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 L'Allée Centrale

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Brunilde Gurrieri
Comtesse - Ca'Adorasti
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Nombre de messages : 53
Date d'inscription : 30/05/2007

MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Mar 4 Sep - 22:49

(Désolée du retard :s)

Brunilde avait noué dans son dos ses mains aux doigts toujours aussi agités. Un sourire pointait encore sur ses lèvres, pourtant, ne se retrouvait dans ce sourire non plus de l'amusement, mais de l'anxiété ; tous ces mots, envoyés avec plus ou moins de véhémence, ne présageaient rien de bon, cela était certain. Naturellement, ne connaissant personne sur les lieux, contrairement aux deux autres dames qui semblaient plus que surprises de l'état de ce « Catanei », elle évitait à présent d'accorder toute crédibilité à ce qu'elle entendait (et à ce qu'elle voyait, pour sûr).
Intuition féminine, peut-être, mais la comtesse recula d'un pas lorsque Tiberio réajusta ses gants, ce dernier envoyant à la figure de Iago des propos d'une acerbité croissante. Et pas seulement. Le poing s'en mêla à son tour, arrachant à Brunilde un petit cri, ainsi qu'aux femmes des groupes alentours, tout juste attirés par la joute verbale devenue bataille à mains nues. Qu'allaient faire les hommes ? Ne pas se joindre à ces stupidités, elle l'espérait. Mais c'était sans compter la seconde intervention de Demetrio, qui ne trouva rien de mieux à faire que d'imiter son complice.


« Mais... Mais enfin... »

*Seigneur, c'est d'un vulgaire...*

La comtesse se passa une main sur le visage et la fit arrêter sur sa bouche, elle manqua de rire lorsque le musicien présenta ses excuses.

« Vous plaisantez ?, du moins riait-il, vous n'êtes apparemment pas un homme du genre à pouvoir contenir un grand taux d'alcool dans le sang, il suffit de vous regarder... Oserais-je cependant remarquer qu'à défaut de proférer d'intelligentes paroles, vous pourriez au moins veiller à ne pas choisir d'interlocuteurs bien plus lucides que vous, ceci afin de préserver un tant soit peu de votre dignité. »

Bien qu'elle ne connaissait nullement Demetrio, et bien que ce dernier n'était pas celui qui menait la danse à proprement parler, mais son camarade. Il devait être beaucoup trop ivre ‒ bien plus que ne l'avait imaginé Brunilde ‒ pour se rendre compte de quoi que ce soit. Enfin, elle accordait sa confiance à la comtesse Accorti et à la baronne Visconti, cet homme ne devait pas être mauvais, aussi serait-il fort regrettable que l'image d'un ivrogne le poursuive à compter de cette soirée.

Finalement, la comtesse fronça les sourcils et lâcha :


« Il y a un blessé, nous allons avoir besoin d'un médecin... »

Elle avait certes espéré de cette soirée un bon divertissement, mais le spectacle d'un homme seul contre deux ne lui avait jamais procuré le moindre plaisir. Ainsi pria-t-elle intérieurement : il ne fallait pas que cela dégénère davantage. Légèrement agacée, elle fourra de nouveau ses mains à l'intérieur de son manchon, songeant à rester quelques instants encore avant de débarrasser les lieux de sa présence.
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Donatella Visconti
Baronne - Ca'Grazziano
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Date d'inscription : 19/02/2007

MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Dim 9 Sep - 19:10

Quand Ariela tenta de se disculper face à ce qu'elle lui avait dit, Donatella se renfrogna et répliqua, l'air boudeur et les joues gonflées.

"Je n'ai que faire que de ce que vous appréciez en particulier." commença-t-elle.

"Et cela m'est bien égal que vous aimiez les femmes également, du moment que vous ne m'approchez plus et surtout que vous ne me touchez plus comme vous l'avez fait au caffé, sans ma permission ! Est-ce clair ?" finit-elle les yeux plissés pour se donner un regard féroce qui ne devait sembler féroce qu'à elle.

Son attention retourna sur les deux perosnnes ivres quand Iago se mit à rire en répondant au premier homme. Elle ne comprit pas vraiment pourquoi il parlait de Tiberio Adorasti alors qu'il s'appelait Massimo Scherza. Le gentilhomme aussi avait-il bu ? A vrai dire, la conversation devenait bien trop embrouillée pour elle et la baronne n'arrivait plus à suivre.

Les hommes répliquaient entre eux et l'ambiance devenait de plus en plus lourde et tendue. De ce fait, Donatella se sentait de plus en plus mal agitait nerveusement son éventail et cherchait des yeux sa gouvernante comme une bouée de secours ou un bol d'air.

Quant au musicien qui lui avait semblé très sympathique, elle se dit que sa décision de travailler un peu la musique avec lui était une mauvaise idée à moins que celui-ci ne s'excuse une fois redevenu sobre. Mais c'était sans compter ce qui se passa par la suite.

Le premier homme, qui s'appelait Massimo ou Tiberio, elle ne savait plus, envoya violemment son poing sur le nez de ce pauvre Iago, très vite suivi par Demetrio qui en fit de même. Donatella poussa un cri strident et tomba à la renverse, heureusement retenue par sa gouvernante qui se trouvait dans son dos. Celle-ci avait relativement assez de force pour la soutenir alors qu'elle se trouvait mal et l'aida à la redresser à demi pour l'emmener un peu à l'écart, et lui donner un verre d'eau.


[Ailleurs]
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Ariela Accorti
Comtesse
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Date d'inscription : 07/02/2007

MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Mar 11 Sep - 23:38

La comtesse ne répondit pas à la baronne, se contentant de lui couler un regard attristé et mélancolique.

