| | Le Couloir desservant les Appartements Privés | |
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Raffaele di Grazziano Frère du Prince - Ca'Grazziano

Inscrit le : 12 Nov 2006 Messages : 134
| Sujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés Mer 1 Aoû - 17:20 | |
| Le sourire qui glissa sur les lèvres de Raffaele enveloppa la princesse comme une eau trouble. Un soupir cependant eut été plus à même d'exprimer son ressenti. Observant celle qui depuis le premier jour s'était constituée comme son adversaire, il s'interrogeait. Pourquoi fallait-il que les femmes les plus avantagées par la nature soient également celles les moins armées de finesse. C'était un bien grand mystère qui le laissait toujours pantois.
"Vous me jetez dans un bien grand désarroi, Madame. J'avais escompté que votre beauté..." Son regard caressant effleura la douceur d'une joue et la courbe des lèvres qu'aucun fard ne réhaussait. "...serait le reflet d'un esprit habile. Mais il faut se défier des espérances car elles sont souvent vaines, n'est-ce pas. Et certains propos, qu'on accepterait de la part d'une harengère, résonnent fort mal dans la bouche des dames."
Un pas sur le côté le dégagea de la proximité inconvenante qu'il imposait à la jeune femme, il lui tourna le dos. Ses doigts légers se posèrent sur la grosse tête d'un molosse y tapotant un rythme apaisant. Le mâtin eut un grognement sourd et le valet qui lui tenait la bride resserra sa prise.
"Mais, si vous usez d'armes qui ne vous siéent guère et même vous desservent, vous avez raison sur un point, cependant." Il fit volte-face lentement, son pas dansant le ramenant à la hauteur de la petite baronne dont les yeux agrandis suivaient l'échange. "Accueillir une si charmante personne dans la maison de mon frère m'est un très grand plaisir."
Plaisir d'autant plus vif que la jeune fille qu'il pensait timorée fit part de son mécontentement. Il était fort cocasse de voir celle qui s'enorgueillissait avec fatuité du titre de Maitresse se faire remettre à sa juste place par une si petite chose. Le sourire que Raffaele lui offrit tandis qu'elle le saluait avant de quitter la scène fut sans arrière pensée. Elle l'amusait, il l'apprécierait sans doute. Un valet, se frayant un passage parmi la suite nombreuse et patiente de la princesse, mit heureusement fin à la discussion qui devenait ennuyeuse. Il s'inclina devant Vittoria, le Prince Ugo demandait à la voir.
"Et bien, Madame, puisqu'il semble que nous aurons l'occasion de nous croiser souvent, souffrez que pour l'heure je vous laisse à vos devoirs.
A peine l'amorce d'un sourire en guise de salutation et il s'en fut.
[Calle Trevisi] _________________ Il n'est jamais rien arrivé demain. Tout arrive toujours maintenant. |
|  | | Mila Scarlatti Maître d'Armes - Ca'Grazziano

Inscrit le : 02 Sep 2007 Messages : 47
| Sujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés Mar 29 Avr - 1:16 | |
| [ca’Grazziano – Les jardins]
Enfin entre les murs du palais, Mila ôta son unique soulier avec un long soupire de soulagement. Exiger d’une femme qu’elle se hisse sur des talons relevait de l’esclavage !
Elle erra ainsi dans les couloirs, alors que la chaussure orpheline se balançait nonchalamment au bout de son index. Ses sourcils étaient froncés. Elle mordillait l’intérieur de sa joue et ses yeux se plissaient sous l’effet de la réflexion qui aboutit à la conclusion suivante : jamais elle ne boirait le remède de Marciello.
La chaussure s'immobilisa un instant.
