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 L'Embarcadère

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Bertucci
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Dim 26 Fév - 18:16

Une jeune servante blonde lui ouvrit la porte de la demeure. Bertuccio s'avança, admirant discrètement la décoration intérieure. Il ne s'était pas trompé, elle était tout à fait à la hauteur de la façade.

Il suivit la servante dans le dédale des couloirs, essayant de trouver quelques points de repères, au cas où il aurait eu à sortir précipitemment. Une vieille habitude. La jeune fille savait en tout cas où elle allait, et il lui fit aveuglément confiance.


"J'ai été invité par M. Valcarenghi." dit-il en réponse à la question de sa guide. "Je suppose qu'il est là puisqu'il m'a appris qu'il habitait ici..."

[Divertissement musical]
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Muzio Barrozi
Médecin
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Ven 10 Mar - 20:20

[Le Rialto]

Un bruit se rapprochait progressivement de l'embarcadère, un bruit familier. Lent, régulier... Une rame fendant la surface du Grand Canal. Le trajet avait été courtissime, quelques mètres à glisser sur l'eau sombre. Grand prince, Muzio paya le gondolier et sauta d'un pas leste sur l'embarcadère où il attendit son compagnon en promenant son regard sur la façade du Palais. Magnifique, indéniablement. Alors pourquoi son coeur ne se soulevait-il pas d'enthousiasme à la vue de l'apothéose de l'art humain ? Était-il condamné à voir la misère derrière chaque parcelle d'or, la puanteur par-delà les parfums sucrés, le désespoir au revers de l'apaisement ? Très mauvais état d'esprit pour commencer une soirée dans le monde... Désabusé quant à sa propre nature, il se retourna vers Silvio et inclina légèrement la tête sur le côté:

"Nous y allons ?"

Pure question rhétorique. Sans attendre de réponse donc, Muzio attaqua d'un pas ferme le seuil de la porte et toqua. La porte ne tarderait pas à dévoiler ce que cachait l'imposante demeure, de beautés ou de laideurs humaines...
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Federigo
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Lun 20 Mar - 16:26

[Premier message]

Federigo descendit d'un pas leste sur l'embarcadère. Sans dire un mot, il donna quelques pièces au gondolier et le congédia d'un hochement de tête.

Se brossant machinalement la veste d'un geste vif de la main, il se redressa et observa le palais. Un splendide édifice, à n'en pas douter. Il allait faire son entrée dans le monde de Venise, et comme avant la première représentation d'une nouvelle symphonie, son coeur oscillait entre excitation et appréhension. Il n'avait nulle connaissances dans la cité, et il lui faudrait y faire sa place... Malgré tout, qu'il soit invité à la soirée signifiait que son nom était parvenu jusqu'ici, et que certains avaient peut-être eut vent de certaines de ses oeuvres. Il eut un petit sourire de plaisir à cette pensée, sourire qui disparut bien vite pour faire place à son air neutre habituel.

Deux hommes, plutôt différents l'un de l'autre, étaient à la porte du palais, attendant sans doute qu'un serviteur vienne leur ouvrir. Toussotant pour signaler sa présence, il baissa légèrement la tête pour les saluer.


"Bonsoir, messieurs." dit-il d'un ton assuré.
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Eva Call
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Mar 21 Mar - 14:43

[Maison du Conseiller-Astrologue]

Eva était sortie à la hâte de la maison de son maître, elle était montée dans une gondole et s'était ainsi rendue à la Ca'Adorasti.
La jeune servante appréciait beaucoup les trajets effectués de cette manière, c'est pourquoi elle savait se montrer généreuse quand il s'agissait de payer le gondolier. Elle se retourna donc, et déposa quelques piècettes dans la main tendues de l'homme, non sans le gratifier d'un doux sourire.
Enfin, elle fit face au palais, ne pouvant s'empêcher d'être quelque peu impressionnée par tant de magnificence. La tête rejetée en arrière, la gracile silhouette contemplait la splendeur de ce luxe qu'elle méprisait et enviait à la fois.
Elle tenait toujours, serrée dans sa menotte d'enfant, la missive destinée à son maître, qui lui fournissait le prétexte dont elle avait besoin. Car cette soirée réunissait les membres de la noblesse 'poudrée', ainsi qu'elle l'appelait autrefois ; et une simple servante n'y était sûrement pas invitée.
Mais elle avait l'excuse, et elle était vêtue comme une grande dame : son manteau laissait à peine voir le bas de sa sompteuse robe couleur d'émeraude, et son visage était si fin que nul, exceptés ceux qui la connaissaient, n'aurait de doute sur sa condition sociale. Eva avait l'air d'une enfant, avec son beau visage à l'expression neutre qui dégageait pourtant une réelle impression de douceur, sa silhouette si frêle et son port de tête noble.
Elle remarqua aussitôt deux personnes qui attendaient devant la porte.
Elle avança de quelques pas et resta en retrait. A cause de la pénombre, elle ignorait si les deux hommes l'avaient vue ou non. Elle s'inclina légèrement, imperceptible révérence qui impressionnait immanquablement par sa douceur et sa discrétion.
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Muzio Barrozi
Médecin
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Mer 22 Mar - 23:35

Apparemment les serviteurs étaient débordés, à l'intérieur. La porte tardait à s'ouvrir... Tandis que Muzio s'était légèrement reculé de la porte pour mieux en appréhender l'ouverture, nullement gêné du silence qu'il imposait à Silvio, des pas se firent entendre. Lents, réguliers, posés. Un homme, d'un certain âge déjà, d'une situation sûre. Lorsqu'un toussotement s'éleva derrière lui, le médecin se retourna et scruta le nouveau venu. Il avait vu juste. Restait le crâne étrangement nu qu'il n'avait pas prévu. En considérant l'abondante perruque du négociant en épices à côté du désert crânien de l'inconnu, Muzio ne retint pas un sourire amusé qui pouvait passer pour un signe de bienvenue.

D'ailleurs, répondant à la salutation, il s'inclina brièvement:


"Bonsoir monsieur. Muzio Barrozi, enchanté."

La conversation n'alla pas plus loin, puisqu'interrompue par l'arrivée d'une jeune fille, ou femme déjà ? L'élégante tenue et la finesse de ses traits laissaient entrevoir une condition sociale aisée. Cependant, pour cheminer et arriver seule à une telle réception, il fallait soit que son apparence fût trompeuse, soit au contraire que l'inconnue fût dotée d'une grande assurance. Ce qui, au vu de la révérence simple et timide, n'était pas le cas. Muzio interrogea la frêle silhouette, mais elle ne lui révéla rien, sinon qu'une enfant n'allait pas tarder à prendre froid si quelqu'un ne se bougeait pas rapidement dans la Ca'Adorasti. Encore heureux qu'elle ne fût pas tombée sur des hommes plus... moins honnêtes. Le médecin accorda un sourire à la petite inconnue, conscient de ne s'adresser ni à une miséreuse ni à une grande noblesse. Presqu'une enfant qui avait emprunté les habits de sa mère pour s'en parer.

