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| Auteur | Message |
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Pourpre Du Bout des Doigts

Nombre de messages: 379 Statut: Admin Date d'inscription: 11/04/2005
 | Sujet: Le Grand Salon Dim 8 Mai - 23:15 | |
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|  | | Coriolan Invité
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Ven 3 Juin - 21:04 | |
| [Le Hall] Coriolano pénétra d'un pas un peu plus mesuré dans le Grand Salon. Même si la nouvelle de la réception des Adorasti était encore à l'état brut, même s'il allait falloir la tirer de sa gange poussiéreuse, mille chemins se formaient déjà dans l'esprit de Coriolano di Grazziano. Mais il fallait qu'il réfléchisse au calme, et la présence de sa soeur ne l'y aiderait pas. Des émotions contradictoires l'agitait, mais il eu préféré se faire arracher la langue plutôt que de l'avouer. Avec un léger soupir, il promena son regard sur la pièce dans laquelle il venait d'entrer. L'endroit avait ce côté un peu artificiel, propre aux endroits que l'on n'occupait encore que récement. Peut-être était-ce à cause de cela que, malgré la disposition des meubles identique à celle du palais dI Grazziano à Naples, Coriolano se sentit perdu dans la pièce. Dissimulant son trouble, il se retourna vers sa soeur qu'il invita, d'un geste, à s'asseoir. Fermant les grandes doubles portes de la pièce, il se tourna vers la jeune fille et leva sur elle des yeux interrogateurs."Votre mari est-il au courant que vous m'avez convié à cette réception ?"
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|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Sam 4 Juin - 10:24 | |
| [Le Hall] La jeune femme suivit son frère dans Grand Salon, et remarqua la façon dont on avait disposé les meubles. Elle fut agréablement surprise de constater qu'ils avaient été placés de la même façon qu'à Naples. Elle entendit son frère soupirer. Bien sur elle se doutait bien qu'il ne se sentait pas très à l'aise dans cette nouvelle ville et que le souvenir de la belle cité de Naples devait peser sur son cœur...
La princesse prit place sur un fauteuil sur invitation de son frère et le regarda fermer les grandes portes du salon, lorsqu'il lui posa la question de savoir si le Prince Elio était au courant qu'elle désirait convier son frère à la réception, elle resta un moment interdite, ne sachant quoi répondre."Il devait bien s'en douter en organisant cette réception et en me permettant d'inviter qui me plairait, non ?... Ce mariage ne m'interdit pas de voir les miens..." Bien sur elle souffrait d'être séparée de tout ce qu'elle avait connu dans son enfance et de se retrouver dans un monde parfaitement inconnu. Elle tournait et retournait ses gants dans les mains, puis d'une voie triste, elle murmura..."Mon frère... Je suis malheureuse." |
|  | | Coriolan Invité
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Sam 4 Juin - 19:47 | |
| Coriolano allait à son tour prendre un siège lorsque sa soeur lui avoua sa détresse. Le Prince déglutit lentement, puis s'assit, croisant ses longues jambes devant lui."Vous n'avez pas changé." Ces mots n'étaient pas le fruit d'une quelconque réflexion. Il s'agissait d'un constat, un peu étonné. C'était la vérité. Elevée dans une famille de politiciens, où la franchise était presque taboue, Bianca s'était toujours exprimée directement, sans chercher à déguiser sa pensée. Et cette honnêteté avait parfois réussi là où les subtilités diplomatiques les plus poussées avaient échoué."Ma soeur." Coriolano la fixa droit dans les yeux. Pour autant qu'il s'en souvienne, sa soeur était l'une des rares personnes à pouvoir soutenir son regard sans broncher."Comment est la vie dans la maison Adorasti ? Votre mari vous maltraite-t-il ?"
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|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Sam 4 Juin - 23:20 | |
| La jeune femme regarda son frère s'asseoir lentement et, devant sa remarque, elle le fixa surprise, elle n'avait pas changé... Elle sourit, cela la rassurait quelque peu. Personne ne la connaissait aussi bien que son frère. Malgré leur grande différence d'age, ils avaient toujours été proche l'un de l'autre."Vous, vous avez changé mon frère. Plus nerveux, plus préoccupé. Plus triste..." Elle se doutait bien qu'il s'inquiètait pour elle. Comment aurait-il pu en être autrement ! Pensait-il que le Prince Elio était dangereux ou peut être que d'autres soucis encombraient son esprit. Elle lui était tout de même reconnaissante d'être venu s'installer à Venise, même s'il existait probablement plusieurs raisons à celle-ci...
