| | Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges | |
| Aller à la page : 1, 2, 3  | | Auteur | Message |
|---|
Pourpre Du Bout des Doigts

Inscrit le : 11 Avr 2005 Messages : 379 Statut : Admin
 | Sujet: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Lun 18 Avr - 22:37 | |
| |
|  | | Giuseppe Invité
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Mer 4 Mai - 21:21 | |
| [Calle Bardini]
L'embarcation accosta à proximité du Palais des Doges en toute discrétion. Giuseppe se fit violence pour sortir de la rêverie dans laquelle il avait sombré. Il descendit prestement, et adressa un signe de tête en guise de remerciement à son serviteur.
Il se dirigea vers la magnifique place. Il aimait venir en ces lieux. Cela lui permettait d'humer l'air du temps, déambulant entre les badauds à l'écoute des rumeurs de la ville.
Son regard gris clair se posa sur la façade du palais. Le bâtiment dégageait une certaine aura, probablement comme tous les lieux de pouvoir. Un sourire ironique parut se dessiner sur le visage de Giuseppe … |
|  | | Ithya Ro Invité
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Mar 10 Mai - 18:48 | |
| [Premier post]
Depuis la fin de sa légère collation de midi, Ithya n’avait qu’une idée en tête : sortir pour respirer le pur air hivernal et pour laisser la délicate trace de ses pas dans la neige fraîche qui, même paillée, possédait encore l’aspect poudreux et les reflets satinés que la courtisane aimait tant.
Elle avait donc donné l’ordre à sa servante de garder la maisonnée et, dans sa robe de lin rouge pâle dernier présent d’un de ses influents « amis », elle s’en était allée vers le dédale des rues de la ville, espérant rencontrer du monde dans la grande cohue qui régnait en permanence sur la place Saint Marc.
Après quelques minutes de marche, nécessaires pour atteindre le point d’arrêt de son fiacre autre cadeau d’un de ses autres « amis », Ithya s’était rendu compte que sa présence ne passait pas inaperçue. En effet, les quelques hommes et femmes qu’elle avait croisés, qu’ils soient riches et qu’ils la toisent de par l’encadrement des fenêtres des calèches, ou bien qu’ils soient miséreux et presque rampant à ses genoux ; tous s’étaient retournés sur son passage, un sourire aux lèvres et dans les yeux comme une lueur perverse.
Ce désir plus ou moins caché ou totalement exposés que les passants avaient de la toucher, de la sentir, de l’entendre gémir fit sourire la jeune femme… Combien d’années avait-elle passé à essuyer les commentaires graveleux et les allusions perverses en se mordant les lèvres jusqu’au sang pour ne pas crier de colère mais pour offrir un sourire enchanté et une pique assassine ? Désormais, tout cela l’amusait et la flattait : elle savait que son charme de femme de luxure agissait toujours, et elle s’en contentait au plus haut point ; c’était ce qui lui avait amené son confort présent.
Le trajet en calèche se fit agréable, comme si les roues avaient décidé de ne faire aucun heurt trop brusque contre le sol, de peur de mécontenter la passagère. Ithya descendit en face du palais des Doges, renvoya le coche, et entama son tour de reconnaissance, quand elle aperçut une silhouette qui, de part sa singularité, ne lui était pas inconnue.
Elle s’avança donc d’un pas alerte et souple, un sourire affable soigneusement dessiné sur les lèvres. Oui, c’était bien ce mystérieux intrigant habitué de la vie mondaine ; cet homme qui, de par sa profession éclipsait souvent les femmes comme elle lors des fêtes et s’accaparaient la confiance des puissants. Cet astrologue intelligent et rusé que même ses amies ne connaissaient que de visage… Quel était son nom déjà ?