"Mademoiselle, bonsoir."

La soirée s'annonçait hétéroclite. Se résignant à attendre encore un peu sur l'embarcadère, Muzio voulut prendre l'initiative d'une réflexion plutôt passe-partout, mais qui aurait eu le mérite d'exister... La vision de ces trois personnages, complètement incongrue, devant ses yeux, le bloqua. D'ailleurs, le silence de la nuit laisserait bien assez tôt la place à l'agitation... Mais l'enfant restait trop près des eaux sombres de la lagune, cloîtrée de par son sexe et son âge tout au bout de la construction de bois. Muzio eut un geste de réflexe pour l'inviter à avancer. Non qu'il l'aurait laissée se noyer, évidemment, mais mieux valait prévenir que plonger la repêcher dans l'eau glacée...

"Approchez, je vous en prie, l'obscurité trompe facilement le pied le plus sûr."

(le tour de post pour ce sujet est : Muzio, Federigo, Eva. Silvio s'intégrera à son arrivée.)
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Angelica
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Jeu 23 Mar - 22:16

[Ca'Grazziano]

La jeune femme sentit une dernière secousse, et enfin, l’embarcation s’arrêta. Ils étaient arrivés. Sans un mot, sans un regard, elle tendit le pourboire attendu au gondolier et sauta lestement sur le quai. Elle franchit les quelques pas qui la séparaient de la remarquable demeure, en ce qui semblait être un seul et unique mouvement fluide, parfaitement silencieux.

Elle sembla apparaître au milieu du petit groupe qui s’était formé devant la porte. D’un coup d’œil, elle vit deux hommes et une très jeune fille. Le regard d’Angelica s’arrêta sur cette dernière. Son visage ressemblait à une peinture, une douceur et une retenue si naturelle se dégageait d’elle qu’elle sut aussitôt que la jeune fille n’était pas une courtisane.
Elle eut un sourire aimable, mais ses yeux restaient étonnamment froids, obscurcis par quelques nuages, témoins d’averses anciennes. Sa voie brisa le silence de la nuit. Non qu’elle parla particulièrement fort, mais sa voix si dure, épargnée par toute forme de suavité résonnait à Venise, où il fallait tendre l’oreille pour décrypter toute conversation.


« Mademoiselle… Messieurs. Bonsoir. Angelica Visconti, ravie de faire votre connaissance. »

Elle fit une révérence très discrète, touchant à peine sa robe de ses mains. Celle-ci était suffisamment sophistiquée pour révéler ses origines nobles, et suffisamment simple pour montrer qu’elle n’était plus de ces jeunes premières qui passaient des heures à se préparer afin d’espérer capter le regard des hommes. Elle était d’un tissu précieux, bleu nuit entrecoupé de noir et soulignait parfaitement ses formes sans les mettre trop en avant. Elle se gratifia d’un sourire indulgent. Elle n’était pas mal à l’aise dans cet accoutrement, mais avait presque oublié à quel point les toilettes des femmes étaient toutes plus étudiées les unes que les autres. Elle passa une main dans ses cheveux, joliment ondulés, qu’elle avait crut bon de laisser détachés pour mieux souligner la finesse de ses traits et la couleur si particulière de ses yeux entre la noisette et la cerise.


Dernière édition par le Dim 26 Mar - 20:18, édité 1 fois
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Federigo
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Ven 24 Mar - 19:09

Federigo fit un pas vers les deux hommes quand l'un d'eux daigna se retourner et le saluer. C'était un homme avenant et souriant, le regard plein d'intelligence jugea Federigo. Un homme avec qui il devait être agréable de discuter.

*Il me semble en tout cas...*

"Enchanté monsieur. Federigo Valla."

Son compagnon était resté silencieux, mais sa perruque plutôt impressionnante rappela à Federigo que lui-même n'en portait pas, se mettant ainsi en dehors des conventions. Mais il s'en moquait. Il savait ce qu'il était et ce qu'il valait, et ce n'était pas une perruque qui y changerait quoi que ce soit.

Il n'eut pas le temps de rajouter quoi que ce soit à Muzio Barrozi quand une toute jeune femme débarqua à son tour.


*Une jeune femme ou une jeune fille ?*

Elle était extrêmement ravissante quoiqu'il en soit. Il la salua d'un petit hochement de tête, accompagné d'une ébauche de sourire, un sourire peut-être un peu forcé qui ne lui était pas naturel, mais aussi aimable que possible. L'heure n'était pas à se montrer désagréable. S'il voulait s'intégrer à la vie de Venise, mieux valait ne pas se montrer trop grossier.

Une autre femme, plus âgée celle-ci, débarqua à son tour. Une belle femme assurément, étrangement sophistiquée et naturelle à la fois. Une beauté qui ne laissa pas de marbre Federigo. Il lui était quelque peu désagréable de devoir se présenter ainsi sur cet embarcadère, mais le hasard avait fait que tous ces invités et lui-même étaient arrivés presque en même temps.

"Bonsoir ma Dame. Federigo Valla, pour vous servir." Se tenant droit comme à son habitude, il baissa malgré tout légèrement la tête pour la saluer et l'inviter à s'approcher, tâchant de ne pas trahir ce qui pourrait passer comme un examen un peu trop approfondi.
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Cilio de
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Lun 27 Mar - 23:33

[Embarcadère - Ca'Adorasti]

La demeure Ca'Adorasti grossissait tranquillement tandis que la gondole glissait sur le canal. Cilio appréhendait un peu cette soirée; il n'avait jamais été convié à une si importante réception et les évènements de l'après-midi lui revenaient en mémoire, toujours plus oppressants. Et s'il n'était pas à la hauteur? Son Prince avait-il raison de lui faire confiance?

Le jeune homme comprit au noeud qui serrait de plus en plus fortement sa gorge qu'il aurait besoin de se retrouver seul quelques minutes avant d'entamer les festivités. Descendant peut-être un peu rapidement de la gondole, il s'excusa auprès de ses convives et les assura qu'il reviendrait dans quelques instants. Cilio débuta une petite marche, à pas mesurés, le long du canal qui longeait la Ca'Adorasti. Lentement, au rythme de ses pas, il scandait le poème achevé une poignée de minutes plus tôt, comme pour mieux l'incruster dans chacun de ses gestes. Il devait être parfait, ou tout du moins, le meilleur possible... Pour le Prince.


