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| Auteur | Message |
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Coriolan Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Sam 22 Oct - 16:50 | |
| Instabilité... Coriolano avait éprouvé un vif plaisir à l'idée de deviser avec sa tante pendant quelques instants. Si Bianca était la lumière à Venise, Lucia en aurait été le seul, à l'opposé de cette onde étrange, qui pénétrait chaque pore de ce grand corps qu'était la ville, le sol qui enfantait des roses. Ce ne serait pas pour tisser de grandes confidences, loin de là. Coriolano avait remarqué que sa tante était de celles capables de donner du sens à n'importe quelle phrase, aussi anodine qu'elle ait pu paraître. Dans ce monde d'illusion et de faux-semblants, ce don était rare et précieux. Hélas Iago, le coulant Iago apparût pour la deuxième fois dans la journée. Il avait son air des mauvais jours. Pas pour lui-même, mais pour les autres, à commencer par le Prince. Un instant, le jeune homme fut tenter de refuser d'écouter l'intrus. Cependant, Iago se trouvait rarement dans un tel état d'agitation. Même si son comportement était proprement inadmissible, ce qu'il avait à dire avait sûrement quelque intérêt. Et il était encore trop tôt pour que Coriolano pû se permettre le luxe suprême : refuser des informations. Aussi se laissa-t-il repousser de bonne grâce dans la bibliothèque.
Dans le mouvement, il eut cependant le temps de se pencher vers l'homme pour lui murmurer à l'oreillle :"J'ose espérer que ton intrusion pourra te râcheter auprès de ma tante. Tu ne voudrais vraiment pas qu'elle t'en tienne rigueur, ne penses-tu pas ?" [La bibliothèque]
Dernière édition par le Dim 19 Aoû - 22:32, édité 1 fois |
|  | | Laurena Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Mer 26 Oct - 14:35 | |
| L'impolitesse de Iago aurait pu choquer Laurena, c'eut été la réaction la plus normale, au contraire, elle l'amusa. Elle avait déjà aperçu le jeune homme, mais il ne lui avait jamais rien demandé, ne s'était même jamais arrêté devant elle, et c'était sans doute la première fois qu'elle entendait sa voix. Il s'adressa au Prince sur un ton impératif et le força à entrer dans la bibliothèque. La scène fit sourire Laurena avec : n'importe qui, à sa connaissance, n'aurait osé faire une chose pareille, de même qu'appeler Lucia "la vieille Agrippine", et s'il avait osé l'oser, elle se doutait que cette personne, quelle qu'elle soit, aurait été sévèrement réprimandée. Iago devait être un grand ami du prince, pour se permettre de telles choses.
Un instant après, le jeune poète passa devant elle, semblant ne même pas la voir. La même pensée que tout à l'heure lui traversa la tête : les poèmes de cet homme devaient être fades et vides, tant l'impression qu'il donnait était celle de ne pas être à sa place. Elle eut envie de le suivre, ne fût-ce que pour lui demander la cause de son état, mais renonça immédiatement, Lucia pouvait encore avoir besoin d'elle. Mais l'instant d'après, elle sortit à son tour du petit salon, et, voyant que son neveu ne pourrait vraisemblablement pas passer de moment avec elle, sembla subitement abattue, et déclara à Laurena qu'elle pouvait disposer. L'intendante s'inclina à son passage et songea à rejoindre le poète, puisqu'elle n'avait plus rien à faire sur place, mais il avait disparu entre temps. Elle s'en alla donc, voir si personne d'autre n'avait besoin de ses services, et, si elle croisait Cilio sur le passage, ce serait tant mieux.[L'embarcadère] |
|  | | Laurena Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Jeu 3 Nov - 23:53 | |
| [L'embarcadère] Laurena revint donc au même point. Accompagnée, cette fois, d'Orfeo, qui devait délivrer un message au Prince. La porte de la bibliothèque était toujours close et des voix s'élevaient de l'intérieur, ce qui l'avait amené à conclure que ni le Prince ni Iago n'avaient bougé. Elle entrouvrit la porte du petit salon, et, constatant que celui-ci était vide, y entra. Elle se retourna et effectua une révérence exagérée au jeune homme."Si Monseigneur le messager accepte d'attendre dans ce modeste salon que le Prince se libère..." Puis elle s'approcha d'un fauteuil, et, après avoir vérifié encore une fois autours d'elle qu'il n'y avait personne d'autre qu'Orfeo et elle-même, s'assit dedans."Je crains que nous ne devions patienter un moment..." |
|  | | Orfeo Ciriaco Saltimbanque

Nombre de messages: 81 Date d'inscription: 02/09/2005
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Ven 4 Nov - 1:14 | |
| [embarcadère] Orfeo avait suivi la jeune femme et surprit le regard qu'elle lança vers la porte qui faisait face à celle qu'elle ouvrit pour le faire entrer dans un salon.
