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 La Salle de Bal

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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Sam 18 Juin - 18:35

"Dieu, si tu savais ce que je me fous des Grazziano en cet instant !" La phrase résonnait dans sa tête comme un carillon joyeux auquel venait se mêler le rire d'Elio.

Iago savait qu'en ce moment, il devait avoir un sourire terriblement idiot, mais qu'est-ce qu'il s'en fichait lui aussi… C'est qu'il avait presque oublié à quel point il aimait entendre ce rire, si rare, si beau, à quel point il aimait voir la vie enflammer ces yeux étonnants.

Il y avait presque des larmes dans ce regard, et pour cela, Iago était reconnaissant envers Elio. Dire qu'il n'y avait que deux personnes sur terre capables d'être parfaitement honnêtes avec lui, capables de laisser de côté convenances et contraintes...

Presque perdu dans sa contemplation heureuse, Iago ne réalisa qu'Elio s'était approché que lorsqu'il reçut le coup de tricorne.
Ses yeux s'agrandirent, et il chancelât dans une pantomime d'homme agonisant, s'accrochant avec dérision au jeune homme en face de lui.


"Aaargh... et ainsi mourut le grand Iago degli Albizzi... lâchement assassiné par un coup de tricorne..."

dit-il d'un ton lugubre, avant d'éclater de rire et de se redresser brusquement pour regarder Elio.

"Où étais-je ? je n'en sais rien, pas au bon endroit puisque tu n'y étais pas... j'ai commencé par la prison de Naples, puis j'ai voyagé, voyagé, encore voyagé...
J'aurais voulu avoir de tes nouvelles, mais il n'était pas question que je retourne à Florence, et puis je craignais que, en écrivant à "Elio Adorasti, la boite secrète du vieil olivier creux", ma lettre, au mieux n'arrive jamais, au pire arrive directement chez ton père... Et je ne me voyais pas non plus écrire à mes parents "Mon bien cher père, ma bien chère mère, j'espère que vous vous portez fort mal, en revanche pourriez-vous me donner des nouvelles de Elio ?" C'était un peu trop délicat..."

Sourire pince-sans-rire, regard vif et plein d'humour, Iago avait oublié tous les petits accrocs de la journée.

"Cinq ans ! tu te rends compte ? ça me semble une éternité ! Et toi alors... toi ? J'ai appris que tu n'avais pas pu échapper au mariage. Je te présente mes sincères condoléances..."

La sortie de Gabriella qui avait eu lieu un peu avant était passé complètement invisible à ses yeux, mais soudain, en parlant de femmes peut-être, le visage de la servante lui revint en mémoire et il changea, comme toujours, brutalement de sujet.

"Oh ! Elle est de ta maison la servante qui vient de passer ? Tu sais qu'elle m'a fichu une gifle sur le marché ? Je ne sais plus ce que je lui disais... Quelque chose de très simple, très évident... Qu'elle ne devait pas croire les flatteurs qui lui disaient qu'elle était belle, parce que c'était un mensonge, quelque chose dans ce goût là."

Il tourna son visage vers Elio, les yeux grand ouverts, presque innocents.

"C'est ce que je te disais déjà à l'époque, les gens, bizarrement, prennent vite pour des injures ce qui ne sont que des constatations..."

Il s'arrêta brusquement et son visage redevint terriblement amusé.

"C'est terrible, ma conversation est toujours aussi débridée et chaotique. Un jour peut-être... ah !"

Illustration parfaite : une nouvelle idée venait de lui traverser l'esprit, il s'arrêtait pour la suivre. Plus qu'une idée, c'était un acte. Il se mit à fouiller la poche intérieure de sa cape. Il regardait en même temps Elio avec un regard malicieux, murmurant parfois un "Attend, attend" de dérision contre lui-même.

"Voilà !"

Il sortit soudain un petit paquet de velours noir. Le velours était usé et abîmé, signe qu'il traînait depuis longtemps dans cette cape. Il défit rapidement le cordon qui maintenait le paquet fermé et en tendit le contenu à Elio.

"Tiens, dès que je l'ai vu, j'ai pensé à toi. Il était temps que je te retrouve, cela fait un bout de temps que je le transporte avec moi... C'était un jour, dans un de mes voyages, j'ai trouvé ça..."

C'était le Canzoniere de Pétrarque. La première édition imprimée qui en avait été faite, par un des premiers éditeurs, et sans aucun doute un des plus grands, Alde Manuce. La reliure avait été faite pour une grande Princesse et avait transité de mains en mains : elle était noire, signe de grande richesse, un fils d'argent faisait office de décoration et avait servi à écrire le titre.
Tout était sobre et d'une élégance parfaite, comme Elio. Et puis c'était une de leur lecture de jeunesse, et une des plus belles œuvres littéraires de tous les temps.