[Le long des canaux Vénitiens]
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Silvio d
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Mar 28 Mar - 0:06

[Le rialto]

Silvio avait pris la gondole avec Muzio. le trajet avait été glacial. Ces infimes minutes passées sur l'eau avaient été marquées par un silence plombant. Soit Muzio, comme un jeune élève, angoissait à l'idée de paraître en société, soit le médecin trouvait silvio détestable. Dans les deux cas c'était très drôle et le médecin n'avait plus grande utilité maintenant. Il allait rencontrer d'autres gens sans doute et il allait pouvoir abandonner l'homme qui l'avait invité.
Silvio avait réussi, peut-être par miracle, à s'extirper de la gondole. Il marchait, marquant toujours son pas de sa canne, vers la lourde porte. Il allait s'annoncer et se présenter quand des talons claquèrent.


*Je connais cette démarche...je l'ai entendue dans l'antichambre d'un de mes clients...*

Da Pontalcone se tourna doucement pour voir arriver un jeune homme rouge d'avoir trop couru. Il était en livrée. Silvio le reconnaissait. C'était le domestique du vieux qui avait peur de tout. Avant que le jeune homme ne pipe mot, Silvio parla.

"Ne vous inquiétez pas, je vais aller voir votre maître et le rassurer."

Le valet reprit sa respiration et acquiesca de la tête. Silvio se tourna vers Muzio et dit.

"Je suis vraiment désolé, mais voyez-vous, le devoir avant tout. C'est un homme qui s'estime mécontent de mes services chroniquement. Une sorte de mal auquel vous trouverez sans doute un remède. Pour l'heure je dois le calmer car il est capable d'envoyer me chercher par les argousins. Vous m'excuserez auprès de tout le monde, je suis véritablement affligé par ce coup du sort..."

Et Silvio partit de son pas métronomique à la suite du valet.

[Quelque part chez un vieux fou.]
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Mar 28 Mar - 0:23

[Embarcadère Grazziano]

Iago n'avait pas fait de commentaire de tout le voyage. Il s'était contenté, lorsque la bonne avait parlé, de la regarder un sourcil haussé et de lui dire d'un ton parfaitement neutre "c'était particulièrement stupide de votre part".

Il s'était ensuite retourné vers l'eau et n'avait plus dit mot du voyage, partagé entre la lassitude de voir une soirée de plus, et le plaisir de revoir déjà Elio. Peu importait en somme.

Cilio était descendu en premier, et Iago le regarda partir le long des canaux avec un sourire ironique. Rien de plus terrible que les poètes en mal d'inspiration... Si on le retrouvait mort dans un canal le lendemain, il l'aurait bien cherché...

C'est à ce moment qu'il aperçut dans la vague lueur projetée par les torches devant la maison, qu'il y avait du monde... Il balaya rapidement du regard les personnes présentes, de braves personnes sans doute qu'il se ferait un plaisir de ne jamais rencontrer dans la fête...


"Mais nous avons tout un rassemblement ici..."

Eclat ironique, qu'il accompagna d'un petit rire.
Il franchit l'espace qui le séparait de la porte en trois grandes enjambées et ouvrit d'office la porte.
Il l'ouvrit en grand et jeta un regard fort amusé sur les bourgeois et serviteurs qui étaient toujours sur l'embarcadère.


"Savez-vous... généralement, les portes sont faites pour être franchies et non contemplées..."

Il eut un vague haussement d'épaule, comme pour dire "après tout, peu importe si le monde ne sait pas à quoi servent les portes..." Et il se dirigea directement vers la source de la lumière et du bruissement des gens.

[Divertissement musical]
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Isabella
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Mar 28 Mar - 19:35

Confuse et mal à l'aise, Isabella avait soigneusement évité d'ajouter quoi que ce soit durant tout le trajet, regardant l'onde, se faisant oublier, comme elle avait si bien appris à le faire. A tel point qu'arrivés à l'embarcadère, les deux hommes descendirent sans plus un regard sur la petite servante insignifiante qu'elle était, et elle s'extirpa seule de l'embarcation, angoissée à l'idée de devoir faire son devoir dans cet endroit inconnu, plein de personnes inconnues.

Elle fit quelques pas sur le ponton, se faufilant entre les riches robes et les lourds manteaux, évitant le regard des gens, passant comme un courant d'air entre les convives.
A un moment donné, quelque chose attira son regard, elle leva la tête et reconnut la jeune fille qu'elle avait vue au parc, en compagnie de ce poète... une soubrette comme elle. Mais à cette heure, elle n'avaient absolument plus rien en commun, pas plus qu'un peu plus tôt dans le parc. Elles ne faisaient pas partie du même monde.

Isabella baissa la tête et poursuivit sa course jusqu'à la porte qu'Iago venait de franchir, cherchant des yeux un visage famillier, quelqu'un qu'elle put servir pour se rendre utile.

[les Communs]
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Pourpre
Du Bout des Doigts
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Mer 29 Mar - 22:33

Je vous précise que comme vous n'attendez pas de réponse sur ce topic puisque c'est un passage seulement, il n'y a pas de tour à respecter pour entrer dans le Palais.
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Mer 29 Mar - 22:57

Muzio nota soigneusement dans sa tête scientifique les deux noms -Angelica Visconti et Federigo Valla- en-dessous des deux portraits, et salua poliment la nouvelle arrivante. Une ravissante jeune femme, seule elle aussi, qui évoquait l'aventure et le caractère... Il observa aussi le négociant en épices prendre congé de sa soirée pas encore commencée. Très amusant. Quant à son client l'éternel insatisfait, il ouvrait une perspective nouvelle quant à la qualité des épices.

"Au plaisir, monsieur da Pontalcone..." lança-t-il pour la forme en cachant vaguement la lueur d'amusement qui s'était rallumée dans ses yeux en voyant le paon tourner les talons.

L'embarcadère accueillit soudain une nouvelle gondole qui déposa trois passagers. Le premier, perdu dans ses pensées apparemment lugubres, s'éloigna aussi vite. La seconde, une petite toute menue, se faufila parmi les personnes présentes, tête baissée, habituée depuis toujours à passer inaperçue dans un univers de plus riches. Mais c'était le troisième qui sortait tout à fait du lot.

Un rire cynique, une ironie du diable, des jambes de sauterelle et... une assurance de prince. L'homme bondit littéralement sur la porte et l'ouvrit sans plus de cérémonie. Il n'oublia pas une petite pique destinée aux pauvres moutons rassemblés dans le froid, puis s'engouffra dans l'entrée d'un pas sûr. Drôle d'oiseau.

Muzio hésita un instant, se prépara à inviter les demoiselles à passer, puis se souvint que dans un lieu public, c'était l'homme qui devait passer en premier pour... juger de la bienséance de l'endroit. Certes les circonstances étaient ici un peu différentes, mais Muzio appliqua cette règle et franchit à son tour le seuil de la porte. Il fit quelques pas lents, observant largement ce qui l'entourait... De la richesse, évidemment. Un certain goût néanmoins, ce qui n'allait pas souvent de pair. A son rythme Andante, Muzio se dirigea vers la salle de bal qui, illuminée, semblait attirer à elle tous les arrivants. Il prit une profonde inspiration, et se lança à coeur perdu dans les méandres de la société vénitienne. A Dieu Vat...