Il fit quelques pas dans la pièce, réajustant machinalement les sangles de son paquetage sur sa poitrine. Avec un intérêt non dissimulé, il observa l'ameublement et la décoration du lieu. Tout cela était fort éloigné de ce à quoi il était habitué et le moelleux des tapis sous ses pas lui fit prendre conscience des traces humides de neige qu'il laissait partout.
Sans plus de façons, l'intendante prit place dans un fauteuil, bien décidée apparemment à patienter avec lui que le Prince veuille bien se montrer. "Peut-être vaudrait-il mieux signaler ma présence. J'ai dit que je pouvais attendre mais je doute que la personne qui m'envoie soit ravie que son message mette tant de temps à être délivré. D'autant plus qu'il ne s'agit que de l'affaire de quelques minutes." Son pas fluide le ramena vers la porte. D'un mouvement rapide il la rouvrit et sans attendre une réaction de la part de la jeune femme, gagna la porte de la pièce où se trouvait le Prince. "Annoncez moi à présent, je vous prie, Gracieuse Dame." [Bibliothèque] |
|  | | Laurena Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Mer 16 Nov - 20:37 | |
| Laurena paraissait ennuyée par ce qui se passait. En effet, elle n'avait jamais été confrontée depuis qu'elle était employée par les Grazziano - ce qui ne faisait pas très longtemps, il est vrai - à une situation comme celle-ci. La jeune femme devait faire face à un terrible conflit interne : D'un côté, elle pouvait déranger le Prince lors d'un entretien privé avec un de ses amis pour lui annoncer un messager. Certes, le Prince n'avait pas vraiment sollicité cet entretien, mais il avait eu le temps de refuser sèchement s'il le voulait... De l'autre, elle pouvait forcer le messager à patienter jusqu'à ce que le Prince ait fini, mais c'était en prenant le risque de ne pas lui transmettre un message urgent...
Finalement, l'intendante décréta que si le Prince ne voulait pas recevoir le messager, il comprendrait, et que l'incident serait minime.
Avec une pointe d'énervement dans la voix, elle lui répondit :"Bon. Je vais vous expliquer : le Prince s'est enfermé avec un ami à lui dans la bibliothèque il y a de ça plusieurs minutes, et ils y sont toujours. Je vais aller demander au Prince s'il peut recevoir un messager qui dit apporter une lettre importante avec un médaillon sensé révéler son expéditeur. S'il ne peut pas vous recevoir, alors, je m'en excuse, mais vous devrez patienter si vous tenez vraiment à lui remettre ce message en mains propres." Et elle s'en alla frapper à la porte de la bibliothèque.[La bibliothèque] |
|  | | Tannucci Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Mer 30 Nov - 19:55 | |
| [La Grand Hall- Les Escaliers] La Princesse pénétra théâtralement dans la pièce et qu'elle ne fut pas sa surprise de n'y trouver âme qui vive.Elle jeta un regard circulaire à la pièce, quelqu'un pourrait-il avoir eu l'idée supide de se cacher derrière un des fauteuils afin de fuir sa lumineuse présence ? Désappointée elle s'avança dans la pièce terriblement vide. Un petit buffet immonde dans un coin de la pièce la toisait de sa bassesse.Tannuccia s'en approcha, y jeta un coup d'oeil hautain, loucha sur les bibelots qui le recouvraient et qui n'étaient pas si laids que ça, même plutôt agréables à la vue. Elle passa un doigt sur le buffet et le regarda, pas un seul grain de poussière.Ugo tenait extrêmement bien sa maison. La Princesse éclata de rire avant d'aller s'installer sur l'un des canapé.
