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Etage Inférieur - Le Salon

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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti



Inscrit le : 04 Juil 2005
Messages : 159

MessageSujet: Re: Etage Inférieur - Le Salon   Sam 1 Déc - 20:04

La femme. Luciano appréciait les absolus, un art, un savoir-faire, une façon d’être amenés à leur essence. S’offrir la perfection lorsqu’on en possédait à la fois le pouvoir, les moyens et le bon goût n’était pas un luxe mais bien une nécessité, l’une des préséances d’une classe à qui tout était permis. Tout comme la plus raffinée des cruautés ou la beauté la plus pure, il savait reconnaître la femme dans toute sa splendeur, son élégance, sa séduction lorsqu’elle se trouvait devant lui. Ses yeux suivirent le drapé d’une robe, la courbe d’une poitrine, d’une gorge insolemment invitantes pour finalement croiser le regard vif de son interlocutrice.

« Vous savez tout comme moi, Madame, que cette frustration fut partagée, et que ce ne fut qu’au prix d’un ultime effort que j’ai dû préférer mes obligations à votre compagnie. »

Satisfait de la réaction qu’il obtint grâce à son présent, il se félicita de son choix tout en s’avançant un peu plus vers Graziella. Son esprit lui fit miroiter la perspective que la jeune femme se prête au même exercice avec la robe de soie et de taffetas, toujours confinée dans son paquetage.

« Parfait, » approuva-t-il, un sourire flottant sur ses lèvres.

Son désir se reflétait dans ses yeux, seuls, car il ne s’abandonnait que rarement, encore moins en présence d’une femme. Bien que fougueux et volontaire, il n’en gardait pas moins une certaine maîtrise de lui-même, une mainmise sur ce qui se déroulait jusque derrière les portes closes. Ses lèvres effleurèrent la peau pâle, sa main, dénuée de tout gant pour savourer le plaisir de toucher à cette chair tendre, frôlant une épaule découverte, rappel d’une emprise qui pouvait se resserrer sans pitié ou écho d’une caresse déjà échangée. Les jeux du baron n’étaient jamais bien loin de ce qu’il infligeait à ses ennemis, sans doute parce que l’ultime privilège de l’aristocratie était de corrompre la perfection qu’elle s’était appropriée. L’absolu n’était jamais aussi beau que confronté à son contraire, c’était pourquoi l’affection de Luciano n’allait jamais sans douleur pour celui qui en était objet et victime.

Quelques mots soufflés à son oreille firent basculer sa conduite, ses doigts suspendant leur geste à l’image d’un pendule qui se serait arrêté dans le temps, définitivement menaçants à présent. À peine quelques secondes de calcul, de surprise également, s’écoulèrent avant qu’il ne s’enquière, sa voix dangereusement basse et détachée :


« Serait-ce un reproche, Madame? Je ne vous croyais pas intéressée par les querelles de cette ville. Jamais auparavant vous n’aviez fait mention de quelque affaire concernant la lutte entre Adorasti et Grazziano… Pourquoi cette curiosité soudaine? »

Il sonda du regard ces prunelles de glace, à la recherche d’une réponse.


« Seriez-vous au fait de la raison pour laquelle la dague du Prince Adorasti, marquée aux armes de sa Maison, s’est retrouvée dans le cadavre d’un proche de la Ca’Grazziano? J’ai cru comprendre que le défunt comptait parmi vos connaissances…»
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Se faire des amis est une occupation de paysan, se faire des ennemis est une occupation d'aristocrate.
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Graziella Rivieri
Courtisane



Inscrit le : 03 Sep 2005
Messages : 113

MessageSujet: Re: Etage Inférieur - Le Salon   Lun 3 Déc - 22:14

Une caresse suspendue, un baiser figé.. sa dernière remarque avait fait son effet et visiblement le sujet était assez sensible pour que le baron soit aussitôt sur la défensive, même face à elle.

La courtisane se recula d'un pas, pas assez pour rompre leur proximité mais juste pour pouvoir le regarder dans les yeux. Son sourire était discret mais son regard se voulait rassurant.


"Baron..." dit-elle dans un soupir désolé tout en hochant lentement la tête de gauche à droite.

"Je suis navrée que vous ayez pris ma remarque pour une menace" dit-elle calmement en penchant doucement la tête de côté.

"Je ne connais pas plus que vous la raison de la présence de cette dague dans le cadavre d'un ennemie des Adorasti. En revanche... je sais tout comme vous l'ampleur que pourrait prendre une telle affaire si cela se savait. Votre geste était honorable, mais risqué." ajouta-t-elle en le fixant. Son sourire doux démentait la gravité de ses paroles, bien que son regard soit pénétrant.

