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 La Chambre de Bianca

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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Ven 19 Aoû - 23:46

[Couloir du Grand Salon Bibliothèque]

Tenant toujours la Princesse doucement par le bras, Gabriella entra dans la magnifique chambre de Bianca et se dirigea vers le lit où elle aida la jeune femme à s'asseoir. La petite bonne qui les avait suivies posa le plateau avec le thé sur une table avant de repartir en s'incinant.

"Je dois exécuter les ordres du Prince." dit-elle comme pour s'excuser avant de se rediriger vers la porte.
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Ven 19 Aoû - 23:58

[Couloir du Grand Salon Bibliothèque]

La jeune femme entra dans sa chambre d'un pas lent et titubant. Heureusement que la jeune servante était la pour la soutenir, il y aurait eu peu de chance qu'elle il parvienne seule.

Elle s'assit sur le lit, et posa ses mains sur ses genoux...


"Je sais" murmura la jeune femme, les yeux rivés vers le sol.

Elle ferma les yeux alors que deux grosses larmes roulaient sur ses joues... Elle s’allongea sur son lit, sur le coté, la tête sur l’oreiller, les mains près de son visage. Ces cheveux à moitié défaient, étalés sur le couvre lit…


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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Sam 20 Aoû - 0:06

La Princesse avait beau être une dinde à ses yeux, Gabriella fut un peu attristée de la voir si malheureuse. Poussant la petite bonne dehors, une main dans son dos, Gabriella referma la porte et la vérouilla, récupérant la clef qu'elle glissa dans sa poche.

*Non mais quelle journée !*

La petite bonne repartie dans les couloirs, Gabriella prit une autre direction pour rejoindre le Prince Elio.

[Appartements du Prince - Bureau]
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Sam 20 Aoû - 0:31

Sitôt la servante partie, Bianca se laissa aller à sa tristesse, doucement une douce pluie salée mouilla se joues, puis les sanglots devinrent de plus en plus forts...

Comme elle avait peur la pauvre petite Princesse, elle se sentait encore plus seule à présent. Elle avait l'impression d'étouffer, sa respiration se faisait courte et difficile.

Elle se redressa et descendit de son lit, elle arracha plus qu’elle n’enleva les agrafes de sa robe qui s’étala sur le sol dans un bruissement sourd d’étoffe froissée, les jupons suivirent. Elle défit les cordelettes maintenant le corset qui lui compressait la poitrine et qui s’empressa de rejoindre le reste des vêtements étalés par terre.

La jeune femme s’assit à même le sol et posa la tête sur le couvre-lit. Folle, elle devenait folle.

Une à une elle enleva les barrettes et les rubans qui encombraient sa chevelure qui descendait à présent en cascade sur ses épaules à moitié dénudé par la chemise longue qu’elle avait gardé.

Elle soupira, essayant de sécher ses larmes et de calmer les battements de son cœur.
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Luciano di Lorio
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Sam 20 Aoû - 5:41

[Chambre de Luciano di Lorio]

Faisant claquer sa canne contre le sol, comme à son habitude, Luciano se rendit jusqu’à la chambre de la Princesse Bianca. Son pas rapide et régulier résonnait contre le sol, mais, trouvant la porte fermée, il s’en approcha à pas feutrés. La cloison n’était pas assez épaisse pour étouffer le sanglot déchirant provenant de la pièce. La Princesse Bianca était donc, encore une fois, en pleurs? Pour quelle raison cette fois-ci? Cela avait-il un lien avec sa sortie de l’après-midi? En tendant l’oreille, l’aristocrate réalisa que la jeune femme était encore plus bouleversée qu’à l’habitude. C’était le moment idéal pour l’aborder et gagner sa sympathie. Elle n’avait aucun allié au Palais, même auprès des domestiques. Son plus proche parent était l’ennemi juré de sa nouvelle famille. Elle était seule… et il était exactement ce dont elle avait besoin. Un homme expérimenté qui saurait la soutenir et lui porter conseil.

À pas de loups, Luciano rebroussa chemin et puis, en prenant soin qu’on puisse l’entendre de la chambre, cette fois-ci. Ainsi, la Princesse aurait le temps de reprendre contenance et ne se sentirait pas surprise dans un moment de faiblesse. L’homme blond se tint un moment devant la porte avant de cogner par trois fois. Assez fort pour que seule la jeune femme l’entende, assez bas pour que le bruit soudain ne l’apeure pas. Puis, il attendit de nouveau quelques instants, toujours dans le but de ne pas l’affoler pour ensuite l’appeler de sa voix douce et grave:


« Princesse Bianca? Êtes-vous là? »
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Sam 20 Aoû - 11:54

La jeune Princesse avait fermé les yeux et recroquevillée sur elle-même, elle tentait de se raisonner et de trouver une solution à son isolement, lorsqu'elle entendit trois coups portés à sa porte.
Elle se leva et sécha ses larmes du mieux qu'elle put, puis elle enfila sa robe de chambre sur la fine chemise qu'elle portait et se dirigea à pas feutrés vers la porte. Il lui avait semblé entendre une voix d'homme.

Elle prit une grande inspiration afin de calmer les tremblements de sa voix et s'approchant de la porte, elle murmura...


"Qui est là?"