Elle le lui achèterait, mais ne le consommerait pas. Elle le devinait absolument capable d’y introduire n’importe quelle herbe destinée à…mmm…ça, elle l’ignorait encore, mais Marciello était assez manipulateur pour tricher, et Mila bien trop méfiante pour s’endormir entre ses mains. Elle accepterait le remède avec un sourire ravi, une œillade chargée de reconnaissance, mais le sèmerait au vent à peine sortie de sa boutique. Oui. Là était la solution la plus sage. Tant pis pour les insomnies qui torturaient son sommeil.
Mila soupira encore, le soulier reprenant sa danse interrompue. Arrivée non loin de la suite de Donatella Visconti, elle aperçut celle ci qui semblait maudire on ne sait qui entre ses dents serrées. Un sourire amusé anima les lèvres du Maître d’armes. Elle connaissait mal Donatella. Elle avait bien sûr était témoin de sa maladresse légendaire, ce qui la rendait presque bienveillante. Une âme pervertie ne commet jamais de maladresse, pas même avec sa langue…
Heureusement, Donatella était femme, et noble aussi. Deux conditions qui devraient la tenir suffisamment éloignée de sa salle d’armes, car elle soupçonnait la jeune Baronne capable d’enchaîner les drames si d’aventure un fer venait à se placer dans sa main.
Elle observa longuement Donatella, farouchement intriguée par son humeur qu’elle aurait presque qualifiée de…rageuse…? Diable ! Qui avait bien pu transformer cette jeune innocente aux joues roses en furie ?
« Madame... »
Mila accompagna son salut d’un léger mouvement de tête.
« Vous semblez …»
Son regard tomba alors sur le soulier exhibé et s’écarquilla. Trop tard pour le rechausser. Une grimace de contrariété affecta ses traits.
« J’ai égaré mon autre soulier. »
Elle sourit, malicieuse.
« Je crains que mon humeur n’ait rien à envier à la vôtre…»
Elle ne posa pas de questions, car à chaque question posée, elle savait qu’une autre lui serait retournée…Ce qui ne l’empêcha pas d’espérer que la Baronne lui révèle les causes de son aigreur… _________________ L’art de l’épéiste consiste à tout donner, sans jamais rien recevoir, l’art de la femme consiste à tout recevoir sans jamais rien donner. |
|  | | Donatella Visconti Baronne - Ca'Grazziano

Inscrit le : 19 Fév 2007 Messages : 58
| Sujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés Mer 30 Avr - 12:20 | |
| [Le Petit Salon]
"Pourquoi faut-il toujours que j'attire les moqueries ? Parce que tu es niaise. Ne dis pas ça, ce n'est pas vrai, je fais tout pour me faire apprécier. Oui mais tu t'y prends mal. Je fais de mon mieux. Ce n'est pas assez dans le milieu mondain. Et que dois-je faire ? Prends-les de haut, mais je doute que tu y arrives, tu es trop cruche. Oh toi ça va bien !" marmonna-t-elle entre ses dents serrées, le pas pressé dans le couloir des Appartements Privés.
Presque arrivée à sa suite, une voix la saluant la sortie de ses profondes pensées. Un peu surprise, elle se redressa d'un coup, cherchant du regard la personne qui s'était adressée à elle. Il s'agissait du Maître d'Armes de la Ca'Grazziano. Donatella la connaissait assez peu. A vrai dire, elle l'avait toujours un peu impressionnée.. une femme pratiquant cette activité, c'était étrange mais admirable.
Donatella papillonna des yeux et ses pensées s'envolèrent, son trouble se dissipa un peu et ses joues reprirent quelques couleurs. La jeune baronne resta un peu figée quelques instants le temps de reprendre ses esprits. Elle avait un peu mal à la tête et ses mains tremblaient mais sa colère était partie subitement. Elle avait même un peu de mal à savoir pourquoi elle s'était emportée de la sorte, mais peu importait.
Lorsqu'elle reprit totalement pied à la réalité, Mila regardait le soulier qu'elle tenait dans la main d'un air contrarié. Donatella le regarda aussi, se demandant enfin ce que cette chaussure faisait là.
