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 L'Allée Centrale

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Pourpre
Du Bout des Doigts


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MessageSujet: L'Allée Centrale   Sam 19 Nov - 23:38

..
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Muzio Barrozi
Médecin


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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Dim 15 Oct - 14:50

[Ca'Adorasti - Appartements de la Princesse - Le Petit Salon Privé]

De l'air. Chaque minute passée dans la salle de bal avait été vecteur de tension pour le médecin. L'examen qui avait suivi, et le tête-à-têtes avec les Princes, sans être oppressants, n'étaient pas de toute tranquillité d'esprit. Lorsque Muzio franchit la porte qui menait à la rue, il prit une immense bouffée d'air froid.

Il avait souri lorsque Ugo di Grazziano s'était excusé du jeu de papier glissé. Il voyait clairement les deux enfants, rivalisant de blondeur, se passer des mots pendant l'étude, complices, joueurs. Avaient-ils vraiment changé ? Oui, sans doute...

Les deux hommes sortirent de concert. Muzio avait eu un léger tressaillement lorsque le Prince l'avait questionné, avec une spontanéité qui semblait le caractériser, sur sa famille. Le médecin s'était vite repris cependant. Il avait esquissé un geste flou, et répondu avec douceur:


« J'en avais une. »

Quelques pas plus loin, gêné pour une fois par le silence, il avait ajouté avec une désinvolture presque convaincante:

« Un homme de mon âge n'a pas d'excuse pour ne pas avoir de famille, n'est-ce pas ? Mes patients ont dû faire de moi un ours qui leur est entièrement dévoué... »

Ils traversèrent un petit pont. Leur double-pas résonnait sur les pavés.

« Votre soeur semble vous être très attachée. Vous êtes un soutien précieux pour elle. »

Il ne savait pas très bien s'il avait le droit de parler ainsi. Après tout, il ne connaissait le duo que depuis quelques dizaines de minutes... Mais le médecin était fatigué de se surveiller. Chaque pas le détendait un peu plus et déchargeait la tension de ses épaules. Il se sentait serein. Il avait juste livré son impression.

Le Prince et le docteur se retrouvèrent bientôt dans un jardin aux mille parfums tous plus délicieux les uns que les autres. Etait-ce le fruit du hasard ? Muzio ferma un instant les yeux et respira profondément.


« Notre langage ne vaut rien pour décrire le monde des odeurs... » murmura-t-il à la nuit.
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Coriolan
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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Dim 15 Oct - 19:12

[Ca'Adorasti - Appartements de la Princesse - Le Petit Salon Privé]

Coriolano marchait à côté du médecin, semblant regarder nulle part, mais soigneusement attentif (habitude de Naples, ville des brigands) une main négligemment posée sur le pommeau de son épée.

Il avait remarqué le léger tressaillement de Muzio, mais respecta le désir de ne pas parler de son compagnon de marche, et ne chercha pas à en savoir plus.

Il sourit à la remarque du médecin sur son âge et son absence de famille. Intérieurement, il se fit la réflexion qu'il ne devait pas être beaucoup plus jeune que le médecin, et qu'il n'avait pas non plus de famille. Mais lui avait la chance d'être prince à l'air juvénile, et donc de ne se voir poser aucune question indiscrète...

Coriolano ne répondit pas non plus à la remarque sur le soutien qu'il était pour sa sœur. Il réfléchissait. Il repensait à elle, justement.
C'est à ce moment que le médecin s'arrêta pour respirer profondément l'air froid de la nuit.

Il s'était visiblement détendu depuis qu'ils étaient sortis du palais. Un instant, Coriolano contempla le visage qui semblait presque endormi, de Muzio. Lui-même alors ferma les yeux une courte seconde pour inspirer.


"Quelques fleurs d'hiver qui arrivent à percer sous la neige..."

Dans six mois, des roses fleuriront de partout, et l'odeur sera beaucoup plus capiteuse et prégnante.

"Cela suffit à créer un monde d'odeur. Savez-vous ? C'est à une de ces fleurs que j'ai pensé quand j'ai revu ma sœur ce matin... Pourtant, pendant le bal..."

Comme s'il se décidait brusquement, Coriolano attrapa le bras de Muzio, fixant sur lui un regard un peu naufragé, et assez inquiet.

"Monsieur," Pas "Maître" ni "Maître Barrozi" ni "Docteur", Coriolano cherchait l'avis de l'homme en face de lui. "j'ai besoin de vos conseils, pourrais-je... Pourrais-je compter sur votre plus absolue discrétion ?"

