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 Muzio dans tous ses états

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Muzio Barrozi
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Muzio Barrozi

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MessageSujet: Muzio dans tous ses états   Mer 6 Juil - 15:56

Premier texte d'une petite série vacancière, présentant un Muzzy déchaîné, complètement contraire à son réel caractère. Petit délire.

EPISODE 1: Muzio le séducteur


Muzio remit son col en place. Un dernier regard jeté à son image le rassura: le miroir lui montrait le jeune homme qu'il voulait y voir. Seul un bouton planté au bout de son nez le tracassait; il était arrivé pendant la nuit sans crier gare… et il tombait vraiment très mal. Car aujourd'hui, Muzio devait être parfait. Surprendre Francisca de Marioti en soirée, ce n'était pas rien, que diable ! Il s'adressa un clin d'œil, puis poussa la porte de son cabinet de toilette. L'envie de descendre les escaliers sur la rampe le traversa, mais il la repoussa: ce n'était pas le moment de froisser ses habits… En sortant de chez lui, Muzio avait tout de l'homme sûr de lui, prêt pour une nouvelle conquête. Le chemin qu'il empruntait sillonna entre des massifs fournis en fleurs colorées. Le jeune homme se pencha et cueillit la rose qui lui paraissait la plus belle. Il voulut la tenir entre ses dents, mais les épines lui écorchaient les lèvres. A regret, il dut se résoudre à la passer dans la boutonnière de son justaucorps. La maigre consolation qu'il retirait de ce désagrément était qu'il pouvait laisser un sifflotement errer sur sa bouche, cela faisait encore plus assuré.

Le jeune Barrozi se planta sous le balcon de sa belle, en ne pouvant s'empêcher de songer que si quelqu'un passait dans la rue, il serait surpris dans une position bien ridicule. Sa perruque soigneusement poudrée glissa à l'arrière de sa tête lorsqu'il leva le nez vers la fenêtre grillagée. Il pesta, mena un combat contre cet artifice fort ennuyeux, et finit par la maintenir tant bien que mal en place. Sa belle humeur légèrement entamée, Muzio entonna une complainte amoureuse destinée à attirer la convoitée Francisca hors de la cage parentale. Peine perdue, il eut beau chanter pendant de longues minutes, pas le moindre frémissement du côté de la fenêtre. Pourtant la lumière tamisée témoignait de la présence de l'aimée. Son irritation s'amplifia. En quelques pas décidés, il alla frapper à la porte, retenant sa main de cogner comme un damné. Rien de plus romantique qu'un toc toc maîtrisé, savamment dosé. Le son que lui renvoya le panneau de bois lui parut des plus prometteurs. Muzio bomba le torse. La porte s'ouvrit. Il afficha un sourire ravageur, plissa les yeux, et récita quelques vers des plus gracieux. Une voix rocailleuse l'interrompit.

- Z'êtes pas bien, non ? Vous vous trompez de maison, cherchez la lanterne rouge ailleurs !

Une grosse domestique au teint plus très frais. La porte se referma dans un claquement. Muzio essaya de calmer la rougeur qui montait à ses propres joues, ne se démonta pas et alla se replacer sous la fenêtre de l'aimée. Prenant sa voix la plus suave, il déclama une tirade qui aurait fait fondre le cœur de la plus endurcie. Enfin, la fenêtre s'entrebâilla, et un charmant visage passa par l'ouverture. Redoublant d'ardeur, les vers du jeune homme se firent tour à tour tendres et déchirants, toujours passionnés. Une main sur le cœur -en prenant soin de mettre en valeur la rose-, les yeux mi-clos, Muzio finit par s'arrêter et, sûr de son effet, rouvrit plus grands les yeux. Son sourire étudié devant le miroir se figea. A côté de Francisca, la tête blonde d'un jeune garçon –un vrai bellâtre !- l'observait avec un amusement non dissimulé. Quant à elle, la gêne qui l'avait envahie en reconnaissant cet homme qui lui faisait la cour avait cédé la place à la même ironie que son compagnon. La fenêtre se referma lentement, et les rires étouffés des deux amants parvinrent jusqu'à Muzio. La main droite toujours serrée contre son cœur effectua une migration vers le centre et retira la rose de son vase improvisé. Muzio piétina la fleur, inspira un bon coup et comprit soudain: tout était à cause de ce bouton incrusté dans son nez. L'assaut d'une autre demoiselle moins compromise devrait attendre sa totale disparition.
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Mer 6 Juil - 17:40

Pauvre Muzio ^^! Qui aurait cru que le calme médecin pouvait faire preuve d'autant de passion!

