Domenico Invité
 | Sujet: Re: La Bibliothèque Mer 1 Aoû - 9:28 | |
| Domenico sourit maladroitement laissant l’homme partir. Le baron lui avait laissé une forte impression : à la fois sympathique, entreprenant et sûr de lui. Le prince devrait lui faire plus fréquemment confiance. Les paroles de Luciano avaient convaincu le secrétaire mais elles le laissaient perplexe quant à la façon de procéder pour obtenir des informations. Il ne pouvait se décider à épier le prince. L’indiscrétion ne faisait pas partie de son caractère, et écouter au porte lui semblait assez révoltant. D’ailleurs cette action lui avait déjà causé du tort dans le passé, il valait mieux s’en garder. Il allait devoir tendre l’oreille en présence d’Elio sans montrer qu’il l’espionnait. Le mieux était encore d’aller se renseigner à la source du mal. Si le prince s’était fait attaquer dans la rue, la rue pourrait l’aider. De toute évidence, il ne serait d’aucune utilité ici. Luciano l’avait prévenu que le prince devait se reposer, et Domenico ne désirait point jouer l’importun.
Le jeune homme se leva et rangea l’ouvrage emprunté précédemment à sa place. Il ne savait pas encore où se rendre. Un bal était donné au jardin du Castello, le mieux était donc d’aller dans un lieu au abord de celui-ci pour s’y rendre par la suite. Les pensées encore plongées dans les propos du charismatique baron, Domenico décida dès le lendemain de suivre ses conseils. Il prendrait un carnet et noterait chaque action du Prince. Ce qu’on pouvait penser de lui l’importait peu. Seule la réaction d’Elio l’épouvantait. Et s’il renvoyait tout bonnement Domenico ? Car ce dernier n’était pas assez sot pour penser que l’homme ne réagirait pas s’il découvrait qu’on enquêtait sur ses actions…
Domenico quitta la pièce. [Place St Marc – Nord] |
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Lucrezia di Lorio Baronne - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 42 Date d'inscription: 05/04/2007
 | Sujet: Re: La Bibliothèque Dim 9 Déc - 19:55 | |
| Jeudi 5 Mars 1744 - Premier post du JourAprès avoir fait monter ses malles et déjeuné rapidement dans sa suite, Lucrezia était descendue en quête de lecture dans la bibliothèque. Elle s’était mise en tête de feuilleter quelque ouvrage sur l’architecture afin occuper le temps qui la séparait de son proche rendez-vous avec son père. La baronne avait déjà pu remercier le Prince d’avoir rassemblé une collection de livres d’art suffisamment vaste pour satisfaire son appétit constant de connaissance. Au cours de son premier séjour à la Ca’Adorasti, la jeune femme avait pris le temps de se familiariser avec les lieux et ainsi était-elle déjà rompue au classement méticuleux dont faisait l’objet la salle de lecture. D ‘un pas décidé, Lucrezia s’était orientée vers les étagères où se trouvaient rangés les ouvrages traitant des beaux arts. Elle laissait cependant son regard courir à loisir le long des couvertures sans vraiment se fixer, appréciant pleinement cet instant où elle jouissait tout à fait des plaisirs que lui offrait sa condition.
