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 Le Grand Salon

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Du Bout des Doigts
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MessageSujet: Le Grand Salon   Lun 9 Mai - 1:15

...
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Coriolan
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 3 Juin - 23:04

[Le Hall]

Coriolano pénétra d'un pas un peu plus mesuré dans le Grand Salon. Même si la nouvelle de la réception des Adorasti était encore à l'état brut, même s'il allait falloir la tirer de sa gange poussiéreuse, mille chemins se formaient déjà dans l'esprit de Coriolano di Grazziano. Mais il fallait qu'il réfléchisse au calme, et la présence de sa soeur ne l'y aiderait pas.
Des émotions contradictoires l'agitait, mais il eu préféré se faire arracher la langue plutôt que de l'avouer. Avec un léger soupir, il promena son regard sur la pièce dans laquelle il venait d'entrer. L'endroit avait ce côté un peu artificiel, propre aux endroits que l'on n'occupait encore que récement. Peut-être était-ce à cause de cela que, malgré la disposition des meubles identique à celle du palais dI Grazziano à Naples, Coriolano se sentit perdu dans la pièce.
Dissimulant son trouble, il se retourna vers sa soeur qu'il invita, d'un geste, à s'asseoir.
Fermant les grandes doubles portes de la pièce, il se tourna vers la jeune fille et leva sur elle des yeux interrogateurs.


"Votre mari est-il au courant que vous m'avez convié à cette réception ?"


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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Sam 4 Juin - 12:24

[Le Hall]

La jeune femme suivit son frère dans Grand Salon, et remarqua la façon dont on avait disposé les meubles. Elle fut agréablement surprise de constater qu'ils avaient été placés de la même façon qu'à Naples. Elle entendit son frère soupirer. Bien sur elle se doutait bien qu'il ne se sentait pas très à l'aise dans cette nouvelle ville et que le souvenir de la belle cité de Naples devait peser sur son cœur...

La princesse prit place sur un fauteuil sur invitation de son frère et le regarda fermer les grandes portes du salon, lorsqu'il lui posa la question de savoir si le Prince Elio était au courant qu'elle désirait convier son frère à la réception, elle resta un moment interdite, ne sachant quoi répondre.


"Il devait bien s'en douter en organisant cette réception et en me permettant d'inviter qui me plairait, non ?... Ce mariage ne m'interdit pas de voir les miens..."

Bien sur elle souffrait d'être séparée de tout ce qu'elle avait connu dans son enfance et de se retrouver dans un monde parfaitement inconnu.
Elle tournait et retournait ses gants dans les mains, puis d'une voie triste, elle murmura...


"Mon frère... Je suis malheureuse."
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Coriolan
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Sam 4 Juin - 21:47

Coriolano allait à son tour prendre un siège lorsque sa soeur lui avoua sa détresse. Le Prince déglutit lentement, puis s'assit, croisant ses longues jambes devant lui.

"Vous n'avez pas changé."

Ces mots n'étaient pas le fruit d'une quelconque réflexion. Il s'agissait d'un constat, un peu étonné. C'était la vérité. Elevée dans une famille de politiciens, où la franchise était presque taboue, Bianca s'était toujours exprimée directement, sans chercher à déguiser sa pensée. Et cette honnêteté avait parfois réussi là où les subtilités diplomatiques les plus poussées avaient échoué.

"Ma soeur."

Coriolano la fixa droit dans les yeux. Pour autant qu'il s'en souvienne, sa soeur était l'une des rares personnes à pouvoir soutenir son regard sans broncher.

"Comment est la vie dans la maison Adorasti ? Votre mari vous maltraite-t-il ?"


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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Dim 5 Juin - 1:20

La jeune femme regarda son frère s'asseoir lentement et, devant sa remarque, elle le fixa surprise, elle n'avait pas changé... Elle sourit, cela la rassurait quelque peu. Personne ne la connaissait aussi bien que son frère. Malgré leur grande différence d'age, ils avaient toujours été proche l'un de l'autre.

"Vous, vous avez changé mon frère. Plus nerveux, plus préoccupé. Plus triste..."

Elle se doutait bien qu'il s'inquiètait pour elle. Comment aurait-il pu en être autrement ! Pensait-il que le Prince Elio était dangereux ou peut être que d'autres soucis encombraient son esprit.
Elle lui était tout de même reconnaissante d'être venu s'installer à Venise, même s'il existait probablement plusieurs raisons à celle-ci...

Il la fixa avec ce regard qu'elle connaissait si bien. Un regard franc, ferme et doux, réaliste et rêveur, triste et soulagé... Un regard dans lequel se mêlait les expressions.


"Je ne vois jamais mon époux, ou si peu. Je sens son regard froid sur moi à chaque instant quand je suis en sa présence. Un regard empli de mépris pour la pauvre créature que je suis et qu'on lui à offerte en mariage. Même les domestiques me méprisent. Je n'ose prêter l'oreille aux murmures sur mon passage... Je suis comme un oiseau dans une cage."

La Princesse baissa la tête, elle en avait trop dit, elle ne devait pas inquiéter son frère, cela pourrait créer trop de tensions entre les deux familles. Une larme coula sur sa joue, qu’elle se hâta de cacher en détournant son regard, les yeux fixés la neige dehors, scintillant sous la lumière du jour.
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Coriolan
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Dim 5 Juin - 23:32

Le Prince écoutait attentivement sa soeur. Son visage en partie dissimulé dans l'ombre ne trahissait aucune expression. Tout au plus hochait-il de temps en temps la tête. Lorsque Bianca se tut, il laissa passer quelques instants. Cela était contraire à ses habitudes. Non pas qu'il ne sut pas quoi dire, mais il voulait laisser sa soeur profiter quelques instants de plus de ce lieu de calme. Enfin, il se leva et vint se placer en face d'elle.

"Bianca, je n'étais pas présent lors de votre mariage, ni les mois qui ont précédé celui-ci. Toutefois, je pense que notre père a du vous avertir que ce qui allait vous arriver ne serait pas facile. Tout est joué à présent, nous suivons tous les deux notre route, aussi difficile qu'elle soit. Mais sachez ceci, ma chère soeur : vous êtes une héritière Di Grazziano et la Princesse Adorasti. Peu de femmes à Venise peuvent se vanter d'une alliance aussi noble. Peut-être ceci vous paraît-il un peu abstrait pour le moment, mais vous devez faire de cette noblesse votre force. Peu importe que certains vous méprisent, ou vous dédaignent. Vous êtes leur maîtresse. Vous pouvez leur faire bénéficier de faveurs inconcevables ou, au contraire, les déchoir pour le restant de leur vie. Que cela reste présent en votre esprit."

