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 La Roseraie

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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti
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Nombre de messages : 168
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Dim 4 Nov - 22:14

Une présence humaine, et bien en vie, permit à Luciano de reprendre contenance et repousser provisoirement ses inquiétudes au profit de la présente situation, car il semblait que celle-ci le concernait, après tout. S’il avait d’abord été tenté de s’éclipser pour retrouver son protégé, jugeant qu’il serait résolument plus utile autre part que sur les lieux d’un crime auquel, il n’était pour une fois, aucunement relié, la dague toujours fichée dans la poitrine du cadavre, lançant un avertissement à quiconque se mettrait en travers de la route du meurtrier, le prévint de quitter les lieux. Ce fut l’expression interrogatrice de Mila Scarlatti qui attira son regard sur ce détail qu’il n’avait noté d’emblée. Songeant d’abord avoir été trompé par la chiche lumière, il se pencha pour retirer le poignard d’un mouvement sec, sa main se refermant autour du manche avec l’aisance qu’apporte l’habitude. Il ne suffit que d’un coup d’œil pour reconnaître les armes gravées sur le pommeau et un seul mot s’échappa de sa bouche :

« Impossible… »

Elio était alité. Il avait pu constater la gravité de sa blessure par lui-même… alors, comment? Aurait-il confié sa dague à un homme de main, en lui donnant la mission de retrouver et châtier son agresseur? N’aurait-il pas préféré la discrétion à cette mise en scène morbide? À moins qu’il n’ait désiré marquer le retour des Adorasti dans la Sérénissime par cette sanglante mise en garde? Il lui apparaissait que ces manières ressemblaient bien peu à l’héritier d’Andrea, mais qu’en savait-il réellement? Le garçon avait toujours été secret, dissimulateur et d’une méfiance sans pareille. Comment savoir, mais surtout, que faire? Il lui fallait agir vite avant qu’on n’ait le temps d’identifier le blason et répandre la rumeur.

La Rivieri lui offrit une diversion bienvenue en accordant un nom à la victime jusqu’ici anonyme. Se tournant vers elle, il maîtrisa sa voix pour ne laisser transparaître son trouble lorsqu’il s’enquit :


« Qui était-il? »

D’après sa mise, il ne semblait pas de ceux en mesure d’entretenir une femme de la qualité de Graziella, mais les apparences étaient parfois trompeuses. Il ne put s’attarder plus longuement à ces réflexions car la garde, sans doute alertée par un badaud, se frayait un chemin à travers les curieux pour récupérer le corps. Dispersant la foule en soutenant « qu’il n’y avait plus rien à voir », elle se heurta à certains contestataires qui exigeaient qu’on rende justice et que le meurtrier soit pendu haut et court, alors que d’autres décriaient le laxisme des autorités, qui laissaient mourir de pauvres innocents dans cette cité de vice et de dépravation. Les soldats, nerveux, firent mine de pointer leurs armes vers un ivrogne particulièrement vociférant, entraînant une véritable pagaille.

Profitant du tumulte pour empocher la dague, l’aristocrate se retrouva non loin du prédicateur de la fontaine et s’avança vers lui, déterminé à le faire parler. Il doutait sincèrement que les astres aient pu souffler à ce Comte de Camastra l’emplacement d’un cadavre. Aurait-il pu assassiner le garçon, en vue de mousser sa réputation? Si c’était bien le cas, pourquoi s’en prendre à la Ca’Adorasti? Aurait-il été commandité par les Grazziano pour attirer à la fois l’opprobre et les superstitions sur la Maison d’Andrea? Se campant devant lui, il le saisit par le col sans aucun ménagement pour le plaquer contre un Eros de marbre, sa voix claquant dans l’air frais alors qu’il demandait :


« Que savez-vous de plus, Comte? Je vous conseille de me répondre avec toute la clairvoyance que vous procurent les astres et je-ne-sais-quoi-encore, puisqu’il me serait aisé de vous remettre entre les mains de la garde comme suspect à la culpabilité facilement démontrable. »