Il la fixa avec ce regard qu'elle connaissait si bien. Un regard franc, ferme et doux, réaliste et rêveur, triste et soulagé... Un regard dans lequel se mêlait les expressions."Je ne vois jamais mon époux, ou si peu. Je sens son regard froid sur moi à chaque instant quand je suis en sa présence. Un regard empli de mépris pour la pauvre créature que je suis et qu'on lui à offerte en mariage. Même les domestiques me méprisent. Je n'ose prêter l'oreille aux murmures sur mon passage... Je suis comme un oiseau dans une cage." La Princesse baissa la tête, elle en avait trop dit, elle ne devait pas inquiéter son frère, cela pourrait créer trop de tensions entre les deux familles. Une larme coula sur sa joue, qu’elle se hâta de cacher en détournant son regard, les yeux fixés la neige dehors, scintillant sous la lumière du jour. |
|  | | Coriolan Invité
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Dim 5 Juin - 21:32 | |
| Le Prince écoutait attentivement sa soeur. Son visage en partie dissimulé dans l'ombre ne trahissait aucune expression. Tout au plus hochait-il de temps en temps la tête. Lorsque Bianca se tut, il laissa passer quelques instants. Cela était contraire à ses habitudes. Non pas qu'il ne sut pas quoi dire, mais il voulait laisser sa soeur profiter quelques instants de plus de ce lieu de calme. Enfin, il se leva et vint se placer en face d'elle."Bianca, je n'étais pas présent lors de votre mariage, ni les mois qui ont précédé celui-ci. Toutefois, je pense que notre père a du vous avertir que ce qui allait vous arriver ne serait pas facile. Tout est joué à présent, nous suivons tous les deux notre route, aussi difficile qu'elle soit. Mais sachez ceci, ma chère soeur : vous êtes une héritière Di Grazziano et la Princesse Adorasti. Peu de femmes à Venise peuvent se vanter d'une alliance aussi noble. Peut-être ceci vous paraît-il un peu abstrait pour le moment, mais vous devez faire de cette noblesse votre force. Peu importe que certains vous méprisent, ou vous dédaignent. Vous êtes leur maîtresse. Vous pouvez leur faire bénéficier de faveurs inconcevables ou, au contraire, les déchoir pour le restant de leur vie. Que cela reste présent en votre esprit." La voix de Coriolano avait progressivement gagné en puissance. Elle résonnait à présent sous les plafonds ouvragés de la pièce. Il s'interrompit un instant et se mit à arpenter la salle."D'autre part, je me doutais bien, et vous sans doute également, que vos relation avec le Prince Elio ne seraient pas des meilleures. Je crains hélas qu'il n'y ait pas grand-chose à faire. Vous n'avez pas encore la force d'essayer de le séduire. Alors ignorez-le quand vous le pouvez. Vous disposez de liberté. Vous pouvez lire, aller au théâtre, tenir salon... Distrayez-vous, ce droit là, personne ne le remettra en cause, ma chère soeur. Et puis... J'occupe maintenant Venise. Nous sommes tous proches, que cela appaise votre coeur autant que le mien." Le jeune homme eut un petit sourire. Un sourire rassurant qu'il ne réservaient qu'à quelques élus."A ce sujet, soyez assuré que je viendrai avec plaisir à la fête que vous donnerez. Vous verrez que vous vous amuserez énormément. Me donnerez-vous la permission de venir accompagné de quelques amis ? Je ne doute pas qu'il vous plaîront."
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|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Mar 7 Juin - 17:43 | |
| Le visage tourné vers la fenêtre, les yeux captivés par le peu de nuages qui avançaient lentement dans le ciel, les quelques instants de silence qui suivirent ses paroles... Il n'en fallut pas plus à Bianca pour calmer son esprit et contrôler les battements de son cœur qui s'étaient fait plus rapides.
Lorsque son frère vint se placer devant elle, elle tourna son visage vers lui. Ses paroles lui firent l'effet d'un pic de glace qui se briserait juste devant elle, éclatant en multiples petits éclats. Son visage se crispa. Les paroles du jeune homme étaient pleines de bon sens et de raison, tout ça, elle le savait déjà, mais son cœur devenait las de tout porter seul..."J'aimerais tant que vous puissiez avoir raison, avoir un caractère comme le vôtre... Si fort." Mais elle doutait fort qu’elle puisse faire peur à qui se soit. Elle était une femme ce qui réduisait déjà son importance, et en plus, elle était une Grazziano. Son pouvoir de décision était vraiment réduit. Mais qui sait, même une colombe entourée de vipères pouvait changer le cours de son destin.
