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 La Chapelle de la Pieta

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Enza Rig
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Jeu 3 Nov - 16:30

[Le Parvis]

A son tour, Enza avait poussée la porte de l'église. Elle était entrée dans l'atmosphère sombre, humide et froide de l'immense maison du Seigneur. Vraiment, elle ne parviendrait jamais à comprendre comment on pouvait espérer trouver un quelconque réconfort dans un lieu aussi inhospitalier.
Quand ses yeux se furent habitués à la pénombre qui l'environnait depuis que le battant de la lourde porte s'était refermé derrière elle, elle chercha du regard l'indécis qui avait tant hésité avant d'entrer ici.

L'homme était en pleine conversation avec un prêtre... Enza manqua de blasphémer et repoussa le juron qui venait à son esprit, se rappelant que même si elle n'avait pas la foi, elle n'avait pas la certitude que Dieu n'existait pas.

Enza resta debout devant la porte, juste à l'entrée, comme si elle examinait l'intérieur de l'Eglise, comme si son regard se portait avec un intérêt architectural sur les arches et les colonnes. Cependant, du coin de l'oeil, elle ne perdait pas de vue les deux hommes, tentant de comprendre quelques bribes des paroles qu'ils échangeaient et qui résonnaient dans le silence imposant du lieu.
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P.Giacinto I. Chiaramonti
Père Jésuite
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Ven 4 Nov - 0:57

Giacinto, devant le compliment, eut un sourire entre la joie voir qu'on appréciait sa manière de faire, et la tristesse de devoir se souvenir que tout le clergé n'était pas comme lui.

Il se leva également et pris avec franchise la main qui lui était tendu.


"Moi je vous remercie de ne pas être de ces médecins qui jugent la gravité de la souffrance à la taille de la bourse. Je suis heureux de savoir que Venise possède un médecin qui ne croit peut-être pas en Dieu, mais croit au moins en son Art."

Il sourit et accompagna l'homme vers la sortie.

"Ce fut un plaisir de discuter avec vous. N'hésitez pas à venir me voir, je serais heureux de continuer ces discutions. Et aussi... sachez que si d'aventure, vous aviez besoin de mon concours, n'hésitez pas à me demander, le Padre del San Siriano, Ignazio Chiaramonti. Je pense que c'est ainsi qu'on me connait..."

Il sourit, se doutant bien que le cas où Muzio ait besoin de lui était sans doute peu vraisemblable. Mais certains malades étaient capables de refuser de se faire soigner si un prêtre n'était pas là. C'est que tous les médecins n'étaient pas comme Barrozi, et souvent, avoir à faire à la science voulait dire "mourir"...

Il y avait une femme près de la porte, mais le jeune prêtre ne la remarqua pas, encore plongé comme il l'était dans ses pensées.


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Muzio Barrozi
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Sam 5 Nov - 0:08

'Venise possède un médecin qui ne croit peut-être pas en Dieu, mais croit au moins en son Art.' Muzio resta soufflé par cet engagement d'un membre du clergé, et l'estime que venait d'acquérir Giacinto s'en sortit fortifiée. Bien sûr que lui-même se donnait corps et âme dans son activité - Art était peut-être un peu précieux-; où allait-on si on ne pouvait plus faire un minimum confiance à son chirurgien, ou si l'on détournait sa profession en instrument de profit ou de plaisir ?

Le médecin grava dans sa mémoire le nom du prêtre. C'était la première fois qu'il se sentait en accord avec un ecclésiastique, et la discussion qu'il venait d'avoir avec le jeune Padre l'avait rasséréné. En paix avec le monde, il adressa un signe de tête poli à la femme qui semblait attendre près de la porte - sans doute une confession ?-, et poussa le battant de l'imposant édifice.


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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Sam 5 Nov - 2:45

Le Padre regarda le Médecin s'éloigner en souriant.
C'était toujours un bonheur de rencontrer des gens intelligents et compréhensifs...

Giacinto allait retourner à ses occupations (il avait déjà repris son seau et sa serpillière) lorsqu'il remarqua enfin la jeune femme.

Elle ne ressemblait pas vraiment au genre de femme qui passe leur temps dans les églises, à ces "grenouilles de bénitier" comme les appelaient les personnes non charitables.
Une robe élégante, une mise soignée.

Elle semblait attendre sur le seuil. Hésiter. Giacinto en conclut qu'elle n'était pas une habituée du lieu. Cherchait-elle du calme, un saint, la confession ou simplement les beautés architecturales ? Le jeune prêtre ne pouvait se décider à choisir. Mais peu importait, dans tous les cas, il devait être capable de faire quelque chose pour elle. Au moins l'aider à entrer sans plus hésiter dans la Demeure de Dieu.

Il s'approcha donc d'elle avec un sourire accueillant, d'autant plus naturel qu'il n'avait pas quitté son visage depuis la sortie du médecin.


"Mademoiselle... Peut-être... peut-être puis-je vous aider à trouver ce que vous cherchez ici ?"

Le sourire de Giacinto se teinta d'un soupçon d'excuse. Il savait que sa phrase n'était pas parfaitement claire, mais au moins, elle correspondait à beaucoup de situations possibles....
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Enza Rig
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Lun 7 Nov - 19:02

Enza répondit par un sourire et par un léger signe de tête à l'homme qui s'en allait, la laissant seule avec le prêtre dans ce lieu sombre et glacial.
Elle se sentait comme transparente depuis qu'elle était arrivée à Venise. Une feuille d'automne, soufflée par le vent, se promenant de lieu en lieu, sans autre but que de s'échouer là où les airs la porteraient en attendant sagement la lente putréfaction qui la ferait disparaître lentement, aurait plus attiré l'attention des vénitiens qu'Enza Rigatalle.
D'un regard vide, elle vit le prêtre se pencher pour ramasser ses instruments de nettoyage puis le visage de cet homme qui remarquait enfin sa présence. Et maintenant, le prêtre s'approchait d'elle. Il allait probablement lui tendre le seau qui contenait une eau noirâtre et lui demander de frotter et d'essuyer les sols de son église.
Le ressenti d'Enza se modifia sensiblement quand le prêtre s'adressa à elle avec un sourire avenant, une voix douce qui paraissait sincère et surtout avec la politesse de ne pas la traiter comme une souillon.

Enza répondit au sourire malgré son sentiment de désespoir :

"Merci monsieur... Votre seule parole est déjà un réconfort pour moi et je ne suis pas certaine que vous puissiez m'aider à trouver ce que je cherche... Non que je mette vos capacités ou votre volonté en doute, monsieur, mais parce que je pense que j'ignore moi-même la raison de ma présence dans la maison... du Seigneur."

*Votre visage m'est bien trop agréable et votre regard bien trop... précieux à mon coeur, pour que je vous appelle 'mon père'*
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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Mar 8 Nov - 18:32

Giacinto avait à peine eut un battement de paupière imperceptible lorsque la jeune femme l'avait appelé "Monsieur". Il lui semblait que cela faisait une éternité qu'on ne l'avait pas appelé ainsi. Même les plus mécréants respectaient l'usage.

Mais ce léger manque à la bienséance ne resta pas dans son esprit plus de temps qu'il n'en fallut pour le prononcer.
C'est que la détresse, le mot était peut-être trop fort, mais la lassitude, le sentiment d'abandon qui transparaissait chez la jeune femme était trop important pour qu'il ne le remarque pas, et qu'il ne s'en soucie pas.

Son attention lui était tout acquise et le seau et la serpillière qu'il tenait toujours en était la preuve : ils commençaient à humidifier légèrement le bas de la soutane du jeune prêtre sans qu'il s'en rende même compte.

Giacinto rit doucement à la dernière phrase d'Enza et continua sur un ton amusé.


"Ne dit-on pas que les voies du Seigneur sont impénétrables ? Peut-être est-ce un ange qui vous a guidée jusqu'ici pour y trouver quelque chose que vous ne saviez pas être en train de chercher..."

Son sourire devint plus sérieux et sa voix plus douce alors qu'il reprit

"Mais peut-être êtes-vous simplement une nouvelle arrivante dans cette ville, et vos pas vous auront conduite à ce qui est immuable.
Dans notre Italie, les palais, les gouvernements changent suivant chaque ville.
La seule chose qui sera toujours là, c'est l'église..."

Giacinto avait accompagné ces mots d'un geste ample qui désignait l'ensemble de l'édifice, et lorsque ses yeux revinrent se poser sur Enza, ils reflétaient de nouveau cette petite flamme de joie qu'ils avaient lorsqu'il parlait de Dieu ou de sa foi.
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Enza Rig
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Mar 8 Nov - 19:24

La voix du prêtre, malgré la douceur du ton et le fait qu'il murmurait presque, résonnait cependant dans le vaste édifice.
La voix grave, le timbre masculin et la douceur virile qui en émanait rappela soudainement à Enza ce qui lui manquait par dessus tout.
C'était la chaleur du corps d'un homme contre le sien. C'était le fait de pouvoir lire dans le regard d'un homme le désir qu'elle y ferait naître. C'était la protection masculine du mâle qui serait prêt à donner sa vie pour protéger la femelle qu'il convoitait. C'était les cadeaux dont cet homme la couvrirait afin d'obtenir ses grâces. C'était l'argent que cet homme lui donnerait pour s'amuser et pour pouvoir illuminer son visage d'un sourire constant. C'était le pouvoir qu'elle obtiendrait à travers cet homme puissant qui se plierait à ses volontés.

Et Enza était venue s'échouer dans cet édifice sinistre... Elle poussa un soupir et s'efforça de répondre au sourire du prêtre qui, tout illuminé de joie par sa foi, ne la tiendrait jamais nue dans ses bras.

Elle se reprit, se refusant à faire demi tour et à quitter ce lieu, ce rappelant que cet homme, très probablement empli d'une grande bonté, l'était également d'un certain pouvoir dans cette cité.


"Oui, je suis à Venise depuis peu... Je n'y connais personne et je me sens complètement étrangère aux coutumes qui ont lieu ici... Peut être avez vous raison, monsieur, un ange m'aura poussé là où les choses sont immuables, où nul n'est étranger... Même si, je dois bien vous l'avouer, monsieur, je ne suis qu'une campagnarde... de peu de foi."

Enza avait volontairement appuyé sur ces mots. Elle prenait un air, embarassé et presque espiègle, tentant d'attendrir le prêtre. Elle prenait garde cependant à ne point trop en faire pour ne pas paraître trop provocante.


"Oh... Monsieur... Faites attention... vous éclaboussez votre... votre... manteau !" En désignant le seau dont les vaguelettes qui remuaient à la surface, venaient déborder par dessus le rebord, projetant des gouttellettes d'une eau sale sur la soutane du prêtre.
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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Dim 13 Nov - 3:15

Le jeune prêtre commençait à se sentir embarrassé. Non par les pratiques de la jeune femme, parce qu'il était incapable de les remarquer, (ou du moins c'était l'impression qu'il donnait) mais parce qu'il n'arrivait pas à comprendre ce que la femme en face de lui voulait. Plutôt, il commençait à se demander si elle n'avait pas raison de s'interroger réellement sur ce qui l'avait poussé à venir dans l'église.
Rien de cela ne se voyait sur son visage, étant donné qu'il se contentait de réfléchir sincèrement à ce qu'il pourrait faire pour l'aider à se sentir moins perdue...
Il réfléchit encore quelques instants avant de reprendre


"Venise est une ville étrange n'est-ce pas ? Elle a ses codes, ses lois qui lui sont propres... Si vous venez ici un dimanche pour la messe, vous y rencontrerez à peu près tout le monde... En semaine, les gens entrent, sortent, déposent un cierge, prient un peu avant de repartir peupler les rues et les cafés...
Si vous voulez faire comme les vénitiens, vous allumez un cierge, et vous partez arpenter les rues à la recherche du bonheur..."

Giacinto se contenta de montrer sur le côté une statue de la Vierge miraculeuse. Plusieurs cierges brûlaient déjà, mais d'autres étaient rangés, juste à côté du tronc qui attendait de recevoir la monnaie due pour le prix d'un cierge.
Il avait préféré ne pas commenter cette pratique. Il aurait fallu qu'il commence un long discours théologique sur les divers degrés de la foi, et il n'était pas sûr que cela passionne sa jeune visiteuse...

En même temps, il savait que comme cela il donnait de vagues indications à la jeune femme, sans lui conseiller clairement d'aller traîner dans les cafés, lieux somme toute assez peu recommandables du point de vue du gardien de la moralité qu'il était...
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Enza Rig
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Mer 16 Nov - 13:37

Enza porta son regard vers la statue de la Vierge que lui désignait le prêtre. L'ombre de la statue bougeait au rythme des flammes des bougies qui se balançaient de droite et de gauche en fonction des légers courants d'air.

Enza regarda de nouveau le prêtre :


"Oui, Venise est vraiment une ville étrange et surprenante... Les gens y sont si... froids." En soupirant "Peut être devrais je suivre vos conseils avisés : allumer un cierge et continuer à me promener, espérant une improbable rencontre avec une bonne âme qui saura me faire oublier ma provenance... étrangère à cette cité."

Enza fit quelques pas en direction du casier en bois où étaient stockés les cierges.

"J'aimerais tellement rencontrer quelqu'un d'aussi bon et généreux que vous pouvez l'être. Quelqu'un qui me ferait visiter cette ville. Quelqu'un qui m'aiderait à ... oublier que je ne suis pas d'ici."

Enza glissa sa main dans sa poche à la recherche de la petite bourse, presque vide. Elle l'ouvrit et regarda à l'intérieur. Les quelques pièces qui y restaient la firent hésiter...

*Cela ne servira probablement à rien, ma fille. Tu ne crois plus aux miracles depuis bien longtemps... Mais si tu veux être Vénitienne... Il faut te plier aux coutumes de Venise.*

Enza prit une des pièces et la glissa dans le tronc. Un léger bruit de monnaie qui s'entrechoque, étouffé par la caisse en bois du tronc se fit entendre. Le tronc semblait être bien rempli.

Après avoir soigneusement rangé la bourse dans sa poche, la jeune femme se retourna vers le prêtre, comme pour lire sur son visage, l'autorisation qui lui permettrait d'allumer un cierge.
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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Ven 25 Nov - 21:15

Giacinto regardait la jeune fille avec un étonnement grandissant. C'était un peu comme si elle n'avait jamais fait ça de sa vie... Comme si elle avait vécu toute sa vie hors de la religion, donc hors du monde, puisque la religion touchait tout le monde.

Il ne dit rien, mais lui fit un signe d'encouragement. Elle n'avait pas besoin de lui pour allumer ce cierge...
Il faudrait qu'il pense à demander à Emilio de vider le tronc qui avait l'air d'être bien rempli.
Demain, il laverait les vitraux pour que l'église soit plus lumineuse. On approchait de Carême, c'était important d'avoir une église respectable.
Il se secoua de ses pensées pour retourner à la jeune femme devant lui.


"Quand vous l'aurez allumé, faites une prière et avancez droit devant vous. Vous verrez bien où vous arriverez...
Quoi qu'il arrive, votre destin est dans les mains de Dieu..."
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Enza Rig
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Mer 7 Déc - 13:10

Du regard, Enza remercia le prêtre... Après tout, il avait probablement raison.

Elle alluma le cierge et, pendant quelques secondes, elle admira la petite flamme qui dansait sur la mèche, montant et descendant, s'agitant légèrement dans les airs comme si elle ne pesait rien.
Enza s'arracha ensuite à sa contemplation puis formula une prière au fond d'elle même :


*Je ne suis pas convaincue de votre existence, mais si vous pouviez abaisser votre regard sur moi afin de m'apporter une aide quelconque... je vous en serais reconnaissante.*

Enza se retourna ensuite afin de traverser la grande salle de l'église. Ses pas légers résonnaient dans l'immensité froide des lieux. Elle se dirigea vers la grande porte et avant de sortir, adressa un dernier sourire vers le prêtre.

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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Sam 7 Jan - 20:26

"Que Dieu vous garde"

Le prêtre avait murmuré ses paroles sur le départ d'Enza. Il espérait sincèrement qu'elle trouve ce qu'elle cherchait. Sinon, elle risquait de mal finir...

Le jeune prêtre secoua les épaules. C'était terriblement frustrant de savoir que l'on ne peut pas résoudre les difficultés de tous les hommes.

Giacinto se sourit légèrement à lui-même.


*Humilité Giacinto, humilité, tu n'es pas Dieu...*

Il alla enfin ranger saut et serpillère et en profita pour se changer. Il avait l'intention de vérifier l'état des cierges maintenant, il ne se salierait plus, sans doute.


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Francesc
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Sam 7 Jan - 20:38

[Le parvis]

La silhouette sombre du Vicomte s'avança dans l'église. Ses pas résonnaient sur le dallage et semblaient troubler la quiétude silencieuse du lieu.

Francesco s'arrêta face au tabernacle, fit une génuflexion et se signa. Il avait toujours eu un profond respect pour le sacré.
Il se releva et resta immobile quelques minutes. Ses yeux s'habituaient peu à peu à la pénombre du lieu.
La chapelle était belle, à demi-éclairé par quelques cierges. Partout, les statues de la Vierge et de nombreux saints paraissaient veiller avec bienveillance sur le voyageur égaré.

Le Maître d'armes aimait cet endroit et son calme qui semblait pouvoir appaiser le plus meurtri des coeurs. Il prit une inspiration profonde, comme pour se laisser imprégner de la sérénité des lieux.

Il se revoyait petit enfant, dans une église semblable à celle-ci, dans un petit village de Toscane. Il servait alors la messe, droit et fier devant ses parents, dans son bel habit d'enfant de choeur.
Comme tout était simple, en ce temps-là, il n'avait pas un tel poids à porter...
Il lui semblait voir sa mère, la douceur même, venue le féliciter à l'issue de la messe dominicale, et à ses côtés son père, élégant dans son bel uniforme.
Les années avaient passé, et bien des choses avaient changé à présent. Francesco avait à son tour connu les tourments de la guerre et de la folie humaine...

Le Vicomte eu un geste discret, comme pour chasser toutes ces idées noires qui appartenaient désormais au passé...

Il remarqua alors une forme sombre et discrète qui se tenait à l'écart, près du choeur. Cette vue le réconforta.
D'un pas lent, presque honteux de rompre le silence religieux de l'église du cliquetis de ses éperons qu'il n'avait pas pris le temps de retirer, Francesco s'avança vers la figure, immobile et rassurante, de l'abbé.


Sa voix grave et posée troubla à nouveau le silence des lieux :

"Bonsoir, mon Père. Je suis le Vicomte di Salvi et j'arrive de Florence. Pourriez-vous m'indiquer la demeure du Prince Adorasti, je vous prie?"

Le regard repectueux du Maître d'armes se posa sur le prêtre. Malgré sa courte barbe, il parut terriblement jeune au Vicomte marqué par le passage des ans. Mais lorsque ce dernier croisa son regard brûlant, il saisit la profondeur du coeur du berger de Dieu. Il y avait quelque chose de martial en lui, quelque chose de beau, de grand, de noble et qui forçait le respect...
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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Sam 7 Jan - 22:37

Le Padre Ignazio était parti dans une silencieuse méditation, entre la prière et la rêverie. Trop vagabonde pour être une prière, trop tournée vers Dieu pour être une rêverie.

Il s'était retourné doucement quand on lui avait adressé la parole et regardait le nouveau venu en souriant.
Ce n'était pas tous les jours qu'on l'abordait de cette façon. C'était décidément une journée étrange... Un Poète perdu, une Princesse étrange, un médecin athée, une jeune incroyante égarée. Et maintenant, un lointain parent du prince Elio Adorasti, qui lui posait une question étrange.

Beaucoup se serait offusqué. Certains auraient peut-être même mis à la porte l'impertinent, en protestant qu'une Eglise n'est pas un office de renseignement.
Mais Giacinto s'arrêtait à la voix grave, au ton calme et au respect dans le regard. Il y avait comme une sorte de reconnaissance entre personnes partageant au fond d'eux la même foi.


"Bonsoir, mon Frère. Je le peux et même..."

Giacinto tourna légèrement sur lui-même de manière à voir la grande horloge qui ornait un des transepts. Il avait largement le temps avant complies.

"Si vous le voulez, je peux vous y accompagner."

Il reposa les quelques bougies qu'il tenait à la main, et jugea bon d'expliquer sa proposition.

"Une jeune servante du Prince m'a demandé de bénir une médaille pour son neveu qui vient de naître..."

Il y avait un soupçon d'excuse dans sa voix, comme s'il avait le sentiment que le Vicomte, comme lui, devait trouver que ce genre de bénédiction étaient plus proches de la superstition que de la foi. Un soupçon seulement, parce que Giacinto savait que c'était déjà immense de penser que Dieu avait le pouvoir de protéger simplement par une bénédiction d'un objet métallique. N'était-ce pas là une des plus belles preuves de foi que l'on pouvait donner ?

"Donc je dois m'y rendre de toutes les façons. Mais si vous préférez aller le plus vite possible au palais, je vous conseillerai d'arrêter le premier gondolier venu et de lui dire 'Au palais Adorasti' vous y serez mené avec une diligence exemplaire..."

Un sourire amusé jouait sur les lèvres de Giacinto. Le Vicomte était peut-être un peu perturbé dans cette nouvelle ville pour ne pas avoir pensé à un moyen aussi simple de trouver son cousin. Mais l'amusement de Giacinto n'avait rien de moqueur, il était doux et ferme, tout prêt à aider.
D'ailleurs, il ne dura pas, Giacinto réalisant qu'il n'avait pas rendu la politesse et qu'il ne s'était pas présenté.


"Mais excusez-moi, je ne me suis pas présenté. Padre Ignazio Chiaramonti, nouvel abbé et seul prêtre d'ailleurs, de cette paroisse."

De nouveau le sourire amusé était apparu, cette fois-ci avec un léger humour envers lui-même. Il n'y a pas un grand honneur à être abbé quand on est le seul prêtre de la paroisse...
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Francesc
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Dim 8 Jan - 15:13

Le Maître d'armes écoutait le prêtre en silence. Il aimait sa façon de parler, lente et calme. Le père pouvait l'accompagner jusque chez son cousin... Il avait de la chance.

*Bénir une médaille pour un nouveau-né, pensa le Vicomte,...ce jésuite semblait dévoué à ses fidèles, et ce jusqu'à la plus humble des servantes...*

*Un gondolier ! Comment n'y ai-je pas pensé ?*

Francesco sourit. La Sérinissime était décidement bien différente de la capitale toscane. Il lui faudrait sûrement du temps pour s'y habituer.
Mais ici, il avait une chance de recommencer sa vie et d'oublier son passé, en continuant à enseigner son art...

Le père Chiaramonti était un homme souriant, comme le Maître d'armes n'en avait pas rencontré depuis longtemps...
Francesco passa sa main dans ses cheveux soigneusement peignés, pour se donner l'air de réfléchir. Il jeta un coup d'oeil rapide à ses vêtements. il était encore en tenue de voyage, n'ayant pas pris le temps de se changer depuis son arrivée à l'auberge. Il portait encore ses éperons et son manteau était sale et boueux...

Mais il ne doutait pas que le prince le recevrait tout de même. Après tout, il venait d'effectuer un long voyage et il était normal qu'il vienne saluer son cousin dès son arrivée en ville. Et puis d'ailleurs, il avait connu Elio enfant, à Florence...

Ses yeux se posèrent à nouveau sur le père jésuite, toujours souriant.


"C'est avec grand plaisir que je me laisserai guider par vous jusqu'au palais, mon père..."
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P.Giacinto I. Chiaramonti
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Dim 8 Jan - 23:02

Giacinto sourit de nouveau. Il fallait juste qu'il prévienne Emilio qu'il laissait à sa garde la maison du seigneur.

Emilio devait avoir une sorte de sixième sens pour compenser ceux qu'il avait perdus, parce qu'il apparut exactement à ce moment là.
Giacinto l'appela à grand renfort de geste, et signa rapidement ses dernières consignes.
Amusé de l'air fier du garçon, il lui ébouriffa amicalement les cheveux et le renvoya.

Après avoir vérifié qu'il avait bien la médaille qu'on lui avait confiée, il invita le Vicomte à le suivre.
Tout en marchant, il engagea la conversation.


"Venise doit être bien différente de Florence, n'est-ce pas ? et Florence de la Rome d'où je viens..."

[Marché du Rialto]


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Francesc
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MessageSujet: Re: La Chapelle de la Pieta   Lun 9 Jan - 17:42

Le prêtre avait apparement quelques affaires pressantes à régler avant de partir. Il donna ses consignes à un jeune garçon qui semblait très fier de sa tâche.

Puis Francesco suivi le père jésuite hors de l'église.


"C'est juste, Venise semble être une ville très particulière... Je ne connais pas bien Rome, mais cette cité est très différente de la capitale toscane où j'ai vécu..."

Le Vicomte marqua une pause, comme s'il hésitait à en dire plus. Puis, levant les yeux vers son interlocuteur, il ajouta :

"Autrefois, je servais le prince de Médicis, Grand Duc de Toscane, j'étais le Capitaine de sa Garde... Maintenant, les choses ont changées... J'aspire au calme et j'enseigne l'art de manier les armes... J'espère trouver ici quelque repos... "

Son regard s'était quelque peu assombri, mais il repris avec un sourire :

"Vous avez dit vous prénommer Igniazio, en l'honneur de Saint Ignace de Loyola, je présume... Est-ce votre prénom de baptême, ou l'avez-vous choisi en intégrant l'ordre des Pères jésuites ? "

[Marché du Rialto]
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