Olympia di Lucore Marquise - Ca'Grazziano

Nombre de messages: 55 Statut: Personnage Supprimé Date d'inscription: 06/02/2007
 | Sujet: Re: La Fontaine Lun 19 Mar - 23:17 | |
| Olympia restait interdite face au gentilhomme qui se montra, curieusement,volontiers bavard. La marquise s'en étonna, elle s'attendait en effet à ce qu'Iago expedie une réponse et reparte dans ce qu'on pouvait appeller ,venant de lui, une diatribe non intéressée. Et ce qu'elle apprenait de surcroit n'était pas pour lui déplaire, bien au contraire.
Ravie d'en savoir un peu plus sur son interlocuteur la jeune femme se redressa de tout son long et tendit le cou dans la direction de son vis-à-vis avec ce même sourire enigmatique dont elle usait chaque fois qu'elle était satisfaite.
Alors que l'excentrique s'était lancé dans un excellent numéro de contorsions il lui glissa une information de taille à en juger l'importance de l'affaire Grazziano-Adorasti. Cette fois-ci un sourcil curieux vint se dresser au dessus de l'oeil moucheté et la jeune femme murmura :"Vraiment ? Une telle coïncidence ne peut être au goût de tous, c'est certain, cependant on ne peut nier combien l'ironie du sort sait être belle !" Il avait l'air sincère, nul besoin de sonder outremesure ce qui se passait dans cette tête agitée. Olympia se prenait à apprécier encore davantage la personnalité de l'aristocrate, s'il y avait quelque chose à tirer de cette rencontre qui touchait à son épilogue c'était bien que Monsieur degli Albizzi ,tout fieffé qu'il soit, était un gentilhomme honnête. La courtoisie n'était certainement pas son fort, et son passé de prisonnier en disait long sur son rapport à la morale, il n'en restait pas moins quelqu'un sur qui il était certainement possible de compter, la sournoiserie dissimulant souvent des trésors d'intelligence.
Elle inclina sa tête respectueusement et ne prit pas la peine de saluer l'agité qui déjà s'en était allé. La jeune femme promena alors son regard le long des allées désertes du jardin et soudain ses yeux se plissèrent lorsqu'elle devina la silhouette agitée d'une femme sortir du château. Olympia murmura alors :"Allons donc, en voilà une autre qui brave les températures polaires de la Sérénissime, le château d'Ugo ne connait donc aucun repos ?" Et puis la silhouette se fit moins floue, à mesure qu'elle approchait Olympia se plut à détailler de son regard espion la démarche de la jeune femme qui visiblement semblait bien embêtée. Olympia reconnut aussitot les symptômes propres à un emportement, il n'y avait qu'à en juger la mise débrayée de la pauvresse pourtant si bien coiffée. Il paraissait évident que la demoiselle était autre qu'une simple dame de compagnie, la parure accompagnant sa belle robe de couleur tendre venant appuyer ce constat.
La jeune inconnue déambulait dans les allées en agitant nerveusement la tête, Olympia eut un sourire d'approbation lorsqu'elle reconnut le bruit caractéristique d'un cailloux que l'on repousse du pied et qui ricoche au loin. Ainsi cette belle femme blonde était en colère, et le courroux lui seyait à merveille.
La marquise eut alors un nouveau frisson qui la ramena à ses priorités. La présence de cette dame au jardin signifiait que le déjeuner privé du Prince touchait à sa fin et qu'il s'était de toute évidence mal terminé pour ainsi pousser une convive à braver les températures hivernales sans aucune autre protection que le tissu façonné. La jeune aristocrate se garda bien d'aller interrompre ce charmant moment d'introspection mouvementée, ce n'était pas la tentation qui lui manquait, mais elle connaissait suffisament les usages pour savoir combien il est risqué d'aller à la rencontre de quelqu'un qui cherche prétexte à exprimer son irritation.
Rassemblant les pans de sa mante sur ses jupons, Olympia décida qu'il était temps de retrouver la chaleur douillette de ses appartements afin d'y récupérer sa pipe qui déjà lui manquait. Il aurait été amusant de voir ce qui allait suivre pour l'inconnue agitée, mais la belle aristocrate ne se sentait pas l'envie de supporter davantage le souffle glacé du vent dans son cou. Après un dernier regard jeté dans la direction de l'énervée la marquise prit le chemin de sa chambre.[La chambre d'Olympia] |
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