vérité.


« Effectivement, c'est embêtant pour un claveciniste. » acquiesça-t-il aimablement.

Les bords n'étaient pas nets. Pas une lame, plutôt des éclats. Un miroir, oui par exemple. Ou autre chose. Le miroir ne s'intégrait pas vraiment à la thèse du complot.


« Vous permettez ? »

Il n'attendit pas spécialement une autorisation. Della Lonza le lui avait fournie dès lors qu'il avait entamé une consultation en plein couloir. Muzio approcha un doigt du bord de la coupure la plus large, et l'effleura délicatement. Des éclats avaient été fichés là. Le médecin se baissa, rouvrit sa trousse et en ressortit le linge humide qui avait servi à essuyer ses outils.

« Absolument, Monsieur. Je suis en poste depuis une quinzaine de jours. Je commence juste à me repérer dans ce dédale de canaux, de ponts et de ruelles... Attention, je dois nettoyer les bords des plaies... »

Il fit ainsi qu'il disait, lava le dos de la main et prit garde de ne laisser de fragment de verre dans aucune des coupures. Il marmonna quelque chose qui ressemblait à « Anthyllis vulneraria », se pencha de nouveau et fouilla jusqu'à trouver un petit flacon étiqueté avec soin d'une encre qui avait jauni. Il en mélangea une partie du contenu avec un peu de farine, sortant tout ce dont il avait besoin de sa trousse. Cette trousse contenait tout. D'où son attachement pour elle, évidemment.

« Evidemment, la plante aurait été fraîche... »

Il hocha la tête d'un air entendu, et laissa la pâte se former pendant quelques instants. La mixture sentait bon, ce qui compensait sa couleur indéfinie. Muzio l'appliqua soigneusement dans les blessures.

« C'est un cataplasme très efficace. Veillez simplement à ne pas trop mouiller votre main pendant quelques heures. Voulez-vous de la gaze de pansement ? »

Il attendit la réponse en lavant son matériel et en le rangeant de nouveau.

« J'y pense... Je ne sais si la réputation de mon locataire aura atteint les oreilles françaises, mais peut-être connaissez-vous un violoniste talentueux du nom de Demetrio Catanei ? »
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Danilo della Lonza
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Sam 31 Mar - 21:25

Danilo s’étonna quelque peu du court changement de physionomie qu’arbora le médecin alors qu’il évoquait sa blessure. Sans doute devait-il trouver étonnante son histoire de miroir. Il fallait dire à sa décharge que ce n’était pas tous les jours que l’on devait venir le consulter pour avoir passé ses nerfs sur une glace. Mais cette impression de soupçon diffuse ne dura pas longtemps, et le musicien n’y pensa rapidement plus.

Muzio examina la plaie, puis bavarda un peu, répondant à la question du gentilhomme. Quinze jours, c’était bien peu, mais le mot ruelles rassura un peu le musicien. Après tout, les ruelles étaient rarement fréquentées par la noblesse. Le médecin s’était donc sans doute déjà un peu aventuré dans les bas quartiers. C’était une bonne nouvelle. Il sursauta un peu lorsque le médecin nettoya les plaies et en sortit les morceaux de verre, mais se contrôla bien, quoi qu’il n’aimât aucunement que l’on touche à ses blessures. Puis, Maître Barrozi y appliqua un cataplasme fraîchement préparé, et donna quelques recommandations.


« D’accord, j’éviterai l’eau si possible. Si vous me faites un pansement de gaze, je pourrais remettre mon gant sans soucis par-dessus ? Je n’aime pas trop afficher ce genre de stigmates, surtout lorsqu’ils ont une origine quelque peu risible. »

Toujours dans son bavardage léger, le médecin évoqua un locataire à lui. Catanei. Ce nom ne lui disait pas grand-chose.

« Catanei, dites-vous… Peut-être ai-je entendu ce nom une fois lors d’une de ses montées à Paris pour m’y présenter en duo. Mais rien de précis. A vrai dire, j’ai peut-être été un peu inattentif, le violon n’étant pas mon instrument préféré. Vous m’en voyez navré. »

Superbe mensonge que voilà. Il adorait le violon, du moins, avant. Mathilde en jouait comme personne d’autre. S’il négligeait les violonistes, c’était surtout qu’aucun n’avait la saveur de sa belle, qu’aucun d’eux ne pouvait faire vibrer un violon comme elle le faisait. La personne qu’on aime est toujours la meilleure musicienne du monde, si elle a un tant soit peu de talent. Et Mathilde en avait beaucoup.

Il chassa ces pensées d’un léger secouement de tête. Puis, se souvenant qu’il était sensé sourire, et qu’apparemment il avait oublié de le faire depuis que le nom de Mathilde était remonté à son esprit, il reprit sa contenance habituelle et son sourire doux. Puis attaqua, sur un sujet qu’il voulait amener depuis qu’il avait compris qui était l’homme à genoux sur le sol du couloir. Mais cette fois, son ton était franchement sérieux.