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Elio Lacryma Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Dim 19 Juin - 20:57

Elio reçut le présent et sans en avoir lu le titre sut de quoi il s'agissait.
Du bout des doigts, les yeux à demi fermés, il caressa le cuir de la reliure, suivant l'inscription d'argent
.

"Tu t'es souvenu de cela.."

Lentement, il s'assit sur le canapé, et sembla un instant perdu dans une réverie, la voix devenue un souffle.

"Nous en savions presque tous les sonnets par coeur.. Tu as pensé à cela.."

Il inclina la tête, et leva les yeux vers Iago.
Avec un sourire un peu hésitant, il détailla la haute silhouette de son ami
.

"Comme tu sembles vivant."Il y avait de l'étonnement dans ses mots."J'ai tant l'impression de ne plus l'être depuis si longtemps. Je me sens tellement.. Séparé du monde. Et tu es là, et à nouveau tout semble si simple et si naturel. Ce don que tu as pour la vie.. Si tu savais à quel point j'aimerais en saisir le secret."

Il baissa à nouveau les yeux sur le livre.
Il le manipulait avec délicatesse, retrouvant certains vers qu'ils avaient particulièrement aimés.
L'émotion se lisait au léger tremblement de sa main, et à la douceur de l'expression peinte sur son visage.
Il secoua la tête, comme pour sortir d'un rève et leva à nouveau les yeux vers Iago
.

"J'accepte tes condoléances pour mon mariage. Mon.. père.." Une moue imperceptible ponctua le mot qu'il prononça avec difficulté. ".. Mon père a conclu une sorte d'arrangement avec la famille Grazziano et l'on m'a donné leur fille en épousailles. Une vaste plaisanterie d'un extrême mauvais goût. Mais je ne m'attendais pas à moins de sa part. Sais-tu ce que j'ai entendu ? Une rumeur d'office prétend que ma chère femme me surnomme "son époux de glace". N'est-ce pas follement amusant ?"

Sa voix se brisa sur les derniers mots.
Il ferma un instant les yeux et détourna la tête, sa main se crispa inconsciemment sur le livre précieux
.

"C'est ce qu'il semble que je sois devenu, un homme de glace derrière une vitre."

Un geste de la main, chassant ses pensées comme un insecte agaçant et son regard revint sur l'homme debout, sa voix teintée d'un faux enjouement.

"Mais peu importe.. Et si Gabriella t'a giflé c'est que tu as du l'asticoter un peu trop.. honnêtement à son goût. Je constate que tu as toujours ce don pour la diplomatie. Trouves-tu vraiment qu'elle soit vilaine ? Elle me semble plutôt jolie. Tant qu'à avoir des femmes dans une maison, je les préfère agréables à l'oeil. C'est décoratif à défaut d'étre utile.. En parlant de décoration, je suis étonné que tu ne te sois pas encore gaussé de ces improbables arbres fruitiers que cette charmante Gabriella a disposés ici. Je donne une sorte de petit concert de musique de chambre, rien de très extraordinaire mais si tu voulais y assister, j'en serais vraiment heureux. Je.."

Il sourit, et ses yeux se plissèrent.

".. Je n'ai pas l'intention de te laisser partir à nouveau pour je ne sais où avant très très longtemps, mon cher Iago. Et peu m'importe que tu loges chez les Grazziano. A moins que tu ne doives quelques comptes à ton hôte ?"
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Lun 20 Juin - 18:11

Iago franchit le pas qui le séparait du canapé et se laissa délicatement tomber à côté d'Elio.
Il avait tout écouté en silence, suivant des yeux chaque geste tracé par les mains de son ami.
Il n'y avait plus trace de jubilation ou d'amusement dans ses yeux, car il sentait trop clairement l'émotion fragile et triste qui avait pris possession d'Elio. Il n'avait ni pitié ni compassion ni abattement non plus. Simplement une attention constante et tendre, vive et calme à la fois.
Il tourna la tête vers Elio et sourit.


"Je viendrais, je n'ai pas l'intention de me laisser chasser je ne sais où loin de toi avant très très longtemps, ni même un jour. Quant à rendre des comptes... tu me connais. Je ne suis pas du genre à m'accommoder de quelqu'un qui me demanderait des comptes."

Là, son sourire devint ironique et il laissa son regard balayer la pièce. Et enfin, il remarqua la décoration.

