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 La Bibliothèque

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Gabriella Delmonti
Servante - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Sam 9 Déc - 3:10

[L'embarcadère]

Gabriella était déjà de retour après à peine quelques minutes d'absence. Elle entra après avoir frappé quelques coups discrets sur la porte et s'inclina de nouveau devant la princesse.

"Votre Grâce, une certaine... Algriwa d'Alep s'est présentée à l'instant et dit être attendue. Je l'ai faite patienter au salon."

Bianca scruta les visages des personnes présentes pour essayer d'en savoir un peu plus sur la situation actuelle mais elle n'arriva pas à déchiffrer un quelconque message dans les visages tendus devant elle.

La jeune servante se tourna alors vers le Père et lui lança un regard appuyé pour lui demander s'il avait parlé à la princesse de la disparition de son époux.


[La Chambre d'Awrigha]
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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Dim 10 Déc - 22:35

Giacinto écoutait en souriant tout en se posant une série de question sans réponse. Est-ce que c’était vraiment à lui de se mêler de ces affaires ? N’était-ce pas être trop brutal que de dire directement à la Princesse que son mari n’avait pas dormi ici cette nuit ? En même temps, il ne pouvait pas le lui cacher… Mais si le prince n’avait rien mais avait oublié le temps dans les bras d’une bonne amie ? Mais il n’allait quand même pas chercher à camoufler ce genre de comportement… Oui, bon, il l’avait déjà fait de nombreuse fois, mais c’était sous le saut de la confession, c’était différent. Mais peut-être que le Prince était vraiment en danger ? C’était le plus probable tout de même, il n’avait pas le genre à se comporter à la légère…

Enoué dans les fils de sa conscience, de son devoir et des hypothèses diverses et variées de ce qui pouvait s’être réellement passé, Giacinto ne remarquait absolument pas le regard peut-être coupable de Muzio, et allait sans doute répondre une banalité de plus histoire de gagner un temps qui ne lui servirait à rien puisqu’il n’arriverait pas plus à trouver une solution. Mais Gabriella revint et lui envoya un regard lourd de signification. Cela trancha d’un coup le nœud gordien de ses réflexions.


"A vrai dire, c’est vraiment un très mauvais moment, si vous avez de la visite en plus, mais… Je ne sais comment dire, Madame, mais en arrivant, j’ai demandé à voir votre époux, Mademoiselle ici présente est partie à sa recherche et s’est rendue compte qu’il n’avait pas dormi au palais. Ce qui l’a beaucoup inquiété, car cela ne serait pas dans ses habitudes… "

Il avait parlé d’une voix la plus douce possible, ménageant beaucoup de simplicité et de calme, comme s’il s’agissait de quelque chose de bénin, de manière à provoquer le moins de panique possible chez la jeune femme. Néanmoins il était assez gêné de ce rôle qui lui incombait et lissait, gêné, un pli de sa soutane.

"J’avais espéré que peut-être, vous saviez… Mais… Cela est sans doute un imprévu… ?"
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Bianca Grazziano Adorasti
Princesse - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Dim 10 Déc - 23:54

Perdue dans sa propre inquiétude, Bianca ne remarqua en rien le trouble qui saisissait le médecin. Mais elle entendit parfaitement sa phrase rassurante qu'elle tâcha de prendre en considération. Il avait raison, il fallait tout d'abord attendre le secrétaire particulier du prince, lui-même parti chercher son époux.

La servante revint alors pour lui annoncer une visite. Ce n'était pas vraiment le moment, mais Bianca n'en montra rien. Elle se devait de recevoir les invités et d'être toujours gracieuse et aimable. La princesse hocha la tête pour signifier qu'elle avait pris en compte la demande et s'apprêta à prendre temporairement congé des deux hommes quand le Père prit la parole pour ajouter quelque chose.

Bianca se tourna vers lui avec un sourire et l'écouta. Son sourire s'effaça au fur et à mesure des paroles de l'homme d'Eglise. A vrai dire, la princesse en revenait à peine. Le Père Chiaramonti lui annonçait, d'une voix douce et aimable, que son époux avait découché. Après un instant de flottement, la princesse arriva à articuler.


"Non... je l'ignorais." dit-elle en jetant un regard de reproche à Gabriella qui, selon elle, aurait dû le lui annoncer elle-même avant toute chose. Que ça soit le Père qui le lui annonce et non un domestique de sa propre maison lui paraissait surréaliste.

Deux pensées germèrent alors dans son esprit face à cette révélation. Soit son époux, qu'elle savait aimer les promenades nocturnes pour l'avoir surpris quelques rares fois, avait eu un accident regrettable qui l'empêchait de revenir -cette perspective lui donna un frisson d'horreur à l'idée de se retrouver veuve si tôt-, soit il était allé retrouver une maîtresse, ce qui n'était guère mieux.

Bianca inspira deux grandes bouffées d'air comme si elle étouffait. Si sa deuxième hypothèse se révélait juste, la princesse venait de subir une humiliation devant les deux hommes. Se reprenant, Bianca redressa la tête et regarda Giacinto.


"Mon Père, je vous remercie de votre.. honnêteté." dit-elle avant de se tourner vers Gabriella.

"Allez chercher monsieur Reverti, je vous prie." lui ordonna-t-elle.

La princesse se tourna enfin vers Muzio et força un sourire bref.


"Je n'en ai pas pour longtemps." dit-elle avant de tourner les talons et sortir de la bibliothèque.

[Le Grand Salon]
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Muzio Barrozi
Médecin
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Mar 12 Déc - 21:33

Les mots que prononça le prêtre glacèrent Muzio et le soulagèrent en même temps. La Princesse savait, maintenant. Enfin... évidemment, elle ne se doutait pas que son époux avait été gravement blessé et s'était réfugié chez une courtisane plutôt que chez lui. Mais la présente révélation avait suffisamment réussi à déstabiliser Bianca, et Muzio, après avoir été tétanisé un instant, de honte et de gêne, fit un pas vers elle comme pour la soutenir si elle défaillait.

Mais la Princesse se reprit d'elle-même et le médecin se contenta de ne pas la quitter des yeux, craignant que la nouvelle ne fragilisât trop la jeune femme. Lorsque celle-ci prononça le mot d'"honnêteté", il serra les mâchoires. La Princesse d'abord, qu'il fallait épargner. Ses remords de lâche, plus tard. Il était trop tard.

Bianca sembla deviner son inquiétude puisqu'elle lui assura qu'elle revenait vite. Il lui répondit par un signe de tête respectueux qui indiquait qu'elle n'était pas dégradée par l'absence de son mari à son insu.

Lorsque la servante eût à son tour quitté la pièce, envoyée par la Princesse, le médecin se retrouva seul face à Giacinto, et dut faire appel à tout son courage pour oser le regarder en face. Et le regard de celui-ci semblait lui ôter une bonne partie de sa culpabilité. Etait-il en règle avec sa conscience ? Il ne le savait pas très bien. C'était sans doute la première fois de sa vie que le secret professionnel causait de telles batailles intérieures chez lui.

Il détacha son regard des yeux du prêtre, et le promena distraitement sur les objets qui l'entouraient, avec cette petite gêne qui vient chez un homme qui a surpris l'intimité d'une femme.
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Romana L
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Mar 12 Déc - 22:56

Mercredi 5 février 1744 - Premier post de la journée

La porte de la bibliothèque s'ouvrit sans bruit et Romana pénétra dans la pièce, discrète apparition qu'annonçait à peine le froissement de sa robe. La présence des deux hommes l'embarrassait, elle eût préféré trouver Bianca. Elle n'était venue que pour reposer un livre, et craignait d'avoir interrompu une conversation.

Elle s'inclina devant le prêtre et salua Maître Barrozi. Ce dernier était sûrement venu voir Bianca à la demande d'Elio, et la présence du premier était elle aussi certainement liée à la santé de la princesse. Elle ne savait si elle arrivait au mauvais moment, mais elle leur trouva un air.. soucieux ?


"Messieurs, j'espère ne pas avoir interrompu votre conversation. Je venais simplement ranger un livre..." dit Romana, et joignant le geste à la parole, elle reposa "Les Guêpes" d'Aristophane entre Aristarque et Aristote.

"La princesse se porte-t-elle mieux ?, demanda-t-elle au médecin. Sauriez-vous où je peux la trouver ?"
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P.Giacinto I. Chiaramonti
Père Jésuite
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Mer 13 Déc - 0:48

La Princesse et la servante ayant quitté les lieux, Giacinto s'était presque machinalement laisser tomber sur un fauteuil. Il détestait l'idée d'avoir à être celui qui annonçait à la Princesse que son mari était absent. Il détestait l'idée d'avoir eu à le faire devant lui-même et devant le médecin, même si celui-ci était un homme plein de délicatesse et de tact.

Il avait murmuré presque plus pour lui-même que pour le médecin une petite phrase toute bête.


"Si seulement les hommes étaient plus raisonnables..."

Mais il n'avait pas eu le temps de réfléchir plus à ce qui venait de lui échapper. Une autre jeune femme, la demoiselle de compagnie s'il ne se trompait pas, venait d'entrer. Immédiatement, il se releva ainsi que le voulait la bienséance.
Il fit un bref salut, et après avoir jeté un regard au médecin répondit.


"La Princesse se trouve dans le Grand Salon je crois. Elle accueille une invitée. Elle nous a assurés de son retour imminent..."

Les mots semblaient si vides de sens. Toute cette histoire était absurde.
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Mer 13 Déc - 21:09

Muzio s'était approché des rayonnages de la bibliothèque pour se donner une contenance, et n'avait pas réagi à la réflexion du prêtre. Ses mots en revanche dansaient lentement dans l'esprit du médecin, comme une ritournelle, mais il ne s'attachait pas vraiment à leur sens. Un froissement de tissu le fit se tourner vers la porte et l'apparition amena un sourire sur ses traits tendus.

Il s'éloigna un peu des ouvrages tandis que Romana reposait le sien. Le prêtre s'était chargé de répondre à une question de la Dame de compagnie, et Muzio rassura cette dernière:


« La Princesse se porte à merveille. »

Les mots s'étaient à peine échappés de sa bouche qu'il sentit l'ampleur de la maladresse, et s'empressa de rectifier:

« Enfin, je veux dire... Elle est en bonne santé. Elle s'est tout à fait remise. »

Sa voix était restée suffisamment calme pour ne pas trop éveiller les soupçons de Romana, mais il avait bien fallu gommer l'incongruité de ses premiers propos. Comme si Bianca pouvait se porter à merveille: elle avait peut-être été droguée, avait été prise d'une malaise la veille, avait attendu son époux avec angoisse, avait appris son absence publiquement, devait retarder son arrivée chez son frère et, en attendant, se devait de recevoir les invités des Adorasti.

Si les circonstances avaient été différentes, il aurait sans doute profité de la présence de Romana pour s'enquérir du Prince avec inquiétude. Mais évidemment, les circonstances n'étaient pas différentes.

Muzio se demandait vaguement comment ils allaient passer le temps en attendant Bianca, eux les trois calmes, lorsqu'une idée lui vint en croisant le regard du prêtre. Celui-ci avait demandé à voir Elio. Soit. La jeune fille était partie à sa recherche. Normal. Ne l'avait pas trouvé. Logique. En avait averti le prêtre. Evidemment. Mais voilà, pourquoi le-dit prêtre n'était-il pas parti pour revenir plus tard ? Pourquoi était-ce lui qui venait annoncer l'absence d'Elio à son épouse ? En clair, que venait faire exactement Giacinto et que savait-il ? Un prêtre peut tout savoir. Un prêtre est tenu au secret.

Le médecin le regarda un instant encore, puis détourna les yeux. Le silence devenait légèrement pesant. Légèrement pesant... Ce que la langue vous faisait dire ! Bon, penser. Mais que dire ? La présence de Bianca remplacée par celle de Romana... L'atmosphère restait un peu la même. Le trio infernal. Il eut un sourire contrit.
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Ven 15 Déc - 14:10

[Grand Salon]

Les pas légers, quoiqu'un peu nerveux, de la princesse se firent entendre et précédèrent son entrée dans la bibliothèque. Le court trajet entre les deux pièces avait suffi à lui faire perdre le sourire qu'elle s'était efforcée de donner à cette nouvelle invitée peu ordinaire. Cependant, elle s'efforça de nouveau à paraître souriante dès qu'elle regagna le petit groupe silencieux.

"Bonjour Romana." dit-elle de sa voix douce à sa dame de compagnie.

Bianca serrait toujours la lettre d'Elio dans sa main, sûrement un peu fort car les jointures de ses doigts étaient légèrement blanchies. Des deux hypothèses qu'elle avait échafaudées en apprenant l'absence de son époux, celle de l'accident n'était plus valable puisqu'elle savait désormais qu'Elio se portait bien. Elle ne voyait pas qui, à Venise, pouvait le retenir pour une affaire imprévue à part les bras d'une autre femme, ce qui était certainement pour lui toujours plus intéressant que de se rendre chez la famille "ennemie".

La princesse soupira. Finalement ce n'était pas si étonnant que cela étant donné le peu d'intimité qu'elle lui accordait. Bianca sortit difficilement de ses pensées incertaines et regarda vers la porte, une fois de plus.


