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 Extérieur - Le Ponton

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Lorenzo Dellaporta
Majordome - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Extérieur - Le Ponton   Sam 3 Sep - 18:56

[Embarcadaire ~ Ca'Adorasti]

Les pierres roses de la Calle Gallante sauterent aux yeux de Lorenzo dès que Carlo eut habilement négocié le dernier virage. Le voyage avait duré une bonne vingtaine de minutes et le jeune homme avait eut le temps, bercé par la voix du gondolier, de partir dans ses pensées. Sans s'en rendre compte, il etait passé dans un etat de semi-eveil. Il ne le comprit que lorsque le rose de la façade le "réveilla".

La batisse etait haute et imposante. Les ouvertures etaient ornées de petits balcons blancs.
Rose et blanc.
L'innocence et la pureté pour masquer les affaires pourpres et noires qui s'y passaient.

La gondole accosta bientot au ponton et Lorenzo y descendit, serrant toujours son manteau contre lui. Il aurait ete dommage que "l'invitation du prince" tombe à l'eau si près du but.


"Attendez moi Carlo, ce n'est qu'une affaire de 10 minutes."

Le regard intrigué du gondolier lorsqu'il lui avait dit sa destination avait fait rougir betement les joues du majordome. Il était hors de question de s'éterniser en ces lieux pour alimenter les rumeurs.

La porte etait aussi blanche que les balcons et ornée d'un marteau de bronze. Les doigts soignés de Lorenzo s'en emparèrent et frapperent trois coups contre le lourd battant.
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Elena Va
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Lun 19 Sep - 12:21

[ Eglise San Siriano - La Chapelle de la Pieta ]

Le souffle coupé d'avoir mi-marché, mi-courru, Elena arriva enfin dans la Calle Galante. Il aurait été certes plus intelligent de prendre les gondoles comme moyen de locomotion au lieu que ses pauvres et fragiles pieds, mais l'adolescente, aussi stupide que cela puisse paraître, n'aimait pas les utiliser. L'eau la répugnait et l'effrayait en même temps, le fait d'être assis sur un sol qui bouge, qui tangue, et qui risque de s'échouer ne plaisait pas du tout à Elena. Peureuse ? Oui, certainement.
Ses cheveux blonds, d'habitude coiffés avec un minimum d'élégance, collaient sur son visage humide de transpiration, ses yeux étaient rouges des larmes qu'elle avait versées quelques temps auparavant, sa robe azur ornée de blanches dentelles, quant à elle, était tachée et mouillée à quelques endroits. L'apparence de la Servante de la Courtisane était aussi ridicule que déplorable.

Quelle surprise se fut pour l'adolescente, que de voir qu'à l'éntrée de la Maison de sa Maîtresse se trouvait un inconnu qui avait l'air d'attendre qu'on vienne lui répondre. Les pomettes d'Elena rosirent légèrement et c'est avec un air gêné qu'elle alla voir Lorenzo.


"Monsieur" prononça-t-elle d'une petite voix timide tout en faisant une légère révérance. "J'espère que vous n'attendez pas depuis longtemps, j'étais partie et la Maison de Dame Rivieri est restée donc innocupée. Je suis vraiment désolée pour cela" Elena posa pendant quelques secondes ses yeux sur le sol. Elle aurait bien voulu dévisager un peu plus l'homme qui lui faisait face, mais elle n'arrivait pas à le regarder dans les yeux. "Puis-je vous aider ? Voulez-vous entrer ?"


Dernière édition par le Dim 25 Sep - 16:14, édité 1 fois
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Lorenzo Dellaporta
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Jeu 22 Sep - 18:35

Lorenzo s'était retourné en entendant des pas pressés resonner et se rapprocher. Il vit avec étonnement une demoiselle vetue d'une robe bleue accourir vers lui. Elle avait l'air mal en point et un instant Lorenzo crut qu'elle allait se jeter sur lui et lui demander aide et protection contre il ne savait qui. Mais il n'en fut rien. Le souffle court, elle s'inquietait de l'avoir fait attendre.

Lorenzo allait de surprise en surprise mais rien sur son visage ne laissait voir le moindre desarçonnement. C'est avec une voix calme et posée qu'il répondit à l'insolite jeune fille.


"Je viens juste d'arriver ne vous inquietez pas, la surface du canal ondule encore suite au passage de ma gondole. Mon maître m'a demandé de remettre certaines choses en mains propre à votre maitresse. Je souhaiterais la rencontrer."

La jeune femme devait etre une servante de la courtisane car sa robe n'etait pas de riche confection. Lorenzo observa encore un instant le visage eprouvé de la demoiselle et son regard nota rapidement la rougeur de ses yeux et l'etat souillé de sa robe.

"Vous a-t-on malmenée? Etes vous blessée? Désirez vous vous asseoir?"

Le jeune homme tendit doucement sa main pour lui permettre de s'y accrocher. Il avait vraiment peur qu'elle ne s'evanouisse sur le ponton.
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Graziella Rivieri
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Ven 23 Sep - 11:58

[Caffé Florian]

Une gondole accosta peu de temps après l'arrivée d'Elena. La courtisane, accompagnée de Matteo Salvanti, lui expliquait ô combien elle allait se plaire dans cette ville splendide au charme pittoresque. En même temps, elle avait pris le froid de cette journée en prétexte pour s'asseoir bien contre le jeune homme blond.

"Oh, voici où je me suis installée." dit-elle en montrant le bâtiment aux pierres roses et aux balcons blancs. "N'est-ce pas charmant ? Vous viendrez bien à l'intérieur vous réchauffer un peu n'est-ce pas ?" demanda-t-elle avec un grand sourire.