Graziella contourna lentement Luciano et sa main vint se poser sur son épaule, effleurant le velours de son pourpoint et frôlant sa nuque du bout des doigts.


"Détendez-vous baron... Je n'ai assurément aucun intérêt à ce qu'un de mes protecteurs... qu'il soit prince ou baron... ait des ennuis... Comprenez-vous mieux ma curiosité soudaine maintenant ?" lui demanda-t-elle tout bas, ses lèvres effleurant de nouveau le lobe de son oreille. Luciano avait entièrement raison. Les querelles de la ville ne l'intéressaient pas... du moment que son propre profit n'était pas touché.

De son pas lent, elle termina de contourner le baron pour revenir face à lui. Ses doigts glissèrent de son épaule à sa manche jusqu'à la dentelle de son poignet sur lequel elle glissa ses doigts à la recherche d'un contact plus direct. Ses doigts trouvèrent la paume et s'y attardèrent.

La courtisane ferma les yeux et pencha légèrement la tête en arrière pour rire discrètement.


"Matteo Salvanti... une connaissance... d'une seule rencontre tout à fait.. cordiale. Baron..."

Graziella rouvrit les yeux et son regard se fit de braise, à l'image du désir qu'elle avait vu brûler dans les yeux de Luciano un peu plus tôt. Elle s'approcha de nouveau contre lui et sa joue frôla la sienne. Le tissu de sa robe émit un léger froissement et la main de Luciano, guidée par la sienne, se posa sur les lacets de sa robe.

"A vous d'ouvrir votre présent..." susurra-t-elle.
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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti



Inscrit le : 04 Juil 2005
Messages : 159

MessageSujet: Re: Etage Inférieur - Le Salon   Jeu 13 Déc - 5:16

La femme. Luciano appréciait les absolus, un art, un savoir-faire, une façon d’être amenés à leur essence. Même sur ses gardes, il demeurait en mesure d’admirer le jeu de la courtisane. Incapable de détacher son regard d’elle, il suivit chacun de ses pas, sa gorge qui s’offrait à lui et ses boucles flamboyantes qui, d’un même temps, caressaient sa peau, ses lèvres s’étirant dans un sourire dénué de tout fiel, sa démarche nonchalante à nouveau et, lorsqu’il ne put plus la voir, il se la représenta au son de sa voix et par le contact de ses doigts audacieux. Était-il plus esthète que dévoué à la famille Adorasti? Il cligna des yeux et, se soustrayant momentanément au charme de la jeune femme, il porta plus d’attention à ses paroles qu’à la bouche par trop distrayante qui les formulait. Assurément, Graziella n’était pas sans esprit et sa plaidoirie reflétait l’intelligence subtile qui avait toujours plu au baron. C’était toutefois la première qu’il lui fallait prêter oreille à son discours comme à celui d’un potentiel ennemi aux intérêts contraires à ceux d’Andrea. Devait-il lui donner tort ou raison? Sacrifier plusieurs années de bons et loyaux services pour une simple remarque? Remarque qui avait été loin d’être lancée au hasard?

Le mot « menace » le fit ciller, piquant son amour-propre qui le préférait toujours dans la position de prédateur plutôt que de proie, d’accusateur plutôt que d’accusé, de dominant plutôt que de dominé. Partagé entre l’orgueil et la luxure, le passage sensuel d’une main contre sa nuque lui fit finalement opter pour le second de ces vices. Certains plaisirs lui ayant été obstinément niés au cours du mois dernier, il lui semblait absurde de s’en priver plus longtemps en si agréable compagnie. Sa voix s’éleva, toujours grondante, mais plus de danger cette fois, puisque que celui-ci s’écartait peu à peu :

« La plus terrible menace que vous puissiez faire peser sur moi serait celle de vous refuser à me recevoir, Madame. Votre curiosité est justifiée, toutefois… »

Sa main se referma autour du poignet de son interlocutrice, sa poigne ferme sans être brusque, simple rappel de son statut de prédilection.

« … soyez assurée que plusieurs veillent aux intérêts de la Ca’Adorasti avec force de zèle et de discernement. »

Il laissa l’ombre d’un sourire naître sur ses lèvres fines à la réponse de sa compagne, au sujet de feu Matteo Salvanti.

