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 Le Grand Salon

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Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 5 Jan - 18:26

[Le Grand Hall - Les Escaliers]

La princesse avait remercié l'intendant d'un signe de tête quand celui-ci avait dit qu'il allait prévenir le prince Ugo de son arrivée. Elle avait hâte de pouvoir parler à son frère et lui faire part des derniers évènements.

Elle avait suivi Ernesto jusqu'au Grand Salon, suivie du reste de sa suite. Une fois sur place, Bianca décida de ne pas s'asseoir. Elle était encore nerveuse et faire les cent pas soulageait un peu son anxiété.

Son regard se posa par hasard sur le médecin. A moins d'une heure d'intervalle, tous les quatre se retrouvaient dans la même position, au même endroit mais dans un palais différent. Seulement, Maître Barrozi semblait nettement moins perturbé qu'au palais Adorasti. Se pouvait-il qu'il se plaise plus ici que chez Elio ? Pourquoi pas après tout, elle-même se sentait plus à l'aise ici que chez son époux.

La question de Muzio la sortit de ses pensées. Elle lui sourit et répondit d'une voix douce et calme.


"Non, j'ai grandi avec le reste de ma famille à Naples. Mon frère s'est installé à Venise très récemment."
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Sole Cro
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mar 9 Jan - 6:26

[L'office]

La porte du Grand Salon s'ouvrit alors silencieusement, et, l'on put entendre le petit bruit que faisaient les souliers de Sole en foulant le sol, tandis qu'elle s'avançait vers la Princesse, le médecin, et la suite.

Elle n'avait pas encore eu l'honneur de voir la soeur de son maître, et la trouva d'une grande beauté.

Elle fit une profonde révérence.


"Sa Grâce et monsieur prendront-ils une petite collation?", demanda-t-elle avec le plus grand respect, sans se redresser.
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Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mar 9 Jan - 17:03

[La salle d'arme]

"Non, Sole, nous allons bientôt passer à table..."

C'était une voix joyeuse qui venait de répondre derrière Sole, avant de le prendre par l'épaule et de le redresser gentiment. Coriolano savait que Bianca était un peu mal à l'aise devant les salutations trop profondes, et lui-même pensait qu'un homme n'avait pas besoin de se courber devant un autre. Il se pencha un peu vers lui pour ajouter rapidement :

"En revanche, si tu sais où est Monsieur L'intendant, je veux bien que tu amènes jusqu'à lui Matteo et le Monsieur qui l'accompagne, ils sont dans la salle d'arme je crois, ils ont des affaires à régler... Va !"

Il tapota amicalement l'épaule du garçon. Il l'aimait bien, le chenapan. Il jurait, crachait comme un charretier, mais avait l'esprit vif et le regard intelligent. Un gamin très sympathique. Coriolano se faisait un point d'honneur de connaître les prénoms de ses serviteurs, et celui là était entré sans difficulté dans sa mémoire.

Cependant il est vrai qu'à cet instant le jeune garçon n'occupait pas entièrement son esprit. Non à vrai dire depuis qu'il était entré dans la pièce, son regard n'avait quitté sa sœur.
Dès qu'il eut donné ses consignes à Sole, il s'avança vers elle et lui attrapa les mains, rayonnant de joie.


"Bianca... "

D'un mouvement impulsif, et assez peu princier, il la serra dans ses bras.

"Que de temps vous avez mis pour arriver ! J'ai crains un instant que vous ne puissiez venir..."

Il s'écarta d'elle et gardant ses mains sur ses épaules la regarda en souriant.

"Mais vous êtes là et votre présence me comble de joie !"

Cela se voyait avec une grande évidence sur sa figure... Il lui fit un baise-main plus réglementaire et salua le reste des invités, Romana, qu'il gratifia d'un sourire reconnaissant, Muzio qu'il remercia d'un signe de tête, les yeux pleins de gratitude, et l'autre homme qu'il ne connaissait pas, mais qui eut le droit lui aussi à un grand sourire tellement Coriolano était à sa joie.

Une idée soudain amena transformant son sourire en un sourire amusé.


"Oh ! Devinez qui m'est arrivé cette nuit ? Inès, notre cousine, et Raffaele, notre frère... elle est toujours aussi fine et il est égal à lui-même. Il a réveillé la moitié de la maison en arrivant, et a déjà disparut aujourd'hui pour explorer la ville je crois.
J'espère qu'ils reviendront et que vous pourrez les voir."

Il n'avait toujours pas remarqué l'absence d'Elio. Sans doute qu'inconsciemment il trouvait cela mieux ainsi.


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Romana L
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 10 Jan - 18:45

Romana avait suivi sa maîtresse dans le grand salon. Elle sentait la princesse nerveuse, et sa façon d'arpenter la pièce fit que Romana se voyait elle aussi peu à peu gagnée par sa nervosité. Elle sut gré au médecin de tirer Bianca de ses pensées par sa question, et surtout de faire cesser ce va et vient fatigant.

