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Marciello Veterellini Négociant en Epices

Inscrit le : 13 Déc 2007 Messages : 33
| Sujet: Re: Place Saint Marc - Sud Mer 16 Avr - 16:02 | |
| [La boutique du Négociant en Epices]
S'il n'avait suivit que d'une oreille la conversation qui s'était déroulée sur le pas de sa porte, il était pourtant décidé à en apprendre plus sur l'inconnue à la beauté naturelle. Aussi avait-il chargé un grouillot de tenir l'échoppe en son absence, prétextant une affaire urgente en ville.
Il est vrai que mentir à un serviteur avait peu d'importance, qu'on lui donne une raison ou non, il était bien forcé de faire ce qu'on lui disait, sinon il finissait à la rue, sans un sou... Pour les plus chanceux. Mais l'induire en erreur lui, signifiait induire en erreur un quelconque investigateur intéressé par les allers et venues du Négociant. C'était une précaution qui était loin d'être futile dans le monde des affaires, un guet apens était si vite arrivé, Marciello le savait mieux que personne pour en avoir organisé quelques uns. Le meilleur moyen d'éliminer un concurent, est de faire passer le meurtre pour un détroussage malheureux.
Il s'était ensuite mis en route, se tenant à bonne distance de la jeune femme, sachant comment se fondre dans la foule, il avait revêtit un manteau et portait son tricorne, un moyen rapide et facile de disparaître au milieu des badauds.
Quand elle tourna une rue pour déboucher sur la Place Saint Marc, il s'était adossé à un mur, observant avec amusement la silhouette gracieuse se prendre la sandale entre deux pavés. Il était encore plus amusant de la voir continuer sans son soulier, l'allure plus droite et arrogante que jamais. Marciello détaillait ce corps en partie voilé, mais dont il lui semblait possible d'imaginer le moindre centimètre carré. Ce n'était pas la première fois qu'il suivait quelqu'un à son insu, il savait comment éviter que l'on sente son regard, mais il n'en avait pas envie. Secrètement, il espérait que l'inconnue le prenne sur le fait, il aurait alors le plaisir d'inventer un magnifique mensonge, presque du tac au tac, avec la spontanéité propre aux menteur professionnels. Des années et des années d'assassinats, d'embuscade, de filature et de complots l'avaient bien entraîné.
Il attendit qu'elle ait traversé la moitié de la place, qui n'était pour l'heure que peu fréquentée, et s'engagea à sa suite. Tenant toujours une distance égale entre le délicieux corps de celle-ci et lui-même. _________________ Venez goûter à mes douceurs... Il y en a pour tous les goûts! |
|  | | Mila Scarlatti Maître d'Armes - Ca'Grazziano

Inscrit le : 02 Sep 2007 Messages : 47
| Sujet: Re: Place Saint Marc - Sud Mer 16 Avr - 17:18 | |
| Etrangement, ce n’était pas la peur qui grandissait en Mila, mais une colère sourde qui s’installait aussi lentement que sûrement.
Qui osait ?
Elle n’était pas à Venise depuis assez longtemps pour s’être attaché un ennemi suffisamment haineux pour la chasser en pleine rue…
Les poings crispés, et le regard furieusement acéré, elle poursuivait sa course, mordillant nerveusement sa lèvre inférieure. Elle cherchait…Qui ?
Une larme de glace lécha son échine. Quelqu’un qu’elle avait connu ? Quelqu’un de Florence ? Ville maudite !
La colère céda et la peur fit son entrée. Une entrée fracassante. Mila frissonnait. Son souffle sec et vif écorchait sa gorge à chaque inspiration, ses yeux allaient et venaient inlassablement d’un côté et de l’autre. Elle aurait voulu se retourner, mais la crainte de découvrir un visage surgi du passé retenait sa curiosité.