La jeune femme posa sa main sur la joue de son frère avec un doux sourire, puis se leva..."Nous verrons comment évolueront les choses, je doute quelles puissent être pires. Mais pardonnez-moi, il me faut maintenant retourner vers ma demeure, J’ai encore beaucoup à préparer." Préparer quoi… quand elle arriverait tout serait déjà probablement prêt. Elle remit ses gants et avança vers les portes du salon qu'elle ouvrit doucement."Je suis contente que vous soyez ici... Vraiment. Je viendrais vous accueillir ce soir, et vos amis seront les bienvenus" |
|  | | Iago degli Albizzi Gentilhomme - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 270 Date d'inscription: 23/05/2005
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Mar 7 Juin - 22:05 | |
| [Le Pont du Rialto]On entendit soudain la porte de l'entrée claquer, quelques pas, un appel. Passa à toute vitesse devant le salon un jeune garçon visiblement inquiet portant un chapeau et une cape.
Des pas résonnèrent dans le couloir. Un autre appel, plus près et plus distinct."Ugoooo !" Voix caractéristique, légèrement ironique même lorsqu'il ne s'agissait que d'un mot, exigeante, et en fin de compte, très amusée. C'est qu'en marchant Iago s'était enfin souvenu de ce qu'il voulait absolument raconter à Ugo, qui lui avait même fait traverser le marché...
Il était arrivé derrière les portes du salon, et ne remarquant pas qu'elles étaient en train de s'ouvrire, il les tira brusquement pour se trouver nez à nez avec Bianca."Oh... Une femme..." Son ton disait de façon extrêmement clair ce qu'il pensait de la chose. Le mot était tombé de ses lèvres comme une injure. Mais il n'en resta pas là, et se redressant, il s'adressa à Ugo par dessus Bianca."C'est mal, tu sais... il ne faut pas..." Mais soudain quelque chose dans l'air de Ugo, une douceur encore sur son visage... et puis le visage de la femme devant lui, qui ressemblait... Il s'arrêta, pencha la tête vers la créature, regarda d'un côté de l'autre..."Oooh… mais n'est-ce pas là ta sœur Ugo... Celle qui s'est mariée..." Là il marmonna quelque chose, impossible de savoir si c'était "la" pauvre ou "le" pauvre... Il s'adressa cette fois directement à elle."Et vous faites un voyage de noce prolongé à Venise ? n'est-ce pas absolument charmant..." Il préféra ne pas en rajouter, car il savait qu'Ugo avait une certaine tendresse pour sa petite sœur, et il préférait éviter de le mettre en rogne. Enfin… Ugo était une des rares personnes à prendre ses paroles pour ce qu'elles étaient réellement : des paroles vraies, mais qui n'était pas socialement correctes... Il l'espérait du moins.
Il était rentré dans le salon et s'était servi une tasse de thé qui était posé sur une petite table. Le thé était froid, mais Iago avait soif, et il commença à boire en attendant une quelconque précision que pourrait lui donné Ugo. |
|  | | Coriolan Invité
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Mer 8 Juin - 20:05 | |
| Coriolano plissa légèrement les yeux lorsque Bianca vint lui effleurer la joue. Elle avait apparue si...grande en se levant. Forte. Oui, il n'y avait aucun doute, elle était une Grazziano dans toute sa splendeur. Et sans doute parviendrait-elle à prendre chez les Adorasti ce qu'il y avait à prendre. Elle serait alors une puissance avec laquelle tous devraient compter. Bianca n'avait peut-être pas le tempérament de Rossana ou l'esprit retord de Tanuccia... Mais elle développerait ses propres atouts, lui-même y veillerait."Qu'il en soit ainsi ma chère soeur. J'attends ce soir avec impatience. Et croyez-moi, je ferai également de mon mieux pour vous distraire." Distraire... oui. Déjà l'esprit de Coriolano additionnait des éléments, en soustrayait d'autres... Oui, Bianca ne serait pas déçue... Et le prince Adorasti non plus. L'entrée d'Iago l'aurait rempli de confusion s'il s'était agi de quelqu'un d'autre de Iago. D'un signe de la main, il donna à Bianca toutes les explications nécessaires.*C'est lui.* "Bianca, je te présente Iago, un excellent ami à moi. Iago, tu as deviné juste, il s'agit de ma soeur, Bianca di Grazziano Adorasti." Il appuya de façon imperceptible sur ce dernier mot. Il n'avait pas besoin d'en dire plus. Peut-être aurait-il du préciser sa pensée davantage mais prenait plaisir à prolonger ce tête à tête entre deux personnes qui occupaient une place si particulière dans sa vie. Importante, certes... Mais surtout... particulière.