"Monsieur Reverti n'est toujours pas venu ? Nous attendrons qu'il soit là et nous pourrons partir." dit-elle à l'intention du médecin et de Romana en se tournant vers cette dernière.

"Vous avez été prévenue de l'invitation de mon frère, n'est-ce pas ?" lui demanda-t-elle, soudain prise d'un doute.
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Romana L
Invité



MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Dim 17 Déc - 23:07

"Je suis ravie d'apprendre que la princesse se porte mieux. Je fais confiance à votre jugement." répondit Romana.

Cependant le "à merveille" de Barrozi sonna faux aux oreilles de la Dame d'Honneur, d'autant plus que le médecin semblait s'être lui-même aperçu que quelque chose clochait, car il s'empressa de corriger sa phrase. Et pourquoi Bianca ne se porterait-elle pas comme un charme ? La perspective d'un repas chez son frère aurait dû suffir à ensoleiller sa journée. La jeune femme eut la désagréable impression que quelque chose lui échappait, qu'elle n'arrivait à saisir mais qu'elle percevait sourdement.

D'ailleurs, il y avait autre chose qu'elle ne parvenait pas à comprendre, mais cette fois elle pouvait mettre un nom sur le phénomène : Giacinto. Que faisait le padre ici et à cette heure ? Etait-il simplement venu s'enquérir de l'état de santé de Bianca ? Dans ce cas c'était fort aimable à lui, mais guère indispensable. Légèrement agacée par cette atmosphère lourde de non-dits, Romana secoua la tête comme pour sortir de la torpeur qui était tombée sur leur trio. Il n'y avait rien d'étrange dans la visite du padre. C'était elle qui cherchait des explications là où il n'y avait pas à en avoir.

On attendait le retour de Bianca, figés dans un silence poli. On pouvait presque percevoir une légère impatience dans l'air, comme si l'arrivée de la princesse pouvait les délivrer de l'enchantement dans lequel ils étaient plongés. Un vrai conte de fée, où la princesse remplacerait le chevalier. Voilà qui était amusant !

Le cours sinueux des pensées de Romana fut interrompu par l'arrivée effective de la princesse.


"Bonjour Madame."

La princesse arrivée, c'était maintenant au tour de M. Reverti de se faire attendre. Lorsque Bianca lui demanda si elle était au courant de l'invitation, Romana eut une hésitation. Officieusement oui, mais c'eût été reconnaître que les murs avaient des oreilles, Ca Adorasti... et ce en présence d'étrangers !

"J'ai eu vent de la nouvelle ce matin, mais je n'ai encore vu personne qui ait pu me la confirmer avant vous. Je suis de toute manière prête à partir." répondit la Dame d'Honneur.


Dernière édition par Romana Lacryma Baldini le Mer 20 Déc - 22:15, édité 1 fois
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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Lun 18 Déc - 14:41

La Princesse avait visiblement reçu des nouvelles qui la satisfaisaient. Du moins qui lui permettaient de prendre la décision d'aller voir son frère sans attendre son mari.

Giacinto sortit de sa ceinture une vieille montre toute cabossée qui faisait partie des rares objets, sans valeur, qu'il possédait. Il se faisait tard.
Il s'inclina poliment devant Bianca.


"Veuillez m'excuser, Princesse. Je n'étais venu que pour vous remercier, et revoir l'un de vos gens qui m'avait demandé la veille. Je suis désolé de vous avoir dérangée plus longtemps que nécessaire..."

Le regard du jeune prêtre était clair et il voulait dire, plus que n'importe quelles paroles, qu'il ne jugeait rien de la situation, situation qu'il n'avait d'ailleurs sans doute pas comprise comme Bianca...

Il s'inclina de nouveau, devant Bianca et Romana, fit un signe à Muzio. Puis très naturellement, il s'effaça et s'en alla, retrouvant seul le chemin pour sortir.


[Exit]
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Jeu 21 Déc - 0:57

Muzio salua le prêtre qui s'en allait et reporta son regard sur Bianca. La première chose qu'il avait remarquée lorsqu'elle était revenue: le papier. Cette vue lui ôta un poids immense et il se sentit immédiatement plus lui-même. Mais la Princesse semblait plus attristée, blessée peut-être, que soulagée... Elio avait-il eu la cruauté de faire percer la nature de sa compagnie à travers sa lettre ?

Dans tous les cas, Muzio n'était plus responsable à part entière du secret. En revanche il ne voyait plus du tout pourquoi il lui fallait se rendre chez Ugo di Grazziano. Il avait eu l'occasion d'observer sa soeur et puis de toute façon elle ne serait pas pleinement heureuse tout à l'heure, et l'objet-même de la présence du médecin disparaissait. Il fit un pas vers la Princesse:


« Je serai plus encombrant qu'utile, je crois. J'ai des patients à visiter, je... »

Déjà il avait saisi sa trousse et voulait partir. Mais c'est en croisant le regard de la Princesse qu'il rencontra celui du Prince. Le blond. Le regard qu'il avait eu pour le supplier de venir. Déjà il avait voulu refuser mais s'était ravisé. Et en bougre d'âne qu'il était, il avait réitéré. Si Muzio avait eu quelques années de moins, il aurait sans doute été pris d'une intense rougeur à l'heure qu'il était, mais un homme mûr ne rougit pas ou plus, n'est-ce pas ?

« Mais le Prince... votre frère... verrait dans mon absence un refus un affront alors... »

Les mots s'étaient précipités, il avait quatre ans. Mais pourquoi Venise le rendait-elle aussi niais ? Il se gifla mentalement avec force, voulut reculer et avancer à la fois, trébucha sur place et finit par se laisser tomber dans un fauteuil.

« Pardonnez-moi... Je crois que je suis fatigué. »

Il passa une main sur son visage rasé de la veille seulement, en essayant de se secouer à la fois vigoureusement et discrètement. Il fallait absolument qu'il se remette avant d'arriver chez le Prince.

« Attendons Monsieur Reverti. » décréta-t-il sans aucune utilité, mais plus fermement.
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Gaetano
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Dim 24 Déc - 15:44

[La suite de Gaetano]

Deux ans déjà. Deux années entières passées au service du Prince. Un an de plus que la chère et tendre épouse de ce dernier. Qui connaissait le mieux le Prince ? Sa noble épouse ou un vulgaire secrétaire ? Gaetano grimaça. Ce n’était pas le moment opportun pour se poser ce genre de questions mais il valait mieux qu’il pense à celles-là plutôt qu’aux autres. A celles qui étaient trop dangereuses. A la fois pour lui et pour autrui.