Alors que ses doigts couraient sur la tranche en cuir des ouvrages classés, la jeune femme se remémora son court séjour à Florence dont elle revenait (après être passée en Ombrie pour le bal d’une de ses jeunes amies). Les conversations avec son ami architecte Giuseppe lui revenaient en tête. Elle avait pour habitude de ne pas se confier à lui, aussi avait-elle été fort surprise de l’intérêt particulier que ce dernier avait porté à sa convalescence passée. Il l’avait harcelé de questions tout au long de leurs errances le long de l’Arno à propos de ses projets futurs et de son bien être quotidien. Non pas qu’elle fut pudique, mais Lucrezia répugnait ce genre de conversation. Aussi avait-elle le sentiment de n’être pas pleinement satisfaite des heures écoulées à battre le pavé de la ville. Comme si le souvenir de sa gêne éprouvée à force d’esquiver le sujet revenait la hante, associé à ses heures de contemplation hallucinée devant les trésors que donnait à voir la ville des Médicis. Ne garderait-elle de ce séjour que la désagréable impression d’avoir été attaquée dans sa volonté farouche de taire son intimité ? Cette idée lui arracha un soupir, et elle balaya aussitôt ses scrupules d’un claquement de talon. Il n’était pas question d’associer Giuseppe à l’image d’un indiscret, elle devait se raisonner et comprendre que c’était peut-être le moment où leur amitié ne prenait pas le tournant désiré. Lucrezia n’avait que trop compris l’importance de taire ses secrets et de ne pas trahir ses affects. Cela ne faisait pas d’elle une hypocrite, elle le savait, seulement Lucrezia avait appris depuis bien longtemps à retenir au mieux ce qu’elle était en mesure elle-seule de mettre en ordre. Sa pudeur naturelle semblait gêner Giuseppe, et ceci la rendait particulièrement nerveuse. Nouveau claquement impatient du talon. Fallait-il maintenant qu’elle se ronge les sangs à force d’évoquer la désagréable sensation d’une main cherchant à entrer de force sous sa poitrine ? Cela n’était pas nécessaire, elle aurait l’occasion d’en discuter avec lui et de s’expliquer au mieux dans le prochain courrier qu’elle lui adresserait.
Une pensée venant en chassant un autre, la jeune femme se remémora les quelques mots échangés avec la servante qui l’avait aidée à défaire ses malles. Son vis-à-vis lui avait alors confié que la Princesse Bianca était au terme de sa grossesse et que la délivrance était imminente. Lucrezia avait été informée qu’elle recevait à cet instant Monsieur son frère et le Prince Elio. La baronne avait du s’abstenir de rendre visite à l’épouse de son ami, mais elle avait comptait bien venir l’assister si celle-ci l’accepterait à ses côtés durant l’accouchement. Lucrezia avait déjà assisté à la délivrance de sa cousine et avait ainsi pu se faire une idée de ce que cela induisait comme souffrance. Elle estimait donc de son devoir de proposer une main amie et une présence secourable pour épargner à Bianca la solitude de cet acte douloureux. De plus, Lucrezia entendait bien honorer comme il se devait la requête du Prince. Au cours des semaines passées, Lucrezia avait le sentiment d’avoir tissé des liens avec la Princesse, et la jeune femme en était fort satisfaite. Elle secoua légèrement la tête, se souriant à elle-même.
Ce fut à ce moment que ses yeux tombèrent sur l’inscription finement dorée : De re aedificatoria. Alberti serait le meilleur instructeur en la matière et ce à n’en point douter : elle avait déjà eu l’occasion d’éprouver ses savants écrits après avoir été forcée de déchiffrer le latin du De Pictura par son précepteur. Lucrezia tendit le bras et sortit le livre avec précaution, chassant momentanément de son esprit le futur proche. Ses mains dégagèrent une fine pellicule de poussière qui avait échappé à la vigilance précautionneuse des gens de la maison. Manipulant l’ouvrage broché avec prudence, la jeune femme vint prendre place dans l’un des fauteuils garnis et entama aussitôt sa lecture. Le silence recueilli de la pièce saillait parfaitement à sa disposition. Satisfaite, Lucrezia tourna une page et leva aussitôt la tête, il lui semblait entendre des pas. Naturellement elle referma le livre et tourna la tête, se tendant un peu en prévision à ce qu’on allait lui annoncer. Un valet lui confirma alors ce à quoi elle s’était attendue. Madame avait rejoint sa chambre, le médecin était à son chevet et venait de donner l’ordre de rassembler des linges et faire bouillir l’eau, la délivrance était pour maintenant. Calmement, Lucrezia reposa le livre sur l’un des guéridons et remonta à l’étage, dans l’idée de rejoindre de ce pas la future mère. Une pensée pour Elio lui étreint brièvement le cœur. C’est avec le sourire qu’elle se présenta à la porte. [la chambre de la Princesse] |
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