Elle soupira d'aise. Elle venait de penser à la petite servante au charmant minois. Le désir avait-il déjà envahi le bon et sage Prince Ugo. Avait-il déjà posé son regard sur les courbes de la jeune fille ? Posé ses mains sur ses hanches, caressé sa taille fine et déposé ses lèvres sur celles sucrées d'Isabella ? Un maître de maison aimait à profiter de la jeunesse et la fraîcheur de ses servantes, c'était connu. Cette pièce avait-elle accueilli les frasques du Prince ? Tannuccia eut un petit rire. Non il était bien trop pur. Il fallait déjà qu'il oublie sa jeune soeur. Huf...Le visage de la princesse se teinta de moquerie. Elle s'appuya contre le dossier du fauteuil et attendit. Une âme charitable finirait bien par venir la rejoindre, son thé aussi. Elle ferma les yeux et se laissa envahir par la chaleur rassurante du feu tout en tentant de mettre un peu d'ordre dans ses cheveux.-- Cela suffisait ! La Princesse ne pouvait plus rester ainsi.Elle se sentait..Sale. Il lui semblait encore sentir les sillons laissés par d'invisibles perles de sueur et ses cheveux étaient ébourriffées et ils avaient cotoyé l'air impur souillé par tous les gueux...C'était...immonde ! Elle était vraiment plus que sale et elle devait sentir mauvais.Ses vêtements n'étaient plus dignes d'être portés ! Ils n'avaient que trop duré.
Elle se leva brusquement, faisant claquer sa mise, résolue d'aller se changer, s'apprêter, se faire sentir bon. En bref, elle voulait être belle et bien vêtue et faire se retourner tout Venise sur son auguste personne.Elle se passa une main dans le cheveux, tâchant de les dompter tout en les échevelant.Elle afficha un sourire avenant et se prépara à sortir lorsqu'une petite servante à la chevelure aussi enflammée que ses joues vint lui balbutier en tremblant que le Prince Ugo la sommait de se préparer car une fête se déroulait chez les Adorasti ce soir-là et qu'elle l'accompagnerait, aussi était-elle priée de se dépêcher de le rejoindre à l'embarcadère.Tannuccia la remercia du bout des lèvres et lui ordonna de quitter la pièce en vitesse afin qu'elle puisse à son tour en sortir pour aller se préparer.Ne quittant pas son sourire, elle passa la porte et se dirigea vers ses appartements[Appartements de Tannuccia] |
|  | | Angelica Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Mar 10 Jan - 18:45 | |
| [premier post] Angelica pénétra dans la pièce, exigüe. En un clin d'oeil, elle grava les moindres détails dans les méandres de son cerveau. Elle était vide. Enfin un peu de calme... de répit... Plus besoin de sourire mielleusement. Plus besoin de faire des courbettes et d'écouter les conversations inintéressantes de bourgois narcissiques et d'aristoctrates orgueuilleux. Elle était lasse... Ce court échappatoire la remettrait sur pied. Il lui fallait seulement quelques secondes pour souffler.
Elle passa une main distrère dans sa chevelure qui tombait sur ses épaules dénudées, le visage impassible. Rien ne laissait deviner le malaise de la femme. Rien, sauf peut-être cette main qui touchait nerveusement un fin et précieux couteau dans un pli de sa robe, savamment cousu.
Le silence. L'immobilité de la pièce. Elle ferma les yeux. Qu'était-elle encore en train de faire ? Dans quoi s'était-elle encore embarquée ? Le destin l'avait-il encore rattrapée ?
*Ne...ne suis-je que bonne à ça?* songea-t'elle avec effroi. La main trembla. La pièce semblait de plus en plus grise. De plus en plus austère. Mais elle s'en apercevait à peine. Ses vieux démons revenaient. Venise... au moins n'aurait-elle pas le temps de s'y ennuyer. Elle voulait se ressaisir. Elle méprisait les faibles. Elle ne voulait reconnaitre ce froid qui la glaçait toujours plus. Le légitimer ne lui donnerait-il pas plus de force?
