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 La Salle de Bal

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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti


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Date d'inscription: 04/07/2005

MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 2 Nov - 1:45

Luciano avait suivi la jeune servante des yeux alors qu’elle allait rejoindre son Prince dans le couloir jouxtant la salle de bal. Cette petite impertinente méritait une bonne leçon d’humilité, qu’on la ramène à sa juste place. Elle était amusante, soit, mais il était encore plus amusant que de contraindre quelqu’un à agir contre sa volonté, d’écraser tout espoir futile et vain orgueil qu’il put toujours avoir comme on le ferait avec un vulgaire insecte. Et c’était exactement ce que représentait pour lui la jeune femme blonde et toute sa caste, rien de plus que des insectes nuisibles dont on pouvait disposer à sa guise. Ceci, il comptait bien le lui faire comprendre d’une façon concrète. Restait qu’à déterminer comment…

L’aristocrate réfléchissait toujours au moyen qu’il pourrait employer pour briser le caractère fougueux de la domestique lorsque celle-ci refit son apparition dans la pièce. Il s’apprêtait à répondre à la question qu’elle lui avait posée, quand un autre le fit à sa place. Le noble se retourna pour faire face au nouveau venu. En posant son regard sur lui, les paroles d’Elio lui revinrent en tête.

" … Basileo Valcarenghi ce nom t'est peut-être connu.."

Impossible que ce jouvenceau fut ce Valcarenghi. Cet homme, selon les dires du Prince Adorasti, était un marchand prospère, un statut qui semblait fort éloigné du garçon se tenant devant lui.

" … outre mon cousin Lazarro dont tu connais peut-être la réputation de coquin … "

Voilà qui seyait mieux à cette voix claire, cette taille réduite, ce charme et cette énergie inhérents à la jeunesse… et surtout, ce manque total d’étiquette. Ainsi, c’était donc de lui que parlait Elio en termes si élogieux. Un sourire vint aux lèvres de Luciano. Les libertins étaient des personnages intéressants ; si on s’y prenait assez finement pour les garder en contrôle en leur donnant ce qu'ils désiraient, on pouvait les amener à faire de tels ravages dans une maisonnée… en particulier chez les domestiques. Son sourire mesquin s’élargit.


« Je prendrai mon dîner avec Monsieur ci-présent, » déclara l’homme en s’avançant vers la domestique.

S’arrêtant à sa hauteur, il lui souffla à l’oreille :


« Courrez rejoindre votre Prince, à présent, mon enfant. Je suis certain qu’il vous tarde de le rejoindre et je ne souhaiterais point vous retenir trop longtemps loin de sa si douce personne… Ne manquez seulement pas de saluer pour moi sa chère épouse qui, elle aussi, j’en suis sûr, se languit de sa princière présence. »

Se désintéressant tout à fait de la servante, il s'adressa au nouvel arrivant avec une courtoisie où pointait une note de reproche:

« Monsieur, je ne crois pas avoir eu le plaisir de faire votre connaissance... »
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mer 2 Nov - 13:44

Gabriella n'avait pas entendu Lazarro entrer dans la salle et fut donc surprise quand il se retrouva devant elle en demandant lui aussi un repas. Elle avait déjà vu cet homme au palais, oui elle l'avait déjà croisé ; il s'agissait de Lazarro Montero Adorasti, le cousin du prince.

*L'est beaucoup moins beau que le prince Elio...*

La voix de Luciano la tira de ses pensées et elle répondit. "Très bien, dans ce cas veuillez vous avancer vers la Salle à Manger, un repas vous sera servi dans quelques instants."

Gabriella regarda Di Lorio s'approcher d'elle. Qu'est-ce qu'il lui voulait ? Elle écouta ce qu'il lui soufflait à l'oreille. Elle n'était pas sûre de comprendre ses allusions par raport au prince et elle qui avait hâte de le rejoindre. Bien sûr qu'il lui tardait de retourner auprès d'Elio, elle ne l'avait jamais caché. Après tout, Gabriella avait autant d'estime pour le prince que lui en avait pour elle ! C'était tellement évident qu'elle ne comprit pas pourquoi Luciano lui avait sortit pareille banalité.

En revanche, lorsqu'il parla de la princesse Bianca, Gabriella regarda Luciano et lui sourit. Peut-être n'était-il pas au courant des relations entre les deux époux, c'était comique à entendre.


"Monsieur Di Lorio, je crains que les affaires du Prince et de son épouse, ne regardent ni vous ni moi." Et toc. Gabriella tourna les talons et sortit de la Salle de Bal.

[Le Grand Salon]
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Lazarro
Invité



MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Ven 4 Nov - 15:34

Lazarro était plongé dans une réflexion intense à propos de Gabriella. Devait-il tenter de la séduire ou laisser tomber et tenter sa chance avec quelqu'un d'autre?
Non pas qu'il se faisait plus difficile dans ses choix de conquètes, mais il avait quelques visée sur l'épouse d'Elio, et avait fait montre d'une telle galanterie avec elle qu'elle ne devait pour le moment avoir aucune mauvaise pensée à son sujet. Qui plus est elle avait l'avantage non négligeable d'être riche, ce que n'était pas la servante.
Quoique rien ne l'empêchait de courir plusieurs lapins à la fois. Et user de la force pour prendre une jouvencelle ne l'avait jamais gêné jusque-là.


Le jeune homme préparait déjà mentalement ce qu'il pourrait bien dire à la servante pour la séduire, mais ses pensées peu orthodoxes s'envolèrent littérallement quand il entendit les paroles de l'homme qu'il avait volontairement ignoré.

"Je prendrais mon diner avec Monsieur ci-présent"

Une moue boudeuse se dessina sur son visage. Non pas que le faît que l'on veuille dîner avec lui le gêne, mais il ne supportait pas l'idée que l'on puisse décider pour lui. Et cette initiative était pour lui des plus agaçantes.
Il écouta l'homme lui parler du faît qu'il ne se connaissent pas, et y vit un moyen de se montrer insolent, comme il aimait tant le faire.


"C'est peut-être parce que je n'ai jamais tenu à faire votre connaissance", répondit-il aussitôt avec un sourire moqueur. "J'ai tendance à faire attention à mes fréquentations, voyez-vous?"

