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 Le Petit Salon

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Cilio de
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Jeu 26 Jan - 20:32

*Faucon ardent, féroce colombe
Qui de ses ailes transperce les astres
Un seul coup de bec érige la tombe
De notre liberté, frêle proie du rapace...*

Les mots affluaient, tournaient, passaient et revenaient dans sa tête sans qu'il puisse les en empêcher. Comme si le barrage s'était d'un coup rompu, libérant les milliers de litres accumulés dans le lac surplombant la vallée de ses pensées... Le torrent vrombissait dans sa tête, il en avait presque mal au crâne, mais la douleur n'était rien à côté de l'euphorie qui petit à petit le gagnait tandis que les mots défilaient.

Et deux êtres, inconscients de la renaissance fulgurante qui s'opérait en Cilio, échangeaient des mots certes, mais ils paraissaient si pâles à l'oreille du poète tant ceux qui venaient à lui lui réchauffaient le coeur... Pourtant, la réalité était là, si proche, si belle à présent que son corps retrouvait son âme.

Cilio posa un regard indéfinissable sur son Prince lorsque celui-ci lui adressa la parole. Il le cherchait. Pour une affaire d'importance. D'importance! Ainsi, l'impression de déranger ne devait pas être fondée. A vrai dire, il lui aurait importé bien peu en cet instant que son impression soit ou non fondé, tant il était heureux de s'être retrouvé.

Il ne prit conscience du regard d'Angelica sur lui que lorsqu'elle le détourna. Ce constat eut tout de même pour effet de lui rappeler brusquement qu'il n'était pas seul et que, âme ou pas dans son corps, il devait se tenir dignement et paraître de bonne compagnie. Du moins, pas trop désagréable.

La seule chose qu'il retint finalement du regard d'Angelica, c'est le sourire et les paroles qui suivirent. Il sourit en retour, le genre de sourire qu'il n'avait pas abordé depuis longtemps.
A moins que... Sa mémoire lui rappela sa rencontre avec Luigi, quelques heures plus tôt. Souvenir qui rendit son sourire d'autant plus franc, bien que légèrement assombri un instant plus tard à la pensée des réprimandes de la tante di Grazziano.


" Signora, répondit Cilio à la proposition de l'Angelica, si l'occasion se présente en effet, j'espère que vous prendrez au moins un peu de plaisir à la lecture de mes modestes compositions. "

Puis il se tut, à la fois par crainte d'éveiller l'agacement chez la jeune femme - les hommes qui parlent trop étaient rarement bien vus - et parce qu'il n'avait simplement rien à ajouter. Se tournant légèrement vers le Prince, il put déceler dans ses yeux un air songeur, remplacé l'instant d'après par son habituel sourire posé et rassurant. Poliment, il attendit que son Prince daigne prendre la parole.
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Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Jeu 26 Jan - 21:39

Coriolano laissa la conversation entre les deux jeunes gens se terminer avant de reprendre la parole. Ce qu'il allait maintenant proposer était le premier élément du feu d'artifices qui se déroulerait dans la soirée. Aussi était-il capital - primordial, même - de ne pas effaroucher le poète, ou qui que ce fut d'ailleurs. Même si l'impatience poussait le prince à pianoter sur l'accoudoir de son fauteuil, il se contenta de relever la tête pour contempler le plafond. Une jeune femme vêtue d'une robe bleue toute simple lui renvoya son regard peint, légèrement nostalgique, dans lequel il crut lire un reproche.

*Non. Je ne trahirai ni ma maison ni Venise. Et encore moins mon rival. Alors ne me jugez pas trop vite.*

Le hasard récompensa la patience d'Coriolano. Angelica évoqua l'idée d'écouter les compositions de Cilio et Coriolano jubila intérieurement. A peine entrée dans le palais, et l'aventurière daignait déjà jouer sur l'échiquier de la maison Di Grazziano.

"Angelica, ma chère, je peux affirmer sans grand risque d'erreur que votre souhait sera bientôt réalisé. Laissez-moi vous expliquer la situation. Mais avant toute chose..."

Le Prince actionna une petite sonnette qui fit surgir un domestique après quelques instants. Coriolano lui chuchota quelques mots à l'oreille et le garçon s'éclipsa pour revenir avec une coupe de fruits qu'il déposa sur la table basse. Le prince étendit le bras pour saisir une pomme qu'il considéra un instant avant d'en croquer un morceau.

"Je vous en prie servez-vous, si le coeur vous en dit. Et ne tournons pas plus longtemps autour du pot. Voici en quoi consiste l'affaire. Ma soeur m'a invité ce soir à une pièce musicale qu'elle donne chez elle..."

Coriolano s'interrompit pour prélever une nouvelle bouchée du fruit. Il ne doutait pas qu'Angelica et Cilio saisirait immédiatement les implications de ce qu'il venait de dire, mais mieux valait ne pas les presser.

"Ainsi donc, je vais avoir l'honneur de rencontrer mon beau-frère, le Prince Elio Lacryma Adorasti. En une si noble occasion, j'ose espérer que vous m'accompagnerez, ainsi que d'autres membres de la maison. Je tiens absolument à ce que vous rencontriez un si illustre personnage."

Il s'interrompit à nouveau pour terminer la pomme et déposa le trognon qui commençait déjà à brunir sur la table. Puis, il se laissa couler dans le fauteuil, les bras croisés et, avec toute la sérénité du monde, décocha sa première flèche.

"Une personne de si haut lignage qui nous fait l'honneur de sa table mérite un remerciement de taille. Cilio, j'aimerais vous charger d'une tâche d'importance. Choisissez un poème, quel qu'il soit, celui que vous préférez, celui que vous avez pris le plus de plaisir à composer. J'aimerais que, à la fin de cette pièce, vous nous fassiez l'honneur de le réciter devant l'assemblée."


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Angelica
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Ven 27 Jan - 18:44

Une soirée chez les Adorasti ? Angelica comprenait évidemment les raisons diplomatiques qui poussaient le Prince Elio Lacrima Adorasti à ne pas rejeter ouvertement la présence des Grazziano. Mais elle restait néanmoins ébahie par l’ampleur de l’hypocrisie qui régnait à Venise. On se conviait à des soirées et on s’assassinait par derrière. L’aventurière ne se sentait pas, quant à elle, réellement plus attachée aux Grazziano qu’aux Adorasti mais le destin avait voulu qu’elle se retrouve dans cette maison plutôt qu’une autre.
Elle recevait donc ces informations avec un certain détachement. Peu lui importait, après tout, les petites magouilles des uns et des autres. Cette guerre ne la concernait pas. Du moins pas encore.
Cependant, pour survivre, elle avait appris que seule comptait l’adaptation. Et ici, s’adapter signifiait, déjà, connaître les personnes haut-placées.


« Ne craignez-vous pas de troubles durant cette soirée ? J’arrive à peine, mais il ne m’a pas échappé que les tensions entre les Grazziano et les Adorasti semblent toujours aussi fortes… »

Elle doutait que ces masques de bienséance qu’étaient les Vénitiens puissent s’adonner à des jouxtes à une soirée telle que celle là ; ceci dit, un empoisonnement, ou une traîtrise quelconque, même "propre et sans bavure", risquait de déclencher le feu aux poudres.
Elle avait comme un pressentiment, cette soirée serait beaucoup plus importante que les précédentes. Ceux qui tiraient les ficelles devaient concentrer tous leurs efforts sur cette soirée. Ugo ne devait rien laisser au hasard. Si tout était calculé, quel rôle donc Cilio avait-il à jouer ? Qu’est-ce que le Prince attendait, au delà du geste honorifique ? Elle ajouta négligemment,


« Cela dit je ne doute pas que les vers de sieur dell’Arbero, que vous semblez porter en grande estime, sauront apaiser les rancœurs le temps d’une soirée...»

Il était inutile de demander des éclaircissements à Ugo sur le rôle qu’il voulait voir le jeune homme jouer. Il était évident qu’il lui répèterait poliment que les hommages n’étaient pas de trop pour un seigneur tel qu’Elio Lacryma Adorasti. Et, après tout, peut-être était-elle encore tout simplement en train de se compliquer la vie.

Elle saisit vivement une pomme, et farfouilla dans un pan de sa robe. Elle en sortit un long couteau, fin et aiguisé, finement orné. D’un geste incisif et habile, elle le trancha en 4. Avalant délicatement le premier quart, elle déclara ;

« Quoi qu’il en soit, je serai heureuse de me rendre à cette pièce musicale… »

La jeune femme espérait se rendre compte rapidement des alliances et de la situation par elle-même ; afin de choisir la voie dans laquelle elle voulait s’engager.

