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 Le Grand Salon

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Awrigha
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 11 Déc - 12:45

[Embarcadère]

Awrigha, si elle avait été de nature vindicative, aurait pu enrager que la jeune femme, de toute évidence une servante, l'ait laissée toute seule.
Mais ce ressentiment aurait impliqué une quelconque constance ne serait-ce que dans l'esprit d'Awrigha. Et c'était malheureusement chose impossible.

Alors elle se contenta d'aller et venir dans le vaste salon des Adorasti. Trop vaste, d'ailleurs, Awrigha avait l'impression de redécouvrir la pièce à chaque fois qu'elle faisait un nouveau cercle.

Puis, lassée et commençant à avoir la tête qui tourne car ses cercles devenaient de plus en plus petits, elle se mit à regarder les oeuvres, qui, selon la mode du temps, tapissaient entièrement les murs de la pièce. Si Awrigha avait eu la moindre notion du temps, elle aurait pu le trouver long.
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Livia Pa
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 11 Déc - 18:53

[Premier Post de la journée]

Livia, après avoir exécuté les quelques tâches matinales qui lui avaient été confiées, avait fini par se rendre au grand salon, qu'elle aurait souhaité épousseter... Tout en cherchant discrètement Gabriella : elle avait entendu certains ragots des gens de maison à propos de l'absence du maître ce matin. Certains disaient savoir où il se trouvait, d'autres non. Enfin, elle ne pouvait elle-même être sûre de rien, mais elle accordait une certaine confiance à ce que lui dirait sa blonde camarade.

Cependant, alors qu'elle entrait, prête à se mettre au travail, elle fut interrompue dans sa marche par la présence d'une dame inconnue dans la pièce. Sur le pas de la porte, la domestique s'arrêta et s'inclina respectueusement, comme elle en avait l'habitude devant toute personne supérieure à elle en rang et, d'après les vêtements que portait l'autre, il était évident qu'elle faisait partie de ce groupe.

D'autres auraient été tenus de baisser les yeux. Livia étant de nature assez grande, elle ne s'y autorisait pas : le geste aurait trop ressemblé à une posture plus ou moins méprisante, ce qu'elle ne voulait paraître qu'en certaines occasions choisies, et celle-ci n'en faisait pas partie. Au lieu de ça, elle regarda son interlocutrice en plein visage, de ses yeux noirs. On ne pourrait rien lui reprocher : de son tablier immaculé à son chignon impeccablement mais modestement tiré, elle incarnait la bonne tenue. Et pouvait-on en vouloir à quelqu'un pour un regard, peut-être un peu trop prononcé, certes, mais après tout, seulement deux billes colorées vous fixant ?


"Bonjour, Madame.", commença-t-elle. Puis, il lui faudrait tourner sa question de manière à ce que son interlocutrice n'y voit pas une accusation, mais bien une inquiétude pour son confort personnel. "Quelqu'un est-il déjà allé vous annoncer, Madame ?", demanda-t-elle enfin, ses yeux interrogateurs fixés sur le visage brun de celle qui se trouvait dans la pièce.
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Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 11 Déc - 19:27

"Oui, cela a été fait, merci Livia." fit la voix de la princesse en entrant dans le grand salon. Elle offrit un sourire à la servante, appréciant sa tenue impeccable et son sens du devoir.

"Veillez à ce que les malles de Madame soient montées dans sa suite et que sa chambre soit préparée." ajouta-t-elle à l'intention de la servante.

Toujours avenante malgré ce qu'elle venait d'apprendre, Bianca s'approcha de son invitée et lui sourit.


"Bienvenue Ca'Adorasti Madame. Mon époux m'avais prévenue de votre arrivée."