Bien qu'il n'en montra rien, il était pensif. Qui pouvait être cet homme, pour ainsi vouloir partager un dîner avec lui? D'autant qu'il avait la réputation d'être quelqu'un de peu fréquentable. Enfin, si cet homme ne le connaissait pas, alors celà voulait dire qu'Elio n'avait pas eu le temps de lui parler des rumeurs (parfaitement fondées) qui courraient au sujet de son Cher Cousin Lazarro.
Peut-être pouvait-il profiter du faît que l'on ignore quel genre de personne il était. Celà pouvait, après tout, se révéler amusant. Et payant, qui sait?
Le jeune homme poussa un bruyant soupir, puis plissa légèrement les yeux.


"Enfin! Je suppose que toute chose possède un commencement. Je suis Lazarro Montero Adorasti, cousin du Prince Elio. Un proche de la famille, somme toute. Je suppose que mon Cher Cousin vous racontera bien des calomnies à mon sujet, si ce n'est pas déjà fait, mais sachez que ce ne sont là que les dires de jaloux, et Dieu sait qu'il sont nombreux dans cette demeure."

Un sourire se dessina sur ses lèvres rosées.

"Bien sûr, certaines de ces calomnies sont peut-être vraies, mais qui pourrait le vérifier?"
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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Sam 5 Nov - 6:36

À la nouvelle insolence du garçon, Luciano fut partagé entre l’agacement et l’amusement. Il n’avait pas pour habitude de se laisser ainsi moquer par pareil jouvenceau, les rares qui avaient eu l’outrecuidance de s’adresser à lui autrement qu’avec courtoisie s’était vu recevoir une leçon qu’ils n’avaient pas été prêts d’oublier. Pourtant, l’aristocrate ne pouvait que sourire face au toupet de ce coquin qu’Elio semblait tenir en si haute estime. C’est pourquoi il préféra se taire pour l’instant, attendant le moment propice pour répliquer à ce blanc-bec somme toute divertissant.

Le noble ne regretta pas sa décision de s’être abstenu de tout commentaire quand il put enfin connaître le nom de son interlocuteur. Grâce aux oreilles et aux yeux qu’il avait postés un peu partout à travers l’Italie, Luciano était au courant d’à peu près tous les évènements notables se produisant dans la noblesse, une chose fort utile lorsqu’il devait avoir recours à un peu de persuasion…


« Lazarro Montero Adorasti, répéta-t-il avec lenteur, un sourire de connaisseur retroussant ses lèvres. Le fils de Giorgio Adorasti, cet excellent homme… Quel plaisir que d’enfin pouvoir poser les yeux sur sa si célèbre progéniture. »

Il s’avança vers son cadet, le détaillant de haut en bas avec un intérêt qu’il ne chercha pas à dissimuler.

« Plus que de simples calomnies circulent à votre sujet, mon jeune ami. Les calomnies peuvent être éventées, des médisances plus viles encore inventées au sujet de ceux qui nourrissent un quelconque grief à notre encontre… mais vous avez depuis longtemps dépassé ce niveau, n’est-ce pas? Vous semblez posséder un singulier don pour mères éplorées vous maudissent ou amants éconduits vous pourchassent. Je suis même étonné que vous n’ayez pas encore été excommunié, considérant vos frasques ecclésiastiques… Trois nonnes détournées de leur vœu de chasteté en l’espace d’une journée lors d’une escapade dans un couvent de Toscane, c’est bien ça? Que dire de cette fameuse histoire à propos de la nièce du Duc de Florence et de sa vertu, un incident s’étant produit la veille de ses noces, tout de même ; ou encore ces ‘rumeurs’ touchant d’argenterie volatilisée et d’écus égarés… »

Arrivé devant le garçon, il prit son menton entre son pouce et son index afin de lui relever la tête pour mieux observer son visage juvénile.

« Que d’exploits pour un si jeune âge, murmura-t-il, d’un air songeur. Vous êtes certainement plein de potentiel… tâchez seulement de l’employer à bon escient. »

Il relâcha sa prise sur le jeune homme, mais demeura devant lui, le dominant de sa taille, un sourire flottant toujours sur ses lèvres.

« Vous avez sûrement remporté chacune de vos joutes jusqu’ici, mais prenez garde à ne pas outrepasser quelques règles élémentaires. Sachez reconnaître l’un des vôtres lorsque vous en croiserez un sur votre route… et payez lui les égards qui lui sont dus, surtout s’il est en mesure de vous faire une alléchante proposition, une offre qui saura plaire à votre appétit pour la bonne chair – vous savez comme moi de quelle chair je fais mention - et à votre bourse, qui doit sans doute être vide pour que vous soyez ici en cet instant. »
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Lazarro
Invité



MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Dim 6 Nov - 19:15

Lazarro écouta, surpris d'entendre le nom de son père être prononcé. Il avait tellement pris l'habitude de changer d'identité à droite et à gauche qu'il en avait oublié son vieux paternel. En faît ça ne le préoccupait pas vraiment, il n'avait jamais pu s'entendre avec l'autorité, qu'elle soit ou non parentale. Il avait appris très jeune que s'il voulait vivre comme il l'entendait, il devrait se débarasser de ses éducateurs. A défaut de s'en débarasser définitivement, il avait choisi de s'éloigner le plus possible de Florence, sa ville natale.
Il avait d'ailleurs revu ses parents depuis son départ, lors de certaines réceptions, notamment. La manière dont il s'était adressé à eux les avait littérallement sidérés : Lazarro redevenait quelqu'un de tout à fait digne et bien élevé, rien à voir avec l'enfant terrible qu'il était. Il savait se tenir, c'était chose vraie. Uniquement si le jeu en valait la chandelle.

Le jeune homme releva un sourcil à l'évocation de ses 'hauts faits'. Voilà qui était interessant, cet homme en savait visiblement beaucoup sur lui. Peut-être trop. Celà serait à vérifier en temps voulu.
Rien ne parut affecter Lazarro. A vrai dire, celà le préoccupait peu. Ses méfaits étaient loin d'être ignorés par la famille Adorasti, aussi il put supposer que l'homme était de la famille de son Cher Cousin.

S'il resta relativement calme, il ne put empêcher un froncement de sourcil, presque imperceptible, quand Luciano osa porter la main à son visage. Il n'était pas un enfant, et encore moins l'un de ces imbéciles qui se laissaient faire.
Levant un regard plein de mépris sur l'homme, il décida enfin de répondre à toutes ces provocations
.