Elle se planta en face de lui, comme hésitante, et sa voix douce et sucrée commença à jouer un récital familier :
« Excusez-moi de vous déranger ainsi, mon cher monsieur, mon impolitesse fera date dans tous les livres, mais ne seriez-vous pas le très reconnu astrologue… Guiseppe Verrazano ? »
Et, un sourire dans les yeux, elle avait déjà analysé son sujet sous toutes les coutures et eut le temps de continuer sa tirade réglementaire, avant qu’il ne reprenne la parole :
« Oui, oui, c’est bien vous ; j’en suis sûre maintenant, je suis très physionomiste… Oh pardon, vous ne me connaissez pas, je me nomme Ithya Rosanera ; je vous ai rencontré au bal du mois dernier chez le duc De Luz… Les invités vous avaient réclamé une démonstration de vos talents… Un très bel art que vous maniez. » |
|  | | Giuseppe Invité
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Mar 10 Mai - 22:56 | |
| Giuseppe posa son regard sur la jeune femme qui se présentait à lui. Etait-ce par la force de l'habitude, par ce côté avenant qu'il avait cultivé ou par simple spontanéité, toujours est-il qu'un sourire chaleureux apparut sur son visage.
Giuseppe espéra que son comportement ne trahissait pas trop ses émotions, car il se sentit troublé. La jeune femme était belle, envoûtante en quelque sorte. Il répondit d'une voix délicate :
- "En effet … Giuseppe Verrazano, astrologue, pour vous servir"
Il s'inclina légèrement, saisit la main de la jeune femme et lui fît un baise-main. Il poursuivit sur un ton égal :
- "Mais, je dois bien avouer qu'aucun astre à ma connaissance, aussi flamboyant, aussi étincelant qu'il soit, n'égale votre beauté."
Giuseppe marqua un temps d'arrêt, puis reprit :
- "Vous me voyez ravi si mes quelques talents dans les arts divinatoires ont pu capter votre attention. Il est vrai que le bal que vous évoquez était particulièrement réussi. Une soirée comme seule la sérénissime sait nous en offrir. Mais, je manque à tous mes devoirs … Puis-je vous inviter à partager une collation ? A moins que vous ne préfériez faire quelques pas au bord du canal ?"
Giuseppe resta dans l'attente, toujours armé du même sourire. |
|  | | Ithya Ro Invité
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Ven 13 Mai - 19:22 | |
| Avec une satisfaction qu'elle laissa transparaître sur son charmant minois, Ithya vit, par le sourire sur les lèvres de son interlocuteur, que son «plan d’abordage dans une rue bondée» s’était déroulé comme prévu… Elle l’aurait pensé un brin trop pressant ou trop appuyé, mais non, elle s’en sortait bien..., très bien, même.
Le compliment, fort bien tourné, de l’astrologue fit apparaître sur le visage de la jeune femme un sourire radieux, car elle était très sensible à toutes les flatteries et autres marques d’attention.
C’était sûr désormais, il était quelqu’un qui savait très bien s’attirer la sympathie, et elle s’amuserait sûrement si elle devait « passer quelques temps avec lui »... Enfin, son seul objectif pour la journée était de l’emprisonner juste un chouia dans ses fils de manière à ce qu'il retienne son prénom, son visage et sa voix, avant qu'elle n'aie à rejoindre son logis.
Le séduire était sûrement une chose plus difficile qu'il n'y paraissait, car nombre de ses amies de profession avaient échoué lors de leur tentatives d'approche de cet homme si étrange; mais il fallait tout de même reconnaître qu’elles et Ithya ne jouaient pas du tout au même niveau.
Elle l’écouta parler avec sur le visage une légère marque d’attention que les hommes aimaient souvent à voir sur le visage des femmes, puis elle répondit tranquillement :
« Il est un peu tard pour une collation, alors, puisque vous me faites l'honneur de me laisser le choix de la manière par laquelle je pourrais rester en votre compagnie, j’opterais pour la promenade le long du canal… »
Puis, sans attendre de réponse, elle lui prit discrètement le bras avec un sourire et un regard qui la feraient sûrement passer pour la dernière des dévergondées ; mais il existait sur cette Terre des gens avec qui elle ne désirait pas prendre de pincettes et aux yeux desquels elle agissait avec une aisance peut-être un peu trop flagrante.