Plus exactement, le prince lui avait fait lire une lettre d'Andrea dans laquelle il annonçait sa venue à Venise. Bianca avait reconnu le nom de famille, beaucoup plus simple à retenir que le prénom.
Le regard bleu-vert de la princesse glissa un instant sur la robe jaune criarde de la jeune femme. Elle se rappela qu'Elio l'avait avertie du caractère 'particulier' de la jeune femme mais elle découvrait qu'apparemment ses goûts vestimentaires suivaient son caractère.
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Awrigha
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 11 Déc - 20:02

S'arrachant à grand peine à la contemplation d'une mince bande de tapisserie qu'on pouvait apperçevoir entre deux tableaux, Awrigha se retourna, et fit un grand sourire à la jeune femme qui venait de montrer tant de sollicitude à son égard.
De tout évidence, il s'agissait d'une servante. Awrigha tirait cette brillante déduction non pas de l'air de la jeune femme, ou de ses habits, mais du fait qu'elle avait précisément montré de la sollicitude.

Soudain, une autre personne entra. En réalité, cette apparition n'avait strictement rien de soudain. Mais il fallut pourtant qu'Awrigha fasse un effort pour tenter de se resituer dans la pièce, avec une personne en plus. Il ne manquerait plus qu'elle s'éparpille encore une fois !


Jetant encore un coup d'oeil à la si grande servante, Awrigha lui fit un grand sourire avant de se tourner devant celle qui venait de se présenter comme la femme du propriétaire des lieux.
Etrangement, les premiers mots d'Awrigha furent :


-"Il y a donc tant d'araignées que ça à vos plafonds ?"

Contrairement aux apparences, cette phrase était d'une logique extrême. Elle ne faisait que prolonger la réflexion qu'Awrigha se faisait sur la taille de la servante.

-"Awrigha d'Alep. Mais je suppose que vous finirez, comme tous, par m'appeller La Folle d'Alep, alors autant commencer par là !"

Toujours pleine d'entrain, Awrigha n'en finissait pas de laisser son regard papilloner d'une chose à l'autre, caressant un vase, admirant un tissus.

-"ce palais est réellement magnifique, vous savez !"
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Livia Pa
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 11 Déc - 20:25

Livia se laissa surprendre par la voix de sa maîtresse derrière elle. Elle eut une forte inspiration, mais aucun sursaut n'agita son corps, et son visage ne rosit pas. Elle n'avait pas été prise en faute, elle n'avait aucune raison de s'inquiéter. Elle reçut le sourire de la princesse avec une révérence, et ses lèvres s'étirèrent elles aussi, reconnaissantes.

"Bien, Votre Grâce", répondit-elle en entendant ses ordres, s'inclinant légèrement. C'était sans doute le geste qu'elle faisait le plus souvent : s'incliner. Pour saluer, pour recevoir des ordres, pour remercier d'un sourire...

Elle devina que les malles de la jeune personne, qui était en quelques instants devenue une invitée, devaient sans doute encore se trouver à l'embaracadère là où elle avait dû, selon toute probabilité, arriver.

Il faudrait qu'elle trouve un porteur pour les emmener dans les suites, étant une femme, on ne pouvait pas s'attendre à ce qu'elle se charge elle-même de ce travail. Avant qu'elle ne se retourne pour quitter les lieux, la nouvelle arrivée lui adressa un sourire rayonnant. Elle y répondit de la même façon qu'à sa maîtresse, excepté qu'elle ne baissa pas les yeux. Au contraire, elle les remplit d'une sorte de joie mêlée de gratitude. Une façon comme un autre de souhaiter la bienvenue aux gens qui ne lui étaient pas désagréables.

Puis, elle tourna sur ses talons et quitta la pièce, entendant du pas de la porte la remarque sur les araignées. Les yeux de Livia s'agrandirent un peu. Etait-ce un reproche ? N'avait-elle pas fait son travail correctement ? Elle leva les yeux au plafond : d'autant qu'elle pouvait le voir, il n'y avait pas trace d'une quelconque toile... Décidément, cette femme semblait avoir le tempérament aussi singulier que la tenue vive qu'elle portait. Elle se douta qu'elle finirait par s'en amuser, à la longue.