Mais il lui sembla que des pas résonnaient dans le couloir. Elle se reprit. Vite, elle remit en place sa robe, qu'elle avait revêtue pour passer inaperçue. Son visage de décripsa imperceptiblement. Tout recommençait toujours... |
|  | | Cilio de Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Dim 15 Jan - 20:17 | |
| [Etage inférieur - Le grand hall] Toujours occupé à s'adresser mentalement les insultes les plus dégradantes - le genre d'insultes qu'il n'oserait même seulement penser de n'importe qui d'autre -, Cilio traversa à pas rapides les couloirs jusqu'au petit salon-bibliothèque et ouvrit, peut-être un peu trop vivement, la porte de bois sculpté.
A vrai dire, il ne s'attendait pas à trouver quelqu'un, encore moins cette jeune femme qu'il n'avait jamais vue auparavant. Toute idée ayant germé de son propre esprit ne pouvait être qu'infructueuse; Cilio avait donc pénétré dans la pièce sans soucis de bienséance, certain de refermer la porte un instant plus tard, ayant remarqué, plus déconfit encore - si c'était possible, que le salon était vide et son idée stupide.
C'est donc pour la enième fois de la journée que le jeune poète demeura deux ou trois secondes bouche bée, fixant la jeune femme comme s'il s'était agi d'une apparition. Puis il reprit contenance et, son naturel timide et effacé etouffant toute autre attitude, il inclina la tête, à la fois par politesse et pour camoufler le rose qui lui montait aux joues." Veuillez m'excuser pour cette intrusion impromptue, Signora... J'étais à la recherche de la Signora di Grazziano, Tante du Prince. Auriez-vous, si je puis me permettre de vous déranger, croisé son chemin?" Toujours légèrement courbé, Cilio avait relevé les yeux et détaillait de ce regard fuyant la jeune femme qui lui faisait face. Elle dégageait une impression de force déstabilisante, son regard était franc, presque dur. Pourtant, l'ombre d'une expression différente flottait encore sur son visage... Cilio n'aurait pu dire laquelle, mais ce genre de sensations le trompait rarement. |
|  | | Angelica Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Mer 18 Jan - 17:58 | |
| Un jeune homme entra. Elle lui faisait face, droite et immobile. Son regard dur se posa sur lui. Il avait les traits doux, presque enfantins… Un petit air presque… rêveur. Elle retira rapidement sa main de sa poche et s’avança rapidement, d’une démarche coulante, souple. Les lattes de parquet restaient étrangement silencieuses sous ses pieds.
Elle l’observa un peu mieux : il semblait déstabilisé. La jeune femme hésita un instant. Etait-il lâche ou timide ? Peu importe après tout. La première impression n’était pas souvent la bonne. Plus encore ici qu’ailleurs. Elle aviserait plus tard. Pour le moment, il s’agissait de se montrer courtoise. Lui rendant ses politesses, elle répondit de cette voix posée, dépourvue d’émotion qui était la sienne :« N’ayez crainte : Vous ne me dérangez pas. Je m’attendais à la venue d’un Grazziano d’un moment à l’autre… Quoi qu’il en soit, je ne connais la Tante du Prince que de nom… j’aurai donc du mal, vous le comprendrez, j’en suis sûre, à vous renseigner sur sa localisation. » Elle laissa flotter ses paroles un instant, et surprit le coup d’oeil discret de son interlocuteur, qui semblait l’étudier autant qu’elle le faisait elle-même. Pour couper court au malaise qui s’installait, elle finit par déclarer ;« Je m’appelle Angelica Visconti, par la même occasion. » Se détendant quelque peu, elle perçut une émotion étrangement familière qui émanait du jeune homme; une certaine mélancolie, discrète, mais bien présente. |
|  | | Cilio de Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Sam 21 Jan - 21:16 | |
| Cilio se gifla mentalement lorsque la jeune femme se présenta. C'était la deuxième fois de la journée qu'il oubliait cette base même de la politesse!