En disant cela, il jeta un coup d’œil alentour. Le jardin était désert. C’est tout juste si l’on distinguait, au loin à travers les arbres et les haies, du côté de la fontaine, la vague lumière d’un flambeau.


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Muzio Barrozi
Médecin


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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Dim 15 Oct - 20:27

Les rôles s'inversèrent.
Le Prince l'imita en inspirant profondément les parfums du jardin. Et Muzio rouvrit les paupières pour observer le jeune visage tendu. Sa soeur, une fleur. Bien sûr. Blanche. Bianca. Et pourtant.

Pourtant, pendant le bal... ?
Ugo faisait-il allusion à l'évanouissement de la jeune femme, ou évoquait-il son attitude générale ? Pourtant... Pourtant Bianca lui avait paru épanouie, heureuse. S'enivrer de rire pour ne pas pleurer ? C'était peut-être grave. Oui, à en juger par le regard du Prince di Grazziano, c'était plus grave.

Après la ride soucieuse, le regard perdu. Les gens s'accrochaient souvent à leur médecin comme à une bouée de sauvetage. Banal, sans doute, mais toujours un peu bouleversant pour la bouée en question. Surtout après si peu de temps... Surtout quand il s'agissait des confidences d'un Prince. Finalement, Ugo n'était peut-être pas un soutien solide pour sa soeur. Muzio eut plutôt le sentiment que le frère et la soeur coulaient, mais coulaient enlacés. Les anges peuvent-ils se noyer ?

Il plongea le regard dans les yeux inquiets de son jeune compagnon, et fit peser à son tour une main, mais plus sûre, sur le bras de Ugo. Un homme parle à un homme.


« Toujours, Monsieur. »
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Coriolan
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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Dim 15 Oct - 22:52

Machinalement, l'autre main de Coriolano attrapa la main rassurante qui s'était posée sur son bras et la serra légèrement. Mais son regard s'échappa de celui du médecin pour aller chercher dans le ciel un appui. Il y avait presque une légère rougeur sur ses joues, alors qu'il s'apprêtait à parler de sa soeur, même dans ses petits défauts.

"Et bien... Je... Ma soeur est venue me voir ce matin. Elle m'a paru très triste, très mélancolique. Vous devez connaître ce genre de mariage entre familles. Cela ne rend pas souvent les époux heureux."

Coriolano eut un sourire triste en regardant l'homme en face de lui.

"Et puis dans l'après-midi, j'ai reçu un message d'elle. Oh ce n'était pas malin de sa part... Elle a arrêté un saltimbanque dans la rue pour me le faire parvenir, son message aurait pu arriver n'importe où. Son mari l'avait enfermée dans sa chambre."

Coriolano s'arrêta un instant pour passer une main dans ses cheveux, sentant la nécessité de commenter.

"Je sais que vous ne nous jugerez pas, ni moi, ni ma soeur, ni le Prince Adorasti. C'est pour cela que je vous dis les choses ainsi.
Elle n'avait plus le droit de sortir. Son message était désespéré. Elle me suppliait de venir, de faire quelque chose.
Je suis venu un peu plus tôt à la soirée. Et j'ai vu arriver ma soeur, radieuse, qui ne m'a pas dit un mot du billet."

De nouveau, Coriolano plongea un regard inquiet dans celui du médecin.

"Mais vous comprenez ? je veux bien imaginer qu'elle ait fait la paix avec son mari... mais elle m'aurait dit une parole "ce n'était pas grave" ou "ne vous inquiétez pas". Mais là, ce n'était pas cela, ce n'était pas la joie que je lui connais. Elle semblait... exaltée, riant beaucoup, sans la moindre trace de tristesse, sans donner l'impression de se forcer non plus... Ma soeur est réservée, Monsieur, même joyeuse elle est douce, calme. Pas écervelée comme ce soir.
Et pour conclure, cet évanouissement..."

Coriolano secoua la tête comme un homme qui ne comprend plus rien.

"Je ne prétends pas avoir une connaissance absolue de ma sœur, peut-être que je m'inquiète à tord, mais de tels sauts dans son humeur, un pareil comportement lors de la soirée après avoir fait preuve d'un abattement aussi... légitime... Je ne sais que penser."