« … j’ai toujours aimé les pièces musicales. »

Elle sourit.
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Cilio de
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Sam 28 Jan - 19:52

Cilio ne put s'empêcher de froncer légèrement les sourcils lorsque le Prince déclara son intention de se rendre à une soirée tenant lieu chez les Adorasti. Bien que fuyant les conflits, Cilio connaissait les règles du jeu. L'avancement des pions, la tentation du coup fatal, jusqu'à se retrouver pris au piège par mégarde, ou au contraire par une attention trop focalisée. Echecs et mat.

Le jeune poète ne craignait pour lui-même, mais pour son Prince et sa maison. Venise n'était pas peuplée d'enfants de choeurs, il en était largement conscient bien qu'accablé par cette haine insensée. Il savait qu'ésperer une amélioration des relations entre les deux maisons était chimérique, mais son esprit était formé tel que dans la situation la plus critique il aurait continué à penser que l'espoir persiste. Sa difficulté à apaiser des émotions trop fortes, qui parfois laissaient filtrer une sensation de déspespoir total, n'éradiquait pas sa nature profonde. Optimiste dans l'âme, Cilio? Etonnant pour un poète. Pourtant, il n'y avait aucun doute sur le fait qu'il croirait toujours en l'amour.

Il ne put empêcher ses yeux de s'élargir à la demande du Prince. Les paroles d'Angelica eurent pour effet de faire à nouveau monter le rouge à ses joues: lui, Cilio Dell'Arbero, tenu en grande estime par le Prince? Il ne comprenait pas la raison qui avait poussé le Prince à lui demader un tel service. Voulait-il simplement montrer l'amour de sa maison pour les Arts? Non, Cilio sentait dans l'attitude du Prince que son rôle était d'un autre ordre. L'héritier di Grazziano paraissait tenir entre ses doigts la partition du drame qui allait se jouer quelques heures plus tard; et depuis son estrade, il distribuait méthodiquement les rôles, instruisant chacun du moment précis auquel il devra faire son entrée. Un instrument mal accordé, un musicien mal informé et c'était le morceau entier qui s'écroulait. Une belle pièce musicale, oui... Et Cilio venait d'être convié à en jouer l'une des funestes notes.

Il n'aimait pas cette idée d'être impliqué dans une pièce destinée à nuire. Mais il ne pouvait s'opposer à la volonté de son Prince. Il se devait de défendre les di Grazziano, aux dépends de son propre mépris face au terrible conflit des deux maisons.


" Mon Prince, je... Je suis particulièrement touché de la confiance que vous m'accordez. Je tâcherai d'être à la hauteur. "

Sa voix était restée neutre, presque inexpressive. Tout comme Angelica, il savait qu'il était intuile de poser plus de questions. Il en saurait davantage bien assez tôt...

C'est en cet instant précis que, bêtement, une envie lui prit - le genre d'envie qu'on ne peut refouler même par un grand effort de volonté. Cilio se leva brusquement, s'inclina vers les deux jeunes gens en balbutiant:


" Pardonnez-moi, je reviens dans un instant. "

Puis il sortit de la pièce avant de perdre totalement contenance.

[Les cabinets de la maison Grazzi]
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Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Mar 14 Fév - 17:41

Coriolano esquissa un sourire... tant d'ambition et tant de candeur toutes ensembles réunies. Si Cilio jouait convenablement son rôle, la soirée serait bien plus animée que tous les divertissements auxquels le prince avait assisté jusque là depuis son retour du nord de l'Europe.
Déjà, le soleil s'était mis à décliner. Les rayons dont certains se faisaient fauves semblaient tous pointer vers la tour d'ivoire où se tenait celui dont les circonstances avait fait son ennemi, ainsi que sa soeur. Sa si chère, si précieuse, si dangereuse petite soeur.
Il y avait encore tant à faire, tant à préparer avant une si noble occasion. Coriolano se tourna vers son amie.


"Je ne vais hélas pas pouvoir m'attarder, ma chère. Tellement d'affaires m'appellent avant ce soir. Mais c'est entendu. Vous assisterez avec nous à la pièce des Adorasti. Juste une chose, un conseil : faites et dites absolument tout ce qui vous plaira. Je me porte garant de votre sécurité. Profitez-en, mes crises de générosité ne durent jamais bien longtemps."

Un étrange rictus se dessina sur le visage du prince. Lentement, le sourire s'étendit. La comissures des lèvres, les joues, les pomettes... Même les veines du cou semblaient saillir sous l'effet de cette terrifiante grimace. Puis, comme elle était venu, l'atroce expression se dissipa.