Qui sait si ce bellâtre au cheveux blonds n'étaient pas un certain jeune libertin? C'est peut-être la raison pour laquelle vous avez une dent contre lui ^^!

Enfin, c'était excellent. À quand la suite?
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Muzio Barrozi
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Muzio Barrozi

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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Mer 6 Juil - 18:34

?? J'ai pas de dent contre toi !

Mais oui qu'est-ce que tu crois, Muzio a des ressources pour vous surprendre ! Quant au bellâtre et bien... je ne me prononcerai pas. ^^ La suite viendra quand j'aurais trouvé quel caractère coller cette fois-ci au Muzzy de HJ !
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Cilio de
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Jeu 1 Sep - 15:34

Lol, c'est bien marrant ça! Pauvre Muzio ^^ Je me demande ce que tu lui réserves pour la suite... Il a pas fini de souffrir on dirait!
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Muzio Barrozi
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Muzio Barrozi

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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Ven 2 Sep - 11:58

J'avais complètement zappé cette histoire lol
C'est donc hier soir que j'ai vite fait écrit un second épisode, parce qu'un seul c'est un peu léger... Et en effet, je n'ai pas fini de le faire souffrir ^^

[à tout hasard, je rappelle que tout ceci n'est que pure fiction et ne relate pas la réelle jeunesse de Muzio Barrozi, sage médecin de son état Wink ]

EPISODE 2:
Muzio l'espion

Un profil noir se dessina devant la sphère argentée de la Lune. Ce curieux spectacle fut hélas rapidement interrompu: la silhouette disparut et un juron sourd se fit entendre. Le regard irrité de Muzio perça l'obscurité pendant de longues minutes, au terme desquelles l'homme poussa un soupir de soulagement vite réprimé: de toute évidence, nul n'avait assisté à son erreur de débutant, à savoir se placer dans l'axe de l'astre de lait. Soulagé par ce constat, il releva lentement la tête du massif de rosiers et décréta que la voie était libre. La proximité de son objectif et l'absence d'obstacle grisaient le camouflé qui, dans son allégresse, oublia toute précaution. Il releva une jambe joyeuse, puis l'autre, et ce fut le drame. Car à la plus belle des roses s'incruste inévitablement son inconvénient unique mais douloureux: l'épine pour la nommer au grand jour.
C'est ainsi que d'insouciant et sûr de lui le jeune Barrozi vira au grimaçant supplicié aux mollets griffés et fessier labouré. La tenue-camouflage qu'il avait enfilée n'avait pas résisté à l'attaque, et tombait en lambeaux par endroits.

Mais, en bon espion qu'il se devait d'être, il serra les dents et entreprit de ne pas gémir. En revanche, son enthousiasme en avait pris un coup. Aussi, quand une dame d'âge mûr ricana à la vue de son allure -car la voie n'était pas si libre que ça-, Muzio n'hésita pas une seconde et supprima la vieille harpie d'un coup sourd. Elle aurait dû être couchée depuis longtemps à cette heure avancée; tout était de sa faute de toute façon. Le corps fut glissé en hâte dans le canal.

Tout ceci l'avait retardé. Pour rattraper ce temps perdu, Barrozi tenta de courir, mais les griffures récentes le rappelèrent vite à l'ordre. C'est ainsi que l'espion professionnel arriva exactement 11 minutes et 37 secondes plus tard que prévu sur le lieu d'écoute. Il s'agissait du logis de Giuseppe Rablani, expert en boiserie et pâtissier à ses heures perdues -qu'il avait nombreuses d'ailleurs-. Muzio s'était vu confier une importante mission à son sujet.
Le plan prévoyait que, pour atteindre la fenêtre éclairée de Rablani, l'espion lancerait un grappin au balcon et se soulèverait à la force des bras. Terrifié, Muzio prit conscience qu'il avait oublié cet élément-clé. Qu'à cela ne tienne, se reprit-il, un arbre proche ferait l'affaire.

