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 La Bibliothèque

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Du Bout des Doigts
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MessageSujet: La Bibliothèque   Lun 9 Mai - 1:12

...
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Jeu 16 Nov - 2:46

Mercredi 5 Février 1744 Premier Post du Jour

La bibliothèque était calme et silencieuse. Une seule personne s'y trouvait. Bianca était assise dans un des canapés de soie, un livre posé sur ses genoux. Elle lisait, plus pour passer le temps que pour lire vraiment.

Elle s'était réveillée tôt et s'était préparée en conséquence afin d'être prête pour être à l'heure au souper de son frère. Même si la perspective de ce repas la rendait joyeuse, elle avait eu un peu de mal à se lever. Son malaise d'hier semblait l'avoir plus fatiguée qu'elle ne voulait l'admettre. Mais cela allait passer, elle le savait.

Maria, la petite bonne était venue l'aider, comme tous les matins, à se préparer. Et comme tous les matins, elle l'avait encouragée à serrer son corset alors qu'elle hésitait, sûrement de peur de lui faire mal. Et puis, comme tous les matins encore, elle l'avait aidée à enfiler sa robe et à coiffer sa chevelure d'un blond pâle et poudré. Un rituel qui s'était instauré de lui-même et qu'elle trouvait plaisant.

Bianca avait revêtu une robe de satin chatoyant couleur crème orné de motifs brodés en forme de fins feuillages dorés. Le col à l'éventail de crynile mettait en valeur sa nuque blanche où retombaient quelques boucles blondes.

La princesse tourna une page du livre alors qu'une cloche au loin sonnait 11 coups, légèrement perturbé par le chant criard d'un quelconque ivrogne ou marchand par delà le canal.
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Gaetano
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Jeu 16 Nov - 17:25

[Mercredi 5 Février 1744 Premier Post du Jour]

Quand bien même l’habitude de Gaetano était de se réveiller aux aurores, il n’aurait pas pu s’y conformer ce jour-là. Les brumes du sommeil l’avaient bien trop longtemps gardé dans leurs filets et, proie inconsciente, il s’était laissé faire sans même penser à se débattre. Ce fut donc avec quelques heures de retard sur son horaire que le secrétaire particulier du Prince Adorasti avait descendu les marches qui menaient de sa suite aux communs. A peine aurait-il le temps de manger que déjà l’heure de son rendez-vous avec le Prince Elio aurait sonnée.

La veille, il l’avait passée sur le continent. Parti à l’aube pour ne revenir qu’au divertissement musical, Gaetano n’avait pu se rendre utile. Nul doute qu’aujourd’hui serait plus chargé. Restait à savoir si les missions que le Prince lui confierait dureraient longtemps. Ce n’était pas la longueur du travail qui le dérangeait, ni même la difficulté. Gaetano Reverti avait beau avoir été élevé en tant que fils de noble, personne ne pourrait jamais prétendre qu’il se complaisait dans l’inaction languide dans laquelle les aristocrates vénitiens se complaisaient.

Pour le toscan, Venise semblait figée dans une Renaissance éternelle. Se rendait-elle seulement compte que son âge de gloire avait passé ou la Sérénissime s’accrochait-elle aux guenilles de sa dignité pour se voiler les yeux et ne pas regarder la modernité venir ?

Le soupir qui s’était attardé sur ses lèvres s’était échappé alors qu’il s'était avancé à grandes enjambées vers la pièce où il avait coutume d’attendre le Prince. Si celui-ci était d’une ponctualité à faire frémir une horloge, Gaetano essayait toujours de le devancer de quelques minutes. Il avait eu le sentiment que ce jour-là, ce ne serait pas le cas.

Quand il avait tourné la poignée afin d’entrer dans la pièce, il serrait les dents. Le prince Elio ne se formaliserait pas d’un léger retard mais il détestait donner une impression désagréable au Prince. Peu importait que cela fasse déjà deux ans qu’il était entré à son service. La porte avait tourné sur ses gonds sans émettre le moindre bruit. Le regard de Gaetano s'était promené un peu partout, de la fenêtre jusqu’aux étagères où étaient alignés des livres en passant par un petit meuble de bois juste à côté de la porte où se trouvaient une carafe ainsi que deux verres.

Gaetano était seul. Son visage s'était détendu imperceptiblement. Ses chaussures de cuir noir avaient foulé le tapis persan et s’étaient arrêtées non loin de la fenêtre. Un miroir était suspendu au mur. Gaetano observa son image puis avait défait le premier bouton de son justaucorps de laine noir. Avec sa chemise grise à jabot, il pouvait se permette d’agrandir l’ouverture de son col. En rien, cela ne nuisait à la décence.

Les minutes s’étaient égrenées. L’humeur détendue du toscan avait fait à nouveau place à une légère tension. Le Prince n’était jamais en retard. Un quart d’heure s’était écoulé et Gaetano rongeait son frein. Il n’avait pas envie de partir aux nouvelles. Si le Prince arrivait alors qu’il venait de quitter la pièce, il ne se le pardonnerait pas.

Au bout d’un temps infiniment long, Gaetano pourtant n’y tint plus. Il sortit de la pièce en grommelant. Pas question d’aller dans les appartements du Prince. Il n’avait pas à le déranger. Mais rien ne l’empêchait par contre d’aller vérifier dans les étages inférieurs du palais. S’il ne parvenait pas à trouver le Prince, il irait quérir des nouvelles aux communs.

Les onze coups de cloche le trouvèrent dans la salle à manger qu’il quitta aussitôt. Le palais Adorasti était immense et il était bien trop facile de s’y perdre. Ce fut presque par inadvertance qu’il poussa la porte de la bibliothèque. C’était la dernière pièce qu’il inspecterait avant de partir aux nouvelles.

S’attendant presque à ce que l’endroit soit aussi vide d’être vivant que les autres, Gaetano n’avait pas fait attention à la façon dont il était entré dans la pièce. N’ayant tout de même pas eu l’attitude d’un butor, il n’en avait pas moins oublié toute délicatesse. Ce fut pourquoi il se figea sur le seuil quand il constata que même si le Prince était absent, son épouse se trouvait dans la bibliothèque.