Coriolano avait raconté tout avec le plus de sobriété possible, cherchant à ne pas donner son sentiment sur le rôle, odieux selon lui, de son beau-frère, ni à adoucir les étourderies de sa soeur, pour que Muzio puisse lui dire le plus honnêtement possible s'il pouvait, devait, s'inquiéter pour sa soeur.


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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Mar 17 Oct - 19:46

Muzio observait, écoutait, analysait et s'efforçait surtout de ne pas porter de jugement.

Le voilà plongé dans les problèmes de la ville, des Princes. Jusqu'à maintenant, son habileté avait été sollicitée dans un cadre strictement médical. Ou presque. Il lui était arrivé de sortir du cadre traditionnel et de procéder à deux ou trois improvisations, sans compter les animaux pour lesquels on l'appelait parfois aussi souvent que pour les hommes. Mais là, il ne s'agissait plus de ses compétences propres. Être présent, oui. Ecouter, comprendre, bien sûr. Si Ugo n'avait pas paru aussi désemparé... Non, c'était son devoir de médecin à partir du moment où la santé de la Princesse était en jeu, et c'était aussi son devoir en tant qu'homme. A moins que tout ceci ne fût un piège destiné à tester le nouveau médecin...

Oh et puis, au diable ces prétendus dilemmes ! On lui demandait son aide, il l'apporterait de son mieux, point. Ainsi Muzio rabattit-il le caquet à sa propre tête.

Il avait froncé le sourcil en apprenant que le Prince Elio faisait preuve de violence envers son épouse. La seule pensée d'opposer de la force à la douceur de la Princesse lui était impossible. Cependant, prévenant sa réflexion, une phrase de Ugo lui rappela qu'il n'avait aucun jugement à porter en tant que médecin. C'est pourquoi il écouta se déverser les confidences du jeune homme sans un mot, un regard sagace posé sur lui.

Lorsque le Prince s'interrompit, laissant planer l'incertitude dans l'atmosphère, Muzio s'accorda quelques secondes pour remettre ses idées en place. Il détourna enfin les yeux, qui se fixèrent sur la lueur aperçue par Ugo un peu plus tôt.


« Je vous remercie de m'accorder si tôt votre confiance... » commença-t-il doucement.

Le froid lui brûlait les joues et les lèvres. Il avait eu du mal à reprendre la parole après ces instants de silence. Sa voix se fit ensuite un brin plus autoritaire, celle d'un père qui s'adresse à son fils avec bienveillance et fermeté.


« Tout d'abord, il ne faut rien conclure trop hâtivement. Si le comportement de votre soeur a pu vous paraître étrange aujourd'hui, c'est peut-être le fait du hasard, ou des aléas d'une vie mouvementée. Il est tout à fait possible que Madame la Princesse se soit elle-même un peu perdue dans ses sentiments, c'est tout à fait compréhensible. Cependant... »

Il s'interrompit, et son regard vint de nouveau s'engager dans celui du Prince.

« Cependant, vos observations, j'en suis sûr, sont avisées. »

Un froncement de sourcils désapprobateur introduisit la suite.

« Il existe, vous le savez certainement, tout un arsenal de substances susceptibles d'agir sur l'intellect, les humeurs, et les sensations... Je connais trop peu votre soeur pour avoir remarqué quelque chose d'inhabituel chez elle; elle m'a paru, je vous le disais, en bonne santé quoique légitimement fatiguée et peut-être un peu... mélancolique. »

Des images de Bianca lui traversèrent l'esprit. Bianca en pleurs, confiant un appel au secours au premier venu, Bianca rayonnante et sémillante, tourbillonnant dans la salle de bal, et puis Bianca étendue sur un divan, fragile et digne.

« Je reviendrai examiner votre soeur demain matin. Je porterai une attention toute spéciale à ce sujet, je puis vous l'assurer. Mais... Vous, auriez-vous quelque soupçon particulier ? Je vous prie de parler sans détour, comme vous l'avez fait jusqu'à maintenant. »

Toujours ce regard fin et pénétrant, qui interrogeait, qui cherchait à comprendre et à percevoir.
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Coriolan
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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Jeu 19 Oct - 11:57

Oui, Coriolano avait très rapidement fait confiance au médecin. Pour une fois, il n'avait pas longtemps laissé ses gardes levées. Et dès que le médecin reprit la parole, Coriolano sut qu'il avait eut raison.

Comment le médecin pouvait être aussi exactement ce qu'il attendait de lui, Coriolano n'en avait aucune idée. Mais silencieusement, il le remerciait pour cela.
Les paroles de Barozzi remettaient en place les idées de Coriolano, les clarifiaient, et l'apaisaient. Savoir que le médecin ferait attention à sa sœur lui apportait un immense soulagement.