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|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Mer 8 Juin - 20:21 | |
| "Je vous en remercie mon frère..." Bianca lui était reconnaissante de s'occuper d'elle, et elle savait qu'elle pouvait compter sur lui. Oui, avec son frère elle se sentait en sécurité. Celà la rassurait...Soudain la porte s'ouvrit brutalement et la jeune femme se retrouva nez à nez avec un gentilhomme. La jeune princesse eut un moment de stupeur. Depuis quand les gens apparaissaient-ils derrière les portes... Elle fut légèrement choquée par le ton qu'il avait employé pour s'adresser à sa personne, mais se força à ne rien laisser paraître. Elle regarda son frère et compris sur son mouvement de qui il s'agissait. Elle eut un hochement de tête presque imperceptible..."Il n'y a pas eu de voyage de noces Monsieur, nous habitons maintenant Venise." Son frère s'était toujours entouré de drôle de personnages, mais là, il fallait avouer que la surprise était grande... |
|  | | Iago degli Albizzi Gentilhomme - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 270 Date d'inscription: 23/05/2005
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Jeu 9 Juin - 1:00 | |
| Iago regardait avec une certaine curiosité les signes cabalistiques qui étaient échangés entre le frère et la sœur. Il se demandait vaguement ce qu'Ugo avait bien pu dire à sa sœur de lui, pour qu'elle le regarde avec ces yeux curieux. Il avait soufflé en attendant une fois sur sa tasse, parce que cela faisait des vagues et que c'était idiot mais amusant (plutôt, ce qui était amusant, c'était de voir le visage choquée des vieilles dames, mais passons). Cela n'avait aucune vocation de refroidissement du breuvage. D'ailleurs, il se brûlait toujours.
Et sans aucun doute (car qui pourrait imaginer autre chose ?), ce n'est absolument pas à cause du nom qui venait de franchir les lèvres d'Ugo, mais bien de la chaleur du thé, qu'il s'étouffa brusquement en avalant de travers lorsque le nom de "Adorasti" fut prononcé.
Ses épaules se voûtèrent encore plus alors que tout son corps était pris d'une quinte de toux. Il se détourna et fit quelques pas vers la fenêtre tenant toujours sa tasse entre les mains. Entre le rire, les larmes et l'étouffement total, il tenait sa tasse en équilibre. Lorsqu'il se fut enfin à peu près contrôlé, (après tout, il existait différentes branches Adorasti... Pardon... le thé n'était pas si chaud que ça, n'est-ce pas...) il regarda Ugo avec un sourire ironique, dirigé cette fois contre lui-même, et dit avec une simplicité qui dans sa matérialité brute frisait l'indécence :"Avalé de travers..." Ce qui avait le mérite d'être parfaitement juste. Il eut quelques soubresauts encore avant de reprendre de cette voix éraillée que l'on a lorsque l'on a trop toussé."C'est fort dommage que vous n'ayez pas fait de voyage avec votre époux. Il n'y a rien de mieux que d'envoyer deux jeunes époux en voyages de noce. Comme ça, en quelques semaines à peine, les deux conjoints se sont tout dit, ont déjà compris qu'ils étaient avec la pire personne de leur vie, et savent qu'ils n'ont plus besoin de s'adresser la parole. Il suffit juste qu'ils se détestent mutuellement et essaye de s'empoisonner pour rester le dernier vivant. Cela gagne toujours beaucoup de temps. Il se laissa tomber dans un fauteuil, n'ayant pas l'intention de continuer une conversation debout, peu importait si une dame présente n'était toujours pas assise..."Mais en fait, il me semble qu'Ugo m'a dit que c'était un mariage arrangé." Il se tourna vers Bianca."Tu as eu de la chance alors. Beaucoup de chance même. Tu savais déjà tout cela avant même de te marier... Le mariage politique est, bien sûr, la meilleure forme de mariage. La moins hypocrite du moins. Je pense qu'on devrait marier toutes les femmes par politique. Cela serait de beaucoup simplifié. Evidemment cela ferait beaucoup d'hommes mariés par politique, mais c'est un moindre mal. D'autant que les assassinats suivraient