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 Le Petit Salon

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Pourpre
Du Bout des Doigts


Nombre de messages: 379
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Date d'inscription: 11/04/2005

MessageSujet: Le Petit Salon   Dim 8 Mai - 23:16

...
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Lucia di
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Mar 13 Sep - 20:44

[Eglise San Siriano,Le parvis]

Suivie du poète Lucia avait parcouru, aussi rapidement que son infirmité le lui le permettait, le trajet du parvis de l'église jusqu'à la demeure Di Grazziano.

Elle éprouvait une certaine amertume en repensant à ce qui c'était passé sur le parvis et à tout les ragots plus ou moins imaginaires dont elle serait l'objet, mais plus encore c'était l'idée qu'elle puisse nuire à son neveu en souillant la réputation des Grazziano qui la révulsait .

Chassant cette pensée qui lui était insupportable, elle se retourna vers le jeune poète avec qui elle n'avait pas échangé un mot depuis leur départ.


"J'imagine que vous avez déjà deviné de quelle affaire sérieuse j'ai à vous parler?"

Elle frappa le sol d'un coup de canne et entama une marche qui formait un cercle autour du jeune homme.

"Il s'agit de votre comportement, mais aussi de vos fréquentations..."

A cet instant sous couvert des murs de la villa elle ne chercha plus un seul moment à cacher sa désapprobation, et entama un réquisitoire d'une voix chargé de reproches.

"J'ignore ce qui a pu provoquer la colère de cette...demoiselle, ni si la faute incombe à vous ou à votre ami et je ne veux rien savoir de plus! Si c'est vous alors il est regrettable que vous manquiez de tact, en revanche s'il s'agit de votre ami veillez à ce que la prochaine fois vous ne vous trouviez pas à partager son embarras.
Et surtout..."

Elle haussa le ton avant de poursuivre:

"N'y invitez pas les autres!En particulier ceux qui ont un rang!N'oubliez pas que si vous me compromettez, c'est aussi indirectement votre prince que vous compromettez!Et ça encore moins que le reste je ne peux l'accepter..."

Elle eut un air désolé avant d'ajouter

"J'ai bien peur que cela ne se reproduise un jour avec des conséquences bien plus importantes que de simples 'on dit', c'est pour ça que je songe momentanément à vous interdire de quitter la Ca'Grazziano"

Lucia savait qu'elle dépassait son statut de mécène, mais elle savait aussi que Cilio était d'une nature réservée et qu'elle finirait bien par étouffer ses protestations.
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Cilio de
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Jeu 15 Sep - 19:52

[Eglise San Siriano,Le parvis]


Cilio avait suivi silencieusement la tante de son Prince jusqu'au petit salon-bibliothèque. La demeure était paisible, d'une sérénité que le jeune poète aimait, elle était majestueuse et chaleureuse à la fois; comme d'habitude quelques serviteurs s'affairaient ici et là, lui conférant une vie au train-train apaisant; la douche chaleur qui se répandait grâce aux feux régulièrement entretenus des sous-sols régalait le visiteur engourdi par le froid du dehors. Les pensées de Cilio vagabondaient étrangement sur ces observations anodines du quotidien. Il ne se sentait ni bien, ni mal. Il ne savait même pas s'il sentait encore quelque chose.

Il encaissa sans ciller les reproches que lui fit Lucia. Ses tentatives d'intimidations de l'atteignirent pas. De toutes les manières, il lui semblait que rien ne pouvait plus l'atteindre, ni en bon, ni en mauvais. Le jeune homme laissait parfois glisser son regard sur les yeux accusateurs de Lucia, mais ne s'y attardait pas. C'était inutile. Il était impuissant. Il n'avait aucune raison de résister...

"Résignation" le tenait toujours captif dans sa cage de verre. Verre qui se changea soudain en métal lorsqu'éclata l'ultime phrase de Lucia... Sa sentence. Excessive? Peut-être... Mais elle avait achevé le travail de "Résignation". Elles seraient bonnes amies, ces deux là, pensa aigrement Cilio.


" Je comprends. Je m'excuse mon mon comportement. Je resterai ici tant que vous le désirerez, Signora di'Grazziano. Vous savez bien mieux que moi ce qui est bon pour le Prince. "

Les mots avaient été prononcés mécaniquement. S'il s'était rendu compte de leur impact, les énoncer aurait sans doute été douloureux, bien trop douloureux... Mais la barrière qu'il s'était posé entre son monde et le monde extérieur depuis sa séparation avec Luigi lui interdisait de s'en rendre compte. Luigi... Il n'arrivait déjà même plus à se rappeler les traits de son visage. Ou plutôt, il ne voulait pas.