En un coup d’œil, l’image de la Princesse s’était imprimée dans son esprit. Bianca Adorasti dégageait une grâce remarquable, un maintien posé et une auréole de douceur qui ne déparaient en rien son incroyable beauté.

Le secrétaire particulier du Prince déglutit lentement devant la sérénité qui se dégageait de la scène. Il se faisait l’effet d’un bœuf dans un poulailler, pas du tout à sa place mais il était trop déconcerté pour réfléchir posément durant les secondes qui suivirent. A peine put-il reprendre un semblant de contenance en essayant de donner à son visage l’expression la plus impassible qui soit.
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Jeu 16 Nov - 22:48

Après une dizaine de minutes de lecture, Bianca fit la conclusion que cet ouvrage n'était pas intéressant. La princesse leva les yeux vers la pendule de la bibliothèque. Onze heures. Elio ne tarderait plus à la rejoindre pour se rendre au palais Grazziano. Elle se rendait encore mieux compte que la veille, de l'effort que cela avait dû lui coûter pour accepter. Elle penserait à le remercier de nouveau dès qu'elle le verrait.

*Pourvu que cette journée soit calme et sans tension...*

Bianca soupira et rebaissa les yeux sur le livre qui décidément ne l'attirait pas. Elle avait trop en tête de revoir son frère et le rassurer sur son état.

Bianca fit un mouvement pour refermer le livre quand la porte de la bibliothèque s'ouvrit un peu brusquement. Elle tourna la tête vers la source du bruit et vit le secrétaire particulier de son époux qui venait d'entrer. Celui-ci sembla successivement surpris, déconcerté, gêné peut-être ? Puis il reprit son allure habituelle, celle qu'elle lui connaissait depuis qu'elle vivait ici, fière et élégante.

Elle ferma le livre et le posa sur une console de marbre avant de se lever, lui faisant face en souriant légèrement.


"Monsieur Reverti, vous m'avez surprise. Vous courriez pour entrer si vite ? Que se passe-t-il ?" demanda-t-elle simplement.
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Gaetano
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Ven 17 Nov - 0:59

Les yeux de Gaetano suivirent les mouvements de la Princesse alors qu’elle se tournait vers lui. La pomme d’Adam du secrétaire particulier s’éleva pour redescendre un peu plus tard alors qu’il reprenait tout doucement ses esprits. La Princesse se trouvait dans la bibliothèque. Le Prince n’y était pas. La raison voulait donc qu’il s’écarte sans faire d’histoire et la laisse profiter de la tranquillité du moment.

Hélas, cela ne pouvait se faire. La Princesse lui parlait – lui posait une question plus précisément -, et il se devait d’y répondre. Le visage de Gaetano se pencha légèrement sur le côté comme à chaque fois qu’il accordait son attention exclusive à son interlocuteur.


« Veuillez m’excusez ma Dame, vous me voyez confus de vous avoir dérangée. »

Il s’arrêta. Peut-être ne fallait-il pas la déranger avec ses soucis… Le Prince était libre de ses faits et gestes. Qu’était-il pour oser s’ingérer dans ses affaires.

Le toscan se serait sans doute défilé dans les secondes qui suivirent si son orgueil ne s’était pas rebellé. Satané orgueil. Toujours à se manifester quand on n’avait pas besoin de lui. Mais après tout, lui aussi, il était né dans une riche famille. Son père n’était pas comte. Il n’hériterait jamais d’aucun titre mais il n’avait pas à manifester une soumission aussi dévouée au Prince. Il ne lui appartenait pas.

Son regard se durcit une fraction de seconde. Après tout, ce n’était pas de la faute de la Princesse et elle n’avait pas à subir ses états d’âme.


« Je suis à la recherche de monseigneur votre époux. »

Il haussa les épaules comme pour signifier son impuissance. Ce geste avait été involontaire. Se perdant dans la contemplation de la délicieuse silhouette devant lui, il avait perdu le contrôle sur lui-même.

« Excusez-moi encore une fois. Je n’avais pas à vous tracasser ainsi… »

Déjà il effectuait un pas en arrière. Sexe faible… Jamais. De leurs seules présences, les femmes étaient capable d’amener un homme à genoux, pieds et poings liés sans qu’une protestation ne s’échappe de sa gorge.
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Ven 17 Nov - 3:02

Bianca croisa ses mains sur le devant de sa robe et pencha légèrement la tête de côté également en souriant, donnant presque un symétrique de l'attitude de Gaetano.

"Vous ne m'avez nullement dérangée, rassurez-vous." répondit-elle à ses excuses.

D'un geste ample de la main vers la console, elle désigna le livre qu'elle venait de poser.


"Pour tout vous dire, ce que je faisais n'étais guère passionnant." ajouta-t-elle avec un sourire un peu déçu.

Elle plissa légèrement les paupières en regardant l'homme devant elle. Il semblait soucieux, ou contrarié... ou encore en proie à une grande réflexion. Elle ne savait pas. Elle allait réitérer sa question quand il expliqua de lui-même la raison de sa venue dans la bibliothèque du palais.


"Oh vraiment ? Et bien il se trouve que je l'attendais, cela tombe bien. Restez avec moi ici et nous l'attendrons ensemble si vous le voulez bien."

Et sans vraiment lui laisser le choix, elle l'enjoignit d'un geste de la main à s'avancer plus dans la pièce, balayant ses excuses répétées d'un simple sourire.

"J'ignore si mon époux vous a prévenu mais nous sommes conviés chez mon frère, le Prince Grazziano pour souper. C'est pour cela que je l'attendais. Et vous ? Pourquoi le cherchiez-vous ?"
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Gaetano
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Sam 18 Nov - 1:08

En quelques paroles impérieuses accompagnées d’une injonction ferme de la main, la Princesse Adorasti venait d’annihiler l’espoir de Gaetano de sortir de la pièce sans dommage. La nervosité du secrétaire particulier monta d’un cran. Cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait plus connu de femme et ce n’était pas ce jour-là que cela s’arrangerait. La Princesse était intouchable pour quantité de raisons. Les premières étant naturellement qu’elle était mariée et surtout que son époux était l’employeur de Gaetano.

Voilà pourquoi, alors que le toscan obéissant sans broncher à l’ordre donné, son regard évitait soigneusement d’entrer en contact avec la seule représentante du sexe féminin se trouvant dans la pièce.