Deux ans que le Prince l’avait aidé. Chaque jour qui passait accroissait encore plus la dette que Gaetano avait envers Elio Adorasti. Il mourrait sans doute avec elle. Et c’était d’ailleurs la seule chose qu’il pouvait faire. Payer de sa vie une dette qu’il n’annulerait pas autrement. Et cette pensée-là, il en était conscient depuis le début. Si parfois elle s’égarait, elle revenait immanquablement vers son propriétaire légitime.

Le secrétaire frappa trois coups sur le panneau de bois, la porte de la bibliothèque, afin d’annoncer son arrivée. Il l’ouvrit et entra.


« Excusez-moi, Princesse. »

Le médecin était toujours là, assis, sa trousse à la main. Etrange alors que la Princesse était toujours debout. Une nouvelle personne s’était ajoutée à la composition. Romana Baldini, la dame d’honneur de la Princesse. Sans doute la personne qui lui était la plus proche dans ce palais.

La saluant d’une courbette, il n’ajouta pas mot. Ce n’était plus à lui de parler. Il avait joué et passait le tour.
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Ven 29 Déc - 1:57

Bianca hocha la tête légèrement soulagée de voir que Romana était au courant, d'une façon ou d'une autre, qu'ils devaient se rendre Ca'Grazziano et surtout qu'elle était prête à partir. Il n'aurait plus manqué qu'ils l'attendent aussi le temps qu'elle se change.

La princesse se tourna vers le prêtre qui s'inclinait devant elle et prenait congé.


"Je vous en prie, vous êtes toujours le bienvenu ici." dit-elle avec un sourire à l'homme d'Eglise qui s'excusait. Elle le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il sorte puis se tourna vers le médecin.

Celui-ci semblait.. étrange. C'était le mot. Son regard était un peu perdu, comme s'il hésitait quoi faire ou quelle décision prendre alors qu'il n'y avait rien à faire à part attendre monsieur Reverti. Elle fronça un peu les sourcils d'incompréhension lorsqu'il entama une amorce de départ pour se soustraire à l'invitation de son frère. Elle craignait qu'il y ait un autre problème qu'elle ignorait. Pourquoi déclinerait-il l'invitation du Prince Grazziano maintenant ? Bien sûr, le départ se faisait attendre mais cela ne devait plus tarder.

Puis il changea d'avis avant même qu'elle essaye de le retenir. Bianca battit des paupières, perplexe devant cette attitude étonnante. Le voyant s'effondrer dans un fauteuil, elle comprit qu'il avait dû guère dormir, peut-être passé la nuit au chevet d'un patient. Le pauvre homme était fatigué, cela expliquait ses phrases un peu décousues.


"Souhaitez-vous que je vous fasse apporter une boisson chaude ?" demanda-t-elle, compréhensive.

Quelques coups frappés sur la porte et la voix de Gaetano lui firent faire volte-face. Un sourire apparut, franc et soulagé sur le visage de la princesse comme si elle l'avait attendu avec beaucoup d'impatience.


"Monsieur Reverti." commença-t-elle.

"Mon époux ne viendra pas au souper de mon frère. Je souhaite que vous m'accompagniez." lui expliqua-t-elle.

Elle ne lui laissait pas vraiment le choix mais c'était d'une part le désir d'Elio mais aussi le choix qu'elle aurait fait même s'il n'avait pas précisé le nom de son accompagnateur. C'était pour cela qu'elle avait préféré dire "je souhaite", plutôt que "le prince souhaite".

Bianca se tourna de nouveau vers le médecin avec un sourire d'excuses.


"Vous pourrez vous reposer au palais de mon frère si vous en ressentez le besoin." dit-elle en se tournant ensuite vers sa dame d'Honneur.

"Allons-y, nous sommes déjà très en retard."

La princesse se dirigea dans le couloir et se fit apporter un chaud manteau par un valet avant de sortir et s'installer dans une barque, suivie du médecin, de Romana et de Gaetano.

[Ca'Grazziano - Embarcadère]
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Sam 30 Déc - 22:18

Muzio avait décliné la proposition de la Princesse qui se montrait très attentionnée. Il s'était repris, et regrettait son moment de faiblesse. Ce n'était pas à lui de faiblir.

Bianca mena rondement son affaire, et bientôt le quatuor n'avait plus qu'à sortir. Le médecin se promit bien de ne pas aller chez les Grazziano pour se reposer ! Il céda la porte à la dame d'honneur et lui emboîta le pas. Sa trousse ne l'avait pas quitté ; il espérait bien ne pas rester trop longtemps et aller faire un tour du côté du quartier de la Bouche d'Ombre...

Muzio resserra les pans de son manteau contre lui et grimpa dans la barque.


[Ca'Grazziano - Embarcadère]
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Domenico
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Sam 2 Juin - 21:38

[Premier Post]



La nuit était tombée soudainement sur la ville mais il faisait encore bon se promener et les passants devaient être nombreux dehors. Domenico n'avait pas mis le pied à l'extérieur de la journée par manque d'envie et de motivation. Cependant l'idée de glisser dans la neige et la boue ne l'encouragait pas à sortir. Il faisait de plus encore un peu froid, aussi mieux valait rester au chaud.

Il naviguait entre la bibliothèque, la salle de musique, la salle d'armes et le bureau depuis le début de la journée. Il allait finir par pouvoir faire le chemin les yeux fermés. Cependant il ne tenta pas l'expérience, d'une part car il aurait eu l'air ridicule, d'autre part parce que ça n'avait aucun intérêt : il s'ennuyait, c'était entendu, mais pas au point de s'amuser à faire un numéro de somnambulisme dans le palais.

Il s'engouffra donc, de nouveau, dans la bibliothèque.

Un domestique était là, seul. Il nettoyait les étagères. Occupé à sa tâche, il ne remarqua pas la présence de Domenico qui lui jeta un regard, une seconde, afin de l'identifier, puis qui s'en détourna pour l'étagère des romans.
Il s'en approcha, tendit la main, et en prit un au hasard sans regarder les autres, ni n'en voir le titre. Ses doigts tirèrent le précieux ouvrage, qu'il échappa aussitôt dans un mouvement maladroit contrastant avec sa grâce habituelle. Le bruit sourd que fit le volume en tombant, attira l'attention du domestique plongé dans sa tâche, et fit augmenter de deux battements de cœur le rythme cardiaque de Domenico. Il se pencha pour reprendre le livre. Un nuage de poussière s'était envolé au faux mouvement, et Domenico eut une faible toux, avant de se redresser.

Le domestique s'était approché, pour lui demander s'il n'avait pas besoin d'aide. Domenico ne lui en laissa pas le temps de terminer sa phrase, son regard trop bleu se posant avec mécontentement sur son interlocuteur pour lui signaler que tout allait bien : il avait échappé un écrit, ça arrivait à tout le monde !