Un sourire mauvais éclaira son visage et il ajouta :

« Ce que je ne saurai vous soutirer, la torture y parviendra sans doute. Le capitaine de la garde est l’un de mes bons amis et l’efficacité de ses méthodes n’est plus à prouver. »
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Mila Scarlatti
Maître d'Armes - Ca'Grazziano
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Lun 5 Nov - 1:24

Matteo Salvanti…Nom inconnu.
Mila se taisait et observait de son œil acéré, devenu presque inquisiteur, mais toujours discret. Si personne ne semblât s’affecter pour cette vie prise, tous se crispèrent en découvrant la dague. Ils en connaissaient le porteur. L’habituel porteur. Qui était il ?

Une chose était sûre : Graziella autant que Luciano étaient troublés par cette découverte ce qui impliquait qu’ils connaissaient l’emblème incrustée sur la garde de la dague, et qu’ils en étaient affligés. Une relation commune….Une relation qui avait leur estime…Qui ?

Trop d’éléments lui échappaient ce qu’elle n’appréciait pas. Il lui faudrait fouiller, fouiner, comprendre. Venise serait elle donc bien plus obscure qu’elle ne l’aurait imaginée ? Bien…L’obscurité était son domaine.

La foule s’agitait autour d’eux, chacun voulait sa part du spectacle. . Les drames attisent toutes les curiosités. Elle tourna sur elle même, épiant cette foule assoiffée de sang. Elle tentait de mémoriser les visages, de repérer les expressions suspectes, les gestes qui trahiraient, de percevoir les mots chuchotés…Mais Luciano captura de nouveau son attention en s’élançant sur Chiavelli.
Dommage…Elle aurait bien aimé le chahuter elle même. Aussi se tint elle d’abord à distance, les surveillant du coin de l’œil. Un léger sourire au coin des lèvres. Luciano faisait preuve d’une certaine fougue et Mila ne put se retenir d’être amusée par la scène plutôt…inattendue…Cependant, craignant que la rage de Luciano ne l’emportât sur sa raison, elle s’approcha.


« Je vous conseille de répondre monsieur Chiavelli. Monsieur Di Lorio me semble bien plus féroce que le capitaine de la garde, et il se trouve que ce sont ses mains qui froissent votre col à cet instant…. »

Il n’y avait plus que glace dans les yeux du maître d’armes. Du bout des doigts, elle caressait les plis de sa robe où se tenait dissimulée une dague. Nul doute qu’elle n’hésiterait pas à en servir, nul doute non plus qu’elle en avait la parfaite maîtrise…
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Salvatore Chiavelli
Conseiller-Astrologue
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Mar 6 Nov - 14:02

[La Fontaine]

Ils arrivèrent à la roseraie et la découverte du cadavre refroidissant allongé avec négligence sur l'herbe de la roseraie provoqua un remue-ménage plutôt impressionnant, occasionna à nouveau diverses réactions plus curieuses les unes que les autres... Quelques demoiselles se pâmaient d'avoir à faire à un mort, et les prédictions de Salvatore étaient en leur coeur confirmées... Il restait cependant quelques perplexes, des opposants à l'occultisme qui donnaient eux-aussi des réactions plus ou moins vives. Le Comte de Camastra les regardait en souriant légèrement, jusqu'à ce qu'il soit à nouveau près d'eux. Là, il prit une mine grave et blasée, dissimulée de toute surprise, qui lui donnait dans l'apparence une confiance en ses prédictions infaillible.

Quelques questions fusèrent, auxquelles il ne répondit pas, attendant un coup d'éclat qui ne tarderait pas d'arriver... Et celui-ci arriva en effet. Un homme habillé noblement, les cheveux blanc et la barbiche claire, après avoir apostrophé de loin Salvatore, s'approcha vivement de lui pour violemment l'empoigner par le col. Il plaqua sa victime contre une statue de marbre blanc et lui proféra des menaces d'un ton cinglant. Salvatore tint bon et retint toute marque de réaction sur son visage... Ni surprise, ni consternation... Il dut même se retenir de sourire sardoniquement à cet homme qui sans le vouloir, l'aidait à creuser son trou dans le monde occulte de la cité...

