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 Le Couloir desservant les Communs

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Du Bout des Doigts
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MessageSujet: Le Couloir desservant les Communs   Lun 25 Avr - 21:00

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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Sam 21 Mai - 12:46

[Salle de bal]

La tâche que lui avait confié Lorenzo lui redonna un peu confiance en elle. Bien sûr, cette fois-ci elle ne devait pas s'attendre à un quelconque compliment de la part du Prince, puisque celui-ci ne voulait plus entendre parler d'elle. Mais ce n'était pas une raison pour bâcler son travail. Jamais elle n'avait manqué à son devoir envers lui et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait changer. Le Prince finirait bien par se rendre compte qu'il ne l'avait pas choisie par hasard.

Un nouvel élan de culpabilité vint la submerger lorsqu'elle vit tous les serviteurs répartis dans les différentes tâches du palais. Lorenzo avait le sens de l'organisation... Le hall, les escaliers, le linge et les tissus, l'argenterie, les vitres... rien n'était laissé au hasard.

Gabriella ferait tout pour que le repas du soir soit un des meilleurs. Elle se dirigea d'un pas déterminé vers les cuisines.


[Cuisine]
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Jeu 20 Avr - 18:04

[Divertissement musical]

La princesse Bianca arriva dans le couloir desservant les communs. Elle fut surprise par l'obscurité qui y régnait. Il ne faisait pas totalement noir mais comparé à la salle de bal illuminée, ça faisait une différence.

Avançant d'un pas soutenu, elle croisa quelques domestiques qui se plaquèrent aussitôt contre le mur étroit pour lui laisser le passage, le visage empli d'étonnement et de perplexité de la voir dans ce couloir jamais fréquenté par les grands du palais. Souriante, elle les remerciait chacun d'un signe de tête et poursuivait son chemin.

Elle n'était venue ici qu'une fois, un jour de grand ennui où elle avait décidé de visiter chacune des pièces du palais. Il était intéressant de remarquer la différence de richesse de décoration d'un endroit à l'autre de la grande demeure. Mais dans l'immédiat, elle n'était pas dans la contemplation. Elle devait revoir son messager pour le remercier encore.

Elle arriva devant la porte de l'office et l'entrouvrit pour passer sa noble tête dans l'entrebâillement. Il y avait beaucoup de monde dans cette pièce et un des cuisiniers qui l'avait remarquée laissa échapper un "oh !" d'étonnement.


"Chhhut, ne vous occupez pas de moi." lui répondit-elle tout bas pour qu'il retourne à ses occupations. Il fallait qu'elle reste discrète tout de même !

"Psssssssssst" fit-elle en faisant un grand geste de la main vers Orfeo pour qu'il la remarque. Bon, ce n'était pas très discret non plus, mais elle faisait ce qu'elle pouvait.

Le saltimbanque l'avait vue et s'était levé, c'était une bonne chose, elle n'avait pas envie de rentrer dans l'office au risque de salir sa belle robe de cour ou d'attirer encore plus l'attention qu'elle ne l'avait déjà fait.

A peine Orfeo fut à sa portée, qu'elle le tira par le bras pour le sortir d'un bond dans le couloir avant de refermer la porte. Elle lui sourit d'une oreille à l'autre en le regardant.


"J'ai eu peur que vous ne soyez déjà parti, je voulais vous remercier à nouveau pour tout ce que vous avez fait pour moi. La soupe vous a plu j'espère ! Moi je la trouve délicieuse, Gabriella est très douée pour les soupes, vous devez l'avoir vue, c'est la petite servante blonde nerveuse. Enfin bref, je m'égare. Voilà pour vous."

Elle glissa sa main dans le pli de sa robe et fronça les sourcils. Elle retira sa main et défroissa un autre pli mais toujours rien.

"Où diable sont-elles passées...?"

Elle fouilla pendant une bonne minute toute la circonférence de sa robe puis finit par en prendre deux pans pour les secouer vivement. Plusieurs pièces d'or tombèrent au sol dans un tintement discret.

"Ah les voilà, tout de même !"

Elle se baissa pour les ramasser et reprit la main d'Orfeo dans la sienne pour y glisser trois pièces.

"Voici pour votre dévouement et votre mission achevée avec finesse et esprit."

Elle lui sourit en soutenant son regard et glissa trois autres pièces d'or dans la main du saltimbanque.

"... et pour votre virtuosité dans le sens de la répartie qui m'a ainsi sortie d'un mauvais pas face à ma dame d'honneur..." poursuivit-elle avec franchise.

"...et aussi parce que je vous aime bien." finit-elle d'un ton léger.
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Orfeo Ciriaco
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Lun 8 Mai - 0:32

Orfeo se laissa entraîner dans le couloir puis s'inclina devant la jeune dame qui le noyait sous un flot de paroles et se redressa avec un sourire.
Sourire qui s'effaça aussitôt pour être remplacé par une petite grimace quand les pièces d'or roulèrent au sol.
Il fronça le nez, certes c'était largement payé pour le service qu'il avait rendu mais, bien qu'il en ait l'habitude, voir qu'on lui accordait si peu de considération en lui lançant sa récompense comme à un chien obeïssant, épinglait sa fierté qu'il croyait à jamais envolée.

Puis dans un mouvement tout à fait inattendu, la dame se baissa dans un froissement de soie et ramassa les pièces pour les lui mettre dans la main.
Le garçon demeura un instant interdit et ses yeux s'arrondirent un peu plus quand la jeune femme ajouta trois pièces de plus à sa récompense. La somme était vraiment énorme et il tiqua un peu.
Qu'attendait-elle vraiment de lui pour faire preuve d'une telle générosité ?

Les derniers mots ôtèrent tout doute de son esprit, les riches avaient toujours cette façon détournée de dire les choses et le "je vous aime bien" que la dame sussurra lui sembla terriblement explicite. Point besoin d'user d'un quelconque talent de décryptage cette fois.
Il plissa les yeux et ses lèvres s'étirèrent dans un sourire charmeur.
Sa main retint un instant la main fine de la jeune femme et sa voix se fit douce tandis que son regard sans équivoque cherchait les yeux couleur lagune
.

"Je suis tout dévoué à votre service, Madame. Quel que soit votre.. désir, je m'y plierai avec grâce et votre plaisir sera le mien."
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Lun 15 Mai - 21:07

Le jeune homme avait l'air content des quelques pièces qu'il avait en main. Bianca en fut donc aussi très satisfaite. Mais tout allait à merveille ce soir, c'était formidable. Tout le monde était gentil et tout se passait bien ! Dire que quelques heures plus tôt elle pleurait dans sa chambre, c'était inconcevable quand elle y repensait.

Elle regarda Orfeo lui sourire tout en pensant déjà qu'il lui faudrait retourner sous peu dans la salle de bal pour pas que son absence ne se fasse trop remarquer. Sortant de ses pensées, elle se rendit compte qu'Orfeo avait gardé sa main dans la sienne en la fixant avec un regard appuyé, les yeux plissés et un sourire doux aux lèvres.

Bianca cligna des paupières avec perplexité, se demandant si elle avait assez donné de pièces au jeune homme et s'il n'essayait pas de lui faire les yeux doux pour en obtenir quelques unes de plus. Mais quelques chose n'allait pas, ça ne devait pas être ça car il disait être dévoué à son service. Alors peut-être qu'elle lui en avait trop donné à son goût et disait par là qu'il pourrait encore exécuter une ou deux courses pour elle pour compléter le prix.

Bianca cligna encore des yeux en regardant Orfeo, n'étant toujours pas sûre d'où il venait en venir jusqu'à ce que... jusqu'à ce que le contact de la main du jeune homme arrive à son cerveau pour y rencontrer les mots "désir" et "plaisir" qu'il avait également prononcés.

Sa bouche s'arrondit alors dans un "oh" muet mais très révélateur de la prise de conscience de la situation dans laquelle elle était. Elle retira sa main prestemment mais sans brusquerie pour la garder tout contre elle, à l'abri de son autre main pour être bien sûre qu'il n'allait pas à nouveau la saisir.


"Je n'ai pas de plaisir.. désir !... Je veux... non je ne veux pas vous.. erreur.. mal compris... Non non." tenta-t-elle en secouant vivement la tête pour essayer de mieux se faire comprendre par la gestuelle que par ses paroles.

Elle cligna encore quelques fois des paupières en fixant Orfeo d'un air halluciné puis ajouta.


"Je dois y retourner maintenant..." dit-elle en montrant le bout du couloir. "Non, plutôt par là." ajouta-t-elle en montrant le couloir opposé sans lâcher le jeune homme du regard.

"Merci encore pour votre service... juste le service du petit papier chez mon frère, n'est-ce pas ? Rien d'autre !" dit-elle en secouant les mains et en fronçant les sourcils pour être sûre de bien se faire comprendre. "Juste le message..."

"Au revoir monsieur Ciriaco."

Et sans demander son reste, elle repartit dans le couloir en trottinant, levant très légèrement ses jupons pour ne pas se prendre les pieds dedans.

[Divertissement Musical]
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Graziella Rivieri
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Mar 11 Juil - 16:37

[Divertissement Musical]

Graziella marchait d'un pas décidé dans les couloirs du palais. Par manque de chance, elle n'avait croisé aucun serviteur qu'elle aurait pu stopper dans sa course pour lui réparer son accros ou la diriger vers quelqu'un capable de le faire. Les servantes étaient probablement en grande partie affairée aux cuisines ou au service dans la salle.

Se fiant à son intuition et à son sens de l'orientation, elle emprunta les couloirs les uns à la suite des autres, cherchant à se diriger vers l'arrière du palais, là où se trouvaient généralement l'office et les cuisines. Là-bas elle y trouverait bien une couturière de fortune.

Un bruit étouffé de couverts lui indiqua qu'elle devait approcher de son but. Continuant de marcher d'un pas soutenu, elle regarda sa robe d'un air navré. Un morceau de dentelle, pourtant de quelques centimètres à peine, pendait lamentablement.
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Orfeo Ciriaco
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Mar 11 Juil - 17:56

La dame blonde s'en était allée et le trouble qu'elle avait ressenti à ses dernieres paroles ne lui avaient pas échappé.
Il semblait qu'il avait mal interprété sa générosité et qu'elle en avait été choquée.
Peu lui importait, elle le savait de confiance et peut être ferait-elle encore appel à lui pour quelque tâche, il se rachetterait à la prochaine occasion en faisant preuve d'humilité et de discrétion. Si chaque service était payé de la sorte, il lui serait le plus fidéle des coursiers.
Il glissa les pièces dans son vêtement et d'un pas vif s'engagea dans le couloir. Puisqu'on l'avait laissé seul, il profiterait de cette opportunité pour visiter le palais.
Son attention détournée par le paquetage dont il assurait les sangles tout en marchant, il ne vit pas la courtisane qui apparemment ne le vit pas non plus.
La rencontre fut brutale autant qu'inattendue.
Un instant décontenancé par le flamboiement écarlate dans lequel il fut happé, il reprit ses esprits quand son regard tomba sur le poignet orné d'un bracelet aux riches émaux. Faisant mine de lutter contre les robes de l'inconnue pour s'en dégager, il détacha d'une main experte la fine attache et le bijou vint se nicher dans sa paume.
Tout s'était déroulé en quelques secondes et il leva enfin la tête vers la femme. Son sourire s'élargit, il ne s'attendait pas à une beauté aussi ravageuse et ses yeux pâles étincelèrent.
Une courbette appuyée, qui lui permit de détailler la silhouette avantageuse de la Dame, et il se redressa. L'expression de son visage se fit modeste et contrite, tel qu'il seyait à sa condition.


"Veuillez pardonner la brutalité de cette rencontre, Madame. Je ne regardais pas où j'allais et ne vous ai vue que trop tard. J'espère ne pas vous avoir heurtée trop violemment."

S'attendant à une réprimande, il s'inclina de nouveau avant de reculer contre les boiseries pour lui laisser le passage.
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Graziella Rivieri
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Mar 11 Juil - 23:15

Son pas rapide fut brutalement interrompu par un obstacle, un jeune homme plus exactement. Elle poussa une petite exclamation de surprise alors qu'il se débattait légèrement pour sortir de ses jupes encombrantes puis l'observa alors qu'il s'inclinait. Un serviteur ? Non il n'avait pas la livrée des domestiques Adorasti. Alors que faisait-il là ? Son visage lui disait quelque chose et pourtant, il était clairement évident qu'il ne faisait pas partie de la soirée du Prince.

Lui vint alors à l'esprit le visage d'un jeune homme pâle défaillir au Caffé Florian. Oui c'était lui, elle le reconnaissait désormais, mais le contentement de voir qu'il se portait bien fut légèrement assombri par une sensation étrange, indéfinissable au début mais qu'elle identifia clairement quelques secondes après. Toujours habituée qu'elle était à porter moult vêtements et bijoux lourds et encombrants, son poignet lui sembla bien léger tout à coup. Elle ne dit rien, ne fit rien, ne lançant même pas un regard à son bras pour vérifier ses soupçons. Elle lui sourit simplement, de son habituel sourire de quelqu'un qui sait ce qu'il va faire.


"Vous êtes entièrement pardonné, car je ne regardais pas moi-même où je marchais. Rassurez-vous."

Alors qu'Orfeo reculait contre les boiseries, Graziella, au lieu de reprendre son chemin, fit un pas vers le jeune homme. Prenant le temps de le détailler et son petit sourire ne la quittant pas, Orfeo aurait facilement pu comprendre dans son attitude qu'elle le trouvait à son goût.

"Nous nous sommes déjà croisés, il me semble. Caffé Florian, un peu plus tôt dans la journée..."

Elle s'avança encore un peu, juste un pas qui la mena tout près d'Orfeo, assez près pour qu'il puisse saisir ses paroles qu'elle lui murmura d'un ton mielleux.

"Je suis ravie de voir que vous vous portez mieux. Il aurait été fort dommage que je n'ai de vous que la simple image d'un jeune homme affaibli, d'autant plus que..."

Dans un geste sans brusquerie elle avait saisi le poignet d'Orfeo et le caressait du pouce avec douceur, ses yeux bleu glace ne quittant pas ceux du garçon. Son pouce vint glisser dans sa paume et y rencontra l'objet qu'il lui avait subtilisé.

"... vous êtes un excellent tire-laine."
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Orfeo Ciriaco
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Dim 6 Aoû - 22:13

Une lueur inquiète s'alluma brièvement dans les yeux clairs.
La dame n'en était pas une, bien trop maline et féline pour être du beau monde. Il semblait qu'elle navigât à la lisière une jambe bottée et volontaire dans la rue (comment pouvait-il en être autrement, pour l'avoir surpris ?) et une délicate pantoufle de soie dans les palais.
De quelle espèce était-elle donc, celle-ci qui le tenait à présent à sa merci ?
Il sentait les boiseries dans son dos et la pression douce des doigts de la femme n'en était pas moins ferme.
Le temps d'un battement de cils et il avait choisi quelle attitude adopter.
Il était vain de nier le larçin et encore plus dangereux d'essayer de fuir.

L'un après l'autre ses doigts s'ouvrirent, libérant le bijou qui scintilla dans sa paume
.

"Je suis en effet tres habile, Madame. Et il semblerait que vous soyez bien avertie vous-même..."

Un sourire charmeur, la tête doucement inclinée et l'oeil tendre.

"Peut-être ne vous l'ai-je pris que pour avoir un souvenir de vous. Peut-être vous le rendrai-je en gage de dévouement. Peut-être espérais-je un échange... de bons procédés..."

Son expression se fit malicieuse, sourire plus appuyé et le bijou se balança, tentateur, au bout de ses doigts.
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Graziella Rivieri
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Lun 7 Aoû - 0:28

Ha les regards, il y passait tellement d'expressions si on prenait la peine de les observer. Avec un peu d'expérience on pouvait même en faire naître.. de toutes sortes. C'était même son passe-temps préféré. La brève inquiétude qu'elle lut alors dans le regard d'Orfeo ne lui fit pas spécialement plaisir, non, ce n'était pas ce genre d'expression là qu'elle aimait faire naître dans le regard des gens. Mais cette inquiétude, même fugitive, prouvait le malhonnête dessein du jeune garçon.

Mais cela n'était pas grave et Graziella n'avait pas perdu son sourire une seule seconde, bien au contraire, il s'était agrandi. Comment résister à ces yeux clairs plissés en un regard qu'il voulait doux et enjôleur ? A ces lèvres qui s'étiraient en un sourire charmeur ? Ce garçon était jeune mais avait déjà l'esprit malin et savait adopter l'attitude qu'il fallait pour se sortir d'une situation délicate ou pour attirer des personnes à soi. Mais Graziella n'était pas née de la dernière pluie et des regards comme ça elle en avait croisé des centaines. Cela dit, elle trouvait ça très amusant.


"Un souvenir de moi ?" dit-elle, prise d'un léger rire. "Vous êtes charmant... monsieur."

Sa main qui lui avait saisi le poignet le relâcha avec cette même douceur et la courtisane vint prendre entre le pouce et l'index le menton d'Orfeo pour lui relever légèrement la tête. Son regard bleu glace glissa un instant sur les courbes de son visage puis, dans un même mouvement, déposa ses lèvres carmin sur les siennes en un modeste baiser. Elle recula la tête d'un air fort amusé et lui tapota la joue d'un air moqueur.

"Venez chez moi demain... Calle Galante, je vous y attendrai."

Un nouveau sourire et elle recula d'un mouvement ample, libérant Orfeo de son emprise. Elle fit quelques pas dans le couloir et s'arrêta, lâchant un léger "oh" avant de se retourner à nouveau pour revenir sur ses pas. D'un geste gracieux, elle récupéra le bracelet qui pendait toujours au bout des doigts du garçon.

"J'allais oublier ma breloque... comprenez, on me l'a offerte..."

Elle lui sourit de nouveau d'un air entendu et disparut dans l'obscurité du couloir.

[L'office]
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Ven 22 Sep - 23:49

[Terrasse]

L’aventure qui avait paru au premier abord fort simple se révélait plus ardue que ne l’avait prévu Matteo. Le Palais était immense et le jeune homme n’avait d’abord pas su où se diriger. Après s’être perdu dans un dédale de couloirs, il avait décidé de s’en remettre à la Divine Providence qui s’était manifestée sous la forme d’une délicieuse domestique au postérieur invitant… et s’était retrouvé dans ce qui apparaissait être le couloir desservant les communs.

* Pourquoi pas? * pensa-t-il, après tout, les serviteurs se trouvaient les mieux placés pour connaître les secrets de leurs maîtres.

Cependant, aussitôt le pied posé dans le territoire qui n’était pas le sien, le blond avait été assailli de questions par une matrone imposant, qui s’apprêtait apparemment à aller dormir. Qu’est-ce que désirait, Monsieur? S’était-il égaré? Souhaitait-t-il qu’on le reconduise jusqu’à l’entrée du Palais? Il était clair que, sous maintes formules de politesse et d’expressions prévenantes, on lui indiquait la porte. Prétextant être à la recherche de son valet, il avait assuré qu’il pouvait très bien attendre ici que son serviteur négligent montre le bout de son nez. Il avait fallu faire preuve de beaucoup de persuasion pour convaincre la cuisinière suspicieuse de retourner à ses chaudrons mais, finalement, l’homme de main fut laissé à lui-même au milieu du couloir. Quelques domestiques entraient par moment, mais repartaient presque aussi, probablement chargés de nettoyer la pagaille laissée par les invités et de préparer les chambres pour la nuit.

La voie était libre. Ne restait qu’à déterminer la raison pour laquelle la Providence l’avait mené jusqu’ici. Il balaya les lieux du regard, en quête d’inspiration, pour finalement poser les yeux sur une figure étrangement familière. L’Ange du Caffé Florian. Mais qu’est-ce qui expliquait sa présence ici? Le blond ne se rappelait pas avoir aperçu son maître, l’homme d’armes à l’aspect plus ou moins menaçant, durant la soirée. Pour quel motif se trouvait-il donc au Palais? L’avait-on envoyé transmettre un message au Prince? Si oui, que faisait-il à présent, adossé contre les boiseries des communs? L’avait-on prié d’attendre une réponse ici?

Le jeune homme s’empressa de dissimuler toute trace de curiosité sur son visage. L’Ange ne pouvait connaître son appartenance à la Ca’Grazziano, mais il était préférable de demeurer discret. Il détourna son regard du garçon, prenant l’expression d’un noble courroucé par le comportement de son valet et l’attendant de pied ferme pour le semoncer tel qu’il se devait. Les différentes portes menant sûrement aux chambres des domestiques étaient fort tentantes. Il pourrait y trouver une tenue moins voyante que celle qu’il avait revêtue pour la soirée. Il lui faudrait cependant repousser ses explorations à plus tard. Malgré sa réputation de libertin notoire, il aurait paru suspect qu’il s’introduise dans la chambre d’un domestique après avoir déclaré pouvoir attendre dans le couloir.

Matteo jeta un coup d’œil rapide dans la direction de l’Ange. Il espérait que ce dernier ne comptait pas rester trop longtemps, risquant de compromettre le succès de sa mission de reconnaissance à travers le Palais Adorasti.
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Cilio de
Invité



MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Mer 4 Oct - 23:07

Clio suivait de loin l’irrécupérable libertin ; il se serait mal vu lui courir après à travers les couloirs du palais. Même avec de grandes enjambées il aurait eu bien du mal à rattraper la marche rapide et papillonante de Matteo qui ne laissait d’emprunter les passages les plus étroits, virant sur une brusque pulsion, avançant un pas vif qui se détournait avec la même vivacité au dernier moment, bref, de quoi rendre fou n’importe qui. La filature de cet homme-là ne devait décidément pas être des plus aisées.

Le jeune poète s’efforçait d’adopter une démarche neutre et désintéressée, ce qui semblait fonctionner plutôt bien. Les serviteurs passaient à côté de lui sans le voir. Il aurait presque pu se faire passer pour l’un d’entre eux tant il était d’un naturel discret et modeste. Seuls ses habits l’auraient trahi, et encore : certains nobles portaient beaucoup d’attention à l’apparence de leurs serviteurs, surtout si ceux-ci leur étaient proches. L’idée d’une couverture de cette sorte germa dans l’esprit de Cilio… Idée qu’il espérait n’avoir au grand jamais l’occasion de concrétiser.

Enfin, la toupie blonde se stoppa, interpellée par une servante visiblement pressée de voir disparaître tous les visages étrangers à la demeure. On pouvait aisément comprendre qu’une telle soirée exigeait une importante mobilisation des serviteurs pour ranger et nettoyer le palais, et que ces derniers soient agacés par l’irrespect des invités qui encombraient les couloirs. Cilio se sentit d’autant plus mal et pria pour que l’escapade reste brève et soit vite oubliée.

Profitant de l’exceptionnelle immobilité de Matteo, Cilio se dirigea vers lui, un peu plus rapidement peut-être qu’il ne l’aurait voulu. Le ton de sa voix fut, malgré ses efforts, légèrement crispée lorsqu’il s’adressa à l’homme de main du Prince :


« Signor Salvanti, pardonnez-moi de vous importuner… Mais ne faudrait-il pas songer à rentrer au palais ? »

Cilio savait que le blond lui en voudrait de compromettre ses plans, et il avait horreur de se mettre des gens à dos, mais tant pis. Au moins, il aurait fait son devoir de loyauté envers son Prince.


Dernière édition par le Dim 8 Oct - 21:50, édité 1 fois
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Orfeo Ciriaco
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Jeu 5 Oct - 22:37

Les yeux clairs du garçon s'étaient ouverts démesurément quand la dame avait déposé un baiser inattendu sur ses lèvres.
Son sourire s'était élargi.
Elle était de sa race, il le voyait dans son attitude libre, dans son regard sans détour et dans la vivacité de son esprit, la reconnaissait comme sienne.
C'est de bonne grâce qu'il lui avait laissé reprendre le bijou.

L'invitation ne le surprit guère.
La journée avait été faste et cela était une juste conclusion.
A si souvent cotoyer le pire, il en était arrivé à toujours s'attendre au meilleur.
Par esprit de contradiction.

Il la regarda s'éloigner, sirène ondoyante et fatale dans son incroyable robe couleur de passion mortelle.
Combien d'hommes avait-elle détruit ? Combien auraient été prêts à s'ouvrir la poitrine pour lui offrir leur coeur encore palpitant ? Combien en avait-elle pietiné de ces coeurs là, s'en souciant comme d'une guigne ?

Il s'était décidé à quitter les lieux, s'avançant déjà dans le corridor quand une silhouette, bientôt suivie d'une autre surgit.
L'homme blond qui arriva à sa hauteur ne lui sembla pas inconnu mais quand il fouilla ses souvenirs il n'y trouva que fumet de viandes roties et brouhaha de gens attablés.
Il avait dû lui soutirer quelque bien dans une auberge et son visage, bien que remarquable ne l'avait pas impressionné.
Le second personnage lui était totalement inconnu, et sa démarche, sa mise et toute sa personne revélait un caractère ou un amour de soi moins tapageur.

Baissant la tête, moyen confortable de passer inaperçu, il évita les deux inconnus et quitta les communs
.

[Eglise San Sirianon - Parvis]
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Mar 17 Oct - 1:35

Matteo s’adonnait à une activité qui ne lui était pas familière : tenter de ne pas se faire remarquer. Lui qui avait pour habitude d’essayer à tout prix de devenir le centre d’attention, cette nouvelle vocation ne lui seyait pas très bien. Loin d’atteindre son but, il paraissait au contraire suspect à observer les alentours, feignant la curiosité, dansant nerveusement d’un pied sur l’autre, les mains derrière le dos. Ce n’était cependant pas par manque de bon vouloir qu’il trahissait sa nature d’intrus, ce fut donc avec une certaine déception qu’il entendit :

« Signor Salvanti, pardonnez-moi de vous importuner… Mais ne faudrait-il pas songer à rentrer au palais ? »

Si le blond éprouvait quelque difficulté à rendre sa présence invisible, il lui était plus aisé de réagir face à cette nouvelle situation. Du coin de l’œil, il suivit l’Ange qui s’éclipsait, lui signalant que le moment était tout indiqué pour mettre à exécution le plan qui avait germé dans son esprit. Tout sourire, il se tourna vers Cilio pour répéter d’un air faussement étonné :

« Rentrer au palais? »

Se rapprochant imperceptiblement du jeune poète, il s’exclama :

« Mais vous n’y pensez pas, Monsieur dell’Arbero! »

Son expression scandalisée s’estompa peu à peu alors qu’il dévisageait son interlocuteur. Une illumination soudaine éclaira son visage et il éclata de rire.

« C’est une plaisanterie, n’est-ce pas? Un autre de vos traits d’esprit? Ah, ces poètes… »

Glissant son bras sous celui de son cadet, il l’entraîna vers la porte d’une des chambres des domestiques. La clé était de faire vite, assez vite pour éviter toute protestation de la part de son « captif » et de fait, étourdir de ses gestes comme de ses paroles était un art que maîtrisait parfaitement Matteo.

« Vous savez tout comme moi qu’il nous est im-pos-si-ble de partir avant d’avoir exploré les moindres recoins du Palais Adorasti, n’est-ce pas, Monsieur dell’Arbero? » demanda-t-il, pour gagner du temps plus que pour convaincre réellement le brun, qu’il n’avait toujours pas relâché.

Se servant de sa main libre pour ouvrir la porte, il enchaîna rapidement avant d’avoir pu obtenir une réponse de la part de son interlocuteur :


« Vous m’en voyez ravi. Vraiment. J’ai toujours su que nous étions faits pour nous entendre. Que diriez-vous de… »

Il s’engouffra dans la pièce plongée dans la pénombre, ses yeux brillant de malice. Quelle aventure trépidante! Il l’avait cru, à tort, tombée à l’eau suite à la présence de l’Ange du Caffé Florian, mais comment avait-il pu douter un instant de la combinaison de la Providence et de son ingéniosité, qui lui permettaient de se tirer de n’importe quel mauvais pas?

« … poursuivre la découverte du Palais en ma compagnie? »

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Cilio de
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MessageSujet: Re: Le Couloir desservant les Communs   Ven 27 Oct - 22:13

La réaction de Matteo fut immédiate. Le blondinet éclipsa en deux phrases et une pirouette le problème que venait de lui poser Cilio qui, hébété, eut à peine le temps de faire mine de protester. Faire mine…Car le souhaitait-il réellement ? Telle une souris pointant le bout de son museau après d’interminables heures passées immobiles dans sa cachette, un sentiment enfoui depuis bien longtemps menait son premier assaut contre le sens du devoir habitant le jeune poète. Ces mêmes sensations dont enfant il se délectait lorsqu’il s’apprêtait, encouragé par sa sœur Rissa, à saisir entre ses petits doigts la plus grosse et la plus belle olive de l’oliveraie voisine…

La pénombre de la pièce, le contact chaud des doigts de Matteo autour de son bras, son regard à la fois innocent et malicieux à présent bleu nuit, son propre souffle saccadé par l’effort de sa lutte intérieure le firent frissonner. La voix du jeune blond portait en écho celle coquine et limpide de Rissa l’incitant à transgresser l’interdit, et la même excitation qu’autrefois montait en lui, effaçant les branches grises d’une maturité trop vite acquise pour ne plus dévoiler que le tronc de bois vert, intact, de son enfance à demie perdue. Très vite s’ensuivit le souvenir du sentiment de victoire, de la récompense obtenue le front humide et les mains tremblantes, la récompense du héros qui avait bravé le danger, bravé l’interdit. Et l’admiration dans les yeux de sa sœur, oui, ses yeux clairs agrandis par la malice et par l’admiration…

Pour la première fois sans doute, Cilio plongea son regard dans l’océan d’insouciance de celui du jeune libertin. Sans doute rêvait-il éveillé, mais il y vit la même fébrilité, le même sentiment de confiance et d’espoir qui le poussait jadis à braver l’interdit.

C’est sans doute pour cette raison qu’il adressa en guise de réponse un sourire mi-réprobateur, mi-complice à Matteo, bien loin de l’habituel sourire intimidé qu’on lui connaissait.


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