"Oh.. votre soulier... Moi aussi j'ai perdu le mien une fois je me souviens, c'était au Jardin du Castello. J'avais un caillou qui me blessait le pied, j'ai voulu le retirer mais j'ai perdu l'équilibre et je suis tombée dans le buisson. Et j'ai perdu ma chaussure en même temps jusqu'à ce qu'un gentilhomme me la rende, mais je ne me souviens plus qui c'était, enfin bref. Vous aussi vous aviez un caillou dans vote soulier ?" demanda-t-elle ?
"Mon.. mon humeur ? Mais je me sens très bien." dit-elle avec un large sourire. "Mais je comprend que vous, vous soyez contrariée pour votre chaussure." _________________ Non, elle c'est ma gouvernante, la Baronne c'est moi... |
|  | | Mila Scarlatti Maître d'Armes - Ca'Grazziano

Inscrit le : 02 Sep 2007 Messages : 47
| Sujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés Ven 2 Mai - 11:02 | |
| Un court silence s’installa durant lequel Donatella parut surprise, voire rougissante. Mila dressa un sourcil inquiet n’osant imaginer dans quel état étaient ses cheveux…Puis ce soulier…Dans un sourire, elle le dissimula aussitôt derrière son dos, soucieuse de préserver la jeune Baronne de ce spectacle plutôt marginal qu’elle offrait à ses nobles yeux.
« Hum… » fut la seule « parole » qu’elle parvint à émettre.
Donatella raconta alors une anecdote qui laissa Mila rêveuse. Au fur et à mesure que les mots étaient prononcés, les images, étrangement nettes, défilaient sous ses yeux, comme si la scène se passait juste là, sous son nez. Le caillou chahuteur, l’équilibre qui vacille, la chute traitresse, le buisson pliant sous le poids de l’intruse et l’heureuse main qui se tend…Mila passa distraitement son index sur ses lèvres qui dessinaient un sourire aussi incrédule qu’amusé.
Les images étaient encore si vivaces qu’elle mit un instant à répondre à la question posée.
« Comment ? Euh…Non…Non…Le talon du soulier s’est coincé entre deux pavés, et je n’ai pas réussi à l’en extirper… Mais…Non…Enfin oui ! Je suis contrariée, car ma cheville a souffert de cet incident, et je vais devoir la ménager pendant mes leçons…Ce qui me rendra moins efficace…»
Mila scruta les traits de Donatella. Toute sa colère semblait s’être dissipée, ce qui ne lui inspira que perplexité. Comment peut-on changer d’humeur aussi aisément ? Lorsqu’un évènement venait la contrarier, il lui fallait, quant à elle, des heures avant de s’en défaire. Mais rien ne semblait pouvoir affecter Donatella au-delà de quelques minutes. Quelle merveille !
« En parlant de mes élèves…Avez-vous croisé le Prince récemment ? J’aimerais lui demander si l’accès à sa bibliothèque m’est autorisée…Je suis à la recherche d’ouvrages sur l’escrime. La pratique ne suffit pas toujours… »
Mila n’avait, en réalité, nullement attendu l’autorisation du Prince pour vider sa bibliothèque de tout ce qui était susceptible de l’intéresser. Il fallait bien occuper ses heures de la nuit où le sommeil se fait capricieux…Cependant, elle était curieuse de savoir comment la jeune Baronne allait appréhender cette question…Allait elle lui adresser un regard torve afin de soutenir l’autorité princière, ou au contraire, allait elle l’encourager à se passer de toute permission ? Quelque soit la réponse, elle serait instructive. _________________ L’art de l’épéiste consiste à tout donner, sans jamais rien recevoir, l’art de la femme consiste à tout recevoir sans jamais rien donner. |
|  | | Donatella Visconti Baronne - Ca'Grazziano

Inscrit le : 19 Fév 2007 Messages : 58
| Sujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés Jeu 8 Mai - 12:46 | |
| La jeune baronne regarda la jeune femme avec attention alors qu'elle lui donnait la réponse à sa question concernant le soulier.