"Croyez-vous vraiment que vous pouvez me faire chanter uniquement parce que vous en savez plus que d'autres?, railla-t-il en levant un sourcil. Apprenez que vous n'êtes pas le seul à avoir voulu vous jouer de moi. Je ne suis plus un enfant depuis longtemps, voyez-vous?"

Son regard se durcit.

"Vos bassesses me laissent indifférent. Et je connais assez bien les gens de votre acabit pour savoir que vos mots ne sont que tentatives pour me faire croire que vous êtes de mon côté. Vous ne le pensez pas un seul instant, n'est-ce pas? Je ne suis qu'un outil qui vous servira un temps, puis vous m'abandonnerez dès que je vous deviendrais obsolète. Je ne suis pas idiot, mais si vous arrivez à penser que j'allais entrer tête baissée dans votre petit jeu, alors vous êtes le seul fou ici."

"Cependant..."

Il plissa légèrement les yeux.

"J'ai en effet besoin d'argent. Mais vous êtes loin d'être l'unique moyen pour moi d'en obtenir, aussi ne consentirais-je à faire affaire avec vous que si votre proposition possède à mes yeux quelque intérêt réel. Dites-moi ce que vous espérez de moi."
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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 10 Nov - 23:13

La vive réplique du jeune Adorasti amusa grandement Luciano. Le garçon ne manquait pas de culot pour continuer à s'adresser ainsi à lui. En plus de son cran sans précédent, le garçon était sans aucun doute brillant. Cependant, comme la plupart des jeunes gens brillants, il se croyait plus fin qu'il ne l'était en réalité. Un peu plus d'une vingtaine d'années plus tôt, Andrea et lui avaient été identiques : arrogants, vifs et prêts à tout. Seulement, ils en avaient le pouvoir et le loisir. Ce que Lazarro Montero Adorasti ne possédait pas. Sans le sou, forcé de piger dans la bourse de bienfaiteurs ou d'inattentifs, renié par sa famille noble... l'existence de débauche du jouvenceau ne tenait qu'à un fil bien ténu, qu'il serait aisé de couper... et c'est ce que Luciano comptait bien lui faire comprendre, sans non plus le monter contre lui. Le garçon pourrait lui être nécessaire dans la suite des évènements, après tout.

« Du chantage, mon garçon? Vous vous méprenez. Pour que je vous fasse chanter, il faudrait d’abord que j’aie besoin d’argent, ce qui n’est pas mon cas, fit-il, appuyant sur ces derniers mots d’un air entendu. Je suis d’ailleurs certain que notre cher Prince a également eu vent de vos frasques, comme tout bon florentin. Vous faire chanter aurait donc été exempt de tout divertissement, notre hôte étant déjà informé de votre libertinage. »

Se détournant du jeune homme, il s’éloigna de quelques pas, l'ignorant pendant quelques instants. Le garçon était intéressant, mais était-il indispensable à ses plans? Certainement pas. Il fallait l'appâter sans rien lui promettre de concret. Si le noble pourrait tolérer que se forme une alliance entre eux, il ne supporterait pas que pareil parasite vive à son crochet. Il avait entretenu plusieurs mignons dans le genre de ce Lazarro, mais aucun qui fut aussi avide, ni vicieux. par mesure de sécurité.

« Je suis heureux de constater qu’une fois piqué dans votre orgueil, vous feignez un peu moins la sottise, Monsieur Montero Adorasti, fit-il, usant pour la première fois du nom du garçon. Vous n’avez pas tort lorsque vous me croyez œuvrer pour un camp différent du vôtre. Je ne suis pourtant pas votre ennemi, voilà ce qu’il vous faut comprendre. Vos desseins ne sont nullement allés à l’encontre des miens, jusqu’à maintenant, du moins, ce qui signifie que votre présence ici m’est tolérable. Elle pourrait même se révéler utile, si vous acceptez la proposition que je vous soumettrai sous peu… »

L’aristocrate fronça les sourcils, croyant avoir entendu des bruits de pas près de la porte. Il ne tenait absolument pas à ce que ses paroles soient ourdies par quelque indiscret, puis ensuite rapportées au principal concerné. Revenant vers le garçon, son ton se fit plus bas lorsqu'il s'enquit:

« Que diriez-vous d’un petit exercice pratique pour vous faire la main et vous mettre en appétit en attendant le repas principal? »

Un sourire étira ses lèvres, révélant toute l'insensibilité et la cruauté avec lesquelles il disposait du sort de ses inférieurs, à l'instar d'un joueur et de ses pions.

« Peut-être avez-vous remarqué la servante blonde, celle qui se trouvait dans cette même pièce quelques instants plus tôt… Je voudrais que vous vous chargiez de lui faire comprendre sa place dans cette Maison. Ce, par le moyen qui vous semblera bon. À condition qu’il soit douloureux, mais discret, bien entendu. »

Il hocha la tête avec entendement, comme si la chose allait de soi. La domestique avait commis plusieurs affronts, elle en paierait chèrement les conséquences. Il y veillerait personnellement, bien qu'il ne se fasse point trop de soucis quant à l'efficacité du jeune libertin.

« Je serais fort déçu que cette entreprise se solde par un échec car, vous conviendrez avec moi que ce que je vous demande est des plus élémentaires et vous avez déjà connaissance en la matière. Serez-vous à la hauteur de votre réputation, Monsieur Montero Adorasti, ou bien les rumeurs ont-elles amplifié vos hauts faits? »
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Jeu 17 Nov - 12:01

[Couloir menant à la Salle de Bal]

Trois coups furent frappés à la porte de la salle de Bal et Gabriella entra à nouveau dans la pièce. Les deux hommes étaient encore là et discutaient d'elle ne savait quoi. Peu lui importait. Elle n'aspirait qu'à une chose maintenant, servir le repas léger rapidement pour pouvoir aller se reposer un peu avant le début de la soirée. Autant précipiter les choses et tant pis si elle les dérangeait dans leur conversation qui était, sans aucun doute, sans grande importance.

"Le repas est servi, veuillez me suivre s'il vous plaît."

Elle ressortit aussitôt pour les mener à la Salle à Manger.

