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 L'Embarcadère

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Muzio Barrozi
Médecin
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Nombre de messages : 726
Date d'inscription : 14/05/2005

MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Lun 20 Nov - 23:35

La jeune fille qui lui ouvrit la porte arborait un sourire épanoui. Soit les serviteurs de la Ca' Adorasti avaient très bien été formés, soit la maisonnée n'avait pas remarqué l'absence de son Prince. Les deux, peut-être.

« Bonjour Mademoiselle, je... Oui, c'est cela. »

Il esquissa à son tour un sourire, et suivit la joyeuse petite blonde. Le couloir était calme, et cela formait un contraste heureux avec la veille. La veille... Il lui semblait que le temps qui s'était écoulé depuis se comptait en jours plutôt qu'en heures. Beaucoup de visages s'étaient succédé entre temps, des bribes de conversation, de rire, d'histoire... Qu'en restait-il finalement ? De l'amertume, sans doute. Un regard furtif sur le dos de la jeune servante lui rappela que, pour d'autres, la soirée avait été synonyme d'une surcharge de travail et les employés de la maison devaient maudire les invités de la veille.


[Le Couloir menant au Grand Salon-Bibliothèque]
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Awrigha
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Sam 2 Déc - 3:40

[Premier Post]

Ce fut le choc du bateau contre l'embarquadère qui la réveilla. A vrai dire, c'était à peine plus qu'une subtile caresse entre le bateau et le quai. Mais comme cela avait suffit à réveiller Awrigha, elle appella cette péripétie insignifiante "choc".

Elle mit quelques instants à se rappeller de qui elle était. Pendant ce moment d'intense réflexion, l'homme qui l'avait conduite jusqu'ici avait eu le temps d'amarrer son embarcation, de sauter sur l'embarquadère et de prendre des nouvelles de la famille d'un de ses amis qui passait par là. Ils en étaient aux cousins par alliance du neveu quand Awrigha se risqua enfin à prendre pied sur la terre ferme.
Devant elle se dressait un palais typique.


-"Enfin, typique, je ne dis ça que parce que c'est toujours ce que l'on dit, non ?"

S'entendant parler, Awrigha parut...surprise...Elle s'était encore oubliée. Son incontinence verbale commençait à prendre des proportions inquiétantes.

-"Bel effort pour te fondre dans la pensée commune, ma belle. Mais il aurait sûrement été plus apprécié si tu n'avais rien dit."

Elle hochât la tête. Elle était d'accord.

En définitive, ce n'était pas bien grave tout ça. Awrigha se réinterressa à ce qui l'entourait, tout en pinçant la bouche dans un louable effort de mutisme. Quelques instants, les marins parurent interloqués du comportement de la jeune femme, mais bien vite, ils détournèrent à nouveau le regard. La tante du premier avait attrappé la petite vérole.

Enfin, quoi qu'il en soit, Awrigha avait trouvé ce qu'elle cherchait. Enfin du moins elle en était pour le moment intimement persuadée, ce qui n'était déjà pas si mal. Elle se dirigea vers le palais. Sa robe à la coupe étrange et d'un jaune intense qui se voyait de loin ondulait au rythme de sa démarche sautillante.
Elle n'allait pas non plus attendre que les deux marins aient enterrés toute leur famille pour se décider à se présenter à l'illustre famille des Adorasti.


Toutes ses vélléités de silence volèrent alors en éclat. Le mot "illustre" la faisait rire. Parce qu'elle s'imaginait la famille Adorasti au grand complet pendus par les pieds, au plafond, tels des "lustres".
C'est en riant aux éclats, et ne cherchant pas à dissimuler sa joie qu'elle se retrouva devant une porte. Fermée.
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Jeu 7 Déc - 0:00

[La bibliothèque]

Porte qui ne resta pas longtemps fermée car Gabriella l'ouvrit au moment où la jeune femme riait aux éclats. La jeune servante ne sut dire ce qui l'agressait le plus : le fait qu'une femme inconnue rit devant le palais du prince qui était tout ce qu'il y a de plus sérieux, ou cette affreuse robe jaune qui sautait aux yeux. Elle qui avait l'habitude des robes couleurs pastel de la princesse, celle-ci était pour le moins surprenante.

"Madame, que puis-je pour vous ?" demanda-t-elle, espérant que ça n'allait pas durer trop longtemps.

