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Extérieur - Le Ponton

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Lorenzo Dellaporta
Majordome - Ca'Adorasti



Inscrit le : 24 Avr 2005
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MessageSujet: Extérieur - Le Ponton   Sam 3 Sep - 17:56

[Embarcadaire ~ Ca'Adorasti]

Les pierres roses de la Calle Gallante sauterent aux yeux de Lorenzo dès que Carlo eut habilement négocié le dernier virage. Le voyage avait duré une bonne vingtaine de minutes et le jeune homme avait eut le temps, bercé par la voix du gondolier, de partir dans ses pensées. Sans s'en rendre compte, il etait passé dans un etat de semi-eveil. Il ne le comprit que lorsque le rose de la façade le "réveilla".

La batisse etait haute et imposante. Les ouvertures etaient ornées de petits balcons blancs.
Rose et blanc.
L'innocence et la pureté pour masquer les affaires pourpres et noires qui s'y passaient.

La gondole accosta bientot au ponton et Lorenzo y descendit, serrant toujours son manteau contre lui. Il aurait ete dommage que "l'invitation du prince" tombe à l'eau si près du but.


"Attendez moi Carlo, ce n'est qu'une affaire de 10 minutes."

Le regard intrigué du gondolier lorsqu'il lui avait dit sa destination avait fait rougir betement les joues du majordome. Il était hors de question de s'éterniser en ces lieux pour alimenter les rumeurs.

La porte etait aussi blanche que les balcons et ornée d'un marteau de bronze. Les doigts soignés de Lorenzo s'en emparèrent et frapperent trois coups contre le lourd battant.

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Elena Va
Invité




MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Lun 19 Sep - 11:21

[ Eglise San Siriano - La Chapelle de la Pieta ]

Le souffle coupé d'avoir mi-marché, mi-courru, Elena arriva enfin dans la Calle Galante. Il aurait été certes plus intelligent de prendre les gondoles comme moyen de locomotion au lieu que ses pauvres et fragiles pieds, mais l'adolescente, aussi stupide que cela puisse paraître, n'aimait pas les utiliser. L'eau la répugnait et l'effrayait en même temps, le fait d'être assis sur un sol qui bouge, qui tangue, et qui risque de s'échouer ne plaisait pas du tout à Elena. Peureuse ? Oui, certainement.
Ses cheveux blonds, d'habitude coiffés avec un minimum d'élégance, collaient sur son visage humide de transpiration, ses yeux étaient rouges des larmes qu'elle avait versées quelques temps auparavant, sa robe azur ornée de blanches dentelles, quant à elle, était tachée et mouillée à quelques endroits. L'apparence de la Servante de la Courtisane était aussi ridicule que déplorable.

Quelle surprise se fut pour l'adolescente, que de voir qu'à l'éntrée de la Maison de sa Maîtresse se trouvait un inconnu qui avait l'air d'attendre qu'on vienne lui répondre. Les pomettes d'Elena rosirent légèrement et c'est avec un air gêné qu'elle alla voir Lorenzo.


"Monsieur" prononça-t-elle d'une petite voix timide tout en faisant une légère révérance. "J'espère que vous n'attendez pas depuis longtemps, j'étais partie et la Maison de Dame Rivieri est restée donc innocupée. Je suis vraiment désolée pour cela" Elena posa pendant quelques secondes ses yeux sur le sol. Elle aurait bien voulu dévisager un peu plus l'homme qui lui faisait face, mais elle n'arrivait pas à le regarder dans les yeux. "Puis-je vous aider ? Voulez-vous entrer ?"


Dernière édition par le Dim 25 Sep - 15:14, édité 1 fois
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Lorenzo Dellaporta
Majordome - Ca'Adorasti



Inscrit le : 24 Avr 2005
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Statut : Personnage Supprimé

MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Jeu 22 Sep - 17:35

Lorenzo s'était retourné en entendant des pas pressés resonner et se rapprocher. Il vit avec étonnement une demoiselle vetue d'une robe bleue accourir vers lui. Elle avait l'air mal en point et un instant Lorenzo crut qu'elle allait se jeter sur lui et lui demander aide et protection contre il ne savait qui. Mais il n'en fut rien. Le souffle court, elle s'inquietait de l'avoir fait attendre.

Lorenzo allait de surprise en surprise mais rien sur son visage ne laissait voir le moindre desarçonnement. C'est avec une voix calme et posée qu'il répondit à l'insolite jeune fille.