La voix de Coriolano avait progressivement gagné en puissance. Elle résonnait à présent sous les plafonds ouvragés de la pièce. Il s'interrompit un instant et se mit à arpenter la salle.

"D'autre part, je me doutais bien, et vous sans doute également, que vos relation avec le Prince Elio ne seraient pas des meilleures. Je crains hélas qu'il n'y ait pas grand-chose à faire. Vous n'avez pas encore la force d'essayer de le séduire. Alors ignorez-le quand vous le pouvez. Vous disposez de liberté. Vous pouvez lire, aller au théâtre, tenir salon... Distrayez-vous, ce droit là, personne ne le remettra en cause, ma chère soeur. Et puis... J'occupe maintenant Venise. Nous sommes tous proches, que cela appaise votre coeur autant que le mien."

Le jeune homme eut un petit sourire. Un sourire rassurant qu'il ne réservaient qu'à quelques élus.

"A ce sujet, soyez assuré que je viendrai avec plaisir à la fête que vous donnerez. Vous verrez que vous vous amuserez énormément. Me donnerez-vous la permission de venir accompagné de quelques amis ? Je ne doute pas qu'il vous plaîront."


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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mar 7 Juin - 19:43

Le visage tourné vers la fenêtre, les yeux captivés par le peu de nuages qui avançaient lentement dans le ciel, les quelques instants de silence qui suivirent ses paroles... Il n'en fallut pas plus à Bianca pour calmer son esprit et contrôler les battements de son cœur qui s'étaient fait plus rapides.

Lorsque son frère vint se placer devant elle, elle tourna son visage vers lui.
Ses paroles lui firent l'effet d'un pic de glace qui se briserait juste devant elle, éclatant en multiples petits éclats. Son visage se crispa. Les paroles du jeune homme étaient pleines de bon sens et de raison, tout ça, elle le savait déjà, mais son cœur devenait las de tout porter seul...


"J'aimerais tant que vous puissiez avoir raison, avoir un caractère comme le vôtre... Si fort."

Mais elle doutait fort qu’elle puisse faire peur à qui se soit. Elle était une femme ce qui réduisait déjà son importance, et en plus, elle était une Grazziano. Son pouvoir de décision était vraiment réduit. Mais qui sait, même une colombe entourée de vipères pouvait changer le cours de son destin.

La jeune femme posa sa main sur la joue de son frère avec un doux sourire, puis se leva...


"Nous verrons comment évolueront les choses, je doute quelles puissent être pires. Mais pardonnez-moi, il me faut maintenant retourner vers ma demeure, J’ai encore beaucoup à préparer."

Préparer quoi… quand elle arriverait tout serait déjà probablement prêt. Elle remit ses gants et avança vers les portes du salon qu'elle ouvrit doucement.

"Je suis contente que vous soyez ici... Vraiment. Je viendrais vous accueillir ce soir, et vos amis seront les bienvenus"
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 8 Juin - 0:05

[Le Pont du Rialto]

On entendit soudain la porte de l'entrée claquer, quelques pas, un appel. Passa à toute vitesse devant le salon un jeune garçon visiblement inquiet portant un chapeau et une cape.

Des pas résonnèrent dans le couloir. Un autre appel, plus près et plus distinct.


"Ugoooo !"

Voix caractéristique, légèrement ironique même lorsqu'il ne s'agissait que d'un mot, exigeante, et en fin de compte, très amusée.
C'est qu'en marchant Iago s'était enfin souvenu de ce qu'il voulait absolument raconter à Ugo, qui lui avait même fait traverser le marché...

Il était arrivé derrière les portes du salon, et ne remarquant pas qu'elles étaient en train de s'ouvrire, il les tira brusquement pour se trouver nez à nez avec Bianca.


"Oh... Une femme..."

Son ton disait de façon extrêmement clair ce qu'il pensait de la chose. Le mot était tombé de ses lèvres comme une injure. Mais il n'en resta pas là, et se redressant, il s'adressa à Ugo par dessus Bianca.

"C'est mal, tu sais... il ne faut pas..."

Mais soudain quelque chose dans l'air de Ugo, une douceur encore sur son visage... et puis le visage de la femme devant lui, qui ressemblait... Il s'arrêta, pencha la tête vers la créature, regarda d'un côté de l'autre...

"Oooh… mais n'est-ce pas là ta sœur Ugo... Celle qui s'est mariée..."

Là il marmonna quelque chose, impossible de savoir si c'était "la" pauvre ou "le" pauvre... Il s'adressa cette fois directement à elle.

"Et vous faites un voyage de noce prolongé à Venise ? n'est-ce pas absolument charmant..."

Il préféra ne pas en rajouter, car il savait qu'Ugo avait une certaine tendresse pour sa petite sœur, et il préférait éviter de le mettre en rogne. Enfin… Ugo était une des rares personnes à prendre ses paroles pour ce qu'elles étaient réellement : des paroles vraies, mais qui n'était pas socialement correctes... Il l'espérait du moins.

Il était rentré dans le salon et s'était servi une tasse de thé qui était posé sur une petite table. Le thé était froid, mais Iago avait soif, et il commença à boire en attendant une quelconque précision que pourrait lui donné Ugo.
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Coriolan
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 8 Juin - 22:05

Coriolano plissa légèrement les yeux lorsque Bianca vint lui effleurer la joue. Elle avait apparue si...grande en se levant. Forte. Oui, il n'y avait aucun doute, elle était une Grazziano dans toute sa splendeur. Et sans doute parviendrait-elle à prendre chez les Adorasti ce qu'il y avait à prendre. Elle serait alors une puissance avec laquelle tous devraient compter. Bianca n'avait peut-être pas le tempérament de Rossana ou l'esprit retord de Tanuccia... Mais elle développerait ses propres atouts, lui-même y veillerait.

"Qu'il en soit ainsi ma chère soeur. J'attends ce soir avec impatience. Et croyez-moi, je ferai également de mon mieux pour vous distraire."

Distraire... oui. Déjà l'esprit de Coriolano additionnait des éléments, en soustrayait d'autres... Oui, Bianca ne serait pas déçue... Et le prince Adorasti non plus.
L'entrée d'Iago l'aurait rempli de confusion s'il s'était agi de quelqu'un d'autre de Iago. D'un signe de la main, il donna à Bianca toutes les explications nécessaires.