Indifférent au regard du serviteur, Domenico alla s'asseoir sur un sofa confortable. Il prit le livre entre ses mains, l'ouvrit, mais ne commença pas à le parcourir, il s'arrêta simplement sur le titre : Omis homo mendax. Ses lèvres s'ouvrant alors qu'il murmura la phrase. Son visage dessina une moue désabusée. En quoi ce livre allait-il pouvoir le faire sortir de son ennui ? N'y avait-il donc personne avec qui il aurait pu s'entendre. Ou pas. Si seulement il avait pu trouver un maître d'armes, il se serait exercé à l'Escrime, ses fentes et ses gardes étaient parfaites, mais ses changements de position toujours un peu lents ! Ou s'il avait pu trouver une dame pour qui se mettre au piano.

Le regard un peu rêveur, Domenico se remit à penser à la fête de ce soir. Il avait envie, finalement, d'aller y faire un tour. Peut-être qu'il y croiserait une personne avec qui il pourrait s'entendre, ou au moins se distraire un peu. Peut-être même quelque rixe repousserait l'ennui pour quelques instants. Et puis, il y aurait de la musique, ce serait agréable, à condition qu'il n'y ait pas trop de monde.
Le secrétaire se mit enfin à parcourir le livre. Cette fois, il réussit à être un peu captivé, assez pour ne plus laisser ses pensées vagabonder inutilement.
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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Dim 3 Juin - 3:56

[Suite de Lucrezia di Lorio - Le Petit Salon]

Passant de l’étage à la bibliothèque, Luciano put surprendre une foule de domestiques amassés au pied du grand escalier, en train de discuter avec animation. Ceux-ci eurent tôt fait de détaler à la vue de l’hôte le plus indulgent de la maisonnée entière, qui réussit néanmoins à retenir un valet afin de s’enquérir de l’origine de tant de bruit. Il apprit ainsi qu’un individu « dépenaillé et pas du tout convenable » avait forcé les portes du palais pour se frayer un chemin, jusqu’aux appartements d’Elio, épée à la main. Il s’était par la suite esquivé sans qu’on ne sache rien de plus à son propos que le nom qu’il avait lancé à la volée : Leandro di Ascani. Songeur, l’aristocrate avait relâché sa prise, qui s’empressa de retourner vaquer à ses occupations. Ascani? N’était-ce pas une famille établie à Gênes? Un second nom à relever dans le registre des grandes familles, après celui de Scaligeri.

Un silence feutré régnait dans la vaste pièce lorsque le noble y fit son entrée. Il trouva le secrétaire du Prince, plongé dans une œuvre obscure. L’opportunité de lui adresser la parole et tenter de lui soutirer quelque information sur les affaires de l’héritier Adorasti était idéale. À défaut de s’introduire dans la chambre du fils d’Andrea, il lui était toujours possible de délier la langue de ce garçon discret, chargé du courrier et de l’administration des biens de son maître, des tâches en révélant fort sur la vie d’un homme.

Repoussant à plus tard ses investigations, il s’avança vers son cadet, un sourire fin aux lèvres, pour s’immobiliser devant lui, le surplombant de toute sa hauteur.


« Omis homo mendax, Monsieur Uccellini? Est-ce le Prince qui exige de vous pareilles lectures afin que vous lui en fassiez le compte-rendu? Ou bien êtes-vous à ce point désœuvré qu’il vous faut vous réfugier dans un livre pour tromper l’ennui? »

Son regard chercha à croiser celui de son interlocuteur, lui insufflant plus de chaleur qu’il n’en avait l’habitude.

« Qui sait si le Prince ne mettra pas vos amours littéraires à profit au cours des prochains jours? Dans sa condition, sans doute appréciera-t-il que vous lui narriez quelque extrait de vos ouvrages, » affirma-t-il, réprimant l’ironie qui s’était presque glissée dans son ton.
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Domenico
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Dim 3 Juin - 20:18

Quand la voix de Luciano lui parvint aux oreilles, le secrétaire abandonna sa lecture. Il releva la tête et fixa l'homme sans pouvoir prendre une quelconque expression. Il évita par règle de convenance de le fixer dans les yeux. Il resta là, le visage neutre, à écouter ses paroles. Nerveusement, il referma l'ouvrage, gardant un doigt à l'intérieur pour ne pas perdre sa page. Monsieur Di Lorio lui apparut comme le dominant de toute sa hauteur.

Domenico n'avait jamais su quoi penser de cet homme. Il avait entendu des rumeurs circuler à son sujet mais elles étaient toujours rapidement étouffées. Toutefois, le secrétaire blond ne prêtait que rarement attention à toutes les fantaisies qu'il pouvait entendre, les domestiques exagérant constamment leurs souvenirs. Cet homme était un proche du prince, par conséquent, Domenico lui devait le respect dû à son rang, mais également à sa place auprès du prince. Il écouta la question et la perspicacité de son interlocuteur le fit sourire avec amusement


"C'est votre seconde hypothèse qui est la bonne, mais ne pourrais-je point lire ce livre par passion pour son texte ?"

Le secrétaire conclut sa phrase avec une pointe d'étonnement. Pourquoi cette fine fleur de la noblesse venait-il lui parler ? Avec ce léger sourire aux lèvres, il était imposant de par son charisme et n'avait pas l'air le moins du monde hostile. Bien que la voix de l'homme lui semblât un peu dure, le secrétaire fut surpris de le voir aussi courtois et tempéré.
Ce fut de courte durée. Domenico prêta oreille à la seconde phrase, une moue indolente se dessinant sur ses traits. Deux mentions au prince en quelques phrases, l'homme n'était pas là pour lui. Logique. Nombre des personnes qui venaient lui parler, tentaient d'en savoir plus sur le prince.
Le secrétaire resterait muet. Les faits et gestes du maître, sa condition et ses occupations ne devaient en aucun cas être offerts au premier venu. Même si cet homme était un proche conseiller, et qu'il devait en savoir autant, peut-être plus, que Domenico lui-même.
Domenico fut embarrassé quand les yeux de Di Lorio se posèrent sur lui. Il ne tenta pas de s'en échapper de peur de froisser son interlocuteur en refusant de soutenir son regard impressionnant, un signe de provocation, signifiant une supériorité qu'il n'avait pas.
Domenico eut un bref émoi en entendant la phrase, il était attaché très au prince. Qui signifiait ce "dans sa condition ?" Son maître était-il soudainement tombé malade ?


"Je … Le Prince est-il souffrant ?"