*De toute façon, qu’importe pour moi l’avis des autres, je ne crains rien pour ma réputation, je ne crains rien pour mon nom dans les rues de Venise qui sont devenues mon domaine… Gardons l’attitude « inaccessible, mais pas trop » pour les soirées ou pour des personnes qui de prime abord sont moins ouvertes et amicales que lui ! Mais il faut que je songe à ne pas trop pousser mon audace; nuire à la réputation de quelqu'un par des actes qui pourraient être l'objet de commérages n'est pas une bonne manière de se garantir son "amitié".*
Mais ses états s'âme n'avaient pas de grande prise sur elle, et elle l’entraîna alors sur quelques pas, tout en discutant comme si de rien n’était, comme s’ils avaient été des amis de longue date qui se retrouvaient en un superbe après-midi d'hiver ou le soleil étincelait:
« Je crois savoir, d'après deux ou trois questions bien posées aux bonnes personnes, que vous êtes installé à Venise depuis assez longtemps… Enfin, bien assez, je pense, pour que je puisse partager avec vous les derniers potins de la ville… Me serai-je trompée ? » |
|  | | Giuseppe Invité
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Ven 13 Mai - 21:36 | |
| L'aisance relationnelle dont faisait preuve la jeune femme reflétait assurément une grande capacité d'adaptation quelque soit l'interlocuteur. Son comportement, ses gestes, sa façon de parler, tout tendait à conforter Giuseppe dans l'idée que non seulement la demoiselle était dotée d'un charme et d'une beauté qui ne laissaient pas indifférent, mais qu'elle semblait aussi faire preuve d'autres qualités, moins charnelles et plus intellectuelles.
Il se laissa entraîner sans résistance dans le jeu de séduction que lui proposait la jeune femme. Longeant les arcades finement ouvragées du Palais des Doges, Giuseppe prit discrètement le temps d'observer les badauds au passage du couple improvisé qu'ils formaient. Ithya attirait inéluctablement l'attention. Les nombreux regards qu'il capta, sans être pour autant insistants ou inconvenants, trahissaient l'envoûtement que pouvait produire la jeune courtisane sur son entourage. Il répondit d'un ton qu'il voulut neutre :
"Je connais un peu Venise, pas forcément pour y être installé depuis longtemps, mais plutôt pour y avoir fait de longs séjours à multiples reprises. Mes activités me mènent à avoir une vie quelque peu nomade."
Giuseppe marqua une pause, puis reprit :
"Mais je dois bien avouer que Venise dégage une aura particulière. C'est une ville de commerce, fort riche, et donc une ville de pouvoir. Elle fait partie des cités qui font rêver et envier bien des hommes … et des femmes.
Giuseppe avait volontairement marquer un temps d'arrêt avant ces derniers mots, comme pour mettre en avant le fait qu'à ses yeux le pouvoir et l'influence n'étaient pas une affaire exclusive de la gente masculine.
"Que vous dire des rumeurs, ma chère ? A l'heure où nous parlons, tout à chacun ici est attentif aux faits et gestes des deux influentes familles que sont les maisons Grazziano et Adorasti. Mais peut-être avez-vous déjà entendu parler des princes Ugo et Elio ?" |
|  | | Ithya Ro Invité
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Dim 15 Mai - 11:32 | |
| Ithya, qui marchait d’un pas lent et tranquille, écoutait Guiseppe parler. Apparemment, il savait modérer le timbre de sa voix jusqu’à le faire parvenir à une parfaite neutralité quand il ne désirait pas s’étendre sur les choses… Mais qu’importe ? Elle était passée maître dans l’art de faire parler les gens ; elle aurait bien une occasion de lui faire dire tous ces petits secrets qui lui permettraient d’avoir en une certaine manière un contrôle discret sur lui…
Eh oui, son esprit calculateur veillait toujours ; mais ces préoccupations de domination n’étaient pas pour aujourd’hui. Enfin…
Ainsi, quand Guiseppe eut fini son petit commentaire sur Venise, elle s’avoua un peu déstabilisée… D’ordinaire les hommes ne voyaient jamais que certaines femmes savaient s’accaparer subtilement le pouvoir, ils étaient bien trop préoccupés par leurs propres envies de reconnaissance qu’ils en oubliaient la présence discrète mais oh combien importante d’une intrigante dans leur sillage. Pas tous les êtres mâles apparemment avaient de la boue dans les yeux ; et elle ne releva pas mais son sourire se fit un instant moins radieux. Ce personnage connaissait encore mieux la psychologie des gens que ce qu'il paraissait, c'était à surveiller.