Elle tourna subitement au coin d’une ruelle étroite et là, freina net son pas, se plaquant contre un mur. Elle dégagea rapidement la dague toujours retenue dans son bas et la tint fermement. Si elle était effectivement suivie, l’intrus ne devrait pas tarder à apparaître. Le Maître d’armes guettait, les réflexes affûtés. Elle était prête à bondir…
Une silhouette massive glissa dans la ruelle, telle une ombre néfaste et malveillante. Mila en saisit le col à pleine main, et réunissant toutes ses forces (sans doute décuplées par la peur), écrasa le corps trop robuste pour elle contre le mur se figeant face à lui. La lame de sa dague scintillait entre les deux visages. Une lumière s’y refléta furtivement et Mila reconnut les traits du Négociant. Elle s’écarta d’un pas, saisie d’étonnement. Le silence s’imposa le temps de calmer sa respiration. Elle dégagea nonchalamment une mèche rebelle et releva le menton.
« Le jeu vous amuse t il, Monsieur ? Puis-je au moins en connaître les règles ? »
Un sourire plein d’ironie taquina ses lèvres alors que sa voix grave se taisait… _________________ L’art de l’épéiste consiste à tout donner, sans jamais rien recevoir, l’art de la femme consiste à tout recevoir sans jamais rien donner. |
|  | | Marciello Veterellini Négociant en Epices

Inscrit le : 13 Déc 2007 Messages : 33
| Sujet: Re: Place Saint Marc - Sud Mer 16 Avr - 18:23 | |
| Elle pressait le pas... C'est que sa présence se faisait plus opressante. Elle regardait en tous sens... C'est qu'elle cherchait quel regard pouvait bien la dévisager.
La curiosité était bien un défaut, mais un défaut ô combien délicieux. Il savait son regard lourd, et sentait l'excitaton monter en lui, alors que l'inconnue commençait à s'agiter...
Quand soudain, elle disparue dans une ruelle. Tout focalisé qu'il était sur sa personne, il n'avait plus prêté attention aux alentours, et à la configuration de la place. Il hésita un moment. Bien sûr, elle aurait pu profiter de cette interruption pour le perdre dans les petites ruelles, mais d'après ce qu'il avait pu jauger de la demoiselle, ce n'était pas vraiment son genre que de fuir. L'autre solution était qu'elle l'attendait dans l'a ruelle, probablement embusquée, il ne lui avait pas vu d'arme, mais n'ignorait pas tout ce que pouvait abriter des jupons.
Il posa la main discrètement sur le manche de sa dague, il ne la quittait jamais, encore une mesure de précaution non-négligeable dans le monde des affaires. Puis il s'engagea dans la ruelle sombre. A pein y posa-t-il son premier pas, qu'il fût tiré en arrière avec une force inattendue et plaqué contre le mur, les aspérités parfois proéminentes de la pierre lui meurtrirent le dos. Et il se retrouva couteau sous la gorge.
Il détailla le visage de la jeune femme, de près, elle était encore plus belle, chaque détail la mettait naturellement en valeur. Il sourit, comme pour détendre l'atmosphère, qui n'était qu'à une lame du bain de sang. Avant de lui répondre, il eut un sourire qu'on aurait pu qualifié de lubrique, alors que sa dague remontait le long du torse de la jeune femme, pour venir s'arrêter à hauteur de sa poitrine, là où se trouvait le coeur.
"Le jeu m'amuse, en effet... Quant aux règles, elles sont oubliées depuis bien longtemps. Baissez votre lame, Ma Dame. Je ne vous veux aucun mal, croyez-le bien..."
Prenant le risque de se faire trancher la gorge, il tapota le bout de sa dague entre ce qui devait être les deux seins de l'inconnue. Puis l'abaissa, pour la rengainer.
"Mes yeux n'ont simplement pas pu se détacher de ce spectacle magnifique qu'est votre personne, Ma Dame... Et je parle en connaisseur."
L'arrogance, lui aussi pouvait en faire preuve, et cela l'amusait encore plus dans des situations aussi dangereuses que celle-ci. Il n'était pas sûr des extrémités que pouvait atteindre la jeune femme, mais cela semblait bien lui être égal... _________________ Venez goûter à mes douceurs... Il y en a pour tous les goûts! |
|  | | Mila Scarlatti Maître d'Armes - Ca'Grazziano

Inscrit le : 02 Sep 2007 Messages : 47
| Sujet: Re: Place Saint Marc - Sud Sam 19 Avr - 0:19 | |
| La lame glissa sur le tissu de sa robe jusqu’à atteindre le cœur. Mila eut un léger sursaut. Elle tentait de contrôler son souffle devenu haletant. Malgré les doutes, malgré le trouble, son regard mordait celui du Négociant. Seule une âpre déglutition trahit sa peur. Violente, étourdissante…et pourtant fascinante…D’une main, il aurait pu la broyer, mais au lieu de cela, il rangea sa dague.