Son attention fut vite accaparée par l'échange des deux hommes ivres et de l'individu nommé Degli Albizzi. Tout particulièrement par un fragment du discours de ce dernier, qui la toucha tout particulièrement. Enfin un homme lucide, de ceux qui savaient reconnaître la merde là ou elle était, c'est à dire dans l'humanité toute entière. Et il s'incluait même dedans. C'était charmant, cela, vraiment charmant, pour une fois. Il y avait de quoi respecter le bonhomme ne serait-ce qu'un peu. Il était trop grossier, cependant. Ce genre de réflexions ne s'avoue pas à la face du monde, on les garde en soi pour mieux s'en servir contre les autres. Mais la bonne volonté était évidente. Et puis, ses dernières phrases convenaient assez bien à l'homme qui se nommait visiblement Tiberio Adorasti. Le parti d'Ariela était pris. Et ce n'allait pas être le comportement du cousin du prince qui allait y changer quoi que ce soit, bien au contraire, même.

La réplique qu'il servit à la comtesse était des plus pataudes. Et quand sa sa diatribe contre Iago... Elle pouvait visiblement s'appliquer pour lui à la perfection. Suffisant, lui même l'était plus qu'il n'en fallait. En quête d'attention, il l'était aussi. Ne serait-ce que pour se complaire dans le regard qu'il devait avoir de lui-même, il cherchait l'affrontement. Il avait besoin d'un interlocuteur. Un détritus, au vu de la dose d'alcool qui devait imbiber son corps, il en était un à n'en pas douter. Quand à être débile, il en faisait là une belle démonstration.

Et puis vint l'apothéose. La fin de tout ce qui pouvait laisser la moindre trace d'estime latente dans l'esprit d'Ariela envers ce nouveau venu. Et Demetrio, visiblement saoul comme une barrique, qui fit de même. La... Qualité de leurs rapports évita cependant au violoniste de tomber au plus bas dans l'estime de la comtesse.

Sans un regard pour la chose qui venait de s'étaler lamentablement au coeur de l'action, Ariela vint se placer à proximité de Iago, les bras croisés.


"Monsieur Adorasti, puisque voilà votre nom... Vous rendez vous seulement compte qu'en répondant aux mots par les coups, vous vous abaissez à reconnaître une certaine légitimité aux propos de votre interlocuteur ? En plus de vous ridiculiser sérieusement, mais ceci, je suppose, ne doit pas vous faire peur ?"

Le ton était mielleux, mais les yeux lançaient des éclairs d'indignation. Elle se tourna vers le musicien, le ton devenant particulièrement froid et cassant:

"Demetrio, tout ceci ne vous ressemble pas. Vous feriez bien de vous reprendre. Allez plonger la tête dans une fontaine, cela vous remettra les idées en place, voulez vous?"

De nouveau vers Tiberio, de nouveau mielleuse:

"Accordons: il y a un détritus débile parmi nous, puisqu'il a l'honnêteté de se nommer ainsi, rendons lui justice. Si j'ai bon souvenir, un honnête homme se doit d'ignorer de tels individus. Un gentilhomme ne se bat qu'avec des personnes de sa classe sauf si sa vie est en danger. Vous connaissez sans doute cette expression... Le crachat du crapaud n'atteint pas la blanche colombe? En frappant monsieur Degli Albizzi, j'ai bien peur que vous ne vous rameniez au rang de... Allons, accordons: de loque sans cervelle. Ce qui n'est guère plus reluisant."

La comtesse avait écouté Brunilde d'une oreille distraite.

"Pauvre maître Barozzi. Je ne doute pas qu'il aura du travail, si les ivrognes se mettent aussi vite et avec tant de coeur à l'ouvrage... Nous pouvons louer tout de même monsieur Adorasti pour sa promptitude, ses talents permettront à notre médecin de s'échauffer un peu."
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano
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Date d'inscription : 23/05/2005

MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Mer 26 Sep - 0:43

A vrai dire, Iago les avait presque vus venir ces coups.
Evidemment, tout était dans le presque.

Quand Tiberio avait repris la parole, il avait été clair que toute discussion était inutile. Ce genre de personnage ne parle pas pour débattre d’une idée mais pour provoquer en espérant y trouver une distraction. Distraction qu’ils finissaient le plus souvent par provoquer avec des coups.

Mais une fois de plus, il s’était laissé aller à une vague d’espoir dans le genre humain et avait imaginé que peut-être son vis-à-vis ne serait pas assez stupide pour en venir à la brutalité physique. Il n’avait vu le coup que lorsqu’il fut lancer.
Un mouvement de recul instinctif lui fit légèrement tourner la tête, et le poing de Tiberio au lieu de lui casser le nez s’écrasa sur son œil et l’aile de son nez, déclenchant l’apparition d’une pluie d’étoile sous sa paupière.

Eut-il été quelqu’un d’autre, Iago aurait peut-être crié, il se serait peut-être brusquement reculé et aurait ainsi évité le second coup. Mais Iago était resté sur place, sans rien faire ni rien dire. L’air surpris qu’il avait eu juste avant de sentir l’impact sur son visage avait immédiatement disparut et il était resté immobile, la tête légèrement projetée en arrière par la force du coup.

Ce qui fait que le poing de Demtrio n’eut aucun mal à trouver la mâchoire de Iago, envoyant sa tête valser dans l’autre sens.

Si Iago resta stoïque en apparence (il en fallait un peu plus pour que l’habitué des coups se laisse aller à crier ou à se protéger), il faut bien avouer qu’il n’entendit pas vraiment les mots qui lui étaient adressés.
La douleur se déclarait soudain dans son visage comme un incendie dans une forêt de pin. Rapide, brutale, impérieuse, elle irradiait, naissait dans sa mâchoire, son œil, son nez, et explosait dans le reste de son corps bannissant toutes pensées qui n’étaient pas conscience de la douleur.