Elle voulait retourner très vite à la bibliothèque pour être tenue au courant de ce qui allait se dire et se décider à propos du prince Elio.
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Awrigha
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Ven 8 Déc - 10:41

Au moment précis où Awrigha allait se mettre à parler à la porte, celle-ci s'ouvrit. La jeune femme retint à grande peine une exclamation émerveillée assortie d'une réflexion sur la capacité merveilleuse des gens à apparaître au moment où il fallait. Ou alors le contraire. De toute façon, elle était déjà en train de rire. Et entre une réflexion qui risquerait de la perturber un moment et un éclat de rire, elle avait vite fait son choix. La facilité, toujours.

Face à elle, une autre jeune femme, qui n'avait pas particulièrement l'air ravie de voir Awrigha.


-"Que puis-je pour vous ! déjà, évitez de dire ce genre de choses, j'ai l'impression d'être sur mon lit de mort ! Tenez, je m'y vois déjà ! Les gens, en cercle, moi, ralant, agonisante...tous hochent la tête en disant des choses qu'ils n'ont jamais pensé ! Pauvre femme, c'était la bonté même ! Et gentille ! Et intelligente ! Et moi, en train d'émettre des raaaaa indéterminés au milieu ! Ce qui n'est pas vraiment le comble de l'intelligence alliée à la distinction, si ?"

Ce qu'il y avait d'étonnant avec Awrigha, c'était la facilité avec laquelle elle assommait les gens de paroles. Mais, pour une fois, quelque chose l'avertit que ce n'était pas le moment de se lancer dans ce genre de conversation, et que la personne devant elle désirait autre chose comme réponse.

-"De toute façon, ce n'est jamais le moment, alors !"

Elle haussa les épaules, et se décida à contrecoeur à être plus conventionnelle.

-"Je suis Awrigha d'Alep. Et je suis intimement persuadée d'être un tant soit peu attendue par la famille Adorasti."

Ce n'était pas grand chose, mais pour Awrigha, c'était déjà trop.

[le Grand Salon]
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Sam 9 Déc - 2:35

Immobile, le regard posé sur cette femme, la bouche légèrement entrouverte, un sourcil levé et les paupières clignantes, Gabriella écouta Awrigha répondre à sa question. Réponse qui n'en fut pas du tout une, du moins dans un premier temps.

Ébêtée, Gabriella eut l'impression de se retrouver face à une poule qui caquette. Et tout le monde sait bien qu'une poule n'a pas beaucoup de cervelle. Dans un mouvement d'automatisme, Gabriella saisit la porte dans l'intention de la fermer au nez de cette simple d'esprit quand la dame se décida enfin à se présenter de façon normale.

"Et je suis intimement persuadée d'être un tant soit peu attendue par la famille Adorasti."


Gabriella, quant à elle, était intimement persuadée que cette femme n'avait rien à faire au palais Adorasti. Mais soit...

"Très bien, suivez-moi je vous prie." dit-elle en faisant un pas de côté pour la laisser entrer.

La jeune servante l'emmena dans les couloirs, jetant parfois un coup d'oeil par-dessus son épaule pour s'assurer que la femme la suivait et qu'elle ne s'éparpillait pas aux quatre coins du palais. Elles s'arrêtèrent devant le grand Salon et la fit entrer.


"Je vous demanderai de patienter quelques instants, s'il vous plaît. Je vais informer la princesse de votre présence."

Et sur ces paroles, elle quitta le grand salon pour retourner à la bibliothèque.

[Bibliothèque]
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Danilo della Lonza
Gentilhomme - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Jeu 4 Jan - 0:15

[Extérieur-Le Canal]