"Je viens juste d'arriver ne vous inquietez pas, la surface du canal ondule encore suite au passage de ma gondole. Mon maître m'a demandé de remettre certaines choses en mains propre à votre maitresse. Je souhaiterais la rencontrer."

La jeune femme devait etre une servante de la courtisane car sa robe n'etait pas de riche confection. Lorenzo observa encore un instant le visage eprouvé de la demoiselle et son regard nota rapidement la rougeur de ses yeux et l'etat souillé de sa robe.

"Vous a-t-on malmenée? Etes vous blessée? Désirez vous vous asseoir?"

Le jeune homme tendit doucement sa main pour lui permettre de s'y accrocher. Il avait vraiment peur qu'elle ne s'evanouisse sur le ponton.
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Graziella Rivieri
Courtisane



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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Ven 23 Sep - 10:58

[Caffé Florian]

Une gondole accosta peu de temps après l'arrivée d'Elena. La courtisane, accompagnée de Matteo Salvanti, lui expliquait ô combien elle allait se plaire dans cette ville splendide au charme pittoresque. En même temps, elle avait pris le froid de cette journée en prétexte pour s'asseoir bien contre le jeune homme blond.

"Oh, voici où je me suis installée." dit-elle en montrant le bâtiment aux pierres roses et aux balcons blancs. "N'est-ce pas charmant ? Vous viendrez bien à l'intérieur vous réchauffer un peu n'est-ce pas ?" demanda-t-elle avec un grand sourire.

Elle descendit de l'embarcation avec l'aide du gondolier et attendit que Matteo fasse de même avant de s'approcher des deux personnes déjà présentes sur le ponton. Se tournant tout d'abord vers sa servante, Graziella lui prit doucement le menton d'un air ennuyé.
"Vous avez mauvaise mine Elena, vous devriez aller vous rafraîchir un peu." ajouta-t-elle d'une voix douce. Connaissant Elena, même depuis peu, elle devinait aisément qu'elle avait pleuré. Cette jeune fille était vraiment très sensible, elles devraient avoir une discussion bientôt.

Puis faisant demi-tour avec entrain, elle fit face au jeune homme, un sourire éclatant aux lèvres.
"Monsieur ? Que puis-je pour vous ?"
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Matteo Salvanti
Homme de Main - Ca'Grazziano



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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Sam 24 Sep - 22:51

[Caffé Florian]

Le trajet du Caffé Florian jusqu'à la Calle Galante avait été des plus charmantes pour Matteo. La signora Rivieri avait été d'une fort agréable compagnie tout au long de la traversée en gondole. La proximité de son corps aux courbes généreuses n'avait bien sûr pas influencé la haute estime qu'il avait rapidement développé pour la jeune femme. Après tout, il était tout naturel qu'en bon gentilhomme, il se fut rapproché d'elle pour la tenir au chaud. Tout gentilhomme aurait fait pareil, Matteo le premier.

Arrivé à bon port, le garçon admira la demeure de la courtisane, se demandant vaguement où se situait sa chambre. Par pure curiosité, bien entendu.


« C'est avec le plus grand plaisir que j'accepte votre invitation, signora, » répondit-il avec un sourire à la proposition qui lui avait été faite.

Il nota avec un certain agacement la présence de deux autres individus, visiblement des serviteurs. La jeune fille n'était pas vilaine. Quant à son homologue masculin, il était tout à fait agréable à l'oeil. Un sourire étira ses lèvres pleines. Il se tint en retrait, le temps que la courtisane dispose de ses affaires domestiques, profitant du moment de répit pour l'admirer dans toute sa splendeur. C'était une occasion à ne pas rater.

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Elena Va
Invité




MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Lun 3 Oct - 11:33

Elena hocha de la tête aux dires de Lorenzo d'un air rassuré et entendu. Elle allait lui répondre que Dame Rivieri serait sûrement de retour dans quelques temps, que pendant ce temps, ils pourraient rentrer et plutôt attendre dans le salon que dehors, mais elle n'en fit rien... Elle vit une main se rapprocher d'elle. Oh, cela partait évidemment d'un très bon sentiment, seulement la jeune fille était d'un naturel renfermé et craintif envers la plupart des personnes, sa Maîtresse exclue. Elena recula d'un pas, comme effrayée. Elle se mit à frissonner et voulut s'excuser mais elle se mit à balbutier d'une petite voix des mots inaudibles.