« Je le cherchais parce que… »

Gaetano marqua un temps d’arrêt. Une hésitation l’étreignait. Ne trahissait-il pas son Prince en parlant ainsi à la Princesse. Les femmes étaient bien connues pour ne savoir retenir aucun secret. Qu’elles soient nobles ou paysannes, elles étaient toutes à mettre dans le même sac. Sa mère et sa sœur, qu’il aimait pourtant tendrement, ne différaient guère du reste de la gente féminine pour ce défaut-là.

Dans le doute, il préféra rester dans le vague. Moins il en disait, mieux le Monde – ou en tous cas la Ca’Adorasti – s’en porterait.


« Parce que monseigneur votre époux et moi nous voyons quotidiennement afin qu’il puisse régler ses affaires et me donner quelques missions à charge, s’allegeant ainsi considérablement son propre horaire. »

Tout en parlant le toscan s’était arrêté. Il faisait à présent face à la Princesse tout en maintenant une distance prudente entre elle et lui, d’au moins trois mètres.

Le secrétaire regarda la porte puis consentit enfin à porter ses yeux sur la Princesse.


« Peut-être devrais-je tout de même aller demander ce qui se passe aux communs. Peut-être que le Prince Elio a eu un empêchement. Vous savez comme moi qu’il est d’une ponctualité rigoureuse. »

En ce moment-là, il n’aurait pas été risqué de parier que Gaetano ne sentait pas à l’aise avec les dames corsetées de la haute société vénitienne, celle-ci en particulier.


(Bougre de moi qui avait édité ce message en lieu et place du suivant... ^^" )


Dernière édition par le Mar 21 Nov - 0:29, édité 3 fois
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Sam 18 Nov - 17:01

Gaetano s'était avancé dans la pièce comme elle l'avait invité à le faire. La princesse lui fit face une nouvelle fois et de nouveau elle le trouva soucieux. Il évitait même son regard alors qu'il s'apprêtait à répondre à sa question. Depuis un an que Bianca était devenue une Adorasti, le secrétaire et la princesse avaient été amenés à se croiser de temps à autres mais à bien y réfléchir, c'était la première fois qu'ils pouvaient discuter en tête à tête. Il était honnête d'avouer que c'était un homme très charmant.

Elle ne remarqua pas le temps d'arrêt que celui-ci fit avant de répondre car elle-même en profita pour détailler un peu plus l'homme qu'elle avait devant elle. Un port élégant, une allure fière, de beaux cheveux bruns assortis à la couleur de ses yeux... un regard intelligent. Même avec la plus mauvaise volonté du monde, Bianca n'aurait jamais pu dire que son époux était laid, mais son secrétaire avait cette chaleur sur le visage que le prince n'avait pas.

Son regard clair se posa un instant sur les lèvres de l'homme quand celui-ci répondit enfin, la sortant de son observation mentale.


"Oui, je vois. Je suis persuadée que vous lui êtes d'un aide précieuse." répondit-elle avec un sourire aimable.

Gaetano jeta alors un regard vers la porte avant de la regarder et d'exprimer une fois encore son inquiétude.


"Monsieur Reverti... Est-ce pour cette raison que vous semblez si nerveux ? Ou y a-t-il autre chose dont vous voudriez me faire part ?" commença-t-elle.

"Il est vrai que monsieur mon mari n'est jamais en retard à quelconque rendez-vous. Mais la soirée d'hier a été mouvementée... je pense que vous en avez été tenu informé... Laissons-lui le temps de se préparer. Cela dit..."

La princesse jeta un coup d'oeil vers la pendule et poursuivit.

".. s'il n'est pas là dans un quart d'heure, oui, nous seront en retard." dit-elle en se souvenant qu'elle devait également recevoir la visite de Maître Barozzi avant de se rendre au palais Grazziano.
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Gaetano
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Dim 19 Nov - 23:14

Nerveux ? Non. Gaetano n’était pas nerveux. Pourquoi serait-il nerveux ? Les gens étaient nerveux quand ils se sentaient en danger ou quand ils se sentaient coupables de quelque méfait. Lui n’était pas nerveux. Il n’avait absolument rien à se reprocher. Et s’il le paraissait, il fallait qu’il se reprenne.

Le regard du secrétaire se durcit. Ses pieds étaient légèrement écartés l’un de l’autre, lui conférant une base stable. Son dos était droit, sa tête haute. Seules ses mains témoignaient de l’agitation qui l’habitait, et encore, il ne faisait que se masser le poignet de sa main gauche. S’il comprenait bien ce que disait la Princesse, ils attendraient ensemble la venue de son époux.

Gaetano hocha de la tête.


« Dans un quart d’heure je demanderai au majordome s’il se trouve encore au palais. »

C’était d’ailleurs ce qu’il aurait du faire immédiatement mais il n’avait pas eu envie de déranger le pauvre homme.

Un quart d’heure. Quinze minutes à rester ici. Il ne parlerait à la Princesse que si elle engageait la conversation. En tant que secrétaire particulier de son mari, il n’avait pas à chercher le contact avec elle. Il ne le ferait donc pas. Regardant autour de lui, il chercha un endroit où s’installer pour passer le temps.

Finalement Gaetano se décida pour la fenêtre. Il se planta devant la grande vitre, croisa ses bras dans son dos et observa le jardin immobilisé par l’hiver. Ce n’était pas ce spectacle paisible, voire morbide, qui allait lui causer des soucis. Si le toscan tournait le dos à la Princesse, ce n’était pas par impolitesse, il agissait comme n’importe quel homme intelligent le ferait, il agissait par instinct de conservation.

C’est alors qu’une petite voix se fit entendre dans sa tête. Certains prétendaient qu’il s’agissait de Dieu. Gaetano lui savait qu’il en allait autrement. Il s’agissait de la voix de sa conscience. Saleté de conscience. Elle venait de lui rappeler les mots que la Princesse avait glissés sur un ton indifférent. Des mots auxquels il n’avait pas plus fait attention que cela. S’il n’avait pas envie de se comporter en rustre, il allait devoir rompre ses belles résolutions nouvellement acquises.


« Comment allez-vous Princesse ? », demanda-t-il après s’être retourné à demi.