de peu (d'ailleurs c'est étonnant que tu ne sois ni veuve ni morte), et la terre deviendrait de plus en plus calme. Avec un peu de chance il n'y aurait même pas d'enfants." Iago tournait et retournait sa tasse entre ses mains, son regard passant rapidement de la tasse au visage d'Ugo, à celui de Bianca, aux mains de la jeune fille, à sa tenue, puis de nouveau dans le vague. Il bavardait joyeusement, ironiquement et rapidement de ses vues sur le mariage, comme s'il parlait de la pluie et du beau temps. Et c'est, d'ailleurs comme à son habitude, sans transition et presque sans s'arrêter qu'il changea totalement de sujet."Et il y a des Adorasti à Venise ?" Iago n'en avait jamais entendu parlé. Florentin de naissance, il avait savait bien sûr qu'il y avait une branche florentine des Adorasti... Mais il ne savait pas qu'à Venise... Enfin, il y en avait sans doute un peu partout, des Adorasti... Iago avait même entendu parlé d'Adorasti vagabond et fréquentant le monde interlope des femmes équivoques... |
|  | | Coriolan Invité
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Dim 12 Juin - 11:15 | |
| Coriolano manqua de secouer la tête. En tout autre occasion, il ne doutait pas que Bianca eut été en mesure d'apprécier l'esprit aiguisé comme une lame de Iago. Mais pas dans ce cas précis. Après la soirée qui viendrait, sans doute. Mais pas pour le moment. Ce fut donc avec une dangereuse sérénité qu'il répondit à son ami :"Ne crains point Iago, nous avons reçu de père, sur le mariage, des idées on ne peut plus pertinentes. Que Bianca a, d'ailleurs, parfaitement assimilées. Mais je ne pense pas que ce soit le temps pour en parler. Lors d'une prochaine visite sans doute. Et pour répondre à ta question mon cher, oui, il y a des Adorasti à Venise. Le Prince Elio s'y est installé, peu de temps à notre arrivée. Ce qui me donnera à présent l'occasion de voir ma chère soeur bien plus souvent que ces dernières années." Ces derniers mots avaient été prononcés avec un léger sourire en direction de Bianca. Même s'il n'éprouvait pas la moindre rancoeur envers Iago - il en aurait été bien incapable - Coriolano sentait un léger regret l'envahir. Déjà, il devait changer d'attitude et de masque. Il avait suffit de l'entrée en scène d'une seule personne. Rejetant une mèche de cheveux en arrière, le Prince se dirigea vers sa soeur."Soyez assurée que je viendrai ce soir, et j'ai la certitude que cette petite fête sera parfaitement réussie, pour vous comme pour moi. Je vais vous raccompagner jusqu'à l'embarcadère, si vous me le permettez." Coriolano se tourna quelques instants vers Iago, ses lèvres formant quelques mots silencieux"Attend-moi ici." Il saisit délicatement le bras de sa soeur, geste de respect et de protection, et sortit du salon d'un pas mesuré. Déjà, le jeune homme comprenait ce que Venise impliquait. La souffrance, non pas de ses opposants seuls mais également de ceux qu'il aimait. Les alliances forcés de caractères antagonistes. Son père le lui avait souvent dit."L'amour est l'expression suprême du luxe. C'est un gâchis extraordinaire et grisant. En tant que tel, ne t'y adonne que lorsque toutes les cartes sont entre tes mains." Il fallait reconnaître que, pour l'instant, la situation en était loin... Mais il détenait tout de même quelques atouts majeurs. [Embarcadère]
Dernière édition par le Dim 19 Aoû - 23:08, édité 1 fois |
|  | | Bianca Grazziano Adorasti Princesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 310 Statut: Modo Date d'inscription: 30/04/2005
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Dim 12 Juin - 17:19 | |
