| | | La Petite Allée aux Lions de Pierre | |
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| Auteur | Message |
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Gabriella Delmonti Servante - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 524 Statut: Modo Date d'inscription: 22/04/2005
 | Sujet: Re: La Petite Allée aux Lions de Pierre Ven 7 Sep - 15:33 | |
| Etrangement, d'avoir revêtue sa robe bourgeoise, Gabriella oublia facilement son statut de servante, et les bonnes manières qu'on lui avait inculquées, son port de tête et même sa démarche étaient revenues naturellement, sans être exagérés, ce qui se serait certainement produit s'il elle s'était contentée de les imiter, à moins d'être bonne comédienne.
Gabriella ferma quelques instants les yeux, souriant et appréciant cette sensation, oubliant un instant son travail et ses soucis. Oh bien entendu, elle n'oubliait pas Elio, loin de là, mais il était si agréable de se sentir, pour un temps, un peu au-dessus des autres. Evidemment, au palais elle était également un peu au-dessus des autres petites bonnes mais ce n'était pas la même chose. Le regard des gens était différent, aussi bien ceux des hommes du peuple que celui de ce bel homme qui la croisait et.. qui l'appelait.
Gabriella stoppa sa marche et se retourna lentement vers l'homme. Il ne lui fallut pas longtemps pour reconnaître le bel aristocrate inconnu qu'elle avait croisé la veille au divertissement musical du prince Elio et elle regretta de ne pas avoir levé assez tôt son loup contre ses yeux.*Trop tard...* pensa-t-elle, haussant mentalement les épaules. Après tout, elle n'avait pas de réelle raison de se cacher. Et cet homme, tout beau soit-il l'avait bien laissée tombée en se précipitant vers cette cruche de Bianca qui s'était évanouie. Pourtant, elle s'était bien débrouillée avec cette carafe qu'elle n'avait pas renversée !
Gabriella lui rendit son sourire en inclinant gracieusement la tête et l'écouta, essayant de ne pas baisser le regard, intimidée malgré sa mise moins chatoyante que la veille. Bien entendu, l'homme la reconnaissait sans se souvenir vraiment où ni quand. Qui donc se souviendrait d'une simple servante ?"Vous me demandez si nous nous sommes déjà croisés et je vous répond oui. Cela dit, cette question, ne vous en déplaise, est offensante car elle signifie ouvertement que je ne vous ai pas plus marqué que cela. Je vous laisserai donc seul retrouver quand et où cela s’est produit." dit-elle sans se laisser démonter, mais souriant de tout de même afin de lui montrer qu'il s'agissait là plus d'un jeu que d'une véritable offense. |
|  | | Coriolan Invité
 | Sujet: Re: La Petite Allée aux Lions de Pierre Jeu 20 Sep - 14:14 | |
| Coriolano souriait de même, un peu plus brillant sans doute, un peu plus détendu et amusé sans doute. Après tout, qu’avait-il à perdre ? Il avait un peu penché la tête lui aussi et laissa son instinct guider ses mots. Il n’y avait qu’à jouer et s’enivrer des nouvelles couleurs qu’il pouvait entre dans sa voix, couleurs chaudes et tendres qu’il laissait vibrer dans sa gorge, inflexion franche dont il tapissait son palais."Hé, Mademoiselle, c’est que votre visage est tellement éclatant qu’il a éclipsé dans ma mémoire tout ce qui pouvait l’entourer. Vos traits sont maintenant distinctement gravés dans ma mémoire, mais peut-être que demain je ne saurais plus que c’est ici que je vous ai vu…" Il avait ce ton à la fois admiratif et peu sérieux qu’emploient ceux qui savent que leurs propos tiennent de la flatterie tout en ne pouvant pas s’empêcher de penser sincèrement ce qu’ils disent. Sincère et joueur, il était la galanterie incarnée, et il traitait la jeune servante comme une dame. "Mais je vais essayer de trouver, voyons…" Coriolano prit un air songeur, un regard qui semblait perdu dans le lointain et qui lui permettait en fait de voir les courbes dessinées par la robe de la servante, sa gorge un peu serrée dans une robe peut-être un peu petite. Elle se soulevait doucement au rythme de sa respiration, dorée sous la lumière des bougies, tout à fait comme un petit animal vivant."C’était chez quelqu’un de bien, n’est-ce pas ? C’était forcément chez quelqu’un de très bien…" Il n’avait pas remarqué l’observation attentive de Danilo. Le sixième sens qu’il avait d’habitude pour ses choses, habitué qu’il était à risquer les embûches à Naples, était pour l’instant brouillé par la fièvre de son esprit, l’excitation de cette conversation imprévue et la brise fraîche qui jouait avec quelques mèches dans le creux de sa nuque. |
|  | | Danilo della Lonza Gentilhomme - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 92 Date d'inscription: 16/12/2006
 | Sujet: Re: La Petite Allée aux Lions de Pierre Sam 29 Sep - 16:30 | |
| Oh, bon Dieu. Il était de ceux-là . Le genre d'hommes qui mettait Danilo en rogne en quelques mots. La race honnie des séducteurs. Non, non, le terme n'était pas approprié. Après tout, il en était un lui-même, en quelque sorte. Non, cet individu était de ces hommes qui abordent les femmes le compliment aux lèvres, avec un grand sourire charmeur et des idées frivoles derrière la tête. Pouah pouah pouah. Jamais le claveciniste n'irait s'abaisser à de tels comportements. il avait beau vouer un culte très poussé à la beauté extérieure d'une dame, il n'était pas question de choisir une femme à séduire sur ce seul critère. Toujours être poli, attentionné, serviable avec les femmes, le temps de les cerner. Puis, seulement, développer des assiduités sur l'humeur et l'esprit de la dame en valait la peine. Surtout ne pas risquer de relever une fille creuse en travaillant de manière trop immédiate.