Elle posa ses deux mains sur le panneau en bois sculpté et appuya sa tête entre celles-ci.
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Luciano di Lorio
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Sam 20 Aoû - 21:45

À la question qui lui fut posée, Luciano répondit:

« Mon nom est Luciano di Lorio, Princesse. Je séjourne au Palais depuis quelques temps déjà... »

Il prit une pause pour laisser le temps à la jeune femme d'analyser ces dernières informations, savamment calculées pour qu'elle le considère comme neutre. Rien dans son nom n'indiquait un quelconque lien avec la famille Adorasti. La phrase qui avait suivi était pour lui signifier qu'il connaissait assez l'état de la maisonnée pour en discuter.

L'aristocrate s'enquit ensuite d'un ton prévenant:


« Comment vous portez-vous, Princesse? Il fait un temps merveilleux dehors, pourquoi ne pas sortir? Après les rigueurs de l'hiver, rien de tel qu'une promenade pour ramener quelques couleurs à ces joues pâles et tristes, ne croyez-vous pas? »
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Sam 20 Aoû - 22:20

En entendant l’homme se nommer, la jeune femme fronça les sourcils. Ainsi donc la demeure des Adorasti recevait de nouveaux hôtes. Elle ignorait que le Prince Elio voulait s'entourer d'une cour.

Lorsque l'aristocrate lui proposa une promenade, la princesse ne put s'empêcher de soupirer. Elle se mordit la lèvre et se laissa doucement glisser sur le sol. Les jambes repliées et la tête tout contre la porte.

L'allusion à la pâleur de ses joues étonna Bianca, ainsi il l'avait déjà vue. C'est drôle, elle ne se rappelait pas l'avoir rencontré, ni d'avoir entendu ce nom auparavant. Elle le tourna et le retourna dans sa tête. Non décidément ce nom ne lui disait rien.

Elle essaya de trouver une réponse cohérente, pour ne pas lui avouer que son époux possédait la clef de sa chambre et qu'elle se trouvait enfermée dans ses propres appartements.


"Je... Je suis désolée Monsieur... Mais... Je ne puis sortir..."
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Luciano di Lorio
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Dim 21 Aoû - 6:30

Ainsi, la Princesse se trouvait dans l'impossibilité de quitter ses quartiers. Pour quelle raison, c'était maintenant ce qu'il fallait déterminer.

D'une voix inquiéte, Luciano questionna la jeune femme blonde:


« Vous ne pouvez point sortir, Princesse? Comment cela est-il possible? Mais vous semblez troublée. Quelle est donc la cause de votre tourment? Seriez-vous souffrante? Je pourrais appeler un médecin auprès de vous dans le cas échéant... »

Sur le coup de l'inspiration, il baissa le ton et demanda:

« ... ou serait-ce, pardonnez mon impudence, le Prince Elio qui vous aurait fait violence? »

L'aristocrate attendit la réponse avec impatience. Il se pouvait parfaitement qu'elle pleure sans raison autre que sa présence au Palais, mais, si, par chance, la source de ses malheurs était le Prince Adorasti, l'affaire prenait beaucoup plus d'intérêt. Luciano, et plus tard Andrea, serait enchanté de l'apprendre, le comportement d'Elio étant le principal sujet de leur correspondance, en particulier lorsqu'il y avait matière à la critique.
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Dim 21 Aoû - 13:30

Bianca resserra les pans de sa robe de chambre sur sa poitrine et replia ses genoux. Elle hésitait beaucoup à parler. Elle ne pouvait lui dire qu'elle était souffrante, il ferait appeler un médecin et ils constateraient que la serrure était verrouillée et qu'elle n'en avait pas les clefs. Elle ne pouvait pas non plus lui dire que le Prince avait pris la décision de son enfermement.

« Non je vais bien, je ne suis pas malade. »

La jeune femme avait surtout peur des représailles de son époux, et puis, que diraient les habitants de Venise s'ils savaient que le Prince Elio séquestrait sa propre femme... La Princesse se redressa et murmura d'une voix tremblante.

« Je... ne peux pas sortir... Je vous en prie, n'en cherchez pas la raison...... Vous me perdriez. »

Elle voyait l’ombre de l’homme sous la porte grâce à la faible lumière que dégageait le couloir…

« C'est gentil à vous de vous inquiéter... »


Dernière édition par le Sam 15 Oct - 18:37, édité 1 fois
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Luciano di Lorio
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Dim 21 Aoû - 17:21

Les réponses de la jeune femme demeuraient vagues, mais on pouvait y dénoter un certain sentiment de peur. De quoi avait-elle donc peur? Elio? Luciano fronça les sourcils. Il faudrait d'abord gagner sa confiance, s'il souhaitait lui soutirer quoique ce soit. Il fallait exploiter l'antipathie de Bianca pour son mari, cette antipathie étant partagée et même surpassée, l'aristocrate n'aurait nul besoin de jouer la comédie. Il n'aurait qu'à exprimer le fond de sa pensée. Et même si Elio venait à apprendre ses paroles, la chose n'aurait aucun effet sur leur relation. Ils se détestaient tous deux cordialement et se se défiaient l'un de l'autre.