| La jeune femme tomba des nues lorsque que le gentilhomme parla. Quelle effronterie ! Quel manque de savoir-vivre ! Il ne manquait pas de souffle, elle resta les yeux grand ouvert durant toute sa tirade. Comment pouvait-on avoir un avis aussi pessimiste de l’amour. Même les Adorasti ne se s’étaient jamais permis de lui parler de la sorte.Quand il s'était étouffé avec le thé, elle avait faillit lui lancer un "bien fait !" en pleine figure, mais elle jugea cette remarque un peu trop puérile. Et puisque que son frère le tenait en haute estime et qu'elle respectait le jugement de son frère, elle se contenta de lui dire."Prions le ciel pour que d'autres pensent autrement que vous monsieur. Sinon il n'y a rien plus rien qui puisse nous retenir dans son bas monde." Elle avait senti le changement d'attitude de son frère lors de l'entrée d'Iago. Elle n'y fit aucune allusion. S'il voulait lui parler, il viendrait de lui-même. Il savait qu’il pouvait compter sur elle, tout comme elle pouvait compter sur lui. Dans tous les cas, sa présence à la réception la rendrait heureuse, et lui donnerait plus d’assurance." Je suis ravie que vous puissiez venir mon frère. " Au moment de retourner vers la gondole, elle se retourna vers le gentilhomme et avec une révérence :"Enchantée de vous avoir rencontré, Monsieur. " Elle se retint de dire " et au plus tard possible." Pensant qu'il ne comprendrait sûrement pas l'humour de la réplique. Elle laissa son frère lui prendre le bras et l'accompagner jusqu'à l'embarcadère.[Embarcadère] |
|  | | Iago degli Albizzi Gentilhomme - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 270 Date d'inscription: 23/05/2005
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Mer 15 Juin - 19:41 | |
| Iago était resté dans son fauteuil, faisant un vague geste de la main à la sortie de la jeune fille. Pour la première fois de sa vie, il trouva que la fenêtre était bien placée, que le fauteuil était bien placé, et que l'amitié de Ugo pour sa sœur était une bonne chose. Car si son fauteuil n'avait pas été placé dos à la fenêtre, le mettant ainsi en contre jour, si Ugo n'avait pas été obnubilé par sa sœur... il aurait tout de suite remarqué que Iago avait blêmit.
Le bruit de la porte se refermant, sembla être une sorte de déclencheur pour lui. Il se leva brusquement et fit un pas en avant, puis s'arrêta. Il avait l'impression que ses jambes étaient flageolantes et sa main tremblait vraiment. Il fit de nouveau un pas et s'arrêta en plein milieu du salon.
Les idées tourbillonnaient dans sa tête, milles idées semblaient cogner contre son crâne. Son cœur battait à tout rompre. Il n'arrivait plus à arrêter ses pensée, à les trier, à les organiser. Il n'arrivait plus à penser simplement, un trou blanc s'ouvrait devant lui qui semblait vouloir l'aspirer tout entier. Il reposa en tremblant sa tasse de thé. Il passa une main sur son front et s'assit lentement.
N'importe qui d'autre que lui se serait précipité vers le délicat petit meuble d'angle qui contenait la réserve d'alcool que l'on servait aux personnes de passages. Il n'y avait rien de tel que la brûlure de l'alcool pour reprendre conscience de soi et se remettre les idées en place. Mais Iago ne voulait pas qu'une sensation physique puisse aider son esprit. Il restait sur le canapé, les mains croisées sur les genoux, les yeux dans le vide. Il fallait attraper la première pensée.
Alors c'était pour maintenant.
Ugo lui avait demandé de l'attendre.
En fait, il avait toujours su que, dans le choix de ses amis, son refus de se mêler des affaires des autres, son mépris et son dégoût pour les petites querelles de famille, lui attireraient des ennuis. Bien sûr qu'il savait depuis longtemps que les Grazziano et les Adorasti n'étaient pas des gens qui s'appréciaient mutuellement pour utiliser un euphémisme. Mais qu'y pouvait-il ? il n'allait tout de même pas souscrire à la phrase "Les amis de mes amis sont mes amis" ou "les ennemis de mes amis sont mes ennemis"... N'y avait-il rien de plus stupide que ce genre de phrases idiotes ? Non bien sûr.
Mais maintenant...
Avant, quand il avait rencontré Ugo, il ne s'était soucier, comme d'habitude, que de la personnalité de son interlocuteur. Comme encore avant pour Lui. Il détestait les préjugés, il ne comptait que sur son propre jugement, et peu importait l'avis des autres. Maintenant, tant pis si les Grazziano et les Adorasti se détestaient.