Evidemment, ces pensées étaient confortées par le fait que l'individu s'adressait ainsi à une femme qui lui faisait un certain effet. Et que par principe, Danilo détestait singulièrement que l'on entreprît une possible conquête devant ses yeux. Ce qui le rendait peut-être un peu partial. Mais de toutes façons, il n'appréciait guère les bellâtres. Non mais. Il se décida d'intervenir au plus vite, autant pour ne pas rester sur la touche que pour gâcher le semblant d'occasion de l'homme en question.
Danilo s'approcha du duo d'un pas posé, et commença à parler, sur le ton de l'interpellation, un peu avant qu'il soit au niveau de Gabriella, s'adressant à Coriolano. "Monsieur, vous me voyez désolé d'interrompre votre discussion, mais je suis pris d'un terrible soupçon que, j'espère, vous serez à même de dissiper. J'ai -et je suppose qu'il ne s'agit là de ma part que d'une triste erreur de jugement- la nette impression que vous savez parfaitement qui est cette charmante jeune femme..." Il fit une petite révérence attentionée sans être appuyée à Gabriella."Et que vous jouez à un petit jeu dont l'issue se veut cruelle. J'ai tort, sans doute, et j'espère que vous allez me montrer ma méprise dans l'instant." Il acheva sa tirade sur un sourire des plus courtois. Il s'était placé de manière un peu excentrée, pouvant ainsi regarder son interlocuteur et la servante soudain anoblie par ses manières d'un seul coup d'oeil, tout en restant assez proche pour être considéré comme un élément à part entière de la conversation. |
|  | | Gabriella Delmonti Servante - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 524 Statut: Modo Date d'inscription: 22/04/2005
 | Sujet: Re: La Petite Allée aux Lions de Pierre Lun 1 Oct - 12:04 | |
| Gabriella eut un léger sourire en baissant la tête pour regarder un instant les pavés avant de regarder de nouveau son interlocuteur. Les flatteries étaient toujours agréables à entendre, même si elles sonnaient aussi faux qu'un clavecin mal accordé dans un parterre de bons musiciens. Un visage éclatant qui éclipsait le reste... un visage sous un bonnet de servante, encadré de mèches folles sorties de la coiffe par le dur travail. Il n'y avait là rien d'éclatant de son point de vue."Monsieur... ne vous forcez pas à faire des compliments que vous ne pensez pas..." souffla-t-elle avec un léger sourire résigné.
Elle aurait à la limite préféré qu'il lui disent franchement se souvenir d'elle telle qu'il l'avait vue et s'il voulait encore la complimenter il aurait pu souligner l'effort qu'elle avait fait pour s'apprêter pour ce bal. C'était simple et plus valorisant."Oui c'était chez quelqu'un de bien..." approuva-t-elle d'un léger sourire pour poursuivre le jeu malgré tout et ne pas le vexer.
Une nouvelle voix s'ajouta à leur échange et Gabriella eut cette fois le réflexe de lever son loup contre ses yeux. Elle pensa dans un premier temps qu'elle avait bien fait en reconnaissant le gentilhomme qu'elle avait accueilli à la Ca'Adorasti. Mais très vite elle comprit à ses paroles qu'encore une fois, cela avait été trop tard. Gabriella rebaissa lentement le loup de velours. Une boucle blonde vint caresser sa joue sous l'effet d'une légère brise passagère.
La jeune femme regarda les deux hommes en alternance. Danilo exprimait à voix haute ce qu'elle s'était efforcée à ne pas penser, flattée d'avoir attiré le regard d'un homme. Gabriella se sentit alors mal à l'aise, considérée comme une proie de jeu de l'un comme de l'autre, car sous couvert de lui venir en aide, elle prenait l'intervention de Danilo comme un joueur réclamant sa part du gain.