*C'est lui.*

"Bianca, je te présente Iago, un excellent ami à moi. Iago, tu as deviné juste, il s'agit de ma soeur, Bianca di Grazziano Adorasti."

Il appuya de façon imperceptible sur ce dernier mot. Il n'avait pas besoin d'en dire plus. Peut-être aurait-il du préciser sa pensée davantage mais prenait plaisir à prolonger ce tête à tête entre deux personnes qui occupaient une place si particulière dans sa vie. Importante, certes... Mais surtout... particulière.


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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 8 Juin - 22:21

"Je vous en remercie mon frère..."

Bianca lui était reconnaissante de s'occuper d'elle, et elle savait qu'elle pouvait compter sur lui. Oui, avec son frère elle se sentait en sécurité. Celà la rassurait...

Soudain la porte s'ouvrit brutalement et la jeune femme se retrouva nez à nez avec un gentilhomme. La jeune princesse eut un moment de stupeur. Depuis quand les gens apparaissaient-ils derrière les portes... Elle fut légèrement choquée par le ton qu'il avait employé pour s'adresser à sa personne, mais se força à ne rien laisser paraître. Elle regarda son frère et compris sur son mouvement de qui il s'agissait. Elle eut un hochement de tête presque imperceptible...

"Il n'y a pas eu de voyage de noces Monsieur, nous habitons maintenant Venise."

Son frère s'était toujours entouré de drôle de personnages, mais là, il fallait avouer que la surprise était grande...
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Jeu 9 Juin - 3:00

Iago regardait avec une certaine curiosité les signes cabalistiques qui étaient échangés entre le frère et la sœur. Il se demandait vaguement ce qu'Ugo avait bien pu dire à sa sœur de lui, pour qu'elle le regarde avec ces yeux curieux.
Il avait soufflé en attendant une fois sur sa tasse, parce que cela faisait des vagues et que c'était idiot mais amusant (plutôt, ce qui était amusant, c'était de voir le visage choquée des vieilles dames, mais passons). Cela n'avait aucune vocation de refroidissement du breuvage. D'ailleurs, il se brûlait toujours.

Et sans aucun doute (car qui pourrait imaginer autre chose ?), ce n'est absolument pas à cause du nom qui venait de franchir les lèvres d'Ugo, mais bien de la chaleur du thé, qu'il s'étouffa brusquement en avalant de travers lorsque le nom de "Adorasti" fut prononcé.

Ses épaules se voûtèrent encore plus alors que tout son corps était pris d'une quinte de toux. Il se détourna et fit quelques pas vers la fenêtre tenant toujours sa tasse entre les mains. Entre le rire, les larmes et l'étouffement total, il tenait sa tasse en équilibre.
Lorsqu'il se fut enfin à peu près contrôlé, (après tout, il existait différentes branches Adorasti... Pardon... le thé n'était pas si chaud que ça, n'est-ce pas...) il regarda Ugo avec un sourire ironique, dirigé cette fois contre lui-même, et dit avec une simplicité qui dans sa matérialité brute frisait l'indécence :


"Avalé de travers..."

Ce qui avait le mérite d'être parfaitement juste. Il eut quelques soubresauts encore avant de reprendre de cette voix éraillée que l'on a lorsque l'on a trop toussé.

"C'est fort dommage que vous n'ayez pas fait de voyage avec votre époux. Il n'y a rien de mieux que d'envoyer deux jeunes époux en voyages de noce. Comme ça, en quelques semaines à peine, les deux conjoints se sont tout dit, ont déjà compris qu'ils étaient avec la pire personne de leur vie, et savent qu'ils n'ont plus besoin de s'adresser la parole. Il suffit juste qu'ils se détestent mutuellement et essaye de s'empoisonner pour rester le dernier vivant.
Cela gagne toujours beaucoup de temps.

Il se laissa tomber dans un fauteuil, n'ayant pas l'intention de continuer une conversation debout, peu importait si une dame présente n'était toujours pas assise...

"Mais en fait, il me semble qu'Ugo m'a dit que c'était un mariage arrangé."

Il se tourna vers Bianca.

"Tu as eu de la chance alors. Beaucoup de chance même. Tu savais déjà tout cela avant même de te marier... Le mariage politique est, bien sûr, la meilleure forme de mariage. La moins hypocrite du moins. Je pense qu'on devrait marier toutes les femmes par politique. Cela serait de beaucoup simplifié. Evidemment cela ferait beaucoup d'hommes mariés par politique, mais c'est un moindre mal. D'autant que les assassinats suivraient de peu (d'ailleurs c'est étonnant que tu ne sois ni veuve ni morte), et la terre deviendrait de plus en plus calme. Avec un peu de chance il n'y aurait même pas d'enfants."

Iago tournait et retournait sa tasse entre ses mains, son regard passant rapidement de la tasse au visage d'Ugo, à celui de Bianca, aux mains de la jeune fille, à sa tenue, puis de nouveau dans le vague. Il bavardait joyeusement, ironiquement et rapidement de ses vues sur le mariage, comme s'il parlait de la pluie et du beau temps.
Et c'est, d'ailleurs comme à son habitude, sans transition et presque sans s'arrêter qu'il changea totalement de sujet.


"Et il y a des Adorasti à Venise ?"

Iago n'en avait jamais entendu parlé. Florentin de naissance, il avait savait bien sûr qu'il y avait une branche florentine des Adorasti... Mais il ne savait pas qu'à Venise...
Enfin, il y en avait sans doute un peu partout, des Adorasti... Iago avait même entendu parlé d'Adorasti vagabond et fréquentant le monde interlope des femmes équivoques...
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Coriolan
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Dim 12 Juin - 13:15

Coriolano manqua de secouer la tête. En tout autre occasion, il ne doutait pas que Bianca eut été en mesure d'apprécier l'esprit aiguisé comme une lame de Iago. Mais pas dans ce cas précis. Après la soirée qui viendrait, sans doute. Mais pas pour le moment. Ce fut donc avec une dangereuse sérénité qu'il répondit à son ami :

"Ne crains point Iago, nous avons reçu de père, sur le mariage, des idées on ne peut plus pertinentes. Que Bianca a, d'ailleurs, parfaitement assimilées. Mais je ne pense pas que ce soit le temps pour en parler. Lors d'une prochaine visite sans doute.
Et pour répondre à ta question mon cher, oui, il y a des Adorasti à Venise. Le Prince Elio s'y est installé, peu de temps à notre arrivée. Ce qui me donnera à présent l'occasion de voir ma chère soeur bien plus souvent que ces dernières années."