« Vous sentez-vous bien ? J’ai entendu dire que vous aviez quitté la soirée de façon fort précoce à cause d’un malaise… »

Une subite inquiétude le prit. Ses sourcils se froncèrent sans qu’il s’en rende compte.


« Princesse ? Ne devriez-vous pas vous reposer ? Peut-être faudrait-il reporter le souper que vous avez prévu avec votre frère… Le Prince di Grazziano comprendrait sûrement. Il pourrait même venir vous rendre visite. »

A peine eu-t-il prononcé ces quelques paroles qu’il les regretta. Ce n’était pas à lui, Gaetano Reverti, aristocrate de second rang obligé de travailler pour gagner sa vie, à se soucier de sa santé. Ce n’était pas son rôle. Pas du tout.
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Lun 20 Nov - 0:40

La princesse regarda, un peu perplexe, Gaetano se tenir toujours un peu plus droit, le regard dur et ses mains s'agitant dans un mouvement qu'elle-même effectuait lorsqu'elle était contrariée. Son regard bleu clair remonta vers le visage de l'intendant quand il lui assura qu'il irait demander au majordome où se trouvait le prince si celui-ci n'arrivait pas dans les minutes qui suivaient. Et puis il ne dit plus rien. Laissant le silence s'installer dans la grande bibliothèque du palais.

Visiblement, Gaetano ne voulait pas en dire plus et restait dans son optique de trouver le prince, occultant le reste de la conversation. Elle le vit même lui tourner le dos pour s'approcher d'une fenêtre et regarder la vue en silence.

Un peu décontenancée et ne voulant pas engager une nouvelle conversation qui tomberait à plat, la princesse se dirigea vers la console pour y reprendre le livre qu'elle avait laissé et se dirigea vers une rangée de volumes pour le remettre à sa place, à peine un mètre à côté de la fenêtre où se trouvait le jeune homme. Elle lui jeta un regard en coin et constata qu'il ne regardait pas vraiment le jardin et que son regard était perdu dans le vague.

Elle allait lui demander s'il allait bien quand ce fut lui qui le fit en premier, se retournant de nouveau vers elle. Surprise par cette question inattendue après le silence qui s'était installé, la princesse se contenta d'hocher doucement a tête avant de comprendre qu'il faisait référence à la veille.


"Oh.. oui c'est exact... il faisait très chaud et la foule se pressait autour de nous... mais je vais bien désormais, ne vous inquiétez pas." ajouta-t-elle en le voyant froncer les sourcils d'inquiétude.

Elle s'avança vers lui en souriant et s'approcha de lui, bien plus près que les trois mètres réglementaires qu'il avait voulu instaurer précédemment. Elle leva son regard clair vers le sien et ajouta d'un ton adouci.


"Vous êtes le premier à me demander de mes nouvelles depuis hier... cela me touche de voir que vous vous souciez de moi, monsieur Reverti."

Puis, concernant ses paroles suivantes lui proposant des idées pour préserver sa santé, la princesse ajouta en souriant, presque amusée.

"C'est une chance que mon époux ne vous entende pas. Les Grazziano ne sont pas les bienvenus Ca'Adorasti monsieur Reverti... et vous le savez... alors ne niez plus que vous êtes contrarié par quelque chose, car votre souci vous fait dire des bêtises."

Elle lui sourit presque tendrement et ajouta.

"Maître Barrozi doit venir me voir d'ici peu pour s'assurer de ma santé."
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Gaetano
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Mar 21 Nov - 0:51

A peine eu-t-il prononcé ces quelques paroles qu’il les regretta. Ce n’était pas à lui, Gaetano Reverti, aristocrate de second rang obligé de travailler pour gagner sa vie, à se soucier de sa santé. Ce n’était pas son rôle. Pas du tout.

Aaah ! Gaetano savait qu’il n’aurait pas du parler ainsi. Non seulement ce n’était pas son rôle de se soucier de la santé de l’épouse de son maître mais en plus, ce n’était clairement pas à lui que la dame en question avait à sourire. Et surtout pas ainsi, de ce genre de sourires qui damnerait un saint. Et ce n’était certainement pas lui qui pouvait prétendre à ce titre-là. Et la voilà qui s’approchait. De trois mètres, la distance s’était réduite à cinquante tout petits centimètres.

Danger ! Danger ! Avait envie de hurler l’esprit enfiévré du secrétaire. A peine eu-t-il la conscience de capter au vol les paroles de la Princesse auxquelles il aurait à répondre.


« Ahm… Non. Je ne nie pas… »

Ce qu’il niait, il n’en savait plus trop rien. Mais la Princesse avait dit qu’il ne devait pas le faire et il s’exécutait… Son regard lui allait de haut en bas, des yeux pétillants de la dame vers son sourire. Parfois il glissait même jusqu’à son décolleté mais aussitôt il se reprenait pour se fixer à des hauteurs plus convenables. Pourtant cela ne l’empêchait pas d’analyser la texture des lèvres de la Princesse Bianca. Elles devaient être aussi douces que la soie…

Les yeux de Gaetano s’agrandirent. La Princesse était bien trop séduisante à son goût. Puisqu’il s’agissait d’un mariage de convenance, pourquoi est-ce que le Prince Elio n’avait pas épousé un laideron aux cheveux gras et au nez crochu ? Là, il n’aurait eu aucun mal à contrôler ses émotions, ou plutôt l’absence d’émotions que la mégère aurait suscité en lui. Mais non ! La Princesse était aussi belle que le jour et il y était décidément bien trop sensible.

Par mesure de sécurité, il se glissa de l’autre côté de la fenêtre, ses mains contre le bord lui servant de repère.


« Je suis certain que le Prince Elio arrivera avec le médecin. Peut-être est-ce pour cela qu’il est absent actuellement, il est sans doute allé le chercher directement. »

Un sourire crispé répondit aux sourires charmeurs de la Princesse.

« Vous avez de la chance d’avoir un époux aussi prévenant. »

A l’instant où il le dit, Gaetano prit conscience de l’énormité qui venait de s’échapper de sa bouche. Bougre d’imbécile ! Il n’aurait pas pu faire preuve de moins de tact. Le Prince Elio était attentionné dans la mesure où la décence l’y obligeait. Ce n’était certes pas l’époux dont rêvait les jeunes filles, encore moins le Prince Charmant. Oh ! Prince il l’était de naissance. Mais ce n’était pas ce doux chevalier se précipitant au secours de sa Belle auquel rêvaient les jeunes filles. Pas envers son épouse.