Arrivée à l'embarcadère, elle donna comme elle l'avait prévu, quelques ordres pour qu'on emmène les malles de Madame dans sa suite, pendant qu'elle s'occuperait elle-même de préparer la chambre. Elle n'aurait sans doute pas l'occasion de croiser Gabriella avant un certain temps. Tant pis. Elle se tiendrait au courant des curiosités de la maison plus tard. Et puis, sa jeune maîtresse n'avait pas l'air particulièrement bouleversée, lorsqu'elle était arrivée au salon... Une fois de plus, les rumeurs devaient mentir...


[Suite d'Awrigha d'Alep]
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Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 13 Déc - 0:32

D'emblée, la phrase d'introduction d'Awrigha la surprit. Alors qu'elle s'attendait, comme le voulaient les convenances, à un remerciement face à l'hospitalité de la maison qui l'accueillait et à la révérence qu'exigeait son rang, la jeune femme parlait d'araignées au plafond. Tandis que les gens cherchaient en général à faire bonne impression lors du premier contact, avec cette dame là, ça partait très mal.

"Les usages en orient semblent être fort différents des nôtres, mais je pense qu'avec l'habitude vous les apprendrez..." dit-elle d'un ton déjà plus distant que précédemment.

Cette femme, qui n'était qu'une invitée semblait prendre ses aises un peu rapidement au goût de la princesse. Quand elle se présenta en tant que "La Folle d'Alep", Bianca ajouta sur le même ton.


"N'ayez crainte, la frivolité est de mise à Venise et je ne doute pas que vous y rencontrerez des originaux à votre mesure."

Alors qu'elle observait le regard de la jeune femme s'égayer sur la décoration, une autre phrase de son époux lui vint en tête. Il lui avait également dit que s'il convenait de faire preuve d'hospitalité, il ne l'obligeait pas pour autant à supporter en permanence la présence des visiteurs envoyés de Florence. Elle comprenait désormais le sens de cette phrase à sa juste valeur.

"Votre voyage ne fut point trop éprouvant ? Avez-vous décidé de la durée de votre séjour à Venise ?" demanda-t-elle poliment.
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Awrigha
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 13 Déc - 10:23

Indubitablement, Awrigha trouvait la princesse froide. Beaucoup trop froide pour elle, qui avait tant besoin de soleil. Et de jaune. Mais apparemment, même sur les couleurs, les deux femmes ne s'accordaient pas. La princesse portait une robe pastel, teinte qu'Awrigha jugeait passée, fade, sans chaleur.
Et en plus de cela, voilà qu'on lui faisait un reproche à peine voilé sur ses manières !


-"Justement, j'ai connu quelqu'un, en Orient, qui disait toujours qu'il y a trois tyrans : la loi, l'usage et la nécessité. Il n'avait pas tord, je crois. C'était un porcher. Je ne sais pas si vous saisissez l'ironie."

Awrigha hésita quelques instants, semblant réfléchir.

-"A bien y repenser, ce n'était pas dans cette anecdote que devait intervenir le porcher. Non, je crois que cette maxime n'est que tout bêtement l'oeuvre d'un poète grec. Ménandre, sûrement."

Elle haussa les épaules et secoua la tête. Cette histoire n'était plus du tout intéressante.

-"Quand à savoir si je vais vous importuner longtemps, je n'en ai aucune idée. Je suis vraiment désolée, je sais que vous auriez envie de me cloîtrer d'office dans mes appartements..."

Comme toujours, Awrigha faisait une belle unanimité, ce qui ne lassait pas de la ravir. Si sa présence était insupportable, elle ne faisait rien pour tenter d'arranger cet état de fait. C'était ainsi, et, au moins, on se souvenait d'elle dans tous les endroits qu'elle avait traversés. Qu'importe si son souvenir n'attirait que quolibets et lazzis. Awrigha n'allait pas s'arrêter à ce détail insignifiant.
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Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 13 Déc - 21:17

La princesse n'était pas froide, cela n'était pas dans ses habitudes. Par contre, elle était distante, ça oui. Ce n'était pas dans ses habitudes non plus, sauf bien sûr, lorsque son esprit était occupé ailleurs ou que son interlocuteur n'était pas vraiment digne d'intérêt. Dans ce cas présent, c'était les deux à la fois. Bianca continuait donc de parler avec beaucoup de grâce et de politesse mais le coeur y était moins que d'habitude. Elle écouta donc d'une oreille distraite la jeune femme parler d'une connaissance d'Orient.