S'inclinant un peu trop prestement, toujours très courtois, il déclina d'une voix neutre son identité." Enchantée, Signora Visconti. Je me nomme Cilio Dell'Arbero, poète depuis encore peu d'années, sous la tutelle du Prince di Grazziano. " Lorsqu'il releva la nuque, ses yeux glissèrent fugitivement sur les courbes d'Angelica. Celles-ci paraissaient dessinées avec la souplesse d'un pinceau de calligraphie orientale.
*Ombre légère sur l'estampe au jour fuyant Silhouette lointaine caressant le champ de neige Femme d'encre animée par un divin sortilège Emane de son corps un doux parfum d'Orient*
Les mots... Ils dansent. Ne sont plus perdus, comme il l'avait cru... Elle est revenue, elle aussi. Elle qui l'inspire tant et depuis si longtemps, elle, sa muse, sa soeur si tendrement aimée... Cilio n'aurait su dire pourquoi, mais son unique raison de vivre s'était à nouveau présentée à lui. Comme si elle ne s'était retirée que pour mieux revenir, et lui insuffler cette sérénité si forte, si profonde. Et les mots étaient là. Avec elle, toujours.
Un léger sourire étira ses lèvres, sans qu'il ne s'en aperçoive réellement, et il leva les yeux sur Angelica. Une lueur de reconnaissance anima ses yeux. C'était grâce à elle, oui, sans aucun doute...
" Je crois n'avoir encore jamais eu le plaisir de vous rencontrer auparavant, dit-il après un instant de silence. Seriez-vous nouvelle arrivante à Venise? " |
|  | | Coriolan Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Dim 22 Jan - 9:56 | |
| [La Bibliothèque] Coriolano pénétra dans le salon avec un peu moins de discrétion qu'à l'accoutumée. Son corps semblait s'être fait le miroir de ses réflexions qui, telles des soldats disciplinés, s'élançaient à la charge d'une idée ennemie. Aussi ne prit-il pas le soin de retenir la porte de la pièce qui alla claquer contre le mur. Le bruit sec le rappela à la réalité et il leva les yeux sur le tableau pour le moins surprenant qui se jouait devant ses yeux. Son jeune et innocent poète face à celle dont il avait, pour un temps, totalement oublié l'existence. Ainsi, elle était là également. Elle était revenue. Comme à son habitude, sa seule présence bousculait les plans délicats que Coriolano avait jusque là forgés. Et le hasard - le hasard ? - l'avait mis en présence de la personne la moins appropriée à la recevoir. Cilio.*N'oublie pas. Ne le sous-estime pas. C'est pour son potentiel que tu l'as amené jusqu'à toi.* Coriolano sourit à ce contradicteur intérieur et, pour marquer un peu plus sa présence, toussota avant de saluer les deux interlocuteurs."Cilio ! Tu vas me rendre jaloux. Voilà que j'ai entre mes murs l'une des plus belles femmes que je connaisse et c'est vers toi qu'elle vient. Chère Angelica... Avez-vous déjà juré d'égratiner mon coeur, dans cette ville ? Quoiqu'il en soit, soyez la bienvenue."
Dernière édition par le Dim 19 Aoû - 22:33, édité 1 fois |
|  | | Angelica Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Dim 22 Jan - 18:20 | |
| Angelica sentait toute la fragilité qui se dégageait de Cilio. Et c’était justement ça qui l’inquiétait. Quelle arme redoutable cachait-il derrière cette douceur envahissante ? Quoi que.. il semblait si troublé… que cela ne pouvait être feint. Dieu ! Ce qu’elle pouvait être sur la défensive. Pourquoi voir des ennemis partout ?
Elle avait tendance à tester tous ceux qu’elle rencontrait. Elle pouvait alors se montrer d’une dureté très déstabilisante. Mais cette forme poétique touchait la jeune femme. Sur d’autres, elle aurait méprisé ce qui s’apparentait pour elle à une forme de niaiserie, ou de faiblesse. Mais sur lui, cet aspect était limpide, pur, et sonnait juste.