Ces derniers mots avaient été prononcés avec un léger sourire en direction de Bianca. Même s'il n'éprouvait pas la moindre rancoeur envers Iago - il en aurait été bien incapable - Coriolano sentait un léger regret l'envahir. Déjà, il devait changer d'attitude et de masque. Il avait suffit de l'entrée en scène d'une seule personne.
Rejetant une mèche de cheveux en arrière, le Prince se dirigea vers sa soeur.


"Soyez assurée que je viendrai ce soir, et j'ai la certitude que cette petite fête sera parfaitement réussie, pour vous comme pour moi. Je vais vous raccompagner jusqu'à l'embarcadère, si vous me le permettez."

Coriolano se tourna quelques instants vers Iago, ses lèvres formant quelques mots silencieux

"Attend-moi ici."

Il saisit délicatement le bras de sa soeur, geste de respect et de protection, et sortit du salon d'un pas mesuré. Déjà, le jeune homme comprenait ce que Venise impliquait. La souffrance, non pas de ses opposants seuls mais également de ceux qu'il aimait. Les alliances forcés de caractères antagonistes. Son père le lui avait souvent dit.

"L'amour est l'expression suprême du luxe. C'est un gâchis extraordinaire et grisant. En tant que tel, ne t'y adonne que lorsque toutes les cartes sont entre tes mains."

Il fallait reconnaître que, pour l'instant, la situation en était loin... Mais il détenait tout de même quelques atouts majeurs.

[Embarcadère]


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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Dim 12 Juin - 19:19

La jeune femme tomba des nues lorsque que le gentilhomme parla. Quelle effronterie ! Quel manque de savoir-vivre ! Il ne manquait pas de souffle, elle resta les yeux grand ouvert durant toute sa tirade. Comment pouvait-on avoir un avis aussi pessimiste de l’amour. Même les Adorasti ne se s’étaient jamais permis de lui parler de la sorte.

Quand il s'était étouffé avec le thé, elle avait faillit lui lancer un "bien fait !" en pleine figure, mais elle jugea cette remarque un peu trop puérile. Et puisque que son frère le tenait en haute estime et qu'elle respectait le jugement de son frère, elle se contenta de lui dire.

"Prions le ciel pour que d'autres pensent autrement que vous monsieur. Sinon il n'y a rien plus rien qui puisse nous retenir dans son bas monde."

Elle avait senti le changement d'attitude de son frère lors de l'entrée d'Iago. Elle n'y fit aucune allusion. S'il voulait lui parler, il viendrait de lui-même. Il savait qu’il pouvait compter sur elle, tout comme elle pouvait compter sur lui. Dans tous les cas, sa présence à la réception la rendrait heureuse, et lui donnerait plus d’assurance.

" Je suis ravie que vous puissiez venir mon frère. "

Au moment de retourner vers la gondole, elle se retourna vers le gentilhomme et avec une révérence :

"Enchantée de vous avoir rencontré, Monsieur. "

Elle se retint de dire " et au plus tard possible." Pensant qu'il ne comprendrait sûrement pas l'humour de la réplique. Elle laissa son frère lui prendre le bras et l'accompagner jusqu'à l'embarcadère.

[Embarcadère]
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 15 Juin - 21:41

Iago était resté dans son fauteuil, faisant un vague geste de la main à la sortie de la jeune fille.
Pour la première fois de sa vie, il trouva que la fenêtre était bien placée, que le fauteuil était bien placé, et que l'amitié de Ugo pour sa sœur était une bonne chose.
Car si son fauteuil n'avait pas été placé dos à la fenêtre, le mettant ainsi en contre jour, si Ugo n'avait pas été obnubilé par sa sœur... il aurait tout de suite remarqué que Iago avait blêmit.

Le bruit de la porte se refermant, sembla être une sorte de déclencheur pour lui. Il se leva brusquement et fit un pas en avant, puis s'arrêta. Il avait l'impression que ses jambes étaient flageolantes et sa main tremblait vraiment. Il fit de nouveau un pas et s'arrêta en plein milieu du salon.

Les idées tourbillonnaient dans sa tête, milles idées semblaient cogner contre son crâne. Son cœur battait à tout rompre. Il n'arrivait plus à arrêter ses pensée, à les trier, à les organiser. Il n'arrivait plus à penser simplement, un trou blanc s'ouvrait devant lui qui semblait vouloir l'aspirer tout entier.
Il reposa en tremblant sa tasse de thé. Il passa une main sur son front et s'assit lentement.

N'importe qui d'autre que lui se serait précipité vers le délicat petit meuble d'angle qui contenait la réserve d'alcool que l'on servait aux personnes de passages. Il n'y avait rien de tel que la brûlure de l'alcool pour reprendre conscience de soi et se remettre les idées en place. Mais Iago ne voulait pas qu'une sensation physique puisse aider son esprit.
Il restait sur le canapé, les mains croisées sur les genoux, les yeux dans le vide. Il fallait attraper la première pensée.

Alors c'était pour maintenant.

Ugo lui avait demandé de l'attendre.

En fait, il avait toujours su que, dans le choix de ses amis, son refus de se mêler des affaires des autres, son mépris et son dégoût pour les petites querelles de famille, lui attireraient des ennuis. Bien sûr qu'il savait depuis longtemps que les Grazziano et les Adorasti n'étaient pas des gens qui s'appréciaient mutuellement pour utiliser un euphémisme.
Mais qu'y pouvait-il ? il n'allait tout de même pas souscrire à la phrase "Les amis de mes amis sont mes amis" ou "les ennemis de mes amis sont mes ennemis"... N'y avait-il rien de plus stupide que ce genre de phrases idiotes ? Non bien sûr.

Mais maintenant...

Avant, quand il avait rencontré Ugo, il ne s'était soucier, comme d'habitude, que de la personnalité de son interlocuteur. Comme encore avant pour Lui. Il détestait les préjugés, il ne comptait que sur son propre jugement, et peu importait l'avis des autres. Maintenant, tant pis si les Grazziano et les Adorasti se détestaient.

Donc maintenant… C'était maintenant qu'il allait devoir expliquer tout ça. Il allait devoir faire comprendre à Ugo et à...