"A ce soir, donc." conclut-il avant de s'éclipser sans autre forme de procès.


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Cilio de
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Mer 15 Fév - 18:12

[Les cabinets de la maison Grazzi]

Quelques minutes plus tard reparut un Cilio dont l'expression avait repris sa rêverie habituelle, bien qu'un léger rosé soutenait encore ses pomettes. Il s'étonna de ne pas trouver le Prince dans la bibliothèque et se gifla mentalement d'avoir eu une telle envie dans un moment aussi critique. Son regard s'attarda sur la jolie Angelica. La franchise de la jeune femme en faisait une compagnie des plus agréable pour Cilio, fatigué des hyprocrisies et des sous-entendus. Malheureusement, il ne pouvait s'attarder. Le Prince avait formulé sa requête et l'heure avançait.

Le jeune homme salua donc courtoisement la Signora Visconti.


" Je suis ravi d'avoir fait votre rencontre, Signora. La demande du Prince m'oblige à vous quitter. J'espère que nous pourrons nous entretenir à nouveau lors de la soirée ou à une autre occasion. Passez une bonne soirée ", dit-il avec un sourire sincère.

Sans hâte ni lenteur, Cilio s'éclipsa de la pièce et se dirigea vers les escaliers. L'obscurité de la nuit commençait à menacer et l'on n'allait pas tarder à voir apparaître les premiers feux des lampadaires; il n'y avait pas de temps à perdre.


[La suite de Cilio Dell'Arbero]
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Angelica
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Jeu 23 Mar - 19:24

Angelica regarda les deux jeunes hommes s'éclipser. Elle se sentait mieux. Le brouillard qui s'était abattu lentement sur elle peu avant cette entrevue ne s'était pourtant pas levé. Bien au contraire, il s'était fait si dense, que la jeune femme en était tout engourdie. Elle ne voyait plus autour d'elle. Une nouvelle période s'annonçait pourtant, si proche d'elle. Mais la jeune femme était maintenant plongée dans ce milieu ; Venise l'avait reprise.

Elle eut un étrange sourire, qu'elle même n'aurait su interpréter. Un de ces sourires que lance notre subconscient à un avenir dont notre esprit saisit la dimension, sans juger bon de nous en informer.

Elle s'aprocha d'une glace et regarda un instant son reflet. Le choc des années passées l'effleura à peine. Elle remit en place sa robe et se recoiffa rapidement. Satisfaite, elle sortit à son tour, prête à se rendre à cette fameuse soirée...


[Embarcadère Ca'Adorasti]
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Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Sam 24 Mar - 13:53

[Le lendemain - La roseraie]

Quelques valets l'ayant vu passer en courant, deux personnes s'étaient précipitées à leur tour. Ils avaient ouvert la porte et s'affairaient à suivre les ordres rapidement lancés par Coriolano. Déplacer l'ottomane près de la cheminée, raviver le feu, apporter des coussins et de l'eau chaude.

Délicatement, le Prince avait posé sa sœur sur l'ottomane près du feu. Il délaça rapidement robe et corset et dégagea la tête de manière à ce qu'elle puisse respirer sans mal.

Il fallait un médecin. Mais pourquoi n'y en avait-il qu'un seul dans cette ville ? Pourquoi fallait-il qu'il confie sa sœur à ce traître... D'ailleurs, peut-être qu'il savait très bien que Bianca allait mal. C'était possible cela. Barrozi avait déjà examiné Bianca. Il avait dit que tout allait bien. Mais peut-être savait-il qu'elle referait une crise aujourd'hui ? Parce que très clairement, elle n'allait pas bien.
Peut-être avait-il fait exprès de disparaître de chez lui, prétextant un faux rendez-vous, pour qu'elle n'ait pas de soin et qu'elle meure ici, là, maintenant...

Non, non. Bianca n'allait pas mourir. Et il allait trouver le médecin. Et Barrozi serait bien obligé de guérir sa soeur. Il ne pourrait pas la laisser ainsi s'il la voyait, ce serait trop cruel... Même un traître avait un coeur et il suffisait de voir la pâleur de Bianca pour avoir envie de lui porter secours.

Il se tourna vers le valet qui apportait de l'eau chaude mêlée de lait.
"Vous, filez chez le Médecin, Calle Bardini. S'il y est, amenez-le ici tout de suite. Sinon laissez un message et revenez."