"Oh mon dieu... Je n'avais pas vu en entrant, je ne voyais que toi. Ces arbres... Tu l'as laissé faire ? très courageux de ta part. C'est profondément... ridicule. Mais tout à fait original et légèrement décalé. Oh, tu as bien fait je crois, ça plaira beaucoup aux vénitiens, et cela fera parler longtemps de toi. Du moins, si on le remarque. Un vrai coup de maître..."

En disant cela, il s'était redressé, et regardait avec une admiration étonnée et amusée alternativement les arbres, la décoration, puis Elio.
Mais il s'arrêta brusquement sur ces derniers mots. Il avait remarqué le côté faussé de l'enjouement d'Elio, et, même s'il le prenait pour ce que c'était, c'est-à-dire un message pour dire "parlons d'autre chose, ce sujet me chagrine", il ne l'oubliait pas, pas plus qu'il n'oubliait les paroles qui avaient précédé.

Et là, les derniers mots qu'il avait dits à Elio, le visage d'Elio même sur lequel son regard s'était arrêté, le poussaient à revenir sur ce qui avait été dit.


"Un maître... c'est ce que tu es maintenant. Tu reçois des musiciens et du monde ce soir. Ton salon est décoré. Ce soir, plein de monde sera dans cette salle, en train de rire du bout des lèvres, de se cacher derrière un éventail, de sourire et de maudire en même temps. Pavane et croche-pied. Ton salon va se transformer en jardin zoologique ce soir. Et tu voudrais vivre sans obstacle entre ces gens et toi ?
Tu te briserais, tu te tuerais. Ils te détruiraient.

Tu as choisi, parce que tu n'avais pas vraiment d'autre choix, d'être le Prince Adorasti dans toute sa splendeur. Il te faut cette vitre qui te sépare du monde et qui fait que tu es vraiment Adorasti "tu adoras".
Ton épouse t'appelle "son époux de glace" ? Tant mieux, ils croiront que tu es froid et impérieux, ils ne t'aimeront pas, mais ils t'adoreront.

Mais ensuite… "Epoux de glace"… Que vas-tu t'imaginer ? Tu vas te perturber pour les paroles d'une femme ? Tu vas la croire ? Parce qu'elle dit que tu es de glace, tu vas la croire ? tu vas t'imaginer que tu es peut-être de glace ? Toi, Elio ? de glace ?

Iago regardait toujours Elio avec douceur, un sourire calme, pour une fois, sur les lèvres. Il s'était approché de lui, pour bien le voir de face. Et il tendit la main, délicatement. Ses doigts se posèrent sur la joue d'Elio, doucement, pendant que son pouce essuyait ce qui avait retenu son regard depuis le début de la conversation.

Il recula sa main et présenta son pouce à Elio : il était scintillant de l'eau de la larme recueillie.


"Elle est bien fine ta glace, Elio, pour qu'elle fonde si vite.
Tu pleures, "Lacryma", tu pleures.

Tu ris, tu pleures, tu vis. Oublie le regard des autres. Que t'importe ? Soit mort pour eux, ou ils sauront te tuer.

Mais ne confond pas, jamais, ce que tu sembles et ce que tu es. Je n'aime pas l'hypocrisie de ton rôle, tu le sais. Mais je la comprends. Tu n'as plus le choix.

Sois de glace, mais n'oublie jamais le feu qui brûle, là..."

Iago plaça doucement toujours sa main sur le cœur d'Elio, comme pour sentir la chaleur du feu dont il parlait.

"... et qui est un des plus beaux que je n'ai jamais vu."

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Lorenzo Dellaporta
Majordome - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 22 Juin - 16:07

[le hall]

Trois coups nets retentirent, frappés à la porte avec assez de force pour etre entendus et prévenir d'une entrée prochaine, laissant le temps aux personnes présentes dans la pièce de taire une conversation qui aurait pu ne pas être destinée à toutes les oreilles.

Lorenzo entra dans la salle de bal après quelques secondes, laissant la porte ouverte, signe qu'il n'avait pas l'intention de rester. C'était la deuxième fois qu'il interrompait ainsi une conversation du prince et il s'attendait à une forte réprimande.

Le prince Elio était assis dans un canapé et son visiteur avait pris place à ses côtés. Cela conforta le majordome dans son idée. Cet homme n'était pas n'importe qui.

Il s'inclina légèrement, notant du coin de l'oeil les étranges arbustes qui ornaient, si l'on pouvait dire, la salle de réception.


"Que monseigneur excuse mon inconvenance mais l'heure passe et j'ai encore beaucoup à faire avant la réception de ce soir. Dois-je attendre monsieur ou puis-je partir pour la course qu'il m'a confiée?"

