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| Auteur | Message |
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Eva Call Invité
 | Sujet: Re: La Roseraie Dim 12 Fév - 0:06 | |
| Isabella partie, une lueur s'était éteinte dans les yeux de Matteo. Il semblait douter, et Eva ne pouvait que s'étonner qu'il ait mis tant de temps à réaliser son erreur. La jeune fille, souriante encore, refusant de ne montrer ne serait-ce qu'un fragment de ce qu'elle devinait, laissa le jeune homme s'extasier sur son "immense joie". Elle esquissa à nouveau une révérence, respectueuse et soumise, quand Matteo annonça son intention de prendre congé. Feignant une timidité à toute épreuve, elle ne répondit rien et laissa le jeune libertin s'éloigner. Quand elle se retrouva seule, elle soupira légèrement, baissa les yeux. Les choses avaient changé, deviendrait-elle capable d'avoir des sentiments... Des sentiments qui ne seraient pas dictés par le seul intérêt ? Elle ne conaissait l'amitié que par de rares rencontres - très rares - et ignorait ce que signifiait tomber amoureuse. Cependant, la belle servante éprouvait une certaine sympathie à l'égard d'Isabella. Matteo, lui, lui était complètement indifférent. Il n'était qu'un libertin, après tout. Malgré son excellente maîtrise de soi, il n'avait pas pu cacher la passion et le respect sans borne qu'il vouait à son maître, le Prince. Ils étaient sans doute relativement proches, Matteo ne l'avait nullement dissimulé. Mais Eva ne se faisait pas d'illusion. Elle aurait aimé se rapprocher de Sa Grâce par l'intermédiaire du jeune homme, mais c'était quasiment impossible. Il ne restait plus qu'à espérer que, en dépit de tout, le beau libertin vienne la chercher le soir-même, pour l'emmener à la soirée. Ce dont elle doutait fort. Elle haussa les épaules et choisit de jouer le jeu. Elle rentrerait chez elle et se parerait de manière à faire pâlir de jalousie les plus grandes dames de Venise. Elle se dirigea donc, à pas mesurés, vers la Calle Bardini.[Calle Bardini] |
|  | | Matteo Salvanti Homme de Main - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 390 Statut: Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello. Date d'inscription: 02/05/2005
 | Sujet: Re: La Roseraie Sam 29 Sep - 19:27 | |
| [Calle Trevisi] Où était-il donc passé? Matteo avait suivi le jeune Prince jusqu’au bal, son assurance ébranlée d’avoir été découvert si rapidement. Ses angoisses furent bien vite remplacées par un certain ennui lorsque, privé des plaisirs de la fête, il dut se contenter d’assister en spectateur impuissant à des mondanités auxquelles il se serait fait une joie de prendre part. Il s’était ainsi laissé enjôler par une délicieuse petite servante, qui l’avait saisi par la main pour l’entraîner dans la danse, ne lui opposant qu’une faible résistance. Après tout, le cadet Grazziano ne s’adonnait qu’au loisir bien inoffensif de la discussion, l’homme de main pouvait bien s’offrir quelques instants de distraction pour reprendre sa tâche avec une vigilance renouvelée, par la suite…
La panique s’était emparé de lui au moment où, soucieux de ne pas tout à fait délaisser ses obligations, il avait jeté un regard en direction de la fontaine. N’y trouvant plus celui sur qu’il se devait de veiller, il le chercha désespérément des yeux pour finalement apercevoir une silhouette écarlate se dirigeant vers la roseraie. Débitant à la hâte des excuses à sa compagne, le garçon s’engagea à la suite de Raffaele, le cœur battant. La roseraie lui apparut comme étrangement silencieuse et froide, après l’exaltation de la populace, et dépouillée du charme qu’il lui avait trouvée, la veille, alors qu’il contait fleurette à l’une de ses innombrables conquêtes. Un frisson lui parcourut l’échine et il lança un coup d’œil inquiet par-dessus son épaule, persuadé qu’il était à présent celui à être épié. Inconsciemment, sa main se porta à sa ceinture, là où était glissée sa dague, la peur s'insinuant en lui. |
|  | | Raffaele di Grazziano Frère du Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 134 Date d'inscription: 12/11/2006
 | Sujet: Re: La Roseraie Sam 29 Sep - 20:41 | |
| [L'Allée Centrale] Il avait finalement gagné la roseraie. Il avait marché plus lentement, il s'était même arrêté un court instant avant de s'engager dans ce lieu un peu à l'écart. Puis d'un pas lent s'était dirigé vers une très jolie Venus de marbre blanc aux courbes plusqu'agréables. A l'abri de la statue, il avait vu son ange gardien s'avancer à son tour. Le regard alerté, il se tournait de tous côtés et recula jusqu'à se trouver à un pas du jeune prince.