"Mon dieu comme tout ceci est exotique." dit-elle d'un ton amusé en souriant doucement.

Lorsqu'elle répondit sur la durée de son séjour, Bianca hocha la tête légèrement pour dire qu'elle comprenait. Elle se devait tout de même de réagir quant à la deuxième partie de sa phrase.


"Oh, vous savez... cloîtrer nos hôtes n'est pas dans les habitudes de cette maison. Cependant, il va sans dire que les décisions de mon époux, sous la protection duquel vous vous placez de vous même en demeurant au palais et qui est maître chez lui, sont parfois assez sévères. Cela bien sûr, pour le bien de tous. Aussi vous comprendrez que je ne peux m'engager quant à ses réactions vous concernant." dit-elle sans perdre son sourire aimable et franc.

C'est à ce moment là qu'une petite bonne frappa discrètement à la porte du Grand Salon avant d'entrer timidement. Elle lui remit un pli en s'inclinant avant de repartir.


"Excusez-moi je vous prie." dit-elle poliment à l'intention de son invitée avant de s'éloigner un peu.

Regardant la lettre qu'elle tenait entre ses doigts, Bianca reconnut aussitôt le sceau de son époux et son sang ne fit qu'un tour. La princesse rouvrit alors rapidement la porte donnant sur le couloir et rappela la petite bonne pour lui demander d'où venait la personne qui lui avait remis ce pli. La jeune fille secoua alors la tête d'un air désolé en lui répondant qu'elle était incapable de dire d'où vient le valet qui lui avait remis le mot. La princesse la laissa repartir et cassant le sceau de cire déplia la lettre, pour la lire en silence.


La lettre a écrit:
Madame,

Une affaire imprévue me retient hors du palais. Je suis empêché de vous accompagner chez Monsieur votre frère par quelque souci que je ne tiens pas à exposer ici.
Cependant, il serait intolérable que je vous empêche de vous amuser. Veillez simplement à vous faire accompagner par Monsieur Reverti qui a toute ma confiance et qui répondra de votre protection.
Je vous prie de faire part à Monsieur votre frère de mes regrets à ne pouvoir honorer son invitation et de l'assurer de ma considération.

Elio Lacryma Adorasti


Bianca replia le papier, le regard préoccupé. Elle revint tout de même près d'Awrigha et décida de conclure leur entrevue.

"Madame, nous nous reverrons très certainement lorsque je rentrerai d'une visite que je dois rendre. Une servante vous conduira jusqu'à votre chambre. Une collation peut également vous être servie si vous le désirez." lui dit-elle avec le sourire.

Elle hocha la tête en guise d'au revoir et sortit de la pièce, serrant le pli dans sa main.


[Bibliothèque]
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 29 Déc - 22:28

[Suite de Gaetano Reverti - L'Etude]

Un jour peut-être quoi ? Monsieur Reverti avait vraiment le chic pour ne pas finir les phrases qu'il commençait et c'était très agaçant car sa curiosité sans limite n'était pas rassasiée.

Une fois Gaetano parti à la bibliothèque rejoindre la princesse, Gabriella était sortie de l'Etude du secrétaire et avant soigneusement fermé la porte après s'être assurée que tout était en ordre.

Elle décida de retourner dans le grand salon pour voir si la nouvelle hôte du prince était toujours là ou avait déjà été conduite à ses appartements. En entrant dans la pièce, elle eut la réponse.