« Pardonnez-moi Princesse » murmura-t-il à celle-ci tout en s’approchant d’un pas et lui posant la main sur le haut du bras. Ca non plus, il n’avait pas à le faire mais son manque de délicatesse avait été bien pire encore.
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Mar 21 Nov - 22:02

Enfin le secrétaire arrêtait de la persuader que tout allait bien et qu'il n'était pas contrarié. Cependant, la princesse se garda de lui faire préciser en détail son souci. D'une part, ça ne la regardait pas, et d'autre part, elle lui avait fait comprendre que s'il avait besoin de lui en parler, elle était toute disposée à l'écouter.

Il lui sembla, l'espace d'un instant, que le secrétaire particulier du prince ne l'avait jamais regardée d'aussi près car elle vit ses yeux s'agrandir tandis que son regard parcourait son visage.. et peut-être même sa robe. Bianca avait tenue à mettre une robe de cour élégante pour se présenter chez son frère. Elle ignorait tout des goûts de cet homme. Peut-être trouvait-il sa tenue trop riche pour un simple souper ? Peut-être trop décolletée ? Elle cessa de se poser autant de questions inutiles quand le jeune homme glissa de l'autre côté de la fenêtre en lui parlant du médecin.


"Aller le chercher, je ne pense pas... mais il est possible que mon époux tienne à accueillir Maître Barrozi personnellement et dans ce cas, oui nous les verrons arriver ensemble."

« Vous avez de la chance d’avoir un époux aussi prévenant. »

Cette phrase sonna comme un bruit rompant le charme d'une pièce calme. La princesse baissa les yeux sans répondre. Que pouvait-elle dire ? Elle ne pouvait pas approuver totalement, ni même dire le contraire. Gaetano sembla regretter sa phrase car à nouveau il s'approcha d'elle en s'excusant. Elle releva les yeux vers lui, et lui répondit.


"Ce n'est rien monsieur Reverti, je pense que vous avez raison. Le prince Elio se préoccupe de mon confort et de ma sécurité, je n'ai pas à me plaindre."

Elle lui offrit un sourire aimable et recula d’un pas, la faisant se dégager lentement du contact de la main du secrétaire sur son bras. En silence, elle retourna s’asseoir sur le canapé de soie, fixant la pendule d’un air contrarié.
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Mar 21 Nov - 23:13

[Le Couloir menant au Grand Salon-Bibliothèque]

Gabriella ouvrit la porte de la bibliothèque et scruta la salle à la recherche d'un évènement particulier qui donnerait une conversation intéressante digne d'être écoutée aux portes par Di Lorio.

Mais la princesse était assise sagement sur le canapé et le secrétaire du prince se tenait près de la fenêtre. Pas de messe basse derrière l'éventail, pas de cachotteries murmurées à l'oreille, pas de complot en préparation, rien.

Soit elle avait manqué le plus intéressant, soit Luciano devenait sénile avant l'âge. Gabriella s'inclina respectueusement puis annonça.


"Votre Grâce, Maître Barrozi est arrivé."

Son regard se porta ensuite sur Gaetano, pensant qu'il n'allait peut-être pas rester dans la même pièce pendant que le médecin examinait la princesse.

Elle-même prit congé après s'être de nouveau inclinée face à la princesse.


[L'Embarcadère]
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Mar 21 Nov - 23:44

[Le Couloir menant au Grand Salon-Bibliothèque]

La servante ne semblait pas manquer de curiosité non plus. C'était sans doute pour cela qu'elle était entrée vivement dans la pièce et qu'elle avait paru fureter avant de s'en tenir aux conventions d'usage. Lorsqu'elle l'eût annoncé, Muzio pénétra à son tour dans la salle, et une seconde lui suffit pour décréter que c'était la pièce de la maison qu'il préférait.

Son regard se détourna néanmoins des livres, et il s'inclina à son tour face à la Princesse.


« Bonjour Madame. »

Il se releva, avisa l'homme qui se tenait près de la fenêtre et reconnut en lui le secrétaire d'Elio, qu'il avait rencontré la veille aux côtés du poète.

« Monsieur Reverti... » le salua-t-il.

Mais c'est vers Bianca qu'il se tourna:


« Je vous prie d'excuser mon retard, Madame. »

Il n'ajouta pas qu'il 'avait été retardé et que cela ne dépendait pas de sa volonté', d'une part parce qu'il n'avait aucune envie de se souvenir face à la Princesse des circonstances à l'origine de son retard, d'autre part parce que cela semblait évident.

Tandis qu'il s'excusait ainsi, il observa en toute discrétion sa jeune protégée, puisque sa jeune protégée elle était désormais sans le savoir. Elle semblait s'être bien remise de son malaise, et était tout simplement rayonnante dans la robe pâle qu'elle avait revêtu. Une alliance de naturel et de raffinement qui n'était que grâce.

L'image d'une chevelure rousse et d'une robe écarlate se superposa un instant aux couleurs pastel qu'arboraient Bianca.


« Comment vous portez-vous ce matin ? »
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Gaetano
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Ven 24 Nov - 19:17

L’amertume dans les paroles de la Princesse était nettement perceptible si on connaissait un tant soit peu les relations du couple princier. Gaetano avait fait une belle erreur en se mêlant de cette façon d’affaires qui ne le regardaient pas. Que la Princesse se dégage et s’éloigne de lui ne l’étonna donc pas. De toute façon, c’était mieux. La Princesse était une femme inaccessible et par ce geste, elle le lui faisait comprendre.

Le toscan haussa les épaules, ce n’était pas à l’adresse de son interlocutrice, ce n’était à l’adresse de personne en particulier, mis à part lui-même peut-être.

La porte s’ouvrit alors, une jeune servante aux cheveux blonds entra. Un sourire doté d’une pointe de mélancolie effleura la bouche du secrétaire. La sagesse lui conseillerait de s’attaquer à cette jeune demoiselle plus qu’à Bianca sur son piédestal, la Princesse à jamais inaccessible. Gaetano ne se sentait pas l’âme d’un chevalier courtois.