[Salle à Manger]
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Lazarro
Invité



MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Sam 26 Nov - 6:28

Une vulgaire servante?
Voilà ce qu'on lui demandait? S'occuper d'une vulgaire servante pour 'se mettre en appétit'?


"Remettre une personne si insignifiante à sa place n'est pas bien difficile pour moi comme pour vous, je le crains. Me tester avec un petit exercice? Je pense surtout que vous désirez vous venger de cette jeune femme sans avoir à vous salir les mains ni à verser le moindre sou. Vous êtes malheureusement bien ignorant : je ne fait rien gratuitement, vous êtes bien placé pour le savoir, puisque vous avez appuyé avec tant de certitudes sur le fait que vous n'aviez pas besoin d'argent, contrairement à moi. Il est déplorable d'en venir à demander à être payé pour le moindre service, n'est-ce pas? Seulement vous comprendrez qu'un être si malheureux que moi, sans la moindre petite piécette, ne peut faire autrement..."

Un sourire moqueur se dessina sur les lèvres de Lazarro. Cet homme voulait lui montrer à quel point il était infèrieur et avait besoin d'argent? Alors il jouerait comme tel, sans la moindre retenue.

"Si vous consentiez à me payer de quelque façon, je serais le plus heureux des hommes", ajouta-t-il, mentant allègrement sans même chercher à se montrer crédible, afin de bien faire comprendre à Luciano qu'il se moquait de lui et de ses grands airs. "Et si vous refusez... eh bien, je suppose que j'aurais bien d'autres manières de gagner mon pain auprès de quelqu'un d'autre, comme je l'ai toujours fait. Pensez-vous pouvoir m'empêcher de commettre des larcins parce que vous en savez plus que beaucoup d'autres sur moi? Vous vous méprenez lourgement. Mon propre Cousin Elio est au courant de mes agissements, et croyez-vous qu'il cherche à me nuire? Aucunement."

Il se mit à rire franchement, un rire enfantin, cristallin, mais qui sonnait étrangement quand on savait quelle genre de personne il se trouvait être.

"De toute manière, je ne vous vois pour le moment pas comme un élément gênant, et si vous vouliez abandonner le marché que vous désirez me proposer, eh bien tant pis. Mais si par contre vous cherchez à me causer du tort par quelque méthode, je suis dans le regret de vous annoncer que vous le regretterez très rapidement. L'argent et le titre de noblesse ne suffisent pas à donner le pouvoir, vous ne l'ignorez pas, je suppose. Et un libertin sans la moindre attache en a surement bien plus qu'un homme élevé comme un coq en pate. Celà n'est pas une menace, juste une simple mise en garde."

Il fut interrompu par l'arrivée de la servante dont il avait été question, Gabriella. Il se contenta d'un bref hochement de tête à son intention, mais ne la suivit pas tout de suite, et continua discrètement à l'intention de Luciano.


"Si vous souhaitez toujours traiter avec moi... eh bien, alors je suis à votre écoute. Mais je veux un payement pour le premier travail que vous me demandez, ainsi que des précisions sur ce 'repas principal' dont vous parlez si évasivement... Nous en discuterons après manger, si celà vous convient."

[Salle à Manger]
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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Dim 4 Déc - 18:27

(En espérant que le potage soit toujours comestible...)


De nouveau, Luciano avait écouté le discours de son cadet en silence. Le jeune homme lui rappelait un chien de chasse qu'il avait reçu en cadeau, il y a quelques années de cela: excité, provocateur, indompté, parfois exaspérant, mais somme toute divertissant et relativement pratique. De tous les chiots de cette portée, il avait sans doute été le plus performant. Mais pour en arriver à ce résultat, il avait fallu le dresser convenablement. Il en serait assurément de même avec ce Lazarro Montero Adorasti. Lui tendre un os, le lui retirer au dernier moment et répéter ce procédé jusqu'à ce qu'il ait docilement accompli la tâche qu'on lui avait confiée ; lui taper sur les doigts pour lui rappeler qui était le maître ; lui accorder sa récompense tant convoitée à la toute fin... et s'en débarrasser une fois qu'il était devenu inutile. C'était le sort qu'avait connu ce fameux chien de chasse et celui que connaîtrait probablement le jeune libertin, s'il continuait à faire preuve d'autant peu de finesse.

« Mon cher garçon, vous encore tant à apprendre, soupira le noble, d'un air faussement paternel. Si ce n’était de votre jeunesse, je vous aurais sans doute fait regretter vos paroles bien impudentes, mais je serai indulgent pour cette fois et passerai l’éponge sur vos bévues. Tâchez seulement de ne pas les renouveler, fit-il, la lueur dans ses yeux démentant son sourire presque bienveillant. Qui sait de quoi est capable un homme ‘élevé comme un coq en pâte’, pour citer vos si amusantes paroles? Sûrement de beaucoup plus qu’un jouvenceau dans votre position se targuant de posséder quelque pouvoir. »

L’aristocrate tourna la tête à l’arrivée de la servante. Un léger sourire retroussa ses lèvres en anticipation du châtiment qui allait bientôt lui échoir. Il n’y avait rien de plus plaisant que ces traits insouciants où on peindrait bientôt tristesse et défaite. Avec un peu de chance, elle serait engrossée, accusée de dévergondage et terminerait à la rue. N’était-ce pas une perspective des plus délectables?

Revenant à son interlocuteur, il hocha la tête pour signifier son acquiescement :


« Soit. Que diriez-vous de me rejoindre dans ma suite, après le dîner? Nous pourrions alors nous entendre sur le financement de cette petite entreprise et de la teneur de votre deuxième mission, à laquelle vous procéderez que si vous vous acquittez efficacement de la première, bien entendu. »

Sans un mot de plus, il emboîta le pas de la jeune femme pour se rendre jusqu’à la salle à manger.

