| | |
| Auteur | Message |
|---|
Raffaele di Grazziano Frère du Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 134 Date d'inscription: 12/11/2006
 | Sujet: Re: L'Allée Centrale Sam 29 Sep - 20:09 | |
| [La Fontaine] Il avait quitté ses compagnons un peu cavalièrement, il en avait conscience. Mais peu importait, certaines affaires passaient avant les plaisirs et de cela, il était bien sûr que le Baron serait d'accord. Il louvoyait à présent entre les groupes, cherchant du regard un certain tricorne, un silhouette précise. Les danseurs étaient plus difficiles à éviter que les ivrognes et pourtant les seconds n'étaient pas loin d'être les plus nombreux. Mais il ne s'était pas attendu à autre chose d'un bal offert au peuple. Il sourit distraitement en réponse aux oeillades d'une vieille édentée parée d'un assemblage improbable de loques dépareillées qu'il entendit appelée Marquise par un homme au rire tonitruant. Les singes n'amusaient pas seulement les habitués des salons.
Un reflux des danseurs, lancés dans une volte compliquée, le poussa vers un groupe qui se tenait sur le côté, lui faisant presque perdre l'équilibre. Il se rattrappa au manteau d'un homme jeune, visiblement pris d'alcool qui chancela. La brutalité du mouvement laissa échapper un objet de l'une des poches de l'inconnu. Le jeune prince se pencha et mit la main sur la garde armoriée d'une dague, un seul regard lui permit d'en identifier le blason et il leva un regard étonné vers l'homme.
Mais cela ne pouvait être, pas après ce qu'on lui avait raconté du Prince Adorasti. Il n'eut pas à reflêchir longtemps et l'arme disparut discrêtement dans la manchette de son gant, en lieu et place de sa propre dague non marquée qu'il tendit à son vis à vis. "Veuillez me pardonner, vous avez laissé tomber ceci." Une rapide inclinaison du buste, un sourire aimable et il disparut dans la foule mouvante. [La Roseraie] |
|  | | Demetrio Catanei Musicien

Nombre de messages: 42 Date d'inscription: 18/02/2007
 | Sujet: Re: L'Allée Centrale Dim 7 Oct - 23:24 | |
| Après l’extase, l’extrême-agonie. Déjà, les effets euphoriques de l’alcool se dissipaient pour laisser place à une brume peu invitante, qui laissait s’insinuer le froid en lui. Son rire s’était bloqué subitement dans sa gorge, mettant fin à l’exaltation que lui procurait son ivresse. Le musicien s’était redressé pour affronter des regards déroutés, dégoûtés, désapprobateurs et ce sourire qui n’était pas le sien s’effaça aussitôt de son visage. Celui à qu’il aurait tant voulu ressembler ne se serait pas servi de tels moyens pour attirer l’attention de son audience et à ces expressions de reproche, il aurait opposé toute son indifférence, peut-être même s’en serait-il enorgueilli et aurait été conforté dans la légitimité de sa condition. Mais Demetrio n’était pas cet homme, il n’était même pas près de lui ressembler et ce fut pourquoi rien d’autre que la honte l’envahit à la pleine réalisation de son geste et des conséquences qui en découleraient.
Médusé, il reçut les semonces des deux comtesses et assista à la faiblesse de la baronne avec une pointe de désolation. Le spectacle de sa victime, le visage en sang, lui apparut d’une violence inouïe, plus encore que le coup porté en lui-même. Frapper avait été libérateur, trop rapide et impulsif pour que son esprit ne songe même à la brutalité de son acte. Cependant, devant cette effusion écarlate, il ne pouvait que constater l’ampleur de sa bêtise. Il envia l’hilarité de son compagnon, littéralement plié en deux devant l’absurdité de la scène, mais se trouva incapable de l’imiter, cette fois. Il se contenta de garder les yeux fixés sur le sol, n’osant les relever de peur de se heurter à nouveau au blâme, comme l’enfant qu’il avait toujours été.« Vous avez raison, » laissa-t-il tomber platement à l’un de ses interlocuteurs, sans toutefois préciser lequel, de manière à se donner contenance.
On le tira hors de sa torpeur en le percutant. Loin de représenter un appui aussi solide que certains gentilshommes à la carrure solide et au maintien fier, il perdit le peu d’équilibre qu’il lui restait. Il ne comprit pas le regard qui lui fut lancé, pas plus que cette dague qu’on lui remettait en main, mais déjà le jeune homme s’était-il évanoui. Clignant des yeux, Demetrio se laissa tout bonnement choir sur son séant, un soupir s’échappant de ses lèvres. Cette situation lui rappelait ces quelques années à Milan, gaspillées à se vautrer dans la débauche et l’oisiveté. Il sentait poindre un mal de tête dans son crâne, toute énergie semblait l’avoir quitté et il n’aspirait plus qu’à rentrer Calle Bardini pour réchauffer ses doigts glacés.« Je crois qu’il serait… qu’il me ferait mieux de rentrer. Rentrer chez moi, déclara-t-il sans conviction. J’en ai… assez fait pour ce soir. Trop, trop fait… en fait. »
Il se releva péniblement, remettant un peu d’ordre dans sa tenue avec lenteur et se tournant à demi, comme s’il s’apprêtait à partir.« Je suis désolé, » ajouta-t-il, toujours sans oser identifier à qui s’adressait ses paroles : Tiberio Adorasti qu’il avait l’impression de trahir, Monsieur degli Albizzi pour son coup de poing ou les deux comtesses pour sa conduite malséante. |
|  | | Caterina Invité
 | Sujet: Re: L'Allée Centrale Mer 10 Oct - 22:37 | |
| [Premier Post] La Tesi considéra la multitude. Elle avait déjà vécu ce genre de bal au Palazzo della Pilotta de Parme. A l'époque elle n'était encore qu'une petite fille. Elle leva les yeux au ciel en s'imaginant son père la sermonner d'un ton sentencieux de ne pas se complaire dans les artifices de cette société venitienne. Il l'aurait certainement mise en garde contre ses fourberies, ses mystifications et ses impostures. Elle recoiffa un mèche rebelle d'un geste désinvolte.
Un sourire fin et tiré s'empressa d'éclairer son visage. Elle n'avait pas perdu le sens des convenances, mais l'ambiance du bal populaire invitait la courtoisie sur des terrains glissants. Elle croisait dans cette foule des gens de diverses catégories sociales. L'idée de frôler au coude à coude des indigents la fit frissonner. Mais où était son hôte qui l'avait conviée au bal?
Caterina se haussa sur la pointe des pieds pour aperçevoir la piste de danse. Les corps glissaient lentement comme des pantins de cire, ébauchant des gestes lents, sur une musique baroque des plus stridentes. D'ailleurs l'orchestre manquait cruellement de contre-basse pour adoucir la mélodie... Une vilaine Sarabande s'il en était.
Finalement, la prima donna tiqua en découvrant son hôtesse la comtesse Acorti. Enfin! Elle se composa un visage belliqueux et railleur. Après tout, c'était, semblait-il l'expression communément adoptée en cette soirée d'hiver.
Elle manqua de percuter un homme à la taille vertigineuse et aux doigts graciles. Visiblement, il était complètement éméché."Caterina Tesi, le pardon n'est pas dans ma nature, mais si vous m'offrez le plaisir de connaitre votre nom, soyez assuré que je m'en souviendrai." concèda t-elle avec une moue faussement contrariée. De ce fait, Caterina constata les personnes en présence. Tous ces yeux scrutateurs provoquèrent une panique qui accélera son rythme cardiaque, de ce fait elle respira plus vite, comme au sortir d'une course."Comtesse. Ravie de vous revoir en si ...accorte compagnie." s'appliqua t-elle à prononcer d'une voix presque neutre, effectuant une révérence des plus appuyées. |
|  | | Brunilde Gurrieri Comtesse - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 53 Date d'inscription: 30/05/2007
 | Sujet: Re: L'Allée Centrale Dim 14 Oct - 21:26 | |
| Ah ! Oui, tout retombait. Une légère inflexion de la tête au blessé en guise de salut, une oreille courageuse pour faire face aux bruits insupportables de Tiberio, une autre oreille attentive aux propos de la comtesse, un regard pour Demetrio. Elle ne savait plus. Sur quoi devait-elle réellement se focaliser, déjà ? Demetrio, admettons. Si une certaine irritation flottait encore sur le visage de Brunilde, ce dernier se radoucit imperceptiblement alors que trois mots percutaient le sol d'une force comparable à celle de l'éclair. « Vous avez raison. » L'homme n'était plus le même. Ou plutôt, il était redevenu lui. Quel sentiment effroyable cela devait-il être que de voir la toile de l'imposture se déchirer progressivement autour de soi. Qui pouvait mieux en témoigner à cet instant, sinon Demetrio et sa superbe expression ? La comtesse en fut profondément touchée. Elle se mordit la lèvre inférieure, suivit brièvement du regard l'apparition carmine qui s'envola aussitôt, sans accorder trop d'importance à cette lame aimablement restituée, puis porta son attention sur Tiberio qui, sans vergogne aucune, trouvait encore matière à se moquer du monde qui l'entourait, son « élève » y compris. Un silence d'abord, puis autre chose qu'elle ne parvint pas à réprimer. Sa langue claqua contre son palais :« Ne me sentant pas la patience de converser avec un âne, je vais effectivement disposer. » Mais pour elle, qui était réellement l'âne, dans l'histoire ? Il n'y eut plus le moindre doute lorsque Brunilde s'approcha de Demetrio pour le saisir délicatement par le poignet, saluant au passage cette femme qu'elle connaissait bien pour avoir assisté à plusieurs de ses représentations par le passé :« Mademoiselle Tesi, je ne m'attendais pas à vous rencontrer ici. Votre dernière interprétation de l'Almira était tout à fait fabuleuse ! J'espère avoir d'autres occasions de vous écouter prochainement. » Elle se tourna de nouveau vers celui qu'elle tenait toujours :« Et si vous le permettez, je vais accompagner monsieur Catanei jusqu'à la sortie du Castello » , pour finalement s'adresser directement à lui, « Nous ne sommes jamais trop prudents, n'est-ce pas ? Il serait dommage que le verre de trop s'égare entre vos mains encore fébriles des événements récents. » Un sourire mutin vint orner ses lèvres. Ce sourire qui voulait clairement dire, du moins pour ceux qui la connaissaient, qu'elle emmènerait naturellement Demetrio quelque part : ailleurs, où il voulait, partout, sauf à la sortie du Castello.
Saluant chacune des personnes présentes, Brunilde emmena l'homme sans tarder au labyrinthe végétal.[Allée de Trèfle] (Tour de post libre pour ce sujet]
Dernière édition par le Dim 28 Oct - 22:27, édité 1 fois |
|  | | Demetrio Catanei Musicien

Nombre de messages: 42 Date d'inscription: 18/02/2007
 | Sujet: Re: L'Allée Centrale Dim 28 Oct - 22:10 | |
| Le rideau tombait sur une scène au goût douteux et Demetrio n’aspirait plus qu’à la quitter. Il avait espéré pouvoir bénéficier d’une sortie à peu près digne, mais le sort jugea qu’il ne la méritait pas puisque, tout juste après avoir pris congé de leur petite assemblée, il entra en collision avec une femme, une de plus. Malgré l’état dans lequel il se trouvait, il put reconnaître en elle Caterina Tesi, qu’il avait pu accompagner par le passé sans jamais toutefois avoir osé lui adresser la parole. La cantatrice était réputée non seulement pour sa voix, mais également pour son caractère que certains qualifiaient de volontaire, d’autres de tout simplement intraitable. Sachant son verbe encore moins assuré qu’à l’habitude, il choisit de taire des excuses aussi boiteuses qu’inefficaces pour laisser tomber son nom, tel qu’il lui était exigé :« D… Demetrio Catanei. » Cette dernière formalité accomplie, il se crut tiré d’affaire mais le sort, soudainement clément, jugea qu’il avait gagné son salut, peut-être en admettant s’être détourné du droit chemin et en avoir exprimé du remord. Une main étonnamment chaude en cette atmosphère refroidie se referma autour de son poignet avec une douceur déconcertante. Le geste n’avait rien de la poigne ferme d’une mère qui ramène son enfant à l’ordre, ni de l’agression qu’il ressentait d’ordinaire au contact d’un étranger. Relevant un regard un peu confus, un peu penaud vers celle qui s’offrait comme sa rédemptrice, et prêta une oreille sans cesse plus surprise aux propos par trop aimables qu’on lui tenait. « Je… Oui, bien sûr… Merci. Pr… précaution judicieuse. Je suppose. Prudence est… est mère de… de.. sécurité. Non. Sûreté, je crois. Non? Oui. » Tout au long de ces considérations sémantiques, ses yeux s’étaient penchés sur l’examen de ses chaussures et ils se redressèrent peu à peu pour se poser sur un sourire espiègle, chargé d’une complicité semblable à celle de Tiberio Adorasti mais d’une invite fort différente. Répondant timidement au sourire qui lui était adressé, il s’inclina devant ses interlocuteurs, réitérant une nouvelle fois ses adieux, et s’engagea aux côtés de Brunilde en direction du labyrinthe végétal.[L'Allée de Trèfle] |
|  | | Tiberio Adorasti Cousin du Prince - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 53 Date d'inscription: 17/01/2007
 | Sujet: Re: L'Allée Centrale Lun 29 Oct - 22:32 | |
| "Non, non non non, vous n'avez pas le droit de dire des choses pareilles. Ressaisissez vous mon brave." Répondit le cousin du prince aux premiers remords du musicien, encore fort amusé par la situation. C'était si... divertissant de voir, étape par étape, les effets de l'alcool sur un buveur inexpérimenté. Tiberio, en connaisseur, tentait de deviner à l'avance les réactions de son compagnon, mais, surtout, réfléchissait à la meilleure façon d'utiliser tout ça. En repensant à la brève bagarre, Tiberio avait compris. La soirée allait être véritablement fantastique. Entre autres parce que, visiblement, lorsque le musicien abusait de la boisson, il devenait encore plus malléable qu'en temps normal. Il s'y voyait déjà, à comploter à voix basse, à aller ennuyer untel ou untel, puis, surtout, à observer son acolyte faire la même chose. Ca serait la meilleure part.
Donc, forcément, il fallait le remettre sur pied. En général, il suffisait d'une main sur l'épaule, de quelques pas dans le froid, d'une ou deux histoire de soirées encore plus arrosées, d'un sourire amical, et de la promesse que ça irait mieux quelques minutes plus tard. Le cousin du prince entrouvrit la bouche, et se prépara pour son discours motivant, déjà pensé dans les moindres détails, mais ne put pas vraiment commencer. Il vit, à quelques pas seulement, un pichet encore plein, et une paire de verres propres vides. Il n'y eut même pas une milliseconde d'hésitation. Il se mit en marche, et alla se servir un verre, qu'il vida immédiatement, avant de... (*Burp*) de le remplir de nouveau.
Quand il se retourna, il ne put qu'assister, impuissant, à l'enlèvement sauvage de son "ami" par l'une des mégères."Hé mais... Bah hé! Oh! Atten... Oh! Bah alors.. c'est quand même un peu fort ça.Oh!" Bah alors.. Co.. Comment allait il faire maintenant? Son meilleur divertissement de la soirée venait de filer, et il n'avait pas pu le retenir. Le Cousin du Prince etouffa un juron, serra les poings, puis, observa, l'air las, les personnes encore à ses cotés. Il restait la Comtesse, qu'il n'avait même plus envie de mettre en boule, et cette... Caterina Tesi, dont le nom lui disait vaguement quelque chose. Le musicien aurait encore été là, ç'aurait été un plaisir, une joie, que de déplaire à ces deux dames. Mais seul.. le jeu perdait quasiment tout son intéret. A moins, bien sur, de tomber sur un adversaire vraiment digne de ce nom. Il lui faudrait croiser une sorte de jumeau spirituel. Oh Seigneur, qu'est ce qu'il s'amuserait alors. Il pourrait aller...
L'alcool le faisait divaguer."Demetrio! La soirée vient de commencer bon Dieu!" Lança-t-il, en un dernier cri désespéré, les bras levés et le regard empli de tristesse. Bouche entrouverte, lèvre tremblottante, air désabusé, puis soupir las. Il avait sorti tout son costume du "ayez pitié de moi", comme il l'appelait, mais, pour une fois, sans que ce soit volontaire.
Le cousin du Prince releva la tête, et observa les deux jeunes femmes. Quelques idées de phrases lui traversèrent l'esprit, et il se rendit vite compte qu'il n'avait pas envie de choisir. Il n'avait pas envie de les voir, et il n'avait pas envie d'être là. Il avait envie de réfléchir un moment, et de trouver comment s'occuper pour le reste de la soirée. Pour cela, il lui faudrait un peu de stimulant. Il engloutit le contenu de son verre, jeta ce dernier par dessus son épaule, soupira de nouveau, et fit demi-tour en faisant claquer ses talons, sans même se présenter ou dire au revoir. Préférant marmonner des jurons.[Ailleurs - j'éditerais] |
|  | | Ariela Accorti Comtesse

Nombre de messages: 57 Date d'inscription: 07/02/2007
 | Sujet: Re: L'Allée Centrale Jeu 1 Nov - 9:25 | |
| Les gens fuyaient. Delgi Albizzi était logiquement parti à la recherche d'un médecin. La comtesse eut presque envie de le suivre, mais elle avait assez de discernement pour senti que ce n'était pas forcément la chose à faire. Dommage, un être intéressant quittait la danse.
Restait le déchet. Tiberio Adorasti. Comme s'il ne s'était pas assez ridiculisé jusque là, il s'enfonçait encore, se permettant une crise d'hilarité des plus déplacées. Surtout que Demetrio, apparemment, reprenait un peu ses esprits. Bien, pour lui, c'était visiblement un coup de folie passager. Elle l'épargnerait pour cette fois. L'autre, par contre, le pourceau inconvenant... Celui-là, il lui faudrait penser à le travailler, si jamais il recroisait sa route. On n'a pas idée d'être aussi stupide et aussi peu raffiné.
Quand à l'autre comtesse, la dame Gurrieri... Elle ne savait qu'en penser, mais visiblement, elle avait plutôt bon goût en matière d'hommes. Ariela leva un sourcil lorsqu'elle leur enleva Demetrio, plus surprise qu'offusquée. Après tout, si le violoniste pouvait perdre la tête d'une manière plus acceptable que le pugilat sans grâce, elle n'allait pas protester. Ariela pensait, depuis sa mésaventure avec un certain Andrea Caprara, que l'attachement prolongé et la jalousie qui en découlaient n'avait aucun intérêt autre que de faire souffrir les humains. Ce genre de chose était bon pour les autres, plus pour elle. Demetrio Catanei pouvait voler de couche en couche, elle ne s'en piquerai aucunement. Au contraire, même. Elle pensait pouvoir le ramener à elle assez facilement, et cela pouvait s'avérer être une arme contre toutes les femmes qu'il approcherait. Donatella Visconti, par exemple. Ou, donc, cette dame répondant au doux nom de Brunilde Gurrieri.
Elle eut soudain affreusement pitié de l'autre. Tiberio Adorasti était sans doute le personnage le plus ridicule qu'elle ait jamais croisé. Sa dernière tirade avait quelque chose d'effroyablement pathétique. Toutes les familles avaient leurs déchets, mais celui-ci était particulièrement beau. C'était à la dégoûter de sa tâche mystique. A quoi bon punir les méchants et les idiots? N'était-ce pas vain, lorsque l'on se retrouvait face à de telles erreurs de la nature? Non, cela n'était pas vain. Si d'autres qu'elle, ailleurs, avaient l'idée de jouer au même jeu qu'elle, ils pouvaient tout de même rendre le monde un peu meilleur qu'il n'était.
La comtesse, restée silencieuse jusque là, observant la scène d'un oeil navré, se tourna vers Caterina, maintenant qu'elles étaient seules. Elle ne sourit pas à son bon mot, surtout qu'accorte s'accordait bien mal avec la bande de rustres, d'ivrognes, d'innocentes stupides et de libertines qui venait de s'égailler partout dans le Castello, apportant leur bêtise vers d'autres terres sans doute fertiles. Elle lui répondit d'un ton un peu las:"Mademoiselle Tesi, j'espère que cette fête vous apporte plus d'agréments qu'à moi. Il semblerait que tout ce que Venise compte en personnes de rang y soit venu s'y ridiculiser. Pour un peu, on verrait le prince Adorasti et son adoré camarade le prince Di Grazziano danser une gigue endiablée nus sur une table. Triste spectacle en vérité." La comtesse fit une petite moue, se passa une main sur la nuque et fit quelque mouvements de tête pour chasser la fatigue qui pesait sur ses cervicales."Je crois que je dédaignerai les bals populaires à compter de ce jour. D'autres divertissements plus élevés -l'opéra par exemple- obligent les idiots à faire semblant d'être ce qu'ils ne sont pas, et cela ne fera aucun mal à la réputation de notre pauvre ville..." Ariela parlait presque plus pour elle-même que pour la cantatrice. "Vous m'excuserez, mais je suis lasse. Je pense que je vais rentrer Calle Trevisi. M'accompagnerez vous? Je vous arracherai bien à ce lieu de débauche." Edit de Pourpre : ELLIPSE TEMPORELLE |
|  | | Gabriella Delmonti Servante - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 524 Statut: Modo Date d'inscription: 22/04/2005
 | Sujet: Re: L'Allée Centrale Mer 2 Jan - 18:20 | |
| [Ca'Adorasti - Suite de Danilo] *Sombre idiote, pauvre cloche, non mais quelle cruche, complètement stupide...* Ces gentils termes dont elle avait l'habitude de couronner certaines personnes qu'elle n'aimait pas, Gabriella se les était cette fois réservés pour elle durant tout le trajet jusqu'au Castello.*Le libertinage est plaisant mais il y a des limites tout de même, quelle imbécile je fais... dans le palais du prince Elio ! Et monsieur Scaligeri qui m'attend holala je suis en retard... et ce pauvre monsieur Della Lonza.. qui est en deuil et moi qu'est-ce que je fais ? Je l'embrasse, non mais.. complètement folle.. insensée...* Elle n'était plus qu'à quelques mètres du lieu du rendez-vous mais elle était tellement perdue dans ses pensées qu'elle ne vit pas le valet encombré de documents arriver sur sa droite à un croisement. Leurs épaules se heurtèrent et les feuilles s'éparpillèrent autour d'eux."Je suis désolée... je vais vous aider..." dit-elle en s'accroupissant pour ramasser les documents.*Trop bête...* |
|  | | Raffaele di Grazziano Frère du Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 134 Date d'inscription: 12/11/2006
 | Sujet: Re: L'Allée Centrale Mer 9 Jan - 0:22 | |
| [Roseraie] Raffaele avait quitté la roseraie d'un pas rapide. Il avait cependant, juste avant de gagner l'allée principale cueilli une fleur à peine ouverte et la faisait tourner entre ses doigts. Il ralentit le pas en voyant la petite servante parler avec un homme en livrée. Elle-même n'avait pas pris la peine de se changer et arborait les couleurs des Adorasti. Le jeune prince fronça le nez, cela ne lui plaisait pas, il aurait préféré plus d'anonymat.
Cependant, il n'en montra rien et s'approcha, un sourire aux lèvres. Arrivé devant Gabriella, il s'inclina. "Vous n'imaginez pas le plaisir que je ressens à vous revoir, Mademoiselle. Le temps m'a semblé long depuis notre dernière promenade." D'un geste de la main, il montra l'entrée du labyrinthe dont la discrétion lui apparaissait comme vraiment indispensable au vu de la tenue de sa compagne. "Que diriez-vous de faire quelques pas de ce côté ? J'ai toujours trouvé les labyrinthes amusants." Il inclina la tête et son sourire se fit plus malicieux. "L'intimité que l'on y trouve ne vous effraie pas, n'est-ce pas ? Je ne voudrais pas que vous éprouviez un quelconque malaise à cette idée." [Labyrinthe] |
|  | | Gabriella Delmonti Servante - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 524 Statut: Modo Date d'inscription: 22/04/2005
 | Sujet: Re: L'Allée Centrale Mer 9 Jan - 20:02 | |
| Gabriella regarda repartir le valet tout en arrangeant les plis de sa robe anthracite. C'est seulement à ce moment là qu'elle se rendit compte qu'elle avait gardé sa livrée.*Oh non c'est pas vrai... je fais tout de travers aujourd'hui...* se réprimanda-t-elle. Pour un rendez-vous galant, son habit n'était vraiment pas approprié mais elle n'avait plus le temps de retourner au palais pour se changer. La scène avec Danilo l'avait perturbée au point qu'elle avait oublié de repasser par sa chambre. Elle avait sur le moment juste voulu s'en aller le plus loin possible du gentilhomme.
C'est donc le rouge aux joues qu'elle vit s'approcher Raffaele mais son sourire réapparut aussitôt. Elle s'inclina brièvement en guise de salut."C'est un plaisir partagé monsieur." dit-elle avec une légère timidité. Seule la compagnie d'un homme qui ne la laissait pas indifférente laissait apparaître ce côté de sa personnalité. Car en tant normal, Gabriella n'avait rien d'une jeune femme timide, bien au contraire."Je vous prie d'excuser ma tenue." ajouta-t-elle, gênée."J'ai été très prise, et je n'ai pas eu le temps de me changer... je ne voulais pas.. manquer notre rendez-vous... Je tâcherai de me rattraper la prochaine fois..." dit-elle en souriant doucement. Bon, ce n'était qu'un demi mensonge après tout...*En espérant qu'il y ait une prochaine fois.. oh ouii... ça serait bien...* pensa-t-elle les yeux brillants."Le temps m'a semblé long également et je dois avouer que j'avais hâte de vous revoir de nouveau, monsieur Scaligeri." dit-elle en minaudant légèrement, les doigts de sa main jouant avec un pli de sa jupe.
Un sourire ravi se peignit sur son visage lorsqu'il indiqua la direction du labyrinthe. Comme c'était romantique !"J'en dis que c'est une excellente idée !" s'exclama-t-elle.
Puis, répondant à son sourire malicieux en lui jetant un regard mutin, elle répondit le sourire aux lèvres et oubliant un peu sa timidité."Ce genre de choses ne m'effraie pas lorsque je suis en compagnie d'un gentilhomme en qui je peux voir confiance, n'est-ce pas ?" demanda-t-elle en se dirigeant vers le labyrinthe à ses côtés."C'est une bien jolie fleur que vous tenez là..." ajouta-t-elle d'un ton amusé en regardant devant elle.[Labyrinthe] |
|  | | |
| Page 3 sur 3 | Aller à la page : 1, 2, 3 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |