Domenico vit l’inconnu s’approcher et pendant un bref instant son regard resta accroché à celui de l’inconnu. Seulement ce n’était certainement pas un bourgeois que le secrétaire recherchait pour l’aider, ce qu’était le nouvel arrivant, au vu de sa tenue ! Le secrétaire pensait des bourgeois qu’ils n’étaient pas des personnes à fréquenter, souvent imbus d’elles-mêmes. Elles lui paraissaient cocasses à tourner autour des grandes familles de la noblesse sans jamais parvenir à atteindre leur rang. Le blond étant discret de nature, il ne souhaitait pas lancer une rumeur sur Elio, il ne désirait donc pas parler au jeune homme, à qui il n’accorda qu’un sourire quand il l’entendit parler.
Pas le moins du monde importuné par l’inconnu, le jeune Uccellini se remit à la quête d’un quelconque saltimbanque qui saurait l’aider en sachant tenir sa langue. Ce ne fut pas faute d’épier chaque homme et femme passant dans la rue, il ne trouvait pas le profil idéal. Au bout de quelques minutes, il soupira de lassitude : personne ne correspondait à sa recherche, et la fête qui allait être donnée risquait de faire disparaître ses dernières chances. Peut-être même qu’ils étaient déjà tous à la fête à vaquer à des occupations plus passionnantes que celles de cette place.
Le blond reporta son attention sur son voisin se souvenant de sa présence et du fait qu’il ne l’avait guère salué poliment. Un sourire malicieux se dessina malgré lui sur ses lèvres en voyant la boucle de la chaussure se défaire. Soit les souliers devaient être neufs, soit l’homme avait beaucoup marché, ou bien il n’était pas bourgeois depuis longtemps pour que les chaussures de ville lui causent une telle douleur et le fasse grimacer autant.
"Il est assez rare qu’on ait mal au pied avant le début des festivités, monsieur. "
Domenico songea qu’avec les ampoules que le garçon allait attraper avec ses souliers trop neufs, il ne profiterait certainement pas de la fin de sa balade, et du bal populaire s’il comptait s’y rendre. C’était pour cette raison qu’il fallait utiliser ses chaussures avant de sortir en les usant dans sa demeure. Ainsi on forgeait le cuir à ses pieds et on n’avait pas d’inconvénient à marcher longtemps.
Le mot festivité laissa un sourire triste sur le visage du secrétaire. Le cœur n’était pas à la fête. Les nouvelles qui venaient d’apprendre lui donnaient plutôt envie de retourner à la Ca’Odorasti et de supplier le prince de ne plus jamais sortir sans qu’une autre personne ne l’accompagne. Sauf que le secrétaire se doutait que ça n’arriverait plus : le baron allait le protéger.
"Puis-je vous être d’une quelconque aide ?"