Juste un instant de reflexion ou il continuait de parler, et elle répondit :
« Oui, j'en ai quelque peu appris sur eux, il est bien vrai que la présence de ces deux personnes en ville aura agité la mémoire de la populace, et que tous les paris sont ouverts sur la raison pour laquelle ils sont ici et sur ce qui va changer dans la vie « tranquille » des habitants… C’est assez intrigant et je me prends au jeu aussi, je vous l’avoue. Auriez-vous une opinion propre ? Ou êtes-vous comme moi à l’écoute de toutes les rumeurs sans pourtant se forger un avis ? »
Elle savait que ses propos étaient bien vagues, mais elle n’aimait pas s’étendre trop rapidemant sur les personnes qu’elle connaissait ou non… Surtout que, les ayant déjà rencontré, elle avait déjà une opinion toute faite de chacun d’eux, et qu’elle ne voulait pas se compromettre en la confiant à la mauvaise personne ; au mauvais moment. Somme toute, c’était un joli petit mensonge détourné qu’elle avait présenté bien poliment, il suffisait de voir s’il prenait ou pas. |
|  | | Gabriella Delmonti Servante - Ca'Adorasti

Inscrit le : 22 Avr 2005 Messages : 513 Statut : Modo
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Dim 15 Mai - 14:11 | |
| [Maison du Conseiller-Astrologue]
Gabriella accosta à nouveau, cette fois sur la rive du Grand Canal. Il y avait beaucoup de monde et l’endroit était vaste, comment retrouver l’homme qu’elle cherchait parmi tous ces gens ? Heureusement, elle connaissait son visage, elle l’avait vu quelques fois depuis qu’elle était à Venise.
Elle décida de commencer à vérifier le long du canal. Si elle ne le trouvait pas ici, elle irait voir sur la Place elle-même puis à la Basilique s’il le fallait. Marchant le long de la rive, elle observait chaque visage à la recherche de Giuseppe. Elle marcha ainsi de longues minutes, observant, cherchant, jusqu’à enfin trouver la silhouette qu’elle cherchait.
L’homme était au bras d’une femme. Gabriella aurait préféré qu’il soit seul. Si cette femme n’était pas invitée, c’était un peu gênant de parler de cela devant elle.
*Oh et puis après tout, je m’en moque, ce n’est pas mon problème*
Gabriella se mit à courir derrière eux pour les rattraper. « Monsieur Verrazano ! Monsieur Verrazano ! »
Gabriella réussit à les rejoindre et s’arrêta devant eux, hochant brièvement la tête devant la femme -qu’elle avait déjà vu mais sans parvenir à se souvenir de qui elle était vraiment- puis salua Giuseppe.
« Bonjour Monsieur, je suis chargée de vous remettre un message de la part du Prince Elio Lacryma Adorasti, tenez. » Elle lui tendit la lettre cachetée et attendit qu’il l’ouvre et lui donne la réponse.
Une fois ouverte, il pourrait lire :
 _________________ Gabriella Delmonti, Servante Ca'Adorasti |
|  | | Rossana Invité
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Dim 15 Mai - 16:55 | |
| [Palais di'Grazziano]
Rossana arriva, la lumière du soleil effleurant son corsage, le regard serein sur les légères vaguelettes des canaux. Des pigeons blancs ou mouchetés tournoyaient autour de sa tête brune et se posaient pour se disputer la même miette de pain.
Elle vit alors trois personnes : un homme richement vêtu, une femme à la robe tout aussi belle et une dernière femme plus sobrement habillée, surement pauvre. Rossana n'était pas quelqu'un d'objectivement solitaire, et s'attachait aussi facilement que se détachait de la solitude qu'elle appréciait autant qu'elle maudissait.
Elle joua de son regard, de sa peau, et de sa présence pour aborder le trio inconnu.
"Bonjour Mesdames, bonjour Monsieur."
Rossana osait ; elle avançait sans avoir peur de se cogner la tête, elle allait vers les autres et le regrettait assez rarement. Elle fit de sa voix un tapis de soie sur lequel on marche à la pointe des pieds, et son regard se fit doux et séducteur. |
|  | | Giuseppe Invité
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Dim 15 Mai - 18:09 | |
| Giuseppe allait répondre à son interlocutrice, lorsque il entendit son nom clamé en place publique. Il se retourna et aperçut une jeune domestique le hélant. Si l'astrologue avait voulu rester discret, c'était à coup sûr un échec. Heureusement, il n'était pas homme à s'offusquer. Il regarda Ithya en haussant les sourcils, comme pour s'excuser de cette soudaine intrusion dans le fil de leur discussion.