Il s'inclina devant la tante du prince avant de formuler:


" Puis-je me retirer à présent, Signora? "
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Laurena
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Mer 21 Sep - 14:25

[Premier post]

Laurena était occupée. Elle n'aurait jamais prétendu ne pas l'être, pour la simple et bonne raison qu'une intendante n'a pas à être inactive. Ainsi, dans les cas où elle ne faisait pas quelque chose de concret, elle s'occupait à éloigner des Grazziano tout ennui susceptible de survenir.

C'était dans ce but qu'elle parcourait la demeure, et dans le couloir attenant au Petit-Salon Bibliothèque. Là, elle entendit, non pas en détails, mais à peu près, la fin de l'injonction s'y passant.

Elle y entra et demeura au pas de la porte le temps d'observer un bref instant la scène et ses protagonistes : La tante du prince, à qui appartenait la voix qui avait crié, et le jeune poète de la famille Ca'Grazziano, qui semblait être la personne invectivée, puis elle demanda, avec une légère inquiétude dans le ton :


"J'espère que sa Grâce excusera mon irruption, mais je l'ai entendue crier depuis le couloir, et me suis inquiétée à son propos. Est-ce que tout va bien ? Pourrais-je me rendre d'une quelconque utilité à sa Grâce ?"
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Lucia di
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Jeu 22 Sep - 18:42

Lucia poussa un profond soupir lorsque Cilio lui demanda la permission de se retirer.

"Croyez bien que je ne le fais pas de gaieté de coeur..."

Après avoir finalement prononcé son verdict contre le malheureux poète elle s'apprêtait à lui accorder la permission de se retirer lorsque Laurena la jeune intendante apparut pour lui proposer son aide.

"Non merci Laurena, je n'ai pas besoin de vos services pour l'instant."

*A moins que...*

Elle se retourna et la rappella.

"Non attendez...Auriez vous vu mon neveu?"

Elle s'interrogea alors, était il utile de faire part à Ugo de la sanction qu'elle avait prise à l'encontre de Cilio?
Non ce n'était pas nécessaire, surtout que celui ci remettrait sans doute en cause son jugement. Et s'il levait la punition son autorité sur le poète s'en trouverait bafouée.En revanche l'idée de discuter un peu avec lui après une journée pleine de désagrément ranimait un léger sourire au coin de ses lèvres.


"Hum...Allez me le chercher."

Elle se retourna vers Cilio.

"Vous attendrez bien encore un instant en ma compagnie pour souhaitez le 'bonsoir' à votre Prince?"
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Cilio de
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Jeu 22 Sep - 20:11

Il n'y eut pas plus d'émotion à transparaître sur le visage de Cilio à l'entrée de l'intendante que si ç'avait été un simple courant d'air. Il avait toujours été passablement indifférent à la jeune Laurena, quoiqu'il eût toujours admiré malgré lui le perfectionnisme et la rigueur avec lesquels elle effectuait son travail, sans jamais émettre la moindre objection. Une servante parfaite, en somme.

Cilio s'arrêta un instant à contempler le visage de Laurena. Il avait un charme particulier, pas celui que l'on retrouvait chez les belles femmes telles que Tannuccia ou même Anna, et pourtant il eut été difficile de ne pas qualifier Laurena de belle femme. Elle avait ce je-ne-sais-quoi dans l'allure, dans la façon de vous regarder, dans son maintient droit et humble à la fois qui lui donnait l'étoffe d'une femme noble. Et pourtant, son regard dégageait toute la modestie que se tenait d'avoir une femme de son rang.

Cette apparition soudaine aurait pu être vu comme une libération pour le jeune poète, mais il n'attendait plus aucun secours. Résignation faisait toujours son oeuvre, et lorsque Lucia décida de finalement le garder un peu avec elle pour saluer le prince, il ne broncha pas. Cilio se contenta de répondre, sans émotion particulière:


" Bien sûr, Madame. "

Il jeta un regard furtif sur la jeune intendante, l'enviant presque d'avoir un rôle dans lequel il suffisait d'écouter les ordres et de les appliquer. Tout était tellement plus simple quand les autres décidaient à votre place...