Un sourire conquérant effleura les lèvres du Maître d’armes.
Ne résistant pas au jeu qui semblait tant distraire le Négociant, Mila taquina son cou de la pointe de sa dague. Une éraflure. Superficielle.
« Un souvenir… » murmura t elle de sa voix cassée.
Sans s’éloigner, elle releva les lourds plis de sa robe, et enfonça sa lame dans le fourreau noué autour de sa cuisse, puis elle réajusta le tissu qui s’écroula sur ses chevilles. Ses yeux n’avaient pas quitté ceux de Marciello. Plus éloquents que les mots. Ils bravaient, puis…apprivoisaient…
« Prêtez moi votre bras, voulez vous ? »
Elle dévoila alors son pied déchaussé et haussa nonchalamment les épaules avec une moue désolée…
« J’ai égaré mon soulier, les talons et les pavés sont les pires ennemis du monde… »
Elle enroula son bras autour de celui du Négociant, et après quelques pas, rompit le silence.
« Je crains de décevoir le « connaisseur » que vous êtes, car je ne suis pas un spectacle muet, et…mon but n’est pas de séduire le spectateur… »
Elle avait l’impression d’être au bord du précipice et que d’une seule main, Marciello pourrait l’y faire basculer. Ce n’est que dans ces instants que l’on sent pleinement la vie. Ce n’est que dans ces instants que l’instinct de Mila était en éveil, lorsqu’elle était chahutée, menacée. Elle sentait le sang se glacer dans ses veines, ses sens s’aiguiser, son pouls se précipiter…Enivrant…
Une rire inattendu fusa, puis se tut lentement.
« Je ne vous ai pas effrayé, n’est ce pas ? C’était pourtant le but…J’espérais vraiment lire la peur au fond de vos yeux, mais je n’y ai vu qu’amusement. Jusqu’où faut il donc aller pour vous faire pâlir ? » _________________ L’art de l’épéiste consiste à tout donner, sans jamais rien recevoir, l’art de la femme consiste à tout recevoir sans jamais rien donner. |
|  | | Marciello Veterellini Négociant en Epices

Inscrit le : 13 Déc 2007 Messages : 33
| Sujet: Re: Place Saint Marc - Sud Sam 19 Avr - 16:27 | |
| Les yeux dans les yeux, une proximité qui enivrait les sens du Négociant. Tout son corps lui hurlait son désir charnel, mais avec les années, il avait appris à dominer ses instincts et à ne laisser place qu'à sa raison. C'est ainsi qu'il avait survécu tant d'années, non pas en laissant librement s'exprimer son instinct de conservation, mais en restant parfaitement raisonnable, et en gardant un sang-froid absolu. Il sentait le souffle affolé de l'inconnue sur son visage et dans son cou. Un souffle que l'on tentait de maîtriser malgré une peur évidente...
Enfin... De la peur, il ne l'attendait plus. Il avait pris l'habitude de la peur dès qu'on le voyait, où dès que sa victime se sentait observée. Mais là, il semblait que ce ne fût que la proximité qui puisse glacer le sang de la jeune femme. Il s'en déléctait, comme on se serait délecter d'un spectacle macabre. Il eut un léger sursaut et son sourire disparut l'espace d'un instant, quand la lame lui entailla le cou. mais bien vite il sourit à nouveau, de ce genre de sourire dont lui seul semblait capable, un sourire à la fois malsain et détaché, comme aurait pu en être capable le Diable lui-même.
Il glissa une main jusqu'à son cou, où il vint recueillir la goutte de sang qui perlait à la blessure, il amena sa main jusqu'à son visage et examina son propre sang avant de se lécher le doigt d'un air gourmand, les yeux à nouveau plantés dans ceux de celle dont il ne connaissait le nom.