L'adolescente ne remarqua pas la gondole arriver, et lorsqu'elle entendit des talons résonner dans la Calle Gallante, elle ne put se retourner que déjà sa maîtresse lui prit le menton, d'un geste plus affectueux qu'autre chose. Elena arrêta de trembler. Ses yeux se mirent à briller de surprise, de réconfort, d'admiration, et un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Sentir le contact avec les doigts fins, la peau douce de sa Maîtresse suffit à la jeune fille pour oublier toutes ses petites -et inexistantes- mésaventures de la journée.

Lorsque Dame Rivieri lui adressa la parole, Elena acquieça d'un hochement de tête et d'un
"Oui Madame" vif.

Elle remarqua alors la présence de Matteo et de suite s'inclina avec le respect qu'il se devait devant lui en prononçant en guise de salutations
"Monsieur". Elle fit bien attention de ne pas le regarder dans les yeux, les personnes avec un rang plus ou moins élevé étaient souvent très sensibles et suceptibles à ce sujet.

Elena se releva et jetta un regard à sa Maîtresse, puis, espérant ne pas faire une erreur, sortit une clef fine et dorée d'une de ses poches de sa robe de Servante, et ouvrit la porte d'entrée de la demeure de la Courtisane.
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Lorenzo Dellaporta
Majordome - Ca'Adorasti



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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Sam 15 Oct - 15:35

Lorenzo se tourna lorsqu'il entendit des voix et des pas resonner derriere lui. Une gondole avait accosté au ponton et deux personnes en etaient descendues : La dame qu'il venait voir etait accompagnée d'un fort séduisant jeune homme au physique d'une finesse incomparable. Lorenzo le dévisagea un instant, puis sont regard revint vers la courtisane qui s'entretenait avec la jeune servante.

Le majordome regarda cette derniere sortir une petite clef de sa poche et l'introduire dans la serrure.

Il revint rapidement à la courtisane qu'il salua en s'inclinant comme le voulaient les usages, plus que par reel respect. Le jeune homme se redressa bien vite et son regard bleu fixa intensement les yeux brillants de la jeune dame.


"Je vous présente mes hommages. Mon seigneur m'envoie pour une affaire personnelle. J'ai avec moi quelque chose à vous remettre en privé."

Un regard vers le jeune galant puis il regarda la courtisane, attendant sa reponse.
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Graziella Rivieri
Courtisane



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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Sam 15 Oct - 23:19

Alors que Matteo restait un peu en retrait pour lui laisser gérer ses affaires et qu'Elena entrait dans la maison, Graziella répondit au salut du jeune majordome en s'inclinant à son tour.

Elle écouta sa requête le sourire aux lèvres. Ainsi donc il devait lui remettre quelque chose... venant de son seigneur en plus. Tout cela était absolument excitant. Elle brûlait d'envie de savoir de quoi il s'agissait et sa curiosité la pressa à bouger les choses.


"Vous m'en voyez ravie, entrez donc je vous prie."

Elle tendit un bas vers Matteo pour l'inviter à entrer lui aussi puis sourit à Lorenzo pour qu'elle le suivre également.
Cette journée était vraiment splendide, oui vraiment.

Elle tourna les talons et entra dans la maison.


[Salon]
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Matteo Salvanti
Homme de Main - Ca'Grazziano



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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Ven 21 Oct - 0:50

Pendant que sa charmante compagne s'entretenait avec sa servante, Matteo eut tout le loisir de contempler l'émissaire envoyé par ce mystérieux seigneur. Délicieux, décidément. Il était étrange de constater comment la Nature distribuait la beauté, sans distinction du rang ou de la condition. Ce garçon avait l'allure d'un Prince, et pourtant, c'était lui qui servait un aristocrate, probablement vieux, poudré et mortellement ennuyeux.

Ses yeux bleus admirèrent les traits fins et réguliers du jeune majordome. Il était presque dommage qu'il fusse en si bonne compagnie. Dans le cas contraire, Matteo n'aurait pas hésité à faire quelques propositions au délicieux domestique... et ce, même s'il lui aurait fallu éconduire sa belle ou son beau du moment.