Elle avait bien pensé que revêtir une robe n'étant pas sensé refléter son rang pouvait lui attirer les moqueries de personnes la connaissant. Mais il lui semblait que la présente situation passait au-dela de la moquerie pour l'engager dans un jeu de fausse galanterie dans lequel elle représentait le lot du gagnant."J'en ai assez entendu. Si vous voulez bien m'excuser, je vais vous laisser seuls débattre et trouver qui de vous deux sera le plus doué pour se railler de moi." dit-elle d'un ton amer.
Gabriella tourna les talons et s'éloigna d'un pas vif, sentant une désagréable boule se coincer au fond de sa gorge.[La Serre Exotique] |
|  | | Danilo della Lonza Gentilhomme - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 92 Date d'inscription: 16/12/2006
 | Sujet: Re: La Petite Allée aux Lions de Pierre Mar 16 Oct - 14:49 | |
| La réplique amère de Gabriella s'enfonça brutalement dans le cœur du claveciniste. Il en oublia immédiatement la présence de l’autre homme, qui avait pourtant motivé son intervention. Il ne resta dans son esprit que la honte d’avoir blessé la jeune femme. Ou plutôt, d’avoir pu assez mal exprimer sa position pour lui laisser croire qu’il cherchait à la rabaisser. Rater une intervention aux yeux et mettre mal la personne qu’il venait aider étaient l’une des pires choses qui puissent lui arriver, une des plus humiliantes. Oh, bien sûr, ce n’était pas réellement une honte publique. Ni lui ni l’autre individu n’auraient jamais de compte à rendre à propos d’une petite servante qu’ils avaient choqué plus ou moins inconsciemment -du moins pour lui-même. Mais c’était le genre de choses pour lesquelles Danilo refusait de se pardonner. Généralement, la personne ayant souffert l’offense l’oubliait bien plus vite que lui-même.
Il jeta un coup d’œil précipité vers l’individu, perdit un instant à se décider, lâcha un bref « Si vous voulez bien m’excuser… » , puis se détourna et se lança à la suite de Gabriella, espérant pouvoir racheter ses quelques mots inappropriés. [La Serre Exotique] |
|  | | Coriolan Invité
 | Sujet: Re: La Petite Allée aux Lions de Pierre Mer 17 Oct - 1:33 | |
| Laissé seul au milieu d’une allée pour l’instant déserte, Coriolano éclata de rire. Un rire joyeux et cascadant, éclatant, impérieux et total. Tout cela était formidable.
Oh cela avait commencé pourtant par une simple satisfaction froide à voir que ses questions déguisées apportaient leur réponse, que la jeune servante aimait son maître et qu’il ne serait pas judicieux de chercher à obtenir des confessions motivées par le mécontentement. Presque pas un sentiment, une chose plate dont le goût trop habituel lui répugnait maintenant.
Mais cette froideur mesurée et parfaite avait été balayée, remplacée par l’indignation de voir que la servante ne lui faisait toujours pas aveuglément confiance, par l’agacement à voir l’interruption d’un autre homme, puis par une réelle colère à entendre son ton faussement poli et les insinuations désagréables qu’il faisait.
Il sentait tout cela, réellement, en lui, naître dans son ventre, monter dans sa gorge en hérissant sa peau le long de la colonne vertébrale avant de tourbillonner dans sa tête. Il sentait tout cela, et, mieux encore, il savait qu’il pouvait, parce qu’il était libre, mais pouvait vraiment, parce qu’il était vraiment libre, il pouvait et il allait, même, laisser libre cours à cette colère.
Si on lui en avait laissé le temps.
Il était déjà là, le sentiment de rage, dans ses yeux, dans ses épaules tendues, dans ses mains dont les articulations menaçaient de blanchir, jusque dans la pointe de ses cheveux. Rien pour le masquer, rien pour le retenir. Et Coriolano jubilait de sentir qu’il n’y avait plus de chaîne, plus de digue, plus rien pour mettre un mur entre ses émotions, sa volonté et ses actions. Il était libre d’être orgueilleux, rageur sans vraie raison. De faire savoir ce qu’il sentait sans prêter attention à ce qu’on attendait de lui. Et il l’aurait fait. Si on lui en avait laissé le temps.
Mais voilà, le Prince des Grazziano, l’héritier d’une des plus grandes familles de Naples et de Venise, l’éclatant jeune homme et le sage membre de la noblesse, venait de se faire abandonner en plein milieu de la rue par une servante des Adorasti et un vulgaire inconnu.
Le ridicule de la situation suffit à faire disparaître la rage au profit du bonheur neuf de la jouissance de sa liberté, suscitant ainsi l’éclat de rire.
La servante charmante lui avait échappé, mais peu importait. Que l’autre donneur de leçon lui court après essayant par des diatribes inutiles de regagner sa belle. Il la retrouverait bien un autre jour et si ce n’était pas dans quelques années, elle serait toujours belle. La nuit était jeune encore, et il y avait tant à redécouvrire.
Deux demoiselles passèrent près de lui, gloussant doucement, parlant de labyrinthe. Parfums musqués et rires perlés. Coriolano les suivit d’un pas léger.[Labyrinthe – Impasse des Figures] |
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