En revanche, en ce qui concernait les soupçons... Coriolano secoua la tête avec un petit rire désabusé.


"Je crains de ne manquer de partialité, Monsieur... Je crois qu'on en veut toujours un peu à l'homme qui vous vole votre soeur, même si ni lui ni elle n'en avait réellement envie."

Coriolano n'avait pas de cape, et les petits coups de vent faisaient virevolter son jabot, mais il ne semblait pas souffrire vraiment du froid. En revanche, il avait remarqué la légère raideur des lèvres de Muzio, et se remit en marche pour que le médecin ne gèle pas sur pied.

"Je... Enfin, pour moi, il ne fait aucun doute qu'on a fait quelque chose à ma soeur. Je le comprendrai presque. D'un point de vue purement politique, le Prince Adorasti a tout intérêt à ce que sa femme soit présente et heureuse au bal qu'il donne... Bianca a toujours eu beaucoup de mal à cacher ses sentiments. Et s'ils se sont disputés peu avant au point qu'il l'enferme, alors... elle ne devait pas donner l'image de l'épouse parfaite..."

Coriolano enleva subitement son chapeau pour lever les yeux vers le ciel, détournant ainsi son regard qu'il savait trop fragile pour son rang. Il ne duperait pas le médecin, sans doute, mais il ne pouvait pas ne rien faire non plus.

"Oh je ne sais pas ! Peut-être suis-je en train de tout inventer... Pour moi, Elio Lacryma Adorasti est capable de tout, et surtout du pire. Mais... je suis très mal placé pour juger, je le reconnais. Je ne sais pas..."

Il resta un instant à marcher en silence, les cheveux presque blancs sous la lune. Son regard se reporta sur le médecin alors qu'une idée lui venait.

"Est-ce que... Vous devez-être très occupé, mais... est-ce que vous penseriez pouvoir venir, demain, chez moi ? Si vous jugez ma soeur apte à pouvoir sortir, vous pourrez la voir ainsi, hors du palais Adorasti, entourée de ses amies. Vous pourrez la voir et me dire si vous ne voyez pas de différence entre son bonheur et l'excitation futile qu'elle a montrée ce soir."

Il eut un petit sourire et ajouta avec un brin d'amusement qui donnait de la légèreté à ses paroles.

"Et si vous me promettez d'être plein de tact, et qu'elle est d'accord, je vous permettrai même de lui poser toutes les questions que vous voulez."

Ils approchaient de la lumière, toujours hors de portée de voix, d'autant que Coriolano, presque sans y penser, parlait à voix basse. Mais on distinguait maintenant une forme humaine.


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Muzio Barrozi
Médecin


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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Sam 21 Oct - 17:25

Par moments, Ugo lui faisait penser à Cilio Dell'Arbero... Le même regard un peu naufragé qui cherchait l'inspiration ou le réconfort vers le ciel... La même impression de fragilité. Et dire que les grands ressorts de la vie étaient tirés par ces enfants... Capables de tout, et surtout du pire, comme le Prince l'avait si bien dit.

Muzio méditait les paroles de Ugo en silence lorsque celui-ci lui proposa soudain de venir jouer les observateurs le lendemain. A ce fameux divertissement impromptu proposé à Elio quelques instants auparavant... La réaction spontanée du médecin rappela vaguement la technique du hérisson attaqué:


« Ecoutez, je ne sais pas s'il convient que... Je n'ai pas à... »

Mais un seul regard sur le Prince eut raison de ses réticences. Il reprit pied sur le bord solide duquel il avait dérapé et le hérisson se déroula.

« Très bien, Monsieur, j’accepte. Je vous promets de veiller tout spécialement à votre sœur demain. Car, en toute vraisemblance, elle sera tout à fait en état de sortir et cela lui fera le plus grand bien… » assura-t-il.

Il marqua un petit temps d’arrêt, puis un sourire à peine esquissé se forma sur ses lèvres glacées, tandis que ses yeux brillèrent un peu plus:


« Ce serait avec beaucoup de plaisir que je m’entretiendrais avec votre sœur… J’espère toutefois ne pas avoir à faire subir un interrogatoire à Madame la Princesse. Un frère est bien certainement meilleur confident qu’un médecin. Néanmoins il est vrai que si quelque chose me semblait… anormal, j’aurais peut-être à user de votre autorisation. Avec tact… » ajouta-t-il finement.