La lueur du regard de Domenico devint inquisitrice, légèrement tourmentée. Il n'appréciait pas les ragots, cependant il aimait encore moins être le dernier prévenu de l'état de son maître.
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Luciano di Lorio
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Mer 6 Juin - 4:03

Le plaisir de certains jeux était de les savoir gagnés à l'avance. Ne demeurait plus qu'à en déterminer les moyens et la fin. Au vu de l'anxiété du garçon en sa compagnie, Luciano aurait aisément pu obtenir tout ce qu'il désirait de lui, la peur étant un instrument à l’efficacité qui n’était plus à prouver. De sa gêne évidente à la confusion perçant dans sa voix, ce Domenico Uccellini se présentait sur un plateau d’argent, proie facile d'une nature naïve et influençable, ce qui n'était pour déplaire au baron. Les oies blanches avaient pour vertu d'être facilement corrompues, une distraction à laquelle il s'adonnait pour occuper ses heures oisives. Plus qu’un simple jouvenceau avec pour seule utilité de plaire au regard, le secrétaire d’Elio détenait assurément des renseignements dignes d’intérêt au sujet de son maître. Son sourire s’élargit à la pensée que sans doute qu’avec un peu de persuasion il serait en mesure de connaître les moindres faits et gestes de celui sur qu'il lui fallait veiller.

« Mais certainement, Monsieur, toute passion est bonne à entretenir, surtout lorsqu'elle ne poursuit d'autre but que celui de divertir. »

Il prit siège dans un fauteuil faisant face à son cadet et croisa ses jambes avec cette nonchalance qui était sienne. Satisfait de l’effet que provoqua sa remarque tout à fait anodine, il afficha une expression de parfait étonnement devant l’ignorance de son interlocuteur.


« Vous n'étiez pas au fait de l'état critique du Prince? J'aurais cru que, considérant votre position, vous en auriez été l'un des premiers informés. »

Aucune note de réprobation dans son ton, sa voix ne reflétait que la surprise d’un homme qui constate qu’un ami, qu’un égal n’a point été mis dans la confidence d’un évènement les concernant tous deux.

« Il se trouve qu’un mystérieux agresseur lui a infligé une blessure au flanc, au cours de la nuit, on présume jusqu’ici. Je vous conseille de ne point troubler son repos pour l’instant, puisqu’il faut permettre au convalescent de recouvrir sa santé dans la tranquillité de ses appartements. »

Son regard balaya les alentours à la recherche d’un auditeur indésirable, avant qu’il ne se penche vers le jeune secrétaire d’un air soucieux.


« Il va sans dire que nous nous inquiétons tous au sujet de sa sécurité. Je juge qu’il serait bon que ses proches mettent leurs efforts et leur savoir en commun afin d’assurer le bien-être du Prince et d’identifier son assaillant. »

Il plongea ses yeux gris dans ceux du garçon face à lui pour mieux marquer la gravité de la situation.


« Ne croyez-vous pas qu’une telle entente serait profitable à la Ca’Adorasti et à son héritier? Seriez-vous prêt à prêter main forte aux gens de confiance de Sa Seigneurie, dans le secret, bien entendu, de manière à ne pas perturber son rétablissement? »
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Domenico
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Dim 10 Juin - 20:22

Le secrétaire aimait la littérature. S'il savait que ces goûts littéraires étaient partagés par de nombreux membres de la maison, il ne serait jamais douté que le baron puisse faire partie de ses adeptes. Uccellini le connaissait Homme de savoir et de science. Un érudit proche du père de son maître, là lors de nombreuses occasions importantes. Domenico l'avait fréquemment vu passer les portes des appartements du prince, nonobstant quelquefois des interdictions répétées par les serviteurs. En l'entendant parler, le blond aurait volontiers partagé une conversation sur les belles-lettres se trouvant dans la bibliothèque avec ce noble souriant et poli.
Cette pensée s'envola au cours de l'échange à propos de l’héritier Adorasti. Le regard bleu de Domenico se peignit d’un effroi qui ne reflétait qu’à peine celui qu’il ressentait à l’intérieur de lui. L'indifférence n'était pas de mise quand on parlait du prince. Le jeune blond était affolé : un état critique signifiait-il que la vie du prince avait été mise en péril ? Si le secrétaire n'avait pas été correctement assit, un vertige l'aurait certainement envahi et l'aurait fait chavirer.
Ce n'était pas la première fois qu'on tentait de s'en prendre à son maître, mais il n'avait jamais été blessé jusqu'ici.

Uccellini observa le noble s'asseoir sur un des fauteuils. Il se mordit la langue pour ne pas paraître trop inquiet et le presser de parler. Ses joues s'empourprèrent face à l'étonnement de Luciano di Lorio. Il se sentait pris en faute. Domenico culpabilisait de ne pas avoir été là, et de ne rien savoir. Il aurait dû se rendre auprès du prince ce matin pour prendre de ses nouvelles, plutôt que de reporter cette démarche quotidienne en soirée. Il avait l'impression d'avoir fait une erreur qui pourrait lui faire perdre les faveurs et la confiance que lui accordait le prince. Perdre la confiance du maître serait difficilement supportable car, en dehors de sa famille, il était l'unique personne avec qui Domenico échangeait quotidiennement.

"Etat critique ?" souffla-t-il, sa voix troublée et confuse.

D'étranges émotions envahissaient Domenino. Il se sentait anxieux et inquiet à propos de l'état du prince, mais cet émoi était submergé inconsciemment par un autre : la honte de ne pas être au courant, et le chagrin de ne pas avoir été appelé au chevet de son maître, un sentiment qui faisait naître en lui une colère silencieuse. Le baron avait raison : considérant sa position, il aurait dû être dans les premiers informés ! Pourtant, ne venait-on pas de le mettre à l'écart? Personne n'était venu l'avertir. Pourquoi ne l'avait-on pas fait ? Il n'avait peut-être aucune importance pour avoir été ainsi oublié accidentellement ou délibérément.

Cette dernière rancœur fut atténuée par la culpabilité, et disparut au cours de l'explication donnée par le baron. Domenico blanchit : c'était une agression ! Quelqu'un avait eut l'impudence d'attaquer l'héritier d'une grande et noble famille !

À l’instant même où il fut informé de la condition du Prince, le secrétaire eut un mouvement hâtif pour se relever : il voulait aller voir le prince ! Cette impulsion s’évanouit aussitôt en entendant la fin de la phrase. Les mains du pauvre garçon laissèrent échapper l'ouvrage qu'il tenait et il retomba assis. Il eut un faible sourire, empli de tristesse, et de douleur.

Les yeux d'azur se posèrent sur son bienfaiteur qui s'était penché vers lui d'un air soucieux. Un élan de reconnaissance emplit le cœur du secrétaire : le noble venait de l'avertir de la santé du prince, et de plus il se préoccupait de sa santé et sa sécurité. Le blond le gratifia d'un faible sourire plein de gratitude et de sollicitude. Il reprit un peu de couleur et se mit à l'écouter avec une attention un brin naïf. Il s'était trompé, il ne désirait pas apprendre des méfaits sur le prince mais l'aider et le protéger.