Raffaele se glissa derrière lui et, passa un bras autour de son cou, tenant ainsi l'homme contre lui sans qu'il lui soit possible de bouger. "Et bien, Monsieur du Tricorne, la chasse ne semble pas votre affaire ! Monsieur mon frère devrait se procurer de meilleurs chiens, la traque n'est pas faite pour les bichons de salon." Un mouvement et la lame de la dague renvoya un éclair tandis qu'elle surgissait de la manchette du gant et venait se placer contre la gorge de l'homme de main. Sa voix se fit murmure, tandis que son souffle effleuraient les cheveux blonds. "Bien entendu, comme vous vous en doutez, vous seriez mal avisé de crier ou de démentir. Vous expliquer par contre, me donner les raisons de cette surveillance et les attentes de votre Maître pourraient vous être de quelque secours... éventuellement" |
|  | | Matteo Salvanti Homme de Main - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 390 Statut: Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello. Date d'inscription: 02/05/2005
 | Sujet: Re: La Roseraie Sam 29 Sep - 21:35 | |
| Un bras se referma autour de la gorge de Matteo, l’immobilisant avec une efficacité dangereuse. Il se raidit, ses doigts crispés autour de sa dague, alors que sa proie devenue prédateur le narguait à juste titre. Cependant, l’heure n’était pas à s’apitoyer sur son sort puisque la fraîcheur d’une lame l’avertit de l’urgence de la situation. Tous ses sens en alerte, il s’efforça au calme, sa poitrine se soulevant au rythme effréné de son souffle. Que faire? Trahir son maître pour sauver sa vie? Mentir en dépit des menaces? Et alors, que raconter? Qu’il n’était qu’un vulgaire tire-laine? Un observateur indiscret? Pouvait-il reconnaître son allégeance à la Ca’Grazziano et prétendre que la filature avait été entreprise de son propre chef?
Sous la pression de la dague, les paroles s’échappèrent de ses lèvres, aussi précipitées et désordonnées que les battements de son cœur :« Monsieur fait erreur. Sans doute que l’étourdissement de la fête, les atours de ces dames et les attentions de ces messieurs, le tout arrosé d’un peu d’alcool l’aura trompé sur mes intentions. » Il tira lentement sa propre arme de son fourreau, par réflexe plus que par réelle volonté d’en user. Peut-être pourrait-il toujours renverser leurs positions?
« Je vous prescris un peu de repos ainsi que modération dans la beuverie, puisque le vin vous mène apparemment à la déraison. Brandir votre poignard sous le nez du premier venu finira bien par vous attirer des ennuis, si vous veniez à vous en prendre à quelque spadassin sachant réellement ferrailler… » À son tour, la lame brilla dans la nuit, trahissant le geste qu’il avait voulu dissimuler. Ses yeux s’agrandirent et il tenta de se dégager de l’emprise de son assaillant, s’abandonnant cette fois à la panique. Un coup de coude dans l’estomac de son opposant et il élevait sa dague à l’aveuglette, perçant le tissu d’un manteau écarlate pour toucher la chair pâle du bras qui l’enserrait dans un étau. |
|  | | Raffaele di Grazziano Frère du Prince - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 134 Date d'inscription: 12/11/2006
 | Sujet: Re: La Roseraie Sam 29 Sep - 22:42 | |
| Le jeune prince inclina la tête et fronça le nez sous l'avalanche de phrases qu'on lui servit. Tout y passa, de l'excuse la plus basique à la provocation la plus stupide. Et puis soudainement, alors qu'il continuait à argumenter, Salvanti tira un poignard de ses vêtements et tenta une action, qui, bien que ridicule, ne l'en surprit pas moins.
Il eut à peine le temps de voir l'éclat des lampions étinceler sur la lampe vivement dégagée qu'un coup à l'estomac aussitôt suivi d'une cuisante coupure au bras lui fit relacher sa prise.
Les dents serrées, penché vers l'avant pour contrer la douleur, il tendit la main et agrippa le poignet de son agresseur. Il se redressa contre Salvanti et sa main armée plongea en avant. Il sentit la résistance des vêtements, mais la force de sa rage fut telle que la lame les traversa sans peine. Un flot de sang imbiba tout de suite l'étoffe et il retira prestement sa main, laissant la dague en place. La dague des Adorasti. Ironie.