Donc maintenant… C'était maintenant qu'il allait devoir expliquer tout ça. Il allait devoir faire comprendre à Ugo et à...
Iago qui était resté immobile devant un fauteuil s'agrippa soudain au dossier. Mon Dieu... que lui, soit là, à Venise, à quelques maisons peut-être de là peut-être... Et qu'il n'en ait rien su jusqu'à maintenant ! Mais ce n'était peut-être pas le même. Après tout, on donne souvent le même genre de prénom dans une famille. Si cela se trouvait, le Elio Adorasti de Venise était un vieux barbon, où un tout jeune enfant. On ne pouvait pas savoir encore…
Iago regarda autour de lui. Il était plus calme, il semblait presque détendu si l'on exceptait ses mains serrées autour du cadre du dossier et son visage encore plus sombre qu'à son habitude. Et Ugo qui ne revenait toujours pas. Il regarda la grande horloge dans un coin de la pièce et réalisa que c'était normal... cela ne faisait qu'une minute qu'il était parti.
Mais il voulait savoir, il voulait voir, il voulait être certain. Il voulait tout mais ne savait pas trop quoi. C'était un sentiment impérieux. Implacable, irrévocable. Il voulait courir.
Attendre. Il devait attendre. C'était ainsi que les choses se faisaient. Il attendait qu'Ugo revienne, et là, il lui demanderait calmement des explications. Non, il n'allait pas se précipiter à la maison Adorasti. Non il n'allait pas prendre le risque de déranger Ugo dans ses adieux à sa sœur, le Prince Adorasti par une intrusion intempestive, ou Anna par la gêne qu'il pourrait lui causer (en fait de cela il s'en fichait réellement). Non. Non, il n'allait pas forcer toutes les convenances et se précipiter dans une maison où on ne l'attendait pas...
Il regarda de nouveau l'horloge. Même pas 15 secondes de plus. Le temps se transformait lâchement en éternité. Les jointures de ses doigts étaient devenues blanches sous la pression qu'il exerçait sur le dossier du fauteuil.
Soudain, ses épaules se mirent à trembler, mais c'est un rire qui le secouait. Il relâcha tout brusquement et se précipita vers la porte qu'il ouvrit violemment, et referma brusquement derrière lui.
Au diable les convenances, il fallait qu'il en ait le cœur net. |
|  | | Muzio Barrozi Médecin

Nombre de messages: 724 Date d'inscription: 14/05/2005
 | Sujet: Re: Le Grand Salon Ven 5 Jan - 17:49 | |
| [Embarcadère] La petite troupe se fit introduire dans un salon de dimensions respectables. Muzio en profita pour déposer sa trousse dans un coin tout en prévenant une servante qui passait, au cas où lui prendrait l'envie d'évacuer l'objet... Servante qui prit note d'un signe de tête, repartit puis revint brusquement sur ses pas et le débarrassa de son manteau en s'excusant d'un air gêné.
Le sentiment de culpabilité qui le tourmentait depuis le début de matinée s'était estompé. La rancoeur qui naissait contre Elio également. Le médecin avait pour ainsi dire repris du poil de la bête et retrouvé son assurance. Il avait repensé à l'inquiétude du prince Ugo la veille, dans le jardin, et s'était reproché son manque de charisme et de force.
En entrant dans la pièce, il avait observé les lieux sans insistance, notant le goût avec lequel les meubles étaient placés, les tableaux arrangés. Puis, se retournant vers la Princesse, il se demanda subitement depuis combien de temps celle-ci habitait Ca'Adorasti mais évidemment il n'allait pas le demander ainsi. Le Prince n'allait sans doute pas tarder à les rejoindre, et Muzio espérait ne pas avoir l'air trop fatigué de sa nuit. C'est sur cette espérance que le médecin découvrit avec stupéfaction qu'il avait faim. Le phénomène était suffisamment rare pour être remarqué.
Remarqué, certes, mais pas au point de lui faire oublier le reste. Embrassant du regard les fauteuils, les rideaux, Muzio imaginait les angelots enfants, courant dans la pièce et se cachant en riant. Leurs chevelures blondes se mêlaient pour un jeu, la maison résonnait de leurs cris...« Vous avez donc passé votre enfance dans ces murs, Madame ? » demanda-t-il tandis que l'image des deux enfants se dissipait doucement en se fondant dans le visage de la jeune femme qui lui faisait face. |
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