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| Auteur | Message |
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Pourpre Du Bout des Doigts

Nombre de messages: 379 Statut: Admin Date d'inscription: 11/04/2005
 | Sujet: La Roseraie Sam 19 Nov - 23:39 | |
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|  | | Matteo Salvanti Homme de Main - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 390 Statut: Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello. Date d'inscription: 02/05/2005
 | Sujet: Re: La Roseraie Ven 25 Nov - 6:51 | |
| [Calle Bardini] Dès son arrivée à Venise, Matteo était parti en éclaireur pour déterminer les endroits notables de Venise qu’il pourrait utiliser ultérieurement. Ce qu’il considérait comme un lieu digne d’attention signifiait bien souvent un lieu où emmener ses conquêtes, qu’il prévoyait d’avance fort nombreuses. C’est donc lors de l’une de ses promenades à travers la ville qu’il avait pu repérer un charmant jardin public, qu’il s’était promis de revenir visiter… mais accompagné, cette fois.
La jolie domestique de la Calle Bardini à son bras, le blond déambula à travers les allées pour finalement atteindre la roseraie, un endroit qui joignait l'utile à l'agréable comme il était à la fois discret et fort beau. S'immobilisant, le jeune homme se tourna pour faire face à sa dame. Il rapprocha son visage du sien et lui souffla d'un ton suave: " Ma dame, le Soleil amorce son coucher, la nuit est sur le point de tomber et pourtant, je ne ressens la morsure du froid tant mon coeur est réchauffé par l'ardeur de l'amour. " Il prit ses mains entre les siennes et les chérit de baisers, les tenant comme on le ferait avec de précieuses reliques. |
|  | | Isabella Invité
 | Sujet: Re: La Roseraie Ven 25 Nov - 18:29 | |
| Isabella suivait le couple depuis quelques minutes déjà, à distance. Elle n'était pas bien sûre de reconnaître celui qu'on l'avait envoyé chercher. Alors que les deux jeunes gens s'arrêtaient dans le jardin, Isabella distingua plus nettement le visage de l'homme, et en conclut qu'il s'agissait bien là de Matteo Salvani. Réajustant sa tenue, non par coquetterie mais par souci de bien se présenter, elle avança à petits pas pressés vers eux, génée d'avance de devoir les déranger dans leur promenade. Plus elle approchait, et plus elle était certaine qu'il s'agissait bien de celui dont on lui avait fait la description. Il était réellement très beau. Une discrète rougeur embrasa les pommettes d'Isabella, qu'elle s'efforça de contrôler, pour ne pas être inconvenante. Les servantes ne devaient pas regarder ainsi ceux qu'elles servaient! Et voilà qu'en s'approchant, elle vit que le jeune homme baisait les mains de la jeune femme, et ses joues s'empourpèrent d'avantage... quel pire moment aurait-elle pu choisir pour les interrompre? Aucun! Elle s'immobilisa à quelques pas à peine d'eux, indécise. Ils l'avaient vue, elle ne pouvait plus s'en retourner! Mais si elle rompait ce moment, elle manquerait à tous ses devoirs! Oh non! Comment avait-elle pu être aussi idiote? Isabella tordait nerveusement ses mains, il fallait qu'elle se lance maintenant qu'elle était là, sinon ce serait pire encore...!"Heu... M... Matteo Salvanti?" Demanda-t-elle, au comble de la gène. |
|  | | Eva Call Invité
 | Sujet: Re: La Roseraie Sam 26 Nov - 19:30 | |
| Eva, au bras de Matteo, souriait doucement. Le jeune homme la charmait. Poète, séduisant, il représentait l'idole des jeunes filles des rues. Elle laissa ses mains dans celles du jeune homme ; elle était maintenant tout près de lui et cela ne la dérangeait pas outre mesure. Soudain, une petite voix se fit entendre. Une voix qui appelait Salvanti. *Une ancienne conquête déçue et incrédule ?* se demanda la jeune fille, dissimulant son amusement.
Elle se tourna vers la jeune fille. Celle-ci paraissait gênée, non pas triste ni furieuse. Matteo n'avait sans doute pas encore sévi ! Eva sourit à l'"intruse". Elle se demanda un instant quelle allait être la réaction du jeune Salvanti... |
|  | | Matteo Salvanti Homme de Main - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 390 Statut: Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello. Date d'inscription: 02/05/2005
 | Sujet: Re: La Roseraie Mer 30 Nov - 0:51 | |
| Matteo s’apprêtait à amorcer une prochaine étape dans son savant procédé de séduction quand son nom fut prononcé. Il fronça les sourcils, à la fois mécontent et étonné qu’on vienne le déranger dans un tel endroit et un tel moment. Il espéra que ce n’était pas l’une de ces prétendantes éconduites qui n’arrivaient pas à surmonter leur peine incommensurable suite à son départ. Leurs crises d’hystérie semblaient tirées tout droit d’une tragédie grecque, ou d’une comédie, dépendant des cas. Le garçon n’était pas insensible à leurs doléances. Il se faisait même un plaisir de se réconcilier avec ses anciennes conquêtes, si elles présentaient encore un quelconque intérêt. Il n’appréciait seulement pas leur manie d’apparaître à un moment crucial de ses jeux d'amour.
Le jeune homme se retourna pour découvrir l’identité de l’importune, se retrouvant face à une jouvencelle qu’il se souvenait avoir entraperçue au Palais. Un sourire adoucit aussitôt ses traits. Quel était son nom déjà? Ah oui. Munto, Isabella Munto. Même si s’occuper des domestiques ne faisait pas partie de ses charges, l’home de main prenait soin de connaître chacun des membres composant la maisonnée, pour la sécurité de son maître, bien sûr, mais aussi par intérêt, quand le serviteur ou l’invité en question attirait son regard.
Le blond adressa un sourire charmeur à sa dame, lui faisant subtilement signe de patienter pendant qu’il réglait cette affaire sans importance, pour ensuite diriger son attention vers la servante brune : « Isabella, la salua-t-il chaleureusement afin de dissiper sa gêne apparente. Est-ce le Prince qui vous envoie? » Cette rencontre avait du bon, tout compte fait, comme elle lui permettait de bien paraître devant sa compagne. Ce n’était tout de même pas le premier venu qu’on envoyait quérir pour le Prince Ugo di’Grazziano. |
|  | | Isabella Invité
 | Sujet: Re: La Roseraie Sam 10 Déc - 17:36 | |
| Isabella, de plus en pluis confuse et génée malgré le sourire avenant de Matteo s'inclina poliment et répondit au beau jeune homme :"Oui, je suis chargée de vous transmettre que vous êtes attendu à la réception de ce soir..." Isabella parlait d'une petite voix, qui ne devait probablement pas porter jusqu'aux oreilles de la jeune femme qui se trouvait un peu plus loin. Ce n'était pas intentionnel. Elle était soulagée de ne pas avoir provoqué la colère de Matteo et se rendit compte qu'il l'avait appelée par son prénom. Elle se redressa et lui adressa un bref regard interrogateur, qui dut parraître comique. Elle ne se rappelait pas avoir été présentée à Matteo, ce qui n'excluait pas qu'il puisse, lui l'avoir vue et avoir peut être entendu parlé d'elle, mais qui diable pouvait bien avoir parlé d'elle à quelqu'un comme Matteo? Voilà qui était un mystère pour la jeune servante et qui avait de quoi alimenter son imagination fertile pendant un moment... |
|  | | Eva Call Invité
 | Sujet: Re: La Roseraie Sam 10 Déc - 18:10 | |
| "Est-ce le Prince qui vous envoie ?" avait interrogé Matteo.