Iago qui était resté immobile devant un fauteuil s'agrippa soudain au dossier. Mon Dieu... que lui, soit là, à Venise, à quelques maisons peut-être de là peut-être... Et qu'il n'en ait rien su jusqu'à maintenant ! Mais ce n'était peut-être pas le même. Après tout, on donne souvent le même genre de prénom dans une famille. Si cela se trouvait, le Elio Adorasti de Venise était un vieux barbon, où un tout jeune enfant. On ne pouvait pas savoir encore…

Iago regarda autour de lui. Il était plus calme, il semblait presque détendu si l'on exceptait ses mains serrées autour du cadre du dossier et son visage encore plus sombre qu'à son habitude.
Et Ugo qui ne revenait toujours pas.
Il regarda la grande horloge dans un coin de la pièce et réalisa que c'était normal... cela ne faisait qu'une minute qu'il était parti.

Mais il voulait savoir, il voulait voir, il voulait être certain. Il voulait tout mais ne savait pas trop quoi. C'était un sentiment impérieux. Implacable, irrévocable. Il voulait courir.

Attendre. Il devait attendre. C'était ainsi que les choses se faisaient. Il attendait qu'Ugo revienne, et là, il lui demanderait calmement des explications.
Non, il n'allait pas se précipiter à la maison Adorasti. Non il n'allait pas prendre le risque de déranger Ugo dans ses adieux à sa sœur, le Prince Adorasti par une intrusion intempestive, ou Anna par la gêne qu'il pourrait lui causer (en fait de cela il s'en fichait réellement). Non. Non, il n'allait pas forcer toutes les convenances et se précipiter dans une maison où on ne l'attendait pas...

Il regarda de nouveau l'horloge. Même pas 15 secondes de plus.
Le temps se transformait lâchement en éternité.
Les jointures de ses doigts étaient devenues blanches sous la pression qu'il exerçait sur le dossier du fauteuil.

Soudain, ses épaules se mirent à trembler, mais c'est un rire qui le secouait.
Il relâcha tout brusquement et se précipita vers la porte qu'il ouvrit violemment, et referma brusquement derrière lui.

Au diable les convenances, il fallait qu'il en ait le cœur net.
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Muzio Barrozi
Médecin
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 5 Jan - 19:49

[Embarcadère]

La petite troupe se fit introduire dans un salon de dimensions respectables. Muzio en profita pour déposer sa trousse dans un coin tout en prévenant une servante qui passait, au cas où lui prendrait l'envie d'évacuer l'objet... Servante qui prit note d'un signe de tête, repartit puis revint brusquement sur ses pas et le débarrassa de son manteau en s'excusant d'un air gêné.

Le sentiment de culpabilité qui le tourmentait depuis le début de matinée s'était estompé. La rancoeur qui naissait contre Elio également. Le médecin avait pour ainsi dire repris du poil de la bête et retrouvé son assurance. Il avait repensé à l'inquiétude du prince Ugo la veille, dans le jardin, et s'était reproché son manque de charisme et de force.

En entrant dans la pièce, il avait observé les lieux sans insistance, notant le goût avec lequel les meubles étaient placés, les tableaux arrangés. Puis, se retournant vers la Princesse, il se demanda subitement depuis combien de temps celle-ci habitait Ca'Adorasti mais évidemment il n'allait pas le demander ainsi. Le Prince n'allait sans doute pas tarder à les rejoindre, et Muzio espérait ne pas avoir l'air trop fatigué de sa nuit. C'est sur cette espérance que le médecin découvrit avec stupéfaction qu'il avait faim. Le phénomène était suffisamment rare pour être remarqué.

Remarqué, certes, mais pas au point de lui faire oublier le reste. Embrassant du regard les fauteuils, les rideaux, Muzio imaginait les angelots enfants, courant dans la pièce et se cachant en riant. Leurs chevelures blondes se mêlaient pour un jeu, la maison résonnait de leurs cris...


« Vous avez donc passé votre enfance dans ces murs, Madame ? » demanda-t-il tandis que l'image des deux enfants se dissipait doucement en se fondant dans le visage de la jeune femme qui lui faisait face.
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 5 Jan - 20:26

[Le Grand Hall - Les Escaliers]

La princesse avait remercié l'intendant d'un signe de tête quand celui-ci avait dit qu'il allait prévenir le prince Ugo de son arrivée. Elle avait hâte de pouvoir parler à son frère et lui faire part des derniers évènements.

Elle avait suivi Ernesto jusqu'au Grand Salon, suivie du reste de sa suite. Une fois sur place, Bianca décida de ne pas s'asseoir. Elle était encore nerveuse et faire les cent pas soulageait un peu son anxiété.

Son regard se posa par hasard sur le médecin. A moins d'une heure d'intervalle, tous les quatre se retrouvaient dans la même position, au même endroit mais dans un palais différent. Seulement, Maître Barrozi semblait nettement moins perturbé qu'au palais Adorasti. Se pouvait-il qu'il se plaise plus ici que chez Elio ? Pourquoi pas après tout, elle-même se sentait plus à l'aise ici que chez son époux.

La question de Muzio la sortit de ses pensées. Elle lui sourit et répondit d'une voix douce et calme.


"Non, j'ai grandi avec le reste de ma famille à Naples. Mon frère s'est installé à Venise très récemment."
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Sole Cro
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mar 9 Jan - 8:26

[L'office]

La porte du Grand Salon s'ouvrit alors silencieusement, et, l'on put entendre le petit bruit que faisaient les souliers de Sole en foulant le sol, tandis qu'elle s'avançait vers la Princesse, le médecin, et la suite.

Elle n'avait pas encore eu l'honneur de voir la soeur de son maître, et la trouva d'une grande beauté.

Elle fit une profonde révérence.


"Sa Grâce et monsieur prendront-ils une petite collation?", demanda-t-elle avec le plus grand respect, sans se redresser.
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Coriolan
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mar 9 Jan - 19:03

[La salle d'arme]

"Non, Sole, nous allons bientôt passer à table..."

C'était une voix joyeuse qui venait de répondre derrière Sole, avant de le prendre par l'épaule et de le redresser gentiment. Coriolano savait que Bianca était un peu mal à l'aise devant les salutations trop profondes, et lui-même pensait qu'un homme n'avait pas besoin de se courber devant un autre. Il se pencha un peu vers lui pour ajouter rapidement :

"En revanche, si tu sais où est Monsieur L'intendant, je veux bien que tu amènes jusqu'à lui Matteo et le Monsieur qui l'accompagne, ils sont dans la salle d'arme je crois, ils ont des affaires à régler... Va !"