Prêtant son bras à la jeune femme rousse, ils firent tous deux leur entrée dans la demeure de pierres roses, une couleur se rapprochant fort de la couleur de la passion, quelque chose qu'il comptait bien trouver une fois à l'intérieur.


[Salon]
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Matteo Salvanti
Homme de Main - Ca'Grazziano



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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Jeu 10 Nov - 20:56

[Le Salon]

C’est avec un grand sourire aux lèvres que Matteo retrouva l’air libre. Quelle femme délicieuse que cette signora Rivieri! Il prendrait un vif plaisir à la revoir à la soirée… s’il arrivait à détacher ses yeux du Prince Elio. Un léger soupir s’échappa de ses lèvres, formant un nuage de buée dans l’air frais. Tout semblait se rapporter à ce damné d’Adorasti qui, telle une araignée au centre de sa toile, tissait des intrigues dans lesquelles le garçon avait encore peine à démêler. Et son arrivée à Venise était encore récente…

Il fallait à tout prix se changer à nouveau les idées! Le blond lança un regard de regret vers la maison de la courtisane qui s’effaça bientôt pour faire place à son enjouement habituel. Tant pis s’il devait remettre cette forme de divertissement à plus tard en ce qui concernait la jeune femme rousse, d’autres attendaient sûrement, en ce moment même, qu’un mignon au visage d’ange leur fasse la cour. Ce mignon, c’était lui, et il s’acquitterait de cette tâche avec dévouement.

Hélant un gondolier qui passait non loin de là, l’homme de main prit place dans l’embarcation et, sous le coup de l’inspiration, demanda d’être mené jusqu’à la Calle Bardini.


[Calle Bardini]
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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti



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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Lun 6 Nov - 20:57

[Bouche d'Ombre - Ruelle de l'Ancienne Tuilerie]

Affaissé sur le banc de nage, le visage livide et le front emperlé de sueur dissimulés par son tricorne, Elio s'etait difficilement redressé quand l'embarcation avait accosté le ponton.
Il n'avait pas saisi la main que lui tendait l'homme se contentant de lui lancer le reste de son dû et la machoire crispée, s'efforçant de se tenir droit, il avait pris pied sur les planches de bois.

La barque s'en étant allée, il avait gagné la porte de la maison de la courtisane et ayant franchi les trois marches usées avait actionné violemment le heurtoir. Il entendit le bruit du bronze sur le bois se répercuter sourdement dans les entrailles de la batisse.
Mais personne ne vint lui ouvrir. Avec un juron, il frappa la porte du pommeau de son épée qu'il n'avait pas lachée et le mouvement lui arracha un grognement de douleur.
Il pressa à nouveau sa main gantée sur sa blessure dont le sang avait imbibé ses vêtements et grimaça
.

"Graziella, Nom de Dieu il n'est pas temps de courir les salons, où êtes-vous ?"

A bout de forces, il se laissa glisser contre le bois humide de la porte jusqu'à s'assoir sur la pierre glacée. Son épée qu'il tenait toujours avec force tinta sur le sol et le talon de sa botte racla le bois du ponton. Il resta ainsi, ses longues jambes dont une était pliée et l'autre étendue interdisant à quiconque de franchir les marches.
Il se sentait dans un tel état de faiblesse qu'il ne pouvait bouger sans déclancher une sarabande de vertiges
.
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"La haine est toujours plus clairvoyante et plus ingénieuse que l'amitié." C.de L.
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Graziella Rivieri
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Lun 6 Nov - 22:52

[Pont du Rialto]

Pour ne plus perdre une seule minute, les deux jeunes femmes avaient pris une embarcation au Rialto pour rentrer à Calle Galante plus rapidement. Bien sûr, marcher les aurait réchauffées mais le couvre-feu avait sonné et la nuit était tombée comme une lourde tenture noire. Il était temps de rentrer au chaud chez soi et se délasser de cette soirée.

"Penses-tu que notre gardien du pont masqué va divulguer nos secrets, Lea ?" demanda-t-elle en regardant sa servante blottie contre elle. Un sourire grandit sur ses lèvres et la courtisane répondit à sa place.

"J'espère bien."

Graziella se mit à rire puis se redressa alors que l'embarcation touchait le ponton de sa maison. Elle saisit la main de l'homme qui l'aida à monter les planches et en profita pour lui glisser une pièce.