L'agilité légendaire du jeune homme commit l'impardonnable trahison de lui faire faux bond à ce moment crucial. Tirant sur ses mains, poussant de ses pieds, oscillant de partout et soufflant bruyamment, Muzio dépensa un bon quart d'heure à se hisser à la hauteur désirée. Les bras enlaçant fermement le tronc et au péril de ses jours, il entreprit d'effectuer une rotation afin de se retrouver face à la fenêtre, savourant déjà la satisfaction de lui qui vainc après nombre d'efforts. Ce qu'il vit l'atterra: Rablani en avait terminé avec sa besogne et soufflait sa bougie.

Muzio faillit hurler de désespoir et de rage, mais il se retint, songeant à temps que cela ne pouvait qu'empirer sa situation déjà fort inconfortable. En effet, sa jambe droite coincée entre deux branches commençait à se paralyser sérieusement, aussi sauta-t-il tant bien que mal de son perchoir, écorchant au passage les parties de son anatomie rescapées des rosiers. L'atterrissage ne lui épargna pas la traditionnelle cheville foulée...

Oeil plus noir que jamais et démarche douloureuse accompagnèrent le jeune espion jusqu'à son logis, où il rédigea avec humeur cette missive:

"Échec mission en raison nombre d'obstacles inhumains. Barrozi."

Ce n'était donc pas ce jour-là que Muzio put récolter le secret de la légendaire spécialité de Rablani, la succulente, l'exquise Crostata al limone confectionnée en pleine nuit uniquement...
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Cilio de
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Ven 2 Sep - 12:19

MDRRRR C'est trop bien!! Pauvre NMuzio!! Vivement la prochaine lol c'est bien marrant ^^
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Bertucci
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Ven 2 Sep - 14:02

*essuie une larme de rire*

30

Encore, encore !!!
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Muzio Barrozi
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Muzio Barrozi

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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Ven 2 Sep - 20:41

Seriez-vous des sadiques ? ^^
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Dim 4 Sep - 16:43

Nan, pas sadiques ^^ mais avec un bon sens de l'humour!

Super, Muzio Very Happy à quand le prochain?!
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Muzio Barrozi
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Muzio Barrozi

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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Dim 4 Sep - 18:10

A quand quelqu'un d'autre créera aussi. 7
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Dim 4 Sep - 18:39

Ouais, t'as raison. On veut Berthe bébé, maintenant.

Et Elio en couches. Gazouillant les Barbapapas.
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Muzio Barrozi
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Muzio Barrozi

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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Mer 22 Fév - 1:13

Parce que faire jouer Muzio me démange trop:

EPISODE 3: Muzio l'artiste

Un corps avachi au fond d'un fauteuil. Muzio était réduit à cela. Ébouriffé, maussade et en peignoir, il déprimait. La pluie qui ruisselait dans les rues y était peut-être pour quelque chose, l'odeur de moisi qui régnait dans la maison également. Muzio poussa son soixante-septième soupir de la journée et remua vaguement un orteil. Il fallait qu'il se bouge à l'instant s'il ne voulait pas périr d'ennui. Si la perspective de périr était plutôt soulageante, l'idée d'être retrouvé dans un si triste état relevait plutôt du pathétique. Muzio eut une grimace et s'extirpa de son fauteuil à grand renfort de gestes inutiles. Il se traîna jusqu'à la fenêtre et fixa un œil morne sur la rue. Un passant retint son attention. Malgré la pluie, il étincelait, enchaînant œillade sur œillade, toutes destinées aux jeunes filles qu'il croisait et qui, d'ailleurs, en gloussaient bêtement. Muzio pesta mollement contre l'injustice de la vie tout en scrutant l'homme d'un œil mauvais. Une tache bleu vif ornait sa veste brune, et il ne semblait pas s'en soucier le moins du monde à en juger par son sourire épanoui. Et là, bam, ce fut la révélation. L'homme était peintre, et c'était son occupation-même qui le rendait si dynamique, si vivant, si séduisant.

D'un coup de rein, Muzio fit tomber le peignoir. Il enfila une vieille chemise froissée dont il retroussa vaguement les manches. Il s'ébouriffa un peu plus les cheveux. Il devait avoir l'air d'un parfait artiste. Son œil brillait d'un éclat nouveau; il avait enfin un but dans la vie: créer. Il sautilla jusqu'à l'office et rassembla son matériel en sifflotant: un couteau plat, un pinceau pour étaler la graisse sur la viande, des petits pots en terre qui servaient à Dieu-seul-sait-quoi. Satisfait, il courut ensuite à une armoire dont il sortit un immense drap en lin récemment blanchi qu'il étala soigneusement sur le parquet de son salon. Parfait. Il y amena son nouveau matériel et contempla le tout d'un œil ému. Cependant il avait le sentiment étrange qu'il manquait un élément dans le décor de rêve qu'il venait de créer… Un neurone s'activa dans son cerveau. Les couleurs. Embarrassé, Muzio se gratta le crâne d'un air absent. Il ne pouvait se procurer des pigments que chez l'apothicaire, et celui-ci était actuellement souffrant. A propos, cela ferait bientôt une semaine qu'il avait promis d'aller le voir, il fallait qu'il songe à le faire concrètement un de ces jours… Muzio repoussa le problème à plus tard – des questions matérielles dérangeaient-elles un artiste en pleine crise d'inspiration ? – et retourna à l'office. Il ouvrit le garde-manger et son visage s'éclaira. Panoplie de couleurs. Il s'empara de quelques œufs qu'il coinça sous son bras, et souleva délicatement le bol dans lequel macérait le sang du morceau de bœuf dégusté la veille. Un rouge profond. En extase, Muzio retourna avec ses deux premières couleurs dans le salon, prenant garde à ne rien renverser. Arrivé devant son drap – pardon, sa toile -, il… trébucha malencontreusement et s'étala de tout son long. Les œufs explosèrent sur le drap – pardon, sur la toile -, et le sang de bœuf s'écoula lui aussi sur la – future - œuvre d'art. Écoeuré, Muzio regarda ses couleurs partir en fumée… Le jaune s'était étalé en immondes coulures tandis que le rouge formait une grosse tache informe. Un coin du… de la toile avait été miraculeusement épargné. Muzio décida, pour se donner du courage, d'y commencer son œuvre, quitte à découper ensuite le tableau au milieu des dégâts ménagers.

Il se munit d'un morceau de charbon et s'accroupit. Il ferma un œil et considéra son bureau. Étrange de voir ces objets si connus dans une perspective nouvelle. Pour renforcer l'expérience, Muzio s'allongea sur le ventre, puis sur le dos – mais là il n'y avait que le plafond uni à admirer –, puis se réinstalla sur ses fesses, ce qui était malgré tout le plus pratique. Il commença par prendre soigneusement des mesures à distance avec ses mains, puis, le poignet tremblant d'émotion, reproduisit sur la toile ce qu'il voyait devant lui. Diantre, le charbon marquait mal sur le lin, il fallait appuyer fort… Oups, un petit dérapage, vite rattrapé avec un arrondi artistique… Le nez sur son œuvre, Muzio dessina pendant plus d'une heure. Lorsqu'une crampe le saisit dans le bras droit, il se redressa et posa le regard sur son travail.

Ce qu'il vit faillit lui provoquer une attaque. Il eut d'abord du mal à retrouver ce qu'il avait pris pour modèle, et dut faire appel à sa mémoire. Lorsqu'il eut à peu près localisé ce qu'il avait tenté de dessiner, il dut avouer qu'il n'avait aucun talent. Le bureau ressemblait à une gondole défoncée, et son nécessaire d'écriture faisait vaguement penser à une nature morte de chasse. Horrifié par le spectacle qui s'étalait devant lui et qui – enfer et damnation - était de sa main, Muzio resta une bonne minute inerte. Puis son regard glissa lentement vers la gauche de son dessin. Le jaune et le rouge avaient commencé à sécher, et se mêlaient par endroits en formant des arabesques. Ce n'était pas si laid que cela, finalement. En fait, comparé à son barbouillage, c'était même superbe. La deuxième révélation de sa journée jaillit de son esprit.

Il avait créé l'art nouveau, il révolutionnait la peinture.
Stupéfait par sa propre intelligence, Muzio courut dans l'office d'où il ramena des brassées de fruits et légumes en tout genre. Il ferma les yeux, en piocha quelques uns au hasard, et les projeta sur le drap. Splendide ! Ce petit violet aubergine, là, spectaculaire ! Quiconque serait rentré dans la pièce à ce moment-là aurait interné immédiatement le propriétaire. Muzio tournoyait sur le parquet, lançait carottes, asperges et pommes de terre à volonté sur sa toile, propulsait poires et oranges sur le tout, et riait, riait ! Lorsqu'il fut à court de munitions, il contempla le drap. Révolutionnaire, magnifique, exubérant… Ébahi par sa propre créativité quasi-divine, Muzio se laissa tomber sur le sol et attendit que ses pigments sèchent, dans un état de fébrilité intense. Mais l'épaisseur des mixtures était telle qu'il pouvait attendre longtemps que le tout durcisse. Pour accélérer le processus, Muzio suspendit le drap resplendissant à sa fenêtre.

C'est alors que le drame arriva. Dans son excitation, il avait oublié un petit détail: la pluie. En quelques secondes, la première toile de l'Art Nouveau fut ruinée, réduite à un vague chiffon coloré pendant lamentablement. Assommé par tant d'injustice, Muzio recula et se laissa tomber dans son fauteuil, au milieu d'un sol jonché d'éclaboussures ménagères. Les yeux écarquillés par l'horreur, il mit plusieurs minutes à retomber dans son état de dépression initial. La prochaine fois, il se mettrait à la musique.
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Francesc
Invité



MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Mer 22 Fév - 19:56

Impressionant, je ne connaissais pas Muzzio sous cet angle!!! 15

Citation :
Ce qu'il vit faillit lui provoquer une attaque. Il eut d'abord du mal à retrouver ce qu'il avait pris pour modèle, et dut faire appel à sa mémoire. Lorsqu'il eut à peu près localisé ce qu'il avait tenté de dessiner, il dut avouer qu'il n'avait aucun talent. Le bureau ressemblait à une gondole défoncée, et son nécessaire d'écriture faisait vaguement penser à une nature morte de chasse. Horrifié par le spectacle qui s'étalait devant lui et qui – enfer et damnation - était de sa main

Tordant!!! 30

Citation :
La prochaine fois, il se mettrait à la musique.

J'espère qu'il fera preuve d'autant de talent artistique!!! 22
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Romana L
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Jeu 23 Fév - 21:05

*explosée de rire*

35 Non mais vraiment, en term S, on a encore le temps de faire des bêtises pareilles ??? Bon, on te pardonne, tu nous fais trop rire...

J'attends de voir Muzio musicien !!!! Pitié pour nous (et pour lui), ne le fais pas commencer par Chopin ! 3
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Muzio Barrozi
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Muzio Barrozi

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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Jeu 23 Fév - 22:19

Romana Lacryma Baldini a écrit:
Non mais vraiment, en term S, on a encore le temps de faire des bêtises pareilles ???

Hey c'est les vacances je te signale ! Pour moi en tout cas... hin hin hin

13 Mais lâchez-vous vous aussi ! ça fait du bien d'écrire des bêtises, je vous assure... ^^
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Sam 25 Fév - 18:32

génial Muzio ^^
En même temps, ça vaut mieux pour lui d'avoir échoué dans sa révolution d'art, sous peine de se faire interner immédiatement...
et Romana : s'il commence par Chopin, je lui mets un carton violet (c'est le carton pour anachronisme Very Happy) 34
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Sam 25 Fév - 18:47

Iago degli Albizzi a écrit:
s'il commence par Chopin, je lui mets un carton violet (c'est le carton pour anachronisme Very Happy) 34

Orf, on n'est plus à ça près ! Muzio va révolutionner la musique et inventer Chopin avant l'heure ! Si, si...

Contente que ça vous amuse en tout cas, j'avoue que j'ai bien rigolé en l'écrivant aussi... Mais je crois que je ne ferai pas Muzio musicien, ça aurait un goût de déjà-lu. Bon alors, et Iago au berceau alors ?
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Romana L
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Sam 25 Fév - 23:26

Citation :
s'il commence par Chopin, je lui mets un carton violet (c'est le carton pour anachronisme )

Muzio a bien inventé l'art moderne avant l'heure, pourquoi pas Chopin ?? 2
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Dim 26 Fév - 0:20

C'est simplement s'il se mettait à le jouer Very Happy

S'il invente, je n'ai rien à dire Very Happy Il n'affrontera pas mon carton violet (je me contenterai de casser les samovars de la réserve de Venise sur un manequin à l'éffigie de Muzio pour avoir oser rendre hommage de façon détournée à l'un des pires compositeurs de tous les temps, mais comme il ne s'agit que de mon avis personnel, je ferai ça discrêtement, pas de crainte à avoir... ^^)
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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Dim 26 Fév - 0:41

Iago degli Albizzi a écrit:
l'un des pires compositeurs de tous les temps

28 J'imagine que tu plaisantes ? Chopin est l'un des meilleurs compositeurs de tous les temps, et je le défendrai jusqu'à la mort !
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Dim 26 Fév - 1:22

Iago dirait "j'espère pour toi qu'elle sera courte, ta vie, alors..." Mais Iago a la chance extrême de ne pas connaître Chopin...

Bref, je ne vais pas entrer dans cette polémique Very Happy parce qu'on en reste au niveau du goût et que je ne me permet pas de discuter des goûts de chacun. J'aime beaucoup Wagner et je sais qu'il y a des gens qui ne supportent pas...

Mais pour Chopin, je crois qu'avec une partoche et deux heures devant moi, je pourrais être capable de montrer qu'il s'agit d'une musique prévisible, mièvre et sirupeuse, agréable uniquement à l'oreille des pianistes aimant se draper dans l'auto-satisfaction de la vibrante production de ronronnements faciles, et celle des petites filles (et des petits garçons, vive la parité) se laissant dégouliner dans la guimauve d'une sensiblerie sans profondeur.

[je précise avant qu'on m'assassine que même si c'est ce que je pense, ce n'est pas un jugement de valeur. Que j'écris cela en m'amusant, en riant Very Happy, et que je cherche à dessin la formule qui me plait le plus. Et que je sais qu'elle n'est peut-être pas très juste Very Happy
Je sais que nous sommes entre gens de bonne compagnie, mais je prend mes précautions... j'ai déjà été à moitié étranglée par une admiratrice de Chopin alors... 2 ]
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Basileo
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Dim 26 Fév - 2:17

Hum... Mouais... Et sinon, que pensez-vous des mélodies de Ritchie Blackmore?
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Iago degli Albizzi
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Iago degli Albizzi

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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Dim 26 Fév - 13:21

aucune idée ^^ Je ne connais pas du tout ^^' C'est une chance ou un tord ? Embarassed

[Edit : Je viens de me rendre compte que j'avais oublié de préciser dans le post précédent que, personnellement, j'adore jouer Chopin au piano 41 la vie est beaucoup plus drôle quand elle est pleine de contradictions... ]

[Re Edit. iiiiiiiiiiiiiii mais c'est du flood... pardon Muzio ^^' j'arrête ^^]
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Romana L
Invité



MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Dim 26 Fév - 17:45

Citation :
Mais pour Chopin, je crois qu'avec une partoche et deux heures devant moi, je pourrais être capable de montrer qu'il s'agit d'une musique prévisible, mièvre et sirupeuse, agréable uniquement à l'oreille des pianistes aimant se draper dans l'auto-satisfaction de la vibrante production de ronronnements faciles, et celle des petites filles (et des petits garçons, vive la parité) se laissant dégouliner dans la guimauve d'une sensiblerie sans profondeur.

3 Comment est-ce possible ??? J'ai beau avoir l'esprit trèèèès large (sans me vanter 45 ), je ne conçois pas qu'on puisse trouver que la musique de Chopin n'est pas belle !! Qu'il y ait des personnes totalement insensibles à elle c'est compréhensible (d'ailleurs elles sont en général totalement insensibles à la musique en général), mais là...ça me dépasse !! 22

Ceci dit, tu n'es pas très sympas avec les pianistes fans de Chopin, Muzio et moi en l'occurence... 29

Basileo, je connais pas Ritchie Blackmore, c'est qui c'est quoi ???
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Basileo
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MessageSujet: Re: Muzio dans tous ses états   Dim 26 Fév - 20:26

Blackmore? Un grand musicien de la fin du XX ème siècle. Son instrument? La guitare électrique...

Il a fait parler sa Fender Stratocaster en tant que leader des groupes Deep Purple ou Rainbow, entre autres. D'ailleurs, je vous invite à écouter "Child in Time" de Deep Purple ou le live de "Stargazer" avec Rainbow. De la grande musique.
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