Un petit valet entra, qui venait peut-être annoncer le maître de maison. Non, ce n'était pas pour cela. Romana tiqua la proposition du jeune garçon : "sa grâce et monsieur" ? Elle-même et Gaetano ne comptaient donc pour rien ?!

Mais ce fut le maître de maison qui répondit lui-même à son domestique. Avec l'arrivée d'Ugo di Grazziano, ce fut comme si quelque chose se détendait dans l'atmosphère un peu lourde de la pièce. Son bonheur de revoir sa soeur était si réjouissant à voir que Romana remercia intérieurement le ciel pour l'absence d'Elio, qui aurait pu ajouter un peu d'ombre au charmant tableau. Absence sur laquelle la dame d'honneur avait eu tout le temps de s'interroger pendant le voyage, sans trouver l'occasion de questionner Bianca. Elle n'était au courant de l'invitation que depuis quelques heures. Son cousin l'avait peut-être déclinée ? Bianca n'avait rien ajouté quand à ses motivations. De toute façon c'était peut-être mieux ainsi.
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Muzio Barrozi
Médecin


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 12 Jan - 21:23

Ugo n'était donc pas beaucoup plus familier de Venise que lui. Etait-ce pour cela que le Prince di Grazziano paraissait encore si naturel, comme préservé de la saleté par une auréole de blondeur ? Sans doute la mort d'un parent ou l'acquisition d'un titre avait occasionné le mariage de l'une et le déménagement de l'autre. Naples... L'hiver de Venise devait leur paraître bien rude ! Muzio en était là dans ses réflexions lorsqu'un valet vint proposer une collation. Pourquoi diable s'était-il limité à la Princesse et à lui-même, ce n'était qu'une petite énigme de plus. Peut-être... parce qu'il avait l'air d'un 'familier de la famille Grazziano' ? Il étouffa un sourire, et fut dispensé de répondre par l'arrivée du Prince.

L'aura fonctionnait visiblement. Muzio se surprit même à sourire à l'entrée d'Ugo, nourrissant sans le savoir les mêmes pensées que la dame d'honneur. Le nom de 'Matteo' attira cependant son attention. Mais... ce devait être une coïncidence. Comment le seigneur des libertins aurait-il pu être assez familier du Prince pour s'en faire appeler par son prénom ?

Les retrouvailles des angelots faisaient plaisir à voir. L'amour du frère pour la soeur que Muzio avait perçu la veille se montrait au grand jour, avec, semblait-il, suffisamment de sincérité pour être cru. Le médecin répondit par une inclinaison brève du buste au regard reconnaissant qui l'accueillit.

Deux mots encore du Prince s'accrochèrent à son oreille. 'Notre frère'... Non pas deux donc, mais bien trois ! Et le troisième en question semblait être plus jeune encore, puisque réveillant la moitié de la maisonnée sous l'oeil attendri de l'aîné. L'image d'un garçonnet déluré d'une douzaine d'années - blond, fallait-il le préciser ? - s'imposa à l'esprit du médecin. Il lui tarda soudain de rencontrer le cadet Grazziano pour compléter le duo charmant.

Ugo ne semblait pas s'étonner de l'absence de son beau-frère, et Muzio supposa que l'un de ses valets l'en avait prévenu. Ne pas le faire remarquer relevait de la délicatesse. D'autant plus que, sans doute, le Prince n'était pas très fâché de cette absence.

Tandis que la Princesse Bianca répondait aux tendresses fraternelles, Muzio se pencha vers Romana et d'une voix ni trop forte pour ne pas dominer les mots princiers, ni trop basse pour ne pas laisser croire à une diffamation, lui demanda:


« Quel âge a ce frère dont Monsieur le Prince a annoncé la venue ? Réside-t-il donc à Naples ? »
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Sole Cro
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 12 Jan - 22:47

"Comme il plaira à Monsieur", répondit Sole en saluant à nouveau toute la compagnie, d'une simple inclination de la tête, cette fois.

Elle avait bien compris que son maître n'était pas friand des révérences trop marquées, une chose qui le distinguait bien du vaniteux vicomte de Revanse.

Elle n'avait pas à aller chercher monsieur l'Intendant, elle croyait savoir où il se trouvait, pour l'avoir aperçu en arrivant à l'office.

Elle partit donc pour la salle d'armes, toujours accompagnée du petit claquement de ses souliers.


[La salle d'armes]
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Ines di Grazziano
Cousine du Prince - Ca'Grazziano


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Sam 13 Jan - 22:12

[Le couloir menant aux communs.]