Il ne pouvait pas envoyer quelqu'un Ca'Adorasti. Ce serait avouer qu'il savait que le médecin était à la solde des Adorasti...
Encore pire, si Barrozi n'y était pas, ses soupçons seraient insultant pour la nouvelle famille de Bianca comme pour le médecin.

Oui, mais si Bianca mourait alors qu'il aurait pu trouver le médecin à temps ? Devait-il réellement sacrifier sa soeur pour la politique ?
Non, il y avait peut-être une solution intermédiaire... Coriolano fit signe au valet qui arrangeait une courtepointe sur les pieds de Bianca de cesser son travail.

"Pietro, laissez, allez Ca'Adorasti et faites savoir à qui de droit que la Princesse a eu un malaise et qu'elle ne pourra donc sans doute pas rentrer à l'heure qu'elle avait annoncée. Mais qu'il serait sans doute bon de préparer une chambre de convalescente pour son retour. Ne traînez pas en route, s'il vous plaît."

Coriolano congédia les autres valets. Il valait mieux que Bianca soit entourée de calme. Il prit un linge et le trempa dans l'eau avant d'en tamponner doucement le visage de sa soeur.
Elle avait l'air si lointaine...


"J'imagine, Madame, que vos talents ne vont pas jusqu'à la science médicale ?"

Les paroles destinées à Annavera se voulaient légères, mais le ton un peu las et inquiet ne pouvait pas tromper l'aventurière.


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Annavera de Luca
Comtesse - Ca'Grazziano


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MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Lun 26 Mar - 21:56

Annavera suivit le Prince et assista en retrait aux ordres donnés d’une voix nette.

Puis elle le vit s’approcher de sa sœur et lui passer délicatement un linge sur le visage. La jeune femme était toujours aussi pâle.
"J'imagine, Madame, que vos talents ne vont pas jusqu'à la science médicale ?"
Ces paroles sortirent Annavera de sa torpeur. Le Prince était inquiet… Très inquiet. Elle ne l’avait jamais vu dans un tel état. Plusieurs choses avaient dû se passer pour le rendre aussi fatigué et tendu.


« Vous m’en voyez navrée Prince, répondit-elle. A part l’usage de quelques simples, le domaine médical ne m’est que peu familier. En revanche… »

Que se passe-t-il vraiment ? aurait-elle voulue lui demander.

Elle se rapprocha de la Princesse callée dans le siège concave. Effleurant sa main, elle constata qu’elle était toujours aussi froide. Puis elle releva la tête et croisa le regard d’Ugo di Grazziano. Que pouvait-elle pour lui ?


« Vous m’avez fait une proposition qui m’a menée jusqu’ici…, lui rappela-t-elle à voix basse afin de ne pas déranger la dame. J’ai décidé de l’accepter, Prince. Mais si vous voulez que je vous sois utile, il vous faudra me donner quelques précisions... »

Autrement je risque de ne pas être très efficace…

« Je sais certaines choses mais j’en ignore d’autres. »

Par exemple, pourquoi votre soeur était-elle si furieuse ?

« Pardonnez mon indiscrétion Monsieur, reprit-elle, mais je crois comprendre que vous avez quelques inquiétudes…»

Inquiétudes ? Le mot était faible.

« Je ne devrais peut-être pas vous dire cela mais quand j'ai aperçu votre soeur tout à l'heure, elle m'a semblée être la proie de de vives agitations…»

Et pour finir, pourquoi l’avez-vous laissé sortir seule ?
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Annavera de Luca
Comtesse - Ca'Grazziano


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MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Mar 3 Avr - 11:03

Ne voulait-il donc pas lui répondre ? La jeune femme avait-elle été trop indiscrète ? Avait-elle oubliée sa place ? Et pourtant…

Elle s’éloigna des grandes flammes claires qui occupaient à présent la cheminée. Bianca était toujours évanouie dans le fauteuil et l’on aurait pu la croire privée de vie si ce n’était cette mince respiration qui soulevait sa poitrine. Le Prince reprit le linge et le trempa dans l’eau. Puis il le repositionna sur le front de sa sœur.

Il allait enfin répondre à ses interrogations quand trois coups furent discrètement frappés à la porte. Un valet entra et annonça l’arrivée de la Princesse di Grazziano. Le Prince se leva d’un geste vif et la scruta. Qu’allait-il lui demander ?