Sans dire un mot, il saisit le pli que lui tendait la jeune personne. Retournant celui-ci entre ses mains, il reconnut sans hésitation le sceau de la maison Adorasti. Il brisa le cachet de cire rouge arborant les armoiries de la famille princière, et parcourut rapidement le billet.
Relevant la tête, son regard embrassa l'ensemble de la foule vénitienne qui s'agitait aux alentours. Il scruta la scène comme cherchant la réponse à une interrogation. Puis son regard revient sur le visage de la servante, à laquelle il s'adressa d'une voix pausée, presque solennelle :
- "Dites à votre Maître que je suis très honoré de son invitation, et qu'il peut compter sur ma présence. Adressez lui toute ma reconnaissance."
Giuseppe redonna le billet, non par convenance, mais parce qu'il y avait discrètement glissé un gage de remerciement, en espèces sonnantes et trébuchantes, à l'attention du messager. Attendant que la jeune domestique s'écarte, il s'adressa à nouveau à Ithya d'une voix suave, reprenant la discussion comme si elle n'avait jamais été interrompue :
- "Voyez-vous, je crois que mon avis sur la situation actuelle n'est pas encore tout à fait tranché. En revanche, je suis persuadé que les observateurs que nous sommes ont des intérêts communs …"
Giuseppe allait poursuivre son propos, lorsqu'une nouvelle fois, il fut interrompu par une femme non moins élégante que celle qui partageait sa compagnie. Son visage ne lui évoquant rien, il décida donc de se présenter :
- "Giuseppe Verrazano, pour vous servir."
Plongeant son regard dans celui de la belle inconnue, il comptait par ces quelques mots obtenir une réponse égale quant à la qualité de celle qui se présentait à eux … |
|  | | Ithya Ro Invité
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Dim 15 Mai - 18:58 | |
| L’arrivée pour le moins impromptue de la servante fit serrer les dents à Ithya, elle n’aimait vraiment pas être dérangée par n'importe qui durant ses approches… Surtout que le bruit fait par l’intruse avait fait tourner la tête à plusieurs badauds environnants qui se croyaient permis d'immiscer leurs oreilles dans la conversation.
Elle connaissait cette jeune femme, elle en était sûre ; et son esprit chercha un instant dans ses souvenirs un endroit où elle aurait pu la croiser. Il ne chercha pas bien longtemps, le nom d’Elio Lacryma Adorasti lui apporta le déclic. Oui, c’était bien la servante qui l’avait assassinée des yeux la seule fois où elle avait conversé avec son maître… Maintenant, tout était clair.
Tout, sauf le contenu de l’enveloppe qu’elle fixa avec attention alors que l’astrologue la décachetait. Elle le regarda du coin de l’œil alors qu’il semblait en pleine réflexion ; mais elle ne put pas s’empêcher de froncer les sourcils, même le plus discrètement possible, lorsqu’elle l’entendit répondre qu’il acceptait l’invitation. Ces mots eurent le même effet sur elle que le claquement d’un fouet près d’un fauve faisant gronder son esprit. Mais elle se maîtrisa sans grande peine et elle fit mine de rien.
*Comment ose-t-il inviter un astrologue à une réception sans penser à moi ? Je le croyais moins strict et plus friand d’agitation… Mais je me suis trompée apparemment, notre conversation n’aura mené à rien, et la petite courtisane qui a osé défier son regard hautain sera comme toujours négligée… A moins qu’il n’ait été encore plus subtil que ce que je ne pense, cet homme est tellement imprévisible. *
Elle entendit Guiseppe reprendre là où ils en étaient, mais ses yeux s’étaient posés sur la femme qui s’avançait vers eux. Là, ce n'était plus une interruption, la dame jouait le même jeu séducteur qu'elle.
Elle la regarda fixement de ses yeux de biche, et son esprit sut immédiatement reconnaître la qualité de la personne. Pourtant, malgré les similitudes dans le ton séduisant, elle ne se sentait pas en concurrence avec elle, pas encore ; et c’est donc avec un sourire aimable et oh combien trompeur qu’elle l’accueillit.