Tandis que l'homme aidait à son tour sa servante, Graziella était tournée vers la porte de sa maison, observant une silhouette occupant les quelques marches menant à l'entrée. Etait-ce un mendiant qui s'était installé là pour la nuit ? Non c'était peu probable et malgré l'obscurité, elle voyait que l'homme n'était pas vêtu comme un vagabond.

Graziella s'avança. Un protecteur venant l'aborder ? Non pas à cette heure-là. Une volute blanche s'échappa d'entre ses lèvres rougies par le froid alors qu'un souvenir presque similaire revenait à son esprit. La courtisane parcourut les derniers mètres d'un pas plus rapide. C'était impossible.

Rendue devant l'homme, elle s'était accroupie et sa main chaude sortie du manchon vint toucher la joue d'Elio. Elle n'eut pas besoin de prononcer un seul mot, même pas une seule exclamation. Ses yeux vinrent chercher celui du prince et son regard en dit bien plus long que n'importe quelle phrase. Son sourire qui ne l'avait pas quittée de la soirée, s'était désormais envolé. Un rapide coup d'oeil vers la gorge pâle de l'homme puis sur son pourpoint et Graziella tourna vivement la tête vers sa servante, lui parlant d'un ton ferme mais à voix basse.


"Lea, aide-moi à le soutenir. Tu m'apporteras une bassine d'eau et des linges propres... et tu ranimeras le feu de la cheminée!"

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Lea Cadr
Invité




MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Sam 11 Nov - 20:14

[Pont du Rialto]

Lea étouffa un baillement. Le trajet jusqu'à la maison et la longue soirée chez les Adorasti l'avait totalement épuisée. A la question de Graziella, elle ne prit pas la peine de répondre, sachant que sa maîtresse le ferait pour elle. Effectivement, la Courtisane sourit et précisa qu'elle espérait que leurs secrets seraient divulgués par le masque. Lea ne put s'empêcher de sourire : Graziella ne changerait jamais ! Mais la jeune fille s'était habituée à son tempérament extravaguant et elle ne s'étonnait plus...Elle serait surprise, au contraire, si sa maîtresse se mettait brusquement à se comporter comme tout le monde !

Sur ces pensées, elles arrivèrent à Calle Galante. A la suite de la Courtisane, Lea monta sur le ponton. Elle se baissa afin d'épousseter le bas de sa robe légèrement sale.

Lorsqu'elle releva les yeux, Graziella était déjà parvenue à l'entrée. Mais...Qui était-ce, à ses côtés ? Lea soupira. Si la Courtisane avait quelques prétendants qui déisraient entrer, la jeune servante n'était pas couchée.

Elle s'approcha, et put enfin distinguer l'homme qui était écroulé en travers des marches : surprise, elle reconnut le Prince Adorasti. Il paraissait extrêmement épuisé et...Blessé ? Sans poser de questions, elle se contenta d'hocher la tête à la demande de Graziella :


"Bien, Madame."

Elle attrapa le bras du Prince et commença à le soulever le plus doucement possible, tandis que Graziella en faisait de même de son côté. Elle se redressa et le soutint fermement, puis, lentement, ils se dirigèrent vers la Chambre Bleue.

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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti



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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Sam 11 Nov - 20:55

Dans un brouillard épais, le prince entr'aperçut un visage se pencher vers lui. Il plissa les yeux pour tenter d'en distinguer les traits mais rien n'y fit. Ce fut le parfum particulier de Graziella, ambre et bois de santal mélés de musc chaud et animal, qui la lui fit reconnaître. Elle seule pouvait se permettre de porter une telle fragrance sans tomber dans la vulgarité.
Il tenta de sourire mais ne parvint qu'à une grimace lasse
.

"Où étiez-vous ?"

Sa voix était brisée, rauque et douloureuse, bien loin à présent de son habituel timbre au velours profond.
Il ravala un grognement de souffrance quand les deux femmes l'aidèrent à se relever. Il les laissa passer ses bras par dessus leurs épaules, tentant malgré la douleur que lui causait la traction d'alléger son poids en prenant appui sur ses jambes. Dieu merci, celles-ci lui obeïssaient encore et leurs muscles solides ne cédèrent pas.

Encore sur le seuil, les deux femmes purent sentir son grand corps se crisper tout entier dans l'effort qu'il fit pour que sa voix s'affermisse dans la phrase qu'il prononça
.

"Que personne ne sache ! Je m'en remets à vous."

