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 La Roseraie

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Du Bout des Doigts
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MessageSujet: La Roseraie   Dim 20 Nov - 1:39

...
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Ven 25 Nov - 8:51

[Calle Bardini]

Dès son arrivée à Venise, Matteo était parti en éclaireur pour déterminer les endroits notables de Venise qu’il pourrait utiliser ultérieurement. Ce qu’il considérait comme un lieu digne d’attention signifiait bien souvent un lieu où emmener ses conquêtes, qu’il prévoyait d’avance fort nombreuses. C’est donc lors de l’une de ses promenades à travers la ville qu’il avait pu repérer un charmant jardin public, qu’il s’était promis de revenir visiter… mais accompagné, cette fois.

La jolie domestique de la Calle Bardini à son bras, le blond déambula à travers les allées pour finalement atteindre la roseraie, un endroit qui joignait l'utile à l'agréable comme il était à la fois discret et fort beau. S'immobilisant, le jeune homme se tourna pour faire face à sa dame. Il rapprocha son visage du sien et lui souffla d'un ton suave:


" Ma dame, le Soleil amorce son coucher, la nuit est sur le point de tomber et pourtant, je ne ressens la morsure du froid tant mon coeur est réchauffé par l'ardeur de l'amour. "

Il prit ses mains entre les siennes et les chérit de baisers, les tenant comme on le ferait avec de précieuses reliques.
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Isabella
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Ven 25 Nov - 20:29

Isabella suivait le couple depuis quelques minutes déjà, à distance. Elle n'était pas bien sûre de reconnaître celui qu'on l'avait envoyé chercher.
Alors que les deux jeunes gens s'arrêtaient dans le jardin, Isabella distingua plus nettement le visage de l'homme, et en conclut qu'il s'agissait bien là de Matteo Salvani.
Réajustant sa tenue, non par coquetterie mais par souci de bien se présenter, elle avança à petits pas pressés vers eux, génée d'avance de devoir les déranger dans leur promenade.
Plus elle approchait, et plus elle était certaine qu'il s'agissait bien de celui dont on lui avait fait la description. Il était réellement très beau. Une discrète rougeur embrasa les pommettes d'Isabella, qu'elle s'efforça de contrôler, pour ne pas être inconvenante.
Les servantes ne devaient pas regarder ainsi ceux qu'elles servaient!
Et voilà qu'en s'approchant, elle vit que le jeune homme baisait les mains de la jeune femme, et ses joues s'empourpèrent d'avantage... quel pire moment aurait-elle pu choisir pour les interrompre? Aucun!
Elle s'immobilisa à quelques pas à peine d'eux, indécise. Ils l'avaient vue, elle ne pouvait plus s'en retourner! Mais si elle rompait ce moment, elle manquerait à tous ses devoirs! Oh non! Comment avait-elle pu être aussi idiote?
Isabella tordait nerveusement ses mains, il fallait qu'elle se lance maintenant qu'elle était là, sinon ce serait pire encore...!


"Heu... M... Matteo Salvanti?"

Demanda-t-elle, au comble de la gène.
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Eva Call
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Sam 26 Nov - 21:30

Eva, au bras de Matteo, souriait doucement. Le jeune homme la charmait. Poète, séduisant, il représentait l'idole des jeunes filles des rues.
Elle laissa ses mains dans celles du jeune homme ; elle était maintenant tout près de lui et cela ne la dérangeait pas outre mesure.
Soudain, une petite voix se fit entendre. Une voix qui appelait Salvanti
.

*Une ancienne conquête déçue et incrédule ?* se demanda la jeune fille, dissimulant son amusement.

Elle se tourna vers la jeune fille. Celle-ci paraissait gênée, non pas triste ni furieuse. Matteo n'avait sans doute pas encore sévi !
Eva sourit à l'"intruse". Elle se demanda un instant quelle allait être la réaction du jeune Salvanti...
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Matteo Salvanti
Homme de Main - Ca'Grazziano
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Mer 30 Nov - 2:51

Matteo s’apprêtait à amorcer une prochaine étape dans son savant procédé de séduction quand son nom fut prononcé. Il fronça les sourcils, à la fois mécontent et étonné qu’on vienne le déranger dans un tel endroit et un tel moment. Il espéra que ce n’était pas l’une de ces prétendantes éconduites qui n’arrivaient pas à surmonter leur peine incommensurable suite à son départ. Leurs crises d’hystérie semblaient tirées tout droit d’une tragédie grecque, ou d’une comédie, dépendant des cas. Le garçon n’était pas insensible à leurs doléances. Il se faisait même un plaisir de se réconcilier avec ses anciennes conquêtes, si elles présentaient encore un quelconque intérêt. Il n’appréciait seulement pas leur manie d’apparaître à un moment crucial de ses jeux d'amour.

Le jeune homme se retourna pour découvrir l’identité de l’importune, se retrouvant face à une jouvencelle qu’il se souvenait avoir entraperçue au Palais. Un sourire adoucit aussitôt ses traits. Quel était son nom déjà? Ah oui. Munto, Isabella Munto. Même si s’occuper des domestiques ne faisait pas partie de ses charges, l’home de main prenait soin de connaître chacun des membres composant la maisonnée, pour la sécurité de son maître, bien sûr, mais aussi par intérêt, quand le serviteur ou l’invité en question attirait son regard.

Le blond adressa un sourire charmeur à sa dame, lui faisant subtilement signe de patienter pendant qu’il réglait cette affaire sans importance, pour ensuite diriger son attention vers la servante brune :


« Isabella, la salua-t-il chaleureusement afin de dissiper sa gêne apparente. Est-ce le Prince qui vous envoie? »

Cette rencontre avait du bon, tout compte fait, comme elle lui permettait de bien paraître devant sa compagne. Ce n’était tout de même pas le premier venu qu’on envoyait quérir pour le Prince Ugo di’Grazziano.
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Isabella
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Sam 10 Déc - 19:36

Isabella, de plus en pluis confuse et génée malgré le sourire avenant de Matteo s'inclina poliment et répondit au beau jeune homme :

"Oui, je suis chargée de vous transmettre que vous êtes attendu à la réception de ce soir..."