Dernière édition par le Dim 25 Sep - 12:55, édité 1 fois
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Laurena
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Ven 23 Sep - 17:08

Laurena parut rassurée en constatant qu'aucun incident "grave" ne s'était produit. Le jeune poète avait du faire quelque maladresse et Lucia l'avait corrigé. Elle-même ne connaissait pas la raison de la présence de Cilio au sein de la famille Grazziano et ne semblait pas s'en préoccuper outre mesure : il était là, c'est tout. Elle n'avait d'ailleurs pas à savoir plus.

Elle focalisa son regard sur Cilio. Laurena savait les poètes émotifs et voulait voir l'effet de l'invective sur celui-ci, observer ses réactions, les tourments qui en résultaient. Fort malheureusement pour elle, elle ne rencontra pas un regard attristé où brûlant de colère, mais vide, comme si l'on avait retiré toute l'émotion qu'il contenait - regard qu'elle arborait d'ailleurs souvent, mais sans s'en rendre compte la plupart du temps - ce qui l'amena à penser que ses poèmes devaient être fades, comme il l'était à l'instant.

Elle baissa légèrement la tête en murmurant d'une voix à moitié audible :


"Non Votre Grâce, je suis désolé, je n'ai pas vu Monseigneur, mais je m'en vais le chercher. Dois-je lui préciser quelque chose, dans le cas où Monseigneur serait occupé ?"
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Lucia di
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Ven 23 Sep - 19:07

En entendant la question de Laurena, Lucia la fixa avec un haussement de sourcil perplexe comme si la réponse qu'elle allait formuler était on ne peut plus évidente.

"Dites lui simplement que sa tante a envie de partager quelques instants avec lui..."

Cependant elle secoua la tête avant d'ajouter:

"Mais si ses occupations sont d'une grande importance dites lui qu'il est inutile de se déranger."

Elle formula intérieurement le souhait que ce ne soit pas le cas, qu'il n'y ait aucune affaire qui recquiert toute l'attention du prince et desquelles elle n'eut pas à se mêler, cela dit même si ça l'était elle s'arrangerait pour y mettre son nez parce que son neveu était encore jeune il avait encore besoin de protection.
C'est du moins ce dont elle était convaincue...

Elle jaugea Cilio du coin de l'oeil, son regard semblait vide comme si son âme avait déserté son corps. Il demeurait interdit en se contentant de répondre brièvement à ses questions, Lucia avait du mal à comprendre ce qui pouvait le mettre dans un tel état : avait elle fait preuve de trop de sévérité?


"Allons ne faîtes pas cette tête ! Que diront les gens en vous voyant ainsi ?"
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Cilio de
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Lun 26 Sep - 19:39

Le regard de Cilio glissait d’une interlocutrice à l’autre, il comprenait les mots mais ne s’y attardait pas. Ceux-ci lui paraissaient à présent fades et sans intérêt. Il ne savait pas ce qui avait pu le mettre dans cet état, ou plutôt il ne cherchait pas à le savoir, à savoir pourquoi la vie lui était soudain apparue vide de sens, pourquoi même la pensée de sa sœur n’arrivait à faire naître qu’un embryon d’émotion dans son esprit, ni d’où venait ce creux, cet espace infini laissé au fond de son cœur… Le cœur habituellement débordant d’émotions du poète n’avait jamais été aussi terne.

Il ne cilla que lorsque Lucia lui adressa la parole. Ce que les gens allaient penser en le voyant ainsi ? En quoi cela pouvait-il le concerner ?
Ah oui, bien sûr… L’image que donnerait Cilio des Di Grazziano. Et si l’on pensait qu’ils n’étaient que des gens mornes et sans intérêt ? De toutes les manières, il était privé de sortie, alors à quoi faire bonne figure ? Enfin, il pouvait faire un effort, il allait voir le prince après tout… Et sa reconnaissance envers lui se devait d’être plus forte que tout.

Plus forte que le néant ?