Ayant dans l'injonction épuisé ses dernieres forces, il se laissa entrainer dans la maison.

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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Ven 29 Déc - 1:07

[Caffe Florian]

Iago avait quitté à grand pas le caffe Florian. Ces mêmes grands pas l’avaient conduit à la porte du Docteur Muzio Barrozi. Innocente porte qui avait pourtant essuyé une grêle de coups.

C’est que Iago considérait que frapper à la porte était un art particulier. L’utilité en soi (faire savoir aux gens à l’intérieur que l’on a envie d’entrer) est médiocre : pourquoi demander l’autorisation d’entrer ? Dans un monde parfaitement honnête, on sait si les gens ont envie de nous voir ou non. Donc on entre ou on n’entre pas. C’est simple. Et donc, le seul intérêt qu’il y a donc à frapper à une porte, c’est de faire du bruit.

Mais pas n’importe quel bruit, bien sûr. Un bruit particulier, un bruit qui suscite des réactions de la part des occupants, de manière à éviter de voir la porte s’ouvrir sur un de ces visages abjects de politesse convenue, de neutralité sans risque et pleine de bassesse. Non, il voulait voir des visages vrais. Des visages effrayés, agacés, colériques, amusés… Des visages vrais, il n’y avait pas d’autres mots.

Iago tambourinait donc à la porte du médecin. Mais aucun visage n’apparaissait. A vrai dire, aucun son ne venait de la maison. Iago en était à se demander s’il fallait qu’il casse un carreau pour entrer malgré tout dans cette maison qui se refusait à lui, quand une voix, par derrière l’interpella. Du moins il considéra que le « Pst, Monsieur, hey, Monsieur, cessez ce vacarme, venez, là… » s’adressait à lui. Il s’approcha donc d’une vieille bonne femme édentée et sentant fortement l’alcool.

Après quelques échanges assez oiseux qui firent naître chez Iago un attachement profond pour ce rebus de l’humanité qui en était une si belle illustration, il réussit à comprendre que la vieille, dans une insomnie la veille, avait vu le médecin partir pour la Calle Galante. Le tout fut dit avec moult clin d’œil suggestif et protestation de son silence éternel sur ce genre de chose d’habitude.
Ravi, par le personnage autant que par l’incongru de la situation, quitta la vieille après une poignée de main d’une propreté qui aurait fait peur aux plus braves. Iago laissa d’ailleurs tremper sa main dans l’eau du canal sur tout le trajet qui l’amena devant la maison de la courtisane.

Devant la maison, il hésita un instant. Mais d’un naturel peu enclin aux scrupules, cet instant fut court, et Iago tambourina sur une nouvelle porte.

Cette fois-ci, la porte s’ouvrit et le visage terrifié d’une petite bonne apparue. « Oh vous n’êtes pas la garde… » Le soulagement fut visible sur ses traits, avant de se muer en confusion.

« Et non, jeune personne, je ne suis pas de la garde. Je suis ici pour récupérer maître Barrozi. »

Les yeux de la bonne s’ouvrirent grand, elle balbutia, changea de couleur avant de dire quelque chose comme « Il n’est plus là, je sais pas où il est maintenant ».

Iago en fut fort contrarié.

« Bien. Et bien, dites à votre maîtresse de venir. Elle doit savoir, elle… »

Le ton était péremptoire, Iago était à moitié plié en avant pour se mettre à sa taille, et il avait son sourire ironique inquiétant. Ce qui fait que la petite bonne laissa la porte ouverte et partit en courant dans les étages.

Iago lui se recula sur l’embarcadère. Etranger à la demi-mesure, il avait la forte tendance à entrer sans frapper et à frapper sans entrer. Il préférait attendre dehors. Il commença à faire les cent pas, examinant ses mains qui avaient un peu souffert dans le rude traitement infligé aux portes. C’est alors qu’il remarqua que la petite blessure qu’il s’était faite cette nuit n’avait pas apprécié son séjour en prison. Un pus blanchâtre commençait à en sortir. La beauté de la pourriture… Iago exerça une succion sur son doigt et cracha dans le canal.

Comme il avait sans doute du temps avant que la dame ne daigne descendre, il s’assit sur une borne et entreprit de se confectionner une "poupée" comme le disait sa nourrice, un bandage qui donne l'impression d'être une petite tête. On néglige toujours l’importance des poupées sur les doigts.

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Honest Iago...
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