"Hoo... coincé entre deux pavés, ah oui c'est embêtant. J'ai cru que vous étiez tombée dans un buisson comme moi parce que.. parce que..."
Tout en parlant, la jeune fille montrait vaguement ses cheveux.
".. vous êtes un peu décoiffée, mais en fait vous avez dû beaucoup lutter pour décoincer votre soulier. Ca doit être ça." dit-elle en hochant la tête d'un air grave.
"Ah et votre cheville... je vous recommande vivement d'aller voir Maître Barozzi. C'est un homme très prévenant et compétant. J'ai souvent besoin de ses services voyez-vous.. donc je sais de quoi je parle." expliqua-t-elle sur le ton de la conversation sans se rendre compte que Mila la scrutait, visiblement perplexe.
"Le Prince..." amorça-t-elle avec un temps d'arrêt comme si le simple fait de parler de lui la troublait de nouveau comme à son arrivée.
"Il est à la bibliothèque avec la Marquise Cenci, d'après ce que j'en sais." répondit-elle avec une petite moue et le regarde assombri.
Un valet s'arrêta à ses côtés et s'inclina avant de lui remettre un pli. Donatella ouvrit le billet, le lut et de nouveau son sourire réapparut et son regard redevint pétillant.
"Ha bonne nouvelle ! Viendrez-vous ce soir à la Fenice ?" demanda-t-elle sans avoir entendu la raison qui faisait que Mila cherchait le Prince Samuele.
Puis se rendant compte qu'elle avait dû oublier quelques chose, elle fronça les sourcils et regarda Mila.
"Vous disiez ?" _________________ Non, elle c'est ma gouvernante, la Baronne c'est moi... |
|  | | Mila Scarlatti Maître d'Armes - Ca'Grazziano

Inscrit le : 02 Sep 2007 Messages : 47
| Sujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés Mer 14 Mai - 15:55 | |
| Maître Barozzi…Mila esquissa un bref sourire. Au cours des longs moments qu’elle avait passé à ses côtés, elle avait compris qu’il était très différent d’elle. Et pourtant…Il avait réussi, sans doute sans même s’en rendre compte, à obtenir la confiance du Maître d’armes. Il battait le fer comme il s’exprimait : avec droiture.
Elle ignorait cependant le pourquoi de cette lueur mélancolique au fond de ses yeux , ce qui le rendait presque mystérieux… Qui avait bien pu flétrir une âme si pure ?
Elle secoua doucement la tête.
Il dissimulait. Derrière l’affabilité, la douceur, la courtoisie, la discrétion, il cachait le tourment.
« Oui…Maître Barozzi est précisément tel que vous le décrivez…Peut être irai je le déranger si la douleur persiste, mais je suis certaine que demain, elle ne sera plus qu’un mauvais souvenir… »
A moins que le mal ne la terrasse, Mila ne laissait personne intervenir. Elle détestait être tripotée et plus encore, avouer ses faiblesses. La fierté était le plus efficace des remèdes.
Les traits de la Baronne s’assombrirent de nouveau à l’évocation du Prince. Mila enfonça son regard fougueux dans celui de la jeune femme.
« Seriez-vous en conflit avec le Prince ? »
La Marquise Cenci…Un « cas » intéressant. Un « cas » à éviter. Manipulatrice, froide et fière. Mila ne retint pas un sourire. La fierté, sans doute leur seul point commun.
« Baronne…Seriez vous aussi en conflit avec la Marquise ? »
Son pied nu glissa sur le sol et la porta tout près de Donatella.
« Ne répondez pas. Vos yeux sombres m’en révèlent déjà trop. »
Inutile de s’acharner sur la jeune Baronne qui apparaissait à Mila comme l’innocence égarée parmi les loups. Son regard glissa lentement vers l’autre bout du couloir. Qu’est ce que le Prince et la Marquise pouvaient bien comploter ?
