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| Auteur | Message |
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Muzio Barrozi Médecin

Nombre de messages: 724 Date d'inscription: 14/05/2005
 | Sujet: Re: Etage Inférieur - Salon Dim 27 Jan - 20:25 | |
| Diantre, la réputation de feu son confrère n'allait pas en s'améliorant après sa mort... La comtesse avait-elle eu à souffrir de la conscience chargée de Treviano ? Une sourde angoisse ressurgit, qu'il avait éprouvée pour la première fois un mois plus tôt au Castello. Cherchait-on à savoir si les informations étaient passées de son prédécesseur à lui ? Le menacerait-on pour cela ?
Muzio garda le silence et sa contenance, en partie grâce au thé qui arrivait à point. Le deuxième déjà de l'après-midi, et étrangement le médecin se rappela soudain le dicton du maréchal-ferrant de son village: "Hier décoction, aujourd'hui extrême-onction, demain putréfaction !". En retenant un éclat de rire, Muzio s'étouffa avec sa gorgée de thé et risqua la quinte de toux tandis que la comtesse se lançait dans son "histoire de famille". Les mots "botanistes" et "plants médicinaux" retinrent néanmoins son attention et il réussit presque à ne plus penser au dangereux chatouillement qui agaçait sa gorge.« Des plantes médicinales ? » répéta-t-il, enthousiaste. « Vous me prenez par les sentiments, Madame... J'éprouve un vif intérêt pour la botanique, et je serais tout aussi heureux que flatté de pouvoir admirer votre collection végétale. » Quant à la perspective d'avoir à disposition des spécimens rares, inutile de dire que Muzio en était enchanté. Il finit son thé avec l'espoir de calmer définitivement à la fois sa soif et ce menaçant picotement, et reposa sa tasse. La boisson était forte et amère, âpre et peu sucrée, masculine. Alors que celle qu'il avait bue chez l'astrologue lui évoquait un goût plutôt féminin. Curieux.« J'apprécie votre thé, il est très... » *Viril ?* « Goûteux. » Ô merveilleux esprit de conversation. Au moins le thé avait-il eu l'effet escompté, et Muzio se sentait mieux. Il reprit sur le sujet qui l'intéressait.« Savez-vous que, outre l'agrément que me procure votre invitation à explorer votre jardin, vous faites bien de désirer mieux connaître vos plantes. Car si l'on tire les meilleures vertus de la nature, le végétal inconnu peut aussi mener aux pires maux. » |
|  | | Ariela Accorti Comtesse

Nombre de messages: 57 Date d'inscription: 07/02/2007
 | Sujet: Re: Etage Inférieur - Salon Dim 10 Fév - 16:05 | |
| La comtesse perçut le petit accident que le médecin avait eu avec le thé. Etait-ce ce qu'elle disait de Treviano qui le mettait dans cet état ? Avait-il mal perçu ce qu'elle voulait dire ? Il craignait peut-être qu'elle lui reproche des choses qui relevaient des... Compétences de son prédécesseur. Ou peut-être qu'il savait tout des activités de Treviano et qu'il n'appréciait pas qu'elle même en sache autant... Non, c'était trop étrange; après tout, les travers de Treviano étaient de notoriété publique, et n'importe qui pouvait dire de telles choses rien qu'en commérant. Ou alors, peut-être qu'il s'amusait de la manière de présenter les choses. On s'étranglait parfois en voulant rire et boire en même temps. Auquel cas il manquait un peu d'éducation.
Quoi qu'il en soit, elle avait visé juste. Ses plantes avaient, en plus de leurs vertus naturelles, un fort pouvoir sociabilisant. Du moins sur les médecins. Maître Barozzi devenait soudain un peu plus agréable que quelques instants auparavant; il se détendait visiblement. Tant mieux. Le presser n'aurait servi à rien.
Il se prit à la féliciter de vouloir mieux connaître ses plantes, évoquant les effets néfastes qu'elles pouvaient avoir. Sa mère s'était beaucoup appliquée à lui enseigner cela. Ariela était trop jeune à l'époque pour s'y intéresser sérieusement, mais lorsqu'Andrea Caprara était sorti de sa vie, elle avait soudain pris un vif intérêt dans les leçons de la comtesse Accorti. Bien sûr, officiellement, pour des raisons purement altruistes. Officieusement, pour mieux maîtriser ces côtés moins directement profitables pour la santé des patients. "Vous avez parfaitement raison, Maître. C'est à vrai dire la raison pour laquelle je n'ai pas risqué autre chose que ce que m'a mère a pu m'enseigner; ni même augmenter un peu les doses. J'ai conscience que la médecine est une science ou l'approximation ne pardonne guère. Je n'ai pas envie de jouer à l'apprentie sorcière." Peut-être même pourrait-il lui apprendre un ou deux tours pendables en lui expliquant les dangers de ses plants. Elle n'était pas certaine de tout savoir. Après tout, comme elle l'avait dit, et c'était la vérité vraie, sa mère était morte brusquement, sans avoir tout à fait achever de la former à la botanique. Le seul petit arrangement était qu'elle en savait évidemment bien plus qu'elle ne voulait bien l'avouer. "Terminez votre tasse, je vous mènerai au jardin une fois que vous l'aurez achevée. Oh, en attendant, il me semble qu'une de mes connaissances loge chez vous. J'ai entendu dire que monsieur Catanei vivait désormais Calle Bardini..." Oui, décidémment, ce médecin était pleinement intéressant. Elle avait eu bien raison de l'inviter. On n'écartait pas de son chemin un homme qui touchait ainsi à nos propres préoccupations. |
|  | | Muzio Barrozi Médecin