Isabella parlait d'une petite voix, qui ne devait probablement pas porter jusqu'aux oreilles de la jeune femme qui se trouvait un peu plus loin. Ce n'était pas intentionnel. Elle était soulagée de ne pas avoir provoqué la colère de Matteo et se rendit compte qu'il l'avait appelée par son prénom.
Elle se redressa et lui adressa un bref regard interrogateur, qui dut parraître comique.
Elle ne se rappelait pas avoir été présentée à Matteo, ce qui n'excluait pas qu'il puisse, lui l'avoir vue et avoir peut être entendu parlé d'elle, mais qui diable pouvait bien avoir parlé d'elle à quelqu'un comme Matteo? Voilà qui était un mystère pour la jeune servante et qui avait de quoi alimenter son imagination fertile pendant un moment...
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Eva Call
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Sam 10 Déc - 20:10

"Est-ce le Prince qui vous envoie ?" avait interrogé Matteo.

Ainsi, le jeune galant avait bel et bien des relations haut placé ! L'affaire devenait réellement intéressante, mais restait à savoir à laquelle des deux maisons dirigeant Venise appartenait Salvanti. La jeune Eva croyait savoir qu'il appartenait à la Ca'Grazziano, mais un doute subsistait dans son esprit.
Restée en retrait, elle ne perçut pas les paroles de l'inconnue, seulement quelques bribes.
Cependant, elle devinait aisément le trouble de la jeune fille ; ses joues rougies n'étaient sûrement pas dûes à la fraîcheur ambiante.
Elle observa Isabella. Sa gêne était évidente aux yeux d'Eva, et elle pensa que Matteo l'avait sans aucun doute remarqué... Il s'en amusait sûrement autant qu'elle-même !
Salvanti était invité à une réception donnée le soir-même ?!
Eva prit cela comme une bonne nouvelle : son maître, Dante Lonza, y était peut-être convié... Avec un peu de chance, peut-être aurait-elle à l'accompagner ?
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Sam 10 Déc - 21:05

* La réception de ce soir? *

Matteo fut décontenancé par les paroles d’Isabella. Il aurait certainement été parmi les premiers à savoir que le Prince comptait donner une fête dans sa demeure et, si la chose avait été mentionnée à la bibliothèque en début d’après-midi, l’homme de main doutait que son maître eut déjà terminé tous les préparatifs nécessaires à ce genre d’évènements. À sa connaissance, une seule réception avait lieu ce soir dans tout Venise, et ce serait celle qui se déroulerait au Palais Adorasti. Se pouvait-il que la Ca’Grazziano, sa rivale, y ait été invitée? Le garçon cligna des yeux. Était-il possible que ce fût l’œuvre de la Princesse Anna, qui aurait tenté de réconcilier ses deux familles en les réunissant sous le même toit le temps d’une soirée? Ce serait un mystère à éclaircir plus tard.

Reportant son attention à la servante qui lui avait été envoyée, le blond remarqua le regard qu’elle lui lança. Un sourire étira ses lèvres. L’étonnement de la jeune femme était délectable. Plusieurs nobles et bourgeois négligeaient leurs domestiques, les traitant comme de simples possessions, ce que Matteo considérait comme une grave erreur. Les gens de maison avaient accès à des renseignements dont les plus puissants seigneurs ignoraient tout. Les informations utiles qu'on pouvait récolter en se rendant au marché ou en nettoyant la chambre d'un hôte étaient innombrables. C'est pourquoi, loin d'ignorer les domestiques, le jeune homme n'hésitait pas à converser avec eux ou à leur susurrer des mots doux au creux de l'oreille, quitte à les emmener par la suite dans sa chambre pour qu'ils y fassent plus que plier ses draps...


« Je vous remercie pour votre diligence, Isabella. Je n'oublierai pas de mentionner vos qualités au Prince, dès que j'en aurai l'occasion, » fit-il aimablement, sans cesser de sourire.

Matteo fit un pas vers l'arrière, se rapprochant un peu de sa belle, laissée pour compte pendant le bref échange.


« Y a-t-il autre chose? » demanda-t-il à Isabella, d'un ton aussi chaleureux.
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Isabella
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Sam 10 Déc - 22:50

Isabella rougit jusqu'aux oreilles en entendant le ton employé par Matteo, plus que les mots eux mêmes. Elle se balança d'un pied sur l'autre, dans une attitude de petite fille indécise, puis répondit finalement :

"Je vous remercie, seigneur Salvanti, ce sera tout..."

Elle aurait bien rajouté quelque chose comme : nous nous reverrons peut être ce soir, mais ç'eut été déplacé. D'une part parce qu'elle était domestique, d'autre part parce que Matteo était en charmante compagnie... Si elle avait su que la belle était servante tout comme elle, elle s'en serait retrouvée bien étonnée...

Isabella salua alors les deux personnes en s'excusant à nouveau de les avoir dérangés, puis repartit à petits pas pressés de souris vers la demeure Ca'Grazziano.
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Eva Call
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Dim 11 Déc - 14:18

La jeune domestique s'en étant retournée à la demeure Ca'Grazziano et Matteo s'étant rapproché d'elle-même, Eva songea à demander au jeune homme quelle était la raison qui avait poussé Isabella à l'aborder. Mais elle ne jugea pas ceci convenable, surtout pour une jeune personne de son rang...