"Madame, votre chambre est prête, si vous voulez bien me suivre." dit-elle en la guidant aussitôt dans les couloirs.

Entendant quelqu'un se présenter à la porte, Gabriella laissa la jeune femme là et lui dit.


"Excusez-moi... quelqu'un va s'occuper de vous."

[L'embarcadère]
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Tiberio Adorasti
Cousin du Prince - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 9 Fév - 12:00

[Le Grand Hall - Les Escaliers]

Vlan!
Tiberio laissa tomber ses valises au sol, dans un vacarme qui lui vrilla les tympans pendant une fraction de seconde. Il en regretta d'ailleurs presque ce geste théatral.
Son regard était fixé sur la servante, glacial, accompagné par une grimace de colère. Les poings sérrés, il fixait son interlocutrice avec rage, les dents si serrées qu'il lui semblait qu'elles allaient se briser. En vérité, il était à deux doigts de lui envoyer son poing à travers le visage. Depuis combien de temps n'avait il pas frappé un serviteur? Si longtemps. Cela faisait si longtemps qu'il n'en avait pas eu les moyens, qu'il n'avait pas eu de servants, en vérité. Longtemps aussi qu'il n'avait pas entendu le doux bruit d'un nez qui se brise, ou d'une arcade sourcilière qui éclate. Ces yeux, si clairs, recouverts d'hémoglobine. Ce nez, trop fin, écrasé et tordu. Ce spectacle pourrait être si agréable. Si agréable.

Mais il n'était pas encore chez lui, pensa-t-il, il lui faudrait encore attendre un peu pour pouvoir prendre ses marques. Un jour il pourrait. Il recommencerait à mener la belle vie. Comme avant son départ. Comme avant qu'il ne quitte Florence, il y a de ça 12 années.
Il s'en souvenait.
La plupart des serviteurs et servantes faisaient tout leur possible pour éviter sa chambre, pour éviter de s'approcher de lui. Mais il y en avait d'autres qui venaient volontairement. Sachant ce qui les attendait. Jamais personne n'entrait par hasard chez le cousin du prince, à l'époque. On disait de lui qu'il était fou, violent, hérétique, pédéraste, sodomite, et ces bruits de couloir faisaient allégrement sourire Tiberio. Plus encore que les tentatives désespérées de ses parents pour l'éloigner de la cité familiale. Cela avait été une époque bénie et dorée, presque les meilleures années de sa vie. Bien sur, lors de ses voyages suivants, il avait connu mieux, mais les risques que lesdits voyages impliquaient les ternissaient trop, et lui avaient souvent fait regretter le confort de son cocon italien.
Cocon qu'il allait dès maintenant tenter de reconquérir. Il allait de nouveau s'installer parmi les siens, et, de nouveau, serait indélogeable.

Mais cette conquête commençait par un minimum de maitrise. Il se décrispa lentement, petit à petit, et son visage se métamorphosa, reprenant l'apparence du masque d'amabilité qu'il avait eu au départ, devant cette porte. Oui, il était conscient que cet élan d'impulsivité, et les successions d'émotions lisibles sur ses traits avaient déjà complétement révélé sa faiblesse nerveuse à la servante, mais, "tant pis", pensait-t-il, "c'est comme ça, c'est fait, il aurait fallu que j'y pense avant".
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 9 Fév - 19:01

[La chambre de Danilo]

Iago avait donc tranquillement dévalé les escaliers. Il était arrivé dans le salon peu après Tiberio. Il resta un instant à la porte, se demandant s’il fallait qu’il entre ou qu’il sorte, il n’avait pas très envie de parler pour l’instant. Et là, il y avait deux personnes, un homme et une femme. De quoi refaire l'origine du monde en somme.

L’homme avait un très vague air de quelqu’un de déjà vu quelque part, peut-être, dans sa vie. Cela resta à se très lointain souvenir étant donné que la dernière fois qu’il avait du apercevoir Tiberio, c’était il y a 12 ans, quand lui-même avait 12 ans…

Pas envie de parler, mais en même temps… Pas vraiment le choix.