Nombre de messages: 724 Date d'inscription: 14/05/2005
 | Sujet: Re: Etage Inférieur - Salon Jeu 14 Fév - 11:48 | |
| Comble de la cuistrerie, Muzio avait fini son thé avant la recommandation de son hôtesse. Il récupéra néanmoins la tasse qu'il avait reposée et considéra qu'il y avait bien encore quelques gouttes à gagner. Il les économisa soigneusement.
La comtesse évoqua Demetrio. Alors que le médecin en était à se demander comment il fallait entendre l'expression "une de mes connaissances", il prit conscience que la parole était à lui.« Absolument, j'ai le plaisir d'accueillir monsieur Catanei. C'est un privilège que j'ai de consulter en musique. » confia-t-il avec un sourire.
Il s'humecta les lèvres avec le peu de thé restant.« Monsieur Catanei est un artiste de grande qualité et un homme très attachant. Je n'aurais pu trouver meilleure compagnie. » Evidemment, Muzio n'ignorait pas les bruits qui ternissaient la réputation de son locataire. Un mois auparavant, après la soirée du Castello, le médecin avait tenu à exprimer son mécontentement à Demetrio et celui-ci s'était repenti de sa conduite. Les deux hommes, sans être devenus très proches, avaient posé les bases d'une relation cordiale, et Muzio s'était effectivement pris d'attachement pour le jeune homme. Cependant les rumeurs allaient bon train concernant l'influence de Tiberio Adorasti sur le violoniste, et s'il s'avérait qu'elles ne reposaient pas que sur la fameuse soirée du 5 février, Muzio devrait réserver un nouvel entretien à son locataire.
Le médecin vida définitivement sa tasse et la reposa sur sa soucoupe. Ah les rumeurs... Si l'on devait toutes les croire, il conversait à ce moment-même avec la plus perverse des dames de Venise.« Me trouverez-vous tout à fait inconvenant si je vous avouais mon impatience à découvrir votre jardin ? » demanda-t-il finalement en s'excusant d'un sourire.[La Maison d'Ariela Accorti - Jardin]
Dernière édition par Muzio Barrozi le Sam 15 Mar - 15:20, édité 1 fois |
|  | | Ariela Accorti Comtesse

Nombre de messages: 57 Date d'inscription: 07/02/2007
 | Sujet: Re: Etage Inférieur - Salon Mer 12 Mar - 23:28 | |
| Ariela eu un petit rire clair, un peu espiègle, pas vraiment moqueur. Il était mignon, ce petit médecin. Mignon, mais pas dénué d'un peu de cervelle, contrairement à une certaine Donatella. Il lui plaisait bien, après tout, il était assez frais lui aussi. Et puis, il appréciait Demetrio. Il lui manquait quelque chose, peut-être d'être artiste lui-même, pour être réellement passionant, mais il amusait tout de même la comtesse."Je vous trouverai plus passionné qu'inconvenant, Maître Barrozi. C'est un mal bien moindre, et je vous accorde toute mon indulgence. Si vous voulez bien me suivre, je vais vous montrer cela de suite. Je doute que vous soyez déçu, feu mon père n'avait pas fait les choses à moitié." Ariela eut un regard attendri pour Giacomo, alors que le félin s'étirait, dérangé par le lever de la comtesse et de son hôte. La bête entreprit avec un sérieux sans faille la toilette de son postérieur, une patte arrière plantée dans les airs. Les chats avaient des ridicules étonnants, en ceci qu'ils s'y attelaient avec force application, avec la dignité d'un roi. Le rituel de l'arrière train était un évènement sacré dans la vie des chats, une communion qui ne souffrait aucune perturbation.
Sentant le regard amusé de la comtesse planer sur lui, l'animal releva un instant la tête de sa tâche. Giacomo posa sur Ariela un regard chargé de mols reproches, avant de replonger sous sa patte sans plus se préoccuper de la présence de deux être humains dans les environs de sa toilette intime.
La comtesse rit intérieurement de cette petite scène si féline; puis abandonna là son animal. Elle s'engagea dans le couloir et rejoignit la porte du jardin, Muzio sur les talons.[La Maison d'Ariela Accorti - Jardin] |
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