« Mais, voyons, Princesse, il est tout naturel que je me fasse du souci pour vous. Une si charmante jeune femme, ainsi, isolée au beau milieu d'un Palais peuplé d'étrangers... Et comment ne pas s'inquiéter, lorsqu'on se penche au comportement du Prince à votre égard... »
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Dim 21 Aoû - 18:13

La jeune Princesse écouta Luciano, surprise par ses paroles. L’homme ne semblait pas porter particulièrement son époux dans son cœur.
Il ne semblait nullement le craindre, ni s'inquiéter de ses réactions, contrairement à la pauvre jeune femme qui elle, était terrorisée. La menace de l’enfermer définitivement, était comme un nid, sur une branche frêle, torturé par le vent, prêt à tomber à tout moment, anéantissant les quelques rêves et le peu d'espoir qui s’y trouvaient.
Bianca éclata en sanglots lorsque le gentilhomme fit allusion au comportement du Prince vis à vis de sa personne. Tout Venise était donc au courant de la nature de leur relation ; quelle humiliation pour elle !


« Pardonnez-moi, je suis désolée... » Dit-elle en hoquetant.

Elle avait honte de se laisser abattre ainsi, mais sa tristesse l'avait submergé. Le besoin de se confier à quelqu’un lui pesait sur les épaules, et cet homme semblait avoir prit pitié de sa situation délicate.

« Je suis enfermée, je ne peux pas sortir » Lui avoua-t-elle. « Mais si mon époux apprend que je vous ai averti, il m’enfermera pour de bon …» La jeune femme se remit à pleurer, « …entre les murs d’un couvent… »
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Luciano di Lorio
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Lun 22 Aoû - 18:35

Lorsque la Princesse fondit en larmes, Luciano sut qu’il avait visé juste. La tâche n’avait pas été si ardue, mais il se félicita tout de même d’avoir réussi à arracher quelque émoi à la jeune femme. Un être déstabilisé par ses sentiments était toujours plus facile à interroger comme à manipuler. Un être de nature faible et en proie à de violentes émotions l’était, bien évidemment, encore plus.

La situation devenait de plus en plus intéressante. Ainsi, Elio ne se contentait plus d’ignorer superbement sa femme ou de la traiter avec sa glaciale courtoisie, il passait aux menaces. Qu’avait-elle donc pu faire pour susciter un tel éclat de sa part? Il n’était pas homme à parler à la légère. Il devait certainement y avoir une raison pour laquelle elle avait été enfermée. Restait qu’à la découvrir. Luciano était sur la bonne voie. Elle avait déjà commencé à passer aux aveux. Il fallait lui assurer sa propre aversion pour le Prince, se rallier à sa cause et la faire parler.


« Entre les murs d’un couvent, s’écria l’aristocrate avec étonnement. Mais ce n’est point un endroit convenable pour une dame de votre condition, Princesse. Comment le Prince Elio a-t-il pu en venir à ces extrémités quant à votre personne? Je le savais d’une grande dureté, mais pas d’une telle infamie. Cet homme serait-il donc un démon sans coeur que de vouloir vous cloîtrer loin de la vie mondaine et de vos êtres chers? »
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Mer 24 Aoû - 20:52

La jeune femme sécha ses larmes tant bien que mal. Les paroles du gentilhomme réchauffaient son cœur. Ainsi donc, il y avait une personne dans ce palais pouvant faire preuve de compassion à son égard. Elle sourit en silence de cette bonne fortune, et enfin, naïve, elle pensa que le monde n’était pas si cruel.

« Le Prince Elio…Mon époux… N’admet pas que l’on puisse s’opposer à sa volonté ou que les gens et les objets échappent à son contrôle »

En maintenant la Princesse sous le joug de la peur, il s’assurait ainsi de son obéissance et de sa docilité. La jeune femme perdait tout son autonomie.
Ainsi, voilà ce qu’elle était devenue, une pauvre marionnette qu’on enferme seule dans une pièce noire car elle est devenue inutile ou pire, parce qu’elle gênait les autres. Elle se doutait bien que dorénavant, le moindre de ces gestes ou paroles seraient épiés, comme si on surveillait un enfant désobéissant. Mais un enfant est-il encore un enfant qu’on a détruit tout ce qui le rendait innocent et brisé ses rêves les plus chers.


« Mon époux n’aime pas mon insolence… Il n’aime rien ni personne » Elle murmura la dernière phrase comme si le fait de la dire était la condamner.

Un démon tyrannique avec un cœur de glace, oui, le gentilhomme avait bien choisi le mot juste et le Prince méritait bien son surnom.

Mais assise à même le sol froid, la jeune femme commençait à frissonner, ces vêtements trop fins ne la protégeaient pas et l’air glacé s’insinuait sous l’étoffe et venait mordre sa chair.


« ...Et puis le Prince n’à que faire de me séparer de ceux que je porte dans mon cœur, il chercherait plutôt à m’en éloigner, d’où la raison de mon emprisonnement. »
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Luciano di Lorio
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Dim 28 Aoû - 0:10

Luciano hocha la tête d’un air entendu. Si le jugement de la Princesse au sujet de son époux n’était pas tout à fait juste, il était tout de même agréable à entendre. Il était toujours agréable d’entendre quelqu’un parler en mal du jeune Prince Adorasti. L’aristocrate décida de continuer dans la même voie pour ensuite chercher à en apprendre plus. Il ne devait surtout pas paraître trop pressé. De toute façon, il avait réellement tout son temps. Elio devait avoir donné des ordres pour qu’on laisse la jeune femme seule. Ils pourraient donc continuer leur conversation en toute tranquilité.