Il laissa les menaces tomber à plat, sans répondre directement, et attendit qu'une demoiselle présente d'elle-même son agresseur... Il prit alors la peine de sourire pour répondre aux menaces outrageantes de ce di Lorio, d'une voix claire et assez forte pour que tous entendent...


« Monsieur, vous me gênez et m'offensez de penser que je puisse être mêlé à un tel acte de barbarie, de quelque manière que ce soit... Tout ce que j'en ai su, de ce crime ignoble, est ce que les astres ont bien voulu m'en souffler... Je ne suis que leur messager, et non un témoin banal... Il me serait utile de vous déconseiller la torture sur mon être innocent qui n'a de but que de servir votre bonne cause. »

Il eut un bref mouvement pour se dégager de l'étreinte qui lui enserrait la gorge.

« Monsieur, je vous le répète, je ne sais rien de plus concernant cette affaire, mais je pourrais me pencher sur la question pour en essayer de découvrir le coupable si l'on me le demandait d'une manière un peu plus correcte, et que j'aie le temps d'analyser la situation et de consulter la providence... Je vous somme donc de me lâcher, vous êtes particulièrement outrageant à mon égard... »

Il regardait le sieur di Lorio dans les yeux avec le regard allumé d'une lueur de menace, sans pour autant que celle-ci transparaisse dans ses paroles...


(Tour de post pour ce sujet : Salvatore, Graziella, Luciano, Mila)
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Graziella Rivieri
Courtisane
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Lun 12 Nov - 21:34

Graziella releva le menton lorsqu'elle vit Luciano retirer le poignard de la poitrine de la jeune victime. Son regard ne lâcha pas le visage de Luciano sur lequel elle lut la même expression qu'elle avait eu quelques secondes plus tôt : stupeur, interrogations, doutes, hypothèses. A n'en pas douter que le baron était au courant de l'état du prince Elio. Elle chercha son regard et le croisa alors qu'il lui posa une question. Sans le quitter de son regard pénétrant, elle répondit simplement ce qu'elle savait.

"Un gentilhomme, voilà tout ce qu'il m'a dit de lui."

Alors que la garde arrivait pour écarter les badauds, Graziella garda son regard sur le poignard et le vit disparaître dans une poche intérieure du pourpoint du baron. Alors seulement la courtisane lâcha Luciano des yeux et son regard repartit vagabonder sur la foule agitée.

La courtisane fit mine de s'intéresser au tumulte de la foule autour du cadavre mais son attention était totalement prise par ce qui se passait non loin, juste un peu à l'écart et qu'elle observait du coin des yeux. Di Lorio avait fondu sur l'astrologue et le menaçait pour espérer en savoir plus, bientôt rejoint par l'autre jeune femme.

Graziella ne put retenir un léger sourire face à la scène malgré la situation maccabre. Di Lorio faisant montre de son autorité et de sa puissance... sociale et physique, et la jeune femme se mêlant d'affaires dont une femme devait habituellement rester à l'écart.

Ses yeux bleus d'un clair limpide glissèrent sur le visage de l'astrologue, le sondant du regard et écoutant sa défense. De nouveau un sourire naquit sur son visage. Une idée particulièrement exquise venait de germer dans son esprit.
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Luciano di Lorio
Ami de la Famille Adorasti - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Ven 16 Nov - 5:16

Un troisième esclandre en une seule journée, il allait sans dire que ce retour à Venise ne serait d’ores et déjà pas d’une parfaite quiétude. Ce démêlé était pourtant bien éloigné de l’échauffourée passionnée de la Calle Trevisi ou de celle aux visées fort différentes qui l’avait opposé à Tiberio Adorasti, peut-être seulement en raison de la placidité – calculée? – de son adversaire. Le sourire insolent qu’on lui accorda ainsi que le misérable plaidoyer, visiblement destiné à être ouï de tous, qui s’ensuivit l’agacèrent un peu plus qu’il ne l’était déjà. Luciano s’efforça cependant au calme, faisant appel à sa raison pour se convaincre de ne pas écraser le crâne de sa victime comme un fruit mûr. Avec la sagesse et la bonté qui mûrissent en même temps que l’âge, le baron s’était résolu à ne plus user de ces moyens relativement rudes envers des adversaires plus frêles qu’il ne l’était.