L'esprit encore quelque peu perdu dans la discussion qui venait d'avoir lieu, Danilo parvint enfin façe à la porte qui donnait sur l'embarcadère, à quelques dizaines de mètres de l'endroit ou le gondolier l'avait déposé. Il posa sa main à ses pieds, vérifia en un coup d'oeil que sa tenue ne présentait pas de trop le négligé du voyage qu'il venait d'effectuer, rajusta ses gants et s'appuya de la main droite sur sa canne de manière légère. Cela donnait un aspect racé à sa silhouette. En temps normal, il n'avait cure de ce genre de détail, se servant de sa canne comme bon lui semblait, mais il n'était plus à son domicile de Rouen. Il venait ici en temps qu'ancienne relation, et n'avait pas à se comporter de manière relâchée. Il se devait de soigner quelque peu sa prestance. Satisfait, il leva le poing gauche, et tambourina sur le battant, suffisamment fort pour qu'on l'entende de l'intérieur, suffisamment doucement pour ne pas ameuter toute la maisonnée et faire une arrivée en fanfare. Ceci fait, il ramena sa main gauche vers sa poitrine, ouvrit les doigts et en glissa l'extrémité sous la toile de son manteau, prêt à saluer galamment si un maître se montrait tôt, sans avoir l'air d'attendre ceux-ci si un valet se présentait. C'était sûrement un de ces derniers qui ouvrirait, mais mieux valait ne prendre aucun risque.
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Jeu 4 Jan - 17:28

[Le Grand Salon]

Le temps du trajet entre le salon et l'embarcadère, Gabriella avait appris que la princesse, sa dame d'honneur, le médecin ainsi que monsieur Reverti étaient tous partis.

*Sans se soucier plus du prince ! Les lâches !* pesta-t-elle intérieurement, mais inquiète de se sentir comme "abandonnée" par tout le monde et de n'être que la seule à se soucier de la disparition du prince.

Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle pouvait faire. Si cela n'avait tenu qu'à elle, elle aurait enfilé sa cape de laine et serait sortie dans les rues de Venise pour chercher elle-même le prince Elio. Mais elle ne pouvait pas partir comme ça et abandonner ses tâches... et le prince revenait de lui-même, elle devait être là pour s'occuper de lui ! Cette situation était inextricable.

C'est donc dans cet état d'esprit qu'elle ouvrit la porte. Elle eut l'agréable surprise d'y trouver un homme très élégant et assez charmant qui attendait qu'on lui ouvre.


"Bonjour monsieur, que puis-je pour vous ?" demanda-t-elle poliment, levant un peu la tête pour le regarder car il était assez grand.
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Danilo della Lonza
Gentilhomme - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Jeu 4 Jan - 20:17

Comme à son habitude, l'esprit de Danilo partit dans une de ses dérives habituelles lorsqu'un nouvel interlocuteur se trouvait être une femme. Il ne lui fallut pas plus de trois secondes pour imprimer dans son crâne les caractéristiques physiques de la petite bonne qui venait de lui ouvrir. Le coup d'oeil fut bref, et d'une discrétion exemplaire. Danilo avait depuis sa plus prime adolescence développé le don d'observer les femmes et leurs atouts sans éveiller aucunement leurs soupçons. Dans un face à face, le jeu était plus compliqué, plus grisant aussi, mais il savait ne pas appuyer un instant le regard, glisser sur la silhouette comme s'il n'accrochait pas, ce qui laissait généralement à croire qu'il ne s'intéressait que très modérément à son interlocutrice alors qu'il la dévorait du regard. Seules une ou deux, sans doute légèrement pudibondes ou paranoïaques, avaient jamais vu clair lorsqu'il jouait à ce petit jeu là.

La servante était d'une taille commune, peut être légèrement petite, mais sans doute était-ce sa propre taille qui lui donnait cette impression. Corps plaisant et finement modelé. Un petit air d'enfant ayant grandi trop vite. Mais surtout, cette coiffure. La queue de cheval et les deux mèches encadrant le visage...


*Mauvais. Très mauvais. et ce n'est que la première. Au moins, elle est blonde, c'est déjà cela...Peut-être un peu ronde de visage aussi.*

Cette réflexion se fit en un temps record, et il put répondre à la servante sans être retardé par ses pensées, ni n'en laisser rien transparaître sur son visage, qu'il garda paré de son plus bel air d'amabilité. Ses yeux revinrent rencontrer ceux de la femme, sans se faire intrusifs.