Il tapota amicalement l'épaule du garçon. Il l'aimait bien, le chenapan. Il jurait, crachait comme un charretier, mais avait l'esprit vif et le regard intelligent. Un gamin très sympathique. Coriolano se faisait un point d'honneur de connaître les prénoms de ses serviteurs, et celui là était entré sans difficulté dans sa mémoire.

Cependant il est vrai qu'à cet instant le jeune garçon n'occupait pas entièrement son esprit. Non à vrai dire depuis qu'il était entré dans la pièce, son regard n'avait quitté sa sœur.
Dès qu'il eut donné ses consignes à Sole, il s'avança vers elle et lui attrapa les mains, rayonnant de joie.


"Bianca... "

D'un mouvement impulsif, et assez peu princier, il la serra dans ses bras.

"Que de temps vous avez mis pour arriver ! J'ai crains un instant que vous ne puissiez venir..."

Il s'écarta d'elle et gardant ses mains sur ses épaules la regarda en souriant.

"Mais vous êtes là et votre présence me comble de joie !"

Cela se voyait avec une grande évidence sur sa figure... Il lui fit un baise-main plus réglementaire et salua le reste des invités, Romana, qu'il gratifia d'un sourire reconnaissant, Muzio qu'il remercia d'un signe de tête, les yeux pleins de gratitude, et l'autre homme qu'il ne connaissait pas, mais qui eut le droit lui aussi à un grand sourire tellement Coriolano était à sa joie.

Une idée soudain amena transformant son sourire en un sourire amusé.


"Oh ! Devinez qui m'est arrivé cette nuit ? Inès, notre cousine, et Raffaele, notre frère... elle est toujours aussi fine et il est égal à lui-même. Il a réveillé la moitié de la maison en arrivant, et a déjà disparut aujourd'hui pour explorer la ville je crois.
J'espère qu'ils reviendront et que vous pourrez les voir."

Il n'avait toujours pas remarqué l'absence d'Elio. Sans doute qu'inconsciemment il trouvait cela mieux ainsi.


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Romana L
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mer 10 Jan - 20:45

Romana avait suivi sa maîtresse dans le grand salon. Elle sentait la princesse nerveuse, et sa façon d'arpenter la pièce fit que Romana se voyait elle aussi peu à peu gagnée par sa nervosité. Elle sut gré au médecin de tirer Bianca de ses pensées par sa question, et surtout de faire cesser ce va et vient fatigant.

Un petit valet entra, qui venait peut-être annoncer le maître de maison. Non, ce n'était pas pour cela. Romana tiqua la proposition du jeune garçon : "sa grâce et monsieur" ? Elle-même et Gaetano ne comptaient donc pour rien ?!

Mais ce fut le maître de maison qui répondit lui-même à son domestique. Avec l'arrivée d'Ugo di Grazziano, ce fut comme si quelque chose se détendait dans l'atmosphère un peu lourde de la pièce. Son bonheur de revoir sa soeur était si réjouissant à voir que Romana remercia intérieurement le ciel pour l'absence d'Elio, qui aurait pu ajouter un peu d'ombre au charmant tableau. Absence sur laquelle la dame d'honneur avait eu tout le temps de s'interroger pendant le voyage, sans trouver l'occasion de questionner Bianca. Elle n'était au courant de l'invitation que depuis quelques heures. Son cousin l'avait peut-être déclinée ? Bianca n'avait rien ajouté quand à ses motivations. De toute façon c'était peut-être mieux ainsi.
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Ven 12 Jan - 23:23

Ugo n'était donc pas beaucoup plus familier de Venise que lui. Etait-ce pour cela que le Prince di Grazziano paraissait encore si naturel, comme préservé de la saleté par une auréole de blondeur ? Sans doute la mort d'un parent ou l'acquisition d'un titre avait occasionné le mariage de l'une et le déménagement de l'autre. Naples... L'hiver de Venise devait leur paraître bien rude ! Muzio en était là dans ses réflexions lorsqu'un valet vint proposer une collation. Pourquoi diable s'était-il limité à la Princesse et à lui-même, ce n'était qu'une petite énigme de plus. Peut-être... parce qu'il avait l'air d'un 'familier de la famille Grazziano' ? Il étouffa un sourire, et fut dispensé de répondre par l'arrivée du Prince.

L'aura fonctionnait visiblement. Muzio se surprit même à sourire à l'entrée d'Ugo, nourrissant sans le savoir les mêmes pensées que la dame d'honneur. Le nom de 'Matteo' attira cependant son attention. Mais... ce devait être une coïncidence. Comment le seigneur des libertins aurait-il pu être assez familier du Prince pour s'en faire appeler par son prénom ?

Les retrouvailles des angelots faisaient plaisir à voir. L'amour du frère pour la soeur que Muzio avait perçu la veille se montrait au grand jour, avec, semblait-il, suffisamment de sincérité pour être cru. Le médecin répondit par une inclinaison brève du buste au regard reconnaissant qui l'accueillit.

Deux mots encore du Prince s'accrochèrent à son oreille. 'Notre frère'... Non pas deux donc, mais bien trois ! Et le troisième en question semblait être plus jeune encore, puisque réveillant la moitié de la maisonnée sous l'oeil attendri de l'aîné. L'image d'un garçonnet déluré d'une douzaine d'années - blond, fallait-il le préciser ? - s'imposa à l'esprit du médecin. Il lui tarda soudain de rencontrer le cadet Grazziano pour compléter le duo charmant.

Ugo ne semblait pas s'étonner de l'absence de son beau-frère, et Muzio supposa que l'un de ses valets l'en avait prévenu. Ne pas le faire remarquer relevait de la délicatesse. D'autant plus que, sans doute, le Prince n'était pas très fâché de cette absence.

Tandis que la Princesse Bianca répondait aux tendresses fraternelles, Muzio se pencha vers Romana et d'une voix ni trop forte pour ne pas dominer les mots princiers, ni trop basse pour ne pas laisser croire à une diffamation, lui demanda:


« Quel âge a ce frère dont Monsieur le Prince a annoncé la venue ? Réside-t-il donc à Naples ? »
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Sole Cro
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Sam 13 Jan - 0:47

"Comme il plaira à Monsieur", répondit Sole en saluant à nouveau toute la compagnie, d'une simple inclination de la tête, cette fois.

Elle avait bien compris que son maître n'était pas friand des révérences trop marquées, une chose qui le distinguait bien du vaniteux vicomte de Revanse.

Elle n'avait pas à aller chercher monsieur l'Intendant, elle croyait savoir où il se trouvait, pour l'avoir aperçu en arrivant à l'office.