« Une seule et unique rencontre? J’ose espérer qu’elle fût assez cordiale pour qu’il n’emporte aucun regret dans sa tombe. »

Ses doigts se retrouvèrent contre un corset toujours honteusement lacé et l’aristocrate eut tôt fait de défaire les liens qui retenaient encore prisonnier ce corps contre le sien. Il s’empara de cette bouche pleine avant d’explorer une gorge entièrement découverte, son bras encerclant une taille souple tandis que l’autre soutenait la nuque de sa maîtresse, comme pour l’inciter à un abandon total. Par amusement et peut-être également par désir de désarçonner Graziella autant qu’il l’avait été lui-même, un peu plus tôt, il l’attira jusqu’au canapé au centre du salon, sans se soucier de la présence de domestiques ou de la fenêtre aux rideaux grands ouverts.


« Je suis impatient de révéler la nature de ce présent, bien qu’il me paraisse d’ores et déjà des plus remarquables, » lui glissa-t-il à l’oreille.

Son sourire s’élargit et il sembla se raviser, décidant d’épargner quelque embarras à sa délicieuse compagne. D’un mouvement leste, il la souleva dans ses bras à la manière des galants d’autrefois et s’engagea vers l’escalier menant à la chambre de sa belle.


« J’en conserve cependant l’exclusivité. Pourquoi devrais-je le partager à la vue de tous? s’enquit-il, un éclat joueur dans son regard d’ordinaire si froid. Vous me savez possessif, j’ose espérer que vous ne vous en formalisez point. »

[La Chambre de Graziella]
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Graziella Rivieri
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Inscrit le : 03 Sep 2005
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MessageSujet: Re: Etage Inférieur - Le Salon   Jeu 13 Déc - 17:50

Luciano n'avait pas bougé tandis qu'elle avait pris son temps pour le contourner, l'effleurer, le toucher. Cette attitude le soumettait à son regard comme une proie autour de laquelle tournait un prédateur. Or, Graziella savait pertinemment la position naturelle du baron dans ce genre de jeux. Mais le jeu était justement là. Piquer son amour propre et inverser les rôles pour ensuite reprendre sa place, était très stimulant pour elle comme pour lui. C'était un jeu qu'elle se plaisait à effectuer à chaque fois, juste pour savourer la manière dont il s'y prenait afin de reprendre son rang de dominant. Il se pouvait qu'elle retente cela plusieurs fois mais quand le baron avait gagné, elle se soumettait toujours entièrement à sa volonté non sans un certain plaisir.

Lorsqu'il reprit la parole de sa voix grondante, Graziella eut un léger sourire victorieux. Tout malentendu était écarté et la description de la terrible menace qu'elle pouvait faire peser sur lui l'honora. Elle répondit par un sourire charmeur quand il lui saisit le poignet. Ah le voilà qui reprenait sa place comme elle l'avait prévu et faisait valoir son statut.


"Bien... si vous m'assurez que les intérêts de la Ca'Adorasti et de son maître sont bien gardés.. alors ma curiosité s'arrêtera là." dit-elle, le sourire aux lèvres et le ton presque désinvolte.

Son corps toujours contre celui du baron, elle sentit ses doigts commencer à dénouer ses lacets. C'est donc avec amusement qu'elle répondit à la question concernant le défunt du Castello.


"Peu m'importe s'il a emporté des regrets, moi j'en ai. Il avait belle figure, et c'est toujours une contrariété pour moi de me voir retirer le plaisir de faire la connaissance plus... approfondie d'un éphèbe à la chevelure blonde.. lunaire..." dit-elle, murmurant les derniers mots tandis que le visage du petit protégé du baron s'imposait plus que celui de Matteo.

Une main sur sa nuque, la courtisane releva instinctivement le menton et lui offrit sa gorge dont il s'empara avec fièvre tout comme ses lèvres. Mais lorsqu'il l'attira vers le canapé, plutôt que d'être désarçonnée, Graziella partit d'un grand rire cristallin, mi mutin mi surpris. Luciano n'était pas le premier à vouloir goûter sa visite autre part que dans sa chambre. Il semblait que les lieux inappropriés ou inhabituels soit objet de fantasme et d'ivresse. Cependant, jamais plus que les préludes ne s'étaient déroulés autre part que dans ses appartements car ce fut finalement ces messieurs qui furent gênés du regard des autres plutôt qu'elle.

Puis Luciano se ravisa et la courtisane le laissa faire à sa convenance. Son rire ne s'était pas estompé totalement et son sourire persistait alors qu'il la prenait dans ses bras pour la porter jusque dans les escaliers. Graziella en profita pour dénouer le jabot de dentelles en laissant courir ses doigts sur la peau de son galant. Ce faisant, elle répondit à sa question et l'éclat joueur qu'elle avait vu dans son regard se retrouva dans sa propre voix.


"Le plaisir n'est pas à la possession d'un bien mais à la capacité d'en jouir..."

[La Chambre de Graziella]
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