*Si j'étais princesse, la question ne se poserait même pas, je pourrais parler, donner mon avis, sans craindre de froisser quiconque, je serais libre de mes paroles...*

D'après elle, être princesse, c'était être libre de faire tout ce qu'elle voulait. Peut-être se trompait-elle, elle n'en avait cependant pas conscience. Quand elle prétendait mépriser toutes ces dames en grandes robes, elle se mentait à elle-même autant qu'aux autres. C'était une de ses faiblesses qu'elle dissimulait aux yeux de ses connaissances.
Ah, son impertinente manie la reprenait, elle s'était pourtant interdit d'envier les personnes riches, nobles et poudrées ! Mais rien n'y faisait : fille des rues devenue servante d'un astrologue qui s'était malgré tout attiré sa sympathie et son respect - pour l'aplomb avec lequel il mentait à ses clients, ainsi que pour son talent pour la comédie - elle ne pouvait pas se permettre ces rêveries. Son statut lui convenait, n'est-ce pas ?
Interrompant le fil de ses pensées volontairement, elle s'obligea à regarder s'éloigner Isabella et tenta d'imaginer la réception donnée le soir-même, attendant que le jeune homme lui explique la raison de la venue de la domestique, ou non.
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Lun 12 Déc - 6:24

Voyant Isabella s’éloigner, Matteo s’empressa de la rattraper, posant sa main contre son bras pour la retenir.

« Pourquoi partez-vous si vite, Isabella? Ne souhaitez-vous pas que je vous raccompagne? » s’enquit-il, un sourcil relevé, une lueur joyeuse dans son regard azur.

Le jeune homme avait pris une décision. Il devait s’entretenir avec son Prince pour l’informer qu’il avait déjà été convié à la soirée, puis faire part de son intention de s’y rendre sous le couvert de l’anonymat. En allant à la réception au nom de la Ca’Grazziano, il s’attirerait sans doute la méfiance de la part de la famille Adorasti alors que si, au contraire, il s’y présentait sans attache apparente à aucune Maison, il aurait tout à parier que les langues se délierait plus rapidement en sa présence. Il comptait bien exposer ce raisonnement à son maître dans les plus brefs délais. De plus, s’il souhaitait paraître convenablement à la fête, il devait jouir d’au moins une heure pour se livrer à plusieurs préparatifs indispensables.

Le blond ne désirait pas non plus délaisser sa charmante compagne alors que leur relation avait débuté d’un si bon augure. Son esprit génial lui permit de trouver rapidement une solution à son dilemme. Il ferait d’une pierre deux coups en invitant sa dame à la soirée, lui ouvrant ainsi les portes aux grandeurs des festivités données par la noblesse et arrivant accompagné d’une parfaite inconnue au Palais Adorasti, chose qui lui permettrait de se détacher tout à fait de son appartenance à la Ca’Grazziano.

La vie était si simple et si merveilleuse lorsqu’on s’appelait Matteo Salvanti!

Un grand sourire aux lèvres, l’homme de main se retourna vers sa belle. Posant un genou en terre dans une pose classique du romantisme, il prit sa main fine entre les siennes pour déclarer:


« Mademoiselle, on m’apprend à l’instant qu’une réception se tient ce soir. Souhaiteriez-vous m’y accompagner? Vous me combleriez en m’honorant de votre présence. Je suis conscient de la faveur que vous m'accorderiez en acceptant de paraître à mon bras, vous jeune femme d'une telle beauté, mais j'ose croire que vous daignerez accepter mon invitation... »

Il attendit la réponse de sa bien-aimée avec impatience, suspendu à ses lèvres. [/i]
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Eva Call
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Mer 14 Déc - 15:43

Eva sourit, se mordillant légèrement la lèvre inférieure : c'était ainsi que, d'ordinaire, se manifestait son ravissement, qu'il soit voulu ou non.
Ce jour-là, cette joie intérieure n'était pas le moins du monde feinte. Une réception...
les souvenirs affluèrent. Elle se souvint que, enfant, elle rêvait d'être conviée à un bal par un Prince Charmant... Un de ces rares moments de faiblesse où elle avait eu l'occasion d'espérer une vie meilleure, tout en sachant pertinemment que cela n'arriverait jamais.
Et à présent, le jeune homme le plus admiré de Venise la courtisait ! Bien sûr, elle en avait vu d'autres, mais aucun ne l'avait jamais invitée...
Elle répondit donc, pesant ses mots, contrôlant chaque regard et chaque sourire :


"Vous... Vous me comblez... Je serais ravie d'assister à cette réception à vos côtés, bien que je doute qu'une simple servante puisse franchir le seuil de la demeure où auront lieux les réjouissances..."

Elle avait parlé d'une voix douce, les yeux baissés en une parfaite attitude timide, qui lui conférait un air de jeune fille angélique qui lui seyait à merveille.
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Isabella
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Sam 17 Déc - 14:04

Quand Matteo l'avait interpelée, Isabella était revenue sur ses pas, étonnée. La raccompagner ? Pourquoi faire ? Etait-ce bien convenable ? Qu'allait-on en penser ? Et la jeune femme qui accompagnait Matteo ?

Elle fut interrompue dans ses questionnements par l'échange entre Matteo et Eva. Ainsi, il l'invitait au bal et... c'était une servante ? Comme elle ?

Isabella leva vers Eva un visage où perçait l'étonnement. Cette si jolie jeune femme, à l'allure si fine, partageait donc la même condition qu'elle ? Et se faisait inviter par quelqu'un comme Matteo à la réception ?

Jamais en venant à Venise, Isabella n'aurait imaginé que ces choses là y soient possibles. Inconditionnelle rêveuse, elle avait bien souvent vécu ces histoires là en rêves, mais ce qui se déroulait sous ses yeux était la réalité.

Elle fit un discret sourire à Eva, comme pour lui dire qu'elle était heureuse pour elle, puis dit à Matteo :


"Si vous devez vous rendre au palais, nous pouvons cheminer ensemble. Ainsi, vous pourrez peut être me confier quelque course à faire pour vos préparatifs..."