Un sourire difficile naquit sur le visage de Cilio, qu’il s’appliqua à rendre le plus naturel possible. Il n’avait aucune raison d’être triste : son seul but était de chérir son Prince, de le contenter par ses poèmes en guise de gratitude… Un instant, Cilio se demanda s’il parviendrait un jour à écrire de nouveau, puis il chassa cette pensée d’un froncement de sourcils. Evidemment qu’il le pourrait. C’était la raison même pour laquelle il se trouvait ici, la raison même pour laquelle… il était encore en vie.
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Laurena
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Mar 27 Sep - 14:29

Laurena s'inclina face à sa Maîtresse, puis jeta un dernier regard au poète, qui maintenant avait retrouvé un petit sourire, qui accompagne généralement l'acceptation de la fatalité, si fatalité il y a. Elle se sentit rassurée : "ça ne devait pas être un incident si grave, après tout, il se remettra vite", se dit-elle. Elle alla même jusqu'à lui accorder un discret sourire compatissant, voulant sans doute lui adresser - par un sourire, à défaut de l'énoncer à haute voix - un de ces encouragements que la coutume veut qu'on dise lorsqu'un ami se trouve dans une situation délicate, à cette petite différence que Laurena n'était pas l'amie de Cilio, et qu'en réalité, hormis de vue et de nom, elle ne le connaissait même pas.

"Ce sera fait, votre grâce."

Elle sortit de la pièce en reculant, puis referma la porte. Elle se demanda alors où pouvait bien être le Prince Ugo, et que, malgré qu'elle n'en aie aucune idée, elle avait tout intérêt à le trouver rapidement, sans quoi son esprit lui présageait de sombres heures...

[Nous verrons bien]
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Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Ven 30 Sep - 18:22

[La bibliothèque]

Le Prince errait. Contre le flot désordonné de ses pensées, rien ne valait une marche dans cet endroit qui était désormais le sien. Sa machinerie était construite. Il fallait à présent voir si elle ne tomberait pas au premier coup de vent, tels ces châteaux de cartes que lui et sa soeurs s'appliquaient, enfant, à bâtir pour le seul plaisir de les voir s'écrouler au premier souffle un peu violent.
Alors qu'il arrivait devant le petit salon, il vit une femme en sortir. Un autre membre du personnel. Pacelli, Laurena Pacelli. Oui, ce devait être cela. Rien à voir avec la jeune servante qu'il avait rencontré un peu plus tôt dans la bibliothèque.
D'un geste de la main, il indiqua la porte qu'elle venait de refermer.


"Quelqu'un se trouve-t-il à l'intérieur ?"

Bien entendu, il aurait pu entrer lui-même et vérifier, mais cette question de pure forme lui donnerait l'occasion d'établir la communication avec Laurena. Ce genre de tâche n'avait rien de dégradant, bien au contraire. Il faisait parti du Lien. Celui qui unissait les Grazziano et leurs serviteurs.
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Laurena
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Dim 9 Oct - 12:59

En entendant la voix du Prince, Laurena se retourna et plaqua les mains sur son coeur. L'apparition d'une autre personne ne lui aurait sans doute pas provoqué cet effet-là, mais le fait que la personne qu'on l'envoyait chercher apparaisse dans son dos alors même qu'elle quittait la pièce où elle en avait reçu l'ordre paraissait être un acte divin. Elle détailla son visage un instant, le prince était bel homme, songea-t-elle, puis se souvint qu'elle n'était pas une courtisane mais une intendante, et fit une large révérence à son Seigneur et lui dit d'une voix haletante :

"Oh, Illustrissime, je vous prie de m'excuser, mais le fait est que je sors justement du salon de la bibliothèque où votre tante m'envoie vous cherchez, et que vous apparaissez dans mon dos à cet instant précis, on dirait que c'est la Providence qui m'enlève le travail de vous chercher."

Elle s'était redressée entre temps et esquissa un sourire à son généreux Prince qui avait daigné l'accepter comme son intendante.

"Votre tante aimerais passer un moment avec vous, je pense, je crois qu'elle s'inquiète un peu pour vous, Monseigneur, et que cela la rassurerait beaucoup de vous entendre dire que vous allez bien."

Cette dernière phrase était venue toute seule. Laurena rougit légèrement en se demandant si elle n'outrepassait pas ses fonctions, après tout, les émotions de ses maîtres ne la regardaient pas...
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano


Nombre de messages: 270
Date d'inscription: 23/05/2005

MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Ven 14 Oct - 23:41

[Ca Adorasti]

Iago avait de nouveau brûlé tous les records de vitesse pour parcourir le trajet entre la Ca Adorasti et la Ca Grazziano. Il fallait dire qu'il manquait un peu de concurrent étant donné que le trajet n'était pas des plus courant...
Mais même sans cela. Il avait été vite. Il avait sauté hors de la barque, maudit les palais si grands qu'on ne sait jamais où est leur propriétaire, et suivit les quelques voix qu'il entendait.