« Bianca !! »

L’apostrophe était trop familière pour une parente de son rang, le manque d’attention portée aux personnes présentes également. Mais la joie sincère et l’empressement presque enfantin que manifestait Inès en se dirigeant à grand pas vers sa cousine donnaient à la scène une dimension chaleureuse.
En quelques enjambées la jeune femme avait rejoint le centre du charmant tableau formé par Bianca et son frère, ayant, sans en avoir l’air, noté avec soin la présence et la mise de chacun des personnages en scène pour être à même de les cataloguer dès qu’ils lui auraient étés présentés. Une jeune femme vêtue avec une sobre élégance, probablement membre de la famille Adorasti, deux hommes légèrement en retrait, paraissant attendre qu’on les invite dans la conversation, et Ugo évidemment (mais pouvait-on vraiment s’attendre à voir la petite sœur privée du regard protecteur de son aîné ?).
Etrangement, des deux entités masculines inconnues qu’elle avait repéré dans la salle, aucune ne présentait le regard de glace et l’attitude hautaine que la coquette avait associés au personnage d’Elio Lacryma Adorasti en écoutant les ragots qui courraient sur son compte. Une nouvelle fois, le bouche à oreille semblait avoir fait d’un pauvre gentilhomme trop introverti un monstre de mépris et d’indifférence.
Mais le plus important n’était pas là pour le moment, Inès n’avait pas lâché des yeux la jeune épouse Adorasti et ne pouvait s’empêcher de trouver à son expression quelque chose de tiré, comme les vestiges d’une angoisse atténuée par la chaleur du refuge familial. Elle leva instinctivement une main jusqu’à la figure de son vis-à-vis, laissant fugitivement apparaître une expression contrite sur son visage habituellement souriant, mais les doigts s’abaissèrent presque aussitôt pour venir jouer brièvement avec une boucle blonde qui s’échappait gracieusement de la coiffure de sa cousine.


« Dieu que cela fait du bien de vous revoir ! Il me semble que nous nous sommes quittées depuis une éternité ! Vous ne pouvez savoir comme les fastes de Naples m’ont parus vides sans vous et vos chers frères. » S’exclama-t-elle en se retournant très légèrement vers Ugo.
« Mais comment allez-vous ? J’ai entendu dire que vous aviez fait eu un moment de faiblesse hier au soir, cela n’a rien de grave j’espère ? »

Elle avait « entendu dire », ou plutôt, c’était ce qu’elle avait retenu de la conversation entre deux soubrettes qu’elle avait croisées juste avant d’arriver dans le Grand salon. Peu importe d’où provenait l’information tant qu’elle était intéressante, les domestiques étaient généralement les personnes les mieux informées d’un palais.

Abandonnant le cours de cette réflexion, elle esquissa un mouvement de recul pour pouvoir faire face aux autres personnes présentes dans la pièce et leur adressa une gracieuse révérence.


« Messieurs, Madame. »

Décidément, elle n’arrivait pas à ce décider quant à savoir lequel des deux hommes était le plus apte à jouer le rôle du tyrannique époux Adorasti ; le plus proche, qui était légèrement penché vers la jeune femme à ses cotés, avait pour lui un air assez confiant, mais il paraissait bien trop affable, l’autre ne pipait mot, et il était impossible de dire si son expression taciturne était habituelle ou due à ses réflexions du moment.
Préférant jouer la carte de la sécurité au lieu de se ruer vers le premier venu pour lui faire savoir qu’elle était absolument ravie de l’avoir pour cousin, elle se tourna légèrement vers Bianca pour lui faire percevoir sa gêne.


« Accepterez-vous de faire les présentations madame ? Je ne voudrais pas commettre d’erreur. » Articula-t-elle d’un air attentif.

Le message était clair, d’autant plus quand on connaissait bien Inès et sa fâcheuse tendance à se mêler de tout, et plus spécialement de ce qui ne la regardait pas ; cependant, elle murmura du bout des lèvres, une main devant la bouche et tout juste assez fort pour que sa cousine puisse l’entendre :


« Il serait malvenu de confondre votre époux avec un éventuel amant. »
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Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 15 Jan - 0:11

Alors qu'elle allait répondre au petit valet, la voix du prince Ugo lui fit relever la tête. Un sourire apparut malgré elle sur son visage à la vue de son frère. Il semblait lui aussi, joyeux de la voir, ou peut-être soulagé, ce qui n'aurait pas été étonnant étant donné le retard qu'elle avait.

Elle serra les mains de son frère puis se laissa étreindre à son tour. Elle aimait bien ces marques d'affection qu'ils se donnaient à chacunes de leurs rencontres.


"Je suis navrée de ce retard Ugo." dit-elle doucement.

Bianca souriait mais sa joie était contenue. Elle voulait lui parler mais à l'écart. Elle ouvrit la bouche mais la referma quand son frère lui parla d'autre chose.


"Inès et.. Raffaele est à Venise ? J'ai hâte de le voir, cela fait si longtemps que je ne l'ai plus vu."