Ainsi, le jeune galant avait bel et bien des relations haut placé ! L'affaire devenait réellement intéressante, mais restait à savoir à laquelle des deux maisons dirigeant Venise appartenait Salvanti. La jeune Eva croyait savoir qu'il appartenait à la Ca'Grazziano, mais un doute subsistait dans son esprit. Restée en retrait, elle ne perçut pas les paroles de l'inconnue, seulement quelques bribes. Cependant, elle devinait aisément le trouble de la jeune fille ; ses joues rougies n'étaient sûrement pas dûes à la fraîcheur ambiante. Elle observa Isabella. Sa gêne était évidente aux yeux d'Eva, et elle pensa que Matteo l'avait sans aucun doute remarqué... Il s'en amusait sûrement autant qu'elle-même ! Salvanti était invité à une réception donnée le soir-même ?! Eva prit cela comme une bonne nouvelle : son maître, Dante Lonza, y était peut-être convié... Avec un peu de chance, peut-être aurait-elle à l'accompagner ? |
|  | | Matteo Salvanti Homme de Main - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 390 Statut: Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello. Date d'inscription: 02/05/2005
 | Sujet: Re: La Roseraie Sam 10 Déc - 19:05 | |
| * La réception de ce soir? *
Matteo fut décontenancé par les paroles d’Isabella. Il aurait certainement été parmi les premiers à savoir que le Prince comptait donner une fête dans sa demeure et, si la chose avait été mentionnée à la bibliothèque en début d’après-midi, l’homme de main doutait que son maître eut déjà terminé tous les préparatifs nécessaires à ce genre d’évènements. À sa connaissance, une seule réception avait lieu ce soir dans tout Venise, et ce serait celle qui se déroulerait au Palais Adorasti. Se pouvait-il que la Ca’Grazziano, sa rivale, y ait été invitée? Le garçon cligna des yeux. Était-il possible que ce fût l’œuvre de la Princesse Anna, qui aurait tenté de réconcilier ses deux familles en les réunissant sous le même toit le temps d’une soirée? Ce serait un mystère à éclaircir plus tard.
Reportant son attention à la servante qui lui avait été envoyée, le blond remarqua le regard qu’elle lui lança. Un sourire étira ses lèvres. L’étonnement de la jeune femme était délectable. Plusieurs nobles et bourgeois négligeaient leurs domestiques, les traitant comme de simples possessions, ce que Matteo considérait comme une grave erreur. Les gens de maison avaient accès à des renseignements dont les plus puissants seigneurs ignoraient tout. Les informations utiles qu'on pouvait récolter en se rendant au marché ou en nettoyant la chambre d'un hôte étaient innombrables. C'est pourquoi, loin d'ignorer les domestiques, le jeune homme n'hésitait pas à converser avec eux ou à leur susurrer des mots doux au creux de l'oreille, quitte à les emmener par la suite dans sa chambre pour qu'ils y fassent plus que plier ses draps...« Je vous remercie pour votre diligence, Isabella. Je n'oublierai pas de mentionner vos qualités au Prince, dès que j'en aurai l'occasion, » fit-il aimablement, sans cesser de sourire.
Matteo fit un pas vers l'arrière, se rapprochant un peu de sa belle, laissée pour compte pendant le bref échange.« Y a-t-il autre chose? » demanda-t-il à Isabella, d'un ton aussi chaleureux. |
|  | | Isabella Invité
 | Sujet: Re: La Roseraie Sam 10 Déc - 20:50 | |
| Isabella rougit jusqu'aux oreilles en entendant le ton employé par Matteo, plus que les mots eux mêmes. Elle se balança d'un pied sur l'autre, dans une attitude de petite fille indécise, puis répondit finalement :"Je vous remercie, seigneur Salvanti, ce sera tout..." Elle aurait bien rajouté quelque chose comme : nous nous reverrons peut être ce soir, mais ç'eut été déplacé. D'une part parce qu'elle était domestique, d'autre part parce que Matteo était en charmante compagnie... Si elle avait su que la belle était servante tout comme elle, elle s'en serait retrouvée bien étonnée...