[Salle à Manger]
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Tiberio Adorasti
Cousin du Prince - Ca'Adorasti


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Date d'inscription: 17/01/2007

MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Dim 3 Juin - 16:52

[Premier post de la soirée]
[Quartier de la Bouche d'Ombre - Ruelle de l'Ancienne Tuilerie]

Tiberio était assis là, confortablement, depuis... depuis... Depuis combien de temps déjà? Oh.. à vue de nez... à vue de nez longtemps. Pourquoi pas après tout? Les sièges étaient bien rembourrés, la pièce agréable à l'oeil, et ce Catanei, il fallait le reconnaitre, était un bon musicien.
Certes, il était difficilement compréhensible dès qu'il se décidait à ouvrir la bouche, et même parfois difficilement supportable. Mais son talent rachetait tout ça.
Quoique. En fait non. Disons que son talent permettait d'éclipser tout ça pendant un petit moment. Tant qu'il jouait, au moins, il ne parlait pas, ce qui déjà rendait les choses bien plus simples, et puis.. Et puis on se comprend, pas vrai?
Battant le rythme à l'aide de son talon droit, agitant les mains tel un gamin jouant au chef d'orchestre, fermant les yeux la moitié du temps, le brave Tibère savourait la musique note après note.

Et il savourait aussi son verre de vin, tant qu'il y était. D'ailleurs, alors que, déjà, ce morceau touchait à sa fin, Tiberio se resservit une coupe, constatant avec horreur que, malheur de malheur, la carafe était vide. Bien décidé à remédier à cette infamie, le cousin du prince, se leva, la carafe bien en main, et entreprit d'aller chercher un majordome quelconque.
Il fit un petit geste de la main à l'adresse du musicien, lui demandant avec une non-politesse des plus exquises de s'arrêter là ou il en était, et se mit en marche.

Plaçant deux doigts au coin de sa bouche, Tiberio émit un sifflement strident, espérant attirer ainsi la racaille servante, qui ne tarda d'ailleurs pas à apparaitre sur les lieux, sous la forme d'un jeune homme effeminé.
Crispant, n'est ce pas? On s'attend à voir arriver une jeune femme sublime aux attributs non négligeables qui remplira la carafe puis le verre avec une série de gestes sensuels et aguicheurs, et on se retrouve au final avec un jeune homme qui, en plus, est apparemment du genre à ne pas non plus lésiner sur la sensualité.
Grognant, maudissant intérieurement cette ville décadente, le cousin du prince ordonna :


"Bien.. hum... Je n'ai plus de vin. Faites ça vite, d'accord?"
Puis hop, il lui balança la carafe vide dans les mains, avant de retourner s'installer, maintenant énervé, à cause de son énorme déception, vous l'aurez compris. Il fit un nouveau geste au musicien, le visage tordu en une expression de dégout, et l'invita à venir s'assoir.
"Arrêtons donc de jouer pour quelques minutes, vous voulez bien? Je suis plus d'humeur à manger et boire plutot qu'écouter vos morceaux désormais."
Ha ha! Attention, accrochez vous! On a souvent reproché à ce cousin mal aimé de déshonorer son rang de par son comportement. Et bien voyez, il a retenu la leçon, non?
Ca, ça c'est du comportement digne d'une famille princière, pas vrai? Si, si, et pas à moitié même!
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Demetrio Catanei
Musicien


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Lun 4 Juin - 2:44

[Quartier de la Bouche d'Ombre - Ruelle de l'Ancienne Tuilerie]

Le premier accord était douloureux, agressif. Bientôt suivi du deuxième également grave. C’était souvent l’effet d’une partita en mineur. Et puis, on aurait dit qu’un monarque sur le déclin s’avançait. Poignardé. Sur son lit de mort. Pointant du doigt le coupable de sa chute. Agité de soubresauts. Dictant ses dernières volontés. Mais refusant tout de même d’abdiquer. Et avançant, avançant inexorablement, malgré le fait que sa voix se fasse parfois si piano, si pianississimo. À travers les couloirs interminables de son palais. Seul. Et il pouvait voir, devant ses yeux déjà vitreux, toute son existence défiler. Chaque pas était plus difficile. Un féroce combat s’engageait contre le Temps alors qu’il essayait à tout prix de se raccrocher à la vie. La course, le délire, l’écroulement, mélange de legato et de staccato. Les souvenirs de sa gloire passée affluaient. Il semblait finalement se résigner, être baigné de lumière, à genoux devant l’autel et le son du violon était tel qu’on aurait dit qu’un chœur entier d’anges descendus du Ciel pour l’accompagner dans sa prière. Venaient ensuite ses ultimes instants moments. L’agonie était longue. Toujours plus virtuose. Retour du thème principal. Et le roi s’éteignait sur ce ré tenu, sans vibrato, pur, définitif.

C’était là toute la beauté de la musique. Chaque nouvelle pièce, le plus petit motif contenait une foule de récits, de couleurs, d’images plus variées les unes que les autres. Les traduire en mots aurait été les réduire grandement, Demetrio préférait donc les jouer. Parfois, la musique était si forte qu’elle emplissait totalement l’espace et ne laissait aucune place aux fresques qu’elle faisait naître d’ordinaire. Elle ne devenait alors qu’un flot puissant et continu et tout ce qu’il fallait, c’était de se laisser emporter par elle, peu importe où elle comptait nous mener. Ces moments de grâce étaient considérés par le violoniste comme l’apothéose même de cet art qu’il cultivait depuis des années.

Un long soupir s’échappa de sa poitrine et le violoniste parut s’ouvrir au monde et, par le fait même, quitter celui qu’il avait laissé entrevoir le temps de son solo, ses yeux jusqu’alors clos se posant sur son unique spectateur, qui semblait l’inviter à s’asseoir avec lui. Précautionneusement, il déposa son violon dans son étui avant de se relever avec lenteur pour prendre siège aux côtés de Tiberio Adorasti. Les mains sagement appuyées sur ses cuisses, il demeura silencieux un instant à songer à ce qu’il serait convenable d’énoncer. Il lui aurait été possible de jouer pendant des heures encore, mais visiblement, ce n’était pas ce qu’on attendait de lui. Alors, que faire et surtout, que dire?


« Ce… Ce n’était pas si mal? Je n’étais pas certain de ce que vous aviez envie d’entendre, si vous aviez envie d’entendre quelque chose en particulier. »

Il se remémora la manière quelque peu expéditive qu’avait employée son interlocuteur pour lui signifier de jouer, ne lui accordant pas l’occasion de s’informer quant à ses préférences musicales. Devant l’embarras du choix, le jeune homme s’était laissé guider par ses propres envies et avait fini par trancher pour cette chaconne qui lui plaisait tant. Il ne savait pourquoi, il lui semblait qu’une odeur de drame flottait dans l’air et que cette pièce convenait fort bien à ce sombre pressentiment.