Elle ne savait au juste quels préparatifs pouvait bien avoir à faire quelqu'un comme Matteo, mais elle voulait montrer à Eva qu'elle ne lui serait pas une rivale...

[Ca'Grazziano - Embarcadère]
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Eva Call
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Lun 19 Déc - 23:20

Isabella revenant sur ses pas, Eva put lire un certain étonnement, puis de l'incrédulité sur le visage de la jeune domestique.
Surprise dont elle devinait sans peine la cause : son propre statut de servante, mais aussi et sans doute le fait que Matteo Salvanti, LE Matteo Salvanti, vienne d'inviter une simple domestique à se rendre à une reception en sa compagnie !
Considérant mieux le visage d'Isabella, Eva crut soudain y déceler autre chose que de l'étonnement : de l'admiration. D'ailleurs, elle souriait... Et son regard exprimait de la sympathie ?
Non, la brune servante préféra se persuader que ce nétait qu'une impression. Elle n'avait pas l'habitude d'offrir son affection à n'importe qui ! Pourtant, elle avait besoin d'une amie, mais cela, rien ni personne ne lui ferait jamais avouer.
Elle se décida donc à penser à tout autre chose : la réception qui se déroulerait le soir même. Quelle serait sa toilette ? Y retrouverait-elle son maître ?


*Oui, sans aucun doute...*

Pourtant, le fil de ses pensées revint à Matteo, et, par association d'idées, à Isabella.
Enfin, un sourire, mince mais sincère et chaleureux, éclaira son visage, éclairant ce dernier d'une lumière intérieure qui la rendait encore plus belle... Un ange, voilà ce qu'on aurait pu penser d'elle en l'observant à cet instant. Cependant, si, d'ordinaire, il ne s'agissait que d'un masque qu'elle avait confectionné il y avait déjà si longtemps, cette fois, ce sourire venait du coeur... Un coeur longtemps négligé.


(le tour de post pour ce sujet est : Matteo, Isabella, Eva)
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Mar 10 Jan - 6:18

L’ennui à agir sur une impulsion soudaine était qu’on regrettait parfois les décisions prises sans avoir été soigneusement soupesées. À peine la jeune servante avait-elle accepté d’être sa cavalière pour la réception que Matteo entrevoyait le nombre de problèmes qu’entraînait pareille chose. Où trouver une robe convenable, d’abord ? Et la jeune femme connaissait-elle les usages, l’étiquette et les bonnes manières ? Saurait-elle se tenir en bonne société sans trahir sa véritable condition ? Sa beauté serait-elle suffisante pour la parer contre toute attaque ou, au contraire, attirerait-elle la jalousie de la gent féminine qui ferait tout pour la discréditer ? Et si on levait le masque sur cette imposture ? Si le maître de sa belle se trouvait parmi les invités et la reconnaissait ? Il serait la risée de tout Venise si on apprenait qu’il paraissait à la soirée au bras d’une simple domestique ! On croirait à une plaisanterie de mauvais goût, une vulgaire amourette ou pire, qu’il était incapable de trouver une dame de haut rang pour l’accompagner !

Mentalement, le blond fit le décompte des individus susceptibles d’être invités au Palais et aptes à identifier sa compagne comme une servante. Monsieur Farieli, qui semblait avoir une dent contre lui depuis son départ précipité du Caffé Florian… L’employeur de sa nouvelle conquête, également. Les éventuelles connaissances, que la jeune femme croisait chaque jour en faisant les courses de son maître…. Un soupir s’échappa de ses lèvres. Les soucis s’accumulaient en un amoncellement qui n’annonçait rien de bon. Il entendait déjà le signor degli Albizzi tourner en dérision sa bêtise, son inconscience et sa faiblesse envers les femmes.

Que faire? Il lui était arrivé de fuir, même si c’était une attitude de couard, loin de son éducation de gentilhomme. Il lui était également arrivé de ne pas se présenter au rendez-vous donné quelques heures plus tôt, séduit par un autre entre-temps. Il s’était déjà inventé des prétextes pour s’esquiver habilement et éviter la catastrophe imminente. Mais, cette fois-ci, la situation était différente. Il devait absolument se rendre au Palais Adorasti, ce soir même, et ce, sans qu’on ne l’attache à la Ca’Grazziano. Sa jolie domestique semblait apparemment ravie, voire enchantée d’avoir été invitée, mais après mûre réflexion, Matteo réalisait qu’il paierait cher ses passions, aussi éphémères que sottes.

Rentrer à la Ca’Grazziano, s’entretenir avec le Prince et chercher conseil auprès du signor degli Albizzi qui, malgré sa haine des mondanités, était celui à qui s’adresser en matière d’étiquette et de situations délicates telles que celle que le jeune homme vivait en ce moment.

S’inclinant profondément devant sa ravissante cavalière, Matteo prit sa main dans les siennes pour y déposer un baiser avant de lui souffler avec une ferveur amoureuse :


« Votre réponse me comble de bonheur, Mademoiselle, je puis vous l’assurer! J’étais animé du fol espoir que vous condescendiez à m’accorder un regard, plus tôt lorsque je vous ai aperçue à votre fenêtre, et voilà que vous acceptez de me revoir, chose à laquelle je n’osais songer, par peur de souffrir d’une affliction sans pareille à l’idée que jamais je n’arriverais à vous plaire! »

Il jeta un coup d’œil au ciel baigné par les lumières du crépuscule. Il tendit alors la main à Isabella pour lui faire signe de le suivre.

« Je dois à présent vous quitter, ma douce. C’est le devoir qui m’appelle. Tant de préparatifs m’attendent encore au Palais! Mon Prince désirera certainement que je lui soumette un rapport détaillé de mes activités… Soyez prête lorsque je me présenterai à votre fenêtre! »

Le garçon n’avait encore décidé s’il se présenterait réellement à la fenêtre de sa belle, car toute belle qu’elle était, sa réputation était en jeu. Aussi cyniques ces pensées pouvaient-elles être, il devait s'avouer qu'il avait connu plusieurs femmes... et en connaîtrait probablement encore plusieurs. Il devrait peut-être se résoudre à sacrifier celle-ci sur l'autel de ses obligations envers sa Maison...

[Ca'Grazziano - Embarcadère]
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Eva Call
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Dim 12 Fév - 2:06

Isabella partie, une lueur s'était éteinte dans les yeux de Matteo. Il semblait douter, et Eva ne pouvait que s'étonner qu'il ait mis tant de temps à réaliser son erreur.
La jeune fille, souriante encore, refusant de ne montrer ne serait-ce qu'un fragment de ce qu'elle devinait, laissa le jeune homme s'extasier sur son
"immense joie".
Elle esquissa à nouveau une révérence, respectueuse et soumise, quand Matteo annonça son intention de prendre congé.
Feignant une timidité à toute épreuve, elle ne répondit rien et laissa le jeune libertin s'éloigner.
Quand elle se retrouva seule, elle soupira légèrement, baissa les yeux. Les choses avaient changé, deviendrait-elle capable d'avoir des sentiments... Des sentiments qui ne seraient pas dictés par le seul intérêt ? Elle ne conaissait l'amitié que par de rares rencontres - très rares - et ignorait ce que signifiait tomber amoureuse. Cependant, la belle servante éprouvait une certaine sympathie à l'égard d'Isabella. Matteo, lui, lui était complètement indifférent. Il n'était qu'un libertin, après tout.
Malgré son excellente maîtrise de soi, il n'avait pas pu cacher la passion et le respect sans borne qu'il vouait à son maître, le Prince. Ils étaient sans doute relativement proches, Matteo ne l'avait nullement dissimulé.
Mais Eva ne se faisait pas d'illusion. Elle aurait aimé se rapprocher de Sa Grâce par l'intermédiaire du jeune homme, mais c'était quasiment impossible.
Il ne restait plus qu'à espérer que, en dépit de tout, le beau libertin vienne la chercher le soir-même, pour l'emmener à la soirée. Ce dont elle doutait fort.
Elle haussa les épaules et choisit de jouer le jeu. Elle rentrerait chez elle et se parerait de manière à faire pâlir de jalousie les plus grandes dames de Venise.
Elle se dirigea donc, à pas mesurés, vers la Calle Bardini.


[Calle Bardini]
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Sam 29 Sep - 21:27

[Calle Trevisi]

Où était-il donc passé? Matteo avait suivi le jeune Prince jusqu’au bal, son assurance ébranlée d’avoir été découvert si rapidement. Ses angoisses furent bien vite remplacées par un certain ennui lorsque, privé des plaisirs de la fête, il dut se contenter d’assister en spectateur impuissant à des mondanités auxquelles il se serait fait une joie de prendre part. Il s’était ainsi laissé enjôler par une délicieuse petite servante, qui l’avait saisi par la main pour l’entraîner dans la danse, ne lui opposant qu’une faible résistance. Après tout, le cadet Grazziano ne s’adonnait qu’au loisir bien inoffensif de la discussion, l’homme de main pouvait bien s’offrir quelques instants de distraction pour reprendre sa tâche avec une vigilance renouvelée, par la suite…

La panique s’était emparé de lui au moment où, soucieux de ne pas tout à fait délaisser ses obligations, il avait jeté un regard en direction de la fontaine. N’y trouvant plus celui sur qu’il se devait de veiller, il le chercha désespérément des yeux pour finalement apercevoir une silhouette écarlate se dirigeant vers la roseraie. Débitant à la hâte des excuses à sa compagne, le garçon s’engagea à la suite de Raffaele, le cœur battant. La roseraie lui apparut comme étrangement silencieuse et froide, après l’exaltation de la populace, et dépouillée du charme qu’il lui avait trouvée, la veille, alors qu’il contait fleurette à l’une de ses innombrables conquêtes. Un frisson lui parcourut l’échine et il lança un coup d’œil inquiet par-dessus son épaule, persuadé qu’il était à présent celui à être épié. Inconsciemment, sa main se porta à sa ceinture, là où était glissée sa dague, la peur s'insinuant en lui.
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Raffaele di Grazziano
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Sam 29 Sep - 22:41

[L'Allée Centrale]

Il avait finalement gagné la roseraie. Il avait marché plus lentement, il s'était même arrêté un court instant avant de s'engager dans ce lieu un peu à l'écart. Puis d'un pas lent s'était dirigé vers une très jolie Venus de marbre blanc aux courbes plusqu'agréables.
A l'abri de la statue, il avait vu son ange gardien s'avancer à son tour. Le regard alerté, il se tournait de tous côtés et recula jusqu'à se trouver à un pas du jeune prince.

Raffaele se glissa derrière lui et, passa un bras autour de son cou, tenant ainsi l'homme contre lui sans qu'il lui soit possible de bouger
.

"Et bien, Monsieur du Tricorne, la chasse ne semble pas votre affaire ! Monsieur mon frère devrait se procurer de meilleurs chiens, la traque n'est pas faite pour les bichons de salon."

Un mouvement et la lame de la dague renvoya un éclair tandis qu'elle surgissait de la manchette du gant et venait se placer contre la gorge de l'homme de main. Sa voix se fit murmure, tandis que son souffle effleuraient les cheveux blonds.

"Bien entendu, comme vous vous en doutez, vous seriez mal avisé de crier ou de démentir. Vous expliquer par contre, me donner les raisons de cette surveillance et les attentes de votre Maître pourraient vous être de quelque secours... éventuellement"
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Matteo Salvanti
Homme de Main - Ca'Grazziano
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Statut : Assassiné le 5 février 1744 en soirée au Jardin du Castello.
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Sam 29 Sep - 23:35

Un bras se referma autour de la gorge de Matteo, l’immobilisant avec une efficacité dangereuse. Il se raidit, ses doigts crispés autour de sa dague, alors que sa proie devenue prédateur le narguait à juste titre. Cependant, l’heure n’était pas à s’apitoyer sur son sort puisque la fraîcheur d’une lame l’avertit de l’urgence de la situation. Tous ses sens en alerte, il s’efforça au calme, sa poitrine se soulevant au rythme effréné de son souffle. Que faire? Trahir son maître pour sauver sa vie? Mentir en dépit des menaces? Et alors, que raconter? Qu’il n’était qu’un vulgaire tire-laine? Un observateur indiscret? Pouvait-il reconnaître son allégeance à la Ca’Grazziano et prétendre que la filature avait été entreprise de son propre chef?

Sous la pression de la dague, les paroles s’échappèrent de ses lèvres, aussi précipitées et désordonnées que les battements de son cœur :


« Monsieur fait erreur. Sans doute que l’étourdissement de la fête, les atours de ces dames et les attentions de ces messieurs, le tout arrosé d’un peu d’alcool l’aura trompé sur mes intentions. »

Il tira lentement sa propre arme de son fourreau, par réflexe plus que par réelle volonté d’en user. Peut-être pourrait-il toujours renverser leurs positions?

« Je vous prescris un peu de repos ainsi que modération dans la beuverie, puisque le vin vous mène apparemment à la déraison. Brandir votre poignard sous le nez du premier venu finira bien par vous attirer des ennuis, si vous veniez à vous en prendre à quelque spadassin sachant réellement ferrailler… »

À son tour, la lame brilla dans la nuit, trahissant le geste qu’il avait voulu dissimuler. Ses yeux s’agrandirent et il tenta de se dégager de l’emprise de son assaillant, s’abandonnant cette fois à la panique. Un coup de coude dans l’estomac de son opposant et il élevait sa dague à l’aveuglette, perçant le tissu d’un manteau écarlate pour toucher la chair pâle du bras qui l’enserrait dans un étau.
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Raffaele di Grazziano
Frère du Prince - Ca'Grazziano
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Dim 30 Sep - 0:42

Le jeune prince inclina la tête et fronça le nez sous l'avalanche de phrases qu'on lui servit. Tout y passa, de l'excuse la plus basique à la provocation la plus stupide.
Et puis soudainement, alors qu'il continuait à argumenter, Salvanti tira un poignard de ses vêtements et tenta une action, qui, bien que ridicule, ne l'en surprit pas moins.

Il eut à peine le temps de voir l'éclat des lampions étinceler sur la lampe vivement dégagée qu'un coup à l'estomac aussitôt suivi d'une cuisante coupure au bras lui fit relacher sa prise.

Les dents serrées, penché vers l'avant pour contrer la douleur, il tendit la main et agrippa le poignet de son agresseur. Il se redressa contre Salvanti et sa main armée plongea en avant. Il sentit la résistance des vêtements, mais la force de sa rage fut telle que la lame les traversa sans peine. Un flot de sang imbiba tout de suite l'étoffe et il retira prestement sa main, laissant la dague en place.
La dague des Adorasti.
Ironie.

Il fit un pas en arrière, regardant le tricorne rouler à terre et Salvanti s'affaisser
.

"Je crains Monsieur de la Sottise, que vous ayez choisi de ne point saisir la chance que j'aurais pu vous offrir... éventuellement."

Il remit de l'ordre dans ses effets, vérifia qu'aucune trace de sang ne maculait ses gants et se pencha vers sa victime dont les yeux bleus se perdaient dans le ciel.

"N'ayez crainte, Monsieur, votre Maître ne saura pas que vous avez failli."

Il s'assura d'un regard qu'aucun témoin n'avait pu assister à la scène et d'un pas rapide bien que sans précipitation sortit de la roseraie et se méla à la foule des fétards.

[Labyrinthe Végétal - Impasse des Figures]
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Matteo Salvanti
Homme de Main - Ca'Grazziano
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Mar 2 Oct - 2:53

Soudainement libre, Matteo crut qu’il était sauvé jusqu’à ce que, saisi par le poignet, il ne soit à nouveau retenu et qu’une lame s’enfonce dans sa poitrine. Son regard exprima un étonnement infini, sa bouche formant un « o » parfait de saisissement, alors qu’il reculait d’un pas, chancelant. Ce n’était pas tant la douleur qui foudroyait tout son être qui était la cause de sa surprise, mais bien la Mort qui s’abattait sur lui, sans qu’il ne s’y soit attendu. Il eut presque admiré sa rapidité, l’ingéniosité avec laquelle elle l’avait attiré dans ses filets avant de refermer sur lui son terrible et fatal guet-apens, mais la vie s’échappait de sa blessure à flots. Il tourna ses paumes maculées de sang – son sang, son propre sang – vers lui, les admirant distraitement alors que sa vision se brouillait de plus en plus, s’obscurcissait jusqu’à ce que les lumières des lampions s’estompent.

Une tâche si simple, pourtant… Le Prince serait-il déçu? Il avait eu raison de se défier de son cadet… et Matteo aurait dû se fier à son jugement. Il songea vaguement à l'avenir de la Ca'Grazziano, mais dut se rendre à l'évidence que l'affaire n'était plus de son ressort. Trop peu, trop tard. Tant pis. Toute son existence ne défilait pas devant ses yeux comme on le disait dans les romans. Peut-être quelques parcelles de Naples, un rayon de soleil, le détour d’une ruelle, la sensation de l’herbe sous ses doigts et le goût d’une pomme volée au verger du voisin… mais par-dessus tout, les vers qu’avait adressé Ronsard à sa Cassandre et que lui avait récité Monsieur degli Albizzi… quand déjà? Hier, peut-être? Ça n’avait plus vraiment d’importance, désormais…

« Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté... »

Matteo tomba à genoux, puis s’effondra sur le côté, son regard tourné vers le ciel et, presque, un sourire sur ses lèvres pleines, qui laissèrent échapper son dernier soupir sans que sa beauté n'ait pu choir.


[Dernier post de Matteo]
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Salvatore Chiavelli
Conseiller-Astrologue
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Dim 7 Oct - 11:32

[Premier Post]

Voilà trois jours que celui que l'on nommait Comte de Camastra avait emménagé dans sa maison de la Calle Bardini. Il s'était reclus chez lui durant ces trois jours, ne sortant pas, prenant le temps de s'habituer petit à petit au climat de la ville, à ses sons, à ses bruits. Il avait longuement absorbé les étoiles au moyen de sa lunette d'observation, mais n'avais jusque guère prêté attention à ce qui se déroulait sous ses fenêtres. La vie de la cité ne tarderait pas à lui être familière, comme dans chaque endroit où il se rendait. Il connaissait Venise, pour y avoir séjourné quelques temps il y a déjà trop longtemps...

Mais aujourd'hui, il allait se mêler à nouveau aux Vénitiens, à cette vie grouillante où chaque ombre est animée. Et quoi de mieux qu'un bal populaire au Jardin du Castello pour faire une entrée remarquée dans la société de la ville... Certes sa réputation devait le précéder, mais comment mettre un visage sur des rumeurs, sur des légendes, si on ne l'a jamais vu.

Il s'était rendu au Jardin du Castello dans cet espoir, se faire connaître et reconnaître. Arrivé là-bas, il s'était dit que ça ne serait pas si aisé qu'il se serait imaginé. La soirée était déjà bien avancée et les danses se mêlaient au rythme d'une musique joviale sur laquelle les gens de toutes classes s'amusaient dans la nuit. De longues tables accueillaient les danseurs fatigués, où les fêtards ayant eu l'audace de trop fêter cuvaient leur vin silencieusement. Une ambiance survoltée régnait donc en ce lieu, et cela ne convenait pas à Salvatore. Il n'arriverait pas à se faire remarquer dans tant de charivari sans une bonne raison de le faire. Il s'était alors rendu dans les endroits plus calmes du jardin, afin de méditer son apparition. Au fil de ses pas, il s'était perdu dans la roseraie, ne suivant aucun chemin précis, errant entre les végétaux sans autre motif que sa pensée.

Au loin, il entendait encore assez bien la musique qui entraînait toujours plus de danseurs, et il tourna la tête vers l'allée principale où régnait une activité toute autre que celle de la paisible roseraie. De jour comme de nuit, en période de fête ou non, cet endroit respirait une sérénité rare. Il s'y était déjà rendu, à l'époque où il connaissait Venise, et ses souvenirs, bien que brumeux, lui rappelaient de bons moments passés ici...

Mais alors, son regard se fit plus rond, ses yeux clairs, redescendant le long de l'allée, se concentrèrent sur une masse qui reposait inerte sur une pelouse non loin de lui. Ça aurait pu être n'importe quoi, un badaud ivre endormi ou autres élucubrations possible, mais un étrange malaise s'empara de Chiavelli. Sa curiosité le poussa à s'approcher de la forme immobile. Plus il en fut prêt, plus ses doutes se confirmaient. La forme respirait une odeur âcre, et un frisson parcourut la colonne de Salvatore. L'odeur du sang envahit ses narines, et il stoppa sa marche. Il venait de découvrir un cadavre, allongé sur le sol. Il s'en approcha encore un peu, toucha ses vêtements pour s'assurer de la mort. L'homme, car il s'agissait bien d'un individu masculin, ne bougeait pas. Ses doigts émirent une pression plus forte sur l'épaule du cadavre et celui-ci se dévoila à la vue du Comte de Camastra. Une tâche sombre baignait son habit dans la région du bas-ventre. Il ne fallut aucune autre explication pour que l'astrologue devine que c'était du sang, qui bouillonnait encore hors de la plaie. Le meurtre était frais...

Il se releva, de la sueur marquant doucement ses tempes. Si le crime était récent, l'assassin rôdait peut-être encore. Il se tourna dans toutes les directions avec hâte, regardant tout autour de lui, sans voir personne... Toute vie avait déserté les lieux, si ce n'était la sienne...

Il devait partir de cet endroit, et vite. Prenant soin de se dissimuler des regards indiscrets, il ajusta ses habits sombres, et essuya les perles de transpiration qui naissaient sur son front. Il se dirigea, telle une ombre, vers l'allée principale, pour la traverser et rejoindre la fontaine, où s'amassaient de nombreuses personnes. Un plan venait de germer dans son esprit...


[Jardin du Castello – La fontaine]
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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Lun 15 Oct - 6:04

[La Fontaine]

Luciano ne vit d’abord rien, un soulagement indicible s’insinuant en lui tandis qu’il pestait contre sa propre naïveté. Il fit encore quelques pas, par précaution, et découvrit ainsi le cadavre. Son regard de fer s’étrécit à la vue de cette chevelure blonde – blonde – et, de nouveau, le soulagement fit place à l’horreur, un bref instant, en réalisant que celle-ci n’appartenait pas à Raffaele Scaligeri. Le saisissement reprit cependant ses droits et ce fut à pas lents qu’il s’approcha de la forme prostrée, curieusement immobile. Sans vie. Ce n’était pas la première fois qu’il était confronté à la mort, il l’avait même croisée à plusieurs reprises et dans des circonstances chaque fois différentes, mais cette fois-ci, la scène avait quelque chose de singulièrement morbide. Qu’on verse le sang dans un bal offert à la plèbe n’était pas rare, mais dans cette ambiance de fête, la mort n’en demeurait pas moins étrangement malvenue, inconvenante.

Le choc de sa trouvaille passé, l’aristocrate fut une fois de plus interdit en reconnaissant le visage de la victime. Son visage se fit songeur, l’espace d’un instant, la coïncidence lui apparaissant presque trop grande. Et s’il n’avait jamais eu à craindre pour la vie de son protégé, mais plutôt pour les vies que son protégé mettrait en danger…? Les pas de ses compagnons, venus s’attrouper autour de la dépouille, chassèrent ces réflexions de son esprit. S’arrachant de la vision du garçon, indécemment jeune pour déjà avoir poussé son dernier soupir, il dévisagea le conseiller-astrologue avec un mélange de défiance et de curiosité.


« Eh bien, il semblerait que les astres aient bel et bien guidé le Comte… constata-t-il, d’un ton froid. Quelqu’un sait-il où se trouve Maître Barrozi? » s’enquit-il à la ronde.

Ses lèvres se pincèrent avant que, posant les yeux sur le corps inerte, il n’ajoute à voix basse :


« Quoique j’aie bien peur que nous ne puissions plus rien pour ce pauvre bougre… »

L'ampleur de la situation le frappa de plein fouet et son alarme redoubla. Peut-être la curiosité avait-elle tué le chat et le jeune homme avait été puni pour ses indiscrétions par des individus moins indulgents que le baron et son cadet, mais peut-être... peut-être le meurtrier était-il une véritable bête dont la soif de sang n'avait pas encore été assouvie? Dans ce cas, où se trouvait Raffaele? Ne saurait-il point se défendre? Sans doute. Sans doute plus que ce jouvenceau qui gisait dans son sang? Sa mâchoire se durcit en même temps que sa poigne autour de sa canne. Mais où Diable se trouvait Raffaele?
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Mila Scarlatti
Maître d'Armes - Ca'Grazziano
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Lun 15 Oct - 22:15

[La fontaine]

Le regard de Mila se figea en tombant sur le corps inerte. Elle s’approcha, sans précipitation, et s’agenouilla. D’un geste assuré, elle dégrafa le col et glissa sa main sur le cou.

« Qui est Barrozi ? S’il s’agit d’un médecin, celui ci n’en n’a plus besoin. »

Mila se releva et jeta un œil circulaire autour d’elle. Elle avait vu Scaligeri s’aventurer dans cette direction…Se pourrait il que… ?
Elle secoua lentement la tête et chercha l’énergumène annonciateur du drame du regard. Il avait sûrement été témoin de la scène et elle brûlait de le travailler pour obtenir des réponses.


« Le connaissiez vous ? »

La question était posée au hasard, à tous. Bien qu’elle ne semblât pas affectée par cette découverte, le sang pulsait violemment dans ses veines. La Mort était une fourbe qui avait trop souvent tenté de la saisir. Elle n’aimait pas la sentir si proche, si menaçante.

De nouveau l’œil de Mila s’égara sur le corps. La plaie. La dague. De nouveau, elle se pencha, effleurant le pommeau du bout des doigts. Une panthère noire sur fond argent. Le crime semblait signé. Elle releva la tête vers Di Lorio, sans un mot. A son regard, ce dernier pouvait comprendre qu’elle espérait une réponse…
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Graziella Rivieri
Courtisane
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Date d'inscription : 03/09/2005

MessageSujet: Re: La Roseraie   Jeu 25 Oct - 14:32

[La Fontaine]

La courtisane ne s'était pas hâtée mais n'avait pas traîné non plus, s'assurant qu'elle n'était pas seule à se rendre sur le lieu de la prophétie. Graziella n'était pas réellement craintive mais l'ambiance dans laquelle l'inconnu avait plongé une partie du Castello ne lui donnait pas envie de vérifier par elle-même si la mort rôdait réellement dans ce jardin.

Elle s'arrêta à quelques pas de là où se tenait di Lorio et baissa le regard jusqu'au sol, plissant les yeux pour ne voir qu'à demi ce que l'on voudrait voir le moins souvent dans une vie. Il était étrange de s'apercevoir alors que dans ces moments là, une pointe d'égoïsme ne pouvait être retenue en étant soulagé de ne pas constater qu'il s'agissait d'un être cher ainsi étendu dans son sang. Ainsi, Graziella se rassura-t-elle de ne point reconnaître une personne de sa maison ou bien encore Orfeo Ciriaco à la chevelure d'ébène, bien loin de cette chevelure claire. La courtisane ne restait pourtant de marbre et semblait profondément contrariée.

Alors que le baron demandait à faire quérir le médecin, Graziella gardait le regard posé sur ce visage bien trop jeune qu'elle avait cependant rencontré il y a peu. Aussi, quand Mila demanda si quelqu'un connaissait la victime, elle répondit d'une voix blanche mais assez forte pour être entendue.


"Matteo Salvanti..."

La courtisane soupira et passa une main sur ses lèvres. Une légère brise étonnamment glaciale glissa sur sa nuque, la faisant frissonner. Son regard bleu clair venait de se poser sur la dague meurtrière au blason qu’elle ne connaissait que trop bien.

*Ce n’est pas vrai…* pensa-t-elle en serrant les dents.

Graziella fit un effort pour ne rien laisser paraître de son trouble. Cette arme ne manquerait pas tôt ou tard de faire parler d’elle et elle craignait l’ampleur que pourrait prendre une telle affaire. Les accusations fusaient si facilement quand le coupable présumé était haut placé. Seulement, elle connaissait déjà l’alibi qui acquitterait le propriétaire de cette dague mais là encore, elle ne pourrait rien révéler pour l'instant.
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La Roseraie
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