Elle descendit de l'embarcation avec l'aide du gondolier et attendit que Matteo fasse de même avant de s'approcher des deux personnes déjà présentes sur le ponton. Se tournant tout d'abord vers sa servante, Graziella lui prit doucement le menton d'un air ennuyé.
"Vous avez mauvaise mine Elena, vous devriez aller vous rafraîchir un peu." ajouta-t-elle d'une voix douce. Connaissant Elena, même depuis peu, elle devinait aisément qu'elle avait pleuré. Cette jeune fille était vraiment très sensible, elles devraient avoir une discussion bientôt.

Puis faisant demi-tour avec entrain, elle fit face au jeune homme, un sourire éclatant aux lèvres.
"Monsieur ? Que puis-je pour vous ?"
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Sam 24 Sep - 23:51

[Caffé Florian]

Le trajet du Caffé Florian jusqu'à la Calle Galante avait été des plus charmantes pour Matteo. La signora Rivieri avait été d'une fort agréable compagnie tout au long de la traversée en gondole. La proximité de son corps aux courbes généreuses n'avait bien sûr pas influencé la haute estime qu'il avait rapidement développé pour la jeune femme. Après tout, il était tout naturel qu'en bon gentilhomme, il se fut rapproché d'elle pour la tenir au chaud. Tout gentilhomme aurait fait pareil, Matteo le premier.

Arrivé à bon port, le garçon admira la demeure de la courtisane, se demandant vaguement où se situait sa chambre. Par pure curiosité, bien entendu.


« C'est avec le plus grand plaisir que j'accepte votre invitation, signora, » répondit-il avec un sourire à la proposition qui lui avait été faite.

Il nota avec un certain agacement la présence de deux autres individus, visiblement des serviteurs. La jeune fille n'était pas vilaine. Quant à son homologue masculin, il était tout à fait agréable à l'oeil. Un sourire étira ses lèvres pleines. Il se tint en retrait, le temps que la courtisane dispose de ses affaires domestiques, profitant du moment de répit pour l'admirer dans toute sa splendeur. C'était une occasion à ne pas rater.
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Elena Va
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Lun 3 Oct - 12:33

Elena hocha de la tête aux dires de Lorenzo d'un air rassuré et entendu. Elle allait lui répondre que Dame Rivieri serait sûrement de retour dans quelques temps, que pendant ce temps, ils pourraient rentrer et plutôt attendre dans le salon que dehors, mais elle n'en fit rien... Elle vit une main se rapprocher d'elle. Oh, cela partait évidemment d'un très bon sentiment, seulement la jeune fille était d'un naturel renfermé et craintif envers la plupart des personnes, sa Maîtresse exclue. Elena recula d'un pas, comme effrayée. Elle se mit à frissonner et voulut s'excuser mais elle se mit à balbutier d'une petite voix des mots inaudibles.

L'adolescente ne remarqua pas la gondole arriver, et lorsqu'elle entendit des talons résonner dans la Calle Gallante, elle ne put se retourner que déjà sa maîtresse lui prit le menton, d'un geste plus affectueux qu'autre chose. Elena arrêta de trembler. Ses yeux se mirent à briller de surprise, de réconfort, d'admiration, et un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Sentir le contact avec les doigts fins, la peau douce de sa Maîtresse suffit à la jeune fille pour oublier toutes ses petites -et inexistantes- mésaventures de la journée.

Lorsque Dame Rivieri lui adressa la parole, Elena acquieça d'un hochement de tête et d'un
"Oui Madame" vif.

Elle remarqua alors la présence de Matteo et de suite s'inclina avec le respect qu'il se devait devant lui en prononçant en guise de salutations
"Monsieur". Elle fit bien attention de ne pas le regarder dans les yeux, les personnes avec un rang plus ou moins élevé étaient souvent très sensibles et suceptibles à ce sujet.

Elena se releva et jetta un regard à sa Maîtresse, puis, espérant ne pas faire une erreur, sortit une clef fine et dorée d'une de ses poches de sa robe de Servante, et ouvrit la porte d'entrée de la demeure de la Courtisane.
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Lorenzo Dellaporta
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Sam 15 Oct - 16:35

Lorenzo se tourna lorsqu'il entendit des voix et des pas resonner derriere lui. Une gondole avait accosté au ponton et deux personnes en etaient descendues : La dame qu'il venait voir etait accompagnée d'un fort séduisant jeune homme au physique d'une finesse incomparable. Lorenzo le dévisagea un instant, puis sont regard revint vers la courtisane qui s'entretenait avec la jeune servante.

Le majordome regarda cette derniere sortir une petite clef de sa poche et l'introduire dans la serrure.

Il revint rapidement à la courtisane qu'il salua en s'inclinant comme le voulaient les usages, plus que par reel respect. Le jeune homme se redressa bien vite et son regard bleu fixa intensement les yeux brillants de la jeune dame.


"Je vous présente mes hommages. Mon seigneur m'envoie pour une affaire personnelle. J'ai avec moi quelque chose à vous remettre en privé."

Un regard vers le jeune galant puis il regarda la courtisane, attendant sa reponse.
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Graziella Rivieri
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Dim 16 Oct - 0:19

Alors que Matteo restait un peu en retrait pour lui laisser gérer ses affaires et qu'Elena entrait dans la maison, Graziella répondit au salut du jeune majordome en s'inclinant à son tour.

Elle écouta sa requête le sourire aux lèvres. Ainsi donc il devait lui remettre quelque chose... venant de son seigneur en plus. Tout cela était absolument excitant. Elle brûlait d'envie de savoir de quoi il s'agissait et sa curiosité la pressa à bouger les choses.


"Vous m'en voyez ravie, entrez donc je vous prie."

Elle tendit un bas vers Matteo pour l'inviter à entrer lui aussi puis sourit à Lorenzo pour qu'elle le suivre également.
Cette journée était vraiment splendide, oui vraiment.

Elle tourna les talons et entra dans la maison.


[Salon]
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Ven 21 Oct - 1:50

Pendant que sa charmante compagne s'entretenait avec sa servante, Matteo eut tout le loisir de contempler l'émissaire envoyé par ce mystérieux seigneur. Délicieux, décidément. Il était étrange de constater comment la Nature distribuait la beauté, sans distinction du rang ou de la condition. Ce garçon avait l'allure d'un Prince, et pourtant, c'était lui qui servait un aristocrate, probablement vieux, poudré et mortellement ennuyeux.

Ses yeux bleus admirèrent les traits fins et réguliers du jeune majordome. Il était presque dommage qu'il fusse en si bonne compagnie. Dans le cas contraire, Matteo n'aurait pas hésité à faire quelques propositions au délicieux domestique... et ce, même s'il lui aurait fallu éconduire sa belle ou son beau du moment.

Prêtant son bras à la jeune femme rousse, ils firent tous deux leur entrée dans la demeure de pierres roses, une couleur se rapprochant fort de la couleur de la passion, quelque chose qu'il comptait bien trouver une fois à l'intérieur.


[Salon]
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Matteo Salvanti
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Jeu 10 Nov - 21:56

[Le Salon]

C’est avec un grand sourire aux lèvres que Matteo retrouva l’air libre. Quelle femme délicieuse que cette signora Rivieri! Il prendrait un vif plaisir à la revoir à la soirée… s’il arrivait à détacher ses yeux du Prince Elio. Un léger soupir s’échappa de ses lèvres, formant un nuage de buée dans l’air frais. Tout semblait se rapporter à ce damné d’Adorasti qui, telle une araignée au centre de sa toile, tissait des intrigues dans lesquelles le garçon avait encore peine à démêler. Et son arrivée à Venise était encore récente…

Il fallait à tout prix se changer à nouveau les idées! Le blond lança un regard de regret vers la maison de la courtisane qui s’effaça bientôt pour faire place à son enjouement habituel. Tant pis s’il devait remettre cette forme de divertissement à plus tard en ce qui concernait la jeune femme rousse, d’autres attendaient sûrement, en ce moment même, qu’un mignon au visage d’ange leur fasse la cour. Ce mignon, c’était lui, et il s’acquitterait de cette tâche avec dévouement.

Hélant un gondolier qui passait non loin de là, l’homme de main prit place dans l’embarcation et, sous le coup de l’inspiration, demanda d’être mené jusqu’à la Calle Bardini.


[Calle Bardini]
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Elio Lacryma Adorasti
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Lun 6 Nov - 21:57

[Bouche d'Ombre - Ruelle de l'Ancienne Tuilerie]

Affaissé sur le banc de nage, le visage livide et le front emperlé de sueur dissimulés par son tricorne, Elio s'etait difficilement redressé quand l'embarcation avait accosté le ponton.
Il n'avait pas saisi la main que lui tendait l'homme se contentant de lui lancer le reste de son dû et la machoire crispée, s'efforçant de se tenir droit, il avait pris pied sur les planches de bois.

La barque s'en étant allée, il avait gagné la porte de la maison de la courtisane et ayant franchi les trois marches usées avait actionné violemment le heurtoir. Il entendit le bruit du bronze sur le bois se répercuter sourdement dans les entrailles de la batisse.
Mais personne ne vint lui ouvrir. Avec un juron, il frappa la porte du pommeau de son épée qu'il n'avait pas lachée et le mouvement lui arracha un grognement de douleur.
Il pressa à nouveau sa main gantée sur sa blessure dont le sang avait imbibé ses vêtements et grimaça
.

"Graziella, Nom de Dieu il n'est pas temps de courir les salons, où êtes-vous ?"

A bout de forces, il se laissa glisser contre le bois humide de la porte jusqu'à s'assoir sur la pierre glacée. Son épée qu'il tenait toujours avec force tinta sur le sol et le talon de sa botte racla le bois du ponton. Il resta ainsi, ses longues jambes dont une était pliée et l'autre étendue interdisant à quiconque de franchir les marches.
Il se sentait dans un tel état de faiblesse qu'il ne pouvait bouger sans déclancher une sarabande de vertiges
.
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Graziella Rivieri
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Lun 6 Nov - 23:52

[Pont du Rialto]

Pour ne plus perdre une seule minute, les deux jeunes femmes avaient pris une embarcation au Rialto pour rentrer à Calle Galante plus rapidement. Bien sûr, marcher les aurait réchauffées mais le couvre-feu avait sonné et la nuit était tombée comme une lourde tenture noire. Il était temps de rentrer au chaud chez soi et se délasser de cette soirée.

"Penses-tu que notre gardien du pont masqué va divulguer nos secrets, Lea ?" demanda-t-elle en regardant sa servante blottie contre elle. Un sourire grandit sur ses lèvres et la courtisane répondit à sa place.

"J'espère bien."

Graziella se mit à rire puis se redressa alors que l'embarcation touchait le ponton de sa maison. Elle saisit la main de l'homme qui l'aida à monter les planches et en profita pour lui glisser une pièce.

Tandis que l'homme aidait à son tour sa servante, Graziella était tournée vers la porte de sa maison, observant une silhouette occupant les quelques marches menant à l'entrée. Etait-ce un mendiant qui s'était installé là pour la nuit ? Non c'était peu probable et malgré l'obscurité, elle voyait que l'homme n'était pas vêtu comme un vagabond.

Graziella s'avança. Un protecteur venant l'aborder ? Non pas à cette heure-là. Une volute blanche s'échappa d'entre ses lèvres rougies par le froid alors qu'un souvenir presque similaire revenait à son esprit. La courtisane parcourut les derniers mètres d'un pas plus rapide. C'était impossible.

Rendue devant l'homme, elle s'était accroupie et sa main chaude sortie du manchon vint toucher la joue d'Elio. Elle n'eut pas besoin de prononcer un seul mot, même pas une seule exclamation. Ses yeux vinrent chercher celui du prince et son regard en dit bien plus long que n'importe quelle phrase. Son sourire qui ne l'avait pas quittée de la soirée, s'était désormais envolé. Un rapide coup d'oeil vers la gorge pâle de l'homme puis sur son pourpoint et Graziella tourna vivement la tête vers sa servante, lui parlant d'un ton ferme mais à voix basse.


"Lea, aide-moi à le soutenir. Tu m'apporteras une bassine d'eau et des linges propres... et tu ranimeras le feu de la cheminée!"

[Etage Privé - La Chambre Bleue]
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Lea Cadr
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Sam 11 Nov - 21:14

[Pont du Rialto]

Lea étouffa un baillement. Le trajet jusqu'à la maison et la longue soirée chez les Adorasti l'avait totalement épuisée. A la question de Graziella, elle ne prit pas la peine de répondre, sachant que sa maîtresse le ferait pour elle. Effectivement, la Courtisane sourit et précisa qu'elle espérait que leurs secrets seraient divulgués par le masque. Lea ne put s'empêcher de sourire : Graziella ne changerait jamais ! Mais la jeune fille s'était habituée à son tempérament extravaguant et elle ne s'étonnait plus...Elle serait surprise, au contraire, si sa maîtresse se mettait brusquement à se comporter comme tout le monde !

Sur ces pensées, elles arrivèrent à Calle Galante. A la suite de la Courtisane, Lea monta sur le ponton. Elle se baissa afin d'épousseter le bas de sa robe légèrement sale.

Lorsqu'elle releva les yeux, Graziella était déjà parvenue à l'entrée. Mais...Qui était-ce, à ses côtés ? Lea soupira. Si la Courtisane avait quelques prétendants qui déisraient entrer, la jeune servante n'était pas couchée.

Elle s'approcha, et put enfin distinguer l'homme qui était écroulé en travers des marches : surprise, elle reconnut le Prince Adorasti. Il paraissait extrêmement épuisé et...Blessé ? Sans poser de questions, elle se contenta d'hocher la tête à la demande de Graziella :


"Bien, Madame."

Elle attrapa le bras du Prince et commença à le soulever le plus doucement possible, tandis que Graziella en faisait de même de son côté. Elle se redressa et le soutint fermement, puis, lentement, ils se dirigèrent vers la Chambre Bleue.

[Etage Privée - La Chambre Bleue]
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Elio Lacryma Adorasti
Prince - Ca'Adorasti
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Sam 11 Nov - 21:55

Dans un brouillard épais, le prince entr'aperçut un visage se pencher vers lui. Il plissa les yeux pour tenter d'en distinguer les traits mais rien n'y fit. Ce fut le parfum particulier de Graziella, ambre et bois de santal mélés de musc chaud et animal, qui la lui fit reconnaître. Elle seule pouvait se permettre de porter une telle fragrance sans tomber dans la vulgarité.
Il tenta de sourire mais ne parvint qu'à une grimace lasse
.

"Où étiez-vous ?"

Sa voix était brisée, rauque et douloureuse, bien loin à présent de son habituel timbre au velours profond.
Il ravala un grognement de souffrance quand les deux femmes l'aidèrent à se relever. Il les laissa passer ses bras par dessus leurs épaules, tentant malgré la douleur que lui causait la traction d'alléger son poids en prenant appui sur ses jambes. Dieu merci, celles-ci lui obeïssaient encore et leurs muscles solides ne cédèrent pas.

Encore sur le seuil, les deux femmes purent sentir son grand corps se crisper tout entier dans l'effort qu'il fit pour que sa voix s'affermisse dans la phrase qu'il prononça
.

"Que personne ne sache ! Je m'en remets à vous."

Ayant dans l'injonction épuisé ses dernieres forces, il se laissa entrainer dans la maison.

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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Ven 29 Déc - 2:07

[Caffe Florian]

Iago avait quitté à grand pas le caffe Florian. Ces mêmes grands pas l’avaient conduit à la porte du Docteur Muzio Barrozi. Innocente porte qui avait pourtant essuyé une grêle de coups.

C’est que Iago considérait que frapper à la porte était un art particulier. L’utilité en soi (faire savoir aux gens à l’intérieur que l’on a envie d’entrer) est médiocre : pourquoi demander l’autorisation d’entrer ? Dans un monde parfaitement honnête, on sait si les gens ont envie de nous voir ou non. Donc on entre ou on n’entre pas. C’est simple. Et donc, le seul intérêt qu’il y a donc à frapper à une porte, c’est de faire du bruit.

Mais pas n’importe quel bruit, bien sûr. Un bruit particulier, un bruit qui suscite des réactions de la part des occupants, de manière à éviter de voir la porte s’ouvrir sur un de ces visages abjects de politesse convenue, de neutralité sans risque et pleine de bassesse. Non, il voulait voir des visages vrais. Des visages effrayés, agacés, colériques, amusés… Des visages vrais, il n’y avait pas d’autres mots.