[Divertissement musical - Les Fauteuils, côté Droit]
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Angelica
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Sam 1 Avr - 12:30

Angelica regarda posément les arrivants. Imperméable aux remarques des uns et des autres, elle resta quelques instants encore sur le seuil de la porte, à profiter de l'air frais de cette soirée. Elle n'était pas particulièrement préssée de pénétrer dans ce palais, lassée par avance du jeu de séduction et d'hypocrisie de rigeur à Venise.
Elle pensa au jeune homme à la langue piquante... il irait sûrement loin dans cette ville... une assurance incroyable, un esprit vif et critique...
Elle jeta un regard derrière elle, afficha un visage ouvert, et s'engouffra dabs le palais.

[Divertissement musical/ la terrasse]
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Clélia M
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Lun 10 Avr - 19:43

[Le Rialto]

L’associé de Da Pontalcone, dans sa grande générosité, lui avait fourni
de quoi payer une gondole. La jeune femme ne savait pas si elle avait pris
beaucoup de retard par rapport à son maître. Elle espérait qu’elle en avait
pas tant que ça, espoir qui s’envola dès qu’elle arriva devant la Ca’Adorasti. Il n’y avait aucune trace de Silvio Da Pontalcone. Mordillant sa lèvre inférieure, Clélia se demandait ce qu’elle devait faire. Entrer dans la demeure serait un bon début pour commencer ...et puis elle aviserait après !

Réprimant un petit sourire, la jeune femme remis une boucle rebelle en place et se hâta d’avancer. Elle espérait trouver une petite place bien au chaud dans la cuisine, et peut-être qu’on lui donnerait même de quoi caler sa faim. Silvio devait savoir que son associé avait dépêché sa servante auprès de lui, donc il ne servait à rien que Clélia s’inquiète de tout ceci.


[L’office]
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Cilio de
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Mer 12 Avr - 17:38

[Le long des canaux vénitiens]

En retournant sur ses pas quelques minutes plus tard, Cilio se sentait désormais prêt à entrer dans l'arène. Il était parvenu à chasser l'impression d'être un condamné à la fosse aux lions pour se voir gladiateur, au moins muni d'armes pour se défendre, à égalité avec ses adversaires. La foule l'avait toujours terriblement angoissé. Comme ce jour où, enfant, il avait perdu de vue frères, soeurs et mère dans l'immense marché des bas quartiers Vénitiens. L'oppression, la solitude, les regards indifférents ou méprisants envers ce gamin noyé dans ses larmes... Et surtout l'énorme fessée lorsqu'enfin sa mère l'avait retrouvé, accroupi près d'un cageot de pommes. Un jour des plus marquants de sa courte vie.

De nouveaux visages étaient apparus près de la porte Adorasti, d'autres plus impatients avaient déjà rejoint les festivités. Cilio remarqua que la petite servante et l'étrange Signor Degli Albizzi ne l'avaient pas attendu, probablement souhaitaient-ils se rendre auprès du Prince au plus vite... Le jeune poète ne s'inquiétait pas vraiment pour son Prince. Même arrivé sans suite, il était de ces hommes assez intelligents et habitués au monde cruel de la noblesse pour s'y trouver seuls à leur aise. L'usage rappelait cependant à Cilio qu'il convenait de lui tenir compagnie, au moins pour commencer, afin de ne pas nuire au nom des Grazziano. Le jeune homme, après un salut courtois aux invités qui se trouvaient là, pénétra donc dans la riche demeure Adorasti.


[Divertissement musical]
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Matteo Salvanti
Homme de Main - Ca'Grazziano
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Statut : Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello.
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Ven 14 Avr - 23:04

[Ca'Grazziano]

Noblesse comme bourgeoisie se divisaient en deux camps à propos des soirées mondaines. D’une part se tenaient ceux qui considéraient ces évènements comme des contraintes reliées à leur rang, dont il fallait se décharger le plus rapidement et le plus efficacement possible avec force de sourires hypocrites, de mets raffinés et de courbettes affectées. De l’autre se trouvaient ceux qui raffolaient de ces réceptions, bals, concerts et, que ce soit pour augmenter leur influence ou s’amuser, étaient présents à chacun d’eux. Matteo faisait partie de cette dernière catégorie d’individus qu’on pouvait croiser dans n’importe quelle fête notoire, voletant d’un groupe à un autre avec l’adresse caractéristique de l’homme du monde.

C’est donc avec un enthousiasme marqué que le jeune homme gravit les marches menant aux portes du Palais Adorasti. Son accablement précédent avait été rapidement éclipsé par la fébrilité que faisait en naître en lui la soirée. Sans doute le signor degli Albizzi l’aurait-il accusé de se réfugier dans des frivolités pour échapper à la vérité, mais sans doute aussi, le garçon aurait-il balayé ces reproches d’un revers de main insouciant. Vêtu de son pourpoint favori, le cœur et l’âme avides de nouvelles conquêtes, il se sentait revivre à l’idée d’être plongé dans une foule de damoiselles comme de damoiseaux n’attendant que d'être initiés aux plaisirs de l’Amour par le tuteur expérimenté qu'il était...


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George R
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Lun 17 Avr - 0:26

[Chambre de George Ryding – valet]

La jeune femme s’agrippait au rebord du frêle esquif. Les joints de ses doigts étaient blanchis par la force qu’elle mettait à serrer le rebord de bois.
Non, pas un esquif, une gondole. Une sorte de barque minuscule qui menaçait de chavirer à chaque instant, et par conséquent de la noyer ? A chaque nouveau coup de bâton donné par le barreur, la gondole tanguait un peu plus, tout en filant le long des flots. Et l’homme, inconscient des tourments de son jeune passager, chantonnait joyeusement. Et George l’aurait volontiers assassiné à ce moment là. Lentement, très lentement. Peut-être serait-il de bon goût de l’étrangler. Au moins, il cesserait de pousser la ritournelle. Comment pouvait-on chanter dans pareille situation ? La mort était là, tout autour d’eux, clapotant gentiment contre les parois du délicat vaisseau, noire et sombre, insondable, prête à les engloutir dès que le futur castra ferait un faux mouvement. Un nouveau roulis secoua la barque, et la jeune femme sentit son cœur remonter au bord de ses lèvres tandis que le sang désertait son visage, la laissant encore plus pâle qu’à l’ordinaire.


