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| Auteur | Message |
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Luciano di Lorio Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 166 Date d'inscription: 04/07/2005
 | Sujet: Re: La Fontaine Lun 10 Sep - 1:45 | |
| À la réplique de son cadet, Luciano tourna la tête vers le petit attroupement qu’on lui désignait, plissant des yeux en reconnaissant les individus qui le formaient. Si la présence de Tiberio Adorasti dans une bagarre d’ivrognes ne l’étonnait nullement, il fut à la fois curieux et amusé en réalisant qui était sa victime… et fronça des sourcils lorsqu’il prit conscience de l’identité de son acolyte, à la silhouette élancée, aisément repérable même au milieu d’une foule. Une expression indéfinissable se peignit sur ses traits sévères, alors qu’il se penchait sur la conduite à adopter. Après quelques secondes de délibération intérieur, il opta pour l’indifférence, jugeant que l’affaire ne méritait pas qu’il néglige, ne serait-ce que momentanément, sa présente compagnie.« Les moyens de l’homme de bonne naissance sont toujours décuplés. Il est ainsi capable du pire… comme du meilleur, » décréta-t-il en reportant son regard gris sur son protégé.
Ses lèvres, qui s’étaient pincées devant cette scène déplorable, retrouvèrent le sourire à la réaction du garçon, faussement indigné par l’attention qui lui avait été accordée. On pardonna son affront plus rapidement qu’il ne s’y serait attendu et il crut y déceler une invite inopinée, se rapprochant pour la saisir avant qu’elle ne s’évanouisse. « Qu’avez-vous le plus à craindre, Monsieur Scaligeri? Les ragots, vos désirs ou les miens? » Avant d’avoir pu obtenir une réponse, une femme se présenta à eux, ou plutôt à Raffaele, une distraction que semblait affectionner la gent féminine de la cité, de pair avec la dispense d’allusions à peine voilées. Son rictus comme son ton se teintèrent de dérision quand il laissa très plaisamment tomber, s’adressant uniquement à son favori :« Les commères sont plus promptes à répondre à l’appel du libertinage que je ne l’aurais imaginé…» Mais alors qu’il songeait se convertir à la misogynie pour l'éternité, la Rivieri fit son apparition, aux côtés d’un homme à la mise dépenaillée et à la figure familière. Le visage de l’aristocrate s’éclaira d’une joie pas tout à fait dépourvue de malveillance, le nom du haillonneux se présentant à son esprit. Une inclination courtoise et sa bouche effleurait, peut-être plus longtemps que les convenances ne le permettaient, cette main élégante dont il avait toujours loué la douceur. En raison de sa position, il lui incomba une fois de plus de s’acquitter des présentations :
« Monsieur Scaligeri… Madame Scarlatti, ajouta-t-il, non sans un certain délai, c’est avec le plus grand honneur que je vous présente Madame Graziella Rivieri, indéniablement l’une, si ce n’est la figure la plus appréciée de cette ville, ainsi que le Vicomte di Ascani… ou si vous préférez, l’ancien Vicomte Leandro di Ascani, certaines circonstances l’ayant dépouillé du titre qui lui avait été échu. » Posséder des yeux et des oreilles à travers tout le pays comportait des avantages évidents, lorsqu’il s’agissait d’introduire quiconque et ainsi, déterminer la première impression qu’il ou elle graverait dans l’esprit d’autrui. C’était un luxe qui, bien sûr, n’était accordé qu’à celui qui savait se tenir au courant des péripéties de ses semblables, succès autant que tragédies, scandales comme intrigues, tout pouvait se révéler utile si on réussissait à s’en servir à bon escient.« Monsieur di Ascani compte en effet parmi ces braves, partis à l’aventure dans des contrées dont on ne fait mention sur aucune carte du monde connu. » Mesurant pleinement l’intéressé, qu’il considérait ni plus ni moins comme un renégat de la noblesse, il s’enquit :« Devrons-nous égorger le veau gras en votre honneur, Vicomte? Quelle est donc la raison qui ait pu ramener le fils prodigue parmi nous? » |
|  | | Mila Scarlatti Maître d'Armes - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 02/09/2007
 | Sujet: Re: La Fontaine Lun 17 Sep - 10:13 | |
| Commère…Libertinage… A peine deux mots prononcés, et déjà deux camouflets. D’un regard éloquent Mila salua la performance, alors qu’un imperceptible sourire caressait ses lèvres. « Et vous monsieur, que craignez vous ? Que par ma bouche les rumeurs se propagent ou que par mon regard l’objet de votre convoitise soit distrait ? » Ses traits restèrent sereins et le ton sur lequel roulèrent ses mots, pondéré. A l’offense, elle avait appris à opposer calme, et sobriété.