Quand elle rangea sa dague, remontant sa robe sur ses cuisses, il ne put s'empêcher un regard sur les courbes de son agresseur. Quand il releva son regard fugace, ce fût pour rencontrer à nouveau le sien. Il semblait qu'elle appréciait autant que lui les longs silences, où ne parlaient que les regards. Des regards bien mystérieux en l'instant.
Sans un mot, il prêta son bras à la demoiselle lorsqu'elle le lui demanda, puis ils commencèrent à faire quelques pas, réapparaissant sur la place. Le soleil inondant à nouveau leur deux visages.
| Mila Scarlatti a écrit: | | « Je ne vous ai pas effrayé, n’est ce pas ? C’était pourtant le but…J’espérais vraiment lire la peur au fond de vos yeux, mais je n’y ai vu qu’amusement. Jusqu’où faut il donc aller pour vous faire pâlir ? » |
Il concéda enfin à ouvrir la bouche, sa voix était profonde, étrangement calme, il ne regarda pas la jeune femme quand il répondit.
"Le spectacle de ma peau perdant ses couleurs ne sera donné qu'à celui qui m'ôtera mon dernier souffle, fusse la Mort elle-même, ou un simple conccurent. J'attends ce jour avec impatience."
Il eut un bref sourire. Quelque chose laissait entendre que l'idée ne lui était pourtant pas si agréable. Il se stoppa net, alors qu'ils arrivaient au milieu de la place, forçant sa compagne à en faire de même. Puis dans un mouvement rapide, il se tourna vers elle, pour fixer une énième fois son regard dans le sien.
"Ma Dame... J'ai bien peur de ne pouvoir faire un pas de plus..."
Devant l'air interrogateur de la jeune femme, il continua.
"Voyez-vous, mes jambes sont momentanément bloquées, seul votre nom pourrait les faire retrouver leur mobilité. Consentiriez-vous à aider un humble infirme?"
Malicieux était son regard, et taquin son sourire. Il venait de piéger sa proie. Les badauds ne mettraient plus très longtemps avant de commencer à s'intéresser à ce couple immobile, en plein milieu de la place. C'était le ridicule assuré, un ridicule qui n'effrayait pas Marciello. Passer pour un excentrique, il pouvait se le permettre, et attirer l'attention sur lui ne pouvait qu'être bon pour les affaires. mais en était-il de même de sa partenaire? _________________ Venez goûter à mes douceurs... Il y en a pour tous les goûts! |
|  | | Mila Scarlatti Maître d'Armes - Ca'Grazziano

Inscrit le : 02 Sep 2007 Messages : 47
| Sujet: Re: Place Saint Marc - Sud Lun 21 Avr - 11:42 | |
| Le regard de Mila cessa de scruter l’horizon et remonta jusqu’à celui du Négociant.
« La Mort...Etes vous blasé au point de l’espérer… ? »
Un sourire retroussa ses lèvres…
« Venise vous présentera sûrement ce qu’il vous faut. Ses rues regorgent d’âmes assez tourmentées pour briser votre ennui. D’ailleurs, je suis certaine que quelques rivaux aiguisent déjà la lame destinée à vous transpercer…»
Soudain, il arrêta leur marche et se plaça face à elle. Mila écouta, puis releva un sourcil grondeur.
« Ai-je l’air d’être femme à succomber à ces courtoisies forcées, à ces flatteries affectées dont se régalent les élégantes ? »
Elle se tut, son regard toujours enfoncé dans celui de Marciello comme si une puissante attraction l’empêchait de s’en détacher.
« Je préfère les jeux dont… « les règles sont oubliées » … »
Nul besoin de la retenir de ses bras, son regard qui l’enveloppait maintenait Mila immobile face à lui. Elle le dévisagea. Longuement. Lentement. Il était comme les épices qu’il vendait. Senteurs sensuelles et étourdissantes qui pourtant, pouvaient tuer.
« Mon nom… »
Elle sentit alors la foule s’intriguer et se resserrer autour d’eux. « Eloignons-nous…Tous les yeux se tournent vers nous…»
Arrachant son regard à cette masse d’indiscrets, elle nota que le Négociant était parfaitement serein. Et pire encore, il semblait apprécier que l’attention se porte sur lui. Tout ce que Mila détestait.