*Mais qu’est ce qui m’a pris de me réfugier ici ? A Venise, la seule ville où l’on se déplace en bateau ? Et pourquoi ai-je écouté ce fichu serviteur et pris une de ces coquilles de noix ? Pourquoi n’ai-je pas suivi les quais et marché comme toute personne sensée? Et pourquoi ai-je toujours refusé d’apprendre à nager ?*

Heureusement, la fragile gondole avait remonté le grand canal dans sa quasi-totalité, et approchait à vitesse constante de son port d’arrivée. Ils passèrent sous le Rialto, ce pont de la Sérénissime si célèbre de par le monde pour finalement arriver à l’embarcadère de ce qui devait être, à fortiori, la demeure des Adorasti. Le palais, ‘palazzo’ comme dise les vénitiens, qui se dressait devant elle, était illuminé de toutes parts par de nombreuses lanternes et autres torches, créant un effet à la fois festif et cérémonieux. La lueur des flammes sur la façade de la bâtisse, paraissait lui donner vie. Par moment même, elle avait l’impression que l’ancestrale demeure lui faisait un clin d’œil de connivence.
Puis, la gondole s’arrêta aux pieds des marches qui menaient jusqu’au perron, et la jeune femme se leva dans l’engin bringuebalant pour en enjamber le rebord et mettre un pied sur la première marche de marbre. Heureusement qu’un serviteur de la maison Adorasti aidait les personnes à accoster, car sans cela, la jeune femme se serait retrouvée à prendre un bain involontaire dans l’eau glacée du canal.


« Merci, lâcha-t-elle dans un souffle à l’homme qui l’avait aidé . »

Le valet des Adorasti, voyant George monter quelques marches et s’arrêter un peu plus haut en se frottant les bras pour chasser le froid, sembla intrigué et après avoir saluer le gondolier, il s’approcha de la jeune femme.

"Pourquoi ne rentrez-vous pas au chaud ? Je suis sur que l’on sera ravie d’avoir un peu d’ide dans l’aile des domestique."
Elle sursauta en entendant la voix du laquais et le maudit de sa sollicitude qui l’obligeait à répondre. Car le souci lorsque l’on est une jeune femme travestie en homme, c’est qu’il faut parfois parler. Or, sa voix bien que soit disant mélodieuse selon un lointain cousin, n’était pas précisément une voix de mâle. Un soupir discret lui échappa tandis qu’elle se mettait en condition pour jouer son rôle. George se racla la gorge avant de parler.

"Je suis ici sur les ordres de mon maître, le prince di Grazziano, fit-elle d’une voix volontairement basse, comme si George était légèrement aphone. Je suis chargée d’attendre ici sa cousine, la princesse Aria. Je dois l’escorter durant la soirée."

"Faites attention à ne pas tomber, répondit le valet d’un air plein de morgue et de fiel, certaines pierres sont disjointes et les marches sont glissantes avec les embruns. Nous n’aurons pas le temps de nous occuper de vous, devriez-vous choir et vous briser les os."

Le domestique haussa les épaules. Si le jeune garçon voulait rester dehors à se geler les miches, grand bien lui fasse. Ces Grazzianno tout de même étaient de bien drôles d’oiseaux selon lui. Et pendant que lui travaillait, le sot allait faire les cent pas sur les dalles humides de l’escalier. Peut-être que le gamin finirait par glisser et échoir dans les eaux noires et miroitante du canal, au moins ça égayerait sa soirée. Si le petit pouvait se noyer en prime, ça ferait un point de plus dans le camp Adorasti, et cela uniquement grâce à la bêtise de son jeune confrère, reflet de celle de la maison qui l’employait. Non pas qu’il lui en veuille de quelque façon que ce soit, mais à vrai dire, il s’ennuyait ferme, alors un peu de distraction…
Et comme pour donner raison au factotum, le jeune George commença à marcher de long en large pour supporter le froid nocturne encore amplifié par la présence de l’eau. Le jeune garçon frissonnait à présent. Si le serviteur des Adorasti n’était pas lui même réduit à un amas de chair tremblotante prisonnier d’une gangue de gèle, c’était grâce à la torche à coté de laquelle il stationnait.

George, inconsciente des remarques désobligeantes et mentales dont elle était la cible, continuait sa ritournelle de pas presque dansants sur le perron humide. Plusieurs fois elle faillit se prendre les pieds sur le tapis destiné à éviter aux invités de déraper, mais heureusement, son sens inné de l’équilibre lui permit de rester debout.
Puis, profondément lasse de ne pas voir arriver la cousine princière, George redescendit les marches pour observer la vaste demeure d’où provenait les sons de la fête. Des tréfonds de la maison, la jeune femme percevait des rires et des accents de clavecin. Une vague de jalousie la saisit. Des images du passé lui revinrent en mémoire. Décidément, c’était la soirée. Elle revoyait Londres et ces vastes demeures renaissances… Si différentes de ce palais d’architecture romane, de ces arches à l’arrondi si parfait, de ces balcons ouvragés, de ce toit à la forme pyramidale. Des vitraux en rosace des premier et second étages sortait une lumière irréelle, colorée et chatoyante. Douce.
Dans la froideur de cette nuit sombre, le palais attirait l’œil assoiffé de beauté par son éclat, tel une flamme attirait le vulgaire moustique. Et ici et en cette heure, c’était elle, le vulgaire moustique. S’approchant de la flamme, désirant ardemment la toucher, mais n’osant pas, de peur de s’y brûler.
Toute à son observation, George recula un peu plus, butant sur une dalle un peu plus haute que les autres, et avant qu’elle ait eut le temps de crier, elle se retrouva par terre, son auguste fessier enflammé par la douleur de la chute, tandis que derrière elle, l’homme de service éclatait dans un rire tonitruant, heureux que ce qu’il attendait depuis quelques temps déjà, arriva et confirma ses pensées sur les serviteurs de la Maison Grazziano. Tous des empotés congénitaux.
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Aria Aqu
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Lun 17 Avr - 23:20

[Embarcadère - Ca'Grazziano]

Il s'était tu. Dieu merci il s'était tu. Le gondolier avait daigné enfin clore sa bouche tordue et gerçée à la moitié du trajet. Ce dont Aria lui était fort reconnaissante, même si le mérite en revenait davantage à la menue monnaie qu'elle lui avait fait miroité qu'à ses talents de diplomate.

Elle avait alors enfin pu admirer le grand-canal et l'art du voyage en gondole, et s'apercevoir très vite qu'il lui faudrait plus qu'un simple trajet pour s'accomoder de ce ballotage incessant. Aria apprit ainsi que le sang di'Grazziano ne pourvoyait pas forcément l'expérience nécessaire en la matière. Dommage.

Fort heureusement, la gondole étant mieux adaptée que son conducteur, la magnifique robe et l'auguste fessier qu'elle protégeait, sortaient eux au moins intacts de l'aventure. La large banquette capitonnée et l'alcove l'abritant y étant sans doute pour beaucoup, Aria prit bonne note de ne prendre que des gondoles princières... et des gondoliers sobres.

Fière de ces déductions enrichissantes, et nettement moins de la manière dont elle allait devoir se relever, la princesse vit enfin flotter au loin, le reflet des lumières Adorastiennes.