« Ah, le Prince Elio... Vous ne le connaissez que depuis peu, Madame, et si ceci peut vous apporter un quelconque réconfort, je puis vous affirmer qu'il en a toujours été ainsi avec lui. Il a brisé le coeur de son pauvre père de par sa distance... »

Un sourire ironique lui vint aux lèvres en pensant à Andrea, puis il poursuivit:

« Vous ne voyez peut-être qu'un simple mariage de raison dans vos épousailles avec le Prince, mais je peux vous affirmer que si Andrea, le père d'Elio, n'avait que de bonnes intentions dans ses démarches. Il pensait que son fils perdrait peut-être un peu de sa placidité en goûtant aux joies du bonheur conjugal... Il espérait même accueillir un jour chez lui ses petits-enfants. S'il avait su un seul instant que vous en souffriez tant, il aurait immédiatement rompu les fiançailles. Mais c'est un homme et comme tous les hommes, il a fait une erreur: celle de croire qu'Elio pourrait jamais trouver la rédemption. »

Il soupira longuement d'un air attristé. Il se félicita intérieurement du sang-froid avec lequel il avait débité ces paroles.

« Déjà enfant, le Prince était ainsi. Le garçon cruel et sévère ne perdit rien de son insensibilité en grandissant, il devint même plus austère si cela est possible. Je ne peux que vous plaindre d’être liée à lui jusqu’à la mort, Princesse, car cet homme est malfaisant et ce, pour le plaisir de l’être. »

Maintenant qu’il avait réaffirmé sa haine pour Elio, il devait en venir à la raison pour laquelle elle était enfermée. La jeune femme ne lui avait donné qu’un indice à ce sujet, il fallait la forcer à parler. Sa confiance devait avoir été gagnée, il pouvait la questionner sans danger.

« Mais, dites-moi, Princesse, en quoi votre lien avec vos proches est-il la cause de votre séquestration? »
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Ven 2 Sep - 18:00

« Son père ? …. »

La jeune princesse posa une main sur ses lèvres afin d’étouffer un cri de surprise, effarée par ce que l’aristocrate lui confiait.
Elle imaginait sans peine le jeune Prince, enfant diabolique, à la personnalité dure et peu aimante, échappant au contrôle de son père et détruisant petit à petit les espoirs que le vieil homme avait su placer en lui. Serait-ce la raison pour laquelle le Prince avait choisi de s’éloigner de celui qui l’avait engendré?

Elle fut touchée par la sincérité que donnait Luciano à ces propos tout en parlant du père Adorasti et de le savoir si attristé par son malheur lui faisait monter les larmes aux yeux, sachant pertinemment que son propre père n’en ressentait pas tant.
Oui, elle aussi aurait aimé avoir des enfants, les bercer, les embrasser, leur raconter des histoires. Mais le destin, comme chacun sait, est bien cruel, et le temps emporte loin des cœurs tous les songes. Elle en était l’un des exemples les plus fidèles.

Elle écouta attentivement l’aristocrate donner son avis à propos du caractère de son époux, et il semblait ne pas pardonner à son époux, la grande peine qu’il avait causé à son père, et lorsqu’il posa la question sur sa séquestration, la jeune femme hésita quelques instants, puis se lança. Après tout, que risquait-elle. Luciano ne semblait-il pas se rallier à son camp ?


« Je suis aller voir mon frère et j’ai osé l’inviter à la réception que donne ce soir, le Prince Elio »

Lui avoua-t-elle avant de soupirer.
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Luciano di Lorio
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Mar 6 Sep - 5:15

Luciano dut faire preuve de beaucoup de sang-froid pour ne pas éclater de rire en entendant les dires de la Princesse. Ainsi, elle avait invité Ugo di’Grazziano à la réception d’Elio Lacryma Adorasti. Ces deux noms mentionnés dans la même phrase ne concordaient nullement. L’idée même des Princes des deux familles rivales réunis dans la même pièce était encore plus inconcevable. Pas étonnant que Bianca se retrouve enfermée. Une telle bourde était impensable et pourtant, la jeune femme l’avait commise en toute innocence de cause.

Maintenant qu’il avait réussi à tirer les vers du nez de la Princesse, son travail était fait. Il devait informer Andrea de cette nouvelle à l’instant puis, réfléchir à l’attitude à adopter pour la soirée. Valait-il mieux rester dans l’ombre et observer le Prince Grazziano, afin de constater s’il s’y connaissait autant que sa sœur en matière de politique et de stratégie? Mais aller droit à lui et engager la conversation serait-il plus judicieux et surtout, agréable? On lui avait dit que le jeune homme était loin d’être désagréable au regard. Cela n’enlèverait rien au plaisir de s’entretenir avec lui, ennemi juré de la famille d’Andrea.

Avant toute chose, il devait quitter la jeune femme sur une impression de bienveillance et semer l’espoir en elle afin que, plus tard, elle n’hésite pas à venir pleurer sur son épaule si le besoin s’en faisait sentir.