Par un miracle extraordinaire, il vit le Prince Ugo di Grazziano, debout devant une porte, en train de discuter avec l'intendante, soit une quantité négligeable.


"Ugo !"

Il entendit les dernières paroles, mais rien ne pouvait l'arrêter maintenant.

"Ugo, il est urgent que je te parle. La vieille Agrippine pourra attendre."

C'est Lucia que Iago avait baptisé "la vieille Agrippine". Son affection pour son neveu lui semblait bien trop fanatique. Il disait en riant que la bonne bigote de tante était très sans doute capable d'assassiner toutes les personnes qui voudraient faire de l'ombre à son cher Neveu... Pour cette ferveur même, il avait une certaine affection pour la dame (qui avait la faveur de ne presque pas être considérée comme une femme par lui) même s'il prenait un vif plaisir à la choquer par ses manières absolument non-conventionnelles...

Mais Iago n'était pas là cette fois pour planter deux baisers sonores sur les joues de la vénérable femme, il devait parler à Ugo, et c'était tout.
Il se contenta donc de pousser avec autorité Ugo de nouveau dans la bibliothèque et de refermer la porte derrière lui. Avec un tour de clef et plus.


[La Bibliothèque.]

_________________
Honest Iago...
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Cilio de
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Sam 15 Oct - 15:45

Le claquement de la porte se refermant sur la jeune intendante parut aux oreilles de Cilio semblable à celui d'une lourde porte de prison, prédicateur de longues années de silence et de solitude. Un coup d'oeil jeté en travers de la petite fenêtre qui donnait sur la cour lui fit brusquement prendre conscience qu'il ne pourrait jamais supporter une telle sentence. Passer d'interminables journées sans voir le soleil que derrière des barreaux de verres, tourner et retourner sans cesse les mêmes pensées dans sa tête, la sentir bourdonner et voir ses émotions dépérir au fil des jours, enflement d'une révolte si étouffée qu'elle finit par pourrir l'être de l'intérieur...

Eclair fugace, mais intense. Incapable de maîtriser sa pulsion, Cilio réussit à peine à calmer les muscles de ses jambes qui lui disaient de courir, s'enfuir au plus vite, et ne put que se diriger à grands pas vers la porte. C'est à peine s'il se retourna pour adresser un bref signe de tête ponctué d'un "Pardonnez-moi" à la tante de son Prince; il disparut derrière la porte et, sans même faire attention aux personnes qui se trouvaient dans le couloir, laissa ses jambes le porter jusqu'au pas du palais Ca'Grazziano ou il s'arrêta, bouleversé. Sans doute était-ce la première fois de sa vie qu'il désobéissait à son Prince... De peur de voir son âme finir écartelée par ce dilemme et son esprit sombrer dans la folie, Cilio força ses jambes tremblantes à se plier pour s'asseoir et resta là, les yeux dans le vague, tel un enfant perdu dans un monde trop vaste pour lui.
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Lucia di
Invité



MessageSujet: Re: Le Petit Salon   Ven 21 Oct - 19:47

Alors que Lucia croyait la situation sous contrôle, Cilio qui n'était plus qu'une poupée sans vie s'anima brusquement et quitta la pièce en murmurant quelques mots qu'elle ne pût entendre, mais devina être des excuses.

Elle le laissa partir sans rien dire, connaissant le jeune homme il n'irait pas loin. Et surtout quelque chose d'autre occupait son esprit: il lui semblait avoir entendu la voix de son neveu.

C'est pourquoi elle emprunta le même chemin que la jeune intendante quelques instant plutôt et sortit de la pièce juste à temps pour voir son neveu que Iago poussait dans la bibliothèque qu'il verrouilla d'un tour de clé!

Lucia soupira, cela ne la surprenait guère de la part du gentilhomme.Même s'il lui était familier, elle ne parviendrait jamais à se faire à ses manières parfois quelques peu cavalières.

Puisque Iago accaparait son neveu, elle n'avait pas d'autre choix que de renoncer à l'idée de le voir pour l'instant. Elle tourna vers Laurena et lâcha d'une voix morne:


"Mon neveu semble occupé...Vous pouvez disposer..."

Puis elle partit errer dans les couloirs, plongées dans ses pensées.
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Le Petit Salon

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