Il ne voyait plus rien que des points étourdissants, n’entendait plus que son propre sang qui battait à tout rompre dans ses tempes. Et des cris lointains, anciens plutôt, que sa mémoire n’arrivait pas à dissocier de cette sensation de douleur.

Iago s’obligea à inspirer profondément et à soupirer doucement. Peu à peu la voix d’Ariela Acorti lui parvint clairement, et l’œil qu’il pouvait ouvrire saisit, derrière une barrière de cheveux, une bribe de l’environnement qui l’entourait. Un goût métallique dans la bouche, une sensation chaude sur ses lèvres, il réalisa que son nez saignait abondamment.

Il sortit lentement un mouchoir de son pourpoint et le maintint contre son visage. Il posa légèrement sa main libre sur le bras de la comtesse pour attirer son attention.


"Laissez…"

Iago aurait voulu ajouter "Madame", mais la douleur qui résultat du mouvement de sa mâchoire était si vive qu’il s’arrêta avec un grognement. Sa voix était rauque et son souffle court. Il inspira de nouveau et reprit, en ouvrant à peine la bouche.

"L’âne d’Aristote n’est jamais resté qu’un âne."

Iago ne prit pas la peine de développer parce que chaque mouvement de sa mâchoire semblait créer un millier de douleurs. Pour lui, un homme qui avait recourt à la force brute prouvait qu’il ne possédait pas la moindre intelligence. Or sur un homme sans cervelle, tout discourt était perdu. L’âne d’Aristote avait beau entendre tous les discours de son maître, il ne pouvait rien en tirer. Il n’y avait plus qu’à les ignorer.

Iago n’avait d’ailleurs plus accordé un regard aux deux hommes. Il s’inclina très légèrement (il ne voulait pas risquer de vaciller complètement) devant les deux femmes, les deux seules personnes existantes devant lui à ses yeux.


"Si vous voulez bien m’excuser, il se trouve que j’ai mal et que je préfèrerai que cela ne dure que peu…"

Sans se presser, toujours afin de minimiser la douleur, Iago se retourna et se dirigea un peu à l’écart.

[Je rejoins Muzio]
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Tiberio Adorasti
Cousin du Prince - Ca'Adorasti
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Date d'inscription : 18/01/2007

MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Mer 26 Sep - 15:54

Boum! Oh oui, le choc fut agréable.
Les phalanges ramassèrent le gros de l'impact, et le gant évita que les chairs ne soient trop écorchées. Et, alors que Tiberio se préparait à envoyer un second coup de poing, alors que, pendant une seconde, il se demandait s'il devait plutot frapper la gorge ou la tempe, il vit son camarade s'élancer à son tour, et le devancer.
Les yeux du cousin du Prince s'illuminèrent. On put y lire en vrac : une explosion de joie, de reconnaissance, mais surtout, de surprise et de rire.


"Oh, bon Dieu!"
Par réflexe, il se frotta un oeil, tenant à vérifier que ce qu'il venait de voir c'était réellement produit, et essuyant une larme, qui annonçait déjà l'étendue de son amusement.
Ce fut, en réalité, les réactions outrées des deux premières femmes qui achevèrent le bon Tibère. Les cris étouffés, et puis, surtout, cet évanouissement, non, c'était trop.

Le cousin du Prince se cambra en arrière, et se laissa éclater. Son rire, tonitruant, une sorte d'énorme "HAHAHA", grave et lourd, provenant du fin fond de sa gorge, peut être même de plus loin, l'assourdit, tant il était arrivé vite.
Il envoya une claque dans le dos du musicien, et, pendant quelques secondes, prit même appui sur l'épaule de ce dernier, enfouissant son visage au fond de ses bras, tentant de se controler, mais surtout, de reprendre son souffle.

"Oh bon Dieu, bon Dieu bon Dieu bon Dieu... Ah Demetrio, le bilan des victimes est lourd ce soir, hahaha! Nous avons tué ce.. type, puis cette... femme.. et puis.. vous m'avez tué moi, complétement, mahahaha!"
Réussissant enfin à se redresser, il fit quelques pas en arrière, et étudia le visage rougi de son adversaire, ce qui n'eut pour effet que de relancer son fou rire.
A cause de l'alcool cependant, la suite des événements parut un peu floue au bon Tibère. Il s'était plié en avant, s'était tenu les genoux, avait rit, rit encore, peut être un peu toussé et bavé, avait observé le départ de la Baronne, avait cru mourir de rire, avait écouté les paroles de la Comtesse, se calma, rougit un peu (de colère, bien entendu), pensa à lui en coller une à elle aussi, lui avait fait un bref signe de la main, lui expliquant qu'il répondrait à ses questions plus tard, écouta ensuite le vaincu, et laissa son fou rire reprendre le dessus.
Pendant tout ce temps là, il avait plus assisté aux choses qu'il n'y avait participé, incapable de bouger ou de dire quoi que se soit.

Puis, quelque chose comme une demie minute après, peut être plus, il avait enfin réussi à se relever, et avait essuyé son visage, trempé de larmes.


"Seigneur, Seigneur... Hahaha! *Burp* Mon Dieu, mon Dieu, expliquez moi.. Oh donnez moi la force, pitié, hahaha, j'ai besoin de Vous, c'est à peine si je peux respirer."
Et c'était vrai. Il avait cru vomir pendant sa crise, et malgré tous ses efforts, il n'était pas sur que tout cela soit passé, et craignait de laisser son repas passer par la grande porte.
"Oh.. Seigneur... Au revoir monsieur... Peu importe! Ce fut un plaisir! Hahaha!
...
Herm.."