(le tour de post pour ce sujet est : Ithya, Gabriella, Rossana, Giuseppe) |
|  | | Gabriella Delmonti Servante - Ca'Adorasti

Inscrit le : 22 Avr 2005 Messages : 513 Statut : Modo
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Dim 15 Mai - 20:55 | |
| Sans regarder la courtisane, Gabriella restait fixée sur Guiseppe en attendant sa réponse. Quand il lui répondit qu'il viendrait, Gabriella hocha la tête avec un sourire, le Prince serait content.
Gabriella reprit le billet et fut surprise de voir qu'il y avait glissé quelques pièces. Le temps de réaliser et de ranger le tout dans une poche de sa cape, Gabriella s'inclina devant l'homme en le remerciant chaleureusement.
Une nouvelle jeune femme arriva alors. Gabriella la détailla à peine, juste le temps de la saluer elle et les deux autres, qu'elle repartait déjà, retournant vers sa gondole qui la ramènerait au palais. Beaucoup de travail l'attendait là-bas pour préparer la soirée.
[Ca' Adorasti] _________________ Gabriella Delmonti, Servante Ca'Adorasti |
|  | | Rossana Invité
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Mar 17 Mai - 19:16 | |
| Rossana observa la petite assemblée qui se tenait autour d'elle, et qu'elle ne connaissait que de vue. Elle se promit de ne pas rester à ce timide cap et d'abattre les barrières qui érigeaient la distance avec ceux qui étaient riches ...
Un homme aux cheveux légèrement grisés par l'âge présentait un embonpoint justifié par sa nationalité, et très élégant dans cette prestence. Il s'était déclaré Giuseppe Verrazano. La belle femme, riche, la regardait sans se présenter. Elle était plus fine et plus jeune qu'elle, mais les mêmes buts semblaient les animer toutes les deux. C'en était troublant : Venise était donc composé seulement de femmes belles ?
La jeune femme modeste possédait un visage poupin aux yeux verts, et Rossana avait compris de l'échange avec l'homme qu'elle était une servante, ou en tous les cas sous les ordres d'un maître. Mais elle partit vite.
Tout dans les gestes de Rossana était stratégique, emblématique de sa personnalité. Sa position vis à vis du soleil, le mouvement de ses cheveux, sa position, les expressions qui modifiaient son visage, ses paupières et son regard. Rien n'était laissé au hasard, et pourtant l'ensemble était parfaitement naturel, comme si cela adhérait à son corps comme une seconde peau.
"Mon nom est Rossana Belvecciore ..."
Un regard parcourut la jeune femme ; elle semblait être une rivale hautement potentielle, avec une expérience troublante. Rossana se demanda un instant qui (ou quoi) lui avait enseigné tout cet art d'être.
Elle ne devait pas dire qu'elle était au service des Grazziano, car ses interlocuteurs finiraient bien par le savoir et ce n'était pas dans ses habitudes de se déclarer au service de quelqu'un ... Elle tenait à sa propre indépendance, même si elle devait être dissimulée.
Ithya, dont Rossana ne connaissait pas encore le prénom, troublait fortement cette dernière. Elles se ressemblaient beaucoup trop pour que ce soit une coïncidence. Elle voulait plaire. Lui plaire, tout particulièrement. Quant à l'homme, il semblait très cultivé, issue d'une famille attentive à l'éducation, il semblait avoir voyagé. Elle ne savait pas encore que ce voyage s'était effectué parmi les étoiles.
Rossana appuya son regard sur la jeune femme, qui ne la laissait décidément pas indifférente. Elle le dévia délicatement :
"Êtes-vous convié à une réception, Monsieur ?"
Elle ne le connaissait pas, mais qu'importe ? Ce genre de question indiscrète était une spécialité qu'elle maniait avec habileté. |
|  | | Giuseppe Invité
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Mar 17 Mai - 20:49 | |
| Pendant un instant, le sourire de Giuseppe s'estompa, son air convivial disparut et les traits de son visage se durcirent. Qui était cette femme pour ainsi débarquer au beau milieu d'une discussion, et lui demander à brûle-pourpoint et sans autre forme de politesse s'il était convié à une réception … Passé un moment de perplexité, l'astrologue reprit rapidement le dessus et répondit d'un ton un tantinet sarcastique :
- "Madame, au cœur de la Sérénissime, il n'est pas une semaine où un vénitien digne de ce nom ne soit invité à une réception."