« Princesse. Je crois avoir entendu des pas, chuchota-t-il, d’un ton pressé. Pour votre sécurité comme la mienne, je prends mon congé de vous, mais je vous assure que je ferai tout en mon pouvoir pour prévenir votre frère de votre présente situation. Il saura sans doute mieux quoi faire que moi, profane à ces querelles familiales… Ne désespérez pas, Princesse. Vous trouverez toujours un ami et un protecteur en ma personne. »

Sur ces derniers mots, il s’éloigna rapidement de la porte. Il devait se rendre au Palais di’Grazziano au plus vite pour mettre son plan à exécution. Elio s’en mordrait les doigts.

[La Salle de Bal - Le Couloir Menant à la Salle de Bal]
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Dim 18 Sep - 14:54

Assise derrière sa porte, la jeune femme soupira, les mots de Luciano lui redonnèrent du courage. S’il restait fidèle à sa parole, alors peut-être qu’elle trouverait un moyen pour fuir, ne serait ce qu’un moment de cet horrible mariage qui prenait la forme de lourdes chaînes qui l’entravaient de toutes parts.

« Soyez assuré, Monsieur, de ma plus profonde gratitude »

La jeune femme attendit que le gentilhomme parte, et ne se décida à se lever que lorsque que son pas ne fut plus q’un murmure dans le couloir. Ses pensées se chamboulaient et elle essayait de trouver un moyen pour sortir de cette cage où sa pauvre naïveté l’avait enfermée. Elle marchait de long en large, le pas de ses pieds blancs et nus sur le parquet froid de la chambre et le frottement de sa tunique sur celui-ci étaient les seuls bruits qui venaient troubler le calme de la pièce.

Sa main à la portée du visage, ses doigts tapotaient ses lèvres, la Princesse réfléchissait à toute vitesse, tournant et retournant les hypothèses dans tous les sens, des plus absurdes au plus dangereuses, passant par les plus osées. Mais le plus souvent elle en revenait au même point. Si le Prince lui permettait d’assister à la réception, (et il n’y avait rien de moins sûr) alors elle aurait une chance de demander l’appui de son frère. Mais son époux épierait certainement chacun de ses gestes. L’entreprise était donc sans nul doute risquée mais elle valait la peine d’être tenté. La jeune femme frissonna tout de même à l’idée de se faire prendre par le Prince.

Plongée dans cette intense réflexion, Elle ne vit pas que le jour avait commencé à décliner et que l'heure de la réception approchait à grand pas. Elle s’arrêta et leva son visage vers la fenêtre, elle soupira à nouveau. Les poings serrés sur son cœur ; elle avait pris sa décision.

Elle se posa devant sa coiffeuse, le reflet que lui envoya son miroir lui fit presque peur. Des yeux livides et tristes, la peau et les lèvres d’une pâleur maladive, et les cheveux en désordre, leur couleur ternie. Bianca se décida à se reprendre en main. Elle commença par passer un linge trempé dans de l’eau fraîche sur ses yeux et ses joues, effaçant ainsi les sillons que ses larmes avaient tracés. Bien, elle avait d’ors et déjà meilleure mine. Elle repassa un peu de poudre sur son visage afin de cacher les cernes et les quelques traces récentes de sa mélancolie, une touche de noir sur ses yeux, un peu d’huile sur ses lèvres. Puis elle entreprit de démêler sa longue chevelure blonde. Une fois sa coiffure à nouveau digne d'une personne de son rang, la Princesse remit ses vêtements et les ajusta comme elle avait coutume de le faire chaque matin. Un dernier coup d'oeil au miroir lui renvoya une image décente qui ne laissait aucune trace de ses humeurs.

Remettant ses chaussures, elle entreprit de faire les cent pas sur le parquet, la nervosité reprenant le dessus. Il fallait absolument qu'elle assiste à la soirée. Elle voulait voir son frère et lui expliquer la situation. C'était impensable qu'elle continue à être traitée de cette manière. Son regard se porta vers la porte-fenêtre et elle s'y approcha pensant que prendre un peu l'air lui ferait du bien.


[Balcon donnant sur le canal]
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Mar 18 Oct - 11:35

[Balcon donnant sur le Canal]

Bianca referma soigneusement la porte fenêtre. Un air froid s'était engoufré dans sa chambre et elle dut souffler sur ses mains pour les réchauffer.

S'asseyant au bord de son lit, elle se mit de nouveau à réfléchir. Cette périlleuse tentative avait-elle vraiment d'utilité ? Elle avait agi sur le coup de l'opportunité, de façon impulsive sans avoir pris le temps d'évaluer si tout cela en valait vraiment la peine. En lisant son message, son frère ne pourrait pas faire grand chose. Mais au fond d'elle, elle savait qu'elle se sentirait rassurée qu'il soit au courant de ce qu'elle vivait ici. Elle lui avait bien précisé de ne pas commettre d'imprudence. Elle voulait juste qu'il sache qu'elle allait bien s'il ne la voyait pas à la soirée. Il se serait inquiété, elle en était sûre et les esprits auraient pu s'échauffer, ce qu'elle voulait éviter.

Non, ainsi, il serait au courant, c'était une bonne chose... Des coups frappés à la porte attirèrent son attention. Elle se leva et se dirigea vers la pièce adjacente.


[Le Petit Salon Privé]
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Orfeo Ciriaco
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Jeu 9 Fév - 0:08

[Ca'Grazziano - Embarcadère]

Orfeo avait couru, léger comme le vent le long des ruelles sombres. Son pas avait effleuré les pavés, soulevant à peine un souffle de neige quand son ample vêtement frôlait les façades des maisons.
Il était encore tôt dans la soirée et malgré cela, dejà des ombres furtives vite dissimulées se glissaient à l'abri des porches, disparaissant aux regards derrière des portes aussitôt refermées.
Le saltimbanque connaissait les dangers de cette heure batarde où sous le couvert d'une nappe de brume venue des canaux, le baiser mortel d'une lame était facilement donné.

Arrivé devant la Ca'Adorasti, il n'avait pas perdu de temps et après s'être assuré que personne ne trainait alentours qui pourrait le surprendre, avait une nouvelle fois escaladé la façade.
Une fois sur le balcon, il avait constaté avec déplaisir que la fenêtre était fermée. Il avait tapoté du bout des doigts sur la vitre pour que la Dame lui ouvre, mais personne n'était venu.
Après une minute d'hésitation, il avait décidé de forcer la fenêtre.
Conjuguant force et douceur, dexterité et discrétion il avait soulevé lentement le chassis de bois pour dégager la barre de la crémone.
Il avait agi ainsi de nombreuses fois pour s'introduire dans les maisons qu'il savait intéressantes à visiter et ses gestes sûrs ne lui prirent que quelques minutes.
La haute fenêtre enfin ouverte, il se glissa à l'intérieur de la chambre.
Un coup d'oeil lui assura qu'elle était vide et il soupira.

Devait-il partir à la recherche de la Dame à travers les couloirs d'un palais où il se savait indésirable ?
Les risques de se faire prendre, errant de pièces en pièces, étaient monstrueux et il doutait de pouvoir trouver une raison crédible à sa présence.

Il tourna sur lui même détaillant l'ameublement de la chambre, les dentelles et les boiseries, les tableaux finement exécutés et les soiries des tentures.
Ses doigts glissèrent sur une brosse à cheveux en argent et son peigne assorti. Une seule de ces merveilles lui assurerait le gîte et le couvert pendant tout l'hiver.
Puis lui revinrent le regard doux et triste de la Dame blonde, ses paroles au bord des larmes et l'espoir avec lequel elle lui avait glissé son médaillon dans la main.

Il eut une petite grimace et haussa les épaules.
A Dieu va !

De son pas silencieux, il traversa la chambre puis le salon communiquant et ouvrit doucement la porte qui donnait sur le couloir. Il resta un moment immobile, à l'aguet.
Aucun bruit ne lui parvint.
Il s'engagea sur le long tapis d'orient qui menait vraisemblablement à un escalier là bas tout au bout de ce couloir interminable, prêt à se jeter dans quelque recoin au moindre son
.

[Couloir]
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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Jeu 16 Mar - 22:58

[Couloir desservant les appartements privés]

"Me confectionner une nouvelle robe.. mais c'est que c'est une bonne idée ça..." fut la réflexion de Bianca alors qu'elle entrait dans sa chambre.

Elle exécuta deux petits pas de danse, se rappelant les notes de musique qu'elle avait entendues quelques instants plus tôt dans la salle de bal. S'arrêtant devant sa psyché, elle arrangea sa coiffure et quelques dentelles de sa robe puis se dirigea vers son meuble à secrets dont elle ouvrit un des tiroirs. Cachée sous une pile de lettre se trouvait une belle petite clef ouvragée. Elle s'en saisit et ouvrit un autre tiroir ou se trouvait une petite cassette de bois scultée.

Elle introduisit la clef dans la petite serrure et la tourna jusqu'à entendre le cliquetis caractéristique de l'ouverture. Doucement elle souleva le couvercle de bois et regarda son contenu : diverses lettres qu'elle avait gardées, des bijoux et quelques pièces d'or. Elle en saisit quelques une dans sa main et les glissa dans un pli de sa robe avant de mettre son médaillon dans la cassette qu'elle referma à clef.


*Plus qu'à aller retrouver le saltimbanque...*

Elle referma le tiroir et replaça la clef à sa place avant de sortir de sa chambre.

[Petit Salon Privé]
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Elio Lacryma Adorasti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Lun 7 Aoû - 0:38

[Salle de Bal - Divertissement Musical]

Elio avait quitté la salle de bal sous les regards curieux de ses hôtes. A peine avait-il franchi le seuil que les murmures s'étaient amplifiés, qui plaignant l'épouse, qui plaignant l'époux, qui inventant mille raisons au malaise de la jeune femme.

Le prince avait traversé le hall d'un seul mouvement, ignorant l'agitation, le regard froid et fixé sur le grand escalier qu'il avait gravi d'un trait, ses longues jambes semblant avaler les marches sans effort malgré le poids et l'encombrement des robes de Bianca.

Laquelle Bianca, reposait contre sa poitrine, le visage pâle et la lèvre agitée de tremblements, ce qui ne laissait rien présager de bon.
Le prince n'avait pas eu un regard vers Ugo qui le talonnait. Peu lui importait la présence de son beau-frère à présent, le moment venu, il l'écarterait d'un mot, sans se donner la peine d'un geste. Les Grazziano ne lui causaient que tracas tous autant qu'ils étaient. Quel gouffre de bêtise avait donc englouti Andrea pour qu'il se laisse ainsi manipuler et convienne de ce mariage ? Les Adorasti ne trouveraient aucun avantage jamais à s'être compromis avec ce sang pâle et faible qui semblait irriguer avec peine la chair fragile des Grazziano.

Arrivé dans les appartements de Bianca, Elio gagna la chambre tendue de soie fleurie.
Une servante se précipita pour placer les multiples coussins de façon que la princesse soit installée confortablement.
L'ayant déposée sur la courtepointe brodée, le prince entreprit de délacer la robe, exposant le corset.
D'un geste de la main, sans un regard en arrière, concentré sur son ouvrage il congédia les serviteurs d'un ton glacial où perçait l'agacement et ignorant superbement Ugo
.

"Allez presser Maître Barrozi ! Qu'a-t-il donc de plus urgent à faire que de venir au chevet de mon épouse ! Et ouvrez cette fenêtre, on étouffe ici ! Par Dieu ! Voici bien les femmes de se serrer à ce point pour quelque question d'élégance, jusqu'à en tomber presque mortes ! Croient-elles.."

Avec un soupir, il réussit à délivrer Bianca de son corset, faisant apparaître sa chemise.

"Croient-elles nous plaire mieux en exhibant les marques rouges et boursoufflées que laissent sur leur peau ces objets de torture !"

D'un geste qu'il se surprit à ne pas retenir, il lissa une boucle des cheveux blonds de sa femme.
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Coriolan
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Lun 7 Aoû - 21:27

[Salle de Bal - Divertissement musical]

*Vous n'aviez pas l'air de penser la même chose de ce que le corset de la Dame Graziella faisait subir à sa gorge généreuse...*

Coriolano restait silencieux dans la pièce, gardant ses pensées pour lui-même. Il avait suivit sans un mot Elio, se contentant de regarder avec soin autour de lui. Le chemin, pour aller de l'entrée aux appartements de Bianca, cela pouvait être utile. Mais aussi la richesse de la décoration, l'élégance de la maison, les serviteurs empressés mais un peu craintifs peut-être...

La chambre de Bianca lui laissait une impression curieuse. L'image d'une fleur tentant de s'épanouir sous la neige s'imposa à son esprit. C'était cela. Sous la froideur rigide et vieille de la première décoration, il sentait l'esprit et le goût de Bianca s'efforcer de poindre et d'éclore dans des touches de couleur et de chaleur.

Pendant que les serviteurs s'affairaient en tout sens, Coriolano restait immobile au milieu de la pièce, souriant discrètement. Il reconnaissait bien là le courage de sa sœur. Il lui faisait confiance, elle saurait peu à peu imposer sa pureté et sa candeur dans cette maison. Elle était forte.
Tout ira bien pour elle, même si pour l'instant elle reposait telle la Belle au bois, pâle, sur son lit.

Coriolano cessa de sourire et fronça légèrement les sourcils. Le seul ennui était que son prince charmant ressemblait plutôt à la méchante sorcière...

Les serviteurs ayant détalés devant le ton agacé de leur maître, Coriolano observa sans s'en cacher Elio qui finissait de se battre contre le corset de Bianca.
Il était beau et princier. Il n'y avait pas d'inquiétude à avoir de ce côté là. Mais il lui manquait l'amour absolu et le dévouement envers sa princesse. Il ne semblait animé que par l'agacement et le dégoût. Ce n'était pas avec des sentiments pareils que l'on réveille la princesse. En fait, on n'arrive même pas à franchir la muraille d'épine ainsi…

Coriolano songea un instant aller aider sa sœur, mais Elio avait fait le plus évident, et s'il savait ce qu'il fallait faire devant une blessure à vif, il ne connaissait pas les traitements d'un évanouissement.
Il finit par s'adosser contre un mur, caressant d'une main les tentures de soie fleuries. Elles étaient humides, comme tout à Venise. Humides et froides.

Et soudain, il le vit. Le geste étrange, inattendu. Le prince Elio qui caressait une boucle des cheveux de Bianca. Un geste de tendresse, de compassion peut-être pour celle qui est contrainte de porter un "objet de torture" ?
Coriolano laissa sa tête reposer contre le mur avec un soupir silencieux. Evidemment, c'eût été trop facile si le Prince Adorasti avait été un monstre... Il resta un instant silencieux à contempler le lustre.


"Pourquoi avez vous accepté d'épouser ma sœur ?"

La question était calme dans le silence de la pièce. Coriolano regardait Elio avait une curiosité presque amicale dans les yeux.

"Vous teniez tant que cela à obéir à votre père ?"


Dernière édition par le Lun 20 Aoû - 1:51, édité 1 fois
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Elio Lacryma Adorasti
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MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Lun 7 Aoû - 22:48

Elio ne répondit pas immédiatement à la question que lui posait son beau-frère.
Au lieu de cela, il se leva et se dirigea vers la fenêtre.
La nuit avançant, les lumières sur le canal se faisaient plus rares et l'humidité pénétrante gagnait à présent les étages des maisons.
Craignant que Bianca ne se refroidisse trop, il ferma la croisée et fit glisser devant le vitrage un lourd paravent qui éviterait à la fraicheur d'impregner toute chose.

Le feu dans l'âtre réchauffait la pièce sans exces, il ne restait plus qu'à patienter jusqu'à l'arrivée du médecin.
Il croisa les bras et se tourna vers Ugo
.

"Il est quelques fois plus avisé d'obéir. Un mariage par procuration eut été un affront que je ne souhaitais pas. Et quoi que vous en pensiez, c'eut été humiliant pour votre soeur tout autant que pour moi.."

Sa voix se fit plus basse, désabusée.

"Votre absence a d'ailleurs été fort remarquée le jour de nos noces.. Et celle que vous semblez à présent tenir pour tellement chère, avait l'air bien amère de ne point vous voir à son côté."

Tout en parlant, il s'était approché de la table de toilette.
Distraitement, il effleura du bout des doigts un rien de poudre renversé sur le marbre clair.
Il croisa son propre regard dans le miroir et se détourna pour faire à nouveau face à Ugo
.

"Mais qu'importent à présent les raisons de ce mariage. Vous comme moi savez bien que les manigances de nos pères sont vaines. Une bénédiction ne résoud rien.. Mais je ne vous demanderai pas, moi qu'elles ont été les motivations de votre lâcheté à accepter que l'on donne votre tendre et innocente Bianca en pature au glacial et cruel héritier Adorasti.."

Un sourire, éclat rapide de nacre, regard lentement étiré et voix plus douce que le velours.

"A moins que tout cet amour dont vous vous prévalez ne soit que façade et que vous voyiez plus grand, que votre ambition voit au delà du bien-être de votre fragile cadette ?"
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Coriolan
Invité



MessageSujet: Re: La Chambre de Bianca   Mar 8 Aoû - 0:31

Oui, tout était là. "A moins que"... Etait-ce l'un ou l'autre ? Peut-être... Peut-être pas... Il est difficile de dire ce qu'il y a dans le coeur d'un homme, n'est-ce pas ?

Il est si facile de parler pourtant. De dire, que l'on doit obéir, alors qu'aucune Eglise ne reconnaît un mariage par procuration. Il faut toujours un engagement libre et public des époux et une signature de registre. Il n'y a pas de mariage si un des époux n'est pas là. "A moins que" les parents ne soient très... acharnés.

Si facile de dire que l'on ne pose pas une question alors qu'on la pose.
Si facile d'être beau et d'avoir une voix douce.

Mais dire ce qu'il y a dans le coeur d'un homme ?
Aimait-il sa sœur, ou était-elle un pion, un autre, encore sur le grand jeu d'échec qui était son monde ? Qui était "il" ? Lui, Elio, lui Coriolano ?
Qui sait ?

Comme fasciné, il avait suivit du regard chacun des mouvements élégants de celui qui était son miroir opposé. Ses yeux ne se détachèrent de la figure pâle qu'au moment où elle évoqua ses motivations envers sa soeur.
Coriolano porta lentement son regard sur la silhouette allongée. Il ne resta à son oreille que la musique de cette voix charmeuse et envoûtante.
Suivant les mouvements de la phrase d'Elio, il s'était approché de sa soeur, pas à pas.
Il avait même sourit lui aussi à l'évocation du portrait du couple, si proche de ce qu'il pensait lui-même quelques instants auparavant.

Il s'assit sur le lit et écouta cette voix, toujours plus douce. Velours de timbre, poignard de mots.
Poignard.
Bianca, allongée, poignardée, le sang s'écoulant hors d'elle, lentement, drainant la vie hors de son corps, poignardée ?
Bianca, allongée, poignardée par son incapacité à la protéger ?
Poignard de velours qui tue sans sang.
Il sortit un mouchoir brodé de son pourpoint et essuya délicatement la sueur qui perlait sur le front de Bianca.

Et puis il parla, comme on se parle à soi-même, répondant à la question qui ne lui était pas posée.


"Je n'ai pas eu voix au chapitre pour cette affaire là. J'étais... ailleurs."

Il avait pris la main de Bianca et la baisa doucement. Elle respirait tranquillement maintenant, sa peau était chaude. Il n'y avait que sa pâleur d'inquiétante. Il reposa délicatement la main de sa soeur et se releva, se tournant vers Elio avec un sourire sans joie.

"Je n'ai appris ce... marché qu'une fois la "transaction" faite."

Coriolano s'adossa au pied du baldaquin et regarda Elio de son regard transparent, un regard à la fois inquisiteur et rêveur.

"Qui sait ce que j'aurais fait si j'avais été là ? N'est-ce pas, qui sait..."

Coriolano se mit à rire doucement, silencieusement. Oui, qui sait ce que l'Adorasti en face de lui était réellement, qui sait ce qu'il pensait de sa soeur, qui sait ce qu'il aurait fait à sa place.
Qui sait ce qu'il y a dans le cœur d'un homme...

Pas moyen de savoir à moins de demander. Coriolano redressa la tête et regarda Elio, les yeux étrangement brillants, et lança d'un trait, avec la brutalité douce de la candeur :


"Vous aimez quelqu'un, vous ?"


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