C'était bon, il n'avait plus envie de rire, plus du tout, et se rendait compte à quel point le "retour de flammes" allait être ennuyeux. Demetrio et lui allaient désormais être bloqués avec ces donneuses de leçons, et ça allait être plus mortel que la mort elle même. Il leur faudrait bien du courage, et surtout de l'imagination, pour que la soirée continue sur la même lancée.
Pour autant, il ne pouvait pas les quitter tout de suite. C'était petit de fuir. Il fallait que ça soit les autres qui s'en aillent, de préférence en étant dégoutés, choqués ou, en cas de piètre performance, au moins hautains.

"Halala... Je qualifierais volontiers cette petite introduction de.. hmm... "rafraichissante", n'est ce pas?
Cependant... On peut dire qu'il a de la chance d'être déjà bien amoché, sans quoi je l'aurais poursuivi. Qu'il me désigne comme étant Aristote, je le comprend très bien, mais qu'il vous insulte ainsi mon cher Demetrio, c'est tout de même osé, surtout après une telle raclée."
Le regard que le cousin du Prince lança ensuite aux quelques personnes encore présentes aurait du être suffisant pour leur oter tout doute quant à son interprétation, plutot libre, des derniers mots prononcés par Mr Degli Albizzi. Oui, il les avait compris, et en avait changé le sens volontairement. Et le rictus qui reprenait place sur le coin de ses lèvres était une invitation.
"Qui osera corriger ma reformulation? Qui aura ce courage?" semblait-t-il lancer, encore tout excité.


"Je pense que, désormais, vous pouvez disposer mesdemoiselles. Nul doute que Demetrio et moi arriverions à trouver bien meilleure compagnie au milieu du désert.
J'aurais pourtant un regret. Il est dommage que vous ayez décidé de vous ranger du coté des ennuyeux, ma belle Dame, (Il s'adressait ici à la Comtesse) lors de mon arrivée, j'avais cru voir en vous la seule personne du groupe dotée d'assez d'esprit pour apprécier notre petit jeu.
Vous avez préféré vous montrer.. insultante et avez parié sur le mauvais cheval. Je ne vous en veux pas plus que ça, mais je ne vous retiens pas non plus. Sachez seulement que je suis déçu."
Le cousin du Prince conclut par un mouvement de tête de droite à gauche, bien trop théatral pour être sincère, et fit mine de renifler.
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Raffaele di Grazziano
Frère du Prince - Ca'Grazziano
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Date d'inscription : 12/11/2006

MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Sam 29 Sep - 22:09

[La Fontaine]

Il avait quitté ses compagnons un peu cavalièrement, il en avait conscience. Mais peu importait, certaines affaires passaient avant les plaisirs et de cela, il était bien sûr que le Baron serait d'accord.
Il louvoyait à présent entre les groupes, cherchant du regard un certain tricorne, un silhouette précise.
Les danseurs étaient plus difficiles à éviter que les ivrognes et pourtant les seconds n'étaient pas loin d'être les plus nombreux. Mais il ne s'était pas attendu à autre chose d'un bal offert au peuple.
Il sourit distraitement en réponse aux oeillades d'une vieille édentée parée d'un assemblage improbable de loques dépareillées qu'il entendit appelée Marquise par un homme au rire tonitruant. Les singes n'amusaient pas seulement les habitués des salons.

Un reflux des danseurs, lancés dans une volte compliquée, le poussa vers un groupe qui se tenait sur le côté, lui faisant presque perdre l'équilibre. Il se rattrappa au manteau d'un homme jeune, visiblement pris d'alcool qui chancela. La brutalité du mouvement laissa échapper un objet de l'une des poches de l'inconnu.
Le jeune prince se pencha et mit la main sur la garde armoriée d'une dague, un seul regard lui permit d'en identifier le blason et il leva un regard étonné vers l'homme.

Mais cela ne pouvait être, pas après ce qu'on lui avait raconté du Prince Adorasti. Il n'eut pas à reflêchir longtemps et l'arme disparut discrêtement dans la manchette de son gant, en lieu et place de sa propre dague non marquée qu'il tendit à son vis à vis
.

"Veuillez me pardonner, vous avez laissé tomber ceci."

Une rapide inclinaison du buste, un sourire aimable et il disparut dans la foule mouvante
.

[La Roseraie]
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Demetrio Catanei
Musicien
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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Lun 8 Oct - 1:24

Après l’extase, l’extrême-agonie. Déjà, les effets euphoriques de l’alcool se dissipaient pour laisser place à une brume peu invitante, qui laissait s’insinuer le froid en lui. Son rire s’était bloqué subitement dans sa gorge, mettant fin à l’exaltation que lui procurait son ivresse. Le musicien s’était redressé pour affronter des regards déroutés, dégoûtés, désapprobateurs et ce sourire qui n’était pas le sien s’effaça aussitôt de son visage. Celui à qu’il aurait tant voulu ressembler ne se serait pas servi de tels moyens pour attirer l’attention de son audience et à ces expressions de reproche, il aurait opposé toute son indifférence, peut-être même s’en serait-il enorgueilli et aurait été conforté dans la légitimité de sa condition. Mais Demetrio n’était pas cet homme, il n’était même pas près de lui ressembler et ce fut pourquoi rien d’autre que la honte l’envahit à la pleine réalisation de son geste et des conséquences qui en découleraient.

Médusé, il reçut les semonces des deux comtesses et assista à la faiblesse de la baronne avec une pointe de désolation. Le spectacle de sa victime, le visage en sang, lui apparut d’une violence inouïe, plus encore que le coup porté en lui-même. Frapper avait été libérateur, trop rapide et impulsif pour que son esprit ne songe même à la brutalité de son acte. Cependant, devant cette effusion écarlate, il ne pouvait que constater l’ampleur de sa bêtise. Il envia l’hilarité de son compagnon, littéralement plié en deux devant l’absurdité de la scène, mais se trouva incapable de l’imiter, cette fois. Il se contenta de garder les yeux fixés sur le sol, n’osant les relever de peur de se heurter à nouveau au blâme, comme l’enfant qu’il avait toujours été.


« Vous avez raison, » laissa-t-il tomber platement à l’un de ses interlocuteurs, sans toutefois préciser lequel, de manière à se donner contenance.

On le tira hors de sa torpeur en le percutant. Loin de représenter un appui aussi solide que certains gentilshommes à la carrure solide et au maintien fier, il perdit le peu d’équilibre qu’il lui restait. Il ne comprit pas le regard qui lui fut lancé, pas plus que cette dague qu’on lui remettait en main, mais déjà le jeune homme s’était-il évanoui. Clignant des yeux, Demetrio se laissa tout bonnement choir sur son séant, un soupir s’échappant de ses lèvres. Cette situation lui rappelait ces quelques années à Milan, gaspillées à se vautrer dans la débauche et l’oisiveté. Il sentait poindre un mal de tête dans son crâne, toute énergie semblait l’avoir quitté et il n’aspirait plus qu’à rentrer Calle Bardini pour réchauffer ses doigts glacés.


« Je crois qu’il serait… qu’il me ferait mieux de rentrer. Rentrer chez moi, déclara-t-il sans conviction. J’en ai… assez fait pour ce soir. Trop, trop fait… en fait. »

Il se releva péniblement, remettant un peu d’ordre dans sa tenue avec lenteur et se tournant à demi, comme s’il s’apprêtait à partir.


« Je suis désolé, » ajouta-t-il, toujours sans oser identifier à qui s’adressait ses paroles : Tiberio Adorasti qu’il avait l’impression de trahir, Monsieur degli Albizzi pour son coup de poing ou les deux comtesses pour sa conduite malséante.
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Caterina
Invité



MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Jeu 11 Oct - 0:37

[Premier Post]

La Tesi considéra la multitude. Elle avait déjà vécu ce genre de bal au Palazzo della Pilotta de Parme. A l'époque elle n'était encore qu'une petite fille.
Elle leva les yeux au ciel en s'imaginant son père la sermonner d'un ton sentencieux de ne pas se complaire dans les artifices de cette société venitienne.
Il l'aurait certainement mise en garde contre ses fourberies, ses mystifications et ses impostures. Elle recoiffa un mèche rebelle d'un geste désinvolte.

Un sourire fin et tiré s'empressa d'éclairer son visage. Elle n'avait pas perdu le sens des convenances, mais l'ambiance du bal populaire invitait la courtoisie sur des terrains glissants. Elle croisait dans cette foule des gens de diverses catégories sociales. L'idée de frôler au coude à coude des indigents la fit frissonner. Mais où était son hôte qui l'avait conviée au bal?

Caterina se haussa sur la pointe des pieds pour aperçevoir la piste de danse. Les corps glissaient lentement comme des pantins de cire, ébauchant des gestes lents, sur une musique baroque des plus stridentes. D'ailleurs l'orchestre manquait cruellement de contre-basse pour adoucir la mélodie... Une vilaine Sarabande s'il en était.

Finalement, la prima donna tiqua en découvrant son hôtesse la comtesse Acorti. Enfin!
Elle se composa un visage belliqueux et railleur.
Après tout, c'était, semblait-il l'expression communément adoptée en cette soirée d'hiver.

Elle manqua de percuter un homme à la taille vertigineuse et aux doigts graciles.
Visiblement, il était complètement éméché.


"Caterina Tesi, le pardon n'est pas dans ma nature, mais si vous m'offrez le plaisir de connaitre votre nom, soyez assuré que je m'en souviendrai." concèda t-elle avec une moue faussement contrariée.

De ce fait, Caterina constata les personnes en présence. Tous ces yeux scrutateurs provoquèrent une panique qui accélera son rythme cardiaque, de ce fait elle respira plus vite, comme au sortir d'une course.

"Comtesse. Ravie de vous revoir en si ...accorte compagnie." s'appliqua t-elle à prononcer d'une voix presque neutre, effectuant une révérence des plus appuyées.
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Brunilde Gurrieri
Comtesse - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Dim 14 Oct - 23:26

Ah ! Oui, tout retombait. Une légère inflexion de la tête au blessé en guise de salut, une oreille courageuse pour faire face aux bruits insupportables de Tiberio, une autre oreille attentive aux propos de la comtesse, un regard pour Demetrio. Elle ne savait plus. Sur quoi devait-elle réellement se focaliser, déjà ? Demetrio, admettons. Si une certaine irritation flottait encore sur le visage de Brunilde, ce dernier se radoucit imperceptiblement alors que trois mots percutaient le sol d'une force comparable à celle de l'éclair. « Vous avez raison. »
L'homme n'était plus le même. Ou plutôt, il était redevenu lui. Quel sentiment effroyable cela devait-il être que de voir la toile de l'imposture se déchirer progressivement autour de soi. Qui pouvait mieux en témoigner à cet instant, sinon Demetrio et sa superbe expression ? La comtesse en fut profondément touchée.
Elle se mordit la lèvre inférieure, suivit brièvement du regard l'apparition carmine qui s'envola aussitôt, sans accorder trop d'importance à cette lame aimablement restituée, puis porta son attention sur Tiberio qui, sans vergogne aucune, trouvait encore matière à se moquer du monde qui l'entourait, son « élève » y compris.
Un silence d'abord, puis autre chose qu'elle ne parvint pas à réprimer. Sa langue claqua contre son palais :


« Ne me sentant pas la patience de converser avec un âne, je vais effectivement disposer. »

Mais pour elle, qui était réellement l'âne, dans l'histoire ? Il n'y eut plus le moindre doute lorsque Brunilde s'approcha de Demetrio pour le saisir délicatement par le poignet, saluant au passage cette femme qu'elle connaissait bien pour avoir assisté à plusieurs de ses représentations par le passé :

« Mademoiselle Tesi, je ne m'attendais pas à vous rencontrer ici. Votre dernière interprétation de l'Almira était tout à fait fabuleuse ! J'espère avoir d'autres occasions de vous écouter prochainement. »

Elle se tourna de nouveau vers celui qu'elle tenait toujours :

« Et si vous le permettez, je vais accompagner monsieur Catanei jusqu'à la sortie du Castello », pour finalement s'adresser directement à lui, « Nous ne sommes jamais trop prudents, n'est-ce pas ? Il serait dommage que le verre de trop s'égare entre vos mains encore fébriles des événements récents. »

Un sourire mutin vint orner ses lèvres. Ce sourire qui voulait clairement dire, du moins pour ceux qui la connaissaient, qu'elle emmènerait naturellement Demetrio quelque part : ailleurs, où il voulait, partout, sauf à la sortie du Castello.

Saluant chacune des personnes présentes, Brunilde emmena l'homme sans tarder au labyrinthe végétal.


[Allée de Trèfle]

(Tour de post libre pour ce sujet]


Dernière édition par le Lun 29 Oct - 0:27, édité 1 fois
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Demetrio Catanei
Musicien
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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Lun 29 Oct - 0:10

Le rideau tombait sur une scène au goût douteux et Demetrio n’aspirait plus qu’à la quitter. Il avait espéré pouvoir bénéficier d’une sortie à peu près digne, mais le sort jugea qu’il ne la méritait pas puisque, tout juste après avoir pris congé de leur petite assemblée, il entra en collision avec une femme, une de plus. Malgré l’état dans lequel il se trouvait, il put reconnaître en elle Caterina Tesi, qu’il avait pu accompagner par le passé sans jamais toutefois avoir osé lui adresser la parole. La cantatrice était réputée non seulement pour sa voix, mais également pour son caractère que certains qualifiaient de volontaire, d’autres de tout simplement intraitable. Sachant son verbe encore moins assuré qu’à l’habitude, il choisit de taire des excuses aussi boiteuses qu’inefficaces pour laisser tomber son nom, tel qu’il lui était exigé :

« D… Demetrio Catanei. »

Cette dernière formalité accomplie, il se crut tiré d’affaire mais le sort, soudainement clément, jugea qu’il avait gagné son salut, peut-être en admettant s’être détourné du droit chemin et en avoir exprimé du remord. Une main étonnamment chaude en cette atmosphère refroidie se referma autour de son poignet avec une douceur déconcertante. Le geste n’avait rien de la poigne ferme d’une mère qui ramène son enfant à l’ordre, ni de l’agression qu’il ressentait d’ordinaire au contact d’un étranger. Relevant un regard un peu confus, un peu penaud vers celle qui s’offrait comme sa rédemptrice, et prêta une oreille sans cesse plus surprise aux propos par trop aimables qu’on lui tenait.


« Je… Oui, bien sûr… Merci. Pr… précaution judicieuse. Je suppose. Prudence est… est mère de… de.. sécurité. Non. Sûreté, je crois. Non? Oui. »

Tout au long de ces considérations sémantiques, ses yeux s’étaient penchés sur l’examen de ses chaussures et ils se redressèrent peu à peu pour se poser sur un sourire espiègle, chargé d’une complicité semblable à celle de Tiberio Adorasti mais d’une invite fort différente. Répondant timidement au sourire qui lui était adressé, il s’inclina devant ses interlocuteurs, réitérant une nouvelle fois ses adieux, et s’engagea aux côtés de Brunilde en direction du labyrinthe végétal.


[L'Allée de Trèfle]
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Tiberio Adorasti
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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Mar 30 Oct - 0:32

"Non, non non non, vous n'avez pas le droit de dire des choses pareilles. Ressaisissez vous mon brave."
Répondit le cousin du prince aux premiers remords du musicien, encore fort amusé par la situation. C'était si... divertissant de voir, étape par étape, les effets de l'alcool sur un buveur inexpérimenté.
Tiberio, en connaisseur, tentait de deviner à l'avance les réactions de son compagnon, mais, surtout, réfléchissait à la meilleure façon d'utiliser tout ça.
En repensant à la brève bagarre, Tiberio avait compris. La soirée allait être véritablement fantastique. Entre autres parce que, visiblement, lorsque le musicien abusait de la boisson, il devenait encore plus malléable qu'en temps normal.
Il s'y voyait déjà, à comploter à voix basse, à aller ennuyer untel ou untel, puis, surtout, à observer son acolyte faire la même chose. Ca serait la meilleure part.

Donc, forcément, il fallait le remettre sur pied. En général, il suffisait d'une main sur l'épaule, de quelques pas dans le froid, d'une ou deux histoire de soirées encore plus arrosées, d'un sourire amical, et de la promesse que ça irait mieux quelques minutes plus tard.
Le cousin du prince entrouvrit la bouche, et se prépara pour son discours motivant, déjà pensé dans les moindres détails, mais ne put pas vraiment commencer. Il vit, à quelques pas seulement, un pichet encore plein, et une paire de verres propres vides.
Il n'y eut même pas une milliseconde d'hésitation. Il se mit en marche, et alla se servir un verre, qu'il vida immédiatement, avant de... (*Burp*) de le remplir de nouveau.

Quand il se retourna, il ne put qu'assister, impuissant, à l'enlèvement sauvage de son "ami" par l'une des mégères.

"Hé mais... Bah hé! Oh! Atten... Oh!
Bah alors.. c'est quand même un peu fort ça.
Oh!"

Bah alors.. Co.. Comment allait il faire maintenant? Son meilleur divertissement de la soirée venait de filer, et il n'avait pas pu le retenir.
Le Cousin du Prince etouffa un juron, serra les poings, puis, observa, l'air las, les personnes encore à ses cotés. Il restait la Comtesse, qu'il n'avait même plus envie de mettre en boule, et cette... Caterina Tesi, dont le nom lui disait vaguement quelque chose.
Le musicien aurait encore été là, ç'aurait été un plaisir, une joie, que de déplaire à ces deux dames. Mais seul.. le jeu perdait quasiment tout son intéret. A moins, bien sur, de tomber sur un adversaire vraiment digne de ce nom. Il lui faudrait croiser une sorte de jumeau spirituel. Oh Seigneur, qu'est ce qu'il s'amuserait alors. Il pourrait aller...

L'alcool le faisait divaguer.

"Demetrio! La soirée vient de commencer bon Dieu!"
Lança-t-il, en un dernier cri désespéré, les bras levés et le regard empli de tristesse.
Bouche entrouverte, lèvre tremblottante, air désabusé, puis soupir las. Il avait sorti tout son costume du "ayez pitié de moi", comme il l'appelait, mais, pour une fois, sans que ce soit volontaire.

Le cousin du Prince releva la tête, et observa les deux jeunes femmes. Quelques idées de phrases lui traversèrent l'esprit, et il se rendit vite compte qu'il n'avait pas envie de choisir. Il n'avait pas envie de les voir, et il n'avait pas envie d'être là.
Il avait envie de réfléchir un moment, et de trouver comment s'occuper pour le reste de la soirée. Pour cela, il lui faudrait un peu de stimulant.
Il engloutit le contenu de son verre, jeta ce dernier par dessus son épaule, soupira de nouveau, et fit demi-tour en faisant claquer ses talons, sans même se présenter ou dire au revoir. Préférant marmonner des jurons.


[Ailleurs - j'éditerais]
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Ariela Accorti
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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Jeu 1 Nov - 11:25

Les gens fuyaient. Delgi Albizzi était logiquement parti à la recherche d'un médecin. La comtesse eut presque envie de le suivre, mais elle avait assez de discernement pour senti que ce n'était pas forcément la chose à faire. Dommage, un être intéressant quittait la danse.

Restait le déchet. Tiberio Adorasti. Comme s'il ne s'était pas assez ridiculisé jusque là, il s'enfonçait encore, se permettant une crise d'hilarité des plus déplacées. Surtout que Demetrio, apparemment, reprenait un peu ses esprits. Bien, pour lui, c'était visiblement un coup de folie passager. Elle l'épargnerait pour cette fois. L'autre, par contre, le pourceau inconvenant... Celui-là, il lui faudrait penser à le travailler, si jamais il recroisait sa route. On n'a pas idée d'être aussi stupide et aussi peu raffiné.

Quand à l'autre comtesse, la dame Gurrieri... Elle ne savait qu'en penser, mais visiblement, elle avait plutôt bon goût en matière d'hommes. Ariela leva un sourcil lorsqu'elle leur enleva Demetrio, plus surprise qu'offusquée. Après tout, si le violoniste pouvait perdre la tête d'une manière plus acceptable que le pugilat sans grâce, elle n'allait pas protester. Ariela pensait, depuis sa mésaventure avec un certain Andrea Caprara, que l'attachement prolongé et la jalousie qui en découlaient n'avait aucun intérêt autre que de faire souffrir les humains. Ce genre de chose était bon pour les autres, plus pour elle. Demetrio Catanei pouvait voler de couche en couche, elle ne s'en piquerai aucunement. Au contraire, même. Elle pensait pouvoir le ramener à elle assez facilement, et cela pouvait s'avérer être une arme contre toutes les femmes qu'il approcherait. Donatella Visconti, par exemple. Ou, donc, cette dame répondant au doux nom de Brunilde Gurrieri.

Elle eut soudain affreusement pitié de l'autre. Tiberio Adorasti était sans doute le personnage le plus ridicule qu'elle ait jamais croisé. Sa dernière tirade avait quelque chose d'effroyablement pathétique. Toutes les familles avaient leurs déchets, mais celui-ci était particulièrement beau. C'était à la dégoûter de sa tâche mystique. A quoi bon punir les méchants et les idiots? N'était-ce pas vain, lorsque l'on se retrouvait face à de telles erreurs de la nature? Non, cela n'était pas vain. Si d'autres qu'elle, ailleurs, avaient l'idée de jouer au même jeu qu'elle, ils pouvaient tout de même rendre le monde un peu meilleur qu'il n'était.

La comtesse, restée silencieuse jusque là, observant la scène d'un oeil navré, se tourna vers Caterina, maintenant qu'elles étaient seules. Elle ne sourit pas à son bon mot, surtout qu'accorte s'accordait bien mal avec la bande de rustres, d'ivrognes, d'innocentes stupides et de libertines qui venait de s'égailler partout dans le Castello, apportant leur bêtise vers d'autres terres sans doute fertiles. Elle lui répondit d'un ton un peu las:


"Mademoiselle Tesi, j'espère que cette fête vous apporte plus d'agréments qu'à moi. Il semblerait que tout ce que Venise compte en personnes de rang y soit venu s'y ridiculiser. Pour un peu, on verrait le prince Adorasti et son adoré camarade le prince Di Grazziano danser une gigue endiablée nus sur une table. Triste spectacle en vérité."

La comtesse fit une petite moue, se passa une main sur la nuque et fit quelque mouvements de tête pour chasser la fatigue qui pesait sur ses cervicales.

"Je crois que je dédaignerai les bals populaires à compter de ce jour. D'autres divertissements plus élevés -l'opéra par exemple- obligent les idiots à faire semblant d'être ce qu'ils ne sont pas, et cela ne fera aucun mal à la réputation de notre pauvre ville..."

Ariela parlait presque plus pour elle-même que pour la cantatrice.

"Vous m'excuserez, mais je suis lasse. Je pense que je vais rentrer Calle Trevisi. M'accompagnerez vous? Je vous arracherai bien à ce lieu de débauche."

Edit de Pourpre : ELLIPSE TEMPORELLE
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Mer 2 Jan - 20:20

[Ca'Adorasti - Suite de Danilo]

*Sombre idiote, pauvre cloche, non mais quelle cruche, complètement stupide...*

Ces gentils termes dont elle avait l'habitude de couronner certaines personnes qu'elle n'aimait pas, Gabriella se les était cette fois réservés pour elle durant tout le trajet jusqu'au Castello.

*Le libertinage est plaisant mais il y a des limites tout de même, quelle imbécile je fais... dans le palais du prince Elio ! Et monsieur Scaligeri qui m'attend holala je suis en retard... et ce pauvre monsieur Della Lonza.. qui est en deuil et moi qu'est-ce que je fais ? Je l'embrasse, non mais.. complètement folle.. insensée...*

Elle n'était plus qu'à quelques mètres du lieu du rendez-vous mais elle était tellement perdue dans ses pensées qu'elle ne vit pas le valet encombré de documents arriver sur sa droite à un croisement. Leurs épaules se heurtèrent et les feuilles s'éparpillèrent autour d'eux.

"Je suis désolée... je vais vous aider..." dit-elle en s'accroupissant pour ramasser les documents.

*Trop bête...*
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Raffaele di Grazziano
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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Mer 9 Jan - 2:22

[Roseraie]

Raffaele avait quitté la roseraie d'un pas rapide. Il avait cependant, juste avant de gagner l'allée principale cueilli une fleur à peine ouverte et la faisait tourner entre ses doigts.
Il ralentit le pas en voyant la petite servante parler avec un homme en livrée. Elle-même n'avait pas pris la peine de se changer et arborait les couleurs des Adorasti. Le jeune prince fronça le nez, cela ne lui plaisait pas, il aurait préféré plus d'anonymat.

Cependant, il n'en montra rien et s'approcha, un sourire aux lèvres. Arrivé devant Gabriella, il s'inclina
.

"Vous n'imaginez pas le plaisir que je ressens à vous revoir, Mademoiselle. Le temps m'a semblé long depuis notre dernière promenade."

D'un geste de la main, il montra l'entrée du labyrinthe dont la discrétion lui apparaissait comme vraiment indispensable au vu de la tenue de sa compagne.

"Que diriez-vous de faire quelques pas de ce côté ? J'ai toujours trouvé les labyrinthes amusants."

Il inclina la tête et son sourire se fit plus malicieux.

"L'intimité que l'on y trouve ne vous effraie pas, n'est-ce pas ? Je ne voudrais pas que vous éprouviez un quelconque malaise à cette idée."

[Labyrinthe]
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Gabriella Delmonti
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MessageSujet: Re: L'Allée Centrale   Mer 9 Jan - 22:02

Gabriella regarda repartir le valet tout en arrangeant les plis de sa robe anthracite. C'est seulement à ce moment là qu'elle se rendit compte qu'elle avait gardé sa livrée.

*Oh non c'est pas vrai... je fais tout de travers aujourd'hui...* se réprimanda-t-elle. Pour un rendez-vous galant, son habit n'était vraiment pas approprié mais elle n'avait plus le temps de retourner au palais pour se changer. La scène avec Danilo l'avait perturbée au point qu'elle avait oublié de repasser par sa chambre. Elle avait sur le moment juste voulu s'en aller le plus loin possible du gentilhomme.

C'est donc le rouge aux joues qu'elle vit s'approcher Raffaele mais son sourire réapparut aussitôt. Elle s'inclina brièvement en guise de salut.


"C'est un plaisir partagé monsieur." dit-elle avec une légère timidité. Seule la compagnie d'un homme qui ne la laissait pas indifférente laissait apparaître ce côté de sa personnalité. Car en tant normal, Gabriella n'avait rien d'une jeune femme timide, bien au contraire.

"Je vous prie d'excuser ma tenue." ajouta-t-elle, gênée.

"J'ai été très prise, et je n'ai pas eu le temps de me changer... je ne voulais pas.. manquer notre rendez-vous... Je tâcherai de me rattraper la prochaine fois..." dit-elle en souriant doucement. Bon, ce n'était qu'un demi mensonge après tout...

*En espérant qu'il y ait une prochaine fois.. oh ouii... ça serait bien...* pensa-t-elle les yeux brillants.

"Le temps m'a semblé long également et je dois avouer que j'avais hâte de vous revoir de nouveau, monsieur Scaligeri." dit-elle en minaudant légèrement, les doigts de sa main jouant avec un pli de sa jupe.

Un sourire ravi se peignit sur son visage lorsqu'il indiqua la direction du labyrinthe. Comme c'était romantique !


"J'en dis que c'est une excellente idée !" s'exclama-t-elle.

Puis, répondant à son sourire malicieux en lui jetant un regard mutin, elle répondit le sourire aux lèvres et oubliant un peu sa timidité.


"Ce genre de choses ne m'effraie pas lorsque je suis en compagnie d'un gentilhomme en qui je peux voir confiance, n'est-ce pas ?" demanda-t-elle en se dirigeant vers le labyrinthe à ses côtés.

"C'est une bien jolie fleur que vous tenez là..." ajouta-t-elle d'un ton amusé en regardant devant elle.

[Labyrinthe]
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