Elle partit donc pour la salle d'armes, toujours accompagnée du petit claquement de ses souliers.


[La salle d'armes]
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Ines di Grazziano
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Dim 14 Jan - 0:12

[Le couloir menant aux communs.]

« Bianca !! »

L’apostrophe était trop familière pour une parente de son rang, le manque d’attention portée aux personnes présentes également. Mais la joie sincère et l’empressement presque enfantin que manifestait Inès en se dirigeant à grand pas vers sa cousine donnaient à la scène une dimension chaleureuse.
En quelques enjambées la jeune femme avait rejoint le centre du charmant tableau formé par Bianca et son frère, ayant, sans en avoir l’air, noté avec soin la présence et la mise de chacun des personnages en scène pour être à même de les cataloguer dès qu’ils lui auraient étés présentés. Une jeune femme vêtue avec une sobre élégance, probablement membre de la famille Adorasti, deux hommes légèrement en retrait, paraissant attendre qu’on les invite dans la conversation, et Ugo évidemment (mais pouvait-on vraiment s’attendre à voir la petite sœur privée du regard protecteur de son aîné ?).
Etrangement, des deux entités masculines inconnues qu’elle avait repéré dans la salle, aucune ne présentait le regard de glace et l’attitude hautaine que la coquette avait associés au personnage d’Elio Lacryma Adorasti en écoutant les ragots qui courraient sur son compte. Une nouvelle fois, le bouche à oreille semblait avoir fait d’un pauvre gentilhomme trop introverti un monstre de mépris et d’indifférence.
Mais le plus important n’était pas là pour le moment, Inès n’avait pas lâché des yeux la jeune épouse Adorasti et ne pouvait s’empêcher de trouver à son expression quelque chose de tiré, comme les vestiges d’une angoisse atténuée par la chaleur du refuge familial. Elle leva instinctivement une main jusqu’à la figure de son vis-à-vis, laissant fugitivement apparaître une expression contrite sur son visage habituellement souriant, mais les doigts s’abaissèrent presque aussitôt pour venir jouer brièvement avec une boucle blonde qui s’échappait gracieusement de la coiffure de sa cousine.


« Dieu que cela fait du bien de vous revoir ! Il me semble que nous nous sommes quittées depuis une éternité ! Vous ne pouvez savoir comme les fastes de Naples m’ont parus vides sans vous et vos chers frères. » S’exclama-t-elle en se retournant très légèrement vers Ugo.
« Mais comment allez-vous ? J’ai entendu dire que vous aviez fait eu un moment de faiblesse hier au soir, cela n’a rien de grave j’espère ? »

Elle avait « entendu dire », ou plutôt, c’était ce qu’elle avait retenu de la conversation entre deux soubrettes qu’elle avait croisées juste avant d’arriver dans le Grand salon. Peu importe d’où provenait l’information tant qu’elle était intéressante, les domestiques étaient généralement les personnes les mieux informées d’un palais.

Abandonnant le cours de cette réflexion, elle esquissa un mouvement de recul pour pouvoir faire face aux autres personnes présentes dans la pièce et leur adressa une gracieuse révérence.


« Messieurs, Madame. »

Décidément, elle n’arrivait pas à ce décider quant à savoir lequel des deux hommes était le plus apte à jouer le rôle du tyrannique époux Adorasti ; le plus proche, qui était légèrement penché vers la jeune femme à ses cotés, avait pour lui un air assez confiant, mais il paraissait bien trop affable, l’autre ne pipait mot, et il était impossible de dire si son expression taciturne était habituelle ou due à ses réflexions du moment.
Préférant jouer la carte de la sécurité au lieu de se ruer vers le premier venu pour lui faire savoir qu’elle était absolument ravie de l’avoir pour cousin, elle se tourna légèrement vers Bianca pour lui faire percevoir sa gêne.


« Accepterez-vous de faire les présentations madame ? Je ne voudrais pas commettre d’erreur. » Articula-t-elle d’un air attentif.

Le message était clair, d’autant plus quand on connaissait bien Inès et sa fâcheuse tendance à se mêler de tout, et plus spécialement de ce qui ne la regardait pas ; cependant, elle murmura du bout des lèvres, une main devant la bouche et tout juste assez fort pour que sa cousine puisse l’entendre :


« Il serait malvenu de confondre votre époux avec un éventuel amant. »
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Lun 15 Jan - 2:11

Alors qu'elle allait répondre au petit valet, la voix du prince Ugo lui fit relever la tête. Un sourire apparut malgré elle sur son visage à la vue de son frère. Il semblait lui aussi, joyeux de la voir, ou peut-être soulagé, ce qui n'aurait pas été étonnant étant donné le retard qu'elle avait.

Elle serra les mains de son frère puis se laissa étreindre à son tour. Elle aimait bien ces marques d'affection qu'ils se donnaient à chacunes de leurs rencontres.


"Je suis navrée de ce retard Ugo." dit-elle doucement.

Bianca souriait mais sa joie était contenue. Elle voulait lui parler mais à l'écart. Elle ouvrit la bouche mais la referma quand son frère lui parla d'autre chose.


"Inès et.. Raffaele est à Venise ? J'ai hâte de le voir, cela fait si longtemps que je ne l'ai plus vu."

La nouvelle lui faisait réellement plaisir. Elle n'avait pas vu son petit frère depuis plus d'un an. Elle avait bien des nouvelles par les lettres de sa mère, mais ce n'était pas la même chose. Bianca regarda de nouveau le prince.

"Ugo, je..."

Elle fut interrompue de nouveau par l'arrivée d'Ines di Grazziano qui l'apostrophait.

"Ines..." dit-elle en se tournant vers la jeune femme. Celle-ci vint jouer avec une mèche de ses cheveux, ce qui la fit sourire.

"Je suis heureuse de vous revoir également. Je vais bien rassurez-vous." dit-elle rapidement, voulant éviter le sujet de la veille.

Maintenant que la plupart des intéressés étaient arrivés, Bianca amorça une phrase mais fut coupée par sa cousine qui lui demandait de faire les présentations. Bianca ferma les yeux un instant, prise d'une grande lassitude. Quand elle entendit sa phrase murmurée à ses oreilles, la princesse rouvrit les yeux et lui lança un regard noir tout en lui murmurant à son tour.


"Je vous prie de cesser immédiatement ce genre d'allusions !"

S'adressant à son frère et à sa cousine elle désigna chaque membre de sa suite.

"Je vous présente, Romana Lacryma Baldini, ma Dame d'Honneur, Maître Barrozi et Gaetano Reverti, le secrétaire particulier de mon époux."