Quand la porte du petit salon se referma sur lui, Annavera eut un léger haussement de sourcils. Il venait de lui demander de prendre soin de sa sœur tandis qu’il allait accueillir son épouse. Avec des gestes mesurés, elle tira un fauteuil près de l’occitane où reposait la Princesse Adorasti. Elle s’y installa confortablement et replaça le linge humide sur les boucles blondes.
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Muzio Barrozi
Médecin


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MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Lun 28 Mai - 11:38

[Calle Bardini - La Maison du Médecin - Etage Inférieur - Salon-Bibliothèque]

La Princesse avait-elle été saisie d'un nouveau malaise ? Telle était la question qui occupa l'esprit de Muzio durant le court trajet qui le mena Ca'Grazziano. Le valet qui lui ouvrit le reconnut, et le médecin songea que bientôt les visages des deux grandes maisons lui seraient familiers. On le mena dans un petit salon, où il reconnut une jeune femme entrevue dans la matinée et... Bianca, allongée, inconsciente. Bon sang. Il l'avait déjà examinée deux fois en deux jours.

Il salua brièvement la brune consciente, s'approcha de la blonde évanouie. D'un regard, il s'assura que le feu était vif et l'ottomane suffisamment proche. Il enleva le linge du front de la Princesse, testa la température, le pouls, fronça les sourcils. Il essaya de la ramener à la conscience par divers moyens qui échouèrent tous. La ride se creusa entre ses yeux. Il se redressa, donna quelques instructions rapides et sèches à la femme présente: faire amener de l'eau tiède, des linges, une couverture, des chandelles, s'éclipser et faire garder la porte. Ses consignes furent respectées, et lorsqu'il se retrouva seul penché au-dessus de Bianca, son sang battait un peu plus fort dans ses tempes, comme pour l'avertir que son pressentiment allait se vérifier.

Ses gestes toutefois restèrent parfaitement maîtrisés, rapides, doux et fermes. Il entreprit de débarrasser la jeune femme des diverses couches de jupons qui l'entouraient. Le dernier, le plus proche du corps de la Princesse, était marqué de rouge.

Il se redressa, recouvrit les jambes de porcelaine, marcha à la porte, l'ouvrit et s'adressa au valet qui la gardait:


« Vous allez me préparer un café fort et un bouillon nourrissant dans lequel vous ajouterez trois gouttes de laudanum, vous avez ça ? Bon. Laissez ça sur ce guéridon, là. Pas de bruit, pas de dérangement. Merci. »

Il referma la porte, retourna à la Princesse, écarta définitivement le corset, toucha le ventre. De l'autre côté du mur, face à la porte refermée, une paire de sourcils se fronça et bientôt le bruit courut dans les cuisines que tout n'allait pas pour le mieux dans le petit salon. Une vieille servante esquissa le signe de croix.

Au chevet de la Princesse, Muzio sentait la moiteur gagner ses mains. La conclusion qu'il tirait de son examen le laissait désorienté. Comment diable... ?

Pourtant il fallait agir. Agir vite. Oui, mais sans comprendre ? Sans comprendre. Il n'avait pas le choix.

Il commença par nettoyer à l'eau tiède les lieux de l'hémorragie. Il ouvrit alors sa trousse, saisit des pinces, observa avec soulagement que sa main ne tremblait pas, respira un bon coup et se lança. Après plusieurs longues minutes, un filet de sueur glissait sur sa tempe gauche. Enfin, il jeta ses instruments dans la bassine, lava les jambes et le ventre de la jeune femme inanimée, ses propres mains.

Il entrouvrit la porte, attrapa la tasse de café qui l'attendait, la vida d'un trait, la reposa. Le valet hésita un instant avant de demander: "Monsieur ? Comment se trouve la Princesse ?". Muzio le fixa profondément, puis l'ombre d'un sourire passa sur son visage:
« Elle se remettra. » Il referma la porte en emportant le bouillon. Dans les cuisines, les bavardages reprirent, soulagés. Une vieille servante esquissa le signe de croix.

Revenu près de Bianca, le médecin la rhabilla délicatement, laissant de côté le corset et le premier jupon. Bien sûr une servante aurait dû le faire, mais il fallait que la Princesse soit la première à savoir. Il la couvrit avec la couverture, déposa le bol de bouillon près du feu.

Enfin, il s'approcha de Bianca, observa son visage d'un oeil impénétrable, repoussa doucement une boucle blonde.


« Vous m'en réservez beaucoup, des surprises comme celle-ci ? » murmura-t-il.

Il glissa un coussin sous ses épaules, un autre sous ses pieds, puis il prit sa main et la serra légèrement:


« Madame ? C'est le docteur Barrozi. M'entendez-vous ? »


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Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Lun 28 Mai - 14:54

[La roseraie]

C'était la deuxième fois en moins d'une journée que Bianca se réveillait dans une pièce sans avoir le souvenir d'y être venue s'installer. C'était la seconde fois qu'elle se réveillait, l'esprit embrumé et sans force avec un visage penché au-dessus du sien ; à la différence près que cette fois-ci, elle ne ressentait pas de nausée, certainement dû au fait que personne ne lui avait fait respirer de sels nauséabonds.

"Où suis-je...?" murmura-t-elle dans un effort qui la laissa essoufflée quelques secondes, luttant pour ouvrir les paupières. Même ses bras semblaient ne pas pouvoir se décoller de l'ottomane. Tout était si lourd et fatiguant.

A la différence aussi qu'à son dernier réveil, les circonstances de son évanouissement étaient extrêmement floues dans son esprit, pour une raison qu'elle ignorait encore. Cette fois-ci, c'était différent. Elle revoyait parfaitement le jardin, la rose, les fenêtres du palais et... cette douleur.

La princesse sursauta violemment à ce souvenir et se mit à trembler. Cette douleur violente, fulgurante qui l'avait terrassée. Elle était tombée, elle avait dû s'évanouir... encore. On l'avait menée ici et... le médecin était là. La princesse sembla le voir juste à l'instant.


"Maître Barozzi..."

Ses tremblements diminuèrent sans cesser totalement. Elle ne ressentait plus cette douleur terrifiante... tout au plus un léger élancement lointain, en rien comparable à ce qu'elle avait ressenti. Bianca sentit qu'il lui tenait la main alors elle serra légèrement ses doigts engourdis autour des siens comme pour se raccrocher à la seule personne qui pouvait l'aider dans l'instant.

"Maître Barozzi... répéta-t-elle. Suis-je gravement malade ?" demanda-t-elle avec difficulté tant l'angoisse lui nouait la gorge.

S'évanouir deux fois en si peu de temps alors qu'elle n'était guère sujette à ça avant, et cette douleur inexpliquée survenant sans prévenir, cette fatigue constante... L'idée qu'elle avait attrapé une de ces maladies qui vous rongent sournoisement s'imposa à son esprit.

Elle frissonna de nouveau, prenant conscience de la pièce où elle se trouvait et agrippa la couverture de son autre main pour la serrer contre elle comme si elle craignait qu'elle ne glisse à terre.
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Muzio Barrozi
Médecin


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MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Lun 28 Mai - 15:23

Muzio resta silencieux tout le temps que dura le réveil de la Princesse, s'efforçant d'afficher un air rassurant. Les premiers mots angoissés qui franchirent les lèvres de Bianca lui arrachèrent un sourire. La question habituelle. D'ordinaire, c'était pour lui un véritable moment de joie de répliquer que non, au contraire, tout allait bien et même mieux, la vie gagnait une fois de plus ! Là cependant... Mais il ne fallait pas gâcher l'annonce.

Gardant les doigts froids de Bianca entre les siens, il lui sourit en toute sincérité:


« Non, Madame, non, vous n'êtes pas malade. Une grande joie vous attend au contraire... Vous attendez un enfant. »

Il laissa passer quelques secondes, afin de laisser la toute jeune femme assimiler la nouvelle. Mais il s'agissait maintenant de passer à la suite. Il cacha les troubles qui l'agitaient et reprit:

« Et, savez-vous, ce petit est déjà farceur ! »

*Mon Dieu !*

« Il a grandi... à l'insu de tous. Il a déjà près de huit mois ! »

*Saint Tact, venez à mon aide !*

Il sourit bravement.

« Il - ou elle ! - se porte très bien. Vous aussi, vous allez vous remettre bien vite. Simplement, il vous faudra bannir ceci, il désigna le corset, pendant quelques temps ! »

Il marqua une nouvelle pause, puis reprit avec bienveillance:

« C'est étrange, je vous l'avoue. Je comprends que vous soyez sous le choc, moi-même je ne comprends pas très bien. Mais vous devez penser à vous, à cet enfant, et d'ici un mois tout se passera très bien. Je vous le promets. »
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Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti


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MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Lun 28 Mai - 16:08

Trop angoissée par l'attente de la réponse du médecin qui allait certainement lui annoncer une mauvaise nouvelle, Bianca avait refermé les yeux et n'avait pu donc voir ni l'air rassurant de Muzio ni son sourire qu'avait fait naître sa question. Elle se contentait de continuer de serrer la main chaude de l'homme pour l'assurer qu'elle l'écoutait malgré tout et qu'elle se tenait prête à toute éventualité.