Isabella salua alors les deux personnes en s'excusant à nouveau de les avoir dérangés, puis repartit à petits pas pressés de souris vers la demeure Ca'Grazziano. |
|  | | Eva Call Invité
 | Sujet: Re: La Roseraie Dim 11 Déc - 12:18 | |
| La jeune domestique s'en étant retournée à la demeure Ca'Grazziano et Matteo s'étant rapproché d'elle-même, Eva songea à demander au jeune homme quelle était la raison qui avait poussé Isabella à l'aborder. Mais elle ne jugea pas ceci convenable, surtout pour une jeune personne de son rang... *Si j'étais princesse, la question ne se poserait même pas, je pourrais parler, donner mon avis, sans craindre de froisser quiconque, je serais libre de mes paroles...* D'après elle, être princesse, c'était être libre de faire tout ce qu'elle voulait. Peut-être se trompait-elle, elle n'en avait cependant pas conscience. Quand elle prétendait mépriser toutes ces dames en grandes robes, elle se mentait à elle-même autant qu'aux autres. C'était une de ses faiblesses qu'elle dissimulait aux yeux de ses connaissances. Ah, son impertinente manie la reprenait, elle s'était pourtant interdit d'envier les personnes riches, nobles et poudrées ! Mais rien n'y faisait : fille des rues devenue servante d'un astrologue qui s'était malgré tout attiré sa sympathie et son respect - pour l'aplomb avec lequel il mentait à ses clients, ainsi que pour son talent pour la comédie - elle ne pouvait pas se permettre ces rêveries. Son statut lui convenait, n'est-ce pas ? Interrompant le fil de ses pensées volontairement, elle s'obligea à regarder s'éloigner Isabella et tenta d'imaginer la réception donnée le soir-même, attendant que le jeune homme lui explique la raison de la venue de la domestique, ou non. |
|  | | Matteo Salvanti Homme de Main - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 390 Statut: Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello. Date d'inscription: 02/05/2005
 | Sujet: Re: La Roseraie Lun 12 Déc - 4:24 | |
| Voyant Isabella s’éloigner, Matteo s’empressa de la rattraper, posant sa main contre son bras pour la retenir.« Pourquoi partez-vous si vite, Isabella? Ne souhaitez-vous pas que je vous raccompagne? » s’enquit-il, un sourcil relevé, une lueur joyeuse dans son regard azur.
Le jeune homme avait pris une décision. Il devait s’entretenir avec son Prince pour l’informer qu’il avait déjà été convié à la soirée, puis faire part de son intention de s’y rendre sous le couvert de l’anonymat. En allant à la réception au nom de la Ca’Grazziano, il s’attirerait sans doute la méfiance de la part de la famille Adorasti alors que si, au contraire, il s’y présentait sans attache apparente à aucune Maison, il aurait tout à parier que les langues se délierait plus rapidement en sa présence. Il comptait bien exposer ce raisonnement à son maître dans les plus brefs délais. De plus, s’il souhaitait paraître convenablement à la fête, il devait jouir d’au moins une heure pour se livrer à plusieurs préparatifs indispensables.
Le blond ne désirait pas non plus délaisser sa charmante compagne alors que leur relation avait débuté d’un si bon augure. Son esprit génial lui permit de trouver rapidement une solution à son dilemme. Il ferait d’une pierre deux coups en invitant sa dame à la soirée, lui ouvrant ainsi les portes aux grandeurs des festivités données par la noblesse et arrivant accompagné d’une parfaite inconnue au Palais Adorasti, chose qui lui permettrait de se détacher tout à fait de son appartenance à la Ca’Grazziano.
La vie était si simple et si merveilleuse lorsqu’on s’appelait Matteo Salvanti!
Un grand sourire aux lèvres, l’homme de main se retourna vers sa belle. Posant un genou en terre dans une pose classique du romantisme, il prit sa main fine entre les siennes pour déclarer:« Mademoiselle, on m’apprend à l’instant qu’une réception se tient ce soir. Souhaiteriez-vous m’y accompagner? Vous me combleriez en m’honorant de votre présence. Je suis conscient de la faveur que vous m'accorderiez en acceptant de paraître à mon bras, vous jeune femme d'une telle beauté, mais j'ose croire que vous daignerez accepter mon invitation... » Il attendit la réponse de sa bien-aimée avec impatience, suspendu à ses lèvres. [/i] |
|  | | Eva Call Invité
 | Sujet: Re: La Roseraie Mer 14 Déc - 13:43 | |
| Eva sourit, se mordillant légèrement la lèvre inférieure : c'était ainsi que, d'ordinaire, se manifestait son ravissement, qu'il soit voulu ou non. Ce jour-là, cette joie intérieure n'était pas le moins du monde feinte. Une réception... les souvenirs affluèrent. Elle se souvint que, enfant, elle rêvait d'être conviée à un bal par un Prince Charmant... Un de ces rares moments de faiblesse où elle avait eu l'occasion d'espérer une vie meilleure, tout en sachant pertinemment que cela n'arriverait jamais. Et à présent, le jeune homme le plus admiré de Venise la courtisait ! Bien sûr, elle en avait vu d'autres, mais aucun ne l'avait jamais invitée... Elle répondit donc, pesant ses mots, contrôlant chaque regard et chaque sourire :"Vous... Vous me comblez... Je serais ravie d'assister à cette réception à vos côtés, bien que je doute qu'une simple servante puisse franchir le seuil de la demeure où auront lieux les réjouissances..." Elle avait parlé d'une voix douce, les yeux baissés en une parfaite attitude timide, qui lui conférait un air de jeune fille angélique qui lui seyait à merveille. |
|  | | Isabella Invité
 | Sujet: Re: La Roseraie Sam 17 Déc - 12:04 | |
| Quand Matteo l'avait interpelée, Isabella était revenue sur ses pas, étonnée. La raccompagner ? Pourquoi faire ? Etait-ce bien convenable ? Qu'allait-on en penser ? Et la jeune femme qui accompagnait Matteo ?
