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 Embarcadère

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Pourpre
Du Bout des Doigts
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MessageSujet: Embarcadère   Mar 26 Avr - 21:25

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Lazarro
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Jeu 19 Mai - 16:36

[Ca'Adorasti, l'embarcadère]

Lazarro avait murement réfléchi tout le long du trajet. La pauvre Anna devait se trouver fort mal, avec un époux aussi froid et dur que le sien. Nul doute qu'il aurait pu lui-même lui apporter un réconfort comme il savait si bien le faire, mais il valait mieux garder celà pour plus tard. Oui, il n'était pas quelqu'un de très patient, mais quand il pouvait retirer un intérêt quelquonque de l'attente, alors il était prêt à le devenir.
Le trajet avait été moins long qu'il ne l'imaginait, mais tout de même trop long pour lui. Il était quelqu'un de vif, qui devait bouger et faire de grands gestes, aller d'un lieu à l'autre au gré de ses jambes, et non au gré des caprices d'une embarcation aussi lente qu'une gondole.
Il eut préféré la marche à pied, si seulement il n'avait pas fait si froid.

Une fois arrivé à l'embarcadère des Grazziano, il sauta presque hors de la gondole avant qu'elle ne soit amarrée, et attendit qu'elle le soit enfin pour tendre la main à Anna et l'aider à descendre.


"Comme j'ai hâte de rencontrer votre illustre famille", dit-il finalement, tout sourire.

Oui, il avait vraiment hâte de voir à quoi ressemblaient les fameux Grazziano. Peut-être qu'il trouverait un bon parti pour s'amuser, après tout...
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Jeu 19 Mai - 21:15

[Ca'Adorasti, l'embarcadère]

La jeune femme sentit un poids s'enlever de ses épaules lorsque la gondole atteignit l'embarcadère de la demeure de son grand frère.
La traversée avait été plutôt rapide. Carlo connaissait les canaux comme sa poche et les avait guidés avec rapidité et sûreté le long de l'eau glacée.

Avant qu'elle n'ait pu esquisser le moindre geste, le jeune Lazarro sauta à terre et attendit que l'embarcation soit correctement amarrée avant de tendre sa main pour l'aider à sortir de la gondole. Elle le remercia et descendit de la petite embarcation...


"Attendez-nous là" dit-elle à Carlo. "Nous n'en avons pas pour longtemps..."

La remarque de Lazarro l'a fit sourire, elle n'avait pas un tel enthousiasme de rencontrer les siens depuis fort longtemps...

"Venez..." lui dit-elle simplement.

[Le Grand Hall ]
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Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Embarcadère   Mer 15 Juin - 19:55

[Le Grand Salon]

Coriolano n'avait passé que quelques minutes en compagnie de sa soeur mais, comme tous ces instants précieux qui le régénéraient, il avait le sentiment que plusieurs heures s'étaient écoulés. Il marchait aux côtés de Bianca, les oreilles aux aguets, profitant des milles petits bruits qui filtraient de la ville jusqu'au palais. L'odeur de l'eau vint lui piquer les narines. C'était une eau différentes des grandes étendues qu'il avait pu voir jusque là. Ni stagnante, ni courante, elle étreignait chaque palais, le sien comme celui des Adorasti. Il n'était pas sûr de beaucoup apprécier cela.
Brisant le silence qui s'était instauré, il s'adressa à nouveau à sa soeur.


"Ne vous laissez pas destabiliser par les manières de Iago. Comme nous tous ici il joue son rôle... et je peux vous assurer qu'il n'est pas simple.
Il s'est passé... certaines choses pendant les quelques années que j'ai passé loin de Naples, vous ne l'ignorez pas, et cet homme y est lié. Je ne vous demande pas de l'aimer, il y a d'ailleurs peu de chances que vos routes se croisent à nouveau."

Cela ne lui ressemblait pas de se justifier. Peut-être ne se justifiait-il pas en fait. Il tenait à ce que sa soeur dispose d'un maximum d'éléments pour saisir la situation ici. Cela était peut-être risqué... Qui sait comment les choses évolueraient ?
Coriolano se retint de secouer la tête. L'idée de Bianca le trahissant, même s'il n'avait absolument pas le droit de l'écarter, était quasiment inconcevable.
Il la dévisagea un moment de profil en esquissant un nouveau sourire. Ils étaient arrivés près de la gondole à bord de laquelle Bianca était arrivée.


"Je vous remercie de votre visite ma chère soeur. Et je brûle d'impatience de vous revoir ce soir."

Puis il fronça légèrement un sourcil.

"Votre ami semble s'être évanoui dans la nature, je ne l'ai pas croisé en revenant... Voulez-vous l'attendre ou pensez-vous qu'il soit rentré par ses propres moyens ?"


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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Mer 15 Juin - 21:56

[Le Grand Salon]

On entendit soudain des pas précipités, et la porte s'ouvrit brusquement.
Iago apparut, échevelé, mais avec quelque chose comme un air de détermination farouche sur le visage. Lorsqu'il aperçut Ugo, son visage s'éclaircit.


"Ah ! Ugo"

Il s'approcha vivement du jeune homme et coupant sans aucun scrupules la conversation qu'il avait avec sa soeur, le prit par les épaules en le regardant droit dans les yeux.

"Ugo, Ugo. J'ai essayé d'attendre, je t'assure, j'ai essayé. Mais je ne peux pas, ce n'est pas possible, il faut que j'y aille. Il faut que je vois, tu comprends ?"

Il était heureux pour Iago que Ugo l'ait déjà vu dans un état semblable. Car sinon, il l'aurait sans aucun doute pris pour un fou.

"Tu comprends, n'est-ce pas ? parce que tu le sais, tu l'as deviné, n'est-ce pas ? J'ai forcément rencontré des Adorasti à Florence, tu l'as deviné, non ? Alors, il faut que je vois, que je sache, tu comprends ?"

Ses paroles étaient très confuses, il le savait. Il lâcha les épaules d'Ugo, rajusta la cravate de celui-ci, épousseta des grains de poussière invisibles sur son pourpoint et avança à reculons vers l'embarcadère.

"Giacoppo !"

Giacoppo était fameux parmi tous les gondoliers pour être le plus rapide, parce qu'il avait plusieurs gondoliers à sa solde et pouvait couper là où d'autres ne le pouvaient pas.

"Je reviens dès que je sais, là j'attendrai, et je vous expliquerai, ce que vous voulez savoir, Ugo... Vous savez..."

Giaccopo avait avancé sa barque. Iago était sur l'embarcadère et regardait Ugo.

"Il n'y a que deux personnes au monde que je respecte : Toi et Elio Lacryma Adorasti."

Il n'attendit pas la réponse, et sauta dans l'embarcation en disant

"Palais Adorasti. Maintenant."
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Dim 19 Juin - 13:13

La jeune femme avançait aux côtés de son frère. Elle avait remis ses gants et avait remonté sa capuche sur ses cheveux. Le trajet jusqu'à l'embarcadère se faisait dans un silence total.

La princesse était plongée dans ses pensées, ses yeux étaient fixés sur le dallage et semblait fuir sous ses pas au fur et à mesure que la distance, qui les séparait de l'embarcadère diminuait.

C'est Ugo qui rompit le silence en premier, Bianca s'attendait à ce qu'il se mette à parler du gentilhomme. Elle acquieça lorsqu'il lui apprit qu'il y avait peu de chance pour qu'elle le croise à nouveau.


"Ne vous inquiétez donc pas mon frère, j'ai vu plus étrange que ça. Mais je dois tout de même avouer que vous vous entourez de drôles de personnages."

Elle lui sourit à cette remarque pour montrer qu'il n'y avait aucun jugement dans ses paroles. Il était assez responsable pour s'entourer comme bon lui semblait. Mais elle fut tout de même surprise qu'il essaye de se justifier, elle se rendait compte que les confessions de son frère devenaient de plus en plus lourdes. Enfin ils arrivèrent près de la gondole.

"Moi aussi, j'ai été très heureuse de vous revoir. Votre présence m'a manqué."

Puis elle regarda autour d'elle. Mon dieu, elle avait complètement oublié son accompagnateur.

"Il me faut me dépêcher, mais où peut-il êt... "

Elle fut coupée par l'arrivée précipitée de Iago, qui prit son frère par les épaules, le fixant dans les yeux et parlant d'une voix rapide et hésitante. Bianca faillit prendre peur, il était comme fou. C’était le thé qui l'avait mis dans cet état?

Bianca regardait tour a tour le gentilhomme puis son frère, les yeux agrandis par la surprise, encore plus quand il parla de son époux. Lorsqu’il s'écarta pour sauter dans une gondole, la jeune femme s'adressa à son frère.


"Il connaît Elio?"

Normalement elle n'appelait jamais son époux par son prénom. une sorte de règle qu'elle s'était imposée...
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Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Embarcadère   Jeu 23 Juin - 18:02

Coriolano resta un moment silencieux, les yeux fixés sur la gondole qui s'éloignait, Iago à son bord. Fourbe Iago. Dangereux, fiable, instable, indispensable, félon et droit. Avait-il prononcé le nom du prince des Adorasti à dessein ? Cela était plus que probable... Mais pas sûr, aussi le prince se refusait-il à toute conclusion. Il se tourna à nouveau vers sa soeur.

"Il est des êtres sans attaches qui se trouvent parfois pris dans des conflits qu'ils ne désiraient pas. Oui, Iago connaît votre mari, bien que je ne sache pas à quel point..."

Le jeune homme s'interrompit un instant... Il lui aurait été facile de... Et puis non, jamais il ne demanderait à sa soeur de jouer les espionnes. Elle devait avoir le choix. Servirait-elle sa famille, celle de son mari ou elle-même, cela restait une décision qui lui appartenait en propre, et il se refusait à brider cette liberté si précieuse, celle qui avait conduit Rossana et Tanuccia à ses côtés.
Il eut un léger signe de la tête à l'égard de sa soeur.


"Ne vous laissez pas troubler par tout ceci. Prenez soin de vous, c'est là ma seule demande. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour faire de cette ville un lieu aussi serein que l'était Naples pour nous."

Coriolano tendit la main à Bianca, afin de l'aider à monter dans sa gondole.


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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Sam 25 Juin - 20:45

Devant le silence de son frère la princesse comprit qu'il était, lui aussi, en proie à une grande réflexion. Il n'avait pourtant pas l'air vraiment préoccupé, ni soucieux. Bianca en conclut donc qu'il devait tout, comme elle, se poser certaines questions sur ce gentilhomme. Ce pourrait-il que son frère ait des espions au sein de Venise et de la famille Adorasti ?

Elle sentit qu'il voulait lui demander quelque chose mais il se ravisa au dernier moment. Elle doutait que cette alliance lui déplaisait fortement, mais qu'il ne voulait en aucun cas que sa sœur cadette en subisse les frais.

"Pour vous faire plaisir, j'essaierai d'honorer du mieux que je peux, cette demande" lui répondit-elle en souriant "A la seule condition, que vous en fassiez de même."

Elle prit la main que lui tendait le Prince et monta dans son embarcation. Elle prit place et s'adressa au gondolier.

" Carlo, ramenez moi Ca'Adorasti " Puis se tournant vers son frère " Je vous accueillerai donc ce soir, prenez soin de vous reposer avant, je sens que cette soirée va être fatigante… "

[embarcadère Ca'Adorasti]
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Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: Embarcadère   Mer 17 Aoû - 10:14

Le Prince resta un instant silencieux, contemplant la gondole de sa soeur s'éloigner sur le canal. Puis, il claqua ses paumes l'une contre l'autre, tandis que son visage s'éclairait d'un sourire radieux. La visite de Bianca l'avait considérablement détendu. Il sentait à nouveau son esprit fonctionner lestement, tel un écureuil sautant de branche en branche, saisissant la moindre prise pour gagner en vitesse. Ce qui se présentait à lui était une occasion inespérée, et ceci sur plusieurs points. Il n'aurait pas grand-chose à faire, juste attendre le retour des membres de sa maison...
A quelques pas de lui, un serviteur en livrée attendait les ordres de son maître. Coriolano se dirigea vers lui et lui glissa quelques mots à l'oreille. L'homme disparu prestement, toujours impassible.
Le Prince Di Grazziano avança sous les voûtes de son palais. Ses pensées allaient au prince de la maison Adorasti. Il n'avait que peu de souvenirs de l'homme, mais aucun d'entre eux n'était particulièrement agréable.


*De bonne guerre... Pour le moment, ce sera de bonne guerre, Seigneur Elio.*

[La Bibliothèque]


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Tannucci
Invité



MessageSujet: Re: Embarcadère   Lun 12 Sep - 18:32

[Caffé Florian]

La Princesse sauta prestement de la gondole à l'embarcadère, du moins aussi prestement que pouvait lui permettre son encombrante robe. Elle s'épongea le front d'un petit mouchoir blanc immaculé avant de saluer le gondolier qui s'éloignait d'un signe de main. Tout du long elle n'avait eu de cesse que de feindre être dans une excellente forme et de parler et questionner l'homme qui en avait paru flatté.
Que voilà une bonne chose que de s'entendre avec les gondoliers, créer des ententes stratégiques, pas forcément fondamentales mais nécéssaires tout de même. Voilà un point que Tannuccia ne négligeait jamais. Et elle avait suffisament d'arguments pour se "mettre dans la poche" les gens du peuple. L'argent ? Trop banal... mais parfois nécéssaire. Cependant une entente de fortune peut être brisée par une autre entente encore plus alléchante. Il fallait créer des liens en plus de cela. Là intervenait le caractère ambigü de la Princesse.

Tannuccia fit quelques pas hésitants sur ses jambes tremblotantes et engourdies, se frotta les mains avant de souffler dessus pour les réchauffer.Avoir oublier ses gants par un temps pareil, mais quelle idiote elle faisait. Bien sur cela elle ne l'admettrait jamais. Son joli teint caramel était à présent si pâle qu'il eut pu faire blêmir la neige de jalousie. Quel froid ! Jamais Rome n'en avait connu de pareil... Du moins Rome depuis la Princesse. Tannuccia frissonna avant de se hâter de pénétrer dans la demeure d'Ugo avec la seule envie de regagner ses appartements. Sa démarche se fit plus rapide et déterminée, elle afficha un radieux sourire et passa la porte.


[Le Grand Hall - Les Escaliers ]
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Orfeo Ciriaco
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Mar 18 Oct - 17:44

[Ca'Adorasti - Appartements de la Princesse - Balcon]

Orfeo avait filé comme le vent le long des ruelles sombres, manqué plusieurs fois glisser sur les traitres plaques de givre et n'avait dû son salut qu'à son agilité et à la rapidité de ses réactions pour éviter la chute sur les pavés usés.

Il avait croisé de drôles de personnages que la nuit jettait dans les rues et sur les ponts, se dissimulant sous d'étranges masques et baissant la tête vivement quand on cherchait à deviner leur regard, ce qui l'avait fait rire et malgré l'urgence de la course qu'il avait acceptée, le petit saltimbanque n'avait pas résisté au plaisir de tourner autour des masques agacés en une petite danse sautillante et moqueuse que les inconnus faisaient cesser en lui lançant une ou deux piecettes, ce qui le faisait rire encore plus fort. Décidement Venise était bien la ville de l'opulence qu'on lui avait vantée et il semblait facile d'obtenir ici plus rapidement qu'ailleurs de quoi subsister si l'on disposait d'un minimum de grâce et d'une jolie tournure.

Les joues rosies de sa course et de ses rires, il se présenta enfin à l'embarcadère du Palais Grazziano, tout aussi éblouissant que la Ca'Adorasti sous la lumière mouvante et dorée des torchères.

Il fit résonner deux fois le lourd marteau à tête de lion sur le vantail clouté et attendit qu'on vienne lui ouvrir, soufflant dans ses mains que les mitaines ne réchauffaient pas
.
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Laurena
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Mer 26 Oct - 16:54

[Le petit salon]

Laurena avait fait un rapide tour du palais, mais n'avait trouvé ni de personne à aider ni de domestique à réprimander, et, elle n'avait même pas croisé Cilio. Elle entendit alors résonner deux coups non loin de là où elle se trouvait. Elle courut pour ouvrir la porte, mais se trompa de chemin, et le trajet qu'elle parcourut fut loin d'être optimisé. De plus, lorsqu'elle parvint enfin à la porte, elle était essoufflée. Elle ouvrit et sentit immédiatement le froid de l'extérieur l'envahir. L'après-midi avait laissé sa place au soir, et avec lui la fraîcheur de la nuit.

Devant elle se tenait un homme à la silhouette fine, vêtu dans une cape et encapuchonné. Cet homme semblait avoir froid. Elle le regarda dans les yeux et demanda :


"Que voulez-vous ?"

Elle n'était certes pas l'intendante des Grazziano depuis longtemps, mais elle était certaine de n'avoir jamais vu cet homme. Elle demeura devant la porte ouverte en détaillant son visage, attendant sa réponse.
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Orfeo Ciriaco
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Mer 26 Oct - 21:59

Orfeo sautillait sur place depuis déjà un bon moment pour lutter contre le froid et l'humidité envahissante quand il vit la porte s'ouvrir. Il lâcha un soupir de plaisir non dissimulé.
La femme qui se tenait devant lui, ressemblait bien à ce qu'il imaginait pour une servante d'une Maison aussi prestigieuse que la Ca'Grazziano, elle s'adressa à lui sans la moindre politesse, se haussant par un ton sans aménité au dessus du peuple, oubliant sans doute qu'elle en faisait partie.

Orfeo inclina la tête et lui servit son plus charmant sourire
.

"Bonsoir, gracieuse dame. Orfeo Ciriaco, pour l'heure messager de mon état. Je vois dans votre doux regard et la chaleur de votre accueil que vous me reprochez l'heure tardive de ma visite. Mais ni vous ni moi ne choisissons le moment où ceux d'en haut nous sollicitent, n'est ce pas ?"

Il sortit le message de la Princesse de son vêtement et l'agita sous le nez de l'intendante.

"Je dois être introduit auprès du Prince Ugo di Grazziano afin de lui remettre ceci. Je suis envoyé par une personne qui lui est très proche. On m'a remis ceci pour gage de ma bonne foi."

Il ôta le médaillon qu'il portait autour du cou et le fit se balancer devant son visage avec un sourire appuyé.
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Laurena
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Ven 28 Oct - 20:09

Laurena saisit le médaillon du bout des doigts et l'examina. Elle ne l'avait jamais vu, et ne savait pas très bien comment réagir : certes, il aurait pu appartenir à un ami du Prince, même il aurait pu être un cadeau de celui-ci, mais il aurait pu également appartenir à n'importe qui d'autre, et n'importe qui d'autre n'était pas forcément bien intentionné. Un quelconque membre de la Ca'Adorasti, par exemple... Oui, le médaillon était de bonne facture et sa valeur devait être grande. Ça n'était pas impossible qu'un Adorasti ait envoyé un mercenaire en utilisant ce médaillon et cette lettre pour cacher la vraie raison de la présence de l'émissaire. Elle afficha une petite moue, relâcha le médaillon et commença sa phrase sur un ton très lent :

"Comprenez... que je n'ai jamais vu ce médaillon. Il appartient peut-être à un proche du Prince, mais il pourrait aussi appartenir à n'importe quel personne de noblesse. Je ne peux donc pas l'accepter comme preuve. Malgré tout, votre message est peut-être important..."

Elle prit quelques secondes pour feindre de réfléchir, mais l'idée lui était venue dès qu'elle avait eu un doute sur l'origine du médaillon.

"Le prince est occupé, mais si vous acceptiez de me confier cette lettre et ce médaillon, je suis l'intendante des Grazziano, donc une personne de confiance, je lui transmettrais. Y voyez-vous un inconvénient ?"

Elle offrit alors un sourire au jeune homme, comme pour appuyer le caractère amical de sa proposition.
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Orfeo Ciriaco
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Ven 28 Oct - 20:59

Un sourire éclatant illumina le visage du garçon. Il était clair que la jeune femme le prenait pour un novice. Il rangea le fin rouleau de papier enrubanné dans le pli de sa manche et inclina la tête.

"Alors à mon tour, Gracieuse Dame, je vais vous dire ma pensée. Vous êtes l'intendante de ce palais et j'en suis fort impressionné, mais vous pourriez bien être l'épouse du Prince Ugo di Grazziano en personne que je ne vous remettrais pas le message qui lui est destiné."

Son sourire s'accentua encore. Le froid pénêtrait sous le lainage de son ample vêtement et il sautilla sur place pour se réchauffer.

"Vous avez le choix entre me laisser entrer et aller porter le médaillon à votre maître en lui demandant de me recevoir ou me fermer la porte au nez. Dans ce cas, naturellement la personne qui m'envoie sera extrêmement contrariée et vous seule en subirez les retombées. En ce qui me concerne, comme vous le voyez j'ai trés froid et je ne vais pas attendre d'attraper le haut mal pendant que vous tergiversez."

Du plat de la main, il repoussa le battant de la porte et se faufila à l'intérieur. Là, à l'abris du froid humide, il pouvait attendre que l'intendante se décide.
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Laurena
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Lun 31 Oct - 14:15

Lorsqu'entra le jeune homme, sans même demander la permission, Laurena eut un petit rire cristallin. Elle referma la porte. Il n'y avait plus personne dehors, après tout. Elle se dit qu'un mercenaire n'aurait pas commis l'imprudence de rentrer de cette manière, ce qui fit diminuer ses soupçons envers le jeune émissaire. Elle murmura, amusée, sans vraiment faire attention à ce que le jeune homme puisse l'entendre ou non :

"Vous autres, gens de peu, n'avez vraiment aucune convenance..."

Puis elle soupira. Il était hors de question qu'elle laisse rentrer un inconnu sans même savoir d'où il venait. Malgré la sympathie qu'Orfeo lui avait soudainement inspirée, elle ne pouvait pas se permettre de le laisser continuer sa route sans avoir un minimum d'informations sur le sujet de sa visite. Néanmoins, ce fut avec une pointe de rire dans la voix qu'elle lui demanda :

"Mon cher Orfeo, si c'est là votre vrai nom, vous pouvez avoir mille raisons de ne pas vouloir me transmettre cette lettre et je l'accepte. Mais je ne peux pas vous permettre d'avancer sans même savoir de qui vous transmettez le message, ce serait manquer à mes devoirs. Cela, vous êtes apte à me le dire, ou est-ce à nouveau une information qui concerne le Prince seul ?"
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Orfeo Ciriaco
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Lun 31 Oct - 22:02

La petite moue revint plisser la bouche d'Orfeo.
"gens de peu". Peu de valeur, peu d'intéret, peu de grâce aux yeux du monde. Et celle-ci qui se pensait au dessus de tous. Le saltimbanque se retint de lui répondre vertement. Mais sa nature était plus à l'humour qu'à la vindicte et il se contenta d'incliner la tête avec un sourire en coin
.

Il agita le doigt pour désigner le médaillon que la jeune femme serrait dans sa main fermée.

"Ceci parlera pour moi. Le Prince di Grazziano en le voyant saura qui m'envoie. A vous, Gracieuse Dame, je n'en dirai pas plus, vous devriez aller le lui montrer sur le champ, j'attendrai ici."

Il s'inclina trés bas en une parodie de révérence.
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Laurena
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Mar 1 Nov - 15:39

Cette fois-ci, l'intendante eut un petit rire cristallin qui résonna dans le couloir durant un bref instant. En fin de compte, le jeune homme était charmant. La présentation des éléments amusait Laurena. Ainsi, même l'origine de la missive devait rester inconnue de toute personne hormis le Prince. L'importance du message devait donc être considérable.

"Non non, mon brave Monsieur Ciriaco, je vous crois. Je vois que vous tenez les intérêts de mon Prince à coeur et vous en remercie, même s'il est possible que vous ne transmettiez ce message que dans le but d'obtenir une récompense. Je vais vous conduire à lui, n'ayez crainte. Simplement, je vais être obligée de vous faire patienter, je vous l'ai dit, le Prince est occupé, mais vous pourrez attendre dans un endroit plus... agréable qu'ici. Suivez-moi."

Et, en espérant qu'elle ne se perdrait pas encore une fois dans les couloirs, ou du moins qu'Orfeo ne le remarquerait pas, elle prit le chemin du petit salon.

[Le Petit Salon]
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Orfeo Ciriaco
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Mer 2 Nov - 0:27

Orfeo retint un soupir de soulagement. Il avait bien cru passer le reste de la soirée à parlementer.

"Je peux attendre, comme je vous l'ai dejà dit."

Son sourire s'était élargi et il emboita le pas de l'intendante. Ses yeux clairs s'agrandirent devant le luxe qu'il découvrit au fur à mesure de sa progression.
Il n'avait jamais été invité à entrer dans un tel endroit et il dut faire un effort pour ne pas afficher une expression d'admiration stupide. En marchant, il laissait ses doigts fins glisser sur la soie tendue des murs et sur les cadres dorés des toiles de maîtres
.

[Le Petit Salon]
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Matteo Salvanti
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Statut : Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello.
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Mar 10 Jan - 6:49

[Jardin Public du Castello]

Matteo avait eu la chance d'apercevoir Giacoppo, le gondolier le plus rapide de toute la Sérénissime, passer devant ses yeux, son embarcation vide, alors qu'il devait retourner au Palais. Dommage qu'il fût impossible de joindre l'agréable à l'utile en sa compagnie. L'homme était malheureusement doté d'un physique disgracieux, heureusement compensée par la qualité de ses services et sa connaissance inégalée des canaux vénitiens.

À bord aux côtés d'Isabella, le jeune homme avait entretenu la conversation avec la même aisance qu’à l’habitude, semblant avoir tout oublié de ses soucis précédents. Sa recherche constante des plaisirs lui permettait de ne jamais culpabiliser longtemps au sujet de ces malheureux qu’il délaissait après si peu de temps… Il n’avait tout simplement pas le temps de s’attarder à ces légers contretemps! Ce n’était tout de même pas de sa faute si autant d’occasions se présentaient à lui et qu’il était incapable d’y résister. Ève, leur Mère à tous, n’avait-elle pas succombé au serpent? Et Adam, à son tour, n’avait-il pas succombé à Ève? C’était dans la nature de l’homme que de s’adonner aux plaisirs qu’offrait la Vie, tout particulièrement lorsque ceux-ci frisaient l’interdit.

Matteo aida galamment sa compagne à poser pied sur l'embarcadère. Il paya la course avec un grand sourire puis, se tourna vers la servante. Cette dernière avait été témoin de toute la scène du jardin et, comme on le sait, les femmes étaient bavardes. C’était l’un de leurs défauts inhérents, qu’on pardonnait de bon cœur en pensant à leurs multiples qualités, dont faisaient partie la beauté et la grâce. Il fallait donc trouver un moyen de la faire taire. En plus d’être des commères invétérées, les femmes étaient d’incorrigibles sentimentales. C’était toujours au cœur qu’il fallait les frapper, jamais à la bourse, à la panse ou à la tête.

Séduire Isabella, quelques instants seulement après avoir quitté sa belle de la Calle Bardini, était impensable. Cela aurait été la meilleure façon de perdre toute la sympathie de la domestique. Non, il fallait plutôt se montrer sous un tout autre jour : troquer Matteo Salvanti, le séducteur au charme irrésistible, pour Matteo Salvanti, l’amoureux transi et à la sensibilité à fleur de peau.

Un sourire gêné naquit sur les lèvres du garçon. Il ouvrit la bouche, voulant exprimer ce qui lui pesait sur la conscience, mais la referma presque aussitôt, semblant se raviser à la dernière seconde. Ses doigts fins se perdirent dans sa masse de cheveux blonds, se décoiffant plus qu’il ne l’était déjà. Un dilemme intérieur paraissait le déchirer et, finalement, il s’écria précipitamment :


"Isabella, j’ai besoin de vos conseils !"

Ah, si ce n’avait été du Prince, quel succès dans le métier d’acteur aurait-il pu connaître! Une angoisse frisant la détresse se lisait sur ses traits, il avait tout de l’amant en plein questionnement face à lui-même, son aimée, la sincérité de leurs sentiments et toutes ces choses que les femmes affectionnaient tant.

"Comment présenter… Comment vous présenter cette question qui me tourmente depuis que nous avons laissé ma dame... oh, je me languis déjà d’elle…"

Il saisit les mains de son interlocutrice entre les siennes.

"Vous qui êtes servante… croyez-vous que… je m’interrogeais au sujet de…"

Il secoua la tête comme pour replacer ses idées en désordre.

"Pensez-vous que… malgré les différences qui nous séparent… croyez-vous que notre amour soit possible ?"

Il y eut un silence avant qu'il ne reprenne, la voix toujours aussi hésitante:

"Oh, je n’ose croire qu’un visage aussi beau puisse dissimuler pareille infamie mais si… si elle n’usait que de moi… moi, naïf et faible devant la gent féminine… pour s’introduire au Palais Adorasti, ce soir? Je mourrais de chagrin si je venais à apprendre que je ne suis, pour elle, qu’un simple… un simple… fantoche l'emmenant à des réceptions !"

Il termina sa réplique par un long soupir, laissant entendre que son coeur avait déjà été meurtri d'une telle façon et qu'il ne se remettrait sûrement pas d'une seconde déception


Dernière édition par le Mer 11 Jan - 2:16, édité 1 fois
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Isabella
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Mar 10 Jan - 9:16

[Jardin Public du Castello]

Isabella avait accompagné le gentilhomme et l'avait écouté avec courtoisie sans montrer aucun signe d'ennui ou de désintérêt pour le flot de paroles qu'il était capable de débiter à la minute. C'était son devoir et jamais elle ne se permettrait de porter un jugement sur quiconque mais dans son fort intérieur elle le trouva vraiment egocentrique et imaginait sans peine le chagrin que ne tarderait pas à éprouver Eva. Une domestique à un bal? C'était peu plausible. Cette servante devait être très naive, ou Matteo très convainquant.

Isabella soupira et regarda le jeune homme s'éloigner en se promettant de ne jamais se laisser embobiner, puis elle se rappela à ses devoirs et pénétra dans la demeure de ses maîtres.
Il y avait beaucoup de préparatifs à faire, et, se souvînt-elle, elle avait promis à la princesse Tannucia de lui apporter du thé.
Alors qu'elle pensait à la princesse, elle vit celle ci arriver en direction de l'embarcadère, sublimement vêtue, belle à couper le souffle.

Isabella leva vers elle des yeux empreints d'admiration puis, quand elle croisa son regard, les baissa en rougissant, attendant qu'elle la rejoigne et lui donne éventuellement des ordres...
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Tannucci
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Jeu 12 Jan - 21:42

[Appartements de la Princesse - Cabinet de toilette]

La Princesse avait traversé les interminables couloirs, passant devant d'innombrables pièces, jetant des regards hautains aux tableaux qui la toisaient. Pour qui se prenait ce gentilhomme à la forte corpulence pour la regarder ainsi, il était profondément laid. Avait-il vécu dans ce splendide palais ? Rien que de penser qu'il avait pu fouler ces tapis donna des frissons à Tannuccia qui chassa ces infâmes pensées. Elle compara sa robe à celles des belles dames qui trônaient dans les cadres dorés. Elle était fort bien vêtue, ce fut sa conclusion. Son père avait un goût sûr quand il choisissait des mises afin de la gâter.
Elle se pressa, descendit à toutes vitesse la volée d'escaliers qui la menait au grand hall, jeta quelques regards suspicieux autour d'elle et continua sa route. Elle épousseta à nouveau sa robe, rabattit sa capuche sur sa tête et ouvrit les grandes portes qui firent entrer un vicieux courant d'air froid qui pénétra insidieusement dans le corsage de la demoiselle afin de laisser une trace gelée sur sa gorge nue.

Au loin elle aperçut une gondole qui arrivait à l'embarcadère sans arriver à distinguer les visages des personnes présentes à bord. Pourtant elle crut reconnaître Matteo. Celui-ci était accompagné d'une fille de rien à en juger par sa tenue. Elle s'avança en direction des deux personnes qui s'avérèrent être effectivement Matteo en compagnie de la petite servante de tout à l'heure. C'était très inconvenant. Isabella avait laissé glisser son regard dans celui de la Princesse qui la regarda avec une presque ironie en esquissant un sourire.


*Humf... Quel dommage que tu ne puisses jamais t'habiller de la sorte... Ah cruelle existence n'est-il pas ?*

Le regard de la petite servante n'avait pas tenu bien longtemps, aussi n'était-elle déjà plus intéressante. Elle s'avança vers Matteo (et par conséquent Isabella mais rappelons son peu d'importance) l'air digne et lointain. Elle lui adressa un sourire empreint de chaleur et hocha la tête en signe de bonsoir.

"Tiens, Matteo ! Votre journée a-t-elle été agréable ? Vos compagnies se sont-elles révélées à la hauteur de votre personne ? Ce médecin par exemple. Enfin... À vrai dire cela ne m'intéresse pas. Je voulais savoir si vous vous rendiez à la réception chez les Adorasti. En ce cas hâtez-vous de vous préparer, la galanterie fait qu'il ne faut pas faire languir une dame."

Tannuccia adressa un sourire provocateur au jeune homme. À vrai dire, elle ne tenait pas à attendre seule ici. Finalement elle s'était pressée pour rien. Elle regarda la servante toujours postée à ses côtés attendant probablement des ordres. Elle la regarda en la dévisageant puis se souvint de quelque chose et déclara d'un ton mielleux :

"Vous avez meilleure mine Mademoiselle... Et j'ai froid. J'aurais grand besoin d'une tisane pour me réchauffer. Et je n'ai pas l'envie de retourner à l'intérieur, je vous attendrai ici. Hâtez-vous, je voudrais que la tisane soit brûlante lorsque vous me la porterez ici."

La Princesse resserra sa cape sur ses épaules avant qu'un coup de vent ne vienne en rabattre la capuche dévoilant mieux son visage dégagé par une coiffure élaborée où se mêlaient des perles. Elle frissona puis regarda l'eau miroitante dans laquelle se reflétaient les maisons, la gondole et le gondolier. Elle entr'aperçevait son visage, elle détestait l'eau pour ça. L'eau déformait mais était bien plus honnête que les miroirs. Elle était affreuse dans ce miroir naturel, c'est toute son âme qui était mise à nue.
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Embarcadère   Lun 16 Jan - 6:11

L’arrivée de Tannuccia détourna momentanément Matteo de sa préoccupation du moment, soit convaincre Isabella qu’il était une nature sensible et romantique, peu sûre d’elle-même et de ses conquêtes amoureuses. Imitant la Princesse, il ignora dès lors la présence de la domestique pour ne concentrer ses efforts que sur la nouvelle venue. L’étiquette voulait que les domestiques ne soient bien souvent que des éléments du décor, esthétiques parfois, d’autres non. On se souvenait miraculeusement de leur présence lorsqu’une course de dernière minute devait être effectuée.

« Princesse, aucune compagnie n’aurait pu égaler la vôtre, je vous l’assure. Le Caffé Florian a perdu tout de son éclat lorsque vous l’avez quitté, » susurra le blond en guise de salutations, une fois que la jeune femme les eût rejoints.

Il fut légèrement surpris, voire dépité quand on lui apprit indirectement que la Ca’Grazziano était déjà au courant qu’une fête se tenait ce soir. Il aurait voulu être le premier à annoncer la nouvelle et ainsi recevoir les compliments de son maître. Qu’à cela ne tienne, il pourrait au moins déclarer avoir discuté avec le Prince Elio Lacryma Adorasti. Sans le savoir, bien sûr, mais ce serait un tout petit détail à omettre dans son compte-rendu.


« J’ai effectivement été invité à la réception, Princesse. Je constate par vos atours que c’est également votre cas… À moins que beauté n’ait point encore atteint son zénith, que je ne pourrai admirer que ce soir? »

Il exécuta une courbette élégante pour souligner ses paroles, pour ensuite déclarer :

« Je comptais d’ailleurs informer le Prince Ugo de l’invitation que j’ai reçue. Sauriez-vous où se il trouve en ce moment même? »

Il fit totalement abstraction de la servante et des ordres qui lui furent donnés. En la présence d'une Princesse, il ne fallait s'adresser en premier lieu qu'à cette dite Princesse, qui plus est, lorsque celle-ci possédait la beauté de Tannuccia, qui aurait éclipsé nobles de tout acabit par son tempérament de feu.
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Isabella
Invité



MessageSujet: Re: Embarcadère   Lun 16 Jan - 12:44

Isabella avait gardé un visage totalement impassible quand Matteo lui avait joué son petit numéro. Naïve, elle l'était, et elle hésitait intérieurement à croire à ses bonniement. C'est qu'elle se serait bien laissée embobiner notre petite Isabella, bien qu'elle se garda d'en montrer quoi que ce soit, toute occupée à garder la place qui était la sienne, celle d'une petite servante qui ne devait point interférer avec les grands de ce monde. Cette histoire exacerbait son imagination romanesque, se pouvait-il qu'un pareil amour soit possible, ici, à Venise ? Un gentilhomme de haut nom avec une servante ? Pourrait-elle elle aussi vivre un jour pareille histoire ?
Ceci dit quand Matteo s'adressa à la princesse Tannucia, l'ignorant superbement, ce qui n'avait rien d'étonnant, Isabella se réprimanda intérieurement.


*Cesse de rêvasser ma fille, et contente toi de faire ton travail comme il se doit.*

Elle fit une discrète révérence à Matteo puis à la princesse, et répondit avec empressement :

"Tout de suite ma Dame..."

Et s'en fut à petits pas pressés vers la cuisine pour lui chercher sa tisane. La froideur de Tannucia ne l'avait pas choquée, elle considérait cela comme tout à fait normal. Elle n'était là que pour la servir, et le ferait avec toute la dévotion dont elle était capable.

[Cuisine]

(Je vous laisse poster avant de revenir !)
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Orfeo Ciriaco
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Date d'inscription : 02/09/2005

MessageSujet: Re: Embarcadère   Mer 18 Jan - 21:07

[La Bibliothèque]

Orfeo avait pris son temps dans les couloirs qui le ramenaient vers la sortie. Il avait laissé ses pas le perdre dans les pièces qu'il savait privées, y croisant de jolies petites servantes au regard effronté. Sa main avait caressé amoureusement le bois precieux des lambris et son pas s'était fait glissant sur les tapis chatoyants, comme dans un rève, les yeux mi-clos pour profiter encore de l'instant.
Il était arrivé dans le hall, et s'était mesuré aux regards orgueilleux des gentilhommes qui le toisaient depuis la toile de leurs portraits
.

"Vous êtes riches, et fiers et plein de morgue Mes Seigneurs, vous êtes parés comme des donzelles et vous êtes... Morts ! Et moi, tout saltimbanque et crève la faim que je sois, je suis vivant et je foule de mon pas indigne les tapis de votre demeure !"

Ses mots avaient résonné dans le hall désert et il avait éclaté d'un grand rire frais et enfantin, tournant sur lui-même en une petite pirouette de comédie.

"Et même... Je suis invité par le Prince en personne à revenir demain, et je vous narguerai encore et tant qu'il me plaira !"

Il avait ouvert la porte donnant sur l'embarcadère, le regard tourné vers les tableaux et avait lancé en arrière un dernier...

"Car tel est mon bon plaisir !"

... Avant de refermer la porte et de sortir dans le froid humide en ajustant ses mitaines, inconscient des personnes qui se trouvaient là.
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Embarcadère
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