*Tiens… Le médecin est seul.*

Le Prince n’était donc pas allé le chercher. Où pouvait-il bien être ? Sans doute n’était-il même pas à la Ca’Adorasti. Son regard s’attacha à la personne du praticien. Il se souvenait de lui, ils s’étaient rencontrés la veille. Au cours du divertissement musical qui n’avait sans doute diverti que peu de monde. D’une part cet horrible énergumène cynique et arrogant, d’autre part, l’évanouissement de la Princesse.

Il répondit à ses salutations d’un hochement de tête.


« Maître Barrozi. »

Il se tourna alors vers la Princesse et s’inclina à son tour. Il était temps pour lui de quitter la pièce comme en témoignant la présence d’un maître de la santé. La Princesse n’était plus seule et il avait du même coup retrouvé sa liberté. Etonnant comme la présence de deux tiers influait calmement sur ses nerfs trop agités.

« Excusez-moi Princesse, je vais aller m'enquérir de votre époux »

C’était la seule chose qu’il pouvait faire. Si le médecin lui permettait de sortir du palais, nul doute que la Princesse n’aurait qu’une envie, celle de rejoindre le palais de son frère. Il sortit de la pièce sans attendre plus en avant.

[Les communs]
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Ven 24 Nov - 21:53

L'entrée un peu vive d'une servante leur fit tourner la tête vers la porte, à elle comme au secrétaire du prince. Gabriella sembla chercher quelque chose avant d'annoncer la venue du médecin.

La princesse se releva et tendit le cou pour tenter d'apercevoir la grande silhouette de son époux dans le couloir, mais il n'y avait personne d'autre. Sûrement restait-il en retrait le temps que Maître Barrozi ait fini sa visite. La matinée était déjà bien avancée et Bianca espérait qu'ils ne perdraient désormais plus de temps. La hâte de revoir son frère la rendait impatiente.

Gaetano sembla avoir lu dans ses pensées car il prit congé, lui assurant qu'il allait chercher son époux. La princesse hocha la tête et lui sourit.


"Merci monsieur Reverti."

Une fois soulagée sur ce point, la princesse se tourna vers le médecin qui venait de la saluer. Celui-ci semblait toujours aimable et disponible. Il n'y avait décidément rien de comparable avec Maître Tréviano, son prédécesseur.

"Maître Barrozi, je vous attendais." dit-elle en souriant.

"Vous êtes tout pardonné, j'imagine bien que vos obligations vous prennent du temps." répondit-elle l'air aimable.

La princesse lissa sa robe et se rassit sur le canapé, posant ses mains sur le tissu de sa jupe.


"Je vais bien, je vous remercie." répondit-elle simplement, espérant que l'examen ne durerait pas trop longtemps.
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Sam 25 Nov - 0:07

Muzio resta impassible lorsque Gaetano annonça qu'il partait à la recherche d'Elio. Il se sentit vaguement coupable mais verrouilla fermement sa pensée pour l'empêcher de vagabonder par là.

Lorsqu'il se retrouva seul face à la Princesse, Muzio s'avança vers le canapé et déposa sa trousse sur le sol. Bianca attendait sagement, et il commença par lui prendre le pouls, tout en cherchant désespérément quoi dire. Il savait d'expérience que le silence durant une consultation était paralysant pour le patient. La Princesse semblait calme, peut-être un peu fatiguée, mais en parfaite santé. Muzio releva les yeux vers elle et lui sourit:


« En effet vous semblez très bien remise. Je crois que je ne vous priverai pas du plaisir de voir votre frère... »

Votre frère qui s'inquiétait de vous, Madame, qui vous croyait manipulée, droguée, maltraitée. Par votre époux. Votre époux qui avait bien plus besoin d'un médecin que vous en ce moment et qui, s'il avait des torts, en était peut-être puni.

Mais Muzio ramena rapidement sa pensée dans le droit chemin - ou du moins dans le chemin qu'il s'était fixé pour la matinée -. Par pur professionnalisme, il s'enquit encore de la température du front de Bianca, et fut bientôt convaincu que l'état de celle-ci n'avait plus rien d'inquiétant. Ce qu'il lui annonça en se redressant:


« Et bien non, je ne vois rien d'alarmant. Ne vous surmenez pas, mais vous pouvez vaquer à vos occupations. »

Il croisa son regard et une vague de culpabilité le submergea. Elle allait attendre désespérément son époux avant de se résigner à partir... Sauf si Elio s'occupait réellement de faire donner de ses nouvelles ainsi qu'il l'avait dit. Muzio s'était reculé d'un pas, et ses yeux parcoururent les rayonnages de livres sans les voir vraiment. Il lui restait un aveu à faire qu'il ne savait comment introduire.

« Votre frère m'a prié hier soir d'assister à ce souper, cela peut vous sembler contrariant j'en suis désolé je... tenais à vous le dire. »
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Dim 26 Nov - 1:13

Bianca se laissa de bonnes grâces aux soins du médecin qui vérifiait son pouls et autres gestes divers qu'elle put mieux observer que la veille étant donné qu'elle avait, cette fois, l'esprit plus clair. Il semblait concentré car il ne parlait pas. L'attente du verdict ne se fit pas trop attendre, le médecin lui assurait qu'elle pourrait se rendre chez son frère sans aucun problème.

"Je vous remercie, Maître Barrozi." dit-elle en souriant.

"Je vous promet ne pas trop faire d'efforts et de me reposer dès que j'en éprouverai le besoin." ajouta-t-elle pour rassurer Muzio.

La princesse se releva et arrangea un pan de sa robe avant de regarder de nouveau Muzio. Celui-ci avait l'air d'apprécier la pièce. C'était un peu normal, un homme comme lui avait dû lire nombre d'ouvrages pour pratiquer sa profession.

C'est alors qu'il se retourna de nouveau vers elle, l'air légèrement gêné ou contrarié, pour lui dire qu'il était lui-même invité au souper du prince Ugo.


"Oh mais non, rassurez-vous, au contraire. Mon frère a eu là une excellente initiative. Monsieur Reverti va certainement revenir très vite accompagné de mon époux, nous irons donc ensemble au palais de mon frère. Et vous pourrez le rassurer vous-même de ma santé." s'enquit-elle avec enthousiasme.