« Dites moi, Maître Barrozi… J’ai quelque chose à vous demander, qui risque de vous surprendre. C’est assez saugrenu, j’en conviens, mais figurez vous que je cherche quelqu’un qui puisse me guider dans Venise. J’ai envie de découvrir la ville. Mais pas d’aller voir la place Saint Marc, ni d’aller déambuler au Rialto. Quant aux sublimes jardins du Castello, le bal de ce soir sera un bon moyen de les visiter. J’aurai tout le temps que je souhaite pour explorer ces lieux mythiques. Et les guides ne doivent pas manquer.
Je veux voir ce qui se cache derrière le masque. Venise, comme toute ville de clinquant, doit avoir ses bas quartiers. Ses miséreux. Ces gens que les nobles cachent au vu des leurs, ces lieux où ils ne mettraient jamais les pieds, parce qu’on y respire la pauvreté.
En temps que médecin, vous avez sans doute dû être appelé, ne serait-ce qu’une fois, à intervenir dans ces quartiers. Je n’attends pas que vous me meniez au cœur des ténèbres, non, mais je voudrais… effleurer la misère, approcher un peu la crasse et le malheur.
Je ne suis pas quelqu’un qui aime vivre dans l’opulence et l’ignorance des déboires d’autrui. J’ai une nature prompte à l’empathie, et j’aime à aider mes prochains infortunés dans la mesure de mes moyens. Je veux les approcher, ne serait-ce qu’un peu, une première fois. Pour prendre la mesure du malheur qui vit derrière le masque de la Sérénissime.
J’espère que vous pourrez être mon guide, ne serait-ce que pour quelques pas. Car je doute que quiconque parmi ces beaux messieurs bien habillés qui hantent la Ca’Adorasti veuille bien s’approcher à moins de cinq cent pas d’un tel vivier. »

Danilo se tut, et regarda le médecin dans les yeux, sans détour. Il avait besoin d’une telle incursion. Besoin de repérer les lieux. Prendre contact n’était pas nécessaire, mais savoir où s’adresser le moment venu était des plus utiles. Voleurs et autres saltimbanques tire-laine devaient croupir quelque part dans ces quartiers, et s’il savait où chercher, il savait qu’il n’aurait aucun mal à les découvrir. Le jeu pouvait être quelque peu dangereux, mais cela n’avait pas d’importance. Seul son objectif comptait désormais. Et des gens de cette trempe pourraient l’aider.
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Muzio Barrozi
Médecin


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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Sam 7 Avr - 11:09

Muzio avait fini par panser la main du musicien, s'efforçant d'utiliser le moins de gaze possible. Il faudrait qu'il s'habitue à l'aspect esthétique et discret des soins qu'il devrait apporter. Della Lonza pourrait remettre son gant sans se soucier d'attirer les regards.

Le ton un peu froid sur lequel celui-ci déclara son indifférence au violon dérouta le médecin. Lui aimait le violon. Il appréciait les autres instruments, mais il aimait le violon. Profondément. Et peu importait l'interprète. Non, là c'était faux. L'interprète importait. Mais le violon restait. Sublimant. Transcendant. Occupé à ce sentiment, Muzio ne remarqua pas le léger trouble de son interlocuteur. Mais soudain, le ton changea et il lui accorda toute son attention, les sourcils légèrement froncés.

Comment distinguer le vrai du faux ? Comment savoir si ce beau discours humaniste sortait du cœur ou de la tête ? Pourquoi un homme si soucieux de son apparence se serait-il intéressé au sort des malheureux au point de prier le premier venu de les lui présenter ? Quelqu'un d'indifférent au violon pouvait-il aimer les hommes ? Le regard brun pouvait-il tromper ? Voulait-il tromper ?

Lorsque les derniers échos de "vivier" s'éteignirent, Muzio cligna des yeux et, tel le dormeur qui s'éveille s'étonne des images qui s'effacent doucement dans sa tête, se demanda d'où lui venaient ces interrogations. Les relents de Venise lui tournaient l'esprit. Mais les relents du haut, cette fois, les relents lourds de parfums et de cachotteries, de poudre et de secrets.

Le médecin se trouva suspicieux sans raison. Il scruta encore une fois les pupilles de Danilo, puis sourit. Petit sourire discret mais savouré, qui posait presque un défi.


« J'ai justement un homme à visiter dans l'un de ces quartiers qui vous... intéressent. »

Il tendit une main qui se referma sur l'anse de sa trousse et, faisant un pas vers l'escalier, se retourna vers Danilo.

« Venez-vous ? »

[Le Quartier de la Bouche d'Ombre - La Ruelle de l'Ours]


Dernière édition par le Mer 11 Avr - 20:33, édité 1 fois
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Danilo della Lonza
Gentilhomme - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés   Sam 7 Avr - 14:08

(désolé, post de transition, sorry, enschuldigen sie bitte)

Trop concentré sur ce qu'il disait, et, à vrai dire, un peu emporté par son propre propos, Danilo eut du mal à sonder le regard du médecin alors qu'il parlait. Il vit que, bien évidemment, celui-ci le scrutait. Evidemment. Lorsque l'on servait ce genre de discours, d'une telle manière, on doutait toujours de notre sincérité. Mais Danilo jugea mal la réaction du médecin. Il crut qu'il allait refuser.

Muzio le détrompa, en lui annonçant qu’un de ces clients l’attendait à l’endroit ou il voulait se rendre… E qu’il était convié à le suivre jusque là. Le musicien aurait eu un soupir de soulagement s’il avait eu la faiblesse de montrer son sentiment à ce moment là. Il se contenta de sourire en retour au médecin.


« Je vous suis. Attendez moi juste un petit instant… »

Sur ces mots, il disparut dans sa suite, à deux portes de là, pour en ressortir rapidement, sa cape de voyage sur les épaules. Comme il venait de faire le voyage depuis Rouen avec lui, le vêtement serait sans aucun doute plus discret que sa tenue habituelle de gentilhomme, même s’il se ferait certainement repérer. D’ailleurs, s’il passait totalement inaperçu, cela ne le servirait pas.

« Je suis à vous, Maître Barozzi. »

Joignant le geste à la parole, il s’engagea dans l’escalier à la suite du médecin.

[Ailleurs-je te suis et j’éditerai]
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Le Couloir desservant les Appartements Privés

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