Enfer. Et damnation. Mais un enfer séduisant, un enfer attrayant et plein de luxe... une damnation de bienséance et de bon goût.
Décidemment les Adorasti savaient marquer leur avantage. Mais plus pour longtemps.

Allons, remet ton masque princesse. Il est temps de jouer, de paraitre et de vivre.

Profitant des manoeuvres d'arrimage du "divin" Gondolier, Aria s'accrocha sournoisement aux montants de l'alcôve pour se redresser. Peu graçieux certes. Mais hors de question de s'appuyer à nouveau sur lui, même si cela devait signifier une chute dans l'...Non, effectivement, elle n'irait quand même pas jusqu'à cette extrémité. Cela signifierait le ridicule le plus complet et...

Mais que faisait donc ce valet, le postérieur harmonieusement posé sur les pierres glacées ? Il ne lui semblait pas que le moment ou la température prédisposaient à ce genre de relâchement... En plus le coquin portait les couleurs des Grazziano, dos à un serviteur d'une autre maison se gaussant sans honte. La situation aurait été cocasse s'il ne s'était agi de l'honneur de sa Maison, et vraisemblablement d'un serviteur Adorasti fort heureux de l'évènement. Et au désarroi semblant se peindre sur le visage du jeune valet, cela ressemblait d'avantage à une chute fortuite qu'à un bain de lune. Si en plus il s'agissait, comme Aria le pressentait, du nouveau valet chargé de l'attendre pour l'escorter, les festivités commencaient de plein fouet.

Bien, il ne lui restait donc guère de choix. Sortant de l'alcôve et s'avançant au milieu de la gondole, elle laissa sa voix claire retentir avec une nuance d'amabilité et un soupçon d'ironie, la main tendue pour qu'on l'aide à descendre.


"Entre manquer de grâce, et manquer à ses devoirs, je crois que je préfère encore la première solution."

Et Aria sourit avec une once de malice au représentant des Adorasti. Espérant détourner l'attention le temps que le maladroit se relève. Car si Henri -ou George ?- aurait dû se précipiter pour l'accueillir, cela était doublement valable pour le factotum en place.
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George R
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Mar 18 Avr - 20:54

George sentit la douleur cuisante irradiant depuis son fessier faire écho à la brûlure du sang éclatant dans ses joues. Elle pensait son humiliation totale et définitive, quand soudain, une nouvelle voix, claire et délicate fit taire celle ,grave et insultante, du factotum Adorasti.
D’ailleurs, elle commençait à comprendre pourquoi, dans sa nouvelle demeure, on parlait de façon aussi désagréable de cette maison princière. Si les maîtres étaient aussi désobligeants que les serviteurs, et il y avait fort à parier que ce soit le cas, le niveau d’arrogance de ceux-ci devait être dix fois celui des laquais et par conséquent, être à la limite du supportable. Ce qui ne donnait pas précisément envie de connaître les personnages de l’illustre famille. Malheureusement, il semblait bien qu’elle dut les côtoyer bon an mal an, et surtout se montrer civil envers eux. Pour la soirée du moins. Après… Eh bien après, on aviserait. Mais elle faisait maintenant partie de la Maison Grazziano, et elle ne devrait pas avoir de contact avec le Prince et sa suite.

Le serviteur des Adorasti s’avança d’un pas empressé vers la cousine d’Ugo di Grazziano, bien conscient de son erreur, rampant presque à terre dans sa volonté de faire oublier son comportement et l’opprobe qu’il avait jeté sur sa Maison par celui-ci . Et George, animée par un esprit de vengeance fort déplacé en la circonstance, se prit à rêver qu’il fit un faux pas et se retrouva, tête la première dans les eaux sombres du canal. A imaginer le beuglement que le valet ne manquerait pas de pousser au contact du liquide glacé, le jeune femme esquissa un sourire. Si seulement le ciel pouvait l’exhaucer.


« Ma Dame, veuillez pardonner mon inconvenance. Laissez moi vous aider, je vous prie »

Dans un soupir résigné, la jeune femme revint à la réalité, au moment présent et surtout, à la jeune femme élégante qui s'apprétait à poser un pied enrobé d’un chausson de soie sur l’embarcadère.
George, d’un mouvement agile, se redressa et leva les yeux au ciel avant de se tourner vers la voix mélodieuse qui venait de sermonner le factotum.

Quand ces yeux se posèrent sur la femme richement parée qui se dressait devant elle, elle eut l’intuition qu’elle avait la fameuse cousine en face d’elle. La fameuse princesse qui ignorait tout de la ponctualité et l’avait poussée à se mettre dans la situation navrante où elle s’était retrouvée deux minutes auparavant. Bien sûr, son raisonnement était totalement erroné, mais la jeune femme n’en avait cure et préférait entretenir sa rancune plutôt que de passer l’éponge. Sa fierté avait été mise à mal et elle n’était pas encore prête à faire table rase de ce qu’elle considérait comme étant la cause de ses malheurs. Qui avait jamais dit que George était rationnelle et lucide ?
Elle détailla la jolie brunette d’un air peu amène voire franchement revêche, relevant tous les détails de ses riches atours, la coupe plus qu’élégante de la tenue, la couleur citronné rehaussée de bordures blanches, les finitions de dentelles qui cascadaient sur la robe. A la fois simple et débordante de détails, la toilette de la princesse était simplement un exemple parfait du bon goût que la richesse permet de s’offrir. Un chef d’œuvre de confection.

Un nouveau soupir, qui pourrait facilement passer pour insultant aux yeux de la dame Grazziano, échappa à George. Alliée aux coups d’œil insistant sur la jeune femme, son attitude pourrait bien être facilement mal interprétée. En réalité, cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait vu pareils ornements, et surtout, qu’elle n’avait pu revêtir de vêtements féminins. Alors la frustration de l’attente dans le froid, surplombée par les moqueries dont elle venait d’être la cible, alliés à une forte nostalgie de l’époque où elle aussi portait jupon et corsets…
Se reprenant en main, George, après s’être époussetée, se dirigea vers sa nouvelle maîtresse, tachant de prendre l’attitude soumise de rigueur dans de telles circonstances et surtout vis à vis d’un… Supérieur. La tête inclinée en signe de respect, elle s’inclina davantage en une courbette gracieuse.
Qu’est ce qu’il lui en coûtait d’agir ainsi, comme si elle acceptait la domination de cette jolie donzelle et de ces semblables sur sa personne, alors que dans le fond, ils ne valaient ni plus ni moins qu’elle.
Mais les choses étant ce qu’elles étaient, elle n’avait pas réellement le choix. Mieux valait réprimer cet éclat de rébellion face aux circonstances qui la traînaient plus bas que terre. Et, oui, sa jalousie aussi il lui faudrait l’étouffer. Ce serpent venimeux qui s’insère dans vos veines et vous pousse à agir inconsidérément et toujours qui plus est, au pire des moments. Ce serpent mesquin qui vous donne cette envie quasi irrépressible de faire basculer une noble dame dans l’eau elle aussi. A coté du laquais.
Ah ! Si seulement…
Mais heureusement pour Dame Aquila di Grazziano, George avait un intellect qui parfois était en état de fonctionnement et elle s’empêcha de céder à ses plus bas instincts.
Mais tout de même, se serait un spectacle amusant…


« Madame ? Seriez-vous, par le plus grand des hasards, Dame Aria Aquila di Grazziano, la cousine de mon seigneur et maître, le sieur Ugo di Grazziano ? Si tel est le cas, le prince m’a chargé de vous escorter durant la soirée, ou tout du moins, de vous mener jusqu’à lui, pour qu’il s’assure de votre bonne santé. »

La jeune femme, en prononçant ces mots, s’était redressée et avait planté son regard gris dans les yeux de la jeune femme avec un aplomb de nature à étonner la jeune noble si elle y prêtait attention. Car il fallait bien dire que la soumission n’était pas instinctive chez la jeune femme, et la lueur brillant dans ses yeux ne cadrait pas avec le genre d’attitude seyant à un domestique.
Elle tendit le bras vers la jeune femme, ignorant superbement le laquais qui en faisait autant, et invita la demoiselle à l’accompagner à l’intérieur du ‘palazzo’.
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Aria Aqu
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Jeu 27 Avr - 3:00

Deux soupirs... Deux soupirs et autant de regards la détaillant de pied en cap. Aria sourit machinalement, tout en acceptant, avec ce qu'il fallait de dédain, la main du factotum. Et descendit de son pied gracieux sur l'embarcadère, les yeux rivés vers la grande porte. Ce valet, cet Henri Ryding - D'ailleurs etait-ce Henri ou George, à la fin ? - semblait bien impertinent... à moins qu'il ne fut nouveau dans le métier. Ou les deux à la fois. Quoiqu'il en soit, son attitude pouvait devenir gênante à la longue, même pour quelqu'un d'aussi compréhensif qu'Aria. Elle ota avec une froide indifférence sa main de celle de l'homme Adorasti et regarda à nouveau le valet, tâchant de l'analyser au travers de sa sacro-sainte grille de principes. Il semblait prompt à revenir au métier malgré son humeur apparemment maussade, et pour l'instant ne tendait pas à la paresse. De la grâce, de l'aplomb, de la vivacité... Peut être pas fait pour être valet, mais une certaine intelligence dans le regard. Le métier rentrerait avec le temps. De la jeunesse aussi, et un physique délicat qui aurait plu à certaines de ses amies. Autant de points qui pourraient en faire un atout pour la maison Di'Grazziano, si son cousin le percevait comme elle.

Satisfaite de son analyse, elle posa sa main sur celle du Valet, pour qu'il la mène à l'intérieur, et lui accordit un sourire. Simple, sans doute dépourvu de chaleur, mais sincère.


"C'est en effet mon nom. Mr Ryding je présume ? "

Prudence, prudence. Elle ne pouvait s'en vouloir qu'à elle même d'avoir oublié un prénom - Francais, d'accord, mais un prénom tout de même- et le valet, tout valet qu'il était, n'avait pas à subir son incorrection pour autant.


"Je vous laisse me conduire avec plaisir. Rentrons maintenant, il fait froid."

Protégée de cet état de fait par sa capeline, Aria avait ensuite détourné le regard vers la grande porte. Montrer ouvertement de la sollicitude pour la santé d'un serviteur ne faisait partie ni de ses manières, ni de ses principes. Elle se bornait juste à s'assurer que chacun soit en mesure de remplir son rôle.
A ce mot, ses pensées revinrent aussitôt vers ses cousins, et ses inquiétudes se nichèrent de plus belle sous son visage rayonnant. Il lui faudrait exceller ce soir, elle le craignait.


[divertissement musical - près de la porte]


Dernière édition par le Dim 21 Mai - 20:16, édité 1 fois
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George R
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Mer 3 Mai - 23:27

Si George avait pu lire dans les pensées de l’auguste cousine, et son commentaire intérieur sur l’attitude présumée de ses amies, elle se serait sans nulle doute offusquée des pensées de celle-ci. Et en réaction, elle aurait probablement oublié toute notion de prudence, de bienséance et de survie, pour répliquer vertement à la jeune femme élégante qui avançait sur l’embarcadère. On pouvait donc considérer comme une bénédiction le fait qu’elle ne fut point télépathe. Parfois, une absence de don est un don en lui même. Mais ceci est un débat philosophique qui n’a pas cours ici, puisque bien heureux les innocents, et que George, dans ce cas précis, était la pureté même.

« Tout de suite, Milady, répondit-elle prestement à la remarque de la jeune femme, tout en la guidant jusqu’aux marches menant dans le hall de la bâtisse gothique. Où désirez-vous vous rendre ? Votre cousin le prince m’a demandé de vous attendre ici, mais j’ignore ce que je suis supposée faire de vous après. »

Bien sur, George ne vit pas ce qu’il pouvait y avoir d’insultant dans sa remarque. Le fait qu’elle traita la jeune princesse comme un vulgaire paquet à prendre en charge ne lui entra même pas dans l’esprit, elle voulait juste savoir ce que l’on attendait d’elle. L’ennui, c’est que George ne prenait pas de gant, surtout quand ces pensées étaient.. Ailleurs.
En l’occurrence, ces réflexions étaient toutes tournées sur un grave soucis pratique. Comment faire avancer la demoiselle sans se prendre les pieds dans sa robe, ce qui les ferait immanquablement valser toutes deux dans les eaux sombres du canal. Et non, George avait déjà eut sa dose d’humiliation pour la soirée, et elle n’était pas prête à recommencer de sitôt. Et puis, elle n’avait pas particulièrement envie de re-déclencher les rires du factotum.

Maintenant qu’elle avait connu les vêtements d’homme, elle se demandait comment elle-même avait pu, en un autre temps, supporter encombrante robe à armature et tonnes de tissus durant des heures. Et si elle conseillait à la jeune femme de porter culotte et justaucorps ? Elle serait sûrement plus a son aise que dans cet embarrassant barda, et peut-être serait-elle à l’heure à l’avenir ?
Un grand sourire illumina ses traits à cette pensée. Que dirait cette élégante à pareille suggestion ? Elle perdrait à coup sur ses moyens pendant quelques secondes, et rien que pour voir le joli minois se décomposer et toute couleur la quitter, ça vaudrait le coup de se faire renvoyer. Oh oui! Se serait pour le moins jouissif…
Si la situation était différente et si elle n’avait pas besoin de se cacher encore quelques temps chez les Grazziano. Bah! Rien ne sert de revenir sur ce qui est, il faut savoir en tirer partie.
Si Dame Aria se tournait à ce moment précis pour regarder son valet, elle pourrait voir un visage arborant l’expression rusée d’un renard face à un corbeau et son fromage. Il était peut-être aussi bien qu’elle ne put lire dans les pensées de George, elle non plus toute réflexion faite. Et c’est ainsi, sur ces cogitations malignes, qu’elle mena cahin caha (la toilette toujours aussi gênante), la damoiselle jusque dans la maison après avoir déterminée qu’elle devrait peut-être simplement la laisser auprès de son cousin.


*Oui, c’est sans nulle doute le mieux. Je n’ai pas l’intention de servir de ‘garde-chiourme ‘ toute la soirée tout de même. Je suis valet, pas gouvernante, ain’t I ?*

[divertissement musical - près de la porte]
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Eva Call
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Sam 13 Mai - 16:48

Eva pencha un peu la tête de côté. Un mèche s'échappa de son chignon et vint chatouiller son nez, sa bouche. Elle l'écarta d'un geste doux en observant les nouveaux arrivants.
Ils venaient de tous les horizons, sans aucun doute. Des hommes, des femmes, des nobles, des moins nobles... Et, surtout, des visages familiers : il y avait là la petite servante, Isabella, si elle ne se trompait pas. Celle-ci sembla la remarquer, mais les deux jeunes filles détournèrent le regard.


*Tu as raison, ici, tu ne connais personne...*

Eva repensa à ses réflexions de l'après-midi et demeura perplexe. L'amitié, l'amour. Elle ne connaissait que vaguement la première, quand au second, elle en ignorait tout... Sauf ce qu'elle en voyait dans les yeux des autres, qu'ils soient au nombre de ses soupirants, ou des gamines qui lui avaient confié leurs malheurs. Mais pour elle, c'était un sentiment inconnu qu'elle espérait ne jamais avoir à rencontrer.
Quoique... Quelques fois, elle ne savait plus vraiment. Quand le doute l'assaillait, c'était en général quand elle se sentait très seule, si seule qu'elle se prenait à regretter son ancienne vie sans honte. Extraordinaire.
Ce soir devait être un soir comme les autres. Commun. Elle passerait la nuit à jouer la comédie. Pour les autres, elle ne serait qu'une petite fille timide, d'origine sans aucun doute noble, bien entendu.
Bien entendu.
Pour une fois, pour la seconde fois aujourd'hui, ce sentiment fort déplaisant la reprenait, la saisissait à la gorge, la menaçait. Elle ressentait un besoin d'affection - sincère - malsain. C'était tout nouveau pour elle. Mais elle refusa de se laisser dominer par cette faiblesse idiote.
Et puis elle reconnut Matteo. C'était bien lui. Le Salvanti. Le libertin. Celui qui l'avait si grossièrement abandonnée. Bah ! Tant pis. Elle aurait tout le temps de chercher comment lui faire payer cette petite erreur plus tard.
Elle lissa une fois de plus son manteau, réajusta une fois de plus l'agaçante mèche de soie brune, s'assura qu'elle avait toujours en sa possession son Excuse, prit une dernière bouffée de l'air frais de la soirée vénitienne, se dirigea vers la fosse aux lions, et entra.


[Divertissement musical : les fauteuils côté droit]
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Lun 20 Nov - 21:16

[Calle Galante - La Maison de la Courtisane - La Chambre bleue]

Muzio avait profité du trajet pour remettre ses idées en place. Bien sûr, une foule de questions l'envahissait, telles que: Qui avait blessé le Prince ? Pourquoi ? Ce 'qui' avait-il été tué ? Pourquoi Elio s'était-il réfugié chez Graziella Rivieri ? Quelles étaient les relations qui les unissaient ? Mais n'ayant aucun élément de réponse, le médecin avait seulement remué ses interrogations, avant de les classer dans un coin de son esprit. Il fallait qu'il les oublie pour les heures à venir.

Il se sentait sale, mais se voyait déjà contraint de se rendre chez le Prince di Grazziano dans cet état. Faute de mieux, il passa une main vigoureuse dans ses cheveux, puis se contenta d'attendre l'arrivée d'un air songeur, son esprit flottant cependant sans se fixer sur rien. Enfin, la gondole accosta, et bientôt Muzio n'eut qu'à attendre qu'on veuille bien lui ouvrir.
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Lun 20 Nov - 22:29

~Mercredi 5 Février 1744 Premier Post du Jour~


Gabriella s'était couchée tard, très tard. A vrai dire, lorsqu'elle fut enfin arrivée dans sa chambre, elle n'eut même pas la force de se dévêtir. Elle était tombée directement sur son lit et s'était endormie d'un coup, la tête enfoncée dans l'oreiller, un bras traînant hors du lit et ses cheveux blonds défaits.

Aussi, elle s'était réveillée un peu en retard et c'est Augustina, la grosse servante qui l'avait réveillée avec pertes et fracas en lui hurlant presque de sa grosse voix qu'elle était chargée de montrer le déroulement du travail à une nouvelle petite bonne. Gabriella s'était alors levée à la hâte mais avait constaté que le cirage du parquet de la salle de bal de la veille lui avait laissé de douloureuses courbatures. Elle avait tout de même pris le temps de se changer pour enfiler une livrée moins froissée et avait tenté de rassembler ses cheveux dans une queue de cheval correcte, non sans quelques bâillements conséquents.

La nouvelle petite bonne, qui, selon elle, avait l'air franchement niaise, l'avait collée aux jupons pour l'observer et l'aider. Elles avaient terminé de ranger et nettoyer la salle de bal avec l'aide d'autres servantes. Gabriella avait essayé de la pousser à observer d'autres domestiques pour qu'elle puisse aller s'occuper personnellement du petit déjeuner du prince qu'elle mettait un point d'honneur à préparer chaque matin, mais la nouvelle recrue n'avait pas voulu se détacher d'elle. Trépignant d'exaspération et de frustration, Gabriella ne put que constater l'heure et se dire qu'une autre servante lui avait certainement apporté son petit déjeuner à sa place. Elle qui aimait tant lui préparer son café et beurrer délicatement son petit pain blanc.

De bon matin, Gabriella était donc déjà passablement énervée et contrariée. Elle avait pourtant réussi à semer la nouvelle petite bonne dans les couloirs et s'apprêtait à retourner à l'office pour demander qui avait préparé le petit déjeuner du prince (il ou elle avait alors tout intérêt à n'avoir rien oublié), quand quelqu'un se présenta à l'embarcadère.

Gabriella écarta les bras et ferma les yeux puis inspira profondément et aussi lentement que possible avant de se diriger vers la porte pour l'ouvrir et accueillir le visiteur avec un grand sourire.


"Bonjour, oh c'est vous Maître Barrozi, entrez je vous prie." dit-elle en s'écartant pour le laisser entrer.

"Je suppose que vous venez voir la Princesse Bianca ? Je vais vous amener à elle."

Elle referma la porte et l'accompagna jusqu'à la bibliothèque.

[Le Couloir menant au Grand Salon-Bibliothèque ]
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