La nouvelle lui faisait réellement plaisir. Elle n'avait pas vu son petit frère depuis plus d'un an. Elle avait bien des nouvelles par les lettres de sa mère, mais ce n'était pas la même chose. Bianca regarda de nouveau le prince.

"Ugo, je..."

Elle fut interrompue de nouveau par l'arrivée d'Ines di Grazziano qui l'apostrophait.

"Ines..." dit-elle en se tournant vers la jeune femme. Celle-ci vint jouer avec une mèche de ses cheveux, ce qui la fit sourire.

"Je suis heureuse de vous revoir également. Je vais bien rassurez-vous." dit-elle rapidement, voulant éviter le sujet de la veille.

Maintenant que la plupart des intéressés étaient arrivés, Bianca amorça une phrase mais fut coupée par sa cousine qui lui demandait de faire les présentations. Bianca ferma les yeux un instant, prise d'une grande lassitude. Quand elle entendit sa phrase murmurée à ses oreilles, la princesse rouvrit les yeux et lui lança un regard noir tout en lui murmurant à son tour.


"Je vous prie de cesser immédiatement ce genre d'allusions !"

S'adressant à son frère et à sa cousine elle désigna chaque membre de sa suite.

"Je vous présente, Romana Lacryma Baldini, ma Dame d'Honneur, Maître Barrozi et Gaetano Reverti, le secrétaire particulier de mon époux."

Et avant d'être coupée de nouveau, Bianca enchaîna, d'un ton plus sec qu'elle ne l'aurait voulu.

"Ugo, puis-je vous voir un instant ? ... S'il vous plait." finit-elle en s'adoucissant.

Elle entraîna son frère à quelques pas du groupe et sortit d'un pli de sa robe la lettre de son époux.


"Ceci expliquera mon retard..." lui dit-elle en tendant le message à son frère.

[La bibliothèque]
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Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mar 16 Jan - 17:35

Coriolano n'avait pas remarqué tout de suite le malaise de sa sœur. Ce n'est qu'en la voyant hésiter, s'arrêter, et employer ce ton qu'elle n'avait que si rarement qu'il réalisa que quelque chose n'allait pas bien.

C'est là aussi qu'il réalisa que son beau-frère était absent. Il se laissa entraîner par Bianca, tandis que son air de joyeux se transformait peu à peu jusqu'à devenir concerné et intrigué.

Un de ses bras était toujours tenu par celui de Bianca. Il prit de l'autre main la lettre qu'elle lui tendait et la tourna et retourna doucement entre ses doigts. Que pouvait-il y avoir dans cette lettre qui soit responsable de cette transformation chez sa sœur ?

Bianca semblait avoir un poids sur le cœur et dans l'esprit qui disséminait un poison subtil détruisant toutes les pensées heureuses. Elle ne pourrait pas apprécier le repas si elle ne le déposait pas ou ne le mettait pas de côté. Et elle ne le ferait pas devant tout ce monde...


"Je ne peux lire cela ici... Et à propos de lettre j'en ai une de Père qu'il faut que vous lisiez..."

Son ton avait gardé une note d'enjouement. Personne ne serait dupe, et Coriolano n'avait pas l'intention de tromper qui que ce soit. Il s'agissait simplement de donner une apparence convenable à tout cela pour ne pas créer de gêne chez ses invités. Il commença à faire trois pas vers la bibliothèque avant de se retourner vers les autres personnes présentes dans la pièce.

"Veuillez nous excuser un instant. Je suis un hôte exécrable, je le crains, préférer mes propres bavardages à votre présence... Cousine, vous êtes la seule à pouvoir relever le nom des Grazziano : Je vous fais Maîtresse de Maison !"

Il dit cela en faisant une mimique d'adoubement, sourit à tout le monde, et entraîna Bianca dans la bibliothèque.

[La bibliothèque]


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Ines di Grazziano
Cousine du Prince - Ca'Grazziano


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 2 Fév - 23:56

Le sourire de sa cousine et le regard sévère qu’elle lui jeta suite à ses allusions romanesques rassurèrent un peu Inès quant à l’état de la jeune femme. Au moins le mariage ne l’avait-il pas suffisamment accablée pour lui faire perdre son aimable caractère ni son éducation de princesse digne et respectable. Malheureusement, il semblait que celui-ci n’ait pas non plus affaibli son sens du devoir conjugale, et, au vu de ses réactions, Bianca ne s’était toujours pas décidée à choisir un amant chaleureux et follement épris pour réchauffer ses longues soirées d’hivers.

Peut-être le prince Adorasti suffisait-il à la combler, malgré les rumeurs sur son regard froid, ses manières distantes et son caractère exécrable ?
Elle se plut un instant à croire en cette hypothèse, adressant de gracieuses révérences aux invités qui lui étaient présentés un à un, lorsque, ayant effectué sa dernière courbette, elle sentit une légère dissonance dans la voix de la jeune épouse, réalisant au même instant que le mari n’était manifestement pas présent dans la salle.

La Napolitaine sentit un profond malaise poindre dans son esprit alors que Bianca entraînait son frère à l’écart, souhaitant manifestement s’entretenir avec lui en particulier.
Assurément, Elio Lacryma Adorasti avait une bonne raison pour ne pas être présent, où incarnait véritablement le monstre sans cœur et assoiffé de sang qu’on lui avait décrit. Inès eut la soudaine envie de saisir sa cousine par les épaules et de la secouer en tout sens pour la contraindre à se libérer de ses chaînes en rendant à ce goujat la monnaie de sa pièce. Quelque chose, cependant, lui disait que l’épaule bienveillante de son frère conviendrait mieux aux épanchements de la princesse.

Refoulant donc son indignation, elle releva un regard souriant vers les invités, reprenant ses babillages dans l’espoir de détourner l’attention des hôtes des deux parents.


« Je suis absolument ravie de faire votre connaissance, madame, messieurs. C’est un plaisir, pour moi, de rencontrer tant de gens honorables, si peu de temps après mon arrivée à Venise. La sérénissime comporte, m’a-t-on dit, de nombreux avantages, dont celui, que je ne saurais remettre en doute, de permettre d’agréables rencontres…»

Elle fut interrompue dans son flot de paroles par le retour d’Ugo, qui s’excusa platement auprès de chacun avant de prendre congé, suivit de sa sœur, désignant théâtralement Inès comme maîtresse de maison par intérim. La jeune femme les regarda tous deux passer la porte, laissant quelques instant paraître son désarroi avant de se retourner vers les invités qu’elle avait désormais la lourde tâche de distraire.

« Allons bon ! » S’écria-t-elle avec une mimique tragi-comique. « Les frères et sœurs ! Il suffit de les mettre dans la même pièce pour qu’ils partent comme deux enfants dans leurs cachotteries… Mais comment ne pas leur pardonner n’est-ce pas ? » Questionna-t-elle en couvant du regard un point imaginaire, avant de reprendre avec un grand sourire : « Enfin, ne craignez rien, pour ma part, je suis fille unique. »

Elle ponctua la fin de sa phrase d’un léger rire, espérant ne pas se voir opposer qu’une froide indifférence, et s’avançant légèrement vers « ses » hôtes.

« Enfin, je manque à tous mes devoirs, je me nomme Inès di Grazziano, cousine de Monsieur le prince et de Madame sa sœur. » Annonça-t-elle en courbant l’échine d’un air contrit. « J’ose espérer que vous me pardonnerez mes excentricités, j’arrive à peine à Venise.
Mais peut-être pourrez-vous m’éclairer sur cette cité ? On dit tant de choses sur la Sérénissime… Ses mystères, ses dangers, ses fastes, ses saltimbanques… Ses amoureux.
Avez-vous eu l’occasion d’en découvrir toutes les facettes ? »
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Muzio Barrozi
Médecin


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Sam 3 Fév - 16:21

Avant d'avoir pu recueillir la réponse de la bouche de Romana, Muzio assista avec les autres à l'entrée d'une nouvelle protagoniste. Assista, c'était tout à fait le mot. La jeune femme avait fait entrer avec elle un vent de fraîcheur et d'énergie, et son interpellation spontanée et familière de la Princesse avait comme brisé un voile. Elle tempéra d'elle-même son flot de paroles et fit preuve de plus de réserve pour les saluer, mais le regard restait particulièrement vif, et l'ensemble de la nouvelle venue rayonnait de vitalité.

La Princesse Bianca, quant à elle, ne semblait pas au meilleur de sa forme. Son époux, bien sûr, mais y avait-il autre chose ? Muzio se demanda soudain s'il n'avait pas négligé le malaise de la veille. Les paroles d'Ugo lui revinrent une fois de plus en mémoire; le frère était inquiet, le médecin devait-il l'être ? Ou la lassitude de la Princesse n'avait-elle que des causes psychologiques ? C'était d'ailleurs le plus probable. Un mari qui ne passe pas la nuit à la maison, un Prince qui plus est... Les langues iraient bon train. L'honneur de la jeune femme serait peut-être même entaché, on rirait dans les soirées et les bons mots ne manqueraient point. La ville ne laissait pas passer une occasion de jaser, ni les gens celle de libérer leur jalousie.

D'ailleurs, la soeur entraîna le frère et elle irait soulager son coeur auprès de son aîné. Muzio eut envie de les rattraper en leur prenant le bras, de crier à l'enfant faite femme que ce n'était pas sa faute, que le Prince était blessé, qu'il n'avait passé la nuit dehors que pour cacher sa plaie, que... Non, il n'aurait pas tout dit. Certain regard coulant de l'ambre au bleu, il l'aurait gardé secret. Mais il devait tout garder secret. Révéler la blessure, c'était exposer les Adorasti au danger, un danger qui prenait l'absence de forme d'une ombre riant sous cape, frappant la nuit et qui, peut-être, s'appelait Vengeance, Trahison, Politique, Haine. Qui pourtant devait avoir visage humain. Révéler la blessure, c'était aussi trahir Elio. Et, si Muzio n'était pas persuadé que le Prince méritait son épouse, il n'en restait pas moins qu'il n'avait pas eu le choix, qu'un homme reste un homme et donc que de là il méritait le respect de sa parole, et que le coeur ne s'adapte pas comme l'obéissance aux décisions familiales. Sans compter sans doute un manque de tact qu'on ne pouvait pas réellement condamner.

Tout ceci formait un ensemble serré de mailles-pensées embrouillées dans l'esprit du médecin. Il regarda Bianca et Ugo sortir de la pièce tandis que lui qui savait restait là, mais il savait aussi que c'était le seul choix qu'il pouvait faire, et que sa conscience ne pouvait l'en culpabiliser. Une fois pour toutes.

La cousine di Grazziano, puisqu'elle l'était, semblait faite pour le rôle qu'Ugo venait de lui attribuer. Dissiper le malaise, en rajouter un peu, passer rapidement sur les présentations et les excuses, annoncer sa situation, entamer la conversation. C'était parfait.

Il aurait été cruel de ne pas entrer avec sa vivacité dans le cercle qu'elle esquissait. N'ayant rien à reprocher à la jeune femme, un peu reconnaissant même de l'énergie qu'elle jetait sur ses cousins, Muzio lui offrit un sourire aimable. Il y avait suffisamment de maussades et de corrompus pour ne pas freiner un naturel affable lorsqu'on en trouvait un.

La question d'Ines l'amusa. C'était celle d'une jeune fille que l'on autorisait à sortir dans le monde. Que cette jeune fille soit feinte pour l'occasion ou réelle, cela importait peu.


« Je ne suis peut-être pas le mieux placé pour vous répondre, Madame, étant moi-même nouveau venu ici. Cependant je crois pouvoir vous rassurer: vous pourrez trouver à Venise des mystères, des dangers et du faste si vous en avez envie... »

Le médecin fit mine de réfléchir un instant, le regard un brin espiègle. Histoire de compléter le tableau du tuteur face à sa romanesque pupille.

« Des amoureux ? Oui, sans doute aussi. Il faudra peut-être creuser plus loin que vous ne pensez, mais on doit pouvoir en dénicher. »

Il sourit un peu, sa voix garda un ton léger, mais son regard noir se durcit. Il sembla lui faire une confidence:

« En cherchant bien, derrière les belles façades, peut-être même découvrirez-vous les aspects répugnants de la Sérénissime. » Le nom avait été prononcé avec un soupçon d'ironie. « Mais ceci est réservé à ceux qui voient. Eux ont le privilège de plonger au coeur de la misère. Mais sans aller si loin, vous pourrez toujours sentir les relents de jalousie et de perversion qui traînent un peu partout... »

Sa voix n'avait plus rien d'amusé. Il n'était pas fait pour le jeu. Sans le vouloir vraiment, il avait laissé ses pensées s'exprimer et son dégoût était sorti face à la cousine Grazziano qui n'en avait sans doute pas attendu tant. Le médecin réalisa qu'il avait été parfaitement impoli. Il ne regrettait pas ses paroles, non, puisqu'il les croyait justes. Mais il aurait pu peut-être mieux choisir son moment ou son interlocuteur.

Un sourire contrit ne changerait rien à l'affaire mais Muzio l'esquissa.


« Pardonnez-moi, je suis un piètre conteur. Vos mystères se sont changés en complots, vos fastes en luxure et vos saltimbanques en miséreux. Tout cela pour dire que Venise... Venise est... hétéroclite. Voilà, hétéroclite. »
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Gaetano
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 5 Fév - 23:22

Spectateur silencieux de ces scènes de retrouvailles, Gaetano gardait une mine de circonstance, imperturbable. Son rôle dans l’affaire n’était pas encore déterminé. Sans doute était-ce à lui de forger le caractère de son personnage. Mais avant d’exécuter sa tâche il lui fallait collecter suffisamment d’informations pour être certain de ne pas se fourvoyer et d’amener l’embarras sur sa personne et par-là de son employeur.

Il vit ainsi le frère rejoindre la sœur, le souci et l’inquiétude pour l’autre imprégnants leurs voix malgré l’expression affable qu’ils affichaient tous les deux. Il contempla la cousine arriver tel la cavalerie sur un champ de bataille et tirer de gros boulets de joie sur l’assistance un peu trop guindée. Néanmoins le sourire amusé et sincère de Gaetano resta caché dans son esprit, son visage ne reflétant qu’un intérêt de circonstance quand la princesse les introduisit, le médecin, sa dame d’honneur et lui.

Un murmure en guise de salutation s’échappa de sa bouche, trop bas pour être entendu mais tout de même présent afin que personne ne puisse s’offusquer d’une quelconque impolitesse.

Le prince et la princesse s’éloignèrent et leur cousine combla le silence de la salle d’une foule de mots succédant les uns aux autres en une cacophonie pleine de bonne humeur et d’entrain. Là encore, Gaetano se tut, laissant Muzio faire les frais de la conversation. Le moment ne lui avait pas parut opportun pour prendre la parole. Plus tard peut-être.

Le prince Grazziano et sa sœur s’éclipsèrent pour de bon. Le groupe était à présent composé de quatre personnes. La cousine du prince, la dame d’honneur de la princesse, le médecin et lui. En un tel comité il serait grossier de continuer à se taire. Gaetano se décida à appuyer la conversation d’un intérêt plus approfondi et s’avança d’un demi-pas pour être à côté du médecin.

Néanmoins il ne parla pas immédiatement. Il écouta plutôt Muzio leur faire part de ses impressions de Venise. Et ces dernières n’étaient pas des plus joyeuses vu le ton qu’il employait. Gaetano retint une grimace. Nombreux étaient les gens qui percevaient la puanteur derrière les jolis atours de la ville et de ses principaux acteurs. Qu’est-ce qui les décidaient à rester ? Même lui pouvait partir quand il voulait. Le temps du servage était aboli.


« Venise fascine sinon nous ne serions là » murmura-t-il à la suite du docteur.

« Cette ville ressemble à une dame de la plus grande beauté qui aime à berner ses prétendants jusqu’à leur faire perdre la tête. »

Le secrétaire sourit à la jeune femme, un sourire chaleureux sans être séducteur, un sourire prudent.


« Je ne doute pas que vous soyez à même de vous en attirer les bonnes grâces, Madame. »

Son visage s’était départi de la crispation accumulée depuis le départ de la Ca’Adorasti et cela redonnait une certaine fraîcheur à ses traits légèrement tirés par la fatigue.


« Je ne vis ici que depuis un an, j’ai eu la chance d’y accompagner le Prince Elio, mais j’ai eu l’occasion d’y découvrir des endroits merveilleux. Venise est une ville où le quattrocento a laissé une empreinte fort marquée. La plus humble église ravit le cœur du plus difficile des chrétiens. »

N’étant pas expert en art, le toscan espérait qu’on ne l’interrogeât pas plus en avant sur les fresques ornant les différentes maisons du Seigneur. Il était également incapable de donner la localisation originelle des plus belles sculptures de Venise.
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Annavera de Luca
Comtesse - Ca'Grazziano


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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mar 6 Fév - 19:41

[Caffé Florian]

Finalement, cette petite promenade sur les canaux lui avait fait du bien. Après avoir payé son dû au gondolier, elle confia ses affaires à l’un des jeunes valets du Palais, celui-là même qui s’était fait terroriser la veille à deux reprises par son arrivée et celle du frère du Prince. D’ailleurs en parlant de lui, elle était bien curieuse de savoir sur quel personnage elle allait encore tomber. Un homme railleur ? Un débauché ? Un jeune galant passant ses heures à écrire de la prose ?

Avisant l’immense demeure, elle eu soudain envie de la visiter. Détaillant les ornements et la décoration, elle déambula un moment dans les couloirs avant de pousser les portes du Grand Salon.

Une fresque colorée s’offrit alors à ses yeux. Quatre personnages devisaient sur les charmes de Venise. Annavera retint de peu une grimace : elle avait presque eu la même conversation la veille avec Inès di Grazziano qui… se tenait justement là devant elle.


« Mademoiselle di Grazziano… Madame, Messieurs » les salua-t-elle en s’avançant de quelques pas.
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Ines di Grazziano
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mar 6 Fév - 22:14

Inès avait eu un peu peur de ne rencontrer qu’une froide indifférence, priant pour que le prince Elio, qu’elle avait décidé de classer jusqu’à nouvel ordre dans la catégorie des satrapes cruels et égocentriques, ne soit parvenu à déteindre sur toute sa maisonnée. Comme pour illustrer ses craintes, la jeune dame d’honneur ne pipa mot, pas plus que le secrétaire, certainement désespéré par le départ de la douce Bianca.
Elle fut cependant rassurée par le regard bienveillant du médecin et accueillit sa réponse avec l’air passionné de l’enfant impatient d’apprendre. Sans doute le praticien aurait-il fait un excellent tuteur. Il avait le ton sûr et doux d’un homme patient, sachant être indulgent face aux facéties de ses contemporains et sévère face à leurs abus.

L’intonation de maître Barrozi changeait, presque imperceptiblement, alors qu’il poursuivait son discours, ses paroles prenant l’accent de la confidence, ses yeux s’assombrissant alors que, sous ses mots, Venise devenait peu à peu la ville de contrastes et de trahisons dont elle avait la réputation.

Inès plissa légèrement les yeux, suivant avec intérêt l’évolution des propos du médecin autant que celle de son expression. L’homme n’était peut être pas depuis bien longtemps en ville, mais il semblait cependant en avoir déjà expérimenté l’envers du décor, et manifestement, ce qu’il y avait vu ne lui avait pas plu.
Sa tirade prit fin, laissant le praticien légèrement confus, et manifestement dépassé par les sentiments qui s’étaient exprimés à travers ses paroles. Ce semblant de malaise ne dura cependant pas bien longtemps puisque la voix posée du secrétaire particulier résonna pour la première fois dans un murmure.
La cousine Grazziano se tourna imperceptiblement vers lui, presque surprise qu’il s’anime enfin, et rencontra un sourire chaleureux auquel elle répondit spontanément, penchant la tête pour l’inviter à poursuivre.


« On m’a dit en effet, que cette cité était magnifique. Je n’entends cependant que peu de chose à l’art, j’espère trouver quelqu’un pouvant m’instruire sur les merveilles architecturales de Venise. Qu’en pensez-vous ? » Questionna-t-elle en soutenant le regard de Gaetano, fortement amusée à l’idée que, peut être, son vis-à-vis, n’était guère plus instruit qu’elle à ce niveau.

Sa distraction fut cependant de courte durée puisque la conversation fut interrompue par une voix claire et féminine qui entraîna l’attention du petit groupe vers la nouvelle venue, qui ne semblait, étrangement, avoir trouvé personne pour se faire annoncer. Inès esquissa un sourire mi-figue mi-raisin face à l’assurance posée dont ne semblait vouloir se départir la jeune femme qu’elle avait reconnue pour l’avoir rencontrée la veille.


« Mademoiselle Di Luca, c’est un plaisir de vous revoir. » Répondit-elle avec un hochement de tête. « Voulez-vous vous joindre à nous ? »

La question n’attendait pas réellement de réponse, aussi la Napolitaine ne marqua-t-elle qu’une courte pose avant de se retourner à moitié vers le reste de l’auditoire pour faire les présentations.

« Je vous présente Annavera di Luca, qui réside actuellement au Palais.
Romana Lacryma Baldini, dame d’honneur de madame Bianca di Grazziano, Monsieur Gaetano Reverti, secrétaire particulier du Prince Adorasti et Maître Barrozi.» Conclut-elle avec un petit mouvement vers les concernés, remerciant intérieurement sa mémoire de ne pas lui avoir fait défaut.

Elle attendit quelques instants, que chacun puisse faire les salutations protocolaires, avant de relancer la conversation en rebondissant sur l’entrée d’Annavera, souhaitant éviter les abîmes d’un silence prolongé.

« Vous disiez hier au soir, Mademoiselle Di Luca, que Venise avait peu de chance de vous lasser, à moins qu’elle ne fasse quelque chose pour vous déplaire ; j’espère que votre première impression ne va pas dans ce sens.
Je suis donc la seule qui n’ait eu le temps de découvrir, au moins en partie, la Sérénissime. Voila quelque chose qu’il me faudra rectifier au plus vite.»
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Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 7 Fév - 19:49

[La Bibliothèque]

Coriolano réapparut, suivi de Bianca.

"Et telle que je vous connais, Cousine, il n'est rien que vous ne dites et ne faites pas !
Nous allons passer à table, nous n'avons que trop tardé, et le chef n'hésitera pas à me transformer en ragoût si je suis la cause de la plus infime perfection dans ses plats. Et pourtant je ne pense pas être très comestible..."

Il remarqua enfin Annavera et lui adressa un sourire amusé.

"Madame de Luca, vous êtes de retour... J'imagine que Monsieur degli Albizzi ne vous accompagne pas, il a du fuir à l'autre bout de la terre en apprenant que nous avons du monde ici.
Vous devez être fatiguée... Si vous le souhaitez, vous pouvez rester ici en compagnie de Madame Lacryma Baldini et de Monsieur Reverti, une collation vous sera apportée tout de suite..."

D'autres Princes d'une tradition plus ancienne aurait sans doute demandé à ce que dame de compagnie et secrétaire restent debout à le regarder manger. Mais Coriolano était un prince moderne qui souhaitait respecter tout le monde. La chère serait aussi bonne au salon que dans la salle à manger.

"Maintenant, Maître Barrozi, Cousine, si vous voulez bien me suivre... Notre frère nous rejoindra quand il arrivera."

Car visiblement il n'était pas là. Coriolano jeta un dernier regard autour de lui et se dirigea vers la Salle à Manger.

[La Salle à Manger]


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Le Grand Salon

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