La princesse s'approcha de la porte de la bibliothèque et l'ouvrit. Jetant un coup d'oeil dans le couloir et, ne voyant personne attendre, la laissa ouverte pour signifier que l'examen du médecin était terminé. Elle était prête à partir voir son frère.
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Dim 26 Nov - 23:01

L'amabilité n'était pas la qualité qui manquait à la Princesse. Muzio s'était senti un peu plus léger lorsqu'elle lui avait assuré que sa présence ne lui serait pas pénible, car son sourire ne semblait pas feint. En revanche le coeur du médecin fit un petit bond quand Bianca évoqua joyeusement l'arrivée prochaine de son époux, mais il resta parfaitement impassible. Tant que le secret ne porterait gravement atteinte à personne, il serait gardé.

La Princesse s'étant éloignée pour ouvrir la porte, Muzio n'eut rien à répondre et ce n'était pas plus mal. Il s'approcha des livres et en parcourut les titres du regard. Une grande diversité. Lui possédait essentiellement des traités de médecine, quelques livres de philosophie, et quelques romans aussi, qu'il n'avait pas lus depuis une éternité.

Son regard fut porté doucement vers l'une des larges fenêtres, et il fit deux pas pour mieux voir dehors. Paisible. Quelques plaques de neige fondaient lentement sous le soleil, les branches nues attendaient, immobiles... L'hiver. L'attente. Il devait être bon d'être assis sur ce banc, là-bas. Et de s'en lever brusquement, de courir dans l'allée déserte. Un éclat de rire, une musique...

Un bruit dans la pièce ramena brutalement Muzio à la réalité. Il se retourna vers Bianca et esquissa un sourire:


« Comme tout est calme... »

Cela n'exigeait aucune réponse... L'attente.
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Jeu 30 Nov - 21:37

La bibliothèque était silencieuse. Le médecin observait le jardin par la fenêtre. Bianca, elle, surveillait la pendule qui avançait trop vite à son goût. Elle retourna près de la porte et regarda dans le couloir. Quelques domestiques passaient de temps à autres mais pas d'Elio en vue.

Bianca soupira et revint au centre de la pièce, se frottant nerveusement les mains. Un nouveau coup d'oeil vers la pendule. Cette fois ils étaient en retard. Son frère allait certainement penser que Maître Barrozi avait décrété que son état de santé ne lui permettait pas d'aller le voir.

Et monsieur Reverti qui ne revenait pas. Bianca faisait les cent pas, regardant de nouveau dans le couloir. La voix de Muzio la fit se retourner vers lui.


"Oui, tout est calme... un peu trop je dirais.. Je ne comprend pas, mon époux devrait être déjà là." dit-elle, visiblement inquiète.

Gaetano avait raison. Elio n'était jamais en retard. Et s'il n'avait pas voulu se rendre à ce souper, il le lui aurait dit la veille.
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Ven 1 Déc - 21:33

La Princesse avait perdu sa joyeuse assurance. Le temps de la rêverie du médecin, elle était devenue impatiente et inquiète. Muzio se sentait coupable, oui, bien sûr. Il revit le Prince inconscient et perdant lentement son sang, le Prince ouvrant les yeux et retrouvant son autorité naturelle avec ses esprits, le Prince... tendre.

Pouvait-on le blâmer de ne pas aimer la femme qu'on lui avait assignée ? Non, évidemment. Pouvait-on lui reprocher des sentiments pour une autre femme ? Non. Muzio lui reprochait pourtant quelque chose, il le sentait. Il se risqua à creuser un peu - oh, juste un peu - ses pensées. Elio Lacryma Adorasti pouvait faire preuve d'abnégation. Repousser celle qui assaillait sa tête, son coeur, son corps peut-être. Le médecin se pinça mentalement; où diable allait-il chercher ces réflexions et de quel droit les formait-il ? Il reprit plus prudemment. Mais il sentait bien qu'il ne serait bientôt plus qu'un vieillard et que déjà il était moraliste. Que valaient les mots d'un homme seul ?

Muzio tourna la tête comme pour détourner le regard d'un miroir qui n'était pas. Il ne savait pas vraiment éclaircir ce qu'il reprochait au Prince Adorasti. Ce qu'il savait, c'était que Bianca était déçue comme un enfant qui attend en vain la présence promise.

Il lui semblait dégouliner de l'intérieur, lentement, de telle façon qu'il se sentait du dégoût pour lui-même. Il laissa passer un court instant de silence, car il n'était pas de son ressort de rassurer ni d'émettre une quelconque opinion. Mais il suggéra discrètement:


« Peut-être qu'un message à Monsieur le Prince di Grazziano indiquant un petit retard le rassurerait sur votre venue... »
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Mer 6 Déc - 22:58

[Le Grand Salon]

Gabriella frappa quelques coups à la porte menant à la bibliothèque du palais et attendit l'autorisation avant d'entrer. Le médecin et la princesse semblaient discuter en attendant l'heure de partir. Visiblement l'examen de la princesse était fini. Gabriella se tourna vers elle est s'inclina avant de lui demander.

"Votre Grâce, le Père Chiaramonti demande à être reçu, souhaitez-vous le voir ?"

Elle attendit la réponse avant de laisser Giacinto entrer puis, entendant que quelqu'un se présentait à la porte, elle s'inclina de nouveau et sortit de la pièce, maudissant d'avance la personne qui l'empêchait d'en savoir plus sur la disparition du prince.

[Embarcadère]
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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Ven 8 Déc - 0:57

[Le grand Salon]

Le jeune jésuite était entré à la suite de Gabriella, mais nettement moins sûr que la jeune fille. Il l'avait suivie mais ne savait absolument pas ce qu'il devait faire. Il se sentait très perdu en fait...
Quand en plus la jeune servante quitta la pièce et qu'il se trouva seul face à la Princesse et au médecin, il se demanda réellement ce qu'il faisait là.

Il se sentit rougir légèrement et s'inclina un peu gauchement.


"Princesse... Docteur... Je..."

Il fallait qu'il se ressaisisse. Ses années de bonne éducation et son passage au séminaire finirent par reprendre le dessus.