Son regard croisa alors celui du jeune poète. Elle y lut un mélange d’étonnement, et de gratitude… Elle ne pouvait décidément se résoudre à l’effrayer. « Il aurait été étonnant que vous m’ayez v plus tôt. Je suis arrivée, en effet, il y a peu. » Répondit-elle d’une voix à l’opposé de celle, timide, du poète. Sur ce, Ugo entra. Elle ne pensait pas le revoir si vite. Voyons… Il avait le même regard, ce même charisme… Angelica masqua un discret sourire en lisant l’étonnement contenu du jeune prince. Elle se remémora les circonstances par lesquelles elle l’avait rencontré. Elle se douta, qu’une fois encore, elle n’était pas arrivée au moment le plus approprié. ce qui ne la gênait pas outre mesure: elle avait l'habitude de bousculer les personnes qu'elle cotoyait.« Je vous remercie de m’accueillir.» Elle s’inclina légèrement, d’un geste souple, qui avait quelque chose de félin. Ses cheveux ondulés, aux reflets si particuliers se balançant sur son épaule.Elle sourit soudain. Ses yeux eurent comme un éclat, et elle ajouta, d'une voix indéfinissable, mais dénuée d'agressivité.« Cependant, vous savez bien que les compliments sont vains avec moi. Voyons, j'espère que vous ne pensez pas que cette ville puisse me transformer?»
Dernière édition par le Mer 25 Jan - 12:53, édité 1 fois |
|  | | Cilio de Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Mar 24 Jan - 18:15 | |
| Alors qu'il s'apprêtait à répondre une mondanité à Angelica, Cilio entendit la porte claquer brusquement contre le mur. Dans l'embrasure se trouvait son Prince, dont l'aura, comme d'habitude, envahit instantanément la pièce. Tout comme Cilio quelques instants auparavant, il fut tiré de ses pensées - certainement, pensa le jeune poète, de la plus haute importance - par la présence non moins charismatique de la Signora Visconti.
La Prince s'adressa à Cilio, mais ce dernier sentit clairement le peu d'importance qu'il lui accordait face à la jeune femme. Ce qui lui sembla parfaitement normal étant donné la noblesse apparente de celle-ci. Le regard qu'échangèrent les deux jeunes gens n'avait pas matière à doute: ils se connaissaient déjà sinon bien, au moins assez bien pour apprécier ces retrouvailles. Apprécier... Au sens large.
Cilio sentit la chaleur lui monter aux joues aux paroles du Prince. Un reproche sous-entendu de sa présence? Mais quoi de plus logique, après tout? Sa condition de poète ne lui permettait pas d'accueillir des personnes de haut rang dans la Maison Grazziano... S'il l'avait su ! Aurait-il, une fois de plus, agi de manière dégradante pour la Maison Grazziano? Il ne faisait décidément rien comme il fallait.
Comme pour se faire pardonner de son impudence involontaire, Cilio s'inclina un peu plus profondément que d'habitude. La pique lancée par Angelica, loin d'étonner Cilio qui avait perçu le tempérament enflammé de la jeune femme, ne fit que confirmer l'impression qu'il avait eue : ces deux-là avaient vécu ensemble des choses, des choses dont il n'aurait pu définir, ni même tenter de définir la nature, ne serait-ce que par profond respect pour le Prince. Il se contenta de garder en lui l'émotion perçue, pour peut-être plus tard, y puiser l'inspiration d'un prochain poème...