Puis, elle ne pouvait en vouloir à ce séducteur qu’elle avait interrompu en pleine chasse. Elle venait de s’interférer dans ses plaisirs, et rares étaient ceux qui savaient maîtriser leurs nerfs en pareilles circonstances. « Soyez rassuré, nos…goûts….diffèrent et les médisances ne me divertissent pas. » Elle se tourna ensuite vers les deux nouveaux arrivants, s’attardant d’abord sur celui qui lui était présenté comme étant le vicomte di Ascani. Le verbe assez élégant et persifleur pour être noble se heurtant à l’habit assez défraîchi pour être aventurier, ou va nus pieds. Inattendu. Puis, elle rendit son salut à Graziella Rivieri qui avait du apprendre à séduire dès le berceau. Mila se fit songeuse un bref instant. Certaines séduisent par légèreté, d’autres par nécessité…
Lorsque le nom « Scaligéri » fut annoncé, elle haussa un sourcil perplexe… Il devait y avoir erreur. Nul doute que celui ci était apparenté au Prince di Grazziano. Quelque chose dans les traits, le regard, la prestance. Elle ne savait pas trop…Mais quelque chose ! Sans oublier qu’elle l’avait croisé dans la roseraie des Grazziano. Son regard croisa celui de ce Scaligéri et s’y arrêta, scrutateur, comme s’il cherchait à percer ses secrets… Cependant, elle jugea plus sage de retenir sa curiosité et se tut. Si mensonge il y avait, elle ne trahirait pas. En devenant maître d’armes de cette famille elle avait en quelque sorte engagé son honneur. Le seul qu’elle ne bafouait jamais…Ou presque…
L’attention de Mila s’égarait dans ses pensées, quand un détail l’interpella. Un détail, qui pour elle balayait tous les autres. Aussi examina t elle d’un œil concerné les armes attachées à la ceinture de l’aventurier. Le pistolet y côtoyait l’épée avec audace. Sacrilège… Un moue boudeuse contraria ses traits une fraction de seconde.« Aucune langue ne saurait être plus loquace qu’une lame adroitement maîtrisée. » Elle arracha enfin son regard à l’épée et le releva sur le Vicomte.« Me permettrez vous, monsieur di Ascani, d’être un jour témoin de vos talents ? » Aucune ambiguïté ne transpirait de ces quelques paroles, aucun jeu destiné à séduire. Seule sa passion pour l’escrime faisait parler Mila à cet instant. |
|  | | Raffaele di Grazziano Frère du Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 134 Date d'inscription: 12/11/2006
 | Sujet: Re: La Fontaine Mar 25 Sep - 21:48 | |
| Il s'était laissé distraire, son esprit s'était évadé et cela lui arrivait de plus en plus souvent. Il savait exactement à quoi cela était dû, il s'en moquait. Tant pis pour les minutes envolées et les regards qu'il ne rendait pas, tant pis pour les sourires évanouis et les caresses oubliées. Son regard s'éclaircit, il reprenait place dans la réalité et ses paupières cillèrent à peine de constater qu'ils n'étaient plus seuls. Il avait saisi quelques mots qui resonnaient dans son esprit et auxquels il s'accrocha. Cette femme brune le connaissait, il n'en avait aucun souvenir, il s'inclina à peine notant dans le regard bleu insistant la surprise que causait son nom d'emprunt. Il lui fut gré de son silence, même s'il commençait à craindre que sa fable ne soit dévoilée plus rapidement qu'il ne l'aurait souhaité. Se redressant, il lui sourit, elle était belle, sa voix chaude un peu cassée lui plaisait. Mais déjà les présentations s'achevaient, le baron connaissait tout Venise. Cela était commode, lui ne connaissait personne. Etrangement, cependant, l'envie ne lui venait pas de se méler à la discussion. Les salutations l'ennuyaient toujours, que ce soit à Venise ou ailleurs, cela au moins était une constante qui ne faiblissait pas. Il sourit pourtant, et sa voix eut ce timbre charmant qui s'accordait si bien à l'image qu'il donnait de prime abord. "Venise est bien généreuse pour le visiteur que je suis de m'offrir de si délicieuses rencontres pour mes premiers pas sur son sol." Son regard doux glissa sur le visage de la jeune femme qu'on lui présentait, s'attardant un instant sur les lèvres carmines. Appréciation sans insistance. Entre la femme brune et la rousse, il aurait volontiers trouvé sa place mais ce fut tout autre chose qui hérissa les fins cheveux de sa nuque. Le timbre moqueur d'une voix grave, un visage arborant une cicatrice témoignant d'un caractère combatif ; l'intérêt du jeune prince semblait sur le point de s'éveiller. Un sourire se dessinait déjà sur ses lèvres quand une silhouette qu'il pensait disparue réapparut dans son champ de vision. Servanti encore, qui ondoyait entre les fétards, Servanti dont le regard ne le quittait pas sous l'ombre du tricorne. Il eut un mouvement d'agacement, comme pour chasser un insecte imaginaire et sa machoire se crispa. N'était-il pas suffisant qu'il croise sans cesse le regard de personnes connues, sans qu'en plus il soit la cible d'une surveillance assidue ? Il fallait régler cela. Il s'inclina briévement devant ses vis à vis. "Je vous prie de m'excuser, je vois là-bas quelqu'un qu'il me faut absolument saluer. Les devoirs, n'est-ce pas..." Se tournant vers le Baron, il sourit. "Ne quittez pas les lieux sans moi, Monsieur di Lorio, vous me peineriez". [L'Allée Centrale] |
|  | | Leandro di Ascani Vicomte - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 21 Date d'inscription: 08/04/2007
 | Sujet: Re: La Fontaine Jeu 4 Oct - 2:34 | |
| Sitôt arrivé et déjà vilipendé! Leandro ne fut que vaguement surpris de l’accueil qu’on lui réservât, l’hospitalité de la Ca’Adorasti l’ayant disposé à de pareilles amabilités. La soirée s’annonçait clémente si tous les noblaillons ayant daigné paraître au bal abattaient leurs foudres sur sa tête. Fort heureusement, le pirate avait affronté de plus terribles intempéries et ne sourcillait plus devant les traitements de faveur qu’on lui accordait si généreusement."Je vous remercie infiniment pour cette présentation pour le moins complète, Baron, c’est plus que je n’en aurais révélé moi-même et je vous suis gré de vous être octroyé le droit de le faire en mon nom." Sa voix jusqu’à sa révérence avaient été empreintes de sarcasme, mais nulle trace de colère ne jetait d’ombre sur ses paroles. Tant s’en faut, c’était un amusement réel qui allumait ses yeux d’un feu vivace."La raison exacte pour laquelle je suis de retour à Venis est bien entendu votre si prévenante personne. Ce sont la délicatesse de votre caractère et votre courtoisie exquise qui avaient, par le passé, laissé une trace indélébile dans mon esprit. Je constate avec bonheur que votre âme bonne et charitable ne s’est en rien amenuisée avec les ans et je souhaite ardemment que vous assuriez sa pérennité jusqu’à un âge plus avancé encore." La pointe avait été légère comme inoffensive, il ne l’avait pas décoché par volonté de blesser mais simplement pour démontrer qu’il lui était possible de parer comme riposter. Alerte, l’aventurier suivit l’échange entre les différents protagonistes, presque tenté de ravir à di Lorio son rôle de meneur de jeu. Il ne se sentait toutefois pas d’humeur à combattre ainsi armé, le verbe en cette ville lui paraissait traître à manier et il préférait attendre de s’y exercer avec adresse avant de s’engager dans un duel avec un adversaire aussi rompu à ce sport.