Non. Ce fut ce mot qu'elle entendit en premier et qui enleva ce poids qu'elle portait sur la poitrine et qui l'empêchait de respirer normalement. Soupirant de soulagement, elle n'intégra que quelques secondes après la suite de l'annonce. La princesse rouvrit les yeux et regarda le médecin fixement.


"Quoi ? demanda-t-elle doucement. Un enfant...?"

Battant des paupières, un léger sourire apparut lentement sur ses lèvres. Oui, un enfant, ça expliquait les malaises, la fatigue, pourquoi ne pas y voir pensé plus tôt... Un enfant, un... Son sourire diminua aussi progressivement qu'il était apparu.

"Mais.. vous devez vous tromper..." tenta-t-elle d'expliquer, l'air presque déçu.

Il était délicat d'annoncer à un homme, tout médecin qu'il soit, qu'elle avait fermé la porte de sa chambre au prince Elio il y a de cela plusieurs mois déjà. Malgré cela, elle lui était restée fidèle et n'avait eu aucune aventure, aussi courte soit-elle. A moins d'avoir été touchée par la Grâce telle la Sainte Vierge, être enceinte lui était impossible à l'heure actuelle.

Ne quittant plus le regard du médecin pour tenter de trouver une explication, la princesse écouta avidement la suite de ses paroles. Un hoquet de stupeur s'en suivit, l'enfonçant d'autant plus dans de nouvelles interrogations jusqu'à ce qu'elle trouve elle-même l'explication.


"Maître Barozzi... l'heure est vraiment mal venue pour la plaisanterie... J'apprécie le tact que vous déployez pour me ménager mais je vous prie de cesser cela et de me parler sans détour. Si je suis malade et que je dois mourir, dites-le moi, je le supporterai mieux que de rester dans l'ignorance. Dites-moi ce que c'est... la petite vérole, la tuberculose ?"
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Muzio Barrozi
Médecin


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Date d'inscription: 14/05/2005

MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Lun 28 Mai - 17:34

Le coeur de Muzio s'était mis à battre un peu trop vite pendant qu'il cherchait à expliquer l'inexplicable à la Princesse, mais il se calma rapidement face à la réaction de celle-ci. Il voyait mal comment il aurait pu plaisanter à ce sujet, mais si là était la seule appréhension de la jeune femme...

Muzio rit. Oh ce fut bien fugitif, mais il rit et toute la tension qu'il avait accumulée se libéra. Il se reprit, décocha un regard mi-amusé, mi-vexé à Bianca:


« Oh mais je ne plaisante pas ! Vous n'êtes pas malade, vous êtes enceinte ! Vous n'allez pas mourir, vous allez donner la vie ! »

Ses yeux reprirent leur expression sérieuse:

« Vous me croyez, n'est-ce pas ? Ecoutez... »

Il s'interrompit, chercha ses mots.

« Ecoutez, je ne comprends pas bien moi-même... Je vous ai examinée hier, ce matin, rien dans votre état ne permettait de déceler quoi que ce soit. Vous-même... vous ne saviez pas, n'est-ce pas ? Et pourtant... Vous portez un enfant depuis huit mois, à peu près. »

*Bon sang...*

Il désigna de nouveau le corset:

« Ceci a mis en danger vos deux vies. Mais vous allez mieux, maintenant. Tous les deux. Vous allez vous apprivoiser, et puis dans un mois, vous ferez connaissance. Vous allez être mère. »

Au cas où vous n'auriez pas compris. Muzio, tu es le roi de l'annonce.

« Vous avez sans doute eu des... des signes ? Pardonnez-moi, j'ai besoin de savoir... »

Pour ne pas l'oppresser, le médecin dégagea doucement sa main de celle de la Princesse et alla chercher le bol de bouillon qu'il lui tendit:

« Voulez-vous boire ? Il y a un peu de pavot, cela soulagera d'éventuelles douleurs... »

Il attendit un peu, puis demanda doucement:

« Voulez-vous faire prévenir quelqu'un dès maintenant ? »
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Le Petit Salon

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