Une fois que Luciano lui eut confié ses préoccupations Domenico ne trouva rien à répondre. Il resta là, à regarder les yeux gris, se mordant la lèvre, préoccupé par ses paroles. La question soulevée méritait réflexion. Il ne voulait pas agir derrière le dos du prince : c'était mal. Le noble avait parfaitement raison. Il était un ami de la famille, par conséquent, on pouvait sans doute lui faire confiance. La panthère endormie n'était qu'un chaton rendu docile par la peur de perdre ses maîtres.
Le secrétaire ramena les mains sur ses genoux, il aurait aimé détourner le regard de Luciano posé sur lui. Il ne pouvait pas et ça l'empêchait de correctement réfléchir. Les prunelles grises le paralysaient sur place.

Prenant une longue respiration, Domenico reprit contenance. Il ne devait pas se laisser aller. Un peu de sang froid lui serait bien utile.


"Je ferais tout pour que l'auteur de cette agression soit démasqué, et que notre prince ne puisse plus souffrir d'aucun mal. … Cependant, ne serait-il pas fâché s'il finissait par l'apprendre ?"

Le regard de Domenico cherchait dans celui de l'autre une sincérité à laquelle se raccrocher. Il n'avait confiance en personne, il n'aimait que peu de monde, et n'était loyal qu'envers l'héritier Adorasti. Néanmoins si ce noble pouvait l'aider à protéger son prince, il s'y accrocherait avec force pour ne pas perdre le descendant d'une famille qu'il connaissait depuis qu'il était en âge d'avoir des souvenirs clairs et précis. Que deviendrait-il si l'unique raison de son existence disparaissait ? Il était le secrétaire, rien d'autre. Il serait perdu.
Le jeune homme se gronda lui-même : il préférait aider le prince et le fâcher, que n'avoir rien fait et risquer un nouvel attentat
.

"Comment puis-je vous aider ?"
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Luciano di Lorio
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Lun 18 Juin - 19:53

C’était facile. Trop facile? Là n’était pas la question. Les intérêts des Adorasti et, par le fait même, ceux d’Andrea étaient les seuls à prendre en considération dans cette affaire. Un réel amusement, Luciano l’avait trouvé plus tôt durant cette même journée et le retrouverait plus tard lors du bal populaire. Pour le moment, il s’agissait d’abord et avant tout d’amener le secrétaire d’Elio à lui accorder sa confiance et à trahir les secrets de son employeur, peu importe le plaisir qu’il retirait de cette entreprise. Qu’on lui oppose si peu de résistance était certes moins divertissant que les morsures et autres réticences de certains éphèbes, mais cela avait au moins le mérite de lui simplifier la tâche. Le fruit de son labeur semblait déjà s’offrir à lui, prêt à être cueilli sans effort. Ne pas saisir cette occasion en or d’acquérir un allié si pressé de collaborer aurait été une erreur. Et, à en juger par les sourires, rougissements et regards à la dérobée dans sa direction, le garçon n’attendait que l’instant où on lui tendrait la main et le conduirait là où bon nous semblait.

Abaissant ses mains d’un geste apaisant, il fit signe au jeune homme de faire taire ses inquiétudes quant à la possibilité qu’on vienne à dévoiler sa forfaiture. Bien entendu, une telle éventualité n’était pas à écarter – elle était même fort vraisemblable – et conduirait certainement au congédiement du principal fautif. Les secrétaires n’avaient rien d’une denrée rare, on aurait plutôt pu les qualifier de quantités négligeables et facilement remplaçables. Si des révélations impromptues ne menaient pas au renvoi d’Uccellini, le baron se chargerait lui-même de commettre quelques indiscrétions pour se défaire d’un informateur devenu inutile ou fâcheux. La politique était un jeu où le mot « grâce » était bien illusoire et où la merci marquait la faiblesse.

« Peut-être en ressentirait-il une certaine contrariété, mais elle serait sans doute de courte durée, puisque les bienfaits de cette association lui apparaîtraient rapidement évidents, lui affirma-t-il d’un ton rassurant. Tout particulièrement si nous arrivons à identifier et châtier comme il se doit l’agresseur du Prince. »

À la question qui lui fut posée, l’aristocrate considéra un instant son interlocuteur, soupesant sa demande d’un air songeur. Il ne connaissait pas encore assez son nouveau collaborateur pour se permettre de lui confier des tâches d’une trop grande difficulté. Valait mieux débuter par une étude de cas afin de déterminer si le petit gratte-papier pouvait faire preuve de discernement et de prudence, deux qualités indispensables à tout bon informateur.

« Cela, il nous faudra le déterminer en temps et lieux, Monsieur Uccellini. Commencez par prêter oreille aux conversations du Prince, peut-être en apprendrez-vous plus sur ses propres soupçons? Prenez en note tout ce qui vous paraît inhabituel chez les invités de votre maître, veillez sur ses déplacements, gardez en mémoire les visites qu’il reçoit, les missives qu’il cachette… et venez m’en faire part. Ma suite vous sera toujours ouverte. N’hésitez pas à en franchir le seuil pour me faire entendre vos observations. »

Sur ces mots, il lui indiqua que leur entretien était à présent terminé et qu’il ne lui demeurait qu’à faire ses preuves auprès du noble, employeur exigeant s’il en était. Il lui adressa un dernier sourire de connivence, un associé venant de conclure une bonne affaire, avant de tourner les talons et l’effacer de son visage, qui reprit tout de sa morgue habituelle.

[Ailleurs, j'éditerai]
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Domenico
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Mer 1 Aoû - 11:28

Domenico sourit maladroitement laissant l’homme partir. Le baron lui avait laissé une forte impression : à la fois sympathique, entreprenant et sûr de lui. Le prince devrait lui faire plus fréquemment confiance. Les paroles de Luciano avaient convaincu le secrétaire mais elles le laissaient perplexe quant à la façon de procéder pour obtenir des informations. Il ne pouvait se décider à épier le prince. L’indiscrétion ne faisait pas partie de son caractère, et écouter au porte lui semblait assez révoltant. D’ailleurs cette action lui avait déjà causé du tort dans le passé, il valait mieux s’en garder. Il allait devoir tendre l’oreille en présence d’Elio sans montrer qu’il l’espionnait.
Le mieux était encore d’aller se renseigner à la source du mal. Si le prince s’était fait attaquer dans la rue, la rue pourrait l’aider. De toute évidence, il ne serait d’aucune utilité ici. Luciano l’avait prévenu que le prince devait se reposer, et Domenico ne désirait point jouer l’importun.