Puis, pour Giuseppe, tout s'accéléra brutalement. Il se mit à réfléchir avec une vivacité sans égal, son esprit analysant le fil des derniers évènements, compilant maintes informations. Il tourna son regard vers Ithya, restant un court laps de temps sans voix.
** C'est là un grand risque ... S'afficher avec une telle personne pourrait être mal interprété, voire être compromettant … pourtant … **
Il ne laissa rien transparaître de ses doutes, et s'adressa à la courtisane avec confiance :
- "D'ailleurs ma chère, oserais-je solliciter votre présence à mes côtés pour m'accompagner à cette réception ? A moins que vous n'ayez d'autres engagements à honorer, auquel cas vous voudrez bien pardonner ma démarche."
Il attendit la réponse d'Ithya, son regard plein de certitude fixé sur le visage de la jeune femme, épiant tout indice de sa réaction. |
|  | | Ithya Ro Invité
 | Sujet: Re: Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges Ven 20 Mai - 18:01 | |
| Du coin de l’œil, Ithya regarda la servante s’empresser de partir pour s’acquitter des nombreuses tâches que devait apporter une réception. Mais son attention revint bien vite à la nouvelle venue et à son astrologue.
*Rossana Belvecciore, non, ce nom m’est inconnu… Je devrais faire plus attention aux remarques durant les soirées, aujourd’hui, mon manque de connaissance sur la personne pourrait me jouer un bien vilain tour. D’autant plus qu’une femme comme elle ne s’oublie pas. *
Arrêtant là ses pensées, elle se permit d’observer la dame aussi ouvertement que celle-ci le faisait avec elle. La technique du paraître de Rossana était très au point, ce qui froissa légèrement l’orgueil de la courtisane qui ne souhaitait pas avoir d’égale. Pourtant, elle ne se défit pas de son sourire resplendissant, vieille habitude qu’elle avait prise. Surtout que la dame était d’une beauté admirablement soulignée, donc automatiquement pour Ithya une source d’intérêt.
Guiseppe semblait aussi intéressé qu’elle par la présence qu’une troisième personne ; il semblait qu’il ne s’apercevait plus qu’il était en compagnie d’une courtisane et que cela, mal interprété, pouvait lui prêter préjudice. Tant pis pour lui et tant mieux pour elle, elle n’aimait pas que son statut soit la cause d’une défiance soudaine.
Puis la voix de Rossana se refit entendre, véritable enchantement, en une intervention étrangement indiscrète dont la formulation sembla irriter légèrement l’astrologue. Il répondit subtilement presque du tac au tac, et Ithya l’en félicita intérieurement. Elle aimait la rapidité d'esprit.
Arrangeant une mèche de ses cheveux ébène, elle allait à son tour se mêler de ce qui ne la regardait aucunement, mais ce fut le moment que choisit son « nouvel ami » pour s’adresser à elle.
Sa question l’étonna grandement, et elle aurait été tentée de répondre « oui », mais son esprit était plus complexe que ça et, même si cet homme était très intéressant, elle ne jurait jamais de rien. Elle aurait voulu que sa réponse soit à la hauteur de ses espérances, mais elle ne cachait pas sa nature orgueilleuse :
« Vous me voyez assez surprise, mon cher, de votre demande ; et c’est avec plaisir que je vous aurait offert la certitude de ma venue, mais voyez-vous, je suis d’humeur assez fantasque ces jours-ci, et je ne peux que vous assurer que je ferai de mon mieux pour me rendre avec vous à cette fête. En plus, vous comptez sans le maître des lieux et sans mon orgueil démesuré. Si il a besoin d’animation, vous me verrez assurément lors de la réception, sinon, il faudra m’oublier. Mais votre pensée m'honore, assurément!»
Puis un regard malicieux clôturant le sujet de l’invitation, elle reprit à l’adresse de Rossana à laquelle elle n'avait encore adressé aucune parole:
« Je me nomme Ithya Rosanera. Ravie de vous rencontrer, madame… Vous-ai je déjà entraperçue ces derniers temps ? Car, je vous avoue que je ne me rappelle ni votre visage ni votre nom ; pourtant celui-ci donne bien l’impression que vous êtes d’ici…» |
|  | | | Rive du Grand Canal devant le Palais des Doges | |
|
| Page 1 sur 3 | Aller à la page : 1, 2, 3  |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |