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 La Roseraie

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Coriolan
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MessageSujet: La Roseraie   Mer 15 Nov - 20:57

[Mercredi 5 Février 1744 Premier Post du Jour.]

La roseraie était morte sous ce froid.

Coriolano ne s'était pas levé tard. Il avait pris une légère collation, et s'était atteler à la lourde tâche de gérer les affaires du domaine que lui avait confié son père. La demeure de Venise, et toutes les terres du Frioul qui appartenaient encore à la famille.
Ces choses peu agréables finies, il s'était glissé dans le jardin, et ses pas l'avaient conduit jusqu'ici.

La roseraie.
Il y passait beaucoup de temps. C'était la première chose qu'il avait veillé à installer correctement dans ce palais. Elle avait l'air morte en hiver, mais Coriolano savait que la sève coulait, lentement, comme endormie dans les artères des plantes. Comme beaucoup de choses finalement qui faisaient semblant d'avoir disparu alors qu'elles étaient toujours là.

Le jeune Prince s'était assis sur un des bancs en pierre, gelé, mais il ne le sentait pas. Il avait posé ses mains derrière lui et s'appuyait dessus, les bras tendus. Il avait la tête renversé vers le ciel, mais ses yeux étaient fermés et il se contenait de respirer doucement l'air sec et froid.


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Annavera de Luca
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Mer 15 Nov - 21:30

[Mercredi 5 Février 1744 Premier Post du Jour]

La journée avait débuté lentement. Annavera avait commencé par s’éveiller au petit matin, encore engourdie par sa nuit trop courte. L’éclat du petit soleil hivernal l’avait tiré de son profond sommeil. Puis après une longue toilette matinale et un moment passé à défaire une à une ses trois malles, elle avait sonné pour que l’on apporte son petit-déjeuner.
Avec une satisfaction habilement déguisée, elle avait constaté que c’était un des jeunes valets de la veille qui le lui apportait. Anxieux et terriblement intimidé, il avait failli tout renverser.

Puis elle avait décidé d’explorer un peu le palais quand une évidence lui avait sauté aux yeux… Les roses de Venise ! Elle qui voulait tellement en voir, cela était l’occasion ou jamais. Elle héla un jeune serviteur qui se trouva être le deuxième garçon de la soirée passée. Celui-ci lui indiqua non sans une pointe de frayeur mal dissimulée que le Prince di Grazziano possédait justement une belle roseraie.

Elle s’en était ainsi allée, emmitouflée dans sa mante noire, à la recherche de ces fameuses roses. Le ciel de cette fin de matinée était sans nuages, et la neige accrochée aux roses… non aux plants de roses, car de roses il n’y en avait guère en cette saison. Elle le savait pourtant. Néanmoins, Annavera n’eu pas le sentiment d’être déçue. Elle venait d’apercevoir une silhouette familière, appuyée sur un banc. Des cheveux blonds, un air altier…



« Bonjour Prince » engagea-t-elle d’une voix claire en s’avançant près du Prince Ugo.
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Coriolan
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Mer 15 Nov - 23:50

Coriolano, sans tourner la tête, sourit. C’était une voix inimitable.

"Madame Annavera de Luca..."

Il laissa tomber la tête sur le côté, lui adressant directement un sourire amusé. C’était bien elle, yeux brillants, lèvres éclatantes, taille fine, pied léger, maintient droit. Coriolano se secoua légèrement avant de se lever dans un mouvement souple. Il s'approcha, lui prit doucement la main sur laquelle il posa un délicat baiser, effleurant à peine le gant.

"Ainsi, l'annonce de votre venue au beau milieu de la nuit n'était pas un doux rêve mais bien la réalité."

Il avait gardé la main de la jeune femme dans les siennes et la contempla un instant en silence. Puis il rit doucement, sa voix était entre l’étonnement et l’amusement.

"Vous n’avez pas changé, c’est merveilleux… Les dieux vous ont donc donné la jeunesse éternelle ? "

De là où il était, il pouvait déjà sentir le parfum lourd des cheveux de la jeune femme. Parfum de rose qui ne disparaît pas en hiver. Il fit deux pas vers les rosiers, examinant une tige coupée nette par un jardinier soigneux. Il savait qu’il ne servait à rien de tourner longtemps autour du cœur du sujet avec Annavera.

"Je suis heureux de vous voir ici. J'imagine que si vous avez décidé de venir... c'est que vous avez acceptez la... "proposition" que je vous faisais dans ma lettre ? Du moins que vous avez décidé de la prendre en considération ?"


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Annavera de Luca
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Jeu 16 Nov - 0:30

Un sourire, un mouvement délicat, puis un rire, un éclat de plaisir dans les yeux si clairs… Un questionnement doux, celui de sa jeunesse éternelle… Le Prince di Grazziano, fidèle à ce qu'il avait toujours été. Prestance, charme, galanterie...

« Peut-être est-ce la déesse Hébé qui dans sa grande mansuétude m’a offert un peu de son élixir de jouvence… Ou bien Aphrodite elle-même… » susurra-t-elle lentement.

De ses deux saphirs elle suivit les pas du Prince. La roseraie était pourtant bien belle par cette journée d’hiver. Bien entretenue, elle laissait présager une floraison sans pareille au printemps. S’approchant un peu plus de son hôte, elle entendit la question, ou plutôt l’affirmation.


« En effet Prince, votre proposition m’intéresse. Prise en considération certes, autrement je ne serai point ici… Votre intendant était presque au courant de ma venue. M’attendiez-vous ? » questionna-t-elle, un sourire malicieux se formant sur ses traits.
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Coriolan
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Jeu 16 Nov - 1:09

Deux yeux d'un bleu intense posé sur lui. Coriolano savait, pour l'avoir croisé souvent dans un miroir, que son propre regard semblait se dissoudre dans le rien, ne regarder nulle part. Celui qu'il avait devant lui semblait à l'inverse tout concentrer, toute la beauté, tout l'univers dans un regard.

S'il l'attendait ? Il eut un grand sourire, un de ses sourires lumineux qu'il avait parfois. Il était étrangement simple de parler avec cette femme.


"Bien sûr que je vous attendais ! Qui sur cette terre pourrait souhaiter ne pas vous revoir ? Je vous attendais. Et puis il y a aussi le fait que mon Intendant est un homme exceptionnel qui a une sorte d'instinct pour ce genre de chose... Un personnage très curieux dont je ne me déferais pour rien au monde. Il ne se plaint jamais. Pourtant accueillir trois personnes dans une même soirée en plus des..."

Coriolano redressa la tête qu'il avait penchée doucement à mesure qu'il parlait.

"Mais vous ne savez peut-être pas ? Madame ma Cousine, vous l'avez peut-être vue, elle est arrivée un peu avant vous avec sa suivante, réside chez moi, pour quelque temps. Ainsi que Monsieur mon Frère, qui m'est arrivé à l'improviste... J'espère que vous n'avez pas été dérangée par le vacarme qu'il a fait en arrivant..."

Coriolano rit légèrement. Les chambres des dames étaient celles qui donnaient sur le jardin. Moins humides, un peu plus petite, mais plus confortable. Peut-être que le bruit avait été atténué.

"Pour vous faire un petit tableau de la situation, il vous sera peut-être utile, il y a quelques personnes en ce moment, au palais. Vous pourrez rencontrer un jeune homme blond et souriant, Monsieur Salvanti" Coriolano se garda bien de chercher à donner la moindre fonction à Matteo. "Un jeune poète, Monsieur Cilio dell'Arbero, et un ami... Monsieur degli Albizzi, qui..."

Coriolano s'arrêta brusquement au milieu de sa phrase. Iago, en général, apparaissait très tôt le matin. Il avait remarqué l'absence, mais n'avait pas chercher à en trouver une signification. Elle apparaissait maintenant avec une grande clareté. Cette absence ne pouvait signifier qu'une seule chose... Le jeune prince soupira, amusé.

"... doit être en prison en ce moment... Il a la fâcheuse manie de se promener tard le soir, ce qui ne plait guère aux gardes de la ville... En général, il sort tout seul mais..."

Et bien, il suffisait qu'il ait tenté d'expliquer sa vision du monde à un gardien, et que le-dit gardien n'ait pas apprécié... Il n'était pas bon que Iago reste là-bas.
Il se tourna vers Annavera, attrapant de nouveau ses mains.


"Madame, puis-je vous demander un service dès maintenant ?"


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Annavera de Luca
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Jeu 16 Nov - 1:38

« Votre intendant en effet, m’a paru être un homme très instinctif et surtout très discret et capable. A ce propos, je crois avoir malencontreusement effrayé deux de vos jeunes valets cette nuit. »

Malencontreusement, vraiment ? La lueur de ses yeux démentait son affirmation. Le Prince se fit un devoir de la tenir au courant des occupants du Palais, occupants dont elle avait eu le privilège d’en découvrir deux « spécimens » tard dans la soirée.

« J’ai eu le privilège de rencontre Madame votre Cousine dès mon arrivée et nous nous sommes entretenues un moment » répondit la jeune femme. Elle allait également lui avouer qu’elle la trouvait un peu trop curieuse, mais cela aurait été déplacé. Mais elle murmura cependant : « Charmante ».

« Monsieur votre Frère, dites-vous ? Je n’ai guère entendu de bruit, ou alors d’infimes éclats…»

En réalité, réveillée et ayant entrebaillé la porte, elle avait suivi avec un intérêt croissant l'échange entre les deux frères. Mais par bienséance et courtoisie, elle n'en avait rien dit.

« Un poète ? Cela est intéressant… »

Le Prince décrivit rapidement les autres résidents, quand il s’arrêta. Un soupir amusé. Qui se répercuta sur Annavera quand elle entendit la suite de ses paroles. Elle devinait déjà ce qu’il allait lui demander… Quand il lui prit de nouveau les mains, elle ne dit rien, savourant ces retrouvailles.

« Vous savez Prince, que vous pouvez tout me demander… »
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Coriolan
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Jeu 16 Nov - 2:08

Il pouvait tout lui demander... Jusqu'à quand ? Jusqu'à quel moment ? Quand est-ce qu'arriverait l'instant où le vase déborderait ? Quel prix serait refusé ? Personne ne peut tout demander à quelqu'un. Et il ne connaissait pas les limites de la jeune femme en face de lui.

Coriolano chassa ces pensées et sourit. Pour l'instant, Annavera le regardait. Pour l'instant, elle semblait prête à l'aider.


"Est-ce que je pourrais alors vous demander d'aller à la prison de Venise, place Saint-Marc, d'y demander si Iago degli Albizzi est là, s'il est toujours là, de servir de caution pour sa remise en liberté ?"

Il sourit de nouveau, comme un enfant qui s'amuse.

"Je sais que ce n'est pas vraiment le genre d'endroit où une dame se promène volontiers, mais je vous sais capable de résister à cela... Monsieur degli Albizzi vous sera sans doute peu reconnaissant de ce geste, mais... vous l'avez déjà vu une fois je crois ?"

A ce moment là, les cloches d'une église proche sonnèrent onze coups que Coriolano compta lentement. Il eut une mimique contrite.

"Onze... Je suis désolé, il est tard déjà, il risque d'être d'humeur exécrable..."


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Annavera de Luca
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Jeu 16 Nov - 21:40

Elle aurait pu prévoir cette question, cette demande. Mieux, elle s’y attendait. Elle savait qu’il allait la lui poser. Une moue ironique se fit sentir quand elle ramena le sieur degli Albizzi à son bon souvenir. Vu une fois et cela lui avait suffit.

Aider, cela elle le pouvait. Sans aucun doute. Mais tout service a un prix à payer. Quel qu’il soit. Certains peuvent s’en passer, d’autres pas. Et cela en est ainsi. Mais il est vrai que parfois, le prix n’est pas assez élevé en comparaison du sacrifice ou de l’aide apportée. Et dans ce cas… Mieux ne vaut pas croiser la route d’Annavera.


« J’ai déjà vu Monsieur degli Albizzi… Quand à aller le sortir de là où il se trouve, c'est-à-dire la prison, cela ne me dérange guère. »

Les autres dames s’évanouiraient à l’idée de mettre ne serait-ce qu’un seul pied dans une prison. Mais une femme comme elle ne craignait pas ce genre d’endroit. Réaction peu normale pour une jeune dame ?
Les onze coups sonnèrent et vinrent interrompre la tirade du Prince, qui reprit la conversation après les avoir comptés. Annavera fut hautement amusée par la suite de ses paroles.


« D’une humeur exécrable dites-vous ? Et bien dans ce cas, il sera fidèle à mon souvenir. »

Puis s’écartant d’Ugo di Grazziano, elle fit une légère révérence et poursuivit :

« Je vous laisse Prince. Je m’en vais chercher ce Monsieur afin de le soustraire des griffes de ces infâmes cachots qui ne doivent guère lui convenir… »

[La Prison]
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Coriolan
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Ven 17 Nov - 0:10

Coriolano regarda avec un sourire la démarche chaloupée d'Annavera s'éloignant dans l'allée. Il avait une chance extrême de l'avoir à côté de lui... Humour, beauté, courage : que demander de plus ? Un peu de désintéressement peut-être.

Le jeune homme enleva quelques feuilles marron, mortes, d'une tige de rosier. Tant de chose à faire, tant d'incertitude encore...
Son regard erra sur le jardin, la façade du palais. Un peu de lumière entrait par les fenêtres. Il y avait une silhouette solitaire dans la bibliothèque.
Coriolano plissa un peu les yeux pour mieux distinguer la personne. Il lui semblait bien que c'était sa cousine...


[La bibliothèque]


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Bianca Grazziano Adorasti
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Jeu 22 Mar - 2:03

[Salle à Manger]

Bianca avait refusé le manteau que lui avait tendu un valet. Elle s'était tellement énervée qu'elle avait pour l'instant beaucoup trop chaud pour enfiler quoi que ce soit. L'air frais du dehors lui fit du bien et elle entreprit de marcher le long de l'allée pour calmer ses nerfs.

*Mais qu'est-il devenu...? C'est impensable... Je ne pensais pas.. non pas à ce point...*

Bianca ne demandait pas à Raffaele de l'aimer ou même simplement de l'apprécier, mais ce manque de bienséance et de courtoisie la choquait profondément de la part de son petit frère.

*Comment Père a-t-il pu le laisser en arriver là... et Mère.. il faut que je lui écrive une lettre...*

La princesse donna un coup de pied dans un caillou qui partit rouler un peu plus loin.

*Et Ugo...pourquoi ne dit-il rien ?*

Ugo.. Qu'allait-il penser d'elle ? S'évanouir la veille en pleine réception.. s'énerver le lendemain en plein dîner. Que lui arrivait-il ? Elle qui restait si calme d'habitude... toutes ces évènements la poussaient à bout.

Bianca passa sa main sur son visage, incapable pour l'instant de remarquer la beauté du jardin. Elle continuait de marcher de long en large entre les allées soupirant et se remémorant sans cesse ce qui venait de se passer... Elle venait de faire des reproches ouvertement à Ugo.. devant deux autres personnes. Jamais elle n'avait fait cela auparavant.. Il allait lui en vouloir... et elle le comprendrait.

En quelques minutes tout avait basculé. Elle qui avait considéré jusqu'à présent le palais de son frère comme une havre salvateur lui permettant de s'échapper un peu de celui de son époux, venait de hurler qu'elle ne pourrait y rester tant que Raffaele ne changeait pas de comportement.

Bianca eut soudainement très peur de ne plus pouvoir revenir Ca'Grazziano...

Plus elle marchait, moins elle se sentait bien. Elle avait pourtant cru que prendre l'air lui ferait du bien mais une nausée venait la tourmenter comme si le tracas de la dispute ne suffisait pas. Un courant d'air la fit frissonner et elle regretta de ne pas avoir accepté son manteau.

De nouveau Ugo revint à son esprit. Elle n'aurait pas dû s'emporter de la sorte alors qu'il l'avait gracieusement invitée chez lui. Elle ne lui avait pas assez montré sa reconnaissance.

L'allée sur laquelle elle marchait depuis quelques minutes déjà sembla tanguer sous pieds et elle s'arrêta de marcher. Il fallait qu'elle se calme, tout rentrerait dans l'ordre bientôt... Elle devait aller s'excuser auprès d'Ugo et lui expliquer...

Pourquoi ne se sentait-elle pas bien ? Elle avait mal au ventre et pensa alors qu'elle avait trop mangé. Non vraiment elle devait se calmer et reprendre ses esprits. Où en était-elle ? Ah oui, des excuses auprès d'Ugo.. et l'allée qui tanguait de nouveau.
La princesse passa de nouveau sa main devant ses yeux mais sa vue se brouilla au lieu de se faire plus nette. Sa réflexion sur la dispute de la salle à manger s'effilocha pour être remplacée par une autre inquiétude. Il était hors de question qu'elle s'évanouisse de nouveau comme la veille ! Ce n'était pas le moment et encore moins le lieu ! Elle allait faire demi-tour et rentrer au chaud, s'asseoir et se reprendre.

De nouveau un frisson la secoua tandis qu'elle cherchait des yeux l'entrée du jardin. Elle avait tellement marché sans prêté attention aux alentours qu'elle ne savait plus dans quel sens elle se trouvait. Tout lui semblait pénible, le froid bien sûr, la lumière et cet oiseau qui chantait trop fort. Le jardin n’était pas immense, elle allait prendre une allée au hasard et arriverait bien à retrouver par où elle était entrée. Mais Bianca fut incapable de faire un pas de plus. Une douleur aussi soudaine que violente lui coupa le souffle la faisant se courber en deux. Restée penchée, les deux mains sur son ventre, elle tentait de reprendre sa respiration mais une seconde vague aussi fulgurante que la première la frappa de plein fouet. Le souffle lui manqua au point qu’elle fut incapable de crier. Paniquée, elle leva les yeux vers la façade du palais, cherchant désespérément des yeux quelqu’un qui serait à l’une des fenêtres.

Chercher un banc, vite. Désorientée et aveuglée par la douleur, elle se retourna à la recherche d’un endroit où elle pourrait s’asseoir mais sa vue se brouillait de plus en plus, un voile sombre passant devant ses yeux. La douleur ne venait plus par vagues mais restait constamment lui faisant monter les larmes aux yeux, ses jambes tremblèrent et elle tomba à genoux au bord de la petite allée. La princesse jeta de nouveau un regard vers les fenêtres du palais mais le mouvement accentua son vertige et elle se sentit basculer. Sa tête tomba sur son bras tendu devant elle. Ses forces la quittaient sans qu’elle ne comprenne pourquoi. A sa vue ne restait qu’une magnifique rose se trouvant à la hauteur de son regard. Ses paupières cillèrent et bientôt le noir remplaça l’image de la rose.
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Annavera de Luca
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Jeu 22 Mar - 14:21

[Le Grand Salon]

Annavera avait déambulé un long moment à travers les nombreuses pièces –non privées- du Palais, admirant les peintures, les bibelots, les tentures. Mais un certain ennui s’était emparé d’elle.
Négligemment, elle s’approcha d’une des fenêtres. Le soleil chauffait le parquet du grand corridor. Appuyée contre l’encadrement de l’immense fenêtre, elle laissa son regard se poser sur le jardin. Les massifs étaient encore prisonniers de la neige et le sol était recouvert par endroit d’une fine couche de givre. Tout ce blanc était reposant.
Souriant légèrement, elle se mit à contempler les arbres noirs et décharnés, sûrement chargés de beaux fruits en été. Un oiseau, transi de froid, venait de s’y poser.

Un mouvement retint son attention. Une belle femme blonde traversait le jardin de long en large. Elle paraissait furieuse, à en croire la vivacité de ses pas. Réprimant un haussement de sourcil interrogateur, elle remarqua que l’inconnue n’avait même pas prit la peine de saisir d’un manteau ou d’un tissu plus chaud. Le froid n’allait faire qu’une bouchée de cette jeune femme inconsciente. Plissant les yeux, elle essaya de distinguer ses traits… Non, elle était trop loin.

Peu désireuse d’importuner cette inconnue, elle la suivit des yeux alors qu’elle s’enfonçait dans les allées de la roseraie. Détournant les yeux et se mettant dos à la fenêtre, elle contint un soupir agacé. Son « exploration » ne l’amusait plus. Elle avait l’impression de tourner en rond, de n’être pas tout à fait à sa place. Diantre, Venise avait un drôle d’effet sur elle ! Laissant jouer ses doigts sur le lourd tissu du rideau, elle en suivit les arabesques sans y faire réellement attention. Tiens, elle n’avait toujours pas parcourue la bibliothèque… Peut-être y trouverait-elle une œuvre intéressante… Se redressant légèrement, elle reprit sa marche à travers le corridor.

Elle allait s’éloigner des fenêtres quand un mouvement coloré attira son attention. Dans la roseraie, une masse de tissu venait de s’effondrer. S’approchant encore plus près des carreaux, elle se rendit compte que la jeune inconnue venait de rencontrer avec force le sol glacé. Elle chercha des yeux une sortie lui permettant d’accéder au jardin. Pourquoi personne ne l’avait vue ? Pourquoi personne ne venait l’aider ? On ne s’évanouissait pas comme cela, tout de même. Et avec ce froid, cette femme risquait gros.

Avisant la porte qui lui offrait la possibilité de sortir, elle accéléra le pas. Elle manqua presque de tomber elle-même quand elle se mit à courir sur le sol gelé. Dans un bruissement d’étoffe bleue, elle arriva bien vite aux côtés de la jeune femme. S’agenouillant, elle lui releva la tête. Avec surprise, elle reconnue la sœur du Prince. Que faisait-elle là ? N’était-elle pas sensée être en train de déguster des mets raffinés ? Pourquoi Ugo di Grazziano l’avait-il laissé sortir seule et sans manteau ?


« Madame ! Madame, m’entendez-vous ? »

Question idiote et pourtant naturelle. Vérifiant qu’elle respirait toujours, elle maintient fermement la tête aux jolies boucles blondes loin du sol, cherchant d’une main les sels. Le petit flacon avait déjà prouvé sa valeur lorsqu’une jeune débutante avait eu des palpitations à sa première sortie dans le grand monde…

* Mince, où est-il passé ? *

L’avait-elle prit ce matin-là en s’habillant ? Elle n'en savait rien. A vrai dire, comme elle ne s'en servait jamais à des fins personnelles, elle l'oubliait souvent...
Oui ! Elle venait de sentir l’argent froid du flacon au fond de la fente de sa robe. Se saisissant des sels, elle entreprit d'ôter le bouchon et les fit respirer à la jeune femme.


« Madame ? »

Aucune réponse. La pâleur de la Princesse commença à inquiéter sérieusement Annavera, tout comme son manque de réaction.

* Bon sang, pourquoi les domestiques ne sont-ils jamais là quand il faut ? *
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Coriolan
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Sam 24 Mar - 15:28

[La salle à manger]

"Bianca !"

En trois pas Coriolano arriva près de sa sœur. Annavera était déjà là, avec des sels qui semblaient inefficaces. Elle respirait. Son cœur battait. Coriolano s'agenouilla à ses côtés.

"Bianca ? Mon dieu, mais qu'est-ce qu'il lui arrive..."

Coriolano jeta un regard inquiet vers Annavera mais elle avait l'air aussi perdue que lui. Il avait attrapé la main de sa sœur et réalisa qu'elle était glacée.

"Il fait trop froid ici. Il faut qu'elle ait chaud."

Comme son beau-frère la veille, Coriolano cala la tête de Bianca sur son épaule et la prit dans ses bras. Elle était légère malgré le poids de ses robes.

"Suivez-moi, Annavera. Peut-être aurons-nous besoin de vous."

[Le petit Salon]


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Annavera de Luca
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MessageSujet: Re: La Roseraie   Lun 26 Mar - 23:15

Annavera entendit des bruits de pas. Redressant la tête, elle vit le Prince se précipiter vers sa sœur et la relever à son tour.

« Je n’en sais guère plus que vous… »

Elle se remit debout tandis qu’il prenait la jeune femme dans ses bras. Rangeant le flacon dans sa poche, elle croisa les bras. Il faisait froid…

Elle acquiesça aux paroles du Prince et le suivit d’un pas rapide.


[Le petit Salon]
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