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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 22 Juin - 20:26

Elio saisit la main qui s'était posée sur son coeur et la serrant pressa fortement son propre pouce contre le pouce humide.
Les yeux étirés, il se pencha vivement vers Iago et murmura, les lèvres soudain prêt de son oreille
.

"Pour avoir été témoin de ceci, un autre que toi aurait risqué beaucoup."

Son souffle frais dans le cou de son ami, il sentait la proximité du corps de l'homme qu'il était devenu.
Ce fut à ce moment précis qu'il prit conscience que Iago avait changé.
Le parfum qui emanait de ses cheveux, l'odeur masculine, musquée, de sa peau, n'étaient plus ceux de l'enfant qu'il avait connu.
Sa main gauche toujours étreignant sa main, il glissa la main droite en peigne dans les cheveux fous du jeune homme et les lissa du bout des doigts.
Il y avait autant de menace dans la main serrée que de douceur dans la caresse
.

Il releva lentement la tête, et son visage dangereusement proche de celui de Iago, il détailla attentivement celui qui lui faisait face.
Son regard étincelant semblait faire le compte des changements apportés par le temps.
Enfin, il trouva ce qu'il cherchait en plongeant dans les yeux changeants comme l'eau des canaux et se redressa.
Il reprit le livre qu'il avait abandonné un instant et le visage penché vers les sonnets, murmura à nouveau
.

"Tu as changé bien plus qu'il n'y parait Iago Degli Albizzi. On pourrait se laisser prendre au travail du temps, mais ce n'est point de cela dont il s'agit, n'est-ce pas. Est-ce lié à ta présence aux cotés des Grazziano ? Dois-je me méfier de cela aussi à présent ? Te tiendrais-tu sous le porche pour moi comme tu le faisais ?"

Un sourire sans joie étira ses lèvres.
Il allait ajouter quelque chose quand trois coups frappés à la porte, suivis de l'entrée de Lorenzo l'interrompirent.
Il écouta la requête du majordome et fit un geste de la main
.

"Non Lorenzo, ne m'attendez pas. J'irai au Rialto un autre jour, rien d'urgent ne m'y reclamait. Monsieur Degli Albizzi que voici sera des nôtres ce soir. Cette maison lui est ouverte, j'apprécierais que vous fassiez le nécessaire pour qu'il s'y sente chez lui."
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mar 16 Aoû - 13:53

[l'embarcadère]

La jeune princesse avait enlevé la fine capuche blanche qui lui masquait une partie du visage. Le froid avait rosi ses joues, ce qui contrastait avec sa peau qui semblait encore plus pâle que d’accoutumé. Elle frotta ses mains engourdies l'une contre l'autre afin de se réchauffer un peu.
Les serviteurs avaient sans doute fini la décoration de la salle de Bal. Désireuse de savoir comment ils s’y étaient pris, elle se dirigea vers la grande pièce d’un pas tranquille. Elle s’arrêta juste devant la porte fermée, étonnée.

Il lui avait semblé entendre des voix provenant de la salle mais du fait de la résonance du palais, elle n'avait pu ni les reconnaître, ni comprendre ce qu'elles disaient. Poussée par la curiosité elle entrebâilla la porte et regarda discrètement ce qui se trouvait à l'intérieur...

Quelle ne fut pas sa surprise de trouver son époux discutant joyeusement (aussi joyeux qu’il puisse être) avec... Le fameux Iago.
Ainsi donc, voila où il était parti si précipitamment.

La jeune femme ouvrit tout grand les yeux, elle se mordit la lèvre inférieure et referma tout doucement la porte en espérant qu'elle passerait inaperçu. Elle ne se sentait ni l'envie, ni de taille à affronter le Prince maintenant.

Le plus discrètement possible, elle entreprit de contourner la salle et de rejoindre le salon.


[le grand salon]
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Lorenzo Dellaporta
Majordome - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 17 Aoû - 21:38

Lorenzo s'inclina légèrement pour indiquer qu'il avait compris les ordres du prince. Il jeta un regard de plus vers le nouveau visiteur et se dit que décidément la Ca'Adorasti recevait des gens de plus en plus excentriques. Entre le cousin du Prince et ce personnage haut en couleurs..

Degli Albizzi.. ce nom sonnait comme quelque chsoe de familier aux oreilles du majordome sans qu'il ne reussisse a trouver pourquoi. Il avait cette sensation pareil à celle que l'on ressent lorsqu'un souvenir de songe echappe à l'esprit qui voudrait se le rememorer.

Il ne devait plus perdre de temps, la reception etait annoncée à 21h.


"Très bien Monseigneur, Monsieur Degli Albizzi pourra compter sur tous vos gens pour son service. Permettez moi de me retirer à présent."

Lorenzo s'inclina à nouveau vers les deux hommes et se retourna. L'espace d'un instant, il crut voir la porte se refermer et les feuillages de l'oranger pres de l'entrée fremir, mais ce devait être une fausse impression. Le majordome sortit dignement et referma la porte derriere lui tout en continuant de se demander qui pouvait bien etre cet homme au nom si familier.

[L'embarcadere]

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Elio Lacryma Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 18 Aoû - 17:10

Du coin de l'oeil, alors qu'il finissait de donner ses instructions à son majordome, Elio vit la porte s'ouvrir dans un bruit freutré.
Une chevelure blonde aux boucles échappées, deux grands yeux bleu-vert et le battant se referma silencieusement.
Les doigts du Prince se crispèrent légérement sur la reliure du petit ouvrage et son regard durçit.
Lorenzo sorti, il décroisa ses longues jambes et se leva.
Il posa le livre à coté de Iago et lui sourit
.

"Veux-tu bien m'attendre quelques minutes ? Je dois parler à ma chère et tendre épouse. Ce ne sera pas long."

Du bout des doigts, il lissa une méche follement ébouriffée des cheveux de l'homme et se dirigea vers la porte.
Arrivé là, la main sur le bouton, à demi sorti déjà, il se retourna
.

"Tu ne t'en vas pas, n'est-ce pas.. Tu ne disparais pas encore.. Je ne.."

Il eut un frémissement et ravala les mots avant qu'ils ne franchissent ses lèvres.

".. Je fais au plus vite."

[Grand Salon]
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 7 Sep - 0:31

"Je t'attends."

Iago avait dit ses mots juste avant que la porte ne se ferme, comme un navire jette l'ancre. Afin de demeurer longtemps au port.

Resté seul, Iago plongea le visage dans ses mains. La réalité des événements commençaient à faire un chemin dans son esprit.
Dire qu'il n'y avait que deux endroits au monde où il se sentait chez lui : le palais Adorasti et le palais Grazziano. Qu'il n'y avait que deux personnes qu'il estimait, Elio et Ugo, et qu'en ce moment même, Elio était sans doute en train d'avoir une conversation désagréable avec la sœur bien-aimée d'Ugo. Sœur d'Ugo qui, il fallait le noter, espionnait Elio au retour de la maison de son frère.

Diable, il l'avait peut-être cherché, mais il risquait fortement de se trouver dans une situation désagréable.

Il se frotta énergiquement les joues, tendit les bras et décroisa les jambes dans un étirement de chat avant de se secouer.
Il fallait qu'il se reprenne. Il sombrait dans une mélancolie stupide, une nostalgie sirupeuse et surtout une amicalité dangereuse. Là, tout de suite, si la petite bonne de ce matin entrait de nouveau dans la pièce, il serait capable de lui dire que ses décorations n'étaient pas si mal.
Ce qui était stupide évidemment, parce qu'elles étaient ridicules.

Iago se leva et s'approcha un peu de ces décorations.
Leur seul avantage était d'exprimer clairement l'état de la société vénitienne : des hommes comme des fruits pourris, enrobés d'un sucre tentateur, s'accrochant désespérément à des arbres où ils usurpaient une place et tentaient de se faire passer pour naturel.
Répugnant.

En revanche le reste de la pièce témoignait plutôt d'un bon goût florentin. Il s'arrêta avec un regard appréciateur devant un tableau représentant visiblement un Saint Jérôme. Caravage sans doute. Oui, c'était très passé de mode…

Il y avait quelques exceptions tout de même au bon goût général de la pièce. Quelques exceptions criardes de-ci de-là, touche féminine peut-être (ah, quelle horreur que la touche féminine…) ou simple tocade d'une époque passée.

Iago s'approcha d'une petite statue en porcelaine et la fit tourner dans ses mains. Une espèce de bergère mièvre et roucoulante, les joues roses et les yeux en amande, une jupe de froufrou de dentelle parsemée de petites fleurs.
Ecœurant.

Pire encore, cela lui rappela les goûts parfois bien trop soumis à la mode passée du père d'Elio. Bien sûr, on avait prit cela pour de l'art un moment, mais maintenant, les connaisseurs intelligents savaient qu'il n'y avait pas plus ridicule que ce genre de mièvrerie passée.

Il jeta un coup d'œil circulaire et constata avec effroi que rien ici ne semblait pouvoir venir d'Elio. Tout était de bon goût, certes, mais un peu ancien, compassé, rigide…
Elio n'avait peut-être pas encore eu le temps où le courage de tout transformer ?

Iago décida de l'aider. Il reprit la statuette dans les mains, et la laissa tomber, soigneusement, par terre.
Il eut un sourire satisfait. La seule chose de belle que pouvaient produire ces objets là, c'est un son. Celui qu'ils produisaient en tombant. D'un revers de la main, il poussa le berger hors de la table et son sourire satisfait s'agrandit. Il ne restait plus que les moutons, il les plaça en équilibre sur le bord, avec un peu de chance, quelqu'un les ferait tomber ce soir.

Iago acheva son étude de la pièce en se penchant pour observer le sol. Il était toujours fasciné par cette façon qu'avaient les Vénitiens de faire des sols souples, qui plient avec le bois. Un congloméra de morceau de marbre… Celui-ci était particulièrement réussi.
Iago s'était accroupis sur le sol, et, au lieu de se redresser comme l'aurait fait n'importe quoi, il s'allongea, comme s'il désirait mesurer la température du sol avec son corps.

En fait, ce qui l'intéressait, c'était le plafond.
C'était parfait. Les idiots l'oubliaient toujours, mais c'est toujours allongé sur le sol que l'on observe mieux les plafonds…
Iago poussa un soupire de contentement… Un Titien, rien de moins… Les Adorasti méritaient leurs réputations de mécènes… Une allégorie de la danse. C'était parfaitement approprié.
Couleur, texture, mouvement… c'était du grand art.
Il continua son observation esthétique du plafond en attendant qu'Elio ait fini de remplir sa corvée conjugale, dont il entendait quelques échos lointains.

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Elio Lacryma Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 7 Sep - 20:01

[Appartements du Prince - Bureau]

Sur le seuil de la porte, Elio observa son ami briser les bibelots et se demanda pourquoi il n'avait pas fait déménager ces horreurs plus tôt. Il songea au plaisir qu'il aurait à en encombrer l'élégant palais familial de Florence et au dépit qu'éprouverait son père à les recevoir.
Un sourire amusé étira les lèvres du Prince quand Iago s'étendit sur le sol pour admirer le plafond à son aise. Ainsi, il n'avait rien perdu de son anti-conformisme ni de son mépris des convenances
.

"J'ai cru un moment que tu finirais par jeter toute la maison dans le canal. Je suis heureux que tu te sois arrêté là, encore que.."

S'approchant de la cheminée, il saisit un petit mouton et le tourna entre ses doigts avec une petite moue.

".. cela eut été salutaire pour le patrimoine artistique de ma famille."

Il reposa la babiole et croisa les bras.

"Pardonne moi de t'avoir abandonné si longtemps, j'ai dû régler une affaire pénible. Tu ne connais pas ton bonheur d'avoir échappé au mariage. Cela n'apporte que contrariétés. Bianca.. mon épouse.. est fort jolie. Et vois-tu, il n'y rien d'autre à dire pour la définir. N'est-ce pas malheureux que de ne pouvoir être décrit que par son aspect comme une belle boite vide ? Ma foi, on me menacerait des pires maux que je ne saurais en dire plus la concernant. J'en suis presque à souhaiter qu'elle prenne un amant. Un de ses barbons aimant la jeunesse qui l'enseignerait m'épargnant ainsi le déplaisir de cotoyer une sotte. Tu feras sa connaissance tôt où tard, et connaissant la tendresse de ton esprit, je ne doute pas un instant que tu l'apprécies."

Un sourire moqueur éclaira les yeux d'ambre posés sur l'homme couché.

"Redresse-toi à présent, je jouis d'une telle réputation de cruauté auprès de mon entourage, que si un domestique entrait à l'instant il penserait tout naturellement que je t'ai assassiné."


Dernière édition par le Jeu 20 Oct - 21:10, édité 1 fois
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 8 Sep - 0:12

Iago s'était vaguement redressé sur les coudes lorsqu'Elio était entré dans la pièce. Il écoutait avec une attention amusée, hochant la tête doctement lorsque Elio parlait du caractère bénéfique de jeter le contenu non-artistique de la maison par la fenêtre.

En revanche, c'est un air plutôt provocateur qu'il afficha lorsqu'Elio lui proposa de se relever.


"Oh, tu as cette réputation ? Et bien, qu'ils continuent tous à penser ainsi, qu'ils entrent et me croient assassiné, tant pis ! Je me relèverai en poussant un râle et on te prendra pour un grand "perpétrateur" de miracle... Pour l'instant, j'admire le plafond.
Est-ce que tu l'as déjà regardé attentivement ? Il en vaut la peine tu sais."

Retournant à la position parfaitement allongée, il tapota le sol à côté de lui pour inviter Elio à s'installer.

"Viens donc essayer la dureté de tes sols... La position allongée est la meilleur au monde, il n'y a aucune raison de se fatiguer à rester debout. D'autant qu'on est obligé de se tordre le cou pour regarder les plafonds. Peindre un plafond est une idiotie, (tu regarderas ce soir, personne, jamais, ne regarde les plafonds) mais enfin, il est trop tard maintenant."

Iago resta une fraction de seconde silencieux à regarder le plafond comme pour chercher ce qu'il allait en dire en attendant qu'Elio finisse de s'étendre.

"Bon, bien sûr, ce plafond ressemble un peu à ton épouse. Je veux dire que ce n'est que du Tintoret, n'est-ce pas. C'est fort joli, mais ça ne prête pas à conséquence.
Cette main, là, est très mal faite. Mais enfin, les yeux de la muse ne sont pas trop mal. Quoique, l'un est un peu plus grand que l'autre. Mais la couleur du drapé est jolie. Ce serait réussi s'il n'y avait pas ce bleu juste à côté. Bien sûr, ce bleu là, gâche tout, mais on ne peut pas attendre mieux d'un peintre teinturier."

Il jetait de temps en temps un coup d'oeil à Elio comme pour vérifier que ses élucubrations (qu'il jugeait fort juste pourtant) ne dépassait pas les bornes du supportable.

"Non, l'ensemble n'est pas mal. C'est enlevé, on voit le mouvement de la danse.
Mais justement. Quel manque d'originalité dans le sujet et dans la réalisation ! Franchement mettre des petits arlequins sur les côtés... d'un ridicule consommé. Si encore il n'y avait pas ce petit chien frétillant sur le devant, mais non, il ne nous épargne pas.

Non, en fait, ce tableau est franchement raté. Il est mauvais. Il est creux. Comme ton épouse."

Il s'arrêta et fronça les sourcils, comme pour essayer de mesurer la valeur de sa comparaison. Et repartit d'un trait, de son ton ironique et dégagé, abattant avec joyeuseté tout ce qu'il lui plaisait d'abattre.

"Comme ton épouse, mais avec l'avantage indéniable que tu n'es pas marié avec ce plafond.
Tu sais ce que je pense du mariage, n'est-ce pas ? tu te doute bien que si je ne suis pas marié (et espère bien échapper éternellement à ce supplice annonciateur des tortures de l'enfer) c'est parce que je n'en ai pas envie.
Devoir passer sa vie attaché à un être avec lequel, forcément, on ne s'entendra jamais ! Et cela est un fait certain : il est impossible de s'entendre avec son épouse. D'abord parce que c'est une femme et que les femmes sont incapables de la moindre sincérité, surtout en croyant bien faire elles mentent de façon éhontée, ensuite parce que de toutes les façons à partir du moment où l'on est lié à quelqu'un on perd toute chance de garder de l'estime l'un pour l'autre. C'est plutôt rassurant en fin de compte. En même temps, si on pouvait se débarrasser de son épouse, qui ne le ferait pas ? Des idiots, bien sûr. Il faut toujours se débarrasser de ce dont on peut se débarrasser. Sauf si cela en vaut vraiment la peine.
Bref, débarrasse-toi au plus vite de ce plafond.

Quand même, le petit personnage derrière est un joli morceau de peinture... Il faudrait peut-être découper ce tableau...
Quel dommage qu'on ne puisse pas découper son épouse. Enfin, c'est ainsi.
Et regarde ces affreuses dorures ! Incroyable le mauvais goût de cette époque. Et le mauvais goût de la notre n'est pas en reste non plus, mais c'est autre chose. C'est encore plus répugnant, et on ne peut plus lui accorder la grâce de la jeunesse.

Je crains qu'elle n'en prenne jamais. D'amant, ton épouse, je veux dire. Dommage. Tu ne pourras pas créer de beau scandale. Tant pis.
Il faudra que tu vives avec elle. Toute ta vie. Et que tu la détestes, toute ta vie, et fasses semblant, toute ta vie, de l'aimer pour toute ta vie. Un masque merveilleux. C'est la joie du mariage que d'être l'hypocrisie sociale la plus réussie."

Sa voix était soudainement devenue beaucoup plus amère sur la fin. Il s'arrêta un instant et tourna la tête vers Elio avant de reprendre, d'une voix beaucoup plus grave, avec quelque chose de désespéré dedans.

"Je n'aime pas ça, Elio. Je n'aime pas ça.
J'espère...
J'espère que vous n'aurez jamais d'enfant."

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Elio Lacryma Adorasti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 14 Sep - 17:59

Ayant rejoint son ami sur le sol, Elio tourna la tête vers lui et l'observa un instant en silence. Puis il ferma les yeux et sourit.

"Cessons sur ce facheux sujet. D'autant plus que j'ai mieux à t'offrir."

Un regard sur le côté, ambre luisant de malice.

"Sais-tu que parmi la collection d'hôtes improbables que je loge ici se trouvent, outre mon cousin Lazarro dont tu connais peut-être la réputation de coquin, un de mes amis qui s'offre le luxe d'être philosophe et humaniste alors que sa fortune lui vient d'un commerce florissant de bois d'ébène ? C'est un homme dont tu prendras plaisir à retourner les idées pour en faire ressortir les incohérences, j'en suis tout à fait persuadé. Tu feras sans doute sa connaissance ce soir, Basileo Valcarenghi ce nom t'est peut-être connu.."

Une ride soucieuse barra son front.

"J'ai malheureusement le désavantage d'accueillir un autre personnage dont la présence m'est beaucoup moins agréable. Luciano di Lorio. L'âme damnée de mon père. Tu te souviens te lui, sans nul doute. Il cherche tout ce qu'il est possible de porter à mon discrédit et le rapporte le plus fidèlement du monde à Florence. Comme tu vois, rien ne change vraiment, les années ne font rien à l'affaire."
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 14 Sep - 20:00

[Grand Hall]

Gabriella avait enfin localisé le Prince. Pour le coup, elle s'était bien réchauffée à arpenter les couloirs du palais et se présenta enfin devant la salle de bal. Elle put y entendre la voix de monsieur Albizzi ce qui la fit soupirer légèrement.

Elle frappa tout de même à la porte et entra. Elle resta quelques secondes interdite alors qu'elle ne voyait personne dans la pièce. Elle avait pourtant bien entendu la voix des deux hommes. Un bruissement d'étoffe sur le sol lui fit baisser les yeux et sa stupéfaction se prolongea quelque peu. Les deux hommes étaient allongés par terre.


"Monseigneur ? Tout va bien...?"

La surprise lui fit oublier pendant un bref instant ce pour quoi elle était venue retrouver le Prince.
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 14 Sep - 22:09

Lorsque Gabriella entra dans la pièce, Iago allait répondre quelque chose de bien senti sur le compte de Luciano di Lorio (et il l'aurait peut-être dit, malgré cette interruption, s'il avait su que Luciano était juste derrière la porte entrain de les espionner...).
Il s'était, pour se faire, relevé sur un coude, la tête appuyé sur la main. Il surplombait ainsi légèrement Elio, ce qui lui permettait de bien voir son visage, et de bien montrer le sien. Iago aimait qu'on le regarde quand il parlait, et adorait regarder ceux à qui il parlait.

Il resta ainsi lorsque Gabriella entra, et ne fit que tourner légèrement la tête vers elle pour lui lancer un grand sourire légèrement ironique.


"Sans doute un peu moins bien depuis que vous êtes là..."

Il fronça légèrement les sourcils, inclinant sa tête sur le côté, à la manière d'un oiseau, autant du moins, que la position de la tête sur la main le permettait.

"Ce n'est pas la première fois que je dis cela aujourd'hui..."

Il termina en regardant de nouveau Gabriella.

"Les gens ont de nos jours cette agaçante manie de surgir sans prévenir au moment où on les souhaite le moins, où on désire le moins leur présence... "

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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 15 Sep - 17:30

Elio se redressa à son tour sur les coudes et surprit le regard interloqué de la jeune servante.
Il sourit, amusé
.

"Eh bien, Gabriella, n'avez vous donc jamais vous même admiré ce merveilleux plafond ? Il est vrai que la position que nous avons choisie pour le faire n'est pas de celles qu'adoptent naturellement les jeunes filles bien éduquées. Mais par Dieu, cessez de nous regarder avec un tel air de remontrances, vous donnez le sentiment que nous allons être privés de dessert pour notre conduite inconvenante."

Il se releva cependant et tendit la main à son ami pour l'aider à se mettre sur ses pieds.

"Mon cher Iago, les femmes ne comprennent rien des plaisirs de la vie."

Puis il se tourna à nouveau vers Gabriella.

"Avez vous mené à bien la mission que je vous ai confiée ? Vous pouvez parler sans crainte devant mon ami, j'ai une totale confiance en lui."
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La Salle de Bal

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