« Ne vous prévalez pas d’un honneur que vous ne possédez point, Monsieur, déclara-t-il d’un ton acide. Si vous tirez orgueil de l’obscurantisme dans lequel vous plongez les sots et les naïfs, n’espérez pas me prendre pour dupe. Votre seul métier d’escroc et de charlatan, cultivant l’ignorance et la superstition, suffirait à vous faire mettre à l’écrou. »

Autour d’eux, la foule se mouvait pour quitter les lieux ou s’arrêtait pour observer la scène, lui rappelant soudainement l’une de ses préoccupations premières. Il lui fallait absolument rejoindre son protégé et s’assurer de sa sécurité. Il était évident qu’il n’obtiendrait rien dece Camastra ce soir même et, outre le simple plaisir de le molester, il n’était d’aucune utilité de demeurer plus longtemps en cet endroit. Resserrant sa poigne pour immobiliser son interlocuteur, il l’éleva un peu plus haut de manière à ce qu’ils se retrouvent face à face.

« Soyez heureux que j’aie mieux à faire que de châtier votre propre impudence. Vous êtes nouveau en cette ville, Monsieur, et la bonne société, sinon les astres, saura vous apprendre qu’il n’est pas bon de m’offenser de la sorte. Je vous souhaite de déchiffrer ce message avec plus de clairvoyance que vous n’en avez démontré jusqu’ici. »

À ces mots, l’aristocrate le relâcha subitement, affichant une expression à la fois détachée et dégoûtée, comme il se serait débarrassé d’une immondice du bout de ses doigts gantés. Il jeta un regard presque agréable à Mila Scarlatti, dont il avait apprécié l'intervention, puis en échangea un second, songeur, avec la Rivieri, essayant de déterminer ce qui était en son savoir. Des adieux courtois et il s’éloignait à grands pas pour partir en quête de Raffaele.

[Ellipse]
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Pourpre
Du Bout des Doigts
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Ven 16 Nov - 5:21

ELLIPSE TEMPORELLE
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Salvatore Chiavelli
Conseiller-Astrologue
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Mar 4 Déc - 18:53

[Maison du conseiller-astrologue – Salon-bibliothèque]

Le temps était clément, l'air était doux, quoi que gardant des stigmates frissonnants de l'hiver achevé. Les pas de Salvatore l'avaient conduit au jardin du Castello. Il avait tout d'abord flâné de ci et de là sans réellement prêter attention à sa destination, profitant simplement de sa promenade en ce doux début d'après-midi. Puis, le temps passant, il s'était vu approcher du Castello, où s'était déroulé ce fameux bal qui lui avait valu une célébrité précoce dans la ville, suite à la révélation de la mort d'un jeune jouvenceau avant même que son meurtre ait été annoncé ou même découvert...

Il n'y était pas retourné depuis... Non pas qu'il n'eut pas eu envie de le faire, c'était un endroit charmant où il faisait bon de flâner de temps à autre, mais simplement parce que le mois suivant l'annonce avait presque entièrement été consacré à son travail et à la création de nouvelles relations dans la cité, qu'ils soient hauts placés socialement ou simplement en contact avec des personnes pouvant intéresser Salvatore.

C'est donc avec une motivation redoublée que le Comte de Camastra avait pénétré dans les jardins du Castello, se dirigeant presque sans le vouloir vers le lieux de la découverte, où il s'était passé tant de choses le soir du bal...

Les roses commençaient à se parer de petits boutons verts qui feront autant de roses magnifiques exhalant senteurs délicates et beauté épurée... Il contournait la pelouse où il avait découvert le corps en se disant qu'il serait cocasse de croiser ici l'assassin, toujours inconnu... Le mystère de cette affaire n'avait fait que s'étendre en un mois, loin de disparaître dans les esprits... Quelques curieux étaient bien entendu venus lui demander s'il n'en savait pas plus qu'il ne le disait, et Salvatore Chiavelli s'était contenté de renvoyer les inopportuns poliment en prétextant ne pas avoir le soutien des astres dans cette sombre affaire... Il poursuivit son chemin parmi les plants de roses qui grimpaient sur leurs tuteurs de bois.
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Raffaele di Grazziano
Frère du Prince - Ca'Grazziano
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Mer 5 Déc - 1:22

[Ca'Grazziano - Salle d'Armes]

Raffaele avait quitté la salle d'armes sur un sentiment partagé entre amusement et agacement mais la perspective de son rendez-vous et de l'amusement qui en découlerait avait bien vite chassé tout cela.
Le jardin du Castello s'ouvrait devant lui, terrain connu qu'il avait plusieurs fois arpenté depuis trois semaines. L'air était doux, un vieux couple marchait à petits pas bras dessus bras dessous, deux nourrices en conversation surveillaient des enfants courant derrière un cerceau et un prêtre un peu plus loin vers l'entrée du labyrinthe étudiait son bréviaire.

Il était en avance, plus en avance que les autres fois où il passait devant l'église San Siriano au moment où sonnait None. Il attendrait, cela ne le dérangeait pas.
Il ralentit l'allure en arrivant dans la roseraie. L'endroit était délicieux. Certain bal, certaine danse dans laquelle on l'avait entrainé lui avait masqué alors ce que le lieu avait de paisible et il s'en désolait. Un peu.
Il ne frémissait plus, à présent, à fouler l'herbe tendre de la pelouse et son regard ne se posait plus sur le bel Apollon de marbre qu'avec indifférence.

Un promeneur solitaire venait à sa rencontre entre les arceaux d'osier. Il ne l'identifia tout d'abord pas, l'ombre du tricorne masquant le visage volontaire de l'homme. Ce ne fut qu'en arrivant à sa hauteur qu'il le reconnut.

Il inclina la tête, non il ne se trompait pas et un sourire poli étira ses lèvres tandis qu'il le saluait
.

"Comte de Camastra. Ainsi la rumeur de votre installation à Venise était vraie. Vous êtes-vous lassé déjà de Naples ? A moins que quelque vision ne vous ait attiré ici ?"

Aborder un homme rencontré une fois dans des circonstances particulières qui l'avaient marqué n'était pas chose aisée. Mais il aurait paru impoli de se détourner. Une autre raison aussi, faisait qu'il s'adressait ainsi à l'astrologue. Une raison plus emprunte de méfiance qu'il ne le laissait paraître.
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Salvatore Chiavelli
Conseiller-Astrologue
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Lun 10 Déc - 14:44

Pris dans ses pensées sur le passé de cette pelouse qu’il foulait maintenant du pied en plein jour, Salvatore Chiavelli ne se rendit pas tout de suite compte qu’il n’y était pas seul. Il observait tranquillement chaque brin d’herbe dont le temps et les précipitations avaient nettoyé la moindre trace du cadavre, qui avait été dès le lendemain du bal emporté par la police et qui gisait désormais dans un cimetière, dans une fosse commune ou au fond de la lagune…

Il était donc là, enveloppé dans son menton sombre, la tête couverte de son tricorne noir, à épier un quelconque indice qui un mois plus tard n’aurait pas été retrouvé… Il savait cette tentative vaine, mais ça lui plaisait de vérifier encore et encore, juste pour le plaisir simple de l’avoir fait, et pour le bonheur de cette promenade agréable dans ce lieu merveilleux au milieu des plantes qui célébraient leur reverdie printanière.

Mais une ombre masqua un instant ses pérégrinations et une paire de bottes de bonne facture écrasa l’herbe devant ses pas. Il leva les yeux vers cet inconnu inopportun qui venait troubler sa plaisante ballade, et il fut surpris de constater que les traits de la personne devant lui ne lui étaient pas inconnus… Il n’eut aucun mal à reconnaître son vis-à-vis qui lui souriait poliment tout en engageant la conversation. Certes il ne l’avait pas encore croisé à Venise, bien qu’il était au courant de sa présence avant même son arrivée il y a un mois… La personne qui se tenait devant le Comte de Camastra, celle-là même qui évoquait déjà des souvenirs lointains et communs entre les deux hommes, n’était autre que Raffaele di Grazziano, cadet du prince Samuele qui semblait tant faire parler de lui à Venise…

Raffaele parla aussi, non sans une certaine distance, des dons de voyance du Comte, qui l’avaient fortement impressionné lors de leur première rencontre.

Poli, Salvatore lui rendit son sourire et parla d’une voix enjouée, mais discrète…


« Le Sire Raffaele di Grazziano… Quelle agréable surprise de vous croiser en ce lieu ! Les rumeurs de mon installation étaient donc fondées, visiblement, puisque me voici devant vous ! Naples n’était pour moi qu’une escale dans mes nombreux voyages à travers le monde… Quelle autre vision que celle de la beauté de cette ville pourrait m’avoir attiré ici ? »

Il lui sourit avec plus de vigueur, dissimulant qu’il savait très bien la présence de frère du Prince dans la cité, et embraya ensuite directement…

« Nous ne nous sommes pas croisé il me semble le soir du bal qui s’est donné ici même… Etiez-vous souffrant ? Si vous avez entendu parler de ma venue, vous n’êtes certainement pas sans savoir que j’étais à ce bal, il y a un mois… »

Et il posa sa main droite gantée de noir sur sa canne à pommeau argenté, ravis de cette rencontre inattendue…
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Raffaele di Grazziano
Frère du Prince - Ca'Grazziano
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Mer 12 Déc - 23:30

"J'y étais pourtant. Mais n'étant alors arrivé à Venise que de la veille, je n'avais encore lié que peu de connaissances. Il me fut difficile dans ce cas de m'amuser beaucoup, vous le comprendrez aisément. Ce n'est d'ailleurs que le lendemain que j'ai appris que vous y aviez fait forte impression."

Raffaele fit quelques pas, laissant son regard limpide courir sur les statues et les massifs, ils étaient toujours seuls sur la pelouse et il s'assura d'un coup d'oeil que son charmant rendez-vous n'était pas encore arrivé
.

"Votre don, la vision que vous avez eue, font grand bruit, savez-vous ? On parle beaucoup de vous dans les salons. A cause de cet horrible assassinat bien sûr, mais aussi parce qu'on dit que vous avez par le passé conseillé les plus grands."

Il fit mine de réfléchir un court instant et se tourna vivement vers son interlocuteur.

"Savez-vous que Monsieur mon Frère se pose beaucoup de questions ? Après tout, le mort était un de ses bons amis et il craint certainement qu'on continue à lui tuer ses gens à tous les coins de rue."

Il revint à la hauteur de l'astrologue et sa voix se fit murmure tandis que ses yeux clairs levés vers l'homme brillaient d'une lueur charmeuse.

"Me direz-vous, en confidence, ce que fut votre vision ? Je brûle d'entendre votre récit, tout ceci est tellement excitant !"
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Salvatore Chiavelli
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Sam 15 Déc - 20:35

Salvatore poursuivait sa marche tranquille, rejoint par Raffaele qui lui expliqua brièvement comment il avait entendu parler de la présence du conseiller-astrologue à Venise, et plus particulièrement à la roseraie, lors du bal, où selon les mots du gentilhomme, il s’était fortement fait remarquer. Il lui précisa également qu’il était un des grands sujets en vogue dans les salons courtois, ce qui ne manqua pas de lui arracher un sourire discret, alors que ses pas bruissaient doucement sur l’herbe tendre de cet endroit paradisiaque. La voix du Comte de Chiavelli se voulut d’abord curieuse, aimable…

« Monsieur le prince se porte mal de cette disparition ? J’en suis fort contrit, je ne savais pas que la victime était si proche de votre famille… Je ne suis moi-même arrivé pas bien plus tard que vous à Venise… »

Bien sûr, il mentait… Il savait très bien qui était la victime et avait depuis un mois récolté de précieuses informations sur le dénommé Matteo Salvanti, proche, voire même intime de la famille di Grazziano… Son ton se fit alors plus mystérieux, à l’instant où il commença à parler de sa prophétie passée qui s’était réalisée, sans pour autant marquer de pause dans son discours…

« Vous me demandez ma vision mais je crains ne savoir vous la décrire… Avez-vous déjà vu la mort Monsieur di Grazziano… Savez-vous quel visage elle a ? Sans doute était-ce ça, ma vision, la mort habillée de roses, le sang sur les pétales… Vous comprendrez que j’eus vite fait de conclure cette funeste nouvelle… Je comprends votre intérêt pour mon art, il a en effet passionné les plus grands, les riches cours, les précieux seigneurs et les salons fastueux… Mais vous comprenez que de tels secrets ne peuvent être transmis qu’à des initiés, même si je sais que vous vous intéressez un peu au monde des arts sombres et incompris de la science moderne… »

Il avait récité cette longue litanie sans s’interrompre une seule fois, laissant le flot des paroles envahir les oreilles de son interlocuteur… Sa curiosité fut piqué à vif et il désirait savoir quel était cet engouement pour ce sujet à peine la conversation commencée…

« Vous deviez également connaître la victime, n’est-ce pas ? Étiez-vous proches ? »

Sa voix était maintenant teinte d’un mystère sombre, et son regard bleu se tourna un instant en coin pour observer la réaction du frère du prince…
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Raffaele di Grazziano
Frère du Prince - Ca'Grazziano
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Date d'inscription : 12/11/2006

MessageSujet: Re: La Roseraie   Sam 22 Déc - 18:52

Raffaele recula, et sa voix éclata d'enthousiasme.

"Mais bien sûr que cela m'intéresse ! Comment pourrait-il en être autrement ? Comment ne pas être fasciné par votre don ?" Une petite moue froissa à nouveau son nez et baissa le ton. "Allez je ne vous en veux pas, je sais bien que le mystère de vos prédictions doit rester secret, même si je suis infiniment curieux d'en comprendre le mécanisme. Oubliez mes questions stupides, voulez-vous."

Il parlait tout en marchant d'un pas lent et son visage prit une expression désolée.

"Mon frère est toujours peiné quand ses amis sont mis à mal, cela ne vous semble-t-il pas chose naturelle ? Je ne connaissais pas, quant à moi, Monsieur Salvanti, mais j'en ai entendu le plus grand bien. Quelle funeste soirée, vraiment.."

Il secoua la tête d'un air attristé et observa un silence. Soudain, il s'arrêta comme saisi et son visage s'éclaira.

"Oh mais j'y pense ! Pourquoi ne viendrez-vous pas Ca'Grazziano, disons... demain dans l'après-midi ? Je suis tout à fait certain que tout le monde se réjouira de votre présence. Les dames auront sans doute mille questions à vous soumettre, sachant combien vous êtes de bon conseil, et il y a fort à parier qu'elles ne seront pas les seules. Allons c'est entendu ! Votre heure sera la nôtre !"

L'heure passait, il ne pouvait rester plus longtemps au risque de faire attendre son rendez-vous et s'inclina avec grâce.

"J'ai une affaire qui m'attend à laquelle je ne puis me dérober. Je dois vous quitter. A demain donc, Monsieur."

Un dernier sourire, et déjà son pas l'entrainait hors de la roseraie.

[Grande Allée]
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