Elle fut interrompue dans ses questionnements par l'échange entre Matteo et Eva. Ainsi, il l'invitait au bal et... c'était une servante ? Comme elle ?
Isabella leva vers Eva un visage où perçait l'étonnement. Cette si jolie jeune femme, à l'allure si fine, partageait donc la même condition qu'elle ? Et se faisait inviter par quelqu'un comme Matteo à la réception ?
Jamais en venant à Venise, Isabella n'aurait imaginé que ces choses là y soient possibles. Inconditionnelle rêveuse, elle avait bien souvent vécu ces histoires là en rêves, mais ce qui se déroulait sous ses yeux était la réalité.
Elle fit un discret sourire à Eva, comme pour lui dire qu'elle était heureuse pour elle, puis dit à Matteo :"Si vous devez vous rendre au palais, nous pouvons cheminer ensemble. Ainsi, vous pourrez peut être me confier quelque course à faire pour vos préparatifs..." Elle ne savait au juste quels préparatifs pouvait bien avoir à faire quelqu'un comme Matteo, mais elle voulait montrer à Eva qu'elle ne lui serait pas une rivale...[Ca'Grazziano - Embarcadère] |
|  | | Eva Call Invité
 | Sujet: Re: La Roseraie Lun 19 Déc - 21:20 | |
| Isabella revenant sur ses pas, Eva put lire un certain étonnement, puis de l'incrédulité sur le visage de la jeune domestique. Surprise dont elle devinait sans peine la cause : son propre statut de servante, mais aussi et sans doute le fait que Matteo Salvanti, LE Matteo Salvanti, vienne d'inviter une simple domestique à se rendre à une reception en sa compagnie ! Considérant mieux le visage d'Isabella, Eva crut soudain y déceler autre chose que de l'étonnement : de l'admiration. D'ailleurs, elle souriait... Et son regard exprimait de la sympathie ? Non, la brune servante préféra se persuader que ce nétait qu'une impression. Elle n'avait pas l'habitude d'offrir son affection à n'importe qui ! Pourtant, elle avait besoin d'une amie, mais cela, rien ni personne ne lui ferait jamais avouer. Elle se décida donc à penser à tout autre chose : la réception qui se déroulerait le soir même. Quelle serait sa toilette ? Y retrouverait-elle son maître ? *Oui, sans aucun doute...* Pourtant, le fil de ses pensées revint à Matteo, et, par association d'idées, à Isabella. Enfin, un sourire, mince mais sincère et chaleureux, éclaira son visage, éclairant ce dernier d'une lumière intérieure qui la rendait encore plus belle... Un ange, voilà ce qu'on aurait pu penser d'elle en l'observant à cet instant. Cependant, si, d'ordinaire, il ne s'agissait que d'un masque qu'elle avait confectionné il y avait déjà si longtemps, cette fois, ce sourire venait du coeur... Un coeur longtemps négligé.(le tour de post pour ce sujet est : Matteo, Isabella, Eva) |
|  | | Matteo Salvanti Homme de Main - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 390 Statut: Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello. Date d'inscription: 02/05/2005
 | Sujet: Re: La Roseraie Mar 10 Jan - 4:18 | |
| L’ennui à agir sur une impulsion soudaine était qu’on regrettait parfois les décisions prises sans avoir été soigneusement soupesées. À peine la jeune servante avait-elle accepté d’être sa cavalière pour la réception que Matteo entrevoyait le nombre de problèmes qu’entraînait pareille chose. Où trouver une robe convenable, d’abord ? Et la jeune femme connaissait-elle les usages, l’étiquette et les bonnes manières ? Saurait-elle se tenir en bonne société sans trahir sa véritable condition ? Sa beauté serait-elle suffisante pour la parer contre toute attaque ou, au contraire, attirerait-elle la jalousie de la gent féminine qui ferait tout pour la discréditer ? Et si on levait le masque sur cette imposture ? Si le maître de sa belle se trouvait parmi les invités et la reconnaissait ? Il serait la risée de tout Venise si on apprenait qu’il paraissait à la soirée au bras d’une simple domestique ! On croirait à une plaisanterie de mauvais goût, une vulgaire amourette ou pire, qu’il était incapable de trouver une dame de haut rang pour l’accompagner !