"Veuillez excuser cette arrivée inpromptue, dit-il d'un ton chaleureux et légèrement contrit. Je me nomme Danilo Della Lonza. Je viens résider ici en temps qu'invité du prince Elio Lacryma Adorasti. Je l'avais prévenu que j'arriverai dans le mois, mais il ne savait quand exactement. Lorsque j'entrepris mon voyage, j'envoyai un message par coursier, mais je crains fort que ce dernier ait été malhonnête et que j'aie précédé l'annonce de mon arrivée.
Vous comprendrez donc que mes désirs du moment sont de pouvoir déposer ma malle de voyage dans ma suite, puis de me faire annoncer auprès des maîtres des lieux au plus vite. "

Il acheva sa petite tirade par un petit sourire discret, du genre de ceux qui lui montaient naturellement aux lèvres lorsqu'il s'adressait à une femme. Il ne tenta cependant pas de le réprimer. Les servantes étaient sans aucun doute bien moins dangereuse que les vipères à sang noble qui pouvaient peupler Venise. Il ne coûtait rien d'afficher pour elles un semblant de sympathie, ou du moins, aucune traçe de préjugés soupçonneux.
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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Jeu 4 Jan - 23:50

Cet homme avait l'air très poli et courtois, même avec le personnel. A force de côtoyer des gens comme Di Lorio, hautains et méprisants, cela faisait du bien. Ainsi, il lui répondait d'un air aimable et ne semblait pas avare de sourire. Il n'en fallait pas plus pour mettre Gabriella de son côté. Ce n'était pas par vanité, mais elle avait une sorte de besoin permanent qu'on la rassure sur sa valeur. Il suffisait donc de prendre un peu cas d'elle, juste un sourire aimable suffisait, et vous étiez servi comme un prince. Dans le cas contraire, elle était capable un peu de tout, mieux valait alors se faire servir par quelqu'un d'autre.

"Bienvenue Ca'Adorasti, monsieur Della Lonza." dit-elle avec une légère courbette lorsque l'homme se présenta.

Elle s'écarta et ouvrit la porte pour le laisser entrer.


"J'ai été avertie de votre arrivée, monsieur." ajouta-t-elle en faisant signe à un valet de récupérer le manteau de l'homme ainsi que sa malle.

"Si vous voulez bien me suivre." termina-t-elle avec un sourire en le conduisant dans les étages.

[Suite de Danilo della Lonza]
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Danilo della Lonza
Gentilhomme - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Ven 5 Jan - 0:50

*Et nous voilà dans le saint des saints* Pensa-t-il avec ironie, en passant le porche. Le nouveau centre névralgique des Adorasti sur leur terre d'origine. Lieu de pouvoir et d'intrigues des plus intéressants. Appétissant programme.
Il donna son manteau ainsi que sa malle de voyage au serviteur qui venait de s'approcher sous l'injonction de la petite blonde, puis suivit cette dernière en direction des étages. Il profita du trajet pour suivre d'un oeil faussement désintéressé la silhouette ondulant légèrement à chaque pas, appréciant particulièrement la montée d'escaliers, ou deux marches en arrière, il put apprécier à sa plus juste valeur la proportion juste et passionante de la servante. Ce n'était pas que celle-ci fut bien plus que d'autres qu'il ait pu croisé, non. Il faisait de même pour toutes les femmes. Enfin, depuis quelque temps, pour un certain type de femmes tout particulièrement. Les plus dangereuses pour lui. Il ferait bien de se méfier de lui même. il n'était pas temps de laisser sa nature parler pour lui, pas temps de seulement risquer un simple semblant de passion. Il connaissait trop bien ses dérapages pour ne pas se défier de ses sens.

Quelle idée, aussi, d'engager spécialement le type de femmes capables de le troubler. Restait que la couleur de ses cheveux lui évitaient pour le moment de partir en tristes fantasmes. Il n'avait jamais aimé les cheveux blonds, et à ce moment.. Ou peut-être non, peut-être allait-il changer du tout au tout dans son intérêt pour les femmes. Auquel cas, il n'avait presque plus rien à craindre du physique de la servante.

Luciano avait raison, finalement. trop de tentations l'attendaient. Trop de femmes. C'était cela, le défi. Tenir le cap malgré tous ces jupons qu'il allait croiser.

*Je porte décidément trop bien mon nom*Rumina-t-il sombrement, alors qu'il atteignait, à la suite de la charmante jeune femme, l'entrée de la suite qui lui était dévolue.