"Je suis venu vous remercier, vous, Princesse, ainsi que votre époux, pour la soirée à laquelle vous avez eu la bonté de m'inviter. J'ai été très heureux de pouvoir faire la connaissance de votre frère à cette occasion..."

Il avait adressé au moment où il prononçait ces mots une courte prière "Seigneur, pardonnez-moi ce mensonge. Qui n'en est pas vraiment un d'ailleurs. Parce que je voulais vraiment les remercier..."
Il était parti la veille avant que Bianca ne s'évanouisse, il ne savait rien de l'incident, et ne lui demanda donc pas de ses nouvelles. Il se demandait d'ailleurs un peu ce que Maître Barrozi (à qui il avait adressé un léger sourire en entrant) faisait là.
En revanche, il finit par remarquer que la Princesse semblait toute prête à partir. Il eut un léger sourire d'excuse.


"Mais excusez-moi Princesse. J'arrive peut-être au mauvais moment, vous étiez en train de partir ?"
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Ven 8 Déc - 2:17

A chaque pas résonnant dans le couloir, Bianca tendait l'oreille et jetait un regard vers la porte donnant sur le couloir. Mais c'était chaque fois un faux espoir.

A l'heure qu'il était désormais, ils auraient dû être en route ou même en train d'accoster à l'embarcadère du palais de son frère. Elle aurait été ravie à l'idée de revoir Ugo et de passer un agréable moment chez lui mais non. Au lieu de cela elle faisait les cent pas dans cette bibliothèque en train de se demander ce que son époux pouvait bien être en train de faire pour être aussi long. L'idée qu'Elio fasse exprès de la faire attendre et d'arriver plus tard chez les Grazziano lui effleura l'esprit mais elle s'efforça de chasser cette pensée absurde. En revanche, elle se remémora très bien la réflexion qu'il lui avait faite la veille comme quoi les femmes étaient longues à se préparer.

Bianca soupira en se tordant les mains, partagée entre la colère et l'inquiétude. Elle se tourna de nouveau vers Muzio quand il lui suggéra d'envoyer un message à son frère concernant leur retard. Elle n'eut pas le temps de répondre qu'une servante entra pour lui demander si elle pouvait recevoir le prêtre. La princesse hocha la tête et regarda le Père Chiaramonti entrer dans la bibliothèque.


"Mon Père..." le salua-t-elle avec un léger sourire.

Celui-ci semblait un peu mal à l'aise mais finit par lui exprimer ses remerciements quant à la soirée de la veille.


"Cela me fait plaisir que cette soirée vous ait plu, mon Père. Mais vous devriez plutôt remercier mon époux, c'est lui qui a eu l'idée de ce divertissement." répondit-elle aimablement.

De nouveau gêné, il lui formula des excuses. Bianca soupira et se tourna de nouveau vers la pendule avant de regarder de nouveau l'homme d'Eglise.


"Et bien nous nous apprêtions à partir, effectivement... mais mon époux semble se faire désirer..." ajouta-t-elle en jetant un regard désorienté vers le médecin.
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Ven 8 Déc - 23:34

La Princesse n'eut pas le temps de lui répondre, la petite servante entrait de nouveau mais... ce n'était pas pour donner des nouvelles d'Elio. Muzio sentit la colère monter sourdement en lui. On lui demandait le silence, certes, mais alors qu'on respectât ses engagements ! Le Prince était blessé et faible, oui, mais il avait indiqué qu'il s'occupait de donner de ses nouvelles. Or il laissait là le médecin dans une situation très inconfortable.

Heureusement, le nouvel arrivé était le Padre, et Muzio se calma immédiatement à sa vue. Cet homme lui plaisait profondément. Il lui sourit.


« Bonjour Père... »

Mais immédiatement, en entendant sa voix, il se sentit sale. Sale d'un secret qu'il détenait et autour duquel tout le monde cherchait désespérément. Oui le médecin se sentait coupable de se taire face à l'inquiétude de Bianca, et de bien d'autres encore, sans doute. Lorsqu'il croisa le regard un peu perdu de la jeune Princesse, Muzio dut mobiliser toute sa maîtrise pour rester coi.

Il fit un pas vers la Princesse, mais s'arrêta. Il avait pensé écrire à Elio Adorasti sur-le-champ pour le prier de régler cette affaire, mais il aurait fallu avouer, même à un valet, qu'il savait où se trouvait le Prince et cela compromettait la situation de ce dernier.

Muzio ! Une voix tonna dans sa tête, et il faillit en sursauter. La voix qu'avait sa mère lorsqu'elle allait le gronder. Muzio n'avait jamais su faire face à un regard déçu. Muzio ! Avoue, cela ne compromet pas 'que' la situation du Prince, n'est-ce pas ? N'est-ce pas plutôt pour toi que tu as peur ?

Non, non... Il protesta faiblement contre cette voix sévère. Son coeur battit plus vite, il se sentit même un peu mal. Le secret était trop lourd... Mais non, le médecin se reprit. Il prenait cette histoire trop au sérieux. Qu'y avait-il finalement ? Une bagarre, un blessé, un amant, un secret. Une épouse trop jeune et inquiète. Un médecin lâche. Qui se savait d'autant plus lâche qu'il était entouré des deux personnes les plus honnêtes peut-être de la ville.

Une jeune femme, jeune épouse, jeune convalescente, et deux hommes dans la force de l'âge. Qui devait rassurer l'autre ? Qui devait incarner la présence assurée, tranquille, apaisante ?

Et Reverti qui ne revenait pas. Peut-être, lui, ramènerait-il des nouvelles du Prince ?

Muzio fit un pacte avec sa conscience. Si le secrétaire revenait bredouille, il agirait. Mais Elio était trop intelligent pour ne pas se soucier des réactions de sa maisonnée, n'est-ce pas ?


« Même les plus ponctuels se laissent parfois piéger par le temps... Il me semble qu'il nous faut avant tout attendre le retour de Monsieur Reverti... »

Il avait tenté de dédramatiser sur un ton tranquille en faisant un pas vers la Princesse, mais il ne s'illusionnait pas lui-même. Au côté à présent de Bianca, il se tourna vers le Padre en maîtrisant son regard. Le prêtre devait avoir l'habitude des yeux coupables.
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