Mentalement, le blond fit le décompte des individus susceptibles d’être invités au Palais et aptes à identifier sa compagne comme une servante. Monsieur Farieli, qui semblait avoir une dent contre lui depuis son départ précipité du Caffé Florian… L’employeur de sa nouvelle conquête, également. Les éventuelles connaissances, que la jeune femme croisait chaque jour en faisant les courses de son maître…. Un soupir s’échappa de ses lèvres. Les soucis s’accumulaient en un amoncellement qui n’annonçait rien de bon. Il entendait déjà le signor degli Albizzi tourner en dérision sa bêtise, son inconscience et sa faiblesse envers les femmes.
Que faire? Il lui était arrivé de fuir, même si c’était une attitude de couard, loin de son éducation de gentilhomme. Il lui était également arrivé de ne pas se présenter au rendez-vous donné quelques heures plus tôt, séduit par un autre entre-temps. Il s’était déjà inventé des prétextes pour s’esquiver habilement et éviter la catastrophe imminente. Mais, cette fois-ci, la situation était différente. Il devait absolument se rendre au Palais Adorasti, ce soir même, et ce, sans qu’on ne l’attache à la Ca’Grazziano. Sa jolie domestique semblait apparemment ravie, voire enchantée d’avoir été invitée, mais après mûre réflexion, Matteo réalisait qu’il paierait cher ses passions, aussi éphémères que sottes.
Rentrer à la Ca’Grazziano, s’entretenir avec le Prince et chercher conseil auprès du signor degli Albizzi qui, malgré sa haine des mondanités, était celui à qui s’adresser en matière d’étiquette et de situations délicates telles que celle que le jeune homme vivait en ce moment.
S’inclinant profondément devant sa ravissante cavalière, Matteo prit sa main dans les siennes pour y déposer un baiser avant de lui souffler avec une ferveur amoureuse :« Votre réponse me comble de bonheur, Mademoiselle, je puis vous l’assurer! J’étais animé du fol espoir que vous condescendiez à m’accorder un regard, plus tôt lorsque je vous ai aperçue à votre fenêtre, et voilà que vous acceptez de me revoir, chose à laquelle je n’osais songer, par peur de souffrir d’une affliction sans pareille à l’idée que jamais je n’arriverais à vous plaire! » Il jeta un coup d’œil au ciel baigné par les lumières du crépuscule. Il tendit alors la main à Isabella pour lui faire signe de le suivre.« Je dois à présent vous quitter, ma douce. C’est le devoir qui m’appelle. Tant de préparatifs m’attendent encore au Palais! Mon Prince désirera certainement que je lui soumette un rapport détaillé de mes activités… Soyez prête lorsque je me présenterai à votre fenêtre! » Le garçon n’avait encore décidé s’il se présenterait réellement à la fenêtre de sa belle, car toute belle qu’elle était, sa réputation était en jeu. Aussi cyniques ces pensées pouvaient-elles être, il devait s'avouer qu'il avait connu plusieurs femmes... et en connaîtrait probablement encore plusieurs. Il devrait peut-être se résoudre à sacrifier celle-ci sur l'autel de ses obligations envers sa Maison...[Ca'Grazziano - Embarcadère] |
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