Le regard insistant accompagné d’une tendre moue et d’un commentaire éloquent surent conquérir le navigateur, grand admirateur de ces femmes dont la beauté n’avait d’égal que le courage. "Ce sera avec plaisir, Madame Scarlatti, j’apprécie l’audace de ceux qui dérogent aux lois établies et s’instruisent dans des arts injustement réservés à un genre qui n’en a souvent que faire." Sitôt arrivé et déjà envolé! À peine l’ébauche d’un sourire avait été échangé que le jeune Scaligeri disparaissait, un ange était passé et Leandro fit le vœu de le rattraper pour terminer une esquisse aussi prometteuse."Sans doute votre beauté l’aura-t-elle fait fuir, ma dame," offrit-il avec un sourire désarmant à sa compagne. |
|  | | Salvatore Chiavelli Conseiller-Astrologue

Nombre de messages: 31 Date d'inscription: 06/10/2007
 | Sujet: Re: La Fontaine Lun 8 Oct - 14:08 | |
| [Jardin du Castello - La Roseraie] La fontaine était entourée de plusieurs personnes qui parlaient plus ou moins fort, faisant de grands gestes pour raconter, ou des sourires discrets pour écouter. Chacun y allait de son avis sur telle et telle personne. Il va sans dire que les ragots allaient bon train. Enveloppé dans son ample veste de velours noir, la tête surmontée d'un tricorne assorti, Salvatore arborait un air mystérieux, comme si des soucis graves le gênaient. Il venait de faire son entrée en scène, même si son jeu n'avait pas encore réellement commencé. Peu de personnes le remarquèrent, d'ailleurs, mais il voulait que tout soit maîtrisé et que nul ne puisse douter de ce qu'il avait à dire.
Il s'arrêta tout contre la fontaine, à laquelle il s'adossa, proche de personne, mais en même temps de tous. L'air soucieux qu'il avait adopté ne le quittait pas... Il remis en place son gilet gris de perse et entreprit de faire un tour de la fontaine d'une démarche cadencée, jetant des regards à son propre reflet dans l'eau. Il attira ainsi plus de regards sur lui, sur l'attitude étrange qu'il avait... Ses yeux bleus passaient de temps à autre furtivement sur les convives qui l'observaient curieusement. Soudain, comme si le moment propice était arrivé, il s'arrêta net, le visage marqué de stupeur. Son teint, étrangement, parut plus pâle, tout d'un coup, comme si le sang avait quitté ses traits... Il se tourna vivement dos à la fontaine, regardant la foule qu'il allait apostropher avec ses grand yeux bleus qui semblaient emplis de peur. « Horreur que je viens de voir! Écoutez cela mes bonnes gens ce qu'a à vous dire le Comte de Camastra, qui lit dans les astres! » Il avait presque crié, ce qui n'aurait pas manqué de faire sursauter les quelques personnes qui ne faisaient pas encore attention à lui. Sans plus attendre, certain d'avoir captivé les regards de son auditoire, il poursuivit un peu plus bas, d'une voix grave et inquiétante qui sonnait comme le glas terrible d'une annonce morbide...« Malédiction, cette fête est maudite, la mort règne en ce lieu! Je l'ai vu dans le ciel, je l'ai vu dans l'eau, le voile glacial de la grande éternelle recouvre cette soirée! Ne la sentez-vous pas vous frôler, flotter parmi vous? Ouvrez les yeux, bonnes gens de Venise! » Il tourna la tête à gauche, puis à droite, avant de faire un grand pas vers les personnes qui le regardaient, écartant théâtralement les bras.« Rendez-vous compte de cette nuit des assassins, elle a déjà commencé, je le sens, je le perçois... le meurtre est de sortie, ce soir, observez-vous et voyez en vous victime ou coupable... » Il ferma les yeux, semblant se perdre dans une sorte de transe délirante. La transpiration avait repris à perler sur son front, sur ses tempes. Ses doigts tremblaient volontairement pour faire passer la peur, la surprise, la concentration extrême qu'il mimait à présent. Il répéta plus doucement, comme dans un souffle...« Ça a déjà commencé... Tout proche... » Son visage eut soudain comme une illumination, un sursaut de vie soudain, et ses yeux s'allumèrent à nouveau, s'ouvrant grand en un regard qui ne visait rien, qui se perdait dans le néant. L'intensité de ses yeux bleus n'en faisaient que rajouter à l'ambiance qu'il avait créée de toute pièce.« La roseraie! C'est là que tout a commencé! Une voix me l'a soufflée, la mort y règne! » Il attendit alors, l'air choqué, toujours appuyé sur la fontaine... |
|  | | Graziella Rivieri Courtisane

Nombre de messages: 113 Date d'inscription: 03/09/2005
 | Sujet: Re: La Fontaine Lun 8 Oct - 19:37 | |
| Le menton haut et le regard rieur, Graziella observait les lèvres du baron effleurer le dos de sa main. Celles-ci s'éternisaient plus que nécessaire et cela lui plaisait, elle ne fit rien pour la retirer avant qu'il ne se soit pleinement rassasié de son contact. La courtisane avait rencontré le baron di Lorio pratiquement dès son arrivée à Venise et leurs entrevues furent assez fréquentes et chaque fois... divertissantes. Elle se demandait d'ailleurs quand elle aurait le plaisir de le revoir chez elle.