« Vous êtes odieux ! » s’amusa t elle avant d’empoigner le tissu de sa chemise et de l’entraîner de force à l’écart.
« Puisque vous m’avez posé une question, vous m’en autorisez une…Pourquoi tant d’insistance à connaître mon nom ? Est-ce…pour l’inscrire sur le carnet que vous tenez soigneusement caché ? »
Ah ! Les rumeurs ! Même si l’on en était point amateur, elles tombaient au creux de vos oreilles et attisaient toutes les curiosités ! Ou peut être Mila cherchait elle simplement à déstabiliser le Négociant que rien ne semblait pouvoir affecter.
[CA' GRAZZIANO-L'Allée Centrale] _________________ L’art de l’épéiste consiste à tout donner, sans jamais rien recevoir, l’art de la femme consiste à tout recevoir sans jamais rien donner.
Dernière édition par Mila Scarlatti le Mer 23 Avr - 16:52, édité 1 fois |
|  | | Marciello Veterellini Négociant en Epices

Inscrit le : 13 Déc 2007 Messages : 33
| Sujet: Re: Place Saint Marc - Sud Mar 22 Avr - 18:27 | |
| Ah! Douce inconnue qui plus que tout veille à son anonymat. Il était impressionné que même face au regard curieux et scrutateur du badaud elle ne fléchisse. Il s'en était plus ou moins douté, même s'il avait espéré qu'elle aurait finit par craquer. Comme à son habitude, il parlait peu, restant silencieux et observateur, mesurant chacune de ses respirations et calculant chacune de celle de sa partenaire.
Il ne pouvait s'empêcher quelque regard dérobé vers la poitirne qui montait et descendait alors que ses poumons s'emplissait d'air puis le recrachaient. Il était à la fois émerveillé et envoûté, et le regard de la tigresse était le coup de grâce, captivant, et profond, à quelques détails, il lui semblait voir le sien...
Elle l'attira à l'écart, le traitant d'odieux, il ne retint pas un sourire presque satisfait. C'était bien là son privilège, se permettre d'être odieux, même avec les plus gros clients, c'était d'ailleurs ainsi qu'il fidélisait sa clientèle, par son audace. Il n'était pas de ceux qui s'abaissait à milles courbettes devant les nobliaux, et même s'il lui arrivait d'être miellieux, c'était toujours avec diginité.
Quand enfin elle fit allusion au carnet, son sourire s'élargit, mais c'était pour ne point trahir sa légère surprise. Il s'attendait bien sûr à ce que l'un de ses serviteurs bavard et observateur remarque le carnet et s'empresse d'aller faire profiter de sa découverte au tripot du coin. Ce qui l'étonnait c'était à quel point ces serviteurs pouvaient être bavards et observateurs. Il n'avait pas fallu longtemps pour que la nouvelle fasse le tour de Venise. Il avait appris que c'était le genre de secret qu'il était profitable de feindre, car l'existence d'une telle chose attisait la curiosité, et s'il y avait bien uen chose qui faisait vendre, c'était la curiosité.
En effet, il savait que nombre de client venait avant-tout dans l'espoir de tomber sur le carnet, négligemment disposé sur le coin du comptoir, où il pourrait être subtilisé alors que Marciello vaquait à ses occupations. Pour justifier leur présence, et le fait qu'il reste aussi longtemps dans le magasin, ils étaient forcés d'acheter, ne serait-ce qu'un onguent... Décidément, cette rumeur était très profitable...
"C'est exact, il s'y retrouverait assurément."
A quoi bon le nier, puisque c'était vrai. Il ne laissa pourtnat pas l'occasion à sa belle inconnue de trop réfléchir à ce sujet et enchaîna.
"Mais la raison première est bien plus simple. Vous connaissez mon nom, je désire donc connaître le votre... Je dois vous avouer ma fascination pour votre personne, j'aimerai nommer ce visage si agréable... Est-ce un crime?"
Il avait pris une allure faussement coupable. Quand celle-ci disparut, ce fut pour être remplacée par un sourire étiré, presque inquiétant. Qui semblait mêlé d'amusement et de sadisme... _________________ Venez goûter à mes douceurs... Il y en a pour tous les goûts! |
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