Elle n’eut guère le temps de s’attarder sur cette question.
« La Fenice ? »
Un souffle de panique chahuta sa quiétude. La Fenice…Trop de monde, trop de bruit, trop de…tout ! Mila appréciait les chants, la comédie, la musique, mais savait pertinemment que rares seraient ceux qui préféreraient, ce soir, l’Art aux brouhahas des médisances. Ces regards qui ignoreront le musicien pour se nourrir des relations qui se noueront ou se déchireront dans la loge voisine, les bouches qui soupireront non émerveillées par la splendeur des costumes, mais par les différentes saynètes qui seront jouées par de nobles têtes, les oreilles qui se laisseront bercer, non pas au son de la harpe, mais aux mélodies des drames et des scandales qui éclateront…
« Là n’est point ma place. » trancha t elle d’une voix convaincue qu’elle espéra aussi convaincante…
C’est en de pareilles circonstances qu’elle appréciait qu’aucun titre n’encombre son patronyme…
Son regard se troubla alors que le valet disparaissait.
« Mais là semble être la vôtre… » ajouta t elle en désignant le pli… « Je félicite l’auteur de ce mot, il a su vous rendre le sourire. Est-ce lui qui vous accompagnera à la Fenice ? » _________________ L’art de l’épéiste consiste à tout donner, sans jamais rien recevoir, l’art de la femme consiste à tout recevoir sans jamais rien donner. |
|  | | Donatella Visconti Baronne - Ca'Grazziano

Inscrit le : 19 Fév 2007 Messages : 58
| Sujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés Mar 20 Mai - 14:32 | |
| Donatella releva les yeux vers Mila quand celle-ci lui demanda si elle était en conflit avec le prince. La jeune fille ouvrit la bouche, la referma puis fronça un peu les sourcils en répondant.
"Non... non pas.. pas du tout. J'ai juste parfois un peu de mal à comprendre ses réactions mais je ne suis pas en conflit avec lui non non non." répondit-elle en secouant énergiquement la tête.
La jeune baronne cligna des yeux en regardant son interlocutrice d'un air interdit.
"Avec la Marquise. Seigneur, pourquoi voulez-vous donc que je sois en conflit avec tout le monde ? La Marquise est une personne généreuse qui s'est proposé de m'aider en me dispensant certains conseils utiles." répondit-elle en scrutant le visage du maître d'armes.
Le fait de se battre à l'épée couramment éveillait-il chez cette femme un sens de l'adversaire et un sentiment de conflit permanent ?
Puis Mila répondit qu'elle ne viendrait pas à la soirée donnée à la Fenice.
"Oh.. c'est dommage" répondit Donatella. "Je comprend que vous n'aimiez pas la musique mais vous savez, les gens vont surtout aux représentations pour voir et être vus, entendre quelques commérages amusants et s'afficher en bonne compagnie. C'est cela qui est amusant." expliqua-t-elle sans savoir que c'était exactement le sentiment contraire de Mila.
Donatella regarda le pli qu'elle tenait dans la main et acquiesça avec le sourire.
"Tout à fait, il s'agit de la réponse positive à mon invitation." _________________ Non, elle c'est ma gouvernante, la Baronne c'est moi... |
|  | | Mila Scarlatti Maître d'Armes - Ca'Grazziano

Inscrit le : 02 Sep 2007 Messages : 47
| Sujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés Jeu 22 Mai - 17:35 | |
| Face au saisissement qui semblait accabler Donatella, Mila décida de ne pas approfondir les sujets délicats qu’incarnaient le Prince et la Marquise.