La jeune femme inclina de nouveau la tête aux personnes qu'on lui présentait, riant intérieurement des mots sarcastiques à peine voilés de courtoisie qu'échangeaient Luciano et Leandro. Il était rare que la courtisane prenne position dans une telle situation, les gens étaient bien capables de se défendre eux-mêmes et cela lui permettait de ne déplaire à aucun des deux partis. Et puis son attention était plus tournée vers la silhouette rouge toujours perdue dans ses pensées et qui s'appelait donc Scaligeri. C'était un nom à retenir, les belles figures étaient toujours intéressantes pour peu que leur intelligence n'ait d'égale que leur apparence.
Cependant, le regard perplexe de la jeune dame lors des présentations n'échappa pas à son regard observateur. Connaissait-elle ce jeune homme et qu'avait dit le baron pour la faire réagir ainsi, même discrètement ? Graziella préféra ne pas tirer de conclusion pour l'instant. Déjà le protégé de di Lorio s'en allait et Graziella le salua d'un sourire, le suivant brièvement du regard. Quel dommage... Léandro sembla lire sa déception dans son regard et lui glissa une phrase de réconfort."Elle fait fuir beaucoup de monde, mais en attire encore plus, alors peu importe..." répondit-elle d'un ton léger en souriant. Da phrase n'avait rien de vaniteux car le ton était amusé et après tout, il ne s'agissait là que de la vérité.
Un homme se mit alors à interpeller à voix haute la foule de manière dramatique. La courtisane se tourna dans sa direction et le regarda, comme beaucoup de personnes se trouvant non loin de la fontaine. Intéressée, elle écouta l'annonce qu'il fit sans manquer de constater la façon théâtrale qu'il adoptait pour s'exprimer. Cela fonctionnait bien car toutes les attentions étaient tournées vers lui, frissonnant de l'aura de menace qu'il laissait planer dans ses dires.
Ce qu'il prétendait était assez.. excitant (cela était-il le mot qui convenait quand on annonçait que la mort rôdait ?) et donnait un peu de piquant à cette soirée qui jusqu'à présent ne lui avait donné que quelques présentations. Sans quitter son regard de Salvatore, Graziella fit une moue faussement contrariée et s'adressa aux deux hommes qui se trouvaient près d'elle."Me protégerez-vous si nous venions à croiser ces assassins ?" Ramener l'attention à soi quand elle était prise ailleurs, sans insistance cependant au risque d'obtenir le contraire de ce qui était désiré. Le spectacle était attrayant, le contenu du discours inquiétant, l'attitude du harangueur grandiloquente. Fallait-il prendre pour argent comptant ses visions ? L'alcool coulait à flot à ce bal et un tel comportement n'avait rien de spécialement anormal même pour une personne n'ayant aucun talent de visionnaire.