Le jeune homme se leva et rangea l’ouvrage emprunté précédemment à sa place. Il ne savait pas encore où se rendre. Un bal était donné au jardin du Castello, le mieux était donc d’aller dans un lieu au abord de celui-ci pour s’y rendre par la suite.
Les pensées encore plongées dans les propos du charismatique baron, Domenico décida dès le lendemain de suivre ses conseils. Il prendrait un carnet et noterait chaque action du Prince. Ce qu’on pouvait penser de lui l’importait peu. Seule la réaction d’Elio l’épouvantait. Et s’il renvoyait tout bonnement Domenico ? Car ce dernier n’était pas assez sot pour penser que l’homme ne réagirait pas s’il découvrait qu’on enquêtait sur ses actions…

Domenico quitta la pièce.


[Place St Marc – Nord]
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Lucrezia di Lorio
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MessageSujet: Re: La Bibliothèque   Dim 9 Déc - 21:55

Jeudi 5 Mars 1744 - Premier post du Jour

Après avoir fait monter ses malles et déjeuné rapidement dans sa suite, Lucrezia était descendue en quête de lecture dans la bibliothèque. Elle s’était mise en tête de feuilleter quelque ouvrage sur l’architecture afin occuper le temps qui la séparait de son proche rendez-vous avec son père. La baronne avait déjà pu remercier le Prince d’avoir rassemblé une collection de livres d’art suffisamment vaste pour satisfaire son appétit constant de connaissance. Au cours de son premier séjour à la Ca’Adorasti, la jeune femme avait pris le temps de se familiariser avec les lieux et ainsi était-elle déjà rompue au classement méticuleux dont faisait l’objet la salle de lecture. D ‘un pas décidé, Lucrezia s’était orientée vers les étagères où se trouvaient rangés les ouvrages traitant des beaux arts. Elle laissait cependant son regard courir à loisir le long des couvertures sans vraiment se fixer, appréciant pleinement cet instant où elle jouissait tout à fait des plaisirs que lui offrait sa condition.

Alors que ses doigts couraient sur la tranche en cuir des ouvrages classés, la jeune femme se remémora son court séjour à Florence dont elle revenait (après être passée en Ombrie pour le bal d’une de ses jeunes amies). Les conversations avec son ami architecte Giuseppe lui revenaient en tête. Elle avait pour habitude de ne pas se confier à lui, aussi avait-elle été fort surprise de l’intérêt particulier que ce dernier avait porté à sa convalescence passée. Il l’avait harcelé de questions tout au long de leurs errances le long de l’Arno à propos de ses projets futurs et de son bien être quotidien. Non pas qu’elle fut pudique, mais Lucrezia répugnait ce genre de conversation. Aussi avait-elle le sentiment de n’être pas pleinement satisfaite des heures écoulées à battre le pavé de la ville. Comme si le souvenir de sa gêne éprouvée à force d’esquiver le sujet revenait la hante, associé à ses heures de contemplation hallucinée devant les trésors que donnait à voir la ville des Médicis. Ne garderait-elle de ce séjour que la désagréable impression d’avoir été attaquée dans sa volonté farouche de taire son intimité ? Cette idée lui arracha un soupir, et elle balaya aussitôt ses scrupules d’un claquement de talon. Il n’était pas question d’associer Giuseppe à l’image d’un indiscret, elle devait se raisonner et comprendre que c’était peut-être le moment où leur amitié ne prenait pas le tournant désiré. Lucrezia n’avait que trop compris l’importance de taire ses secrets et de ne pas trahir ses affects. Cela ne faisait pas d’elle une hypocrite, elle le savait, seulement Lucrezia avait appris depuis bien longtemps à retenir au mieux ce qu’elle était en mesure elle-seule de mettre en ordre. Sa pudeur naturelle semblait gêner Giuseppe, et ceci la rendait particulièrement nerveuse. Nouveau claquement impatient du talon. Fallait-il maintenant qu’elle se ronge les sangs à force d’évoquer la désagréable sensation d’une main cherchant à entrer de force sous sa poitrine ? Cela n’était pas nécessaire, elle aurait l’occasion d’en discuter avec lui et de s’expliquer au mieux dans le prochain courrier qu’elle lui adresserait.

Une pensée venant en chassant un autre, la jeune femme se remémora les quelques mots échangés avec la servante qui l’avait aidée à défaire ses malles. Son vis-à-vis lui avait alors confié que la Princesse Bianca était au terme de sa grossesse et que la délivrance était imminente. Lucrezia avait été informée qu’elle recevait à cet instant Monsieur son frère et le Prince Elio. La baronne avait du s’abstenir de rendre visite à l’épouse de son ami, mais elle avait comptait bien venir l’assister si celle-ci l’accepterait à ses côtés durant l’accouchement. Lucrezia avait déjà assisté à la délivrance de sa cousine et avait ainsi pu se faire une idée de ce que cela induisait comme souffrance. Elle estimait donc de son devoir de proposer une main amie et une présence secourable pour épargner à Bianca la solitude de cet acte douloureux. De plus, Lucrezia entendait bien honorer comme il se devait la requête du Prince. Au cours des semaines passées, Lucrezia avait le sentiment d’avoir tissé des liens avec la Princesse, et la jeune femme en était fort satisfaite. Elle secoua légèrement la tête, se souriant à elle-même.

Ce fut à ce moment que ses yeux tombèrent sur l’inscription finement dorée : De re aedificatoria. Alberti serait le meilleur instructeur en la matière et ce à n’en point douter : elle avait déjà eu l’occasion d’éprouver ses savants écrits après avoir été forcée de déchiffrer le latin du De Pictura par son précepteur. Lucrezia tendit le bras et sortit le livre avec précaution, chassant momentanément de son esprit le futur proche. Ses mains dégagèrent une fine pellicule de poussière qui avait échappé à la vigilance précautionneuse des gens de la maison. Manipulant l’ouvrage broché avec prudence, la jeune femme vint prendre place dans l’un des fauteuils garnis et entama aussitôt sa lecture. Le silence recueilli de la pièce saillait parfaitement à sa disposition. Satisfaite, Lucrezia tourna une page et leva aussitôt la tête, il lui semblait entendre des pas. Naturellement elle referma le livre et tourna la tête, se tendant un peu en prévision à ce qu’on allait lui annoncer. Un valet lui confirma alors ce à quoi elle s’était attendue. Madame avait rejoint sa chambre, le médecin était à son chevet et venait de donner l’ordre de rassembler des linges et faire bouillir l’eau, la délivrance était pour maintenant. Calmement, Lucrezia reposa le livre sur l’un des guéridons et remonta à l’étage, dans l’idée de rejoindre de ce pas la future mère. Une pensée pour Elio lui étreint brièvement le cœur. C’est avec le sourire qu’elle se présenta à la porte.


[la chambre de la Princesse]
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