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Pourpre Du Bout des Doigts

Nombre de messages: 379 Statut: Admin Date d'inscription: 11/04/2005
 | Sujet: L'Arrière Boutique Jeu 13 Déc - 19:42 | |
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|  | | Marciello Veterellini Négociant en Epices

Nombre de messages: 38 Date d'inscription: 13/12/2007
 | Sujet: Comptes et Décomptes Sam 15 Déc - 21:24 | |
| [Premier Post] Il ne faisait pas chaud dans l'arrière-boutique, et les domestiques semblaient trâiner la patte. Marciello n'aimait pas vraiment voir ses serviteurs lambiner."Activez-vous! Je n'ai pas l'intention de rester assis ici toute l'après-midi!" L'ordre fit l'effet d'un coup de fouet, quelques regards apeurés en direction du Négociant et on s'activa beaucoup plus.*Voilà qui vous réchauffera, marauds...* Mais la lenteur de ses serviteurs n'était pas ce qui mettait Marciello de mauvaise humeur, en réalité, son marchand attitré avait une demi-journée de retard sur sa livraison habituelle. Un détail diraient certains, mais un détail que Marciello ne pouvait que trouver étrange, surtout d'un homme aussi ponctuel que son fournisseur.
Ledit marchand fit son entrée par la porte de derrière, en compagnie d'un des serviteurs de Marciello traînant un sac de denrées qui devait peser bien lourd...
Le regard de Marciello se reporta sur son fournisseur, un homme émacié, au pas pesant, des cheveux courts et surmonté d'un tricorne. Antonio Gracio était l'un des marchands ambulants les plus réputé d'Italie, une bonne partie cette réputation venait du fait qu'il faisait toute ses livraisons lui-même, l'autre du fait qu'il pouvait trouver quasiment tout ce que l'on pouvait lui demander...
Après un bref salut de tête, le marchand prit la parole."Monsieur Veterellini... Comment allez-vous aujourd'hui?" L'expression manquait de conviction, Marciello le remarqua. De plus, il n'était pas habitué à de telles palabres de la part du marchand. Il répondit sur un ton dur."Cessez ces simagrés, Monsieur Gracio, économisez votre salive pour m'expliquer pourquoi vous êtes en retard... Et surtout, pourquoi il manque trois sacs à ma commande?!" C'était exact, Marciello avait bien compté et recompté les sacs qu'il avait vu défilé depuis une demi-heure, il y avait trois sacs de moins que dans sa commande initiale.
Gracio blêmit. Les paroles qui suivirent furent balbutiantes, presque terrorisées."Je... Eh bien, j'ai... Eté attaqué, sur la route vers Venise, des brigands de grands chemins. J'ai dû pousser mes montures et faire quelques embardées violentes pour espérer échapper à mes agresseurs. Trois de vos sacs se trouvaient en queue de chariot, dans un sursaut, ils sont passés par-dessus bord. Bien entendu, il est évident que j'allais vous faire une remise sur le prix..." Marciello devint d'un coup très, très calme. Ses yeux sombres se fixèrent dans ceux de Gracio. Le marchand commença à transpirer. Ses pupilles se dilatèrent légèrement.*Menteur...* Pensa Marciello.Pourtant, il n'était pas décidé à faire avouer au fournisseur. Pour que les preuves soient tangibles, il fallait prendre le gredin sur le fait. Le Négociant était peiné de voir que l'homme qui l'avait jusqu'à présent si bien fournit avait été acheté par un autre... Pourquoi? Il n'en était pas tout à fait sûr, mais quoi qu'il en soit, un concurent en voulait à Marciello, et il lui fallait découvrir qui...
Il sortit une bourse de lin de sous la table derrière laquelle il était assis, l'ouvrit et en retira quelques pièces, la referma et la tendit au marchand. "Voici votre paiement, Monsieur Gracio. Maintenant disparaissez..." Le marchand ne se le fit pas dire deux fois. Il sortit à pas précipités de l'arrière-boutique. Immédiatement la porte fermée, Marciello interpella l'un de ses serviteurs, un homme, assez jeune, qui semblait totalement terrifié à l'idée d'être désigné par son maître."Toi, là. Viens par ici..." Le domestique s'executa, à contre-coeur. Le Négociant lui fit miroiter l'un des écus qu'il avait retiré de la bourse."Voilà ce que je te propose... Tu suis discrètement le marchand durant toute la journée, tu ne le lâches pas d'une semelle. Je veux savoir tous ce qu'il a fait, tous ceux qu'ils a rencontré, ne serait-ce que pour leur serrer la main, et je veux savoir où il livre le reste de ses marchandises... Si je suis satisfait de ton rapport ce soir, cet écu sera ta récompense." Le domestique approuva du chef, il semblait prendre très au sérieux les propos de son maître. Il faut dire que s'il échouait, ce qu'il l'attendait c'était certainement une mort indigne...
il sortit à la suite du marchand.
Marciello reporta son attention sur la table devant lui, un cahier y était ouvert. Il y nota l'heure, la transaction effectuée et le nom du marchand...
Ce cahier, il le savait, contenait des secrets qui pourraient en compromettre plus d'un... |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: L'Arrière Boutique Ven 4 Jan - 23:31 | |
| [Ca'Adorasti - Chambre de Bianca] La silhouette de Samuele se découpa dans l’entrée. Un pas sur le côté, il laissa un passage pour le domestique qui sortait, et suivit un instant sa course, un sourcil arqué, avant de chercher le négociant du regard. Il n’avait pas pris la peine de se dévêtir et même, se gardait bien de ne pas trop dévoiler son visage, craignant que quelqu’un ne le reconnaisse. Il s’avança au centre de la pièce principale et, ne voyant personne, eut une petite moue contrariée. Naturellement, le Prince ne tarda pas à remarquer une autre porte et, n’ayant désormais plus aucun motif valable de se montrer raisonnable, pénétra dans l’arrière-boutique après avoir toqué à trois reprises. Il ne l’avait jamais vu. Aussi s’attarda-t-il longuement sur l’homme qu’il avait sous les yeux, affichant progressivement un sourire satisfait.« Je vous rencontre enfin. » Samuele s’inclina profondément, et fit mine de se confondre en excuses :« Oh ! Je vous prie de me pardonner, mais j’étais tellement heureux à l’idée de vous voir en face de moi que je n’ai pu résister à l’envie de passer cette porte. Il a fallu du temps pour qu’enfin vous arriviez dans notre superbe cité… » , un toussotement, le Prince releva légèrement son tricorne, les yeux flamboyants, « Cela va faire quelques mois que je n’ai pu vous écrire, par cruel manque de temps, mais je suis l’un de vos nombreux correspondants : Clemente d’Appiani. Je comprendrais si vous m’aviez oublié, et en ce cas, je me dois d’évoquer ma chère amie, Cesira Valiero qui elle, pour sûr, a dû rester fermement ancrée dans votre mémoire. » De nouveau, son visage fut voilé par l’ombre du tricorne, qu’il venait de rabaisser. Tant de souvenirs, et ce négociant qui, par le plus heureux des hasards, se retrouvait ici, à Venise. Cet homme qui, durant de longues années, l’avait servi sans la moindre faille. Samuele dut se faire violence pour ne pas rire. Tout cela promettait un divertissement de taille. |
|  | | Marciello Veterellini Négociant en Epices

Nombre de messages: 38 Date d'inscription: 13/12/2007
 | Sujet: Re: L'Arrière Boutique Lun 7 Jan - 15:13 | |
| Absorbé par ses comptes, Marciello ne prêtait aucune attention alentour, inscrivant ici et là quelques remarques sur des clients ou des fournisseurs, refaisant des calculs, déjà certain qu'ils étaient juste, mais simplement pour s'amuser un peu.
Une voix le tira de sa besogne, une voix calme, qu'il aurait pu qualifier d'agréable s'il avait été une femme, mais qu'il se contentera de définir par supportable. Qand il releva la tête, ce fût pour apercevoir un homme, il eut un doute, mais il semblait bien que ce fût un homme, qui tentait de se dissimuler le plus naturellement possible sous un couvre-chef. Du peu qu'il pouvait apercevoir à cette distance, les traits étaient fins, grâcieux, totalement imberbe...
Il allait demander au visiteur de rejoindre la salle principale quand celui-ci se mit à parler... Une voix au timbre clair, une légère pointe de suffisance que l'on essayait visiblement de dissimuler.*Clémente d'Appiani? Oui... Je me souviens de ce nom...* Oui, il s'en souvenait, ainsi que de Césira Valiero, de très bons clients, qui payaient rubis sur l'ongle pour des gourmandises rares. Il y avait bien une dizaine d'années qu'il n'avait plus eu de contact, plus une lettre, plus un signe, plus une seule commande...Puis une lettre était arrivée il y a quelques mois, expliquant au Négociant que M. d'Appiani avait rallié Venise. Puis à nouveau plus rien, à tel point que Marciello avait pensé a une farce...Il n'avait jamais vu M. d'Appiani, mais se rappelait ses penchants pour les denrées interdites... Et le voilà qui débarquait à l'improviste dans son échoppe. Une bonne surprise, assurément, une bonne surprise..."Ne vous excusez point M. d'Appiani, vous êtes le bienvenu en ces lieux, aussi modestes soient-ils... Après votre long silence, vous voir ainsi en chair et en os dans mon échoppe était bien la dernière chose à laquelle je m'attendais..." La voix du Négociant restait neutre, plus par habitude que par suspicion quelconque, alors qu'il parlait, il s'était levé pour venir serrer d'une poignée de main ferme la main de celui qui avait été son plus fidèle correspondant."Que me vaut l'honneur d'une telle visite?" |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: L'Arrière Boutique Lun 7 Jan - 20:42 | |
| L'accepterait-il ? Samuele avait envisagé une éventuelle irritation de la part du négociant, qui peut-être l'aurait poussé à ne pas l'écouter comme il venait de le faire. Soulagement. Son sourire s'élargit, et ses yeux devinrent de minces fentes. Derrière les cils, l'éclat miel se fixait à cette main qui venait de trouver la sienne, en une poigne tout à fait singulière. Oubliait-il qu'à ce moment précis, son statut de Prince ne valait plus rien ? Si amusant. Samuele n'avait montré aucune hésitation, il accepta cette familiarité, et s'enquit, sur le ton de la plaisanterie :« J'espère pouvoir me racheter rapidement, Monsieur. Et vous faîtes bien de parler d'honneur : sachez que j'ai dû mettre de côté toutes mes affaires en cours pour pouvoir vous consacrer quelques instants ! » , puis une petite moue, les yeux clos, « Car malheureusement, je ne puis vous donner plus de mon temps aujourd'hui. Jamais rien ne s'arrête à Venise, vous l'avez certainement remarqué. » Jamais rien ne s'arrête à Venise... Farce. Joignant ses mains derrière le dos, Samuele reprit :« Bien entendu, je suis venu ici pour affaires. Si vous le permettez, j'aimerais m'entretenir avec vous de quelques petites choses... » Il était temps. Le Prince, après s'être assuré qu'ils étaient seuls, baissa légèrement la voix.[Affaires discrètes] |
|  | | Samuele di Grazziano Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 41 Statut: Modo Date d'inscription: 18/10/2007
 | Sujet: Re: L'Arrière Boutique Mer 16 Jan - 13:49 | |
| [Affaires Discrètes] « … je ne doute pas que nous aurons très vite l’occasion de nous revoir. » Une profonde révérence, et Samuele réajusta son tricorne, de manière à sortir comme il était entré. Il adressa au négociant un sourire, mélange de respect et de malice.
« Mes plus plates excuses pour cette trop courte entrevue, mais croyez-bien que je saurais me rattraper la prochaine fois. Si vous le permettez… » Il tourna les talons, et alors qu’il s’apprêtait à franchir la porte, une illumination lui vint. Il offrit son profil à Marciello.« Oh ! Et n’hésitez pas à m’écrire, même si nous ne sommes plus si éloignés qu’auparavant. J’occupe, par chance, une suite Ca’Grazziano. » , d’un geste de la main, il salua le négociant et ajouta, non sans avoir détourné le visage pour laisser libre cours à l’ironie qui venait d’investir ses lèvres, sous la forme d’un sourire, « Le Prince est, ma foi, un homme bien généreux ! » Allons, à quoi bon refuser de se brûler ? Samuele quitta les lieux, il était temps de retourner chez lui et de réendosser sa robe de Prince.[Ca’Grazziano] |
|  | | Marciello Veterellini Négociant en Epices

Nombre de messages: 38 Date d'inscription: 13/12/2007
 | Sujet: Re: L'Arrière Boutique Dim 20 Jan - 17:52 | |
| Après avoir salué comme il se devait son correspondant, et lui avoir promis de continuer à lui écrire, Marciello retourna à ses comptes, qu'il termina rapidement.
Une fois cela fait, il remonta les escaliers pour ranger le précieux carnet en sureté. Puis redescendit pour reprendre le comptoir, laissé trop longtemps au main d'un serviteur.
Le magasin semblait attirer son monde, les épices, les teintures, les gourmandises, tout était prévu pour plaire à un maximum de badauds. Il lui fallait tenir sa boutique avec soin s'il voulait garder sa clientèle au beau fixe. Tantôt conseillant telle produit plutôt qu'un autre, tantôt indiquant le produit recherché ou faisant un peu de rangement sur les étagères. Il fallait bien occuper l'après-midi comme il pouvait. De plus l'histoire avec son marchand lui trottait dans la tête, et il lui fallait se distraire pour éviter se torturer l'esprit. Il saurait bien assez tôt qui était le concurrent qui lui cherchait querelle... |
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