Iago tambourinait donc à la porte du médecin. Mais aucun visage n’apparaissait. A vrai dire, aucun son ne venait de la maison. Iago en était à se demander s’il fallait qu’il casse un carreau pour entrer malgré tout dans cette maison qui se refusait à lui, quand une voix, par derrière l’interpella. Du moins il considéra que le « Pst, Monsieur, hey, Monsieur, cessez ce vacarme, venez, là… » s’adressait à lui. Il s’approcha donc d’une vieille bonne femme édentée et sentant fortement l’alcool.

Après quelques échanges assez oiseux qui firent naître chez Iago un attachement profond pour ce rebus de l’humanité qui en était une si belle illustration, il réussit à comprendre que la vieille, dans une insomnie la veille, avait vu le médecin partir pour la Calle Galante. Le tout fut dit avec moult clin d’œil suggestif et protestation de son silence éternel sur ce genre de chose d’habitude.
Ravi, par le personnage autant que par l’incongru de la situation, quitta la vieille après une poignée de main d’une propreté qui aurait fait peur aux plus braves. Iago laissa d’ailleurs tremper sa main dans l’eau du canal sur tout le trajet qui l’amena devant la maison de la courtisane.

Devant la maison, il hésita un instant. Mais d’un naturel peu enclin aux scrupules, cet instant fut court, et Iago tambourina sur une nouvelle porte.

Cette fois-ci, la porte s’ouvrit et le visage terrifié d’une petite bonne apparue. « Oh vous n’êtes pas la garde… » Le soulagement fut visible sur ses traits, avant de se muer en confusion.

« Et non, jeune personne, je ne suis pas de la garde. Je suis ici pour récupérer maître Barrozi. »

Les yeux de la bonne s’ouvrirent grand, elle balbutia, changea de couleur avant de dire quelque chose comme « Il n’est plus là, je sais pas où il est maintenant ».

Iago en fut fort contrarié.

« Bien. Et bien, dites à votre maîtresse de venir. Elle doit savoir, elle… »

Le ton était péremptoire, Iago était à moitié plié en avant pour se mettre à sa taille, et il avait son sourire ironique inquiétant. Ce qui fait que la petite bonne laissa la porte ouverte et partit en courant dans les étages.

Iago lui se recula sur l’embarcadère. Etranger à la demi-mesure, il avait la forte tendance à entrer sans frapper et à frapper sans entrer. Il préférait attendre dehors. Il commença à faire les cent pas, examinant ses mains qui avaient un peu souffert dans le rude traitement infligé aux portes. C’est alors qu’il remarqua que la petite blessure qu’il s’était faite cette nuit n’avait pas apprécié son séjour en prison. Un pus blanchâtre commençait à en sortir. La beauté de la pourriture… Iago exerça une succion sur son doigt et cracha dans le canal.

Comme il avait sans doute du temps avant que la dame ne daigne descendre, il s’assit sur une borne et entreprit de se confectionner une "poupée" comme le disait sa nourrice, un bandage qui donne l'impression d'être une petite tête. On néglige toujours l’importance des poupées sur les doigts.
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Graziella Rivieri
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Sam 30 Déc - 23:53

[La chambre bleue]

Dès qu'elle fut sortie de la chambre, Graziella arrêta au passage la petite bonne qui repartait vers les communs. Elle lui demanda ce que voulait l'homme qui l'attendait. La jeune fille lui répondit qu'il cherchait le médecin. Graziella fronça de nouveau les sourcils, la laissant repartir au travail. Comment pouvait-il savoir que Barozzi était venu ici ? Elle avait confiance en son personnel et elle savait que le valet avait tout fait pour être le plus discret possible.

Elle haussa les épaules et se dirigea jusqu'à porte d'entrée qu'elle écarta pour rester dans l'embrasure, n'ayant pas très envie de rester dans le courant d'air froid. L'homme était en train de panser son doigt, assis sur une borne.


"Monsieur degli Albizzi." annonça-t-elle avec le sourire.

"Vous êtes très contrariant vous savez ? Vous venez jusqu'ici frapper à ma porte et l'on me dit que ce n'est pas moi que vous cherchez mais le médecin. Je n'ai pas l'habitude de cela." dit-elle avec franchise, une moue souriante sur le visage.

"Il n'est plus ici." répondit-elle simplement. Nier la venue de Maître Barozzi aurait été totalement stupide et n'aurait servi qu'à éveiller les soupçons. Le médecin avait très bien pu venir pour soigner n'importe qui dans cette maison.

"Est-ce pour soigner ceci que vous le cherchez ?" demanda-t-elle en désignant sa main bandée d'un air détaché.

Un sourire en coin, elle appuya son épaule sur l'encadrement de la porte.


"Ca n'a pas l'air d'être bien méchant... Je pourrais vous aider à oublier..."
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Iago degli Albizzi
Gentilhomme - Ca'Grazziano
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Dim 31 Déc - 0:35

Iago s'était contenté de relever la tête quand une voix s'était adressée à lui de l'embrasure de la porte. Il était resté assis sur sa borne, les jambes étalées devant lui, finissant de serrer le nœud de son bandage avec les dents.

Un bref hochement de tête signifiait qu'il appréciait l'entrée en matière de Graziella. Comme la veille au bal, elle se montrait d'une simplicité impériale.


"C'est ce que l'on m'a dit. Qu'il était parti.
Et je dois dire que vu l'heure qu'il est, s'il n'était toujours pas parti, je m'inquiéterais pour sa santé...

Mais il a bien du vous donner une idée de l'endroit où il allait après, non ? Les gens ont toujours cette étrange idée que l'on se préoccupe de savoir ce qu'ils font quand ils ne sont plus sous nos yeux. Ils n'arrêtent pas de dire "je vais aller là, faire ceci..." C'est insupportable...

Bref, Barrozi est un type un peu mieux que ça, mais je doute qu'il déroge à ce que notre époque stupide a érigé en règle."

Iago agita la main et brandit son index blessé.

"Quant à cette urgence médicale là, elle n'est pas la cause de ma chasse à l'homme. Je ne suis pas de ceux qui pensent qu'une douleur corporelle doive être traitée par, ou oubliée grâce à, des soins corporels. Qu'ils soient délivrés par un médecin ou une courtisane."

Car Graziella était une courtisane et cela ne servait à rien de lui chercher une autre profession. Iago d'ailleurs n'y entendait aucune nuance désobligeante. Pour lui être médecin ou courtisane, c'était la même chose. C'était travailler, et donc s'engager dans un mauvais chemin. Mais enfin, tout le monde n'était pas né (ou prétendument né) dans la noblesse.

"Mais peu importe cette blessure qui sans doute va contribuer à mon bonheur en me précipitant un peu plus rapidement dans la tombe. Maître Barrozi... ?"

Iago laissa la question en suspend. Il se contentait de retourner vers le coeur du sujet dont la question de Graziella l'avait détourné.
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Graziella Rivieri
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Mer 3 Jan - 23:09

Graziella avait de nouveau observé le visage de Iago lorsque celui ci avait relevé la tête à son arrivée. Il avait vraiment un visage spécial difficile à oublier ; et pourtant, des visages elle en avait vus...

Ses paroles la firent sourire. Et elle répondit assez bas presque pour elle même, le sourire aux lèvres.


"Les gens ressortent toujours de chez moi en très bonne santé, même requinqués..."

L'homme lui demanda alors, avec force explication de son sentiment personnel, si le médecin lui avait dit où il était allé après être sorti de chez elle. Graziella fouilla sa mémoire pour se souvenir des paroles de Maître Barrozi mais Iago, qui parla alors de sa blessure attira toute son attention.

La blessure semblait vraiment minime et si Elio avait "touché" son ennemi comme il le lui avait dit, elle doutait que ça puisse n'être qu'une simple égratignure au doigt.


"Oh quel dommage..." soupira-t-elle avec une légère moue quand Iago refusa sa proposition.

Cet homme avait, tout comme son visage, une façon de penser tout à fait spéciale. Si un jour elle avait besoin de lui pour une raison ou une autre, elle devrait apprendre à raisonner comme lui, ce qui ne serait peut-être pas aisé.


"Vous précipiter dans la tombe ? Il me semble que vous exagérez votre malheur, monsieur. Il ne s'agit là que d'une égratignure... ou alors peut-être parlez-vous de ce qui l'a provoquée ?" demanda-t-elle d'un air détaché et toujours souriant, comme si elle ne faisait que s'inquiéter de sa santé.

"Quant à Maître Barrozi, je ne me souviens pas de ce qu'il a dit. Sûrement avait-il d'autres patients à voir.. rien d'intéressant en somme." dit-elle lorsque le sujet revint sur le médecin.

"Oh, attendez. Si, je me souviens qu'il a évoqué le fait qu'il devait accompagner la princesse Adorasti au palais Grazziano. C'est tout ce que je peux vous dire, je n'en sais pas plus." répondit-elle.

Son regard bleu clair se posa de nouveau sur le visage de l'homme. Elle lui sourit, d'un sourire que les hommes traduisaient généralement en signe d'invitation, et se cala une nouvelle fois contre l'embrasure de la porte.


"Et si vous changez d'avis quant aux bienfaits de mes soins... sachez que vous êtes le bienvenu chez moi."
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Iago degli Albizzi
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Jeu 4 Jan - 21:31

Lui ? parler de ce qui avait provoqué la blessure ? Jamais… Le visage tordu dans une expression excessive d’incompréhension, Iago se lança, sur un ton oscillant entre l’ironie et le tragique, dans une nouvelle explication de sa pensée.

"Ce qui a provoqué… Mais enfin, comment voulez-vous que ce qui provoque une blessure provoque l’envoie au tombeau ?
Ce qui provoque une blessure provoque une blessure. C’est tout. Si on le définit comme ce qui provoque la blessure, alors sa seule et unique fonction est de provoquer une blessure.
On ne pourrait dire que ce qui provoque une blessure conduit au tombeau que de manière indirecte si la blessure, elle, conduit dans le noir pays qui se trouve de l’autre côté du Styx …
Sinon il n’y a aucune raison…

A moins bien sûr, que ce qui a provoqué la blessure ne soit une action dont l’envergure dépasse le fait, mais dans ce cas, ce n’est pas à proprement parler "ce qui provoque la blessure", plutôt les circonstances entourant les causes de la blessure. Et c’est complètement différent, bien sûr.

Ce qui provoque une blessure n’a absolument aucun intérêt.
J’ai d’ailleurs complètement oublié ce qui avait pu provoquer cette blessure… L’intérêt est dans la blessure. Ça, je n’ai pas oublié, d’ailleurs, que j’ai une blessure. Enfin, pas trop longtemps du moins."

Iago était resté assis évidemment, gesticulant comme à son habitude, mais il se leva d’un bon en tapant sur ses cuisses lorsque Graziella finit par lui donner l’information qu’il cherchait.

"Et bien voilà ! Ne vous l’avais-je pas dit ? Les gens font tous ça… C’est profondément irritant, mais néanmoins parfois fort pratique…"

Il se retourna et siffla bruyamment entre deux doigts de manière à attirer l’attention d’un gondolier. Il rata ainsi le sourire aguicheur de Graziella. C’était sans doute mieux pour l’amour-propre de la courtisane, Iago ayant beaucoup de mal à retenir des commentaires acides face à ce genre de facilités féminines.
Les derniers mots en revanche le firent sourire. Il sauta dans la barque (suscitant un cri de protestation indignée de la part du bateleur qui vit l’équilibre de son bateau franchement compromis) et se retourna vers la jeune femme.


"Merci bien, gente dame… Bien que je pense que si je reviens chez vous, ce sera pour y prendre ce que vous ne pensez pas pouvoir me donner."

Sur ses paroles pour lui limpide, mais peut-être un peu elliptique, il se laissa tomber sur le banc de la gondole, la faisant tanguer dangereusement, en lançant au gondolier :

"Ca Adorasti. En moins de 5 minutes, c’est le temps que met Giaccopo.

Et Iago quitta la courtisane au milieu des lamentations du pauvre homme qui se plaignait que c’était de la triche, que Giaccopo était Giaccopo, et que lui il n’était qu’un petit gondolier, et qu’il ne pouvait pas…
Iago aurait pu demander à Graziella si elle avait un message à porter à Elio, mais tout le monde savait que cela ne servait à rien.
Parce que les femmes aiment employer des moyens plus retors pour parler aux hommes, bien sûr.


[Ca Adorasti - l'Embarcadère - la chambre de Danillo]


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Graziella Rivieri
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Ven 5 Jan - 1:42

Le dos de ses doigts sous son menton, Graziella écouta religieusement la tirade du gentilhomme. C'était très amusant sa façon d'expliquer les choses, amusant et réellement intéressant car, si on y prenait bien attention, tout était d'une logique implacable. Cet homme connaissait l'art de manier les mots, oh certes pas comme un poète, non. Pas de fantastique avec cet homme, encore moins de romantisme... que du terre à terre.

Cela dit, dans sa déduction, Iago en arriva par lui-même à ce qu'elle attendait. Ce qui avait provoqué la blessure pouvait être une action dont l'envergure dépassait le fait et donc les conséquences, autres que la blessure elle-même, pouvaient le mener jusqu'à la tombe. S'en prendre à un prince pouvait être cette action. Mais Graziella avait appris à ne pas tirer de conclusions aussi vite.

Elle se contenta simplement de sourire quand l'homme se remit debout après avoir obtenu sa réponse. Son petit manège avec le gondolier la fit rire et elle lui fit un signe de la main.


"Ravie d'avoir pu vous aider... Au plaisir de ne pas vous revoir alors..." dit-elle avec un sourire avant de retourner chez elle.

[Chambre Bleue]
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Elio Lacryma Adorasti
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Mer 31 Jan - 20:11

[Chambre Bleue]

Elio avait suivi la courtisane hors de la chambre et son regard avait fouillé le couloir. Les serviteurs étaient bavards, il y avait fort à parier que sa présence ne serait pas restée secrête bien longtemps. Une visite était une chose, une nuit entière en était une autre.

Il s'appuya un peu plus lourdement qu'à l'habitude sur la rampe de l'escalier et le fourreau de son épée tinta contre le bois ciré. Le choc de chaque marche descendue tirait sur sa blessure et il serra les dents. Ce n'était pas la première fois qu'il prenait un mauvais coup mais jusque là, il avait toujours su pourquoi et de qui venait l'agression. Il lui avait donc indifférent qu'on le sache blessé. Cette fois était différente. Il lui faudrait dissimuler son état assez longtemps pour pouvoir en apprendre suffisamment.
C'est donc le dos droit et le visage lisse qu'il mis le pied sur le ponton.

Il s'inclina devant Graziella et effleura des lèvres la main qu'elle lui tendait.
Se redressant, il lui sourit
.

"Je vous ferai donner de mes nouvelles et nous nous verrons à nouveau très vite. Prenez soin de vous, mon amie."

Il descendit dans la barque que Graziella lui avait fait demander et s'assit avec précaution sur le banc de bois.

"Ca'Adorasti"

La barque s'éloigna du ponton et il détourna son regard de la silhouette de la jeune femme qui diminuait.

[Ca'Adorasti]
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Orfeo Ciriaco
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Jeu 1 Fév - 0:10

[Le Marché du Rialto]

D'un pas vif, Orfeo avait quitté le Rialto et sa foule bigarrée pour les quartiers moins fréquentés. Il aurait pu payer une barque pour le transporter jusqu'à la Calle Galante, mais il avait toujours préféré marcher. Rester immobile dans une embarcation ne lui convenait pas, il voulait voir et se laisser porter par le labyrinthe des ruelles. On avait toujours de bonnes surprises à laisser la providence guider ses pas.

Il n'eut pas besoin de se faire indiquer la maison, il la connaissait pour l'avoir souvent admirée. De même qu'il savait qui l'occupait, sans l'avoir jamais rencontrée avant la veille au soir. Ce genre d'information courrait vite dans les rues. Et l'installation d'une courtisane renommée n'allait pas sans faire marcher les langues.

Il mit le pied sur le ponton au moment où la porte se refermait. Un regard vers la facade rose, délicieuse patisserie et il actionna le lourd marteau de bronze
.
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Graziella Rivieri
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Jeu 1 Fév - 23:04

Graziella était restée quelques instants sur le ponton à regarder la barque s'éloigner jusqu'à ce qu'elle fût hors de sa vue. Elle avait entièrement confiance en lui pour honorer sa promesse et lui donner des nouvelles de lui par quelque moyen que ce soit. Elle souriait, repensant à ses dernières paroles 'Nous nous reverrons à nouveau très vite'.

*Je l'espère bien, Elio...* pensa-t-elle en soupirant.

A peine avait-elle refermé derrière elle le panneau de bois et commencé à gravir la première marche de l'escalier, que le marteau de sa porte laissa résonner quelques coups dans le hall.

Elle se retourna et se dirigea vers l'entrée sans hésitation. Elle n'était pas comme ces nobles qui refusaient d'ouvrir eux-mêmes leur porte à un visiteur même s'ils étaient à côté, prétextant que c'était le travail des serviteurs. Graziella aimait le luxe mais la vanité et le dédain ne l'avaient encore jamais infectée.

Elle fut surprise de découvrir derrière la porte le fin minois du voleur de la veille. Pas qu'elle l'avait oublié, loin de là, mais les évènements de la nuit l'avaient détournée de ses rendez-vous prévus. Un nouveau sourire se format lentement sur les lèvres de la courtisane à la vue de son visiteur.


"Mon petit détrousseur... je craignais un instant que vous ayez pris mon invitation à la légère... Ne restez pas au froid.. entrez donc..." fit-elle en l'invitant d'un geste à entrer.

[Etage Inférieur - Le Salon]
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Orfeo Ciriaco
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Dim 4 Fév - 3:08

Orfeo n'avait pas eu à attendre longtemps. A peine le marteau était-il retombé sur le vantail que la porte s'ouvrait. La Dame ouvrait elle-même et il en fut étonné. Il s'était attendu à devoir convaincre une servante réticente, à devoir parlementer et peut-être même essuyer une fin de non recevoir. Il s'était même attendu à ce que l'invitation de la veille ne soit qu'une plaisanterie, un caprice de l'instant.
Mais non, la sirène enchanteresse l'acceuillait avec grâce, la même grâce dont elle avait fait preuve dans le couloir des communs du palais Adorasti.
Il sourit à son tour et entra dans la maison. Aussitôt son regard se mit en mouvement et son esprit enregistra les détails de l'endroit. Chaque pièce de décoration fut soupesée, classée, évaluée à sa juste valeur. Dans une vie différente, Orfeo eut fait un merveilleux marchand d'art qui savait le prix de chaque chose au premier coup d'oeil. L'habitude, question de survie
.

"Jamais je n'aurais failli à une telle invitation." Il s'inclina dans le simulacre de salutation qui était le sien. "Pour être franc, j'ai pensé que vous vous moquiez en me demandant de venir."

Son regard avait détaillé la silhouette de la jeune femme sans ostentation. La simple robe bleue, la chevelure rousse à la coiffure un peu retombée, elle le recevait dans l'intimité. Aucune servante ne venait chercher son vêtement, ils semblaient seuls dans la maison. Il se doutait qu'elle ne l'avait pas fait venir pour le seul plaisir de sa compagnie et s'il était conscient d'avoir belle figure, il était aussi conscient de n'avoir rien d'autre et de n'être pas du tout le genre d'homme dont une telle femme appréciait la compagnie.

"En fait, je me demandais ce qui me valait un tel honneur. On me réclame rarement dans les maisons bourgeoises."

Ce n'était pas du tout une maison bourgeoise, il le savait bien. Mais nier l'évidence faisait partie du jeu.

[Etage Inférieur - Le Salon]
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Leandro di Ascani
Vicomte - Ca'Adorasti
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Date d'inscription : 08/04/2007

MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   Ven 17 Aoû - 7:44

[Rialto]

Son fait d’armes ayant su convaincre sa dame, Leandro eut l’insigne honneur de la raccompagner jusqu’à chez elle. Les bateliers, accostés le long du canal, s’étaient disputés le privilège de les conduire à bon port et il put lire de l’envie dans le regard du passeur lorsqu’il lui remit son dû. En un bond, il se retrouvait sur le ponton et tendait une main secourable vers la jeune femme, remerciant sa bonne fortune d’avoir placé sur sa route celle qui était sans contredit l’emblème des charmes vénitiens.
Les divagations du sieur degli Albizzi n’avaient pas été dénuées de toute valeur car, au moment de leurs adieux, leur extravagant interlocuteur avait évoqué une fête se tenant au jardin du Castello. Bien qu’on le dise homme de peu de principes, l’aventurier avait pour foi la licence et pour dogme de paraître à toute réjouissance. Officier en sa première nuit dans la Sérénissime lui parut de bonne augure pour la suite de son séjour, se faire voir à la messe des libertins aux côtés de leur prêtresse lui sembla plus admirable encore.


"Madame, vous voici de retour saine et sauve à votre logis. Ma joie d’avoir pu me prouver utile en ma qualité de pirate-servant n’est seulement altérée que par l’accablement de vous quitter si vite. Si les inconséquences de mon caractère ne m’ont point porté préjudice à vos yeux, permettez-moi de vous convier au bal ayant lieu au Castello. Je conviens que s’afficher au bras d’un forban de mon acabit n’est pas auréolé du même prestige que celui d’un des doges de cette cité, mais songez que certains mouchoirs, qu’on croit de modeste facture, s’avèrent tissés d’or et d’argent."

Son sourire gouailleur désavouait toute la solennité qu’ait pu contenir sa requête, indiquant qu’il essuierait un refus avec l’insouciance dont il s’était fait le défenseur.
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MessageSujet: Re: Extérieur - Le Ponton   

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