[Suite de Danilo Della Lonza-chambre]
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Cinzia S
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Sam 20 Jan - 21:39

[Premier Post]

On avait souvent vanté à Cinzia les canaux de Venise la Belle et ses gondoles. Mais on avait omit de lui parler des gondoliers. Pourtant, à voir les yeux du jeune homme qui la conduisait habilement jusqu'à l'embarcadère de Ca'Adorasti, ceux-ci devaient faire partie intégrante des attraits de la ville. Et quels attraits...
La jeune femme paya le trajet d'une petite pièce et d'un sourire, auquel il répondit d'une courbette charmeuse, murmurant quelques remerciements.
La Comtesse posa ses pieds menus sur la terre ferme et respira enfin plus librement. Si elle devait rester longtemps à Venise - comme cela promettait d'être le cas, elle devrait s'habituer à ces allées et venues sur l'eau.
Banissant de ses préoccupations le charmant gondolier, elle leva les yeux et admira le paysage. La façade d'un palais se dressait devant elle, et, en son centre, une lourde porte munie d'une tête de Lion.

Bon. Plus d'échappatoire à présent, n'est-ce pas ? Même si la jeune femme était folle de joie à l'idée de revoir sa chère Bianca, celle de se jeter dans ce que tous disaient être une véritable 'fosse aux lions' l'enchantait déjà moins. Mais de toute façon, elle n'était pas venue jusqu'à Venise pour rien. Il lui fallait donc faire quelques pas encore, arranger discrètement le bas de sa robe, passer nerveusement une main dans ses cheveux tout en priant pour qu'aucun passant mal avisé ne passe par là et ne remarque son trouble...
Allez, tous en scène.


*De toute façon, tu n'as plus rien à perdre. Et puis, Bianca t'attend !*

Se tenant un discours persuasif à elle-même, elle s'avança à petits pas vers la lourde porte, le dos très droit. Qu'on vienne lui ouvrir vite...
...Le plus vite possible. Les battements de son coeur s'accéléraient, elle commençait à paniquer.


*Tout-va-bien. Il n'y a aucune raison de t'inquiéter, ma fille. Allez ! Qu'on vienne, qu'on vienne...*

Le regard de la jeune femme, qui n'avait pas quitté la porte, dévia soudain et découvrit...
Nouvelle bouffée d'inquiétude. La porte était entrouverte ! C'était donc le Destin lui-même qui l'invitait à entrer dans cette Maison, n'est-ce pas ? Bien sûr. Elle allait donc entrer. On ne pourrait s'en prendre qu'à l'un des serviteurs, ces rats négligeants. Ouf... Mépriser, après tout, pouvait se révéler bénéfique pour les nerfs.
Elle fit donc un pas vers la grande Porte. Puis un deuxième. Un troisième ? Sûrement pas. Elle effleura du bout du doigt le lourd battant, puis sembla se décider, et, enfin, elle poussa la porte et pénétra dans la Ca'Adorasti.



[Le Grand Salon - Bibliothèque]
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Sole Cro
Invité



MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Sam 10 Mar - 16:27

[ Ca'Grazziano - Le Grand Hall ]

Obéissant aux injonctions de Sole, le gondolier qu'elle avait hélé en sortant du palais avait suivi de loin l'embarcation qui transportait le médecin et la servante déguisée le long du canal.

Et elle ne fut presque pas surprise quand, une main en visière pour protéger ses yeux du soleil qui frappait de plus en fort sans pour autant réchauffer la cité, elle vit que leur gondole s'arrêtait Ca'Adorasti.
Un petit sourire satisfait naquit sur son visage rosi par le froid. On allait bien rire.

Elle fit pourtant une légère grimace quand son ventre se remit à gargouiller, pour la septième fois depuis qu'elle était montée dans la gondole, comme le lui fit agréablement remarquer le bâtelier, un jeune homme au visage basané grignoté par une barbe naissante, qu'elle aurait pu trouver charmant si ses jambes anormalement longues et fines ne l'avaient pas plus fait ressembler à un héron qu'à autre chose.

Tout aussi aimable que lui, elle le prévint qu'elle lui couperait les oreilles et les croquerait telles quelles sous ses yeux s'il continuait à se moquer d'elle.

Soit que quelque chose dans la frêle allure de la jeune fille ait convaincu le bâtelier qu'elle disait vrai, soit qu'il eût subi dans son passé un châtiment semblable dont le brusque souvenir l'ait terrifié, le jeune homme se tut et n'ouvrit plus la bouche jusqu'à ce que la gondole accoste à son tour l'embarcadère des Adorasti, que la précédente venait de quitter.