De toute manière, cela se saurait très vite car déjà plusieurs personnes courageuses se dirigeaient vers la roseraie pour vérifier ou être témoin de cette annonce. |
|  | | Luciano di Lorio Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 166 Date d'inscription: 04/07/2005
 | Sujet: Re: La Fontaine Lun 15 Oct - 3:22 | |
| (Ne m’en veuillez pas, vous savez que je fais exprès.) La commère montrait ses griffes, Luciano en fut amusé. L’importune se défendait avec plus de finesse que la galante du Florian et ce fut pourquoi il préféra l’épargner, malgré l’impudence de ses suppositions. « Ne vous flattez pas tant, Madame, la fatuité sied si mal à votre sexe lorsqu’elle ne s’appuie que sur d’obscures présomptions. Je n’ai que faire des ragots et n’ai pas pour habitude de craindre mes proies. » Bien les paroles avaient été empreintes de la tendresse naturelle du baron, le ton employé avait été étonnamment suave, le qualificatif, presque une invite, s’il n’eut été de son protégé à ses côtés. Le regard que ceux-ci se renvoyèrent n’échappa à son attention, mais la jeune femme garda le silence, ne révélant rien qui put confirmer les soupçons de l’aristocrate. On ne lui permit cependant pas de se pencher plus longuement sur la cause de l’étonnement de son interlocutrice, puisque di Ascani revenait à la charge, à son tour. À l’acide, on opposa une ironie dénuée de toute hargne, possiblement par lâcheté ou, plus probablement, par désir de profiter des réjouissances sans s’engager dans une joute à l’issue incertaine. La réplique avait été agréablement tournée et, une fois n’est pas coutume, il se rangea de l’avis du pirate. La compagnie réunie autour de la fontaine s’avérait moins déplaisante qu’il ne l’avait d’abord appréhendé, en comparaison avec la populace grouillante à tout le moins, et lui-même se laissait gagner par une certaine aise. Alors qu’un rustaud tel que Tiberio Adorasti se devait d’être remis à sa place, l’aventurier ne méritait pas qu’on déploie autant d’efforts à le dépouiller de son insolence, somme toute divertissante. « Je suis flatté que ma seule présence ait pu vous ramener à bon port, Monsieur di Ascani, et soyez assuré que je n’avais, moi non plus, rien oublié de votre déférence et de l’élégance sans pareille de vos manières. Mais dites-moi, qui est l’hôte charitable vous ayant accueilli sous son toit, si vous ne vous êtes point résolu à dormir sur quelque parvis, à la façon des grands vagabonds? » Ce fut alors que Raffaele se déroba à lui, déjà. Il ne songea pas à le retenir, ni lui exiger de comptes, sachant qu’ils se retrouveraient invariablement avant que le bal ne prenne fin. Les paroles qui lui furent lancées vinrent conforter cette pensée que, quoi qu’il arrive et aussi lentement qu’il le serait nécessaire, peu importe où les mènerait le vol, ils se rejoindraient inévitablement.« Loin de moi l’idée de vous peiner, Monsieur Scaligeri. Bien au contraire… » eut-il le temps de murmurer à cette silhouette écarlate, déjà tournée vers l’ailleurs.
Il s’apprêtait à reprendre la discussion là où elle s’était interrompue lorsqu’un énergumène commença à les haranguer avec grandiloquence. Le noble, bien qu’il ne le déclarât pas ouvertement, ne portait pas réellement foi en le Seigneur Tout-Puissant et considérait avec beaucoup de scepticisme toutes les prétendues sciences et superstitions de ses contemporains. S’il n’excluait pas l’existence d’un être qui lui fut supérieur, il préférait attendre de rencontrer son Créateur en personne avant de se préoccuper d’obéir à Ses lois. Pourtant, tout pragmatique qu’il fût, il ne put s’empêcher d’éprouver une pointe d’appréhension à l’évocation de la Mort qui régnerait en ces lieux, non pas parce qu’il craignait pour sa propre vie, mais bien pour son protégé. Sans qu’il ne l’ait formulé consciemment, il s’était senti investi de la sécurité et du bien-être du garçon et de tels augures, aussi ridicules puissent-ils être, ne pouvaient que soulever son inquiétude.« Nous vous protégerons, Madame, soyez-en assurée, s’il apparaît que le présumé Comte de Camastra dit vrai… Et pourquoi ne pas nous rendre nous-mêmes à la roseraie qu’il nous désigne avec tant d’éloquence, afin de prouver ce sombre présage? » Déjà, il avait tourné les talons, invitant tacitement ses interlocuteurs à le suivre. Prophétie de pacotille ou pas, il lui fallait s'assurer que son favori n'avait souffert d'aucun heurt. [La Roseraie] (Ceux qui suivent Luciano n'ont pas à respecter le tour de post.) |
|  | | Mila Scarlatti Maître d'Armes - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 02/09/2007
 | Sujet: Re: La Fontaine Lun 15 Oct - 20:10 | |
| « Connaissez vous donc si mal les femmes, monsieur Di Lorio ? Arrogance et flatteries sont les deux seules valeurs qu’elles chérissent au delà de tout…Aussi, ne m’en veuillez pas de succomber aux faiblesses qui sont nôtres. » Un sourire amusé frissonna sur les lèvres de Mila dont la voix se fit plus basse et plus chaude, toujours lente. Evidemment, elle ne pensait pas un traître mot de ce qu’elle venait d’affirmer au baron. Elle dédaignait les arrogants, et n’opposait qu’indifférence aux flatteries. Quant aux faibles…Est il vraiment nécessaire de préciser qu’elle les abhorrait ? Par contre, jouer avec Di Lorio la distrayait. Il incarnait tout ce dont elle se méfiait, mais étrangement, son puissant charisme et sa langue subtilement aiguisée la conquirent. Tout cela, Di Lorio pouvait le percevoir dans le regard aussi intense que profond que Mila lui destina.
Elle offrit ensuite un hochement de tête à Scaligeri :« Me voilà ravie de constater que quelques âmes ont été éduquées parmi celles que le hasard a placé sur mon chemin. » Petit regard en biais, acéré, mais aussi rieur et complice, à l’attention du Baron. Petite provocation. Pourquoi s’en priver puisque qu’il avait le répondant nécessaire pour s’insurger contre les « attaques » du maître d’armes. « Les lois sont faites pour être taquinées monsieur Di Ascani, et je n’apprécie pas que l’on me glisse une quelconque étiquette autour du cou. Fusse t elle tenue par vos mains… » Provocation d’un autre genre, vouées à éloigner le galant en plein exercice de son art : la séduction.