Il releva légèrement la tête afin de pouvoir regarder son Prince dans les yeux lorsqu'il proposa, presque à contre-coeur :"Je peux me retirer, si vous souhaitez vous entretenir quelques instants avec la Signora Visconti..." |
|  | | Coriolan Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Mar 24 Jan - 19:43 | |
| Etait-ce l'exiguité de la pièce ? Ou peut-être l'état de nervosité rentrée dans lequel il se trouvait ? Toujours est-il qu'en cet instant, Coriolano sentit se nouer quelque chose entre les deux personnes qui se trouvaient devant lui. Cilio et Angelica. Le diamant brut et la lame. Oui. Un geste maladroit de la part de la main qui la manipulait, et cette lame pouvait définitivement détruire le diamant qu'elle sculptait. Mais pour peu que le joaillier soit habile, et l'on s'arracherait bientôt le bijou qu'il produirait. Il allait falloir être très prudent."Je t'en prie Cilio, reste. A vrai dire, je te cherchais, pour t'entretenir d'une affaire d'importance." Coriolano eut un large sourire. D'un pas dansant, il tira les rideaux, découvrant une cour intérieure fleurie, et laissant une lumière froide pénétrer dans la pièce. L'endroit avait été tenu dans l'obscurité pendant bien longtemps et laissait entrer la lumière avec réticence. Malgré la magnificence de la demeure, Coriolano devinait, sous les riches tentures, les traces d'humidité... qui, si on n'y prêtait pas attention, risquait de se muer en moisissure. Il n'y avait rien à y faire. Tout ce que l'on pouvait, c'était faire oublier cette corruption en détournant l'attention des visiteurs sur autre chose. La table basse en bois. Les petits fauteuils bleus, le bouquet de rose... Un visage charmant."Ceci dit, Cilio" poursuivit le prince, "j'ai eu mon compte de discussions sérieuses pour la journée, aussi, je ne doute pas que la présence de la Signora Visconti nous aidera à mieux supporter les multiples sujets que nous devons aborder. A moins que vous n'ayez à faire ailleurs, douce Angelica", ajouta-t-il avec un geste galant à l'égard de la jeune femme. "Cependant croyez-moi, je pense que l'affaire qui nous occupe pourrait vous distraire au plus haut point." Sur ces mots, Coriolano prit place dans l'un des sièges et, d'un signe de la main, invita ses deux interlocuteurs à s'asseoir. Le silence retomba un instant. Au loin, on entendait le cri d'un gondolier.
Dernière édition par le Dim 19 Aoû - 22:34, édité 2 fois |
|  | | Angelica Invité
 | Sujet: Re: Le Petit Salon Mer 25 Jan - 13:18 | |
| Une sensation étrange… La fragilité de Cilio, le charisme impérieux d’Ugo. Tous deux avaient leur particularité. Aucun ne pouvait passer inaperçu dans Venise. Elle se sentait bien mieux en leur compagnie qu’avec des courtisanes ou des gentilshommes : elle oubliait un instant Venise et ses habitants. Elle ne s’aperçut donc même pas qu’elle étouffait dans cette trop petite pièce, entourée de deux hommes dont elle ne savait pas ou plus grand chose. Elle avait appris à faire taire ces sentiments, à les ignorer et à ne plus les remarquer. Son regard conservait ainsi cet éclat de force et ses gestes étaient vifs et sûrs. Sans attendre, elle s’assit, sans brusquerie ; avec une certaine élégance, toutefois particulière. Dans son attitude rien n’était séduction. Tout en elle semblait découler d’une logique sûre et implacable, qui la mènerait vers un but mystérieux.«Je ne saurai songer à partir, tant que ma présence ne vous importune pas, bien sûr.» Toujours cette voix étrange.
Elle se tourna vers Cilio. Ses yeux rencontrèrent ceux du poète. Elle l’observa un instant. Essayant de deviner ce qui se cachait derrière ce regard d’artiste. Il avait quelque chose d’indéfinissablement supérieur. Comme-ci, au fond, son art l’élevait de la bassesse humaine dans laquelle chaque Homme était plongé au cours de sa vie. Elle tourna la tête, soudainement consciente du regard mortifiant qu’elle lui jetait involontairement ; et sourit.«Cilio Dell’ Arbero, maintenant que nous nous connaissons, j’espère que vous me ferez lire vos poèmes. L’art de manier les mots et de transformer les moindres phénomènes en prouesses lyriques m’a toujours fasciné. » D’un mouvement lent, elle remit en place les pans de sa robe et ajouta, d'un ton calme doté d'un soupçon d'autorité innée.« Mais le moment est mal choisi. Nous en reparlerons plus tard, je l’espère. » |
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