Sole fouilla dans sa poche, faisant joyeusement tinter les pièces que le Prince lui avait données, et en lança une au gondolier qui l'attrapa à la volée, l'air aussi malheureux que si elle avait mis sa menace à exécution.

Avec un clin d'oeil, elle lui dit d'arrêter de faire cette triste tête, et sauta de la gondole pour atterrir gracieusement sur la terre ferme.

Elle entendit distinctement le jeune homme la traiter de toutes sortes de noms peu valorisants tandis que son petit bateau s'éloignait lentement de l'embarcadère, et elle pouffa de rire en baissant les yeux pour vérifier que ses souliers n'étaient pas trop crottés.

Ce faisant, elle comprit pourquoi le gondelier s'était tenu coi quand elle lui avait fermé le clapet. En levant la main pour masquer le soleil à ses yeux, elle avait aussi soulevé un pan de son manteau, qui s'était plus ou moins accroché au manche de son poignard passé à sa ceinture.
Le bâtelier avait dû voir l'arme quand elle s'était retournée pour le menacer.

Un sourire amusé sur les lèvres, elle remit son manteau en place, et releva les yeux pour observer les lieux. A sa grande surprise, la porte était légèrement entrouverte. Le médecin et la servante, en entrant, avaient dû négliger de la refermer comme il fallait. Quelle chance.

Ni une ni deux, elle poussa doucement la porte et se glissa par l'ouverture, le souffle court et les yeux brillants.
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Leandro di Ascani
Vicomte - Ca'Adorasti
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Date d'inscription : 08/04/2007

MessageSujet: Re: L'Embarcadère   Mar 10 Avr - 0:01

[Premier post]

Venise.
Après Mayaguana, Grenada et Tobago, la cité paraissait figée dans le froid et la splendeur d’un autre monde. Ses canaux d’où s’élevait une odeur fétide étaient à l’opposé de l’onde turquoise de la mer des Antilles et ses augustes palais se trouvaient aux antipodes des cases frêles des esclaves.
Même s’il ne pouvait arpenter le pont de son embarcation comme il avait l’habitude de le faire, quelques mois plus tôt, sur celui de son vaisseau, Leandro n’était étreint d’aucune nostalgie à la perspective de ne plus revoir le soleil de la Barbade. Le vent avait tourné pour la piraterie et la relative bonne entente qui avait régnée jusqu’ici entre corsaires et autorités périclitait année après année. Constamment pourchassés par les marines royales, boucaniers comme flibustiers étaient forcés de quitter le navire ou de se convertir en honnêtes marchands. Autant demander à Sa Sainteté Benoît XIV d’instaurer la chasteté à Sodome et Gomorrhe.

Le gondolier, ayant longuement observé la pièce frappée du sceau espagnol au creux de sa paume, lui adressa un regard lourd de suspicion avant de débarrasser son esquif des effets de son voyageur. Recevant son sac à la figure et évitant de justesse sa malle qui manqua de lui broyer les orteils, il s’empressa de remercier le passeur pour son obligeance :


"Trop aimable."

Prenant en main ses bagages, Leandro fit volte-face en grimaçant. Les chameliers bédouins lui avaient paru plus amicaux que ce rustaud! À peine avait-il fait quelques pas sur l’embarcadère que son regard se posait sur une perche abandonnée par un batelier affairé à négocier avec un client. Il s’en saisit prestement, répondant aux protestations de son propriétaire par :

"Je vous la rends immédiatement!"

Dans l’instant suivant, il administrait une solide rossée au malotru, qui avait eu le malheur de ne pas s’éloigner plus vite de l’endroit où il avait déposé son passager. Celui-ci avait déjà rendu son bien (accompagné d’un ducat étincelant pour la peine) à son maître et s’était remis en route pour l’entrée du palais Adorasti. Il s’arrêta seulement pour prêter oreille aux injures que lui dédiait l’homme des eaux brunâtres desquelles il tentait de s’extirper.

C’est le sourire aux lèvres qu’il toqua contre la porte de la demeure du Prince Elio avec l'impression d'avoir bien agi.

[Chambre d'Elio]
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MessageSujet: Re: L'Embarcadère   

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L'Embarcadère
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