Il fit un pas en arrière, regardant le tricorne rouler à terre et Salvanti s'affaisser. "Je crains Monsieur de la Sottise, que vous ayez choisi de ne point saisir la chance que j'aurais pu vous offrir... éventuellement." Il remit de l'ordre dans ses effets, vérifia qu'aucune trace de sang ne maculait ses gants et se pencha vers sa victime dont les yeux bleus se perdaient dans le ciel. "N'ayez crainte, Monsieur, votre Maître ne saura pas que vous avez failli." Il s'assura d'un regard qu'aucun témoin n'avait pu assister à la scène et d'un pas rapide bien que sans précipitation sortit de la roseraie et se méla à la foule des fétards. [Labyrinthe Végétal - Impasse des Figures] |
|  | | Matteo Salvanti Homme de Main - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 390 Statut: Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello. Date d'inscription: 02/05/2005
 | Sujet: Re: La Roseraie Mar 2 Oct - 0:53 | |
| Soudainement libre, Matteo crut qu’il était sauvé jusqu’à ce que, saisi par le poignet, il ne soit à nouveau retenu et qu’une lame s’enfonce dans sa poitrine. Son regard exprima un étonnement infini, sa bouche formant un « o » parfait de saisissement, alors qu’il reculait d’un pas, chancelant. Ce n’était pas tant la douleur qui foudroyait tout son être qui était la cause de sa surprise, mais bien la Mort qui s’abattait sur lui, sans qu’il ne s’y soit attendu. Il eut presque admiré sa rapidité, l’ingéniosité avec laquelle elle l’avait attiré dans ses filets avant de refermer sur lui son terrible et fatal guet-apens, mais la vie s’échappait de sa blessure à flots. Il tourna ses paumes maculées de sang – son sang, son propre sang – vers lui, les admirant distraitement alors que sa vision se brouillait de plus en plus, s’obscurcissait jusqu’à ce que les lumières des lampions s’estompent.
Une tâche si simple, pourtant… Le Prince serait-il déçu? Il avait eu raison de se défier de son cadet… et Matteo aurait dû se fier à son jugement. Il songea vaguement à l'avenir de la Ca'Grazziano, mais dut se rendre à l'évidence que l'affaire n'était plus de son ressort. Trop peu, trop tard. Tant pis. Toute son existence ne défilait pas devant ses yeux comme on le disait dans les romans. Peut-être quelques parcelles de Naples, un rayon de soleil, le détour d’une ruelle, la sensation de l’herbe sous ses doigts et le goût d’une pomme volée au verger du voisin… mais par-dessus tout, les vers qu’avait adressé Ronsard à sa Cassandre et que lui avait récité Monsieur degli Albizzi… quand déjà? Hier, peut-être? Ça n’avait plus vraiment d’importance, désormais…
« Comme à cette fleur, la vieillesse Fera ternir votre beauté... »
Matteo tomba à genoux, puis s’effondra sur le côté, son regard tourné vers le ciel et, presque, un sourire sur ses lèvres pleines, qui laissèrent échapper son dernier soupir sans que sa beauté n'ait pu choir. [Dernier post de Matteo] |
|  | | Salvatore Chiavelli Conseiller-Astrologue

Nombre de messages: 31 Date d'inscription: 06/10/2007
 | Sujet: Re: La Roseraie Dim 7 Oct - 9:32 | |
| [Premier Post] Voilà trois jours que celui que l'on nommait Comte de Camastra avait emménagé dans sa maison de la Calle Bardini. Il s'était reclus chez lui durant ces trois jours, ne sortant pas, prenant le temps de s'habituer petit à petit au climat de la ville, à ses sons, à ses bruits. Il avait longuement absorbé les étoiles au moyen de sa lunette d'observation, mais n'avais jusque guère prêté attention à ce qui se déroulait sous ses fenêtres. La vie de la cité ne tarderait pas à lui être familière, comme dans chaque endroit où il se rendait. Il connaissait Venise, pour y avoir séjourné quelques temps il y a déjà trop longtemps...
Mais aujourd'hui, il allait se mêler à nouveau aux Vénitiens, à cette vie grouillante où chaque ombre est animée. Et quoi de mieux qu'un bal populaire au Jardin du Castello pour faire une entrée remarquée dans la société de la ville... Certes sa réputation devait le précéder, mais comment mettre un visage sur des rumeurs, sur des légendes, si on ne l'a jamais vu.
Il s'était rendu au Jardin du Castello dans cet espoir, se faire connaître et reconnaître. Arrivé là-bas, il s'était dit que ça ne serait pas si aisé qu'il se serait imaginé. La soirée était déjà bien avancée et les danses se mêlaient au rythme d'une musique joviale sur laquelle les gens de toutes classes s'amusaient dans la nuit. De longues tables accueillaient les danseurs fatigués, où les fêtards ayant eu l'audace de trop fêter cuvaient leur vin silencieusement. Une ambiance survoltée régnait donc en ce lieu, et cela ne convenait pas à Salvatore. Il n'arriverait pas à se faire remarquer dans tant de charivari sans une bonne raison de le faire. Il s'était alors rendu dans les endroits plus calmes du jardin, afin de méditer son apparition. Au fil de ses pas, il s'était perdu dans la roseraie, ne suivant aucun chemin précis, errant entre les végétaux sans autre motif que sa pensée.