Le mot l’avait amusé. Si parfois des maladresses lui échappaient, il n’avait pas spécialement pour coutume d’asséner diverses réflexions déplacées à ses patients.
Muzio conclut d’un ton mi-sévère, mi-amical.


« En attendant Monsieur, il ne faut vous inquiéter que dans une étroite mesure. Les raisons de votre tourment sont bien légitimes, mais encore trop prématurées, et votre sœur a avant tout besoin de votre force. »

Ce fut seulement à ce moment-là que le médecin le remarqua. Là-bas, au bord de la fontaine… Un homme recroquevillé. Instantanément, l’instinct du médecin se réveilla et la première pensée qu’eut Muzio fut: cet homme veut se noyer. Mais cela resta fugitif, et il se raisonna: dans les circonstances, il s’agissait plutôt d’un rendez-vous galant que d’une tentative de suicide… Sinon ç’eût été le Canal.

Il jeta un coup d’œil à Ugo pour voir si celui-ci avait, lui aussi et peut-être depuis quelque temps déjà, remarqué l’homme. Car pour Muzio, il ne faisait aucun doute que c’était un homme.


[Le Jardin du Castello - La Fontaine]


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Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Dim 22 Oct - 10:59

"Merci, Monsieur, vous avez tout à fait raison, je..."

Coriolano avait semblé se détendre peu à peu, reprendre la force et le courage que le médecin lui conseillait d'avoir. Il savait maintenant qu'il n'était plus le seul sur qui pesait le poids de l'inquiétude. Il savait qu'il pouvait compter sur Muzio Barrozi.

Il ne craignait plus de ne pas voir quelque chose, de ne pas remarquer le petit truc révélateur. Ou d'imaginer des choses. Il savait maintenant qu'il y aurait quelqu'un pour l'aider à protéger Bianca.

Mais sa phrase s'arrêta brusquement. Ils arrivaient à la fontaine, et la forme humaine était maintenant parfaitement visible. Ce n'était pas un homme. C'était un masque.
Il détestait les masques. Rien ne le dégoûtait plus que cette coutume vénitienne. Les masques servaient à des jeux galants, parfois joyeux, souvent pervertis, à des jeux mortifères surtout. Toujours plein de fourberie et de malignité. Il en avait horreur.

Sans savoir qu'au même moment Elio Adorasti pensait la même chose en des termes assez semblables, Coriolano jeta un regard au médecin qui semblait lui aussi pris d'un léger malaise.
Il glissa rapidement la main à sa ceinture pour vérifier que sa dague glissait bien dans son fourreau et murmura pour lui-même, ou pour le médecin.


"Je déteste l'hypocrisie des masques..."

Et il s'avança dans l'espace rond qui entourait la fontaine.

[Le Jardin du Castello - La Fontaine]


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Donatella Visconti
Baronne - Ca'Grazziano


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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Mer 1 Aoû - 18:16

[Ca'Grazziano]

Ah pour sûr Donatella avait été perturbée par l'échange qui s'était donné dans le couloir du palais. Après avoir quitté les deux protagonistes, elle s'était retrouvée dans sa chambre sans trop se souvenir de s'y être rendue. Heureusement que sa gouvernante avait été là pour la bouger un peu sinon elle serait toujours statufiée devant le reflet de son psyché.

Mais le plaisir et l'excitation de la préparation au bal avaient suffi à balayer son émotion. Elle avait hésité entre plusieurs robes et en avait finalement choisie une couleur bleu ciel qui lui plaisait bien et qui restait élégante et confortable à la fois. Cependant, la gouvernante rencontra quelques difficultés à la fermeture et Donatella dut se résoudre à autoriser la jeune femme à serrer d'avantage son corset. Il ne lui resterait plus qu'à éviter de donner l'impression d'être un poisson hors de l'eau en train de s'asphyxier.

La coiffure fut également un épisode épique qui demanda de longues minutes de préparation afin que ses cheveux récalcitrants soient tous mis en place en une coiffure correcte. Les deux femmes s'étaient assurées de n'avoir rien oublié et étaient reparties dans les couloirs en direction de la sortie. Ni prince rouge vif, ni princesse hargneuse, ni chien baveux ne se trouvèrent sur leur route et elles furent rapidement dehors.

Le soleil était en train de se coucher, il n'allait pas tarder à faire bientôt nuit. Donatella n'était pas tellement rassurée à la vue de la brume s'élevant des canaux et était restée bien contre sa gouvernante. Bien entendu, elle manqua de peu s'étaler sur les pavés en glissant sur une plaque de neige à moitié fondue. Heureusement, elle s'était rattrapée à sa gouvernante à grand renfort de moulinets de bras.

Ni l'une ni l'autre ne furent donc mécontente d'arriver enfin au Castello, fin prêt pour l'évènement du soir. Donatella préféra prendre l'allée centrale, légèrement différente de l'allée qu'elle avait visitée le matin même avec les lions de pierre. Cela dit, elle remarqua que dans cette allée-ci aussi il y avait des haies, et elle se promit de faire attention de ne pas y empêtrer sa robe.


"Oooh regardez comme c'est joli, il y a des lampions un peu partout ! Et ces petits bosquets sont vraiment beaux ! Heureusement qu'on ne voit pas trop cette horrible brume lugubre."

Donatella repéra les bancs disposés près des longues tables. Elle pourrait s'y asseoir dès qu'elle en sentirait le besoin. Il y avait déjà beaucoup de monde rassemblé entre les allées, certains riaient et parlaient fort, d'autres dansaient sur la musique qui égayait déjà le Castello.
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano


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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Sam 4 Aoû - 11:02

[Le Rialto - Marché]

Comme l’avait remarqué Donatella, certains riaient et parlaient fort, d'autres dansaient sur la musique qui égayait déjà le Castello. D’autres encore (ou plutôt un autre) se débattaient dans la haie dans laquelle il venait de sauter.

Iago, car c’était lui, s'était perdu dans Venise, était arrivé au jardin et s'était mis à contempler la foule un petit sourire ironique aux lèvres, pensant légèrement au message que le prince di Grazziano lui avait envoyé, quand tout d’un coup, il avait vu arriver la jeune demoiselle Visconti.
Là, un instinct de survie plus fort que toute sa raison l’avait fait se précipiter dans un buisson voisin.

C’est que Iago avait déjà eu l’occasion de discuter avec la charmante jeune femme, et que cette discussion s’était révélée être une des expériences les plus traumatisantes de sa jeune vie. L’impression de parler sans que cela n’ait aucun effet, pire, de perdre peu à peu la logique et d’être contaminé par une sorte de naïveté bienheureuse. Expérience traumatisante, donc, nous avons dit.

Evidemment, un buisson, contrairement à ce que l’on peut croire, n’est pas du tout une bonne cachette. Ça griffe, ça pique, c’est très inconfortable et ça fait plein de bruit. Quand en plus la personne que vous cherchez à fuir s’arrête juste devant vous, vous pouvez être sûr que vous n’allez pas passer inaperçu très longtemps.

Le gilet à moitié arraché, les cheveux emmêlés dans les branches, Iago espéra vaguement que malgré tout le bruit qu’il faisait, Donatella n’allait pas se retourner.
Evidemment, pour arranger la situation, un chat qui comme Iago avait décidé de fuir dans le buisson se mit à protester violemment de l’intrusion humaine qu’il subissait.
Il tenta un
"Silence le chat ! Nous essayons d’être discret là..." avant de soupirer bruyamment. Evidemment il s’y prenait très mal. C’était l’influence de Donatella Visconti, forcément, c’était elle.

_________________
Honest Iago...
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Donatella Visconti
Baronne - Ca'Grazziano


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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Mer 8 Aoû - 15:10

"N'entendez-vous pas un bruit étrange venant de là...?" demanda Donatella à sa gouvernante, coupée dans la contemplation d'un beau couple dansant.

"On dirait un chat... le pauvre, peut-être est-il coincé dans la haie aussi... mais il faut faire attention, les chats griffent si on les approche trop prêt." expliqua-t-elle, forte de son expérience avec une mauvaise rencontre féline.

La gouvernante fit alors remarquer que le buisson bougeait avec force amplitude pour un simple chat.


"Oui vous avez raison.. c'est étrange... mais peut-être est-ce un très gros chat.. ?" fit-elle remarquer de nouveau, n'entendant pas le soupir désabusé de sa gouvernante.

Mais soudain, une voix humaine s'éleva du buisson, le doute n'était plus permis. Les deux femmes échangèrent un regard interrogateur et s'approchèrent de l'amas feuillus.


"Hey oh... y'a quelqu'un là dedans ?" demanda la jeune baronne.

La jeune fille replia son éventail et s'en servit pour écarter quelques branches du buisson, lui laissant apercevoir le visage de Iago. Bien sûr, la surprise provoqua un petit mouvement de recul, ce qui éloigna l'éventail de la branche qui retrouva sa place avec force, fouettant probablement au passage une partie du corps du gentilhomme.


"C'est monsieur degli Albizzi." dit-elle toute étonnée, les yeux ronds.

Faisant comprendre qu'elle avait peur du chat, elle demanda à sa gouvernante d'aider le pauvre homme à sortir de là, ce qu'elle fit, recommençant le même duel avec les branches emmêlées que le matin même.

Une fois Iago sorti, Donatella s'approcha de lui et lui enleva une feuille coincée dans le bas de sa manche.


"Tout va bien monsieur degli Albizzi ? Vous aussi vous êtes tombé ? Je sais ce que ça fait, moi je suis tombée dedans ce matin, mais c'était parce que j'ai voulu enlevé ma chaussure sans l'aide de ma gouvernante alors forcément j'ai été déséquilibrée. Mais vous vous avez encore vos deux souliers, est-ce le chat qui vous a fait peur aussi ?" demanda-t-elle à l'affilé.

Ce gentilhomme était étrange mais Donatella l'aimait bien. Chaque fois qu'elle le rencontrait, il faisait quelque chose d'inhabituel.
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Mer 8 Aoû - 17:52

L’intense cri de douleur moral que proféra Iago intérieurement lorsque l’éventail de Donatella écarta la branche, fut promptement remplacé par un intense cri de douleur tout court, proféré à haute voix, lorsque la dite branche retomba brusquement sur son visage.

Ensuite, la situation alla de mal en pis, avec Donatella qui le reconnaissait et la gouvernante de la demoiselle qui l’extrayait de son abri sûr. Iago avait commencé à se débattre en marmonnant quelque chose comme "Non, non, je veux pas…" mais le fait que la gouvernante tirait avec fermeté sur ses cheveux et une de ses oreilles avait eu raison de sa résistance.

Iago se retrouva donc debout devant Donatella et sa gouvernante, les habits un peu en désordre, les cheveux transformer en nid pour oiseaux capricieux. Et la jeune baronne ne trouvait rien de mieux que de lui enlever une feuille qui était coincée au coude.
Iago tenta de s’épousseter d’un air digne, et regarda d’un air envieux le chat s’en aller, libre et fier dans le soleil couchant. Soleil couchant qui était déjà couché depuis quelque temps, mais peu importe.

Pendant ce temps, Donatella parlait, et Iago lui jeta un regard un peu boudeur pour lui répondre.


"Non, je ne suis pas tombé, je me suis jeté dedans. Et non, je n’ai pas peur du chat. Je… "

Il s’arrêta brusquement, en réalisant enfin l’autre partie de ce qu’elle venait de dire.

"Vous êtes tombé dans une haie ? En voulant enlever une chaussure ?"

Il eut un grand sourire. Cela avait du être une scène du plus haut comique. Il voyait cela d’ici…

"Ah bah ! Ce n’est pas étonnant, aussi, avec les robes que vous avez. Moi cela ne m’arriverait pas. En plus, je sais tenir sur un pied. Comme ça."

Et Iago se retrouva donc en équilibre sur un pied, les cheveux en bataille, au milieu des jardins du Castello.
Quelqu’un lui demanderait, là, maintenant, ce qu’il faisait sur un pied, il aurait bien du mal à répondre.

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Honest Iago...
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Brunilde Gurrieri
Comtesse - Ca'Adorasti


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Date d'inscription: 30/05/2007

MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Mer 8 Aoû - 21:42

[Ca'Adorasti – Suite de Brunilde]

A quelques pas du Castello, Brunilde pouvait déjà entendre le brouhaha constant de la populace, elle imaginait, sans les voir, les nobles et modestes gens se mêler entre eux avec plus ou moins d'enthousiasme. La comtesse ne s'arrêta pas pour prendre une grande, très grande inspiration, et préféra se jeter immédiatement dans la fosse aux lions, embrassant aussitôt du regard chaque groupe de personnes qui animaient de leurs rires les festivités du soir. Ah ! Si seulement Linda se trouvait là ! Nul doute que sa présence apaiserait la comtesse. Cette dernière, en effet, développait, à peine arrivée, une certaine tendance à distribuer de la méchanceté presque gratuite aux figures qui l'entouraient. Rien de direct, rassurez-vous. Elle se surprenait juste à souhaiter la chute d'une jeune fille qui dansait, par-ci, par-là, une asphyxie causée par un corset trop serré, un trop plein d'alcool...

*Hum, hum...*

Pause. La comtesse se demanda un instant où aller. Certainement pas avec les drôles à sa gauche, ni même avec les louches à sa droite, plutôt devant pour arpenter l'allée centrale... La voilà qui repartait, frôlant des doigts l'un des deux piliers entre lesquels elle s'apprêtait à passer. Pourtant, toute sa main s'y colla, alors que ses yeux se posaient sur un singulier spectacle. Brunilde étira le cou, les sourcils haussés d'étonnement. Ce qu'elle venait de voir ? Une femme en train d'extirper un homme d'une haie. Il y avait une jeune fille aussi. C'était tout ce qui lui était donné d'apercevoir, elle ne pouvait rien entendre au vu de la distance. Alors, elle patienta, une moue se dessinant progressivement sur son visage. Une telle scène... Ce n'était pas courant. Et puis que faisaient-ils, d'abord ? Un hoquet lui échappa lorsque l'homme se mit en équilibre sur un pied, juste devant la jeune fille.
Brunilde se plut à imaginer l'intriguant personnage avec une caroncule, lui donnant ainsi l'air d'un coq en train de faire la cour à ces poules. Cette image l'amusa, et elle se décida enfin à s'engager vers la petite troupe. S'approchant, elle eut tôt fait de remarquer la sympathique coiffure de l'homme, pourvue de quelques ornements ici et là, tout en feuilles et en branches. Ses deux accompagnatrices, elles, étaient bien plus présentables.
La comtesse s'inclina, un micro sourire aux lèvres :


« Mesdames... Monsieur... Je m'égarais dans le jardin lorsque je vous ai aperçus, et j'avoue m'être demandé..., elle fit mine de fixer l'homme dans les yeux, alors qu'elle était en fait captivée par un morceau de branche au-dessus de son oreille, puis descendit son regard jusqu'au sol, où reposait son seul appui, ... Ce que vous faisiez sur un pied ? »


Dernière édition par le Lun 3 Sep - 19:23, édité 1 fois
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Donatella Visconti
Baronne - Ca'Grazziano


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Date d'inscription: 19/02/2007

MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Lun 13 Aoû - 10:55

Donatella cligna des yeux, les lèvres arrondies en un petit "o" parfait.

"Jeté dedans ? Mais pourquoi ? Ce n'est pas agréable de se retrouver emmêlé dans un buisson..." demanda-t-elle interloquée.

Peut-être que le gentilhomme ne voulait tout simplement pas avouer qu'il avait eu peur du chat, ça se comprenait aussi. A la question de Iago, la jeune baronne hocha affirmativement la tête.


"Oui, en voulant enlever toute seule ma chaussure parce que j'avais un caillou qui s'était douloureusement glissé dedans... mais j'ai été déséquilibrée et je suis tombée dans le buisson." expliqua-t-elle de nouveau à Iago puisqu'il semblait ne pas avoir compris la première fois.

"Oui, c'est à cause de la grande robe, les hommes n'ont pas ce problème. Et ce n'est pas amusant d'avoir des branches partout dans les vêtements, c'est pourquoi je m'étonne que vous vous y soyiez jeté de votre plein gré."

L'instant suivant, degli Albizzi faisait la démonstration de ses capacités d'équilibre sur un pied, laissant la jeune fille et sa chaperonne muettes, non pas d'admiration mais d'interrogation. Non décidément ce gentilhomme était vraiment spécial, mais il était courageux aussi, car il n'avait visiblement pas peur du regard des autres car il était évident qu'il risquait d'attirer l'attention.

D'ailleurs, il ne fallut pas longtemps pour qu'une dame qu'elle ne connaissait pas les rejoigne. Donatella la salua d'un sourire et écouta sa question avant de se permettre de lui répondre avant l'intéressé.


"Et bien, je crois avoir compris que monsieur degli Albizzi nous démontrait combien il est plus facile pour un homme de garder l'équilibre car les hommes ne portent pas de grandes robes encombrantes. Cela dit, cela ne l'a pas empêché de se retrouver dans un buisson tout comme moi, même s'il assure s'y être jeté en tout connaissance de cause."

Trouvant son résumé satisfaisant, Donatella déplia son éventail et s'éventa énergiquement pour essayer de récupérer l'air que lui prenait son corset.
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L'Allée Centrale

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