Alors que Mila disséquait chaque mot prononcé, chaque regard échangé, de nouveau Scaligeri la plongea dans le plus absolu désarroi. Elle ne fit rien pour retenir le fuyard bien qu’elle fût tentée de se coller à ses basques. Départ trop précipité qui souleva bien des interrogations. Avait elle vu juste ? Avait il réellement triché sur son identité et comprenant qu’il était sur le point d’être découvert avait fui ? Ou, répondait il vraiment à l’appel du devoir ?
Mila mordilla sa lèvre, le regard encore accroché à la silhouette écarlate qui s’éloignait quand les vociférations théâtrales de l’énergumène rôdant près de la fontaine l’extirpèrent de ses pensées. Ses traits se durcirent. Le bleu perçant de son iris devint sombre, ténébreux. La mise en scène était trop affectée pour être honnête. Mila soupira, déjà lassée par tant de comédie. Superstition ! Elle qui ne croyait en rien, écouta froidement les annonces pompeuses, contenant son exaspération. Elle aurait volontiers infligé une leçon à ce gêneur incrusté dans leurs papotages comme un cheveu malencontreusement tombé dans la soupe. La réaction de Grazziela Rivieri, qui jouait les petites choses effarouchée acheva de la consterner.
Elle acquiesça cependant à l’invitation du baron se laissant guider jusqu’à la roseraie.[La roseraie] |
|  | | Salvatore Chiavelli Conseiller-Astrologue

Nombre de messages: 31 Date d'inscription: 06/10/2007
 | Sujet: Re: La Fontaine Lun 22 Oct - 12:20 | |
| Les réactions des personnes présentes formaient un panel de diversité impressionnant. On eut dit que chacun réagissait d'une manière différentes, bien qu'on pouvait en déduire certains groupements: certains croyaient dur comme fer aux dires de Salvatore, et se tournaient déjà vers la Roseraie pour aller contempler la prophétie macabre dont il avait été question. D'autres, totalement incrédules, paraissaient se moquer du conseiller-astrologue en prenant un air hautain et détâché sur la situation, n'hésitant à aucun moment à sourire joyeusement pour bien le montrer. Ceux-là se refusaient presque de donner ne fut-ce qu'un regard dans la direction du Comte, ou même de la roseraie, tant leur bêtise et leur ego étaient grands. Les derniers, perplexes, ne savaient pas quel camp choisir. Il taraudaient de questions leur entourage direct, écoutaient par-ci par-là les rumeurs qui naissaient, hochaient la tête à celles-ci ou haussant les épaules dans un stigmate d'incompréhension. Ceux-là aussi se tournèrent vers la roseraie, qui était tout le centre de l'énigme, et qui leur fournirait une clé à leurs interrogations...
Le plan de Salvatore Chiavelli fonctionnait jusqu'ici à merveille, et un bon petit groupe se dirigeait vers le lieu annoncé, tels des petits moutons bien disciplinés dont il se faisait le berger, et sa prophétie tenait le rôle de chien, qui effrayait les pauvres bêtes qui suivaient les premières, ces dernières prenant la tête uniquement si elles se savaient suivies...
Le Comte de Camastra avança à leur suite, un léger sourire mesquin et sournois sur le visage, qui ne dura qu'un temps. Il ne tarda pas à les rejoindre, mais ne s'approcha d'aucun, restant dans l'ombre, lui qui avait été mis à la lumière quelques instants auparavant. Et il le faisait consciemment... Il ne lui servirait à rien, hormis à faire tomber la pression, de faire de trop longs et de trop éloquents discours quant à sa prédiction, ce qui aurait permis au doute de s'insinuer dans le coeur de ses victimes s'il avait donné trop de détails. Le mystère était son instrument, et qui dit mystère dit silence pesant...
Bientôt, le petit groupe arriva à la roseraie...[La roseraie] |
|  | | Graziella Rivieri Courtisane

Nombre de messages: 113 Date d'inscription: 03/09/2005
 | Sujet: Re: La Fontaine Jeu 25 Oct - 11:16 | |
| La courtisane écouta discrètement l'échange entre di Lorio et la jeune dame également présente dans leur petit groupe. Celle-ci avait du répondant et tenait tête au baron, ce qui la fit sourire. Luciano était orgueilleux et elle se doutait bien que les répliques d'une femme n'étaient probablement pas de son goût.
Mais Mila répondait avec finesse et cela lui plaisait, bien qu'elle doutât qu'elle ait du succès pour séduire les hommes de la trempe de Luciano. Il n'y avait rien de plus désolant pour la courtisane que de voir une femme totalement soumise à un homme, qu'il soit son mari ou un simple interlocuteur. Exception faite lorsqu'il s'agissait pour elle-même d'un jeu avec un protecteur...
Graziella d'ailleurs, ne connaissait guère d'autre comportement à di Lorio que ces deux-là ; le plaisir d'une joute verbale avec ses adversaires et celui de la séduction avec les autres... qu'ils soient homme ou femme. La courtisane n'avait pas manqué de remarquer les regards et brèves paroles échangés entre lui et Scaligeri. Dans tous les cas le baron faisait tout pour garder le beau rôle et le contrôle de la situation.
C'est donc avec un sourire satisfait qu'elle inclina la tête en guise de remerciement lorsqu'il lui assura sa protection en cette soirée mouvementée par la prédiction étrange du Comte de Camastra."J'en suis rassurée... que peut donc une simple femme face à une aussi terrible révélation si aucune homme n'est auprès d'elle pour la préserver..." soupira-t-elle en tournant le regard vers Leandro mais sentant distinctement le regard consterné de Mila sur elle. Là où d'autres femmes méprisaient son comportement, celle-ci semblait simplement déconcertée par son attitude légère pourtant parfaitement calculée."Chacun son domaine..." souffla-t-elle presque pour elle-même."Monsieur di Ascani, m'accompagnerez-vous jusqu'à la roseraie ? Tout cela attise ma curiosité mais j'avoue ne pas avoir le courage de m'y rendre sans vous..." dit-elle à l'intention de son accompagnateur avant de prendre le chemin de la roseraie.[La roseraie] |
|  | | Clio Di Materazzi Fiancée du Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 26 Date d'inscription: 14/06/2008
 | Sujet: Re: La Fontaine Sam 18 Oct - 14:40 | |
| Clio était terriblement vexée et cette conversation l’avait tellement bousculée qu’elle avait ressenti le besoin d’aller prendre l’air. Elle s’était immédiatement dirigée vers sa chambre, avait pris un épais manteau de velours et sans plus attendre elle avait quitté le palais pour s’enfoncer dans les ruelles de Venise. Elle marcha un moment au hasard des rues pour finir par arriver au jardin du Castello. L’endroit était désert. Les nobles gens devaient sans doute être en train de se préparer pour la Fenice et pour ce qui était des petites gens, le froid et la tombée de la nuit avaient du les pousser à rentrer dans leur logis. Seules quelques ombres traversaient de temps en temps les allées du jardin pour disparaitre derrière une statue ou un buisson. La jeune fille avait quitté le palais sur un coup de tête sans songer à l’heure et à la nuit qui n’allait pas tarder à tomber. A présent elle regardait autour d’elle et réalisait son erreur. Elle frissonna de froid et surement de peur aussi. De peur ? Mais d’excitation également, en quelques heures à peine elle venait de faire tout le contraire de ce qu’on lui avait inculqué depuis sa plus tendre enfance.
Clio marchait sans bruit de peur de rompre le silence qui l’entourait et de réveiller l’inconnu. Une mince fumée filtrait de ses lèvres au rythme de sa respiration qu’elle tentait en vain de faire calme et régulière. Ainsi c’est entre appréhension et enthousiasme que Clio s’approcha de la fontaine de Venus pour faire une halte. Elle s’assit sur le rebord et enleva un gant. Du bout des doigts elle frôla la surface de l’eau glacée et regarda un moment le ballet régulier des ondes provoquées. Relevant la tête elle observa la douce figure de la statue. Elle sourit pour elle-même puis se leva. D’un geste elle défit ses cheveux et s’amusa comme une enfant à prendre la pose de la statue. Derrière la statue le soleil se couchait lentement donnant au ciel une douce et chaude couleur orangée. |
|  | | Maëlwenn Sjórk Invitée Etrangère - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 17 Date d'inscription: 19/03/2008
 | Sujet: Re: La Fontaine Dim 19 Oct - 10:17 | |
| [Ca'Adorasti - Le grand salon] Maëlwenn s'étant excusée quelques temps plutôt pour une migraine, elle du attendre une heure ou deux pour enfin pouvoir sortir de ses appartements sans que cela ne soit perçu comme déplacé. En effet, elle n'avait pas voulu rester avec les deux comtesses dans le salon, elle ne se sentait pas le courage d'affronter les questions qu'on lui poserait inévitablement. Ainsi, elle s'était trouvée à faire les cent pas dans sa chambre.
Lorsqu'elle estima que le temps nécessaire fut passé, elle prit son ombrelle -il était hors de questions que son teint brunisse sous le soleil italien- et sortit dire bonjour à Venise. Elle marchait le long de canaux tranquillement, essayant de se souvenir par où le gondolier était passé. Mais les rues étaient trop tortueuses et se ressemblaient trop pour la jeune femme. Pourtant, on ne pouvait dire qu'elle était perdue. Elle aurait pu faire demi-tour et rentrer eu palais aisément.
Ses pas l'amenèrent en fin de journée dans un parc public. Elle remonta l'allée déserte. La ville s'était presque vidée d'un seul coup de ses visiteurs et des personnes oisives. Elle avait déjà sentie cela auparavant mais, alors que le soleil descendait à l'horizon, ce sentiment se faisait plus fort. Elle hésita alors à rentrer ou à continuer son chemin. Elle n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être et elle ignorait si cette ville, disons plutôt le quartier, était sûr la nuit.
Malgré tous ces doutes, elle préféra s'enfoncer un peu plus dans ce jardin désert. Ses petites bottines produisaient un bruit sourd sur le sol qui brisait ce silence. Elle arriva à une fontaine. C'était une chose totalement inconnue pour elle, bien entendu, elle avait déjà vu quelques reproductions dans les livres et une ou deux à Londres, mais elle ne pouvait s'empêcher de s'extasier devant ces petits monuments. Le plus beau à ses yeux était sûrement cette eau qui coulait sans discontinuer.