Il entra donc salua d’un
"Monsieur, Madame..." pour une fois relativement neutre, et il n'y avait que l'ordre peu conventionnel de ses salutations qui pouvaient paraître un peu désagréable.

Peut-être aussi le fait qu'il n'accorda pas un regard de plus aux personnes présentes, mais s’appliqua à tirer un fauteuil afin de le placer juste devant la grande horloge qu’il y avait dans le salon et s’installa dedans.

Encore 4 minutes 32 secondes et il s’en allait.

_________________
Honest Iago...
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Livia Pa
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Sam 10 Fév - 9:48

[Hall d'Entrée]

Livia avait sagement conduit Tiberio au salon, le précédent de sa haute silhouette. Il avait tenu à prendre lui-même ses valises. Bon, s'il y tenait, après tout... En temps normal, elle aurait demandé à un autre domestique de les porter jusqu'à ses appartement, comme on le faisait en général pour les invités. Mais il était vrai qu'en l'absence des maîtres, elle ne pouvait pas décider de préparer une chambre pour un étranger d'elle-même. Cependant, s'il avait amené des valises, il semblait plus que probable qu'il soit bien décidé à s'installer. Cela faisait beaucoup de monde, en une même journée. Un peu d'animation ? Oui, ce serait sûrement ça. Un peu de changement ne faisait jamais de mal.

Elle s'inclina respecteusement en franchissant les portes de la pièce, avisant la jeune femme dont elle avait, quelques temps plus tôt, préparé la chambre. Ses yeux se portèrent, comme par réflexe, au plafond, cherchant malgré elle la moindre trace de toile d'araignée. Mais non et non, il n'y en avait aucune. Cette mystérieuse personne l'intriguait beaucoup plus que celui qu'elle venait d'introduire.

Elle s'inclina à nouveau à l'arrivée de Iago. Ce qui pouvait bien traverser l'esprit de l'homme en question restait étranger à Livia, elle avait abandonné son étude depuis longtemps. Cela restait comme un échec au milieu des autres personnes de la maison, dont elle s'amusait souvent à comprendre les moindres recoins de pensées de ses congénères... Avec souvent des erreurs dans ses conclusions, mais ça, elle ne le savait pas, et se contentait de se trouver très fine dans l'étude des caractères.

Elle observait la pièce, se demandant si on aurait besoin de ses services ici... Observant chaque cadre, chaque bibelot. Ah, si seulement elle avait été seule, elle aurait épousseté ce vase, là, par exemple. Mais on ne faisait pas le ménage en présence des invités...
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Sam 10 Fév - 20:34

[Chambre d'Elio]

Il finira dans le canal. Voilà, ce qu'elle aurait dû dire. Si elle apprenait qui lui avait fait ça, il finirait dans le canal.

Gabriella avait descendu l'étage, avalant les marches avec rapidité, tout en tenant légèrement relevés ses jupons afin de ne pas se prendre les pieds dedans. Ses larmes avaient séché même si ses yeux gardaient une légère rougeur.

Maître Barozzi saura sans doute pourquoi il est demandé d'urgence. Par les paroles du prince, Gabriella avait compris que le médecin était déjà au courant de son état et que c'était probablement lui qui l'avait déjà soigné et fait ce bandage. Ce qu'elle ne comprenait pas, c'était pourquoi il l'avait laissé repartir dans cet état et surtout, pourquoi il ne lui avait rien dit à elle (et accessoirement à la princesse Bianca) alors qu'il était au palais ce matin même ! Il faudrait qu'elle ait une explication avec ce Barozzi !

La mission que venait de lui confier le prince était une des plus importantes qu'elle n'avait jamais eu à gérer car sa santé était en jeu. Arrivée au bas des marches, elle perçut des éclats de voix venant du Grand Salon. Elle s'y avança sans traîner et aperçut en tout premier lieu Livia. Cela tombait bien, c'était à elle qu'elle voulait parler.