« Détrompez vous, je ne souhaite vous savoir en conflit avec personne… »
Evidemment, l’association « généreuse » et « Marquise » parut plus qu’obscure à Mila. Elle devinait la Marquise capable de déployer des charmes infinis, mais jamais de générosité…Quant aux réactions du Prince qui décontenançaient la Baronne, Mila n’opposa qu’un nonchalant haussement d’épaules. Qu’il lui ait infligé une gifle magistrale ou qu’il ait simplement souri à un moment inopportun, Mila suspectait Donatella de nature à céder au même trouble…
En outre, le Maître d’armes, non désireuse de s’immiscer dans les intrigues que certaines âmes nourrissaient avec enthousiasme, préféra mettre un terme à cette conversation.
« Me voilà rassurée. Tout est pour le mieux…dans le meilleur des mondes… »
Devise qui hérissait Mila, mais qui devrait combler l’ingénue Baronne.
Heureusement, celle ci changea de sujet pour rebondir sur la soirée qui se préparait à la Fenice.
Malheureusement, la suite du bavardage de la jeune femme inquiéta…Ou plutôt, effraya Mila qui hocha la tête d’un air hébété. Diable ! Mais elle comprenait tout à l’envers !
« Ce n’est pas la musique que je fuis, mais bel et bien les commérages qui sonnent horriblement faux à mes oreilles. Je me contenterai donc de la compagnie de mes épées. Silencieuses et étincelantes. Qualités que je vous souhaite de déceler chez votre…invité…»
Le regard de Mila fixa un instant le pli, puis elle offrit un sourire à Donatella, lui désignant le soulier qui se balançait encore au bout de son index.
« Veuillez m’excuser, je vais me chausser correctement. »
[ Le Rialto - La Maison du Négociant ] _________________ L’art de l’épéiste consiste à tout donner, sans jamais rien recevoir, l’art de la femme consiste à tout recevoir sans jamais rien donner.
Dernière édition par Mila Scarlatti le Mer 11 Juin - 10:10, édité 1 fois |
|  | | Donatella Visconti Baronne - Ca'Grazziano

Inscrit le : 19 Fév 2007 Messages : 58
| Sujet: Re: Le Couloir desservant les Appartements Privés Lun 2 Juin - 13:20 | |
| Donatella afficha un sourire apaisé lorsque Mila lui assura qu'elle ne souhaitait la voir en conflit avec personne. La jeune fille s'en doutait bien mais tout de même, cette femme avait des pensées étranges sur les gens. Mais peu importait, les conversations étaient éphémères et leurs sujets aussi tout comme leurs effets sur l'esprit de Donatella.
"Oui, tout va pour le mieux." confirma-t-elle, ses pensées oscillant entre la conviction et le doute.
Cependant, sa stupéfaction revint un peu sur le devant de la scène quand la jeune femme lui expliqua son point de vue sur les soirées.
"Et bien, vous me voyez surprise." commença-t-elle en se frottant le nez.
"Evidemment cela me semblait étrange que vous n'aimiez pas la musique mais chacun ses goûts n'est-ce pas ? Mais vous savez, les commérages ne sont pas forcément faux, parfois on apprend des choses intéressantes. Peut-être devriez-vous demander vous aussi des conseils à la Marquise ?" proposa-t-elle.
"Parce que des épées.. Oh je ne critique pas vos épées, mais elles sont silencieuses comme vous dites. C'est terriblement ennuyeux, à mon avis." ajouta-t-elle.
"Quant à mon invité.. qu'il soit étincelant, ça je ne sais pas. En tout cas, j'espère bien qu'il ne sera pas silencieux..." conclut-elle d'un air inquiet, l'index posé sur le bord de sa lèvre.
"Vous chausser ? Ah oui oui faites donc, moi je dois me préparer pour ce soir. J'espère que nous aurons d'autres occasions de nous parler. Peut-être même passerai-je vous voir dans la salle d'armes. Je serai curieuse d'essayer.. un peu votre.. heuu actvité. A bientôt donc Madame Scarlatti." dit-elle d'une voix joyeuse accompagné d'un geste de la main.
[Chambre de Donatella] _________________ Non, elle c'est ma gouvernante, la Baronne c'est moi... |
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