Et avant d'être coupée de nouveau, Bianca enchaîna, d'un ton plus sec qu'elle ne l'aurait voulu.

"Ugo, puis-je vous voir un instant ? ... S'il vous plait." finit-elle en s'adoucissant.

Elle entraîna son frère à quelques pas du groupe et sortit d'un pli de sa robe la lettre de son époux.


"Ceci expliquera mon retard..." lui dit-elle en tendant le message à son frère.

[La bibliothèque]
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Coriolan
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Mar 16 Jan - 19:35

Coriolano n'avait pas remarqué tout de suite le malaise de sa sœur. Ce n'est qu'en la voyant hésiter, s'arrêter, et employer ce ton qu'elle n'avait que si rarement qu'il réalisa que quelque chose n'allait pas bien.

C'est là aussi qu'il réalisa que son beau-frère était absent. Il se laissa entraîner par Bianca, tandis que son air de joyeux se transformait peu à peu jusqu'à devenir concerné et intrigué.

Un de ses bras était toujours tenu par celui de Bianca. Il prit de l'autre main la lettre qu'elle lui tendait et la tourna et retourna doucement entre ses doigts. Que pouvait-il y avoir dans cette lettre qui soit responsable de cette transformation chez sa sœur ?

Bianca semblait avoir un poids sur le cœur et dans l'esprit qui disséminait un poison subtil détruisant toutes les pensées heureuses. Elle ne pourrait pas apprécier le repas si elle ne le déposait pas ou ne le mettait pas de côté. Et elle ne le ferait pas devant tout ce monde...


"Je ne peux lire cela ici... Et à propos de lettre j'en ai une de Père qu'il faut que vous lisiez..."

Son ton avait gardé une note d'enjouement. Personne ne serait dupe, et Coriolano n'avait pas l'intention de tromper qui que ce soit. Il s'agissait simplement de donner une apparence convenable à tout cela pour ne pas créer de gêne chez ses invités. Il commença à faire trois pas vers la bibliothèque avant de se retourner vers les autres personnes présentes dans la pièce.

"Veuillez nous excuser un instant. Je suis un hôte exécrable, je le crains, préférer mes propres bavardages à votre présence... Cousine, vous êtes la seule à pouvoir relever le nom des Grazziano : Je vous fais Maîtresse de Maison !"

Il dit cela en faisant une mimique d'adoubement, sourit à tout le monde, et entraîna Bianca dans la bibliothèque.

[La bibliothèque]


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Ines di Grazziano
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MessageSujet: Re: Le Grand Salon   Sam 3 Fév - 1:56

Le sourire de sa cousine et le regard sévère qu’elle lui jeta suite à ses allusions romanesques rassurèrent un peu Inès quant à l’état de la jeune femme. Au moins le mariage ne l’avait-il pas suffisamment accablée pour lui faire perdre son aimable caractère ni son éducation de princesse digne et respectable. Malheureusement, il semblait que celui-ci n’ait pas non plus affaibli son sens du devoir conjugale, et, au vu de ses réactions, Bianca ne s’était toujours pas décidée à choisir un amant chaleureux et follement épris pour réchauffer ses longues soirées d’hivers.

Peut-être le prince Adorasti suffisait-il à la combler, malgré les rumeurs sur son regard froid, ses manières distantes et son caractère exécrable ?
Elle se plut un instant à croire en cette hypothèse, adressant de gracieuses révérences aux invités qui lui étaient présentés un à un, lorsque, ayant effectué sa dernière courbette, elle sentit une légère dissonance dans la voix de la jeune épouse, réalisant au même instant que le mari n’était manifestement pas présent dans la salle.

La Napolitaine sentit un profond malaise poindre dans son esprit alors que Bianca entraînait son frère à l’écart, souhaitant manifestement s’entretenir avec lui en particulier.
Assurément, Elio Lacryma Adorasti avait une bonne raison pour ne pas être présent, où incarnait véritablement le monstre sans cœur et assoiffé de sang qu’on lui avait décrit. Inès eut la soudaine envie de saisir sa cousine par les épaules et de la secouer en tout sens pour la contraindre à se libérer de ses chaînes en rendant à ce goujat la monnaie de sa pièce. Quelque chose, cependant, lui disait que l’épaule bienveillante de son frère conviendrait mieux aux épanchements de la princesse.

Refoulant donc son indignation, elle releva un regard souriant vers les invités, reprenant ses babillages dans l’espoir de détourner l’attention des hôtes des deux parents.


« Je suis absolument ravie de faire votre connaissance, madame, messieurs. C’est un plaisir, pour moi, de rencontrer tant de gens honorables, si peu de temps après mon arrivée à Venise. La sérénissime comporte, m’a-t-on dit, de nombreux avantages, dont celui, que je ne saurais remettre en doute, de permettre d’agréables rencontres…»

Elle fut interrompue dans son flot de paroles par le retour d’Ugo, qui s’excusa platement auprès de chacun avant de prendre congé, suivit de sa sœur, désignant théâtralement Inès comme maîtresse de maison par intérim. La jeune femme les regarda tous deux passer la porte, laissant quelques instant paraître son désarroi avant de se retourner vers les invités qu’elle avait désormais la lourde tâche de distraire.

« Allons bon ! » S’écria-t-elle avec une mimique tragi-comique. « Les frères et sœurs ! Il suffit de les mettre dans la même pièce pour qu’ils partent comme deux enfants dans leurs cachotteries… Mais comment ne pas leur pardonner n’est-ce pas ? » Questionna-t-elle en couvant du regard un point imaginaire, avant de reprendre avec un grand sourire : « Enfin, ne craignez rien, pour ma part, je suis fille unique. »

Elle ponctua la fin de sa phrase d’un léger rire, espérant ne pas se voir opposer qu’une froide indifférence, et s’avançant légèrement vers « ses » hôtes.

« Enfin, je manque à tous mes devoirs, je me nomme Inès di Grazziano, cousine de Monsieur le prince et de Madame sa sœur. » Annonça-t-elle en courbant l’échine d’un air contrit. « J’ose espérer que vous me pardonnerez mes excentricités, j’arrive à peine à Venise.
Mais peut-être pourrez-vous m’éclairer sur cette cité ? On dit tant de choses sur la Sérénissime… Ses mystères, ses dangers, ses fastes, ses saltimbanques… Ses amoureux.
Avez-vous eu l’occasion d’en découvrir toutes les facettes ? »
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