Seulement il y avait beaucoup d'autres personnes dans la pièce. Beaucoup trop pour pouvoir lui parler d'une chose si importante. La silhouette de Iago se dessina dans son champ de vision et Gabriella tourna vivement la tête vers lui. L'ami du prince. Elle l'avait complètement oublié !


"Monsieur degli Albizzi, je suis terriblement navrée, mais il n'est pas nécessaire de m'attendre plus longtemps, il y a beaucoup de travail à faire et je ne peux me permettre de laisser ma charge de tâches en plus à une autre servante."

C'était totalement faux. Si elle avait dû partir avec Iago chercher le prince, elle aurait légué ses tâches à quelqu'un d'autre sans remord. La dame en jaune était encore là et un autre homme qu'elle n'avait encore jamais vu était également présent.

Quelque chose dans son regard lui rappela celui du prince Elio malgré la différence de couleur (les yeux ambrés du prince étaient somptueusement sublimes), et après une légère remémoration des hôtes encore attendus, elle en conclut qu'il devait s'agir du cousin du prince. Gabriella s'inclina respectueusement devant lui.


"Monsieur Adorasti, nous vous attendions."

Son regard accrocha les valises posées à côté de lui. Qu'est-ce que ses valises faisaient là ? Ses valises ne devaient pas être là du tout, ce n'était par leur place. Après avoir jeté un coup d'oeil interrogateur à Livia qui semblait dans la lune et ne rien faire d'autre, Gabriella interpella deux valets qui s'approchèrent.

"Montez les valises de monsieur dans sa suite et dites à Sarah et Laura de préparer sa chambre."

Les deux valets s'exécutèrent et Gabriella ajouta.

"Bienvenue Ca'Adorasti, monsieur. Si vous désirez une collation, ou quoi que ce soit, n'hésitez pas."

Après une nouvelle révérence, Gabriella recula et attrapa Livia par le bras pour l'emmener dans le couloir.

[Le Couloir menant au Grand Salon-Bibliothèque]
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Tiberio Adorasti
Cousin du Prince - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Sam 10 Fév - 21:48

Il n'eut même pas le temps de commencer à injurier la servante, qu'un homme pénétrait dans la pièce. Puis cette jeune femme blonde, dont les habits trahissaient la condition. Et voilà qu'enfin, quelqu'un se charge de ses bagages.
Ca y était, Tiberio était presque revenu à un état nerveux parfaitement normal. Mais une phrase bien définie, le "nous vous attendions" faillit presque le faire replonger dans les abysses de la folie.
Légérement troublé pendant une seconde, le cousin du prince réussit tout de même à arborer son plus grand sourire, sans pouvoir pourtant y insérer une quelconque chaleur. Et sa voix, alors froide comme la glace, par la faute de la crise de nerfs précédente, sans aucun doute, s'éleva :


"Ah bon, vous m'attendiez?"
Bien sur, il voulait continuer cette phrase, mais la force lui manqua. Et tant mieux, puisqu'on lui parlait maintenant de préparer une collation, et qu'il avait en l'occurence fort faim.
Mais voilà, les valets étaient partis, et ne restait plus dans la pièce que cet homme, qui semblait posséder une certaine aisance financière, à en juger par ses vétements.
Souriant toujours, et maintenant presque sincèrement, Tiberio haussa les épaules, bien décidé à attendre le retour de l'un ou l'autre des serviteurs, afin de commander quelque chose à manger.

"Et bien... Monsieur... Degli Abilzzi, c'est cela?
Je vais rester ici et sans aucun doute déjeuner quelque chose, me tiendrez vous compagnie?"
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Pourpre
Du Bout des Doigts


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Dim 11 Fév - 14:50

Vous oubliez le tour de post pour ce topic.
Il vaut mieux faire rouler la conversation que d'attendre un éventuel post d'Awrigha dont je n'ai pas de nouvelles.
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Le Grand Salon

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