Au loin, il entendait encore assez bien la musique qui entraînait toujours plus de danseurs, et il tourna la tête vers l'allée principale où régnait une activité toute autre que celle de la paisible roseraie. De jour comme de nuit, en période de fête ou non, cet endroit respirait une sérénité rare. Il s'y était déjà rendu, à l'époque où il connaissait Venise, et ses souvenirs, bien que brumeux, lui rappelaient de bons moments passés ici...
Mais alors, son regard se fit plus rond, ses yeux clairs, redescendant le long de l'allée, se concentrèrent sur une masse qui reposait inerte sur une pelouse non loin de lui. Ça aurait pu être n'importe quoi, un badaud ivre endormi ou autres élucubrations possible, mais un étrange malaise s'empara de Chiavelli. Sa curiosité le poussa à s'approcher de la forme immobile. Plus il en fut prêt, plus ses doutes se confirmaient. La forme respirait une odeur âcre, et un frisson parcourut la colonne de Salvatore. L'odeur du sang envahit ses narines, et il stoppa sa marche. Il venait de découvrir un cadavre, allongé sur le sol. Il s'en approcha encore un peu, toucha ses vêtements pour s'assurer de la mort. L'homme, car il s'agissait bien d'un individu masculin, ne bougeait pas. Ses doigts émirent une pression plus forte sur l'épaule du cadavre et celui-ci se dévoila à la vue du Comte de Camastra. Une tâche sombre baignait son habit dans la région du bas-ventre. Il ne fallut aucune autre explication pour que l'astrologue devine que c'était du sang, qui bouillonnait encore hors de la plaie. Le meurtre était frais...
Il se releva, de la sueur marquant doucement ses tempes. Si le crime était récent, l'assassin rôdait peut-être encore. Il se tourna dans toutes les directions avec hâte, regardant tout autour de lui, sans voir personne... Toute vie avait déserté les lieux, si ce n'était la sienne...
Il devait partir de cet endroit, et vite. Prenant soin de se dissimuler des regards indiscrets, il ajusta ses habits sombres, et essuya les perles de transpiration qui naissaient sur son front. Il se dirigea, telle une ombre, vers l'allée principale, pour la traverser et rejoindre la fontaine, où s'amassaient de nombreuses personnes. Un plan venait de germer dans son esprit...[Jardin du Castello – La fontaine] |
|  | | Luciano di Lorio Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 166 Date d'inscription: 04/07/2005
 | Sujet: Re: La Roseraie Lun 15 Oct - 4:04 | |
| [La Fontaine] Luciano ne vit d’abord rien, un soulagement indicible s’insinuant en lui tandis qu’il pestait contre sa propre naïveté. Il fit encore quelques pas, par précaution, et découvrit ainsi le cadavre. Son regard de fer s’étrécit à la vue de cette chevelure blonde – blonde – et, de nouveau, le soulagement fit place à l’horreur, un bref instant, en réalisant que celle-ci n’appartenait pas à Raffaele Scaligeri. Le saisissement reprit cependant ses droits et ce fut à pas lents qu’il s’approcha de la forme prostrée, curieusement immobile. Sans vie. Ce n’était pas la première fois qu’il était confronté à la mort, il l’avait même croisée à plusieurs reprises et dans des circonstances chaque fois différentes, mais cette fois-ci, la scène avait quelque chose de singulièrement morbide. Qu’on verse le sang dans un bal offert à la plèbe n’était pas rare, mais dans cette ambiance de fête, la mort n’en demeurait pas moins étrangement malvenue, inconvenante.
Le choc de sa trouvaille passé, l’aristocrate fut une fois de plus interdit en reconnaissant le visage de la victime. Son visage se fit songeur, l’espace d’un instant, la coïncidence lui apparaissant presque trop grande. Et s’il n’avait jamais eu à craindre pour la vie de son protégé, mais plutôt pour les vies que son protégé mettrait en danger…? Les pas de ses compagnons, venus s’attrouper autour de la dépouille, chassèrent ces réflexions de son esprit. S’arrachant de la vision du garçon, indécemment jeune pour déjà avoir poussé son dernier soupir, il dévisagea le conseiller-astrologue avec un mélange de défiance et de curiosité.« Eh bien, il semblerait que les astres aient bel et bien guidé le Comte… constata-t-il, d’un ton froid. Quelqu’un sait-il où se trouve Maître Barrozi? » s’enquit-il à la ronde.