Cependant, son regard décelait quelque chose d'anormal dans ce paysage. Elle eut la réponse alors qu'elle faisait le tour de la fontaine. Une jeune fille imitait la pose de la statue. Il fallait avouer que la ressemblance n'était pas frappante, mais ce n'était pas vraiment de sa faute. Elle regarda autour d'elle cherchant un hypothétique chaperon. Posant le bout de son ombrelle par terre, la comtesse s'appuya sur celle-ci. « Ne vous fatiguez pas à essayer de ressembler à cette statue, c'est l'idéal fait art et nous savons toutes que la perfection n'est pas ce monde. » Elle souriait doucement. Elle n'était pas choquée par cette scène qui selon toutes préséances était condamnable. C'était plutôt la naïveté dont faisait preuve cette jeune fille qui la touchait un peu plus que cela ne devrait. Mais que pouvait-elle faire ici, seule ? Il était évident qu'elle appartenait à l'aristocratie : seuls ses vêtements pouvaient l'attester.
Cependant, elle-même était dans ce cas. Elle était seule à la tombée de la nuit dans un parc public à observer une jeune fille un peu trop extravertie qui copiait la pause d'une statue. Pour un regard extérieur, elle pouvait passer pour une dame de compagnie surtout qu'elle avait gardé ses vêtements de voyage qui étaient peu somptueux il est vrai, mais qui trahissaient tout de même un rang de noblesse supérieur. |
|  | | Clio Di Materazzi Fiancée du Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 26 Date d'inscription: 14/06/2008
 | Sujet: Re: La Fontaine Sam 29 Nov - 17:43 | |
| Clio n’entendit pas venir la personne derrière elle. Ce n’est que quand elle lui adressa la parole qu’elle prit conscience de sa présence. Clio se retourna vers la femme le sourcil légèrement froncé, ne sachant pas si elle devait prendre ces mots pour insulte ou pour simple remarque. Elle la dévisagea et remarqua un sourire sans arrière pensée sur son visage. La jeune fille se détendit et rendit le même sourire."Jamais je n’aurais l’audace ni l’arrogance de me comparer à un tel chef d’œuvre. Mais il n’est pas interdit, me semble-t-il, d’avoir envie de s’imaginer comme tel…" Clio se tut un instant et prit quelques secondes pour détailler son interlocutrice. De toute évidence elle n’était pas du bas peuple mais si elle semblait appartenir à la haute société, la jeune fille n’était tout de même pas certaine de son rang. Elle aurait pu aussi bien provenir de la haute bourgeoisie que de la noblesse. Elle avait l’allure d’une dame de la noblesse mais Clio était déconcertée par les vêtements qu’elle portait. Non seulement il n’avait rien de luxueux mais ils n’étaient absolument pas à la mode italienne actuelle.
Clio sortit soudain de sa rêverie impolie et sourit de nouveau à la dame. De toute évidence cette femme n’était pas italienne ! Sur le moment Clio n’y avait pas prêté attention mais l’inconnue avait un accent, léger, mais un accent. La situation devenait de plus en plus surprenante. Déjà une femme se promenant seule n’était pas de coutume mais étrangère de surcroit, voilà qui était intrigant… et excitant…
Clio fit une légère révérence. "Clio di Materazzi !" |
|  | | Maëlwenn Sjórk Invitée Etrangère - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 17 Date d'inscription: 19/03/2008
 | Sujet: Re: La Fontaine Mer 3 Déc - 9:21 | |
| « Enchantée de faire votre connaissance mademoiselle » Elle s’inclina à son tour. Elle n’aimait pas les révérences qu’elle trouvait grotesque et leur préférait, lorsqu’elle le pouvait, les remplacer pour une simple inclinaison de la tête. C’était tout aussi efficace et moins contraignant.« Maëlwenn Sjórk » Elle n’en dit pas plus, la jeune fille n’en avait-elle pas fait de même ? Peut-être que son nom évoquait quelque chose dans l’esprit des Italiennes mais dans le sien, il équivalait à rien. Qui pouvait être en réalité Clio ? Une aristocrate sans autre atout que son rang ? Ou bien au contraire une jeune personne qui rivalisait d’intelligence et rêvait d’une liberté qu’elle n’aurait probablement jamais ? Etait-elle hautaine et blasée d’une vie qu’elle pensait connaître ? Ou voulait-elle la découvrir de fond en comble ?
Ces questions étaient déplacées en public mais Maëlwenn ne pouvait s’empêcher d’y songer : lorsqu’elle rencontrait quelqu’un, elle bouillait de lui poser une multitude de questions mais devait, par déférence, ne rien faire. Elle était curieuse qu’y voulez-vous ? Mais elle s’en accommodait très bien, c’était une sorte de code vie qu’il fallait respecter. Elle n’était pas contre toutes ces politesses, au contraire, elles pouvaient quelque fois rendre de grands services. « Je suis désolée si je vous ai blessé par ma remarque, elle n’avait guère ce but. Disons que c’est la première fois que je vois quelqu’un qui imite les statues. Enfin, cela ne me regarde pas je suppose… N’êtes-vous pas accompagnée ? » Elle regarda autour d’elle appuyant sa question. La comtesse n’était pas une des ces matrones qui réprimandent les jeunes filles sur leur comportement peu orthodoxe. Mais elle n’aimait pas savoir qu’elles soient dehors à cette heure-ci sans aucune autre défense que leurs petits poings.« Vos parents doivent vous chercher. » Que dire de plus ? Que devait-on dire dans ce genre de situation ? Elle doutait fortement qu’aucun manuel de bonne conduite n’avait envisagé ce cas. Alors elle se contenta d’être la plus polie possible ; mais dans un monde qu’elle ne connaissait pas encore assez bien, c’était une aventure de tous les instants. |
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