À la recherche d’un sujet de conversation quelconque, il tenta d’évoquer à son esprit tous les mots qu’il associait au cousin du Prince. Parasite, bien sûr. Canaille, faquin, bas-fond, vermine, maraud…Il fronça les sourcils. Il devait bien avoir autre chose. Voyons voir… Fripouille, gredin, crapule… Anthropophage. Oui, c’était une piste. Anthropophage. Cannibale. Sauvage. Amérique! Voilà, il avait trouvé : Amérique.


« Vous ne deviez pas être en Amérique? » s’enquit-il de façon tout à fait impromptue, tournant subitement la tête vers son auditeur avec curiosité.
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Oriana A
Invité



MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mar 5 Juin - 21:54

[Ca'Adorasti-La Chambre D'Oriana]

Alors qu'elle arpentait les couloirs, des sons mélodieux parvinrent à ses oreilles. De la musique... Et plus précisément, du violon.
La tante qui avait un goût immodéré pour les arts n'hésita pas une seule seconde, son instinct lui fit faire demi-tour. Elle n'avait plus qu'un objectif. Se laisser guider par les notes de musique, se rapprocher petit à petit de leur source, et trouver l'auteur de cette mélodie. Après quoi, elle l'écouterait en silence, toute la nuit s'il le fallait, jusqu'à ce que le musicien n'en puisse plus. Alors elle ferait en sorte qu'il s'écroule sous ses applaudissements, elle applaudirait jusqu'à ce qu'elle n'ait plus la sensation de ses mains. Et, comme touche finale, elle lui dirait un bref remerciement du bout des lèvres. Rien de plus. Aussi plaisante que cette musique pouvait l'être, il était hors de question qu'Oriana se laisse submerger par ses émotions.
Depuis toujours elle avait été tel un lieu impénétrable, et elle comptait bien le rester jusqu'à ce que ce Seigneur qui régnait au-dessus d'eux - dans le cas où il y en avait bel et bien un- la ramène à lui.

Oriana s'arrêta. Devant elle, une épaisse porte. Derrière, la jolie mélodie. Sans qu'elle ne puisse s'en douter, il s'agissait des dernières notes.
Discrètement, avec le plus de douceur possible, elle poussa la porte du bout de ses doigts. Lentement, avec précaution. Le son émit par une porte grinçante n'avait rien de très mélodieux, et un tel bruit aurait tout simplement gâché la prestation du violoniste.

La musique s'arrêta. Oriana s'immobilisa, dépitée. Ainsi, elle était arrivée trop tard. Nouveau soupir. La femme ne s'en lassait décidément jamais. Il était de toute manière évident selon elle qu'un soupir était préférable que de longues minutes de tirades à exprimer sa complainte, auprès de personnes qui attendaient désespérément la fin du calvaire que cela avait occasionné. C'était qu'elle se sentait concernée par le bien être d'autrui...

Une vois se fit entendre.une voix qui était loin de lui être inconnue, et pourtant...

Et pourtant si lointaine, sortie de nulle part. Ou plutôt, venue d'un passé si lointain déjà, passé qu'elle avait presque cru irréversible...
Comment cela était-il possible?

Afin de s'assurer que son ouïe ne lui avait point joué de mauvais tours, elle s'avança de quelques pas dans la pièce. Les talons de ses chaussures, dissimulés sous sa longue robe noire émettaient un léger ruit à chaque fois qu'ils entraient en contact avec le sol.
Son ouïe ne s'était pas jouée d'elle. A moins qu'elle ne fut également aveugle. Un simple mot sortit alors de sa bouche.


"Tiberio..."

Se rendant soudainement compte que la stupéfaction devait transparaître sur son visage, elle déploya d'un mouvement habile un éventail noir qui vint lui dissimuler ses lèvres. Après quoi, elle s'approcha encore.

Douze années...


"Hé bien... Je dois avouer que je n'aurais jamais cru vous voir ici..."

Et puis, un regard endirection du second homme. Un coup d'oeil se posa sur le violon, lui rapelant soudainement ce pour quoi elle était là.

"Monsieur, avant que je ne m'égare encore, permettez moi de vous féliciter. J'ai beaucoup apprécié votre musique, étant simplement déçue de n'avoir pu entendre que les dernières notes..."

Un hochement bref de la tête, après quoi son regard se dirigea de nouveau vers son neveu.
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Tiberio Adorasti
Cousin du Prince - Ca'Adorasti


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Date d'inscription: 17/01/2007

MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Sam 9 Juin - 0:56

Et bah voilà! C'était fait! La carafe était remplie! D'un geste sec, Tiberio récupéra le précieux liquide dans son enveloppe de verre, et congédia le serviteur en lui jetant un regard noir. S'il avait pu se permettre, il l'aurait d'ailleurs plutot congédié à coups de talon dans le postérieur. Ou peut être à coups de talon dans la tête en fait. Rien ne valait le spectacle d'un visage en miettes pour se remettre de bonne humeur.
Ou alors une bonne coupe de vin.
Comme le cousin du prince ne pouvait présentement se permettre d'écraser le visage du serviteur (même si ce n'était que partie remise), il se contenterait du vin. Faute de grives, on mange des merles, n'est ce pas?

Grognon, plongé dans ses pensées, ruminant contre ce monde puant constitué uniquement de déceptions, le bon Tibère ne prit même pas la peine de répondre au musicien. Qu'il aille au diable celui là. Le Roi n'était pas d'humeur à bavarder.
Glou glou glou! Et glou glou, par dessus ça. En deux temps, la coupe se retrouve vide, et d'un mouvement brusque, tel le pilier de bar de fond de taverne miteuse, notre bon ami claque son verre sur la table, en même temps que son poing, ravalant bruyamment au même instant une belle bouffée d'air.
Soupirant, Tibère se prépara psychologiquement à répondre à la question du musicien, malgré son envie de rester à ruminer en silence.

Mais, hé hé hé! Soudain, voilà la porte qui s'ouvre.
Le cousin du prince se retourna brusquement. Bon Dieu, si c'était encore ce serviteur, il allait y avoir droit cette fois ci, à sa rouste. Et pas une demie, hein, une vraie de vraie.
Si vous avez lu jusqu'ici, vous l'aurez compris, le membre le moins apprécié de la famille princière avait l'alcool mauvais. A chaque fois qu'il en abusait, il se retrouvait dans des états de nerfs impossibles, à marmonner tout seul des absurdités sur l'état du monde, sa décadence, le fait qu'il n'était pas assez reconnu, qu'on le haïssait partout par jalousie, et tout ce qui va avec. Bref. Il se complaisait dans sa soi-disant supériorité et ne faisait qu'accentuer sa frustration. Ce qui le rendait encore plus insupportable que d'habitude.
Toujours est il que du coté de la porte, une silhouette commençait à se dessiner.


"Alors toi, tu vas voir ce que tu vas prendre."
Annonça l'hargneux alcoolique, se relevant, retroussant ses manches, et prêt à aller décharger son lot de colère sur le pauvre larbin sous la forme d'un torrent de coups. Mais voilà, pas de larbin en vue, plutot une femme. Plutot une belle femme en vérité, malgré son age mur.
Tiberio se figea dans son mouvement, resta bouche bée pendant une seconde, hagard, avant de rabaisser ses manches, et de se retourner vers son acolyte musicien, lui jetant un regard interrogateur, semblant attendre une explication.
Mais il n'eut pas le temps d'en avoir une, son prénom était prononcé. Mince. Cette femme le connaissait.


"Tiberio, c'est bien moi."
Annonça t il, avec un grand sourire. Il lui fallait gagner un peu de temps, jusqu'à ce qu'il se souvienne de qui pouvait bien être la personne qu'il avait en face de lui.
Avait il eu des relations... poussées avec cette femme? Seigneur... A première vue, plutot non. Elle était belle, plus vieille que lui, apparemment noble. Il s'en souviendrait, tout de même.
Il s'appréta à saisir la main de son interlocutrice, pour offrir le baiser rituel, mais voilà, elle s'était saisit d'un éventail. Il se contenta donc de faire une révérence en gardant son sourire au beau fixe, avant de déclarer, sans une once d'hésitation dans la voix, mentant tel l'expert.

"Et bien, moi non plus, je dois avouer que je ne m'attendais pas à vous recroiser ici. Et surtout pas maintenant. C'est étrange de voir à quel point le monde peut être petit parfois.
Comment allez vous depuis tout ce temps?"

Ha? Hum? Pardon? Elle s'adressait au musicien?
"Ha! Excusez moi de ne pas vous avoir présentée. Demetrio Catanei, je..."
Oups. Comment terminer cela sans montrer son regrettable oubli? Il choisit la solution de facilité, reprenant la phrase du début.
"Ha ha ha! Vous m'aurez compris ma chère. Ce grand musicien se nomme Demetrio Catanei. Je l'ai rencontré il y a peu, et il a accepté de me jouer quelques morceaux. Et il faut bien le reconnaitre, il est doué."
Et voilà, il l'avait trouvée, son échappatoire. Le musicien allait servir à détourner l'attention pendant qu'il continuerait à se creuser les méninges de toutes ses forces.
Avec un peu de chance, le violoniste recommencerait à se perdre dans des phrases insensées et sans fin. Et avec encore un peu plus de chance, la femme le suivrait dans son jeu, tentant de déchiffrer ces paroles obscures.

Pourquoi avait il tant bu? Il n'arrivait plus à se rappeler maintenant. Il avait tout gagné. Il allait passer pour un rustre, une fois de plus. Certes, il n'était plus à ça près, mais en face d'une belle dame, c'était toujours plus ennuyeux.
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Demetrio Catanei
Musicien


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MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Mar 12 Juin - 4:05

Rien de plus satisfaisant que de trouver un sujet de conversation susceptible de lancer son interlocuteur dans d’interminables souvenirs de voyage, anecdotes sans intérêt et conseils à propos d’expériences qu’on ne comptait nullement tenter ou d’endroits qu’on n’aurait pu situer sur une carte. On n’avait alors qu’à s’adosser confortablement au dossier de son siège et faire mine de prêter oreille, dispenser quelques « Oui, certainement » et « Non, j’imagine » pour signifier sa présence physique – à défaut de mentale – et faire en sorte que, encouragé, l’orateur poursuive sa diatribe. Ne restait plus qu’à diminuer le volume provenant du dehors et augmenter celui de l’intérieur pour s’entourer de sa propre musique, observer le monde avec la vision brouillée d’un baigneur sous l’eau et en émerger afin de reprendre son souffle, respirer quelques notes de cette chaconne tant aimée. On disait ensuite du principal concerné qu’il était un excellent confident alors qu’il entendait à peine les secrets qu’on lui soufflait, on le décrivait comme compréhensif quand il se contentait d’hocher la tête, le regard ailleurs. À coup sûr, l’ironie de l’affaire le faisait sourire, mais il n’en montrait rien pour ne pas qu’on perturbe sa mélopée intérieure.

C’était très exactement l’exercice auquel Demetrio s’apprêtait à s’adonner lorsque la porte s’ouvrit sur une femme. Dissimulant tant bien que mal son ennui, il se redressa à la suite de son compagnon, qui avait retroussé ses manches d’un air menaçant. Qui eût cru que le « privé » de « prestation privé » lui tint tant à cœur? Certainement pas le musicien, étonné par une telle démonstration de possessivité de la part de son mécène. Il élevait sa main en l’air pour apaiser celui-ci et l’inciter à baisser les armes en lui promettant un second concert en tête-à-tête, lorsque son belliqueux spectateur s’exécuta par lui-même.

La nouvelle arrivante s’avança jusqu’à eux et il put reconnaître cette figure, quelque peu altérée par les années, mais dont il se rappelait avec une acuité certaine. Père en avait dit que c’était une femme digne de respect. Et Père semblait respecter si peu de ses pairs et presque aucun de ses inférieurs, qu’il était toujours utile de noter les quelques élus qu’il épargnait de son mépris, afin de s’inspirer d’eux.

Ployant sa longue silhouette dans une révérence appuyée, ce fut avec une sincère courtoisie que le violoniste déclara :

« Madame, vous ne me reconnaissez sans doute pas puisque bien des années se sont écoulées depuis notre dernière rencontre, mais votre souvenir et celui de vos bontés envers moi demeurent chers à ma mémoire. Mon… »

Il ferma les yeux, déglutit et se reprit :


« Vous avez toujours été considérée en haute estime par… par ma famille et moi-même et c’est… ce sera avec joie que je jouerai à nouveau pour vous. »

Il marqua une pause, souriant timidement en se remémorant l’enfant qu’il avait été, avant d’enchaîner :

« Mieux, je l’espère, que je ne le faisais à l’époque où nous nous sommes connus. »

Se tournant vers le neveu du Prince Andrea, il fronça les sourcils, faisant appel à sa mémoire, et ajouta :

« Je crois d’ailleurs avoir quitté le palais de Florence peu avant le départ de Monsieur Adorasti pour les Amériques. Du moins, c’est ce que P… ce qu’on m’avait fait savoir. »

Un léger soupir s’échappa de ses lèvres. À peine avait-il posé les pieds à la Ca’Adorasti qu’il retournait dans cet univers tissé de noms, de rangs, de fortunes, de scandales et de réputations qu’il croyait avoir oubliés. Sans doute ne les avait-il pas relégués assez loin dans les tréfonds de son esprit car, déjà, refaisaient-ils surface quand les fantômes du passé prenaient forme sous ses yeux. Mère aurait été fort aise de constater que ses enseignements s’étaient fortement enracinés en lui et portaient finalement fruit après toutes ces heures passées à faire répéter à son fils les mêmes formules de politesse, les mêmes titres attribués à chaque grande famille. Peut-être n’avait-elle seulement pas envisagé quel usage il pourrait en faire par la suite.
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Oriana A
Invité



MessageSujet: Re: La Salle de Bal   Sam 23 Juin - 21:59

Il ne s'écoula que très peu de temps avant qu'Oriana ne comprenne que son neveu était dans un état second. Chacune de ses paroles lui semblaient être légèrement décalées, voire dépourvues de sens, lorsque l'on savait qu'elle était sa tante et qu'il était son neveu. On pouvait également imaginer que si elle n'avait aucun jugement ni aucun apriori quant au passé..."tumultueux" de Tiberio, elle n'entretenait cependant pas une relation de complicité avec ce dernier. De manière plus générale, si elle entretenait des relations courtoises avec beaucoup de monde, ceux qui pouvait se vanter de faire partie de ses proches se comptaient sur les doigts d'une seule main... à laquelle il manquait probablement plusieurs doigts. S'il fallait avouer que la baronne n'était pas du genre à se confier au premier venu, il ne fallait pas non plus oublier que beaucoup se méfiaient trop d'elle pour oser tenter quoi que ce fut en la matière.

Si ses activités durant sa jeunesse avaient fait subir à Tiberio les foudres de nombreux membres de sa famille, Oriana s'était cependant abstenue de tout commentaire à ce sujet, préférant garder secret son avis sur la question. Femme stricte et n'appréciant que très modérément les écarts, elle savait cependant ce que se faire traîner dans la boue signifiait. De ce fait elle s'était abstenue de se montrer dure vis à vis de son neveu.
Cependant, Oriana ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'après toutes ses années Tiberio eut de nouveau regagné le droit chemin, et ce avant tout pour lui même. S'il avait mené une vie trouble, c'était certainement parce qu'il était troublé lui même, du moins l'avait-elle interprété comme cela. Mais au vue des réactions de Tiberio, ses espoirs n'étaient peut être pas devenus réalité. Un léger soupir s'échappa de nouveau.

Son neveu entreprit alors de la présenter au musicien, à moins que ce ne fut l'inverse, la tante ayant parfaitement comprit que son neveu ne se souvenait pas d'elle. Les méfaits de l'alcool, sans aucun doute...
Un éclair foudroyant apparut du fond de ses yeux lorsqu'elle entendit son neveu l'appeler "ma chère". En effet, elle partait du principe que les membres de sa famille et de manière générale tous ceux qui ne lui étaient pas proche; une très grande majorité, donc; se devaient d'éviter ce genre d'appellations. Au vu de l'état de Tiberio, elle jugea qu'il valait mieux ne pas faire de réflexions, la situation risquant de s'envenimer pour quelque chose qui n'en valait pas vraiment la peine, en fin de compte. On put cependant noter qu'en réaction à cela, l'éventail s'agita avec un peu plus de nervosité. Mais très vite, le musicien attira de nouveau l'attention d'Oriana.


"Demetrio Catanei dites vous?"

Un dernier regard à Tiberio puis ses yeux parcoururent le jeune homme. Comment avait-elle put ne pas s'en rendre compte plus tôt?

"Veuillez m'excuser de ne point vous avoir reconnu cher Demetrio. Il faut dire que vous avez beaucoup changé depuis mon départ... Cela fait tout de même cinq ans..."

Se remémorant la prestation du jeune homme, des souvenirs du passé lui revinrent alors en mémoire.

*Certains ont fait beaucoup de gâchis. Quels incapables...*

Malgré ces dures pensées envers certains, un sourire plus doux apparut sur son visage. Sourire cependant dissimulé par son éventail.

"Vous avez toujours été plus doué que ceux de votre âge dans ce domaine. Et vous voilà bien plus doué encore. La musique est votre élément, vous êtes né pour elle, cela ne fait aucun doute lorsque l'on vous écoute. Et ce sera avec un plaisir immense que je vous écouterais jouer à nouveau."

Puis son regard se tourna à nouveau vers Tiberio. Elle non plus ne l'avait point oublié. Et elle aussi voulait savoir ce à quoi il avait occupé ces douze dernières années...

"Mon cher neveu, si l'alcool vous empêche de vous souvenir clairement de moi, je vais donc me charger de faire jaillir en vous quelques souvenirs, j'espère que vous n'y verrez là aucun inconvénient... Oriana Adorasti, mon nom, vous éclairerait-il un peu plus à tout hasard?
Parlons d'autre chose. Ma vie ces dernières années a été certainement moins palpitante que celle d'un homme dans la force de l'âge, de plus, au cas où vous ne vous souviendriez toujours pas, permettez moi de vous rappelez encore que je ne suis pas de celles qui affectionnent le fait de ne parler que de leur propre personne. Ainsi, si vous nous racontiez ce que fut votre vie ces dernières années? Le nouveau monde vaut-il vraiment la peine d'être vu comme beaucoup le prétendent?"
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La Salle de Bal

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