Ses lèvres se pincèrent avant que, posant les yeux sur le corps inerte, il n’ajoute à voix basse :« Quoique j’aie bien peur que nous ne puissions plus rien pour ce pauvre bougre… » L'ampleur de la situation le frappa de plein fouet et son alarme redoubla. Peut-être la curiosité avait-elle tué le chat et le jeune homme avait été puni pour ses indiscrétions par des individus moins indulgents que le baron et son cadet, mais peut-être... peut-être le meurtrier était-il une véritable bête dont la soif de sang n'avait pas encore été assouvie? Dans ce cas, où se trouvait Raffaele? Ne saurait-il point se défendre? Sans doute. Sans doute plus que ce jouvenceau qui gisait dans son sang? Sa mâchoire se durcit en même temps que sa poigne autour de sa canne. Mais où Diable se trouvait Raffaele? |
|  | | Mila Scarlatti Maître d'Armes - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 02/09/2007
 | Sujet: Re: La Roseraie Lun 15 Oct - 20:15 | |
| [La fontaine] Le regard de Mila se figea en tombant sur le corps inerte. Elle s’approcha, sans précipitation, et s’agenouilla. D’un geste assuré, elle dégrafa le col et glissa sa main sur le cou.« Qui est Barrozi ? S’il s’agit d’un médecin, celui ci n’en n’a plus besoin. » Mila se releva et jeta un œil circulaire autour d’elle. Elle avait vu Scaligeri s’aventurer dans cette direction…Se pourrait il que… ? Elle secoua lentement la tête et chercha l’énergumène annonciateur du drame du regard. Il avait sûrement été témoin de la scène et elle brûlait de le travailler pour obtenir des réponses. « Le connaissiez vous ? » La question était posée au hasard, à tous. Bien qu’elle ne semblât pas affectée par cette découverte, le sang pulsait violemment dans ses veines. La Mort était une fourbe qui avait trop souvent tenté de la saisir. Elle n’aimait pas la sentir si proche, si menaçante.
De nouveau l’œil de Mila s’égara sur le corps. La plaie. La dague. De nouveau, elle se pencha, effleurant le pommeau du bout des doigts. Une panthère noire sur fond argent. Le crime semblait signé. Elle releva la tête vers Di Lorio, sans un mot. A son regard, ce dernier pouvait comprendre qu’elle espérait une réponse… |
|  | | Graziella Rivieri Courtisane

Nombre de messages: 113 Date d'inscription: 03/09/2005
 | Sujet: Re: La Roseraie Jeu 25 Oct - 12:32 | |
| [La Fontaine] La courtisane ne s'était pas hâtée mais n'avait pas traîné non plus, s'assurant qu'elle n'était pas seule à se rendre sur le lieu de la prophétie. Graziella n'était pas réellement craintive mais l'ambiance dans laquelle l'inconnu avait plongé une partie du Castello ne lui donnait pas envie de vérifier par elle-même si la mort rôdait réellement dans ce jardin.
Elle s'arrêta à quelques pas de là où se tenait di Lorio et baissa le regard jusqu'au sol, plissant les yeux pour ne voir qu'à demi ce que l'on voudrait voir le moins souvent dans une vie. Il était étrange de s'apercevoir alors que dans ces moments là, une pointe d'égoïsme ne pouvait être retenue en étant soulagé de ne pas constater qu'il s'agissait d'un être cher ainsi étendu dans son sang. Ainsi, Graziella se rassura-t-elle de ne point reconnaître une personne de sa maison ou bien encore Orfeo Ciriaco à la chevelure d'ébène, bien loin de cette chevelure claire. La courtisane ne restait pourtant de marbre et semblait profondément contrariée.
Alors que le baron demandait à faire quérir le médecin, Graziella gardait le regard posé sur ce visage bien trop jeune qu'elle avait cependant rencontré il y a peu. Aussi, quand Mila demanda si quelqu'un connaissait la victime, elle répondit d'une voix blanche mais assez forte pour être entendue."Matteo Salvanti..." La courtisane soupira et passa une main sur ses lèvres. Une légère brise étonnamment glaciale glissa sur sa nuque, la faisant frissonner. Son regard bleu clair venait de se poser sur la dague meurtrière au blason qu’elle ne connaissait que trop bien.*Ce n’est pas vrai…* pensa-t-elle en serrant les dents.
Graziella fit un effort pour ne rien laisser paraître de son trouble. Cette arme ne manquerait pas tôt ou tard de faire parler d’elle et elle craignait l’ampleur que pourrait prendre une telle affaire. Les accusations fusaient si facilement quand le coupable présumé était haut placé. Seulement, elle connaissait déjà l’alibi qui acquitterait le propriétaire de cette dague mais là encore, elle ne pourrait rien révéler pour l'instant. |
|  | | Luciano di Lorio Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 166 Date d'inscription: 04/07/2005
 | Sujet: Re: La Roseraie Dim 4 Nov - 20:14 | |
| Une présence humaine, et bien en vie, permit à Luciano de reprendre contenance et repousser provisoirement ses inquiétudes au profit de la présente situation, car il semblait que celle-ci le concernait, après tout. S’il avait d’abord été tenté de s’éclipser pour retrouver son protégé, jugeant qu’il serait résolument plus utile autre part que sur les lieux d’un crime auquel, il n’était pour une fois, aucunement relié, la dague toujours fichée dans la poitrine du cadavre, lançant un avertissement à quiconque se mettrait en travers de la route du meurtrier, le prévint de quitter les lieux. Ce fut l’expression interrogatrice de Mila Scarlatti qui attira son regard sur ce détail qu’il n’avait noté d’emblée. Songeant d’abord avoir été trompé par la chiche lumière, il se pencha pour retirer le poignard d’un mouvement sec, sa main se refermant autour du manche avec l’aisance qu’apporte l’habitude. Il ne suffit que d’un coup d’œil pour reconnaître les armes gravées sur le pommeau et un seul mot s’échappa de sa bouche :« Impossible… » Elio était alité. Il avait pu constater la gravité de sa blessure par lui-même… alors, comment? Aurait-il confié sa dague à un homme de main, en lui donnant la mission de retrouver et châtier son agresseur? N’aurait-il pas préféré la discrétion à cette mise en scène morbide? À moins qu’il n’ait désiré marquer le retour des Adorasti dans la Sérénissime par cette sanglante mise en garde? Il lui apparaissait que ces manières ressemblaient bien peu à l’héritier d’Andrea, mais qu’en savait-il réellement? Le garçon avait toujours été secret, dissimulateur et d’une méfiance sans pareille. Comment savoir, mais surtout, que faire? Il lui fallait agir vite avant qu’on n’ait le temps d’identifier le blason et répandre la rumeur.
La Rivieri lui offrit une diversion bienvenue en accordant un nom à la victime jusqu’ici anonyme. Se tournant vers elle, il maîtrisa sa voix pour ne laisser transparaître son trouble lorsqu’il s’enquit :« Qui était-il? » D’après sa mise, il ne semblait pas de ceux en mesure d’entretenir une femme de la qualité de Graziella, mais les apparences étaient parfois trompeuses. Il ne put s’attarder plus longuement à ces réflexions car la garde, sans doute alertée par un badaud, se frayait un chemin à travers les curieux pour récupérer le corps. Dispersant la foule en soutenant « qu’il n’y avait plus rien à voir », elle se heurta à certains contestataires qui exigeaient qu’on rende justice et que le meurtrier soit pendu haut et court, alors que d’autres décriaient le laxisme des autorités, qui laissaient mourir de pauvres innocents dans cette cité de vice et de dépravation. Les soldats, nerveux, firent mine de pointer leurs armes vers un ivrogne particulièrement vociférant, entraînant une véritable pagaille.
Profitant du tumulte pour empocher la dague, l’aristocrate se retrouva non loin du prédicateur de la fontaine et s’avança vers lui, déterminé à le faire parler. Il doutait sincèrement que les astres aient pu souffler à ce Comte de Camastra l’emplacement d’un cadavre. Aurait-il pu assassiner le garçon, en vue de mousser sa réputation? Si c’était bien le cas, pourquoi s’en prendre à la Ca’Adorasti? Aurait-il été commandité par les Grazziano pour attirer à la fois l’opprobre et les superstitions sur la Maison d’Andrea? Se campant devant lui, il le saisit par le col sans aucun ménagement pour le plaquer contre un Eros de marbre, sa voix claquant dans l’air frais alors qu’il demandait :« Que savez-vous de plus, Comte? Je vous conseille de me répondre avec toute la clairvoyance que vous procurent les astres et je-ne-sais-quoi-encore, puisqu’il me serait aisé de vous remettre entre les mains de la garde comme suspect à la culpabilité facilement démontrable. » Un sourire mauvais éclaira son visage et il ajouta :« Ce que je ne saurai vous soutirer, la torture y parviendra sans doute. Le capitaine de la garde est l’un de mes bons amis et l’efficacité de ses méthodes n’est plus à prouver. » |
|  | | Mila Scarlatti Maître d'Armes - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 02/09/2007
 | Sujet: Re: La Roseraie Dim 4 Nov - 23:24 | |
| Matteo Salvanti…Nom inconnu. Mila se taisait et observait de son œil acéré, devenu presque inquisiteur, mais toujours discret. Si personne ne semblât s’affecter pour cette vie prise, tous se crispèrent en découvrant la dague. Ils en connaissaient le porteur. L’habituel porteur. Qui était il ?
Une chose était sûre : Graziella autant que Luciano étaient troublés par cette découverte ce qui impliquait qu’ils connaissaient l’emblème incrustée sur la garde de la dague, et qu’ils en étaient affligés. Une relation commune….Une relation qui avait leur estime…Qui ? Trop d’éléments lui échappaient ce qu’elle n’appréciait pas. Il lui faudrait fouiller, fouiner, comprendre. Venise serait elle donc bien plus obscure qu’elle ne l’aurait imaginée ? Bien…L’obscurité était son domaine.
La foule s’agitait autour d’eux, chacun voulait sa part du spectacle. . Les drames attisent toutes les curiosités. Elle tourna sur elle même, épiant cette foule assoiffée de sang. Elle tentait de mémoriser les visages, de repérer les expressions suspectes, les gestes qui trahiraient, de percevoir les mots chuchotés…Mais Luciano captura de nouveau son attention en s’élançant sur Chiavelli. Dommage…Elle aurait bien aimé le chahuter elle même. Aussi se tint elle d’abord à distance, les surveillant du coin de l’œil. Un léger sourire au coin des lèvres. Luciano faisait preuve d’une certaine fougue et Mila ne put se retenir d’être amusée par la scène plutôt…inattendue…Cependant, craignant que la rage de Luciano ne l’emportât sur sa raison, elle s’approcha. « Je vous conseille de répondre monsieur Chiavelli. Monsieur Di Lorio me semble bien plus féroce que le capitaine de la garde, et il se trouve que ce sont ses mains qui froissent votre col à cet instant…. » Il n’y avait plus que glace dans les yeux du maître d’armes. Du bout des doigts, elle caressait les plis de sa robe où se tenait dissimulée une dague. Nul doute qu’elle n’hésiterait pas à en servir, nul doute non plus qu’elle en avait la parfaite maîtrise… |
|  | | Salvatore Chiavelli Conseiller-Astrologue

Nombre de messages: 31 Date d'inscription: 06/10/2007
 | Sujet: Re: La Roseraie Mar 6 Nov - 12:02 | |
| [La Fontaine] Ils arrivèrent à la roseraie et la découverte du cadavre refroidissant allongé avec négligence sur l'herbe de la roseraie provoqua un remue-ménage plutôt impressionnant, occasionna à nouveau diverses réactions plus curieuses les unes que les autres... Quelques demoiselles se pâmaient d'avoir à faire à un mort, et les prédictions de Salvatore étaient en leur coeur confirmées... Il restait cependant quelques perplexes, des opposants à l'occultisme qui donnaient eux-aussi des réactions plus ou moins vives. Le Comte de Camastra les regardait en souriant légèrement, jusqu'à ce qu'il soit à nouveau près d'eux. Là, il prit une mine grave et blasée, dissimulée de toute surprise, qui lui donnait dans l'apparence une confiance en ses prédictions infaillible.
Quelques questions fusèrent, auxquelles il ne répondit pas, attendant un coup d'éclat qui ne tarderait pas d'arriver... Et celui-ci arriva en effet. Un homme habillé noblement, les cheveux blanc et la barbiche claire, après avoir apostrophé de loin Salvatore, s'approcha vivement de lui pour violemment l'empoigner par le col. Il plaqua sa victime contre une statue de marbre blanc et lui proféra des menaces d'un ton cinglant. Salvatore tint bon et retint toute marque de réaction sur son visage... Ni surprise, ni consternation... Il dut même se retenir de sourire sardoniquement à cet homme qui sans le vouloir, l'aidait à creuser son trou dans le monde occulte de la cité...
Il laissa les menaces tomber à plat, sans répondre directement, et attendit qu'une demoiselle présente d'elle-même son agresseur... Il prit alors la peine de sourire pour répondre aux menaces outrageantes de ce di Lorio, d'une voix claire et assez forte pour que tous entendent...« Monsieur, vous me gênez et m'offensez de penser que je puisse être mêlé à un tel acte de barbarie, de quelque manière que ce soit... Tout ce que j'en ai su, de ce crime ignoble, est ce que les astres ont bien voulu m'en souffler... Je ne suis que leur messager, et non un témoin banal... Il me serait utile de vous déconseiller la torture sur mon être innocent qui n'a de but que de servir votre bonne cause. » Il eut un bref mouvement pour se dégager de l'étreinte qui lui enserrait la gorge.« Monsieur, je vous le répète, je ne sais rien de plus concernant cette affaire, mais je pourrais me pencher sur la question pour en essayer de découvrir le coupable si l'on me le demandait d'une manière un peu plus correcte, et que j'aie le temps d'analyser la situation et de consulter la providence... Je vous somme donc de me lâcher, vous êtes particulièrement outrageant à mon égard... » Il regardait le sieur di Lorio dans les yeux avec le regard allumé d'une lueur de menace, sans pour autant que celle-ci transparaisse dans ses paroles...(Tour de post pour ce sujet : Salvatore, Graziella, Luciano, Mila) |
|  | | Graziella Rivieri Courtisane

Nombre de messages: 113 Date d'inscription: 03/09/2005
 | Sujet: Re: La Roseraie Lun 12 Nov - 19:34 | |
| Graziella releva le menton lorsqu'elle vit Luciano retirer le poignard de la poitrine de la jeune victime. Son regard ne lâcha pas le visage de Luciano sur lequel elle lut la même expression qu'elle avait eu quelques secondes plus tôt : stupeur, interrogations, doutes, hypothèses. A n'en pas douter que le baron était au courant de l'état du prince Elio. Elle chercha son regard et le croisa alors qu'il lui posa une question. Sans le quitter de son regard pénétrant, elle répondit simplement ce qu'elle savait."Un gentilhomme, voilà tout ce qu'il m'a dit de lui." Alors que la garde arrivait pour écarter les badauds, Graziella garda son regard sur le poignard et le vit disparaître dans une poche intérieure du pourpoint du baron. Alors seulement la courtisane lâcha Luciano des yeux et son regard repartit vagabonder sur la foule agitée.
La courtisane fit mine de s'intéresser au tumulte de la foule autour du cadavre mais son attention était totalement prise par ce qui se passait non loin, juste un peu à l'écart et qu'elle observait du coin des yeux. Di Lorio avait fondu sur l'astrologue et le menaçait pour espérer en savoir plus, bientôt rejoint par l'autre jeune femme.
Graziella ne put retenir un léger sourire face à la scène malgré la situation maccabre. Di Lorio faisant montre de son autorité et de sa puissance... sociale et physique, et la jeune femme se mêlant d'affaires dont une femme devait habituellement rester à l'écart.
Ses yeux bleus d'un clair limpide glissèrent sur le visage de l'astrologue, le sondant du regard et écoutant sa défense. De nouveau un sourire naquit sur son visage. Une idée particulièrement exquise venait de germer dans son esprit. |
|  | | Luciano di Lorio Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti

Nombre de messages: 166 Date d'inscription: 04/07/2005
 | Sujet: Re: La Roseraie Ven 16 Nov - 3:16 | |
| Un troisième esclandre en une seule journée, il allait sans dire que ce retour à Venise ne serait d’ores et déjà pas d’une parfaite quiétude. Ce démêlé était pourtant bien éloigné de l’échauffourée passionnée de la Calle Trevisi ou de celle aux visées fort différentes qui l’avait opposé à Tiberio Adorasti, peut-être seulement en raison de la placidité – calculée? – de son adversaire. Le sourire insolent qu’on lui accorda ainsi que le misérable plaidoyer, visiblement destiné à être ouï de tous, qui s’ensuivit l’agacèrent un peu plus qu’il ne l’était déjà. Luciano s’efforça cependant au calme, faisant appel à sa raison pour se convaincre de ne pas écraser le crâne de sa victime comme un fruit mûr. Avec la sagesse et la bonté qui mûrissent en même temps que l’âge, le baron s’était résolu à ne plus user de ces moyens relativement rudes envers des adversaires plus frêles qu’il ne l’était.
« Ne vous prévalez pas d’un honneur que vous ne possédez point, Monsieur, déclara-t-il d’un ton acide. Si vous tirez orgueil de l’obscurantisme dans lequel vous plongez les sots et les naïfs, n’espérez pas me prendre pour dupe. Votre seul métier d’escroc et de charlatan, cultivant l’ignorance et la superstition, suffirait à vous faire mettre à l’écrou. » Autour d’eux, la foule se mouvait pour quitter les lieux ou s’arrêtait pour observer la scène, lui rappelant soudainement l’une de ses préoccupations premières. Il lui fallait absolument rejoindre son protégé et s’assurer de sa sécurité. Il était évident qu’il n’obtiendrait rien dece Camastra ce soir même et, outre le simple plaisir de le molester, il n’était d’aucune utilité de demeurer plus longtemps en cet endroit. Resserrant sa poigne pour immobiliser son interlocuteur, il l’éleva un peu plus haut de manière à ce qu’ils se retrouvent face à face.
« Soyez heureux que j’aie mieux à faire que de châtier votre propre impudence. Vous êtes nouveau en cette ville, Monsieur, et la bonne société, sinon les astres, saura vous apprendre qu’il n’est pas bon de m’offenser de la sorte. Je vous souhaite de déchiffrer ce message avec plus de clairvoyance que vous n’en avez démontré jusqu’ici. » À ces mots, l’aristocrate le relâcha subitement, affichant une expression à la fois détachée et dégoûtée, comme il se serait débarrassé d’une immondice du bout de ses doigts gantés. Il jeta un regard presque agréable à Mila Scarlatti, dont il avait apprécié l'intervention, puis en échangea un second, songeur, avec la Rivieri, essayant de déterminer ce qui était en son savoir. Des adieux courtois et il s’